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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 09:42

 

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                          Athènes - 8/01

 

La première neige de l’année 2013 sur Athènes c’était ce matin (8/01). « C’est déjà un changement », tel est message d’une auditrice sur Real-FM. Effectivement, à part les déboires de certains ex-ministres depuis « l’arrivée » de la prétendue (nouvelle) liste dite « Lagarde », la radiographie du jour s’attarde davantage sur les routes déjà bloquées au nord de l’agglomération et dans une moindre mesure, sur le séisme de 5,8 R de l’après midi dans la partie nord de la mer Egée. Une fine petite poudreuse tombée dès la levée du jour, et voilà, qu’à la dérégulation bancocrate planétaire, s’ajoute la dérégulation athénienne tout court.

 

20130108-090215.JPG                         Athènes - 8/01

 

Et ce matin comme hier, il faut compter sur l’occupation par les agents, du principal entrepôt du métro athénien provoquant des retards sur toutes les lignes : « Nous réclamons l’intervention du procureur, car la direction et les politiques veulent prouver à tord, que la Régie des transports serait une entreprise fortement déficitaire, ce qui facilitera évidemment sa mise en vente aux… investisseurs pour une bouchée de pain ». D’où un certain retard dans la circulation des rames, la neige en plus. 


Dans un café à Metaxourgeio, un quartier en perpétuelle transition dans une période de crise devenue durable, les habitués se retrouvent après les fêtes dans le sourire : «Quelle joie que de voir la neige enfin tomber sur Athènes, mais il fallait sortir avant 10h pour se faire une belle idée. Mon neveu qui a émigré en Suède depuis un an, m’a raconté que la vraie neige c’est alors en Suède. Il gagne bien sa vie, il ne regrette pas d’être parti, sauf pour la sociabilité. Un autre monde. Il avait par exemple proposé à ses collègues de prendre un verre ensemble, et eux, lui ont répondu – oui, mercredi d’après à 19h30 - chez nous c’est immédiat… ou plutôt c’était, avant la Troïka. Mais nous aimons tellement notre ville et notre sociabilité, je suis née ici dans ce quartier, tout comme ma mère. Elle est née en décembre 1944, c’était alors ici la première ligne dans cette bataille entre les communistes et les anglais épaulés des sbires de l’extrême-droite et éternels collabos des Allemands… leurs petits enfants gouvernent toujours…». 


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                         "Dans un café à Metaxourgeio" - 8/01

 

Des jeunes, assis autour d’une table voisine ont alors offert une tournée d’ouzo aux autres habitués : « Bonne année à tout le monde, nous méritons mieux cette année, non ? » Parmi eux, un couple déjà suffisamment hispanophone et qui ne cache pourtant pas ses intentions : « Eh les gars, nous partirons en Amérique du Sud, la vie est devant nous, ici en Europe nous ne pouvons plus rien faire car les vrais chefs politiques manquent pour organiser la résistance ou simplement le renouveau. Même lorsque nous résistons au système, c’est par – comment le dire – réaction chimique, par automatisme, on coordonnerait d’une certaine façon notre volonté et tous ces pantins seraient vite rayés de la liste des gouvernants ». 


A part les consommations commandées, les jeunes avaient également apporté des aliments emballés dans du papier d’aluminium, ce qui devient désormais une pratique courante parait-il. Et justement au même moment, un homme âgé, a pénétré dans le café pour ainsi implorer, notre attention, quelques petites pièces et des cigarettes. Il n’est pas parti bredouille pour une fois. La crise s’invite à notre sociabilité, et surtout hélas, elle s’y impose. D’abord, elle nous est imposée sous ses diverses formes sémantiques, ses mots, son vocabulaire. Parler de « crise » ou de « mémorandum » c’est déjà accepter le... structuralisme bancocrate. D’où certainement les jeux de mots, la dérision, la création si possible d’un autre vocabulaire, le nôtre. Ce n’est pourtant guère facile, nous savons que les médias dominants imposent également et sans trop de peine les termes de nos univers concentrationnaires. 

