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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 14:44

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L’encensement de ces « accords de Wagram » (il s’est tenu au siège du patronat) par les médias ne durera pas. Le temps de les lire et on est effaré.


Parce que ce sont des accords régressifs, signés par une minorité de syndicalistes et ils ne feront pas un seul chômeur en moins. Du point de vue de l’inversion de la courbe du chômage en 2013, ils sont hors sujet.


Il n’y a pas une seule avancée… sauf pour le patronat. C’est un « accord AXA ». 4 milliards pour les assurances… en 2016. Et même pour les contrats courts, le patronat se met un différentiel de 45 millions dans la poche.


Le plus grave c’est que la loi Warsmann, article 40 présentée par Sarkozy le 31 janvier, publiée J0 le 22 mars, ce sont en quelque sorte ses décrets d’application : les « accords dits de compétitivité » seront autant de ruptures de l’ordre public social.


Appelons les directions de la CFDT, CGC, CFTC totalement minoritaires sur ce coup (combien représentent-elles ? autour de 25 % des salariés ?) à ne pas faire bande à part, à ne pas les ratifier et à revenir dans le cadre de l’unité syndicale !


Le Parlement doit jouer tout son rôle : appelons les députés à ne pas s’engager dans la voie de ratification d’un pareil accord !


Mobilisons car rien de tout ça n’aboutira avant mai 2013 (le temps des ratifications, le temps du conseil d’état, celui du conseil des ministres, et celui des assemblées et des recours).
Donc on a le temps d’expliquer, de combattre et de gagner !
 

 

Examinons ci dessous les 13 points (adoptés) 13 qui… portent malheur

 

1°) les contrats « courts »


1ere Note : Les contrats temporaires ou contrats courts sont définis ici comme l’ensemble des contrats à durée limitée du secteur privé regroupant les contrats à durée déterminée (CDD), y compris les contrats saisonniers, et l’intérim. L’apprentissage, les stages et les contrats aidés (contrats d’avenir (CA), contrat initiative emploi (CIE), contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE)…) sont en revanche exclus.


Le CDD doit rester un contrat d’exception et ne peut être utilisé pour pallier un emploi permanent au sein d’une entreprise. – Normalement un CDD perçoit 10 % de prime de précarité, sauf les CDD d’usage. Un CDD doit être écrit sinon il est réputé CDI. – Tout CDD doit être motivé sinon il est réputé un CDI. L’enchainement de CDD est une infraction. Un tiers de la durée d’un premier CCD doit séparer la fin de celui ci du celui-ci du début du second CDD = délai de carence)


Ce n’est ni le chômage, ni les salaires, ni la durée du travail, ni le droit du licenciement, ni la médecine du travail, qui ont focalisé la négociation de Wagram.


Le dirigeant de la CFDT Yannick Pierron, a choisi de tout polariser sur les « contrats courts » : « Il n’y aura pas d’accord sans accord sur les contrats courts » (ITV dans le Nouvel Observateur 9 janvier) Il crie donc ensuite victoire (contrats courts : objectif atteint) à l’unisson avec le chef de file du Medef Patrick Bernasconi (en lui lâchant les « accords de compétitivité » sans coup férir)


Examinons les résultats affichés :


Il y aurait une « sur cotisation » appliquée aux contrats courts, (CDD de moins d’un mois) est estimée d’un coût s’élevant à 110 millions : ces sommes n’iront pas aux salariés mais à la cotisation chômage. Elle ne commencerait qu’en juillet 2013, passerait de 4 % à 5,5 % (ce qui est très faible) pour les CDD de moins d’un mois. Elle serait de 7 % en cas de CDD d’un à trois mois : si elle s’ajoute aux 10 % de primes de précarité existantes, l’employeur aura intérêt à plusieurs CDD de moins d’un mois ou a des CDD de plus de trois mois.


Or cette taxe ne concerne que les catégories de CDD ayant pour motif un « surcroit exceptionnel de travail », les plus courtes et les plus fréquentes.

 
Elles ne concernent pas celles ayant trait au « remplacement de salariés absents » les plus longues.
Ni les « contrats dits d’usage » qui sont sans limites et sans primes de précarité (sur ces derniers la sur cotisation ne passera que de 4 à 4,5 %).


2 e Note : Les CDD d’usage sont conclus dans des secteurs d’activité limités. Ces contrats servent à pourvoir un emploi pour lequel il est d’usage constant de ne pas recourir au contrat de travail à durée indéterminée, en raison de la nature de l’activité exercée et du caractère par nature temporaire de cet emploi. »

En « échange » si l’on ose dire, l’embauche de jeunes de moins de 26 ans en CDI sera exonérée de cotisations sociales pendant trois mois, ce qui rapportera 155 millions directement aux patrons.


Il y a 3 premières conséquences :


1) La différence globale est de 45 millions entre cette prétendue taxation censée décourager les contrats courts et les exonérations accordées : ces 45 millions sont à l’avantage du patronat. Il y gagne. Il a désormais tout intérêt aux contrats en CDI… courts. Une sorte de CPE court, période d’essai gratuite en cotisation sociale…


2) Le patronat des entreprises d’intérim va en profiter et remplacer les CDD de moins d’un mois (l’intérim coute 15 %, les contrats couteront 10 % + 5,5 %) et encore plus de un à trois mois (l’intérim coute 15 % ils couteront 10 % + 7 %) . Le problème n’est que sciemment déplacé : d’ailleurs les contractants le savent puisqu’ils ont prévu de signer un autre accord


3e Note : « Un accord devra être signé dans l’intérim pour créer la possibilité d’embaucher en CDI les intérimaires qui enchaînent mission sur mission » (sic).


3) les jeunes en CDI vont se faire débaucher avant trois mois, avant la fin de l’effet d’aubaine de l’exonération de cotisations sociales atteint.


Rappelons que les CDD de moins d’un mois, dans le passé, étaient interdits.
Rappelons qu’on pouvait espérer qu’ils le redeviennent.
Rappelons que les syndicats demandaient qu’il y ait des quotas, et qu’une entreprise de plus de 20 salariés ne puisse utiliser plus de 20 % de précaires sans autorisation préalable de l’inspection du travail. Ca ne peut pas être accepté comme un mode de gestion du personnel.
Rappelons que les syndicats contestent les « contrats dits d’usage » dont la liste n’a cessé d’être injustement et arbitrairement allongée.


