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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 07:54

Par Jean-Baptiste Chastand / Le Monde 


http://s2.lemde.fr/image/2014/05/14/534x0/4416462_7_be5f_les-locaux-du-22-rue-d-alleray-a-paris_8624d716d36607d7ce1e1735e8acd28d.jpg

Le panneau « A louer » n'a même pas été décroché de la façade anonyme, où ne figure aucun logo.

Au 22, rue d'Alleray, au coeur du 15e arrondissement à Paris, ils sont pourtant des dizaines de chômeurs à se presser tous les jours dans l'espoir d'un « contrat temps plein à durée indéterminée », comme le leur promet le mail reçu sur leur adresse personnelle. Derrière la porte, les attendent des pratiques à la limite de la légalité.

 

Depuis plus d'un an, la Compagnie commerciale Saint-Honoré recrutement Limited (CCSH) n'hésite pas à démarcher par mail et parfois par téléphone des milliers de chômeurs pour les convoquer à d'étranges rendez-vous, parfois le jour même. « Suite à votre profil de candidat en recherche d'emploi publié sur Internet, nous vous proposons de rencontrer une société de gestion de patrimoine sur un poste de chargé de clientèle », leur écrit un mystérieux correspondant. La société est officiellement basée en Irlande, mais ses dirigeants sont domiciliés à Amiens.

 

 

 D'ÉTONNANTES CONVOCATIONS

 

« C'est toujours les mêmes mails avec les mêmes noms qui reviennent, ils tournent avec trois ou quatre adresses », témoigne Samantha Garnier, la première chômeuse à avoir fait état de ces pratiques sur son blog, en mars 2013. Depuis, chaque nouvelle campagne de mails fait brutalement tripler l'audience de son blog, des centaines de chômeurs s'interrogeant sur ces étonnantes convocations. La plupart d'entre eux supposent une arnaque et suppriment immédiatement ce spam. « Mais certains sont tellement désespérés qu'ils sont prêts à gober n'importe quoi et se rendent à ces rendez-vous », explique-t-elle.


En un an, les convocations ont été faites à au moins cinq adresses différentes enIle-de-France, et une autre fois à Roubaix (Nord). Dans les mails, le cabinet évoque les noms de différents courtiers en assurances, tout en restant très flou sur la réalité du poste. « Nous donnons des opportunités à des chômeurs et on nous accuse de recrutements frauduleux. Les blogs qui nous attaquent sont animés par des gens qui n'ont rien à faire, cela ne nous empêche pas decontinuer à travailler et eux d'être au chômage », rétorque Pascal Evrard, le dirigeant de CCSH, qui proclame sur son site, au graphisme minimal, que « le pire serait de ne rien faire ».


Depuis avril, il assure recruter pour F2F, un petit courtier installé à Roubaix, mais qui se présente sur son site, bourré de fautes d'orthographe, comme « un groupe financier international important ». Robert Coutiaux et Doriane Smeda, les deux dirigeants de cette société, ont également fondé une entreprise au même nom auLuxembourg.


Sur le site de F2F, les noms, les adresses mail, les numéros de téléphone d'au moins 80 000 chômeurs sont en libre accès. Contactés, plusieurs d'entre eux assurent que seul Pôle emploi disposait de ces informations. Alertée par Le Monde de l'existence de ce fichier, la direction de Pôle emploi assure qu'aprèsavoir croisé « un nombre significatif » de ces coordonnées, « entre 20 % et 25 % ne sont pas inscrits chez nous ». « Nous n'avons pas repéré d'intrusion sur notre site », se défend l'organisme, qui assure par ailleurs avoir alerté la police des pratiques de F2F et de la Compagnie commerciale Saint-Honoré après des alertes de ses conseillers en Ile-de-France« Nous nous sommes procuré ces coordonnées par des bases de CV et de sites d'annonces d'emploi. J'ai les factures », répond M. Evrard, le patron de Saint-Honoré, en refusant toutefois de les produire.