 

20130108-103857.JPG                          "Dans un café à Metaxourgeio" - 8/01

 

J’observe d’ailleurs que chez certains pays de l’U.E., cette « préparation » sémantique de « l’entrée en crise » connait ses heures de gloire en ce moment. Et comme pour une entrée de guerre, il faut aussi façonner sa culture, « spontanément » ou pas. Certains historiens de la Grande guerre avaient jadis proposé la notion de la « culture de guerre », je suggère alors déjà à mes collègues historiens du présent et du futur, celle de la « culture de crise ». Et pour finir, plus que pour avoir appauvri et dépecé le monde du travail et piétiné sa dignité, nos « dirigeants » devraient être poursuivis pour avoir imposé leur culture et pour « crime contre la sociabilité ». Une Cour d’exception les jugerait ainsi pour cet état « exceptionnel », durablement mortifère qu’ils imposent aux « citoyens d’en bas », espérons-le en tout cas. 

 

 Au marché central rue d’Athéna, les restaurants populaires servaient ce matin le seul véritable plat du jour : la soupe aux tripes. Nos retraités en raffolent, et comme du temps d'antan, ils commandent alors parfois une demi-portion : « Une "oligi", s’il vous plait… ». Décidément, c’est le règne de… l’oligarchie en ce moment. Ils payent alors 4 euros pour « l’oligon », et 6,80 euros pour une portion complète, pain et couvert compris. "L’oligon" extrême n’est qu’à deux pas, c'est-à-dire en face, de l’autre côté de la boucherie « viande de Naxos », où un sans-abri (se) partage l’arrière-cour des halles d’Athènes avec un chat, toujours « non-desposé », (le chat).


20130108-095911                          "Le seul véritable plat du jour : la soupe aux tripes" - 08/01

 

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20130108-095828.JPG                         La boucherie « viande de Naxos » - 8/01

 

Mais il y a plus grave, car au même moment, d’autres sans-abri du centre, se protègent comme ils peuvent. Et ce matin, dès que le soleil a fait une apparition brève, ils se sont déplacés pour en profiter, sur la Place Koumoundourou par exemple, comme ailleurs. Un cadre Syriziste, sur le point de franchir sans trop se presser la porte au siège de son parti (sur cette même place), ne remarque plus, ni le rare soleil, ni ses ombres humaines du jour ou peut-être bien d’époque. La Gauche radicale stagne dans les sondages, d’où peut-être toute cette énergie dépensée autour de la création d’une commission d’enquête statuant sur les fautifs de la « liste Lagarde ». 

 

La « liste »… qui n’est pas une liste, mais une « refonte » d’archives qui ont transité entre les services secrets français et les agents de « l’Etat » grec (selon le reportage de ces derniers jours) : "déjà la justice française considère que de tels éléments qui sont le produit d’un vol d’archives ne peuvent pas être utilisés" (Real-FM, 8/01). 

Rappelons qu’à l’origine, un ancien cadre du service informatique de la banque suisse HSBC, après avoir subtilisé les fichiers de son ancien employeur en 2008, avait d’abord tenté à prendre contact avec plusieurs organisations gouvernementales, dont celles de la France. C’est d’ailleurs ce que Papakonstantinou a répété à la télévision hier soir : « ces fichiers sont légalement inutilisables, je n’irai pas en prison, rien que pour sauver le gouvernement », on comprend au moins, que ce n’est plus de son film qu’il s’agit, mais de l’entracte de notre système politique. 

 

20130108-095212.JPG                        "D’autres sans-abri du centre, se protègent comme ils peuvent" - Athènes 8/01

 

 

Chez Syriza par contre on fonce toujours, on considère ainsi qu’à part Giorgos Papakonstantinou, Venizélos (le chef du Pasok) devrait également comparaitre, mais (paradoxalement !), pas forcement Giorgos Papandréou. On comprend que Syriza pense « récupérer » ce qui resterait des électeurs du Pasokisme historique (et hystérique) en « salissant » le profil… Venizéliste et sa grande… muraille. On se croirait en plein… Facebook et en tout cas dans le virtuel. Au moins, et dans un certain concret, depuis hier (7/01) deux députés de la « Gauche démocratique » (le parti de Fotis Kouvelis qui participe au « gouvernement » de la Troïka de l’intérieur en bons Samaritains de … Samaras), ont été rayés des rangs de leur parti. Officiellement c’est leur position sur les… remontées d’acidité de la « liste Lagarde », rendue publique par voie de presse qui ont mis le feu au lac, officieusement, ces deux élus, se rapprocheraient gentiment du parti d’Alexis Tsipras, ce qui ne serait pas forcement une bonne nouvelle.