(4° Note : En 2004, 1 700 000 salariés sont en contrat temporaire : 1 200 000 en contrat à durée déterminée (CDD) et 500 000 en intérim selon l’enquête Emploi en continu de l’Insee (encadré 2). Depuis l’apparition du travail intérimaire en 1972 et l’instauration des CDD en 1979, la part des salariés en contrat temporaire a fortement augmenté jusqu’en 2000 pour se stabiliser ensuite. Les emplois en contrat court représentent aujourd’hui 10 % des salariés du secteur privé hors contrats aidés, soit deux fois plus qu’il y a vingt ans. Actuellement, deux salariés sur trois sont embauchés en CDD.


Les salariés en CDD sont plus souvent des femmes, alors que les intérimaires sont majoritairement des hommes, 76 % de ces derniers sont des ouvriers (tableau). Les salariés en contrat court exercent deux fois moins souvent des professions intermédiaires et de cadres que les salariés en CDI : respectivement 24 % et 14 % pour les personnes en CDD et en intérim, contre 39 % pour les salariés en CDI. Ils sont aussi plus jeunes : la moitié des salariés en CDD ou en intérim a moins de trente ans, contre 40 ans pour les salariés en CDI. La présence des salariés étrangers est également plus forte, en particulier celle des ressortissants de pays n’appartenant pas à l’Union européenne.)


2°) La « complémentaire santé pour tous » ? Le jackpot pour les assurances.


« L’argus de l’assurance » se réjouit, il y a de quoi. D’après le Medef cela couterait 4 milliards, mais il n’est pas regardant à si peu, puisqu’il ne s’agit pas d’abonder la Sécu mais bel et bien les assurances privées.

Cela a été de longue date la position de la direction CFDT : mettre « en concurrence » la Sécurité sociale.
Sauf que cette concurrence comme toutes les autres sera faussée : ce sera l’employeur qui décidera du choix de l’assureur.


Ensuite il ne s’agit pas de soins universels mais d’un « socle de soins » qui restera à définir. Par exemple ce sera100 euros de forfait remboursés pour une paire de lunettes et seulement 25 % de remboursement en plus de.. ce qui est déjà remboursé en prothèses, c’est à dire peanuts !


(5° note : La couverture de tous les salariés qui ne bénéficient pas encore d’un régime frais de soins collectif – environ 4 millions de personnes – doit se faire en trois étapes.


1/Les branches professionnelles devront ouvrir d’ici au 1er avril 2013 des négociations sur la complémentaire santé. En cas d’accord, les partenaires sociaux de la branche laisseront aux entreprises :
- « la liberté de retenir le ou les organismes assureurs de leur choix ». Mais ils auront la possibilité d’effectuer une recommandation en faveur d’un ou plusieurs organismes assureurs, en respectant toutefois « une procédure transparente de mise en concurrence », dont les modalités seront définies par un groupe de travail paritaire.


L’accord de branche pourra également « définir […] les contributions dédiées au financement de l’objectif de solidarité, notamment pour l’action sociale et la constitution de droits non contributifs ». Une dernière phrase rajoutée in extremis qui ouvrirait selon l’UPA, la porte à la mutualisation et aux désignations.


Il y aura un délai de 18 mois pour appliquer ce nouveau régime conventionnel. »

Ce système est un mirifique cadeau pour Axa, Médéric-Malakoff et autres grandes compagnies. Elles vont se disposer avec le patronat pour récolter ce que la Sécu ne récoltera pas.


6e note : 2/ Les entreprises prendront le relais dans les branches qui ne seront pas parvenues à un accord d’ici au 1er juillet 2014, et cela dans le cadre de l’obligation annuelle de négocier sur la prévoyance.


3/ En cas d’échec de la négociation dans l’entreprise, cette dernière aura l’obligation d’instaurer au plus tard le 1er janvier 2016 un régime santé, non familial, cofinancée à 50-50 par l’employeur et les salariés, et prenant en charge au minimum le panier de soins prévu par l’accord.
Amélioration de la portabilité des couvertures santé et prévoyance.


Le dispositif créé par les partenaires sociaux en 2009 afin de préserver la couverture complémentaire des demandeurs d’emploi évolue suivant deux directions :

 
1/ La durée de maintien possible (sic) des garanties prévoyance et santé pour les salariés qui quittent l’entreprise et s’inscrivent à Pôle emploi est portée de 9 à 12 mois.


2/ Les partenaires sociaux affichent l’objectif (sic) de généraliser la mutualisation du financement de la portabilité, au niveau de la branche et des entreprises, et laissent à ces dernières un délai d’un an pour mettre en place un tel dispositif concernant la santé et une période de deux ans en matière de prévoyance.


Lisez tout cela comme vos contrats d’assurance, c’est ce qui est écrit en petit et de façon indéchiffrable qui compte : le Medef a gagné !


Ce sera coûteux pour le salarié qui paiera 50 % l’employeur payant 50 %. Pour un « panier de soins » (sic) comprenant le remboursement des soins, actes techniques et pharmacie en ville et à l’hôpital, le forfait hospitalier certains disent déjà à 100 % – Non , c’est à 100 % de la base Sécu ! Ils disent 125 % de la base de remboursement des prothèses dentaires : comme elles sont basses, ca veut dire 25 % en plus de qui était faiblement remboursé ! Et un forfait optique annuel de seulement 100 € : cela reste à comparer avec certaines mutuelles font actuellement nettement mieux. Et surtout la question est celle du « socle de soins » car la négociation de celui ci donnera le vrai contenu – variable – de cette future « complémentaire ».


4 milliards ? Mais pourquoi tout cela n’a t il pas été une augmentation de la cotisation maladie de la sécurité sociale ?


3°) les temps partiels ? Chou blanc. Report de l’essentiel.


Mais mauvaise nouvelle : ils seront lissés ! « Sauf cas particulier et avec un lissage sur l’année, un contrat à temps partiel devra prévoir une durée d’au moins 24 heures par semaine.


24 h au lieu de 20 h : mais attention ce sera pour les salariés qui seront employées un an après la signature de l’accord ! Ils auront droit à une durée d’activité minimale de 24 heures par semaine, sauf s’ils demandent une durée inférieure. Les personnes déjà employées actuellement pourront demander un « complément d’heures choisies » s’ils souhaitent augmenter leur temps de travail hebdomadaire.


Le lissage sur l’année, c’est le pire, car cela signifie des périodes hautes et basses qui ne tiennent compte que de l’intérêt de l’entreprise pas du salarié. Des modulations qui vont se terminer en pratique sans délai de prévenance : de quoi gâcher la vie personnelle de la majorité des femmes qui sont concernées !