 UNE FORMATION NON RÉMUNÉRÉE D'UN MOIS


Tous les internautes qui se sont rendus à ce rendez-vous font état du même scénario, dont Le Monde a pu être témoin en se faisant passer pour un chômeur. Au cours d'un bref entretien dans des locaux équipés du minimum – les ordinateurs ne sont pas branchés et aucun logo de F2F ou Saint-Honoré n'apparaît sur la vitrine –, un recruteur propose aux chômeurs de se lancer dans une formation non rémunérée d'un mois pour devenir mandataire en assurance-vie.


Ce recruteur se prévaut du soutien d'Optimum-Vie, un gros assureur canadien ayant une antenne à Paris. « F2F est un simple courtier qui représente moins d'un pour cent de notre chiffre d'affaires », assure Benoît Lapointe, son directeur général adjoint à Paris, en assurant découvrir ces étranges méthodes. Les entretiens ont pourtant aussi eu lieu au sein même des locaux d'Optimum. « Nous avions une entente temporaire avec Saint-Honoré pour qu'il nous trouve des mandataires. Mais cela n'a duré que trois ou quatre mois », justifie M. Lapointe.


Lors des entretiens, plus question de CDI : les recruteurs assurent aux chômeurs qu'ils pourront, à l'issue de leur formation, vendre eux-mêmes ces assurances-vie sous le statut d'auto-entrepreneur, rémunérés à la commission. « Ils parlent de 25 % du montant des contrats, en promettant des rémunérations de 3 000 euros par mois », témoigne une chômeuse, qui a pressenti une arnaque, mais a tout de même laissé, comme des dizaines d'autres, son CV et signé une convocation.


 UNE CONVENTION DE STAGE


Lors de la visite du Monde, le formateur a fait signer à une dizaine de chômeurs une convention de stage en leur précisant bien d'éviter de signaler cette formation à Pôle emploi. Aucune copie de la convention ne leur a été remise, mais les pièces d'identité sont systématiquement photocopiées.


Les chômeurs qui acceptent ce marché suivent ensuite une formation théorique de deux semaines, selon plusieurs personnes passées par l'entreprise. « On nous a appris à caser des assurances-vie pour la société Optimum-Vie », explique l'un d'entre eux. Au bout des deux semaines, les chômeurs doivent appeler à la chaîne des clients potentiels. « Ce n'est pas tout à fait honnête, car on leur dit qu'il va yavoir une modification de la fiscalité sur l'épargne. Ce n'est pas vrai, le seul but est d'avoir des rendez-vous », témoigne ce chômeur. Seuls quelques « coachs » de la société sont autorisés à signer les contrats et à en percevoir les rémunérations, selon plusieurs témoins. 


« Sur la vingtaine de prospecteurs que nous étions, aucun n'a perçu de rémunération, même au bout de trois mois », assure l'un d'entre eux. Les recruteurs promettent que les formations déboucheront sur des habilitations de « mandataire d'assurance de niveau 2 », délivrées par une association officielle, l'Orias, qui répertorie tous les « intermédiaires en banque, assurance et finance ». Seul ce sésame permet de vendre des assurances en son nom et de percevoirles commissions. Selon les informations du Monde, des dossiers ont bien été déposés, mais aucune demande d'habilitation n'a encore été acceptée par l'Orias.

 

La société récuse toutes les critiques et accusations. « Tout ça est faux, entre 50 et 100 personnes ont été habilitées grâce à nous. Nous offrons ces formations gratuitement alors qu'elles coûtent normalement entre 3 000 et 6 000 euros », assure M. Evrard. Le dirigeant de F2F, Robert Coutiaux, reconnaît, de son côté, qu'on lui « a fait part de remarques de chômeurs sur Internet, qu'[il] ne consulte jamais ». Au 22, rue d'Alleray, les chômeurs qui se présentent, même sans rendez-vous, sont toujours reçus : la prochaine « formation » débute le 2 juin, leur assure-t-on.

 


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Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Service public
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