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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 10:18

Vendredi dernier, le Comité des Sans-Papiers 59 investit pacifiquement les locaux de la maison de la médiation située à la mairie de Lille. C’est la deuxième occupation depuis septembre, la huitième depuis janvier. Face à l’indifférence des pouvoirs publics, les sans-papiers ont décidé d’entamer une grève de la faim.


Le CSP59 poursuit donc ses occupations afin d’interpeller les politiques sur leur situation : entre exploitation d’une main-d’œuvre corvéable par des patrons sans scrupules et impossibilité d’accéder à un emploi, clandestinité et engagement collectif, stigmatisation et revendication d’un droit à l’égalité, leur vie est une peur constante d’être renvoyé-es dans un pays où souvent ils n’ont plus d’attaches, pays qu’ils ont fui pour la misère ou la mort qui les y guettaient.

Le CSP59 porte aussi des revendications politiques : son droit à défendre les dossiers au cas par cas au sein des réunions préfectorales. Ce droit lui est refusé depuis 2007, arrivée de Sarkozy à l’Élysée et nomination de Canépa à la préfecture. Après avoir lutté contre la précédente législature présidentielle, le CSP59 attend un « changement », « le changement » promis. Le préfet ayant de nouveau refusé en septembre de considérer le CSP59 comme un interlocuteur, c’est vers les socialistes et leur majorité parlementaire que le comité retourne la pression.

Responsables irresponsables

L’occupation de vendredi a débuté comme toutes les autres : rendez-vous dans la matinée, entrée massive des sans-papiers (ils sont une cinquantaine ce jour), tracts, chants et soutiens à l’extérieur. Marie Villette, directrice de cabinet de Martine Aubry, Dalila Dendouga, 23ème adjointe au maire et responsable de la maison de la médiation, sont dépêchées sur place pour discuter avec les porte-paroles du CSP. Bien sûr, un flic des Renseignements généraux écoute toutes les conversations...


Les sans-papiers exigent que le CSP puisse réintégrer «  les rencontres mensuelles en préfecture pour le droit à la défense argumentée des dossiers ». Réponse des deux socialistes : « On ne peut rien faire, c’est la préfecture.  » Elles sont renvoyées devant leur responsabilité : en tant que parti au pouvoir, les dirigeants du PS, peuvent nommer un autre préfet afin de mettre un terme à une impasse de cinq années, Martine Aubry peut interpeller Manuel Valls pour qu’il accélère le rythme de mise en place des promesses du candidat Hollande. Dendouga bafouille encore : « Je n’ai pas de pouvoir ». Qu’à cela ne tienne, le CSP décide de continuer son occupation. Quelques temps plus tard, la préfecture fait une proposition : « Vous pouvez adresser les dossiers les plus urgents, les plus graves ». Cette stratégie de division va à l’encontre de la lutte solidaire et collective du CSP. Et comment décider qui est dans une situation plus grave qu’un-e autre ?


Tous et toutes sont sans-papiers, tous et toutes sont dans une situation qui ne peut plus durer. La proposition est balayée.À la mi-journée, les sans-papiers votent une grève de la faim. Sur 51 personnes présentes, 39 considèrent qu’elles n’ont plus que cette alternative pour être entendues. Un choix « radical » à la mesure de leur désespoir et de leur engagement.

Vains négociateurs

Plusieurs heures s’écoulent avant que Dalila Dendouga ne s’en aille. Elle part, laissant sous-entendre que les sans-papiers pourront passer au moins la nuit, si ce n’est le week-end, dans les locaux dont elle a la responsabilité. «  Je ne peux plus rien faire, je reviendrai demain matin  », dit-elle. Elle avait déjà pu affirmer plus tôt : «  Nous ne ferons pas évacuer la mairie  ». Les sans-papiers s’organisent, se font apporter du thé et de quoi dormir sur place. Ils se confectionnent des pancartes « en grève de la faim ». Une heure plus tard, c’est Pierre de Saintignon qui déboule, les bras chargés de son ego démesuré, des menaces plein sa hotte de père fouettard. « Saisissez cette opportunité de la préfecture (...). Aubry a appelé Valls (...). On est là pour trouver une solution, nous ne sommes pas ennemis  » ; puis le ton change, à mesure qu’il comprend qu’il n’aura pas gain de cause avec de « belles paroles » : « Sortez, nous ne laisserons pas la mairie ouverte tout le week-end, ce n’est pas fait pour ça ».