 
Toutes les questions importantes : Pour les branches professionnelles dont au moins un tiers des salariés est occupé à temps partiel, l’article 10 prévoit une négociation sur la période d’interruption dans la même journée, la répartition de la durée de travail dans la semaine, la rémunération des heures supplémentaires. Tout cela est reporté à…. une autre négociation.


Mais il est prévu (encore) une simplification de l’accès au chômage partiel : le contraire de la réduction du temps de travail : travailler moins pour gagner moins !


4°) Un « droit de recharge » de l’assurance chômage ? Rien n’a été conclu. Peanuts

Le troisième article des accords prévoyait la création de « droits rechargeables » : un chômeur qui reprend un emploi ne perd pas ses droits, et peut les faire valoir en cas de retour au chômage.

En fait cette éventuelle mesure annoncée à tort par les médias sera inscrite… dans la future renégociation en 2013 de la convention Unedic.


5°) Un compte individuel de formation prévu tout au long de la vie ?


De grandes annonces dans les médias qui veulent bien se laisser abuser : genre « il y aurait un compte de formation « universel », « individuel » et « intégralement transférable » c’est-à-dire qu’il ne disparaît pas lorsque le salarié quitte une entreprise ».


La vérité, à lire « dans les petites lignes » c’est que ce compte, utilisable aussi par des chômeurs, serait transférable, et alimenté… à raison de 20 heures par an dans la limite de 120 heures. Ils se moquent du monde !

 
Minute d’étonnement : la seule « nouveauté » serait une « mobilité volontaire sécurisée » : sic. Quesaco ? C’est inouï, en effet ! Dans les entreprises de plus de 300 personnes, les salariés ayant plus de 2 ans d’ancienneté pourront aller « découvrir un emploi dans une autre entreprise » (sic) tout en ayant l’assurance ( !) de pouvoir retrouver leur emploi… après.

 
On vous le dit tout de suite : ce sera quand même à vos risques et périls ! Vous imaginez faire cela … que ce soit accepté… et que vous serez bien accueilli au retour ? (sauf à ramener des secrets de fabrication malgré les règles de concurrence ! )


6°) On entend claironner qu’il y a aurait présence de représentants de salariés dans les conseils d’administration ? Un à deux salariés ( ? sic) obtiendraient une voix délibérative dans les organes de décision des grands groupes (5.000 salariés en France ou 10.000 dans le monde).


Oui. Dans 200 entreprises seulement ! Faites-leur confiance pour « bien » préparer les réunions où il y aura un représentant des salariés. Et surtout ce seront les employeurs qui décideront de ce qui devra rester ou non soumis à clause de confidentialité !


7°) Accords dits de « maintien de l’emploi » ou de « compétitivité »


Ce sera à bas prix et à bas salaires : c’est une généralisation d’accords qui avaient été signé, et célèbre à l’époque dans des entreprises comme Bosch, et Continental, ce qui ne les avait pas empêché de fermer après avoir essoré leurs salariés !


Une façon de faire plier l’échine aux salariés en prévoyant que lorsque l’entreprise est mise en difficulté, ils sont contraints de renoncer à leurs contrats de travail. Ils ne peuvent plus invoquer le code du travail ni leur contrat synallagmatique !


Si le patron trouve, en exerçant chantage, des syndicats qui signent, tout pourra varier pour une durée limitée de 2 ans : le temps de travail / le salaire / l’emploi, au bénéfice de la sauvegarde de l’entreprise.. de son patron et de ses actionnaires !


C’est finalement l’application du projet de loi annoncé par Sarkozy le 31 janvier et publié au J0 sous le nom de loi Warsmann art 40 le 22 mars 2012 :


Article 40 de la loi Warsmann : « Modulation du nombre d’heures travaillées sur courte période sans requalification du contrat de travail : la mise en place d’une répartition des horaires sur une période supérieure à la semaine et au plus égale à l’année prévue par un accord collectif ne constitue pas une modification du contrat de travail »


C’est pire : c’est 2 ans. Et les salaires aussi !


C’était déjà possible de signer des accords dérogatoires au Code ou à la convention collective par la loi Fillon du 4 mai 2004. Ca inversait la hiérarchie des sources de droit. Mais avec Fillon, le salarié pouvait refuser et il gardait ses droits en cas de licenciement. C’est donc pire que la loi Fillon du 4 mai 2004 : ce dernier n’avait pas osé à l’époque imposer la loi à un salarié qui refusait individuellement la baisse de son salaire. Celui ci restait dans ses droits ! Là, ce n’est plus le cas, il sera licencié..
à ses torts !


Sur ce point là c’est un recul historique d’une ampleur encore inappréciable ! car ça bouleverse un point fondamental du rapport entre la loi, la convention et le contrat de travail !


8°) Il a été concédé la création d’un « CDI intermittent » dans TROIS secteurs chocolaterie, formation et articles de sport !


Pourtant le négociateur de la CFDT avait pourtant dit fermement « non » : « Nous sommes formellement opposés à la création de CDI de projet et de CDI intermittents. Nous savons bien que ces contrats deviendraient la norme, et signeraient donc une nouvelle précarisation des salariés. » Yannick Pierron (Nouvel Observateur, 9 janvier)


La presse manipulatrice (ou ignorante) a annoncé que le Medef renonçait aux « contrats de projets ». Pas que la direction de la CFDT acceptait les « contrats intermittents ».


Hé bien l’accord prévoit : « Une expérimentation d’alternance entre périodes travaillées et chômées serait lancée dans trois secteurs pour les entreprises de mois de 50 salariés ».

 
Mais il a cédé ! Yannick Pierron a mangé son chapeau. Or comme il le disait, c’est LA brèche gravissime dans le CDI (des CDD… sans prime de précarité) : ça servira ensuite partout, hôtellerie, jouets, agro alimentaires, etc..


9°) Une entreprisequi supprime des postes mais « reclasse » les salariés en signant un accord majoritaire » sera dispensée de « plan social ».


Là, on est dans un autre univers. Ca franchit des années lumière de remise en cause du droit du travail. A se demander comment c’est possible de signer ça ?

En cas de refus d’un poste le salarié pourra être licencié.


Les entreprises auront ainsi la possibilité de restructurer sans plan social en imposant aux salariés la « mobilité ». D’une société d’un groupe à l’autre ? D’un pays à l’autre ? On ne mesure pas encore l’ampleur de cet énorme recul. Mais une quantité exceptionnelle de situations de menace de « mobilité » forcée, de changement de contrat de travail, vont s’engouffrer là dedans.

