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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 15:04

Par Agnès Maillard le jeudi 20 décembre 2012

 

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Déjà, ça manque cruellement de délit d'initiés, vous ne trouvez pas ? Une bonne fin du monde, ça se prévoit, certes, un peu à l'avance, mais surtout, il faut que la date soit bien confirmée avant de pouvoir commencer à songer à régler ses petites affaires en cours. Il y a bien eu des fuites, mais rien de très convaincant, en dehors de  l'évasion soi-disant fiscale très suspecte et précipitée d'un gros mangeur vers la région de Néchin. Parce que franchement,  en dehors d'une info de première main sur la possibilité de passer à travers les mailles du filet apocalyptique, comment expliquer autrement qu'un type échange un magnifique hôtel particulier avec piscine en plein cœur de Paris pour un pavillon Sam'suffit bien glauque dans un bled sinistre paumé au milieu de nulle part, et tout ça, en brûlant systématiquement tous ces vaisseaux ? Hein ? Juste pour une poignée de millions en plus ? À d'autres !

 

Bref, il faut des gens pour vendre la mèche, sinon, aller dire ses quatre vérités à quelques personnes bien triées sur le volet demain peut s'apparenter à un suicide social dès lundi prochain quand il faudra retourner au taff devant des collègues hilares et nettement plus prévoyants que vous. Parce que c'est ça, le truc bandant avec la fin du monde, c'est que ça commence par être la fin des conséquences. Un monde sans lendemain est un monde où on n'a pas à assumer ses erreurs, ses conneries, ses lâchetés, ses renoncements, ni même sa gueule de bois. C'est un monde sans règles, sans contraintes, sans sanctions, c'est probablement ce qui se rapproche le plus du paradis néolibéral, la triste réalité en moins. Dans la vraie vie, on peut effectivement se lobotomiser à grands coups de mauvaise foi jusqu'à nier superbement les conséquences sonnantes, trébuchantes et agonisantes de ses décisions égoïstes, mais dans un contexte de fin globale imminente, tout acte est égal à un autre, parce qu'il n'y aura plus personne pour présenter l'ardoise à la fin des festivités.


Le truc, c'est qu'on n'est sûrs de rien. Donc, impossible de flamber tout le PEL de la famille dans un aller simple sous les cocotiers, histoire d'avoir une vue imprenable sur le cataclysme, impossible de régler ses comptes, solder ses rancunes, se libérer de ses chaînes. On est condamné à faire comme d'habitude jusqu'à preuve du contraire et à s'imaginer, horrifiés, que la dernière chose que l'on verra du monde sera Ginette, du service comptable, en train de raconter une blague pas drôle devant la machine à café du deuxième étage. Ça, c'est plus déprimant que toutes les fins du monde réunies ! Pire !  Il y a des gens qui misent sur leur survie ! Des gens qui dépensent sans compter depuis des mois, voir des années, pour se bunkériser dans un placard à godasses avec un an de haricots Heinz sur les étagères et deux fois le stock d'armes des Men in Black dans le buffet pour s'assurer une bonne place dans le monde d'après.


Putain, rien qu'à l'idée que je pourrais survivre à la fin de la civilisation pour me retrouver sur la même planète que ces mecs-là , ça me fil gravement le bourdon ! Ce serait comme maintenant, mais sans la douche chaude et Internet et avec plus que des killers pétomanes comme voisins ! Franchement, vous avez toujours envie de survivre ? Parce que voilà, ce qui est bien, avec la fin du monde, c'est que c'est un peu comme la fin de soi (qui, elle, est totalement certaine et garantie !) sauf qu'on peut la mettre sur Google Agenda et qu'on est sûr de ne rien rater ensuite. Tout comme on est sûr que personne ne dira de conneries sur notre tombe et ça, c'est quand même vachement réconfortant.Ce qui est aussi très réconfortant, mais à un point tellement inimaginable que cela doit bien expliquer en partie l'engouement pour ce genre de mauvaise nouvelle, c'est qu'il n'existe absolument rien de plus démocratique et égalitaire qu'une bonne fin du monde rondement menée.


Franchement, n'est-il pas réjouissant de penser que Madame Merkel n'a rigoureusement pas plus d'avenir que les Grecs qu'elle a si méticuleusement conduit au bord du suicide collectif ? C'est un peu comme un remake géant des écuries d'Augias, sauf que les chevaux aussi vont y passer.

Demain, on nettoie toute la merde, on atomise les blaireaux, les crétins, les profiteurs, les voleurs, les menteurs, les corrompus, les pollueurs, toute la bande d'incompétents qui nous mène tambour battant au bord du précipice dans le plus bel élan de saloperie collective de notre espèce qui n'est pourtant pas novice en la matière. Nettoyés les banquiers, les patrons, les petits-bras, les gros riches et les faméliques. Tout le monde est sur le même bateau  et il n'y aura de canot de sauvetage pour personne.


Je pense que c'est cette idée qui rend cette fin du monde tellement populaire. Du passé, faire table rase. Une grande aspiration révolutionnaire de sans-couilles, puisque finalement, on attend tranquillement que la fatalité se charge du boulot à notre place. On attend la fin, comme on a attendu tout le reste,  comme  un gros troupeau de bovidés blasés et résignés. Une fin de règne animal, le suicide d'une espèce.


Donc, il va y avoir pas mal de déçus dans les jours qui viennent. Et c'est peut-être à partir de ce moment-là que les choses vont devenir nettement plus intéressantes. L'idée que notre univers n'en a rien à secouer de nous. Qu'il n'existe pas deDeus ex machina pour liquider le bordel à notre place. Pas plus qu'il n'y a eu d' homme providentiel jailli des urnes pour nous ouvrir la voie vers des lendemains qui chantent.

 

Ni Dieux, ni maîtres, ni extra-terrestre, que dalle, bernique... juste nous !

Juste nous, nos vies, nos choix, nos renoncements et notre incapacité actuelle à prendre nos destins en main, à accepter l'idée que la vie, c'est agir et non subir.

 

Blog :Le Monolecte 

 


 

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Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Humeur
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