À l’adresse de tous les sans-papiers, il se lance dans un speech, se prenant sans doute pour un charme : « Je suis un homme de parole MOI... Vous pouvez me croire MOI... Lorsque je donne ma parole je la tiens MOI...  » Pas de bol, ces hommes et ces femmes en ont vu d’autres, ça ne prend pas : se concertant collectivement, ils décident une nouvelle fois de maintenir l’occupation. Dehors, entre soixante et quatre-vingts sans-papiers se sont massés afin de soutenir leurs camarades. Certain-es ont décidé de suivre le mouvement des grévistes de la faim. Ils se préparent à passer la nuit dehors, car ils ne peuvent pas rejoindre l’occupation dont l’accès est bloqué par la police.

La violence, what else ?

Une heure après le départ de de Saintignon, le gradé des CRS vient inspecter les lieux. Il repère les entrées, les sorties, le nombre de personnes présentes... Présage d’une intervention imminente. « On se connaît, sortez tranquillement  », dit-il aux porte-paroles. Les sans-papiers refusent. Un quart d’heure plus tard, il revient : « Vous sortirez d’une manière ou d’une autre et si vous sortez par la force, il y aura des contrôles  ». Une menace qui met directement en danger d’expulsion toutes les personnes ayant déjà fait l’objet d’une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) prononcée à leur encontre, ainsi que celles qui n’en n’ont pas encore, bien sûr.


Il est 23 heures, après plus de douze heures d’occupation, les sans-papiers lèvent le camp et quittent la maison de la médiation de leur propre chef, afin d’éviter les brutalités policières et toute arrestation arbitraire, récurrentes lors de leurs actions. Une assemblée générale est improvisée sur le parvis de la mairie. Pour aujourd’hui, chacun-e rentrera chez soi, poursuivant sa grève de la faim. Préfecture et socialistes auront des nouvelles de ces hommes et femmes très bientôt, c’est certain. Les sans-papiers pourront garder en tête la phrase lapidaire qu’un R.G. a lâchée pendant la journée : « Ça marche ce que vous faites, vous êtes en train de faire bouger les choses ». Et effectivement, comme par hasard, la circulaire sur les critères de régularisation promise par Hollande devrait être publiée le mercredi 7 novembre. Comme le rappelle un sans-papiers : « Si on ne leur met pas la pression ils vont endormir tout le monde ». Alors, pression il y aura.

Rebelote

Une semaine après la maison de la médiation, c’est le siège du Parti socialiste qui est la cible d’une occupation des sans-papiers. Cent quarante personnes, dont une bonne partie en grève de la faim, entrent par surprise dans le bâtiment sécurisé. Comme à leur habitude, les R.G. (qui jusque-là surveillaient la bourse du travail en pensant qu’elle serait la prochaine cible) déboulent, avec les cowboys de la BAC et des motards à la « CHIPs ».

Rapidement, comme les sans-papiers refusent de cesser l’occupation, le quartier est bouclé par les CRS, leur dizaine de camions et les CDI (Compagnies Départementales d’Intervention). La PAF (police aux frontières) rôde.

 

En début d’après-midi, tout est en place pour une intervention imminente. Les représentants du PS discutent avec ceux du CSP. Ils profèrent des menaces, que même l’UMP n’avait pas osé brandir lors de l’occupation de leurs locaux : «  Si vous ne partez pas, on va porter plainte pour séquestration  ». Le CSP ne cède pas. Il exige la régularisation des sans-papiers, dont certain-es en grève de la faim, et leur retour à la table des négociations de la préfecture. Le PS et la préfecture sortent les mêmes rengaines : ils s’engagent sur l’audience prochaine d’une délégation du CSP...


Et au passage, le PS porte plainte pour « violation de domicile privé et séquestration », prouvant qu’il ne vaut pas mieux que la droite (NDLR : plainte retirée depuis). À l’extérieur, les soutiens constatent que le filet de la police est prêt à se resserrer. Devant la perspective d’arrestations assurées, dans l’après midi, après quatre heures d’occupation, les sans-papiers décident de quitter les lieux. Ils repartent jusqu’à leur local, unis, en chantant. La lutte continue. Même si Aubry, Valls, Hollande refusent encore de l’entendre et emploient tous les moyens pour les décourager.

 

Source :La Brique-net

 

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Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans La lutte des classes
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