 

 

10°) Les plans sociaux pourront donc faire l’objet d’accords dérogatoires à la loi d’ordre public social s’il y a accord majoritaire… avec les syndicats de l’entreprise.

 

Vous lisez bien : le droit du licenciement collectif recule.


On ne contrôle pas les licenciements boursiers, on les permet.. s’il y a accord… syndical !
Ca fait logiquement suite aux « accords de compétitivité ».


Une fois que l’employeur vous aura essoré pendant deux ans, sur la durée du travail, sur le salaire sans que vous puissiez dire « non », il pourra mettre la clef sous la porte sans trop de risques administratifs ou judicaires, sans avoir e compte à rendre, il lui suffira de dire au « juge » (lequel n’aura plus le droit – cf. ci dessous – de juger la procédure) qu’il a eu la signature de « son » syndicat pour baisser les droits, mais qu’il n’a pas pu réussir, malgré ça a maintenir des profits suffisants.


Avec ça, les employeurs et actionnaires ne seront plus « risquophiles » mais « risquophobes » !


11°) les plans sociaux patronaux pourront être « sécurisés » CONTRE les juges par une « homologation administrative » :


Si vous avez du mal à comprendre : en résumé, il ne s’agira pas d’un contrôle des licenciements mais.. d’un contrôle des dérogations aux licenciements.


Il s’agit de « dé judiciariser » les plans sociaux. Et d’en revenir paradoxalement à la décision politique : le Medef croirait-il, de cette façon, hâter le retour de la droite ?


Le Medef avait peur de l’inspection du travail. Maintenant il a peur des juges. En fait il a peur de tout contrôle social. C’est bien Laurence Parisot qui affirme que « la liberté de penser commence là où commence le code du travail ». Ca la travaille !


12°) l’accord ne ménage pas les procédures qui peuvent faire plaisir à tous les patrons jusque dans les détails qui coûtent cher : les accords de Wagram, s’ils étaient, par malheur, entérinés prévoient la réduction des délais de contestation d’un plan social.


Vous lisez bien : des délais ! histoire que la fiance ne perde pas trop d’argent quand elle fiche des centaines ou des milliers de salariés dehors. Il s’agit de diminuer le cout des licenciements ! vous avez bien lu ?

Et détails des détails, le Medef a fait passer que « le fond doit l’emporter sur la procédure… » en matière de décision des juges sur les plans sociaux. Pour ceux qui croyaient que « la procédure est sœur jumelle de la liberté », c’est fini…


Même les juges sont visés : après le fond, dérogatoire, rendus possible, ils ne sont muselés en droit formel du licenciement ..


13°) « l’accord de Wagram » introduit une nouveauté : un plafonnement des dommages et intérêt aux prud’hommes selon l’ancienneté.


Pour ceux qui ne savent pas, c’est la deuxième mort de la célèbre lingère de Chamonix : de mémoire, cette femme avait travaillé de l’âge de 16 ans à l’âge de 65 ans comme lingère dans le plus grand hôtel de Chamonix. Seule et simple, elle avait travaillé 7 jours sur 7, et 12 h par jour sans savoir qu’elle pouvait se plaindre. Elle a travaillé pour le patron grand père, puis pour le fils, puis pour le petit fils. Elle logeait même dans une chambre de bonne sous les combles de l’hôtel. Lorsqu’elle a eu 65 ans, le petit fils l’a viré !

 

De sa chambre de bonne aussi ! Un syndicaliste l’a pris en pitié : il a conduit le procès aux prud’hommes. Normalement on peut réclamer les heures supplémentaires cinq ans en arrière. Evidemment le Medef veut diminuer la durée de cette prescription. En s’appuyant sur de nombreux témoignages, il a pu invoquer une « prescription trentenaire » pour le « dol » exceptionnel que cette femme avait subi ! Elle aurait reçu 360 000 euros d’indemnités.


Mme Parisot affirme que « ça insécurise les employeurs ». On peut croire au contraire que l’employeur de Chamonix aurait du payer dix fois plus. Comme inspecteur du travail, il m’est arrivé d’être obligé » de donner l’autorisation à un délégué CGC d’une banque parisienne pour une « rupture conventionnelle », lequel avait négocié son départ pour la même somme à 360 000 euros, le double, mais pour…2 ans et demi d’ancienneté.


IMPOSSIBLE de dire que cet accord est le plus important depuis trente ans.

 

Gérard Filoche


http://www.filoche.net/2013/01/12/rien-contre-le-chomage-le-medef-a-bloque-tout-avancee-pour-les-salaries-dans-cet-accord-axa-signe-par-une-minorite-syndicale/

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 11:30

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Les communicants pratiquent la polyvalence

Par Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon

 

 

Maurice Lévy, PDG de Publicis Groupe, l’une des 40 sociétés qui composent le CAC 40, est l’un des patrons français les mieux payés. En 2011, il devait toucher une rémunération de 22 millions d’euros, dont 16millions en versement différé.


Jérôme Cahuzac, conseiller de François Hollande pour la fiscalité, a déclaré sur la chaîne Public Sénat que «l’inégalité dans la répartition de la richesse produite, quand elle est à ce point, est un désordre, et ce désordre, il faut y mettre fin».


Aujourd’hui, l’agence Publicis est chargée de… la communication ministérielle du gouvernement de Jean-Marc Ayrault.


Publicis Consultants peut ainsi conseiller et défendre des politiciens se réclamant des valeurs de la gauche après avoir travaillé pour le précédent gouvernement, celui de François Fillon. Les réseaux de l’oligarchie de droite et ceux de l’oligarchie de gauche ne sont pas imperméables. Les divergences politiques deviennent mineures lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts majeurs du système capitaliste qui n’est plus remis en cause ni par les uns ni par les autres.


Aussi les politiques se vendent comme des savonnettes, leur image leur tenant lieu de ligne politique. Ce que l’on voit avec l’affrontement Copé-Fillon, qui est purement celle de deux ambitions antagonistes

La notoriété politique doit beaucoup plus à l’image que l’on donne de soi qu’aux idées, quand il y en a.

 

Celles-ci ne sont plus nécessaires puisque l’idéologie néolibérale règne à l’échelle de la quasi-totalité de la planète. Les élus des assemblées parlementaires sont, pour la plupart, coupés des catégories populaires qui ne sont plus représentées par des députés ou des sénateurs qui en seraient issus. Les fausses alternances n’interdisent pas que les intérêts des financiers et des hommes d’affaires continuent à être gérés.