 

Le chef de Syriza se rendra à Berlin ce week-end, à l’occasion du Congrès des partis issus de la « Gauche européenne », terme qui tient d’ailleurs de l’oxymore mais passons. Déjà Samaras et Papoulias (notre marionnette présidentielle), se trouvent à Berlin depuis hier : « la crise inaugure une nouvelle page dans l’amitié gréco-allemande, nous invitons nos amis allemands à visiter la Grèce », déclare depuis la métropole notre vieux Papoulias. Le pauvre. Paroles en l’air un jour de neige sur Athènes. Même la presse n’a pas accordé trop de place à ses déclarations, quant aux convives de Metaxourgeio n’en parlons pas : « Le café c’est à la fois un Parlement et un cabinet médical », peut-on lire sur un mur du bistrot, ce que même notre gauche, (gentiment) radicale et néanmoins sympathique, finit par oublier. Déjà la sympathie n’a jamais été de partie dans une réflexion politique, et ensuite, il y a la triste évidence : la vie parlementaire dans un pays où la démocratie est morte, c’est du mouvement d’insectes dans une tombe, elle relève de l’entomologie forensique. Manifestement, la vie est ailleurs, comme par exemple dans ce café, entre l’ouzo et le (chant) rebetiko, entre la Grèce et ses… Amériques du Sud.


20130108-130728.JPG                         « Le café c’est à la fois un Parlement et un cabinet médical » - 8/01

 

Et ce midi, la table vivante de la bière n’a pas manqué à souhaiter la bonne année à la table valeureuse de l’ouzo, au moment où tout le monde a fredonné une chanson de Vassilis Tsitsanis de 1948. Ce pays vient de loin, mais il n’ira peut-être plus nulle part : «Bonne année, nous n’avons plus peur de mourir », tiens, c’est la première fois que j’entends ce vœu. 

 

Évidement, si l'on s'en tient à l’actualité « formelle », le bois brûle à fond dans les cheminées, le pays tout entier est ainsi dévoré… par les flammes du « progrès », et nos politiques, par celles de la dite « liste Lagarde ». Trangas quant à lui, le vieux renard du journalisme est de retour sur antenne de Real-Fm (depuis hier), et également en Grèce après un séjour en « exotérique » comme dit, selon l’expression consacrée (c'est-à-dire à l’étranger). Il exprima encore hier, d’abord son dégout de la politique et de l’actualité (« étonnant » !), et ensuite, ce sentiment libérateur aux dires de beaucoup de monde ici, car lié au départ, comme une délivrance, ce qui tient de la nouveauté des temps mémorandaires. Effectivement, pour ceux qui le peuvent encore depuis chez nous, quitter la Grèce, non pas pour émigrer, mais pour « simplement » sortir en… permissionnaires du camp troïkan, cette expérience s’avère salvatrice et instructive, tel un bol d’air. Indéniablement, et en tous cas pour l’instant, « l’exotérique » c’est un univers au moins d’une certaine altérité. Paris, Marseille, Bruxelles, Londres, Berlin… territoires hors crise ouverte (THCO), ou presque.


20130108-131017.JPG                         "Nous avons acheté des agrumes au marché du coin" - Athènes 8/01

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Trangas a aussi révélé (?) qu’en France par exemple (telle fut en tout cas son impression), que « les pièces d’identité grecques ne sont pas acceptées au même titre qu’avant c'est-à-dire avec la même facilité, et que l’on exigerait presque des passagers à présenter leurs passeports, tout cela demeure certes officieux, de même que le contrôle des passagers en provenance d’Athènes ».

 

Les convives du café ont regardé une "dernière" fois la neige tomber après la brève éclaircie, et ils… iront aux Amériques. Athènes, au métro perturbé, vivant ses musiques et ses (petites) résistances quotidiennes. Nous avons acheté des agrumes au marché du coin avant les retrouvailles… autour du chat de notre mouvement « Unité 2012   ». Sociabilité et luttes à Athènes un jour de neige.

 

20130108-134918.JPG                                        "Retrouvailles… autour du chat de notre mouvement..." - 8/01


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Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Grece
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