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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 15:11

Billet : Rue89 / 31/08/2013 par Philippe Corcuff | Sociologue, anticapitaliste, libertaire, altermondialiste

 

Voilà un film d’horreur américain à vous faire ronger jusqu’au sang les derniers bouts d’ongle qui vous restent !

http://www.lefigaro.fr/medias/2013/06/10/PHO2ad03c5c-d1bb-11e2-a500-4affa5658f57-805x453.jpg

« American Nightmare » (« The Purge » pour le titre original), réalisation et scénario de James DeMonaco, nous transporte en 2022. Les Etats-Unis « renaissent » alors sous la direction de « Nouveaux Pères fondateurs », qui ont fait baisser les taux de chômage et de criminalité dans des proportions rarement atteintes. De quoi faire baver d’envie le tandem néolibéral et sécuritaire Pierre Moscovici-Manuel Valls !


Un Alain Bauer à l’américaine

Par quel miracle ? Tous les ans, une « purge » de douze heures est instaurée pendant une nuit : toute violence, y compris le meurtre, y est permise sans intervention policière ni médicale.


Nous suivons alors la nuit fatidique, plutôt agitée, dans une famille de bourges, les Sandin : James (Ethan Hawke), sa femme Mary (Lena Headey, complètement transformée par rapport au rôle de la reine régente Cersei Lannister de la série « Game of Thrones ») et leurs deux enfants, Zoey et Charlie.


Le père a fait fortune dans les dispositifs de sécurité à domicile, installés par les riches pour se protéger au moment de « la purge ». Une sorte d’Alain Bauer – consultant en sécurité, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et ami proche de Manuel Valls – à l’américaine, avec une plus grosse surface financière.


Pour eux, la nuit se préparait, un brin angoissante mais tranquille, avec la possibilité de regarder « les autres » se massacrer à la télé grâce aux réseaux de vidéosurveillance, dont cela est devenu la principale fonction.

Egorgeurs de pauvres

Mais patatras ! Le fiston est sceptique quant à la portée civilisatrice de « la purge » et est doté d’une conscience morale ne se satisfaisant pas du sourire Hollywood Chewing Gum. Il y a quelque chose de Christiane Taubira dans le gamin.

 

Il laisse entrer un « intrus » poursuivi par une bande d’égorgeurs de pauvres. Un groupe de jeunes gens propres sur eux, pleins de fric et d’instruments coupants, qui demandent fort légitimement à notre famille de récupérer leur proie. Entre riches, on doit bien se donner un petit coup de main de temps en temps, surtout devant « le bruit et l’odeur » de SDF noirs.

 

 

 

James, plaçant très haut la sécurité (c’est son job !) et encore plus celle de sa famille (c’est un Américain !), tente de mettre la main sur l’intrus. Ce dernier s’est planqué quelque part dans la vaste maison, grâce à l’aide du fameux fiston qui exprime structurellement la fibre typiquement « laxiste » d’une gauche qui n’a jamais eu le sens des « réalités ».


Le businessman, qui veut croire en la priorité à l’Ordre et à la Sécurité sur d’autres valeurs, a quelque chose quant à lui de la lignée des gouvernants sécuritaires contemporains, comme Sarkozy et Valls.

« Culture de l’excuse »

Le père de famille cool devient si violent quand il met la main sur le SDF pour le remettre aux éradicateurs aux mains d’argent que cela inquiète sa femme et sa fille, qui en tombent dans le camp de ces « moralistes mollassons de gauche ». James ne supporte cependant pas l’image que le visage de son épouse lui renvoie de lui-même : et voilà une nouvelle victime de « la culture de l’excuse » ! Taubira : 4 - Valls : 0 !


Pourquoi faire ainsi de notre ministre de la Justice un emblème face aux dérives sécuritaires de son collègue de l’Intérieur ? Ne sont-ils pas dans le même gouvernement social-libéral, écornant pour le moins les idéaux historiques de la gauche ?


Certes son projet de réforme de la justice n’a rien de radical : les rapports entre libertés et protections ne sont pas fondamentalement réinterrogés, les logiques criminogènes à l’œuvre dans les prisons non plus, le capitalisme comme nœud de violences sociales est mis de côté, l’Etat est vu avant tout comme une solution et pas aussi comme un problème dans ses violences arbitraires...