C’est l’un des pires dangers d’une situation, en France mais aussi en Europe, qui a dégagé à droite, ainsi que dans une certaine gauche institutionnelle, des personnalités susceptibles d’accéder aux plus hautes responsabilités pour prendre les mesures les plus favorables au capitalisme financier.


Stéphane Fouks, devenu célèbre pour les conseils prodigués à Dominique Strauss-Kahn, avec son agence EuroRSCG, assure aujourd’hui la communication du ministre socialiste du Budget, Jérôme Cahuzac, après avoir rebaptisé son agence Havas Worldwide, qu’il préside maintenant… avec Vincent Bolloré.


Fouks est également un ami de longue date de Manuel Valls, qu’il a rencontré en 1980 sur les bancs de la faculté de Tolbiac, de même qu’Alain Bauer, consultant et ancien conseiller pour la sécurité de Nicolas Sarkozy, qui ne rechigne pas à mettre ses talents au service de ses vieux copains.


La notion de conflit d’intérêts est consubstantielle à cette classe oligarchique au sommet de la société et ses membres œuvrent à leur défense en usant de leur habileté à manipuler la communication. Un brouillard idéologique conçu et pensé pour paralyser toute velléité de changement s’est installé. Les spéculateurs sont ainsi devenus de respectables investisseurs «créateurs de richesse et d’emplois» tandis que les travailleurs «coûtent trop cher et sont toujours trop gourmands?».


La publicité et ses stratégies de marketing envahissent toutes les dimensions de la domination et conduisent des pays soi-disant démocratiques à des totalitarismes qui ne disent pas leur nom.

 

Dernier ouvrage paru: l’Argent sans foi ni loi, conversation avec Régis Meyran, Paris, Textue 

 

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 09:59
CANAILLE LE  ROUGE
 
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Un vieux complice de La Canaille lui passe en urgence ce qui suit.

Ce n'est pas que pour lui faire plaisir que Canaille le Rouge met en ligne sa colère mais bien parce que toujours partagée depuis le début nos combats commun jamais il n'a cessé (ayant même été victime) et ici non plus de dénoncer cette arme de la loi utilisée pour faire taire les militants dans les entreprises.

Même  (ou parce que ) teint en rose, la toge de la justice de classe prend garde à ce que les plateaux de sa balance soient bien en déséquilibre ou bien laisse les nains qui servent Proglio tirer sur son plateau .

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 09:40

Le Rail au privé en 2019 ? 


La Commission de Bruxelles, qui n'est pas élue et dont les membres sont désignés par leurs pays respectifs, accélère le processus capitaliste de la concurrence libre et non faussée. Le journal de la même matière, Les Echos, révèle qu'un texte législatif au niveau de l'Union Européenne prévoit l'accès total des sociétés de voyageurs privées sur le réseau de la SNCF. Le mauvais coup est prévu pour 2019, le temps que le capital se prépare à manger tout cru un service public français. Ainsi, le texte sortire en janvier 2013.

 

Serait également dans le viseur de Bruxelles la gestion des gares. Et là aussi ça risque de péter. Pour que la concurrence soit loyale (dixit Bruxelles), les gares devraient être gérées par une entité indépendante, avec une possibilité pour les autres compagnies (autres que la SNCF) de s'y installer.

 

Pour ceux qui ne le savent, le Parlement européen a voté le "un espace unique européen" le 16 novembre 2011. 526 députés ont voté POUR dont tous les députés français de droite, du PS et de EELV, contre 80 (dont la gauche unitaire européenne/vert nordique).

 

Une nouvelle bataille du rail s'engage et qu'on ne compte donc pas pour l'Elysée socialiste pour en prendre la tête.

 

Ci-dessous, une image du film La Bataille du rail, réalisé en 1945 par René Clément, sur la résistance des cheminots contre l'occupant nazi et le régime de Pétain:

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 Source Le blog de Roger Colombier


 



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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 21:43
   PS et ouvriers : « On est passé de l'abandon au mépris »
md0.libe.com.jpgFrançois Hollande en visite à l'usine Alstom du Creusot, le 7 décembre 2011, pendant la campagne. (Jeff Pachoud. AFP)
Recueilli par DOMINIQUE ALBERTINI ( Libération ) 

Bertrand RotheLa plume est cinglante comme après un amour déçu. «De l'abandon au mépris : comment le PS a tourné le dos à la classe ouvrière», ainsi s'intitule le livre publié jeudi par Bertrand Rothé, professeur d'économie à l'université de Cergy-Pontoise (photo DR). Dans cet ouvrage historico-économique, l'auteur revient sur les «trahisons» du parti à la rose vis-à-vis de ceux auxquels il avait tant promis en 1981, lors de sa première accession au pouvoir sous la Ve République. 

Du «tournant de la rigueur», en 1983, à la politique d'austérité actuelle, en passant par les privatisations de Lionel Jospin et la politique de l'euro fort, ce sont trente ans d'histoire politique et sociale de la France qui sont relus à la lumière de cet «abandon». Interview.

Comment se manifeste cette rupture que vous dénoncez ?

En 1981, François Mitterrand est élu président de la République. Au premier tour, les ouvriers ont plus voté pour lui que pour le communiste Georges Marchais. Pourtant, trois ans plus tard, l’idylle s’achevait avec Laurent Fabius et le tournant de la rigueur. A l'époque, par exemple, le gouvernement affronte déjà l’hostilité des métallos lorrains, car il fait le choix de ne plus avoir d’industrie sidérurgique en France, en supprimant 21 000 emplois dans les usines nationalisées. Il s’agit bien d’un choix politique, car, de son côté, l’Allemagne, avec des coûts similaires, produit aujourd’hui 25% ou 30% de l’acier européen.

Et quel est ce «mépris» dont vous parlez ?

Il est le fait autant du PS que des élites françaises en général. Il consiste à représenter les ouvriers en imbéciles violents, voire racistes. Symptomatique est la désignation du Front national comme «le premier parti ouvrier». Le monde ouvrier, le plus souvent, n’est pas inscrit sur les listes électorales. S’il l’est, il s’abstient, et quand il vote, il vote en majorité à gauche, ensuite seulement à droite et, pour une partie, à l’extrême-droite. Les paysans, les patrons de PME et les employés votent plus FN que les ouvriers. Oublier ces faits témoigne d’une vieille haine de classe, bien visible notamment après la victoire du «Non» au référendum de 2005. Croyez-moi, les ouvriers avaient pourtant bien lu le projet de constitution européenne, surligneur en main !

Justement, dans quelle mesure l’Europe a-t-elle influé sur les changements que vous dénoncez au PS ?

