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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 13:51

 

 

Souvent présentée dans les années 1970 comme un laboratoire du contrôle des pauvres, l’Angleterre a aussi été le lieu de production d’une critique radicale sur ce que devrait être le travail social. Cette critique est-elle toujours présente aujourd’hui après la vague libérale ? Mark Baldwin formateur et militant au sein du SWAN, groupe militant pour une approche critique du travail social, répond aux questions de Terrains de Luttes.



TdL : Comment le métier de travailleur social a-t-il changé en Angleterre ces vingt dernières années ? 

 

Le métier de travailleur social a changé de multiples façons. D’abord, il s’est énormément spécialisé. Il y a encore 20 ans, beaucoup de travailleurs sociaux étaient assignés à des secteurs géographiques particuliers au sein desquels ils traitaient tous les problèmes sociaux de « leur » zone avec une même équipe. Maintenant ont été créées des équipes spécialisées qui couvrent des zones géographiques bien plus larges. La connaissance précise qu’avaient les assistants sociaux des quartiers et les supports formels ou informels dont ils bénéficiaient auprès des habitants ont très largement disparus. Les personnes orientées vers ces services sont accueillies désormais comme des usagers individualisés et sont du coup souvent traitées comme des personnes responsables de leurs propres problèmes.


L’autre changement est que tout le travail est désormais fortement piloté à travers des systèmes de gestion du personnel inspirés du management. Cela a détruit dans une certaine mesure la marge de manœuvre des travailleurs sociaux car leurs managers leur demandent d’atteindre des résultats et de remplir des objectifs pré-définis qui ont souvent peu à voir avec les besoins locaux.


Enfin, dernier gros changement, il y a eu tout un processus d’externalisation / privatisation de services qui étaient traditionnellement assurés par les collectivités locales. D’une part, cela a sapé la cohésion des services sociaux et les a obligés à trouver des financements. D’autre part, cela a changé le rapport aux usagers. Jusqu’ici, les valeurs professionnelles des travailleurs sociaux avaient toujours mis en avant le besoin pour les personnes de reprendre le contrôle de leur vie le plus vite possible. Mais dans un système où le travail social est un service vendu sur un marché, un usager qui reprend le contrôle de sa vie est un usager qui n’aura plus recours aux services proposés, et donc qui fait perdre de l’argent.



TdL : Est-ce que ces changements ont fait l’objet de critiques par les travailleurs sociaux eux-mêmes ?


Oui, il existe des poches de résistances. Il y a des travailleurs sociaux qui défendent une approche radicale et qui critiquent activement voire s’opposent à cette approche (voir notamment notre site du SWAN the Social Work Action Network).  Et beaucoup de travailleurs sociaux essaient aussi de résister à ces changements à travers leur syndicat mais, hélas, beaucoup n’ont pas l’énergie ou ne voient pas la nécessité de résister. Je pense que les réformes les plus importantes ont été dans l’imposition d’une logique de marché dans les services d’aide à la personne (care). Cela a suscité une spécialisation, une marchandisation et une privatisation. Mais sans doute le pire est encore à venir en matière de réformes du travail social.

 

 


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                                                          AG du Swan 2013



TdL : En France, des études montrent que le métier de travailleur social s’est d’une certaine façon dépolitisée, ou tout du moins que l’approche militante du métier a reculé. Est-ce similaire ici ?


Il y a toujours une vision de droite et une vision de gauche de ce que le travailleur social devrait avoir le droit de faire, notamment en matière de contrôle des personnes démunies. Il y a eu des faits divers dans la presse récemment et notamment un fait divers racontant que des travailleurs sociaux auraient forcé une femme à faire une césarienne et lui auraient enlevé son bébé alors qu’elle était anesthésiée. C’est une déformation de ce que les travailleurs sociaux ont vraiment le droit de faire mais c’est souvent de cette façon qu’on décrit la face supposée autoritaire et inacceptable du travail social. Il y a aussi toujours une critique de gauche qui assimile le travail social à un bras armé de l’Etat. Dans ce contexte, certains travailleurs sociaux se replient sur le travail et finissent par devenir la caricature ainsi décrite : ils contrôlent les pauvres.

Alors que bien sûr, ce n’est pas dû au seul travail social s’il y a dans la société un discours contre les « assistés » ou sur « la nécessité de contrôler les pauvres qui sont pauvres par leur faute ». C’est bien sûr un discours très répandu que l’on retrouve partout et que seulement certains travailleurs sociaux reprennent à leur compte.


Mais ce n’est qu’une partie de la réalité. Cette année, notre assemblée du SWAN a été une rencontre très importante réunissant 400 personnes. C’est un des plus gros mouvements de travailleurs sociaux d’Europe. Dans le public, il y avait beaucoup d’étudiants, de futurs travailleurs sociaux. Ce qui laisse quand même un peu d’espoir ! Les cours que j’assure dans les formations de travail social concernent les implications politiques du travail social et je sens bien, depuis quelques années, que les étudiants sont à nouveau réceptifs.  Et il ne faut pas non plus idéaliser le passé.


 

http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/wp-content/uploads/2013/12/19106215.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx-300x200.jpg                     Un film critique des institutions d’encadrement social : Made in Britain (1982)


La radicalité de certains travailleurs sociaux dans les années 1970 était aussi un peu naïve. Je pense que nous sommes aujourd’hui plus capable qu’avant de produire une vision critique qui s’appuie sur des données empiriques plutôt que de développer une vision de notre travail purement nourrie par une approche idéologique et doctrinaire. Nous sommes aussi capables de construire des alliances avec les personnes qui sont orientées vers les services sociaux afin de construire des petits mouvements. Nous essayons aussi d’avoir de vrais liens avec d’autres pays. Tout ça pour dire que même si le radicalisme des travailleurs sociaux d’aujourd’hui n’est plus comme avant porté de façon aussi forte par ce désir global d’avoir une meilleure société, l’idéalisme est toujours là d’une certaine façon.

 

Source : Terrains de luttes 

 

 


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Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Angleterre
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