On ne demandera cependant pas à Christiane Taubira d’être anticapitaliste et libertaire. On se contentera d’apprécier sa petite résistance, au nom de valeurs de gauche, au rouleau-compresseur sécuritaire.


« Ma famille ou ma morale ? »

Il y a trois dimensions stimulantes dans le traitement cinématographique de la question éthique chez DeMonaco.


En premier lieu, il implique tout un chacun dans les dilemmes moraux (du type « ma famille ou ma morale ? »), et pas seulement « les autres ».


En deuxième lieu, les débats moraux ne se résolvent pas à la manière solipsiste courante, dans le for intérieur de chacun, mais ils se travaillent à plusieurs voix (ici celles du fils, du père, de la mère et de la fille). La morale en situation apparaît conflictuelle et dialoguante, pas solitaire.


Enfin, les problèmes éthiques sont encastrés dans des rapports sociaux de classe et de race et contraints par des institutions politiques.


A travers ces trois dimensions, les interrogations morales ne sont pas réservées à des débats éthérés entre philosophes, mais elles sont sises dans le cours de la vie ordinaire.


Néolibéralisme sécuritaire

Un petit film de genre, au croisement du cinéma d’horreur et de science fiction, qui, en faisant quelques clins d’œil à « Panic Room » de David Fincher (2002) et en ayant l’air de ne pas y toucher, éclaire d’une nuit intéressante les réalités de nos sociétés.


Dans le film, la « purge » sert à décharger le potentiel humain de violence en une seule fois par an tout en se débarrassant des « individus économiquement improductifs ». C’est pourquoi, à la fin d’une « purge », la Bourse est systématiquement en hausse : moins de pauvres à « entretenir » avec des budgets sociaux qui grèvent la compétitivité de l’économie, plein de choses à reconstruire et de la sécurité encore plus sécuritaire à revendre pour la prochaine fois.


On a là comme une métaphore cauchemardesque de la déclaration du milliardaire américain Warren Buffett à CNN le 25 mai 2005 : « Il y a une guerre des classes, où ma classe gagne de plus en plus. » Et une apothéose cinématographique du néolibéralisme sécuritaire hégémonique dans les pays occidentaux.


Peu satisfaits, semble-t-il, du boulot tranchant de la jeune génération de friqués, quelques bourgeois d’âge mûr du quartier vont vouloir participer à la besogne avec leur savoir-faire forgé dans l’expérience (« Les tueries, c’était quand même mieux avant ! »).


Barbarie des riches

Se distingue tout particulièrement du lot, la gentille voisine Grace Ferrine (Arija Bareikis, échappée d’un rôle de flic dans la série « Southland »), venue juste avant la « purge » offrir ses délicieux cookies. Ce qu’elle ne supporte surtout pas la chère Grace, c’est l’étalement de sa nouvelle richesse par la famille Sandin. L’envie et la rancœur vis-à-vis des plus proches : la lutte des classes se joue aussi parmi les riches eux-mêmes.


Le film nous laisse entrevoir que l’obsession sécuritaire actuelle a comme impensé une violence sociale qu’elle reconduit sous une autre forme. Et aucun moyen matériel de protection n’est en mesure de stopper les guerres sociales ainsi occultées.


Comme toute production hollywoodienne, « American Nightmare » perpétue certes des stéréotypes sociaux dominants (ici machistes, familialistes…), mais sait aussi créer des espaces critiques par rapport à d’autres préjugés.


On a ainsi l’habitude d’entendre que le sécuritaire viendrait du « peuple » et que les « z’élites », pleines de sens moral, y consentiraient un peu malgré elles, sous la pression populaire. Dans le film, les riches ne demandent pas leur reste en matière d’assassinats, et ils sont même en première ligne.


Quant au SDF noir (Edwin Hodge), pourchassé, blessé, ligoté et humilié, il va jusqu’à proposer sa vie pour sauver celle de la famille Sandin. Il constituera d’ailleurs l’ultime rempart avant leur éradication et quittera la maison au matin avec une décence ordinaire apaisante après les hypocrisies saignantes de la nuit.

 

 


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Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Politique
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