Le PS n’a jamais été une force de résistance face aux progrès du libéralisme porté par l’Union européenne. Au contraire, il a, plus que les autres partis, contribué à ces progrès. Il faut revenir à 1983, où, après le tournant de la rigueur, il doit faire le deuil de son programme originel. L’Europe va faire office de projet de substitution. Sans projet précis à ce sujet, Jacques Delors, ministre de l’Economie puis président de la Commission, est à l'écoute de la «Table ronde européenne», un lobby patronal qui veut renforcer la concurrence pour créer des géants économiques comme aux Etats-Unis et au Japon.

L’Acte unique de 1986 ouvre un âge d’or des fusions-acquisitions. Mais les socialistes ont oublié l’avertissement de Pierre Mendès-France, en 1957, pour qui une telle ouverture appelait d’abord «l'égalisation des charges et la généralisation rapide des avantages sociaux à l’intérieur de tous les pays du marché commun». Au début des années 2000, on a ainsi intégré à l’UE les pays de l’Est, dont certains affichaient un salaire minimum inférieur à 200 euros.

Mais historiquement, le PS a-t-il jamais été le parti de la classe ouvrière ?

Il a longtemps eu à disputer ce rôle au Parti communiste. Ce n’est donc pas systématique, mais il l’a été dans certaines régions, le Nord par exemple. Comme le disait une candidate écologiste, à Hénin-Beaumont, «même un chien avec un chapeau PS serait sûr d'être élu». Dans certains villages ouvriers, tout le monde on presque vote ou votait socialiste. Mais attention, de larges pans de la classe ouvrières étaient aussi acquis aux gaullistes ou aux chrétiens-démocrates.

A partir des années 1980, en revanche, les socialistes ont abandonné cette catégorie sociale pour se consacrer à la défense des minorités ethniques. Et pas de tous les immigrés, pas des vieux par exemples : des jeunes immigrés, sous la devise un brin condescendante «Touche pas à mon pote». C'est médiatique, ça passe bien, ça fait festif. D'ailleurs, le travail est alors invité à devenir une fête. Et en Lorraine, Jacques Chérèque, le père de François, délégué pour le redéploiement industriel, propose de remplacer les aciéries par un parc d'attraction sur le thème des Schrtroumpfs.

Cette classe ouvrière est-elle toujours une réalité aujourd’hui ?

Au juste, il n’y a jamais eu de classe ouvrière absolument homogène, il vaudrait mieux parler de monde ouvrier. Mais il est absolument faux d’affirmer que celui-ci soit en voie de disparition. En 2003, Aurélie Filipetti, aujourd’hui ministre de la Culture, écrivait un roman intitulé : «Les derniers jours de la classe ouvrière». Alors qu'à l'époque, celle-ci était encore le premier groupe social de France ! Bien sûr, les effectifs vont diminuant, et les ouvriers sont désormais éclatés en de multiples catégories et statuts, notamment depuis l’essor de l’intérim.

Mais je crois que, si cette catégorie a perdu de son homogénéité, c’est aussi parce que le discours qui la constituait est lui-même en déclin. On n’existe qu'à travers le regard des autres. Or, le monde intellectuel a abandonné la classe ouvrière. Des économistes comme Philippe Cohen, des sociologues comme Alain Touraine, font l'éloge de la société post-industrielle, d’une France qui ressemblerait à un grand musée. A la télévision, on ne montre jamais les ouvriers qu’en bloqueurs de route ou en vandales.

Espérez-vous encore une «rémission ouvrièriste» de la part du PS ?

Rien n’est perdu, car il y existe encore un courant qui se souvient que les ouvriers ont des attentes vis-à-vis de ce parti : un Henri Emmanuelli, par exemple, peut-être un Montebourg, si ce dernier n’est pas entouré de gens qui lui sont imposés, comme c’est le cas actuellement dans son ministère.

 

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 13:26

 

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L'Humanité publie le texte en intégralité le projet d'accord final auquel ont abouti, hier soir, les négociations sur la sécurisation de l'emploi entre les syndicats et le Medef qui devrait être signé dans les prochains jours par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC qui saluent "un accord ambitieux", la CGT et FO se sont quant à elle clairement opposées à un texte qui "renforce la précarité".


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Documents à télécharger: 
L'accord final sur la sécurisation de l'emploi
L'accord final sur la sécurisation de l'emploi

 

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 12:19

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Visiblement, pour le Ministre du Budget, parler de « classes sociales » semble constituer le comble du ridicule. En affirmant fièrement, face à Jean-Luc Mélenchon, lors d’un débat télévisé, qu’il n’avait jamais cru à la « lutte des classes », Jérôme Cahuzac, croyant sans doute faire assaut de modernité, a en réalité révélé l’incapacité des socialistes à penser la conflictualité du social, ou du moins à la traduire en choix politiques. Inutile, ici, de jouer aux exégètes de Marx : l’essentiel est ailleurs.  

 

Chacun sait que loin de diminuer, le nombre d’employés et d’ouvriers augmente, même si leur proportion diminue légèrement au sein de la population active. Sans même comptabiliser les chômeurs ou les retraités, la France comptait en 2009 treize millions d’employés et d’ouvriers en emploi (51% des actifs occupés) contre 11,9 millions en 1989 (55% des actifs occupés). Certes, cette vaste catégorie des « salariés d’exécution » rassemble en son sein des situations contrastées. Certes, il existe toute une stratification interne aux classes populaires, en termes de revenus, de capital culturel, d’âge ou d’origine. Mais parmi eux, nombre de « perdants » de la mondialisation, insuffisamment dotés en ressources permettant de faire face à la concurrence de tous contre tous dans une économie mondialisée : ouvriers de ce qu’il reste de l’industrie, employés des services à la personne qui œuvrent dans l’ombre des vainqueurs qui achètent leur temps de travail, etc.


Évidemment, tous ne défilent pas dans la rue pour réclamer la mise à mort des contribuables les plus fortunés. Pour autant, comment ne pas voir que la société française demeure une société de classes, au sens où coexistent en son sein des groupes sociaux inégalement dotés et ayant des intérêts objectivement divergents ?

 

Comment ne pas voir, par exemple, que lorsque l’Etat continue à dépenser deux ou trois fois plus pour les élèves de classe préparatoire aux grandes écoles, massivement issus des milieux sociaux les plus favorisés, c’est au détriment des étudiants des universités, à l’origine sociale nettement moins élevée ?

 

Comment ne pas voir que lorsque le gouvernement ne parvient pas à encadrer réellement les dépassements d’honoraires de certains médecins, c’est au détriment de l’accès aux soins d’une frange croissante des plus démunis ?

Plus généralement, comment ne pas voir que les allègements massifs de charges sociales votés au cours des dernières décennies ont creusé des trous béants dans les comptes sociaux que les classes populaires sont appelées à reboucher aujourd’hui ?


Si la période des Trente glorieuses a pu un temps contribuer à brouiller les frontières entre les groupes sociaux, tant la forte croissance pouvait donner le sentiment à chacun de voir son sort s’améliorer, trois décennies de crise structurelle laissent entrevoir une réalité toute autre : si certains gagnent, c’est très souvent parce que d’autres perdent.


Face à cette évidence, la gauche au pouvoir donne le sentiment d’être tétanisée, veillant à ne se fâcher avec personne. Ce faisant, elle mécontente en réalité tout le monde. Surtout, elle creuse le lit de ses futurs échecs électoraux. En effet, le rôle du politique est aussi de proposer des grilles de lecture du monde et de la société. Or, en la matière, le silence de la gauche et son déni de la conflictualité sociale laissent libre cours à une autre lutte des classes, celle que se livrent entre eux les dominés. Dans une société travaillée par le déclassement, où chacun se sent, à tort ou à raison, tiré vers le bas, les boucs-émissaires sont recherchés plus bas que soi : les « petits-moyens » cherchent à maintenir leurs distances avec les classes populaires en emploi, lesquelles dénoncent « l’assistanat » dans lequel se vautreraient les chômeurs, qui à leur tour dénoncent les « mauvais chômeurs », etc.

 

Faute de discours concurrent, celui que devrait tenir la gauche, la montée de cette « conscience sociale triangulaire » remarquablement théorisée par Olivier Schwartz (le sentiment d’être pris en étau entre « eux, les gros », et « eux, les assistés »), ouvre un boulevard aux partis autoritaires et conservateurs. Exclue du pouvoir national pendant une décennie, la gauche au gouvernement doit se doter d’une grille de lecture de la société et être en permanence préoccupée par le sort des perdants de la compétition mondiale. De ce point de vue, dénier la conflictualité du social, ce n’est pas être moderne. C’est avoir, au bas mot, quarante ans de retard.

 

Camille Peugny

 

 

http://alternatives-economiques.fr/blogs/peugny


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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 11:55

Le 8 janvier, 322 professionnels de 137 centres de santé1madrilènes présentent leurs lettres de démission au Conseil de Santé2 de la région. Ils entendent ainsi protester contre la privatisation de 27 de ces structures publiques de soins primaires3, annoncée fin octobre 2012 par le gouvernement de la communauté de Madrid dans le cadre du Plan de maintien du système sanitaire public. À ces ruptures volontaires de contrats s’ajoutent quelques 3 000 signatures de professionnels de santé, qui s’engagent à ne plus participer au fonctionnement de ces centres en cas d’externalisation de leur gestion au bénéfice de sociétés privées.

 

Selon le porte-parole de la Plate-forme des équipes de direction des Centres de santé, Paulino Cubero, cette menace d’un retrait massif des équipes de soins constitue la seule mesure de pression sur le gouvernement ; ce dernier n’a en effet jamais donné suite au « Projet alternatif de gestion des centres de santé » présenté en décembre par onze associations et collectifs de personnels de santé4 contre la « vente », par appel d’offre, de ces centres. Si ce plan récusait l’introduction de capitaux privés et encourageait à la « dé-bureaucratisation » des consultations médicales, il demandait aussi la pérennité d’un financement public « limité », en compensant cette réduction budgétaire par l’introduction de pratiques relevant du management(rationalisation des effectifs, introduction d’une prime de résultats). En clair, l’élaboration de réponses interrogeant, sur le fond, les logiques de capitaux sont définitivement rares, même en temps de crise et malgré les mobilisations quotidiennes contre les réformes annoncées à l’automne.

 

Au-delà des centres de santé, ces réformes se répercutent sur l’ensemble du système de santé de la région.

Pour protester contre les conséquences qu’entraînerait l’adoption (prévue pour le 1er janvier dernier) du Plan de maintien du système sanitaire public de la Communauté de Madrid, une nouvelle « marée blanche » rassemblant des milliers d’opposants s’est tenue à Madrid le lundi 7 janvier. Ce plan s’entend comme la traduction locale des restrictions budgétaires qui concernent l’ensemble de la politique publique du gouvernement central et qui s’observent dans toutes les régions de l’État espagnol. En matière de santé, il fait notamment suite à l’introduction, à l’échelle nationale, d’une mesure de co-paiement concernant les frais de médicaments, à une réduction des effectifs et des salaires des professionnels de santé du domaine public ainsi qu’à une réforme nationale de la sécurité sociale qui exclut bon nombre de précaires (dont les chômeurs non rétribués et les étrangers sans-papiers) du droit à bénéficier d’une couverture maladie.

 

En réaction, les grèves, les occupations et les manifestations s’enchaînent et se multiplient en Andalousie, en Catalogne et à Madrid. L’article du journal indépendant Diagonal5, traduit ci-dessous, publié le 7 décembre 2012, revient sur les effets du plan madrilène de privatisation, représentatif des changements à l’œuvre dans les autres communautés de l’État espagnol.

***

On l’appelle Plan de mesures de garantie du maintien du système sanitaire public de la Communauté de Madrid, mais son application suppose le démantèlement brutal (en 2013) de ce qui définissait jusqu’à présent le système madrilène de santé publique, déjà malmené par l’introduction de capitaux privés dans le fonctionnement des centres hospitaliers mis en service lors des cinq dernières années.

 

Présenté le 31 octobre 2012, ce plan s’accompagne d’une coupe de 7 % dans le budget sanitaire de la communauté de Madrid - un budget déjà moins important que la moyenne des autres communautés de l’État. Le texte prévoit l’entière privatisation des six hôpitaux semi-publics de la région, et la privatisation partielle du reste des hôpitaux publics, en externalisant les services ne relevant pas du sanitaire. Il envisage également de transformer l’hôpital Carlos III en centre de soins de moyennes et longues durées et celui de La Princesa en centre « hautement spécialisé » pour personnes de plus de 75 ans. De plus, ce plan entérine la privatisation de 10 % des centres de santé de la Communauté madrilène, la fermeture de l’Institut de Cardiologie, la restructuration et la centralisation de certains services à l’exemple des laboratoires (qui seront désormais regroupés dans seulement quatre hôpitaux). De la même manière, seront privatisées la Buanderie centrale hospitalière et l’Unité centrale de radio-diagnostic.

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Quinze jours après l’annonce du plan, on découvrait que la privatisation de certains hôpitaux comprendrait également celle des centres de santé qui en dépendent. Tel est d’ores et déjà le cas des deux centres de soins ambulatoires spécialisés du quartier de Vallecas, associés à l’hôpital Infanta Leonor. Il est maintenant probable que d’autres centres de soins empruntent le même chemin.

 

Le plan inclut également le paiement d’une franchise d’un euro par ordonnance, une taxe administrative appliquée en Catalogne depuis juillet. Les communautés autonomes ne disposant d’aucune compétence en la matière, et cette mesure comportant des effets discriminatoires, l’adoption de cette taxe a été jugée anti-constitutionnelle par le Conseil d’État (organe consultatif du Gouvernement) dans un avis rendu le 15 novembre 2012. Malgré cette décision, Madrid a réaffirmé sa volonté de voir cette mesure appliquée à partir du premier janvier 2013, et la Catalogne a décidé de la maintenir. Si l’affaire se poursuivra certainement devant le Tribunal Constitutionnel6 quelques mouvements de défense du droit à la santé universelle ainsi que des patients ont d’emblée déclaré leur insoumission à cette loi : selon les données de la Generalitat, quelques 6 000 personnes seraient concernées en Catalogne7.

LA RÉBELLION DES HÔPITAUX

À Madrid, l’annonce de la privatisation et de la transformation des structures de santé a été vécue, au sein des hôpitaux de la région, comme une déclaration de guerre. La Princesa a donné le ton : dès le 2 novembre 2012, les travailleurs en lutte organisent le blocage à durée indéterminée des lieux, installent une table d’information et de recueil de signatures et convoquent deux rassemblements par jour.

 

Selon ces derniers, le changement de mission des deux hôpitaux entraînera la fermeture de services jusqu’alors valorisés et la mise à mort du secteur de la recherche médicale – La Princesa est bien connu pour ses services de pointe en neurochirurgie et en hématologie, tandis que l’hôpital Carlos III est spécialisé dans le traitement du SIDA ou de l’hépatite C. Plus directement, cette redéfinition des missions des deux hôpitaux forcera des milliers d’habitants à changer de centre de santé de référence, et provoquera le départ de centaine de professionnels.

 

« Le gouvernement de la Communauté est en train de suivre une politique de privatisation, et les entreprises souhaitent que la santé soit rentable », indique Juan Domingo García, représentant des travailleurs en lutte de Carlos III, avant d’évoquer les raisons de la reconversion des deux centres hospitaliers : « Les entreprises qui dirigeront les six hôpitaux semi-privés préféreront accueillir des patients légèrement malades (qui sont aussi les plus rentables) et laisser au service public la gestion des cas les plus graves, qui nécessitent des soins coûteux. C’est pour cela qu’ils préfèrent transformer La Princesa et Carlos III en hôpitaux pour malades chroniques. »

 

Suite aux mobilisations à La Princesa, la négociation d’une « vision partagée » quant aux réformes a été obtenue auprès du Conseil de Santé. Pour autant, rien n’est encore gagné. Vingt jours après l’annonce du plan, 25 hôpitaux étaient encore en lutte, occupés par des militants organisés en assemblées et coordonnés pour la plupart par la Coordination des Hôpitaux et des Centres de Santé. Le 19 novembre, un premier centre de santé primaire (du quartier de Carabanchel) s’est à son tour joint au mouvement.

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« L’objectif de ce plan est de se diriger vers un modèle privatisé. La belle affaire, là où les entreprises vont faire leur beurre, c’est la privatisation des six hôpitaux et des centres de santé. Je ne serais donc pas surpris d’apprendre que la Communauté soit disposée à revenir sur certaines décisions par rapport à La Princesa, où les changements sont les plus significatifs. Mais en ce qui concerne les six hôpitaux cependant, je ne vois pas comment les choses pourraient changer » explique un des représentants des travailleurs en lutte de l’hôpital universitaire Doce Octubre avant d’ajouter : « C’est un jeu très complexe. Après l’offensive, ils seront disposés à lâcher du leste : on pourra leur damer les pions qu’ils auront placé à l’avant, tandis que les pièces maîtresses, ils les laisseront en arrière. »

SIX HÔPITAUX AUX ENCHÈRES

Les six hôpitaux en passe d’être entièrement privatisés – Infanta LeonorInfanta Sofia,Infanta ChristinaHenaresSureste et Tajo – ont ouvert leurs portes en 2008. Ces derniers ont été construits par des promoteurs et des entreprises immobilières selon le modèle du PFI (Initiative de Finance Privée), ce qui signifie que la gestion non-sanitaire de ces structures revient, par concession, à ces agents du privé pour une durée de trente ans, tandis que la partie sanitaire incombe à une administration qui se doit de leur payer une redevance annuelle. La gestion de ces établissements, qui relevait du modèle PPP (partenariat public-privé), basculera complètement en 2013. Ainsi, ces six hôpitaux seront bientôt et intégralement dirigés par des entreprises qui recevront en échange de leurs services une redevance par habitant, payée par la Communauté, un modèle déjà adopté pour les hôpitaux de Valdemoro, Móstoles et Terrojón, gérés par l’entreprise Capio, ou, dans le cas d’Alzira (Communauté valencienne), par la société Ribera Salud.

 

Selon les travailleurs mobilisés, la privatisation, la fermeture, le remodelage et la concentration de certains centres et services de santé pourraient provoquer des licenciements et des changements de service du personnel soignant. Le syndicat CSIT souligne notamment que le Conseil de Santé a précisé qu’il ne se soucierait pas du sort réservé au personnel et aux intérimaires sanitaires une fois les six hôpitaux privatisés. Cela n’est qu’une amorce : aux possibles restrictions de personnel, il faut ajouter l’externalisation des services non-sanitaires de tous les hôpitaux publics de Madrid, ce qui équivaudrait à la disparition de 7 000 à 8 000 emplois, selon les chiffres de la Coordination des Hôpitaux et des Centres Sanitaires, créée en juin suite à l’annonce par la Communauté de la suppression des 26 catégories de personnel non-sanitaire (maintenance, blanchisserie, cuisine...), une prémisse à leur privatisation. Avaient suivi les premiers licenciements, les départs anticipés, et les premières assemblées, aujourd’hui généralisées en riposte à l’actuelle vague de privatisation.

 

Luis Lopez, de la Coordination des Hôpitaux, considère que « cette revendication va bien au delà de la santé publique et qu’il est important que les usagers soient avec nous  ». Des assemblées formées à la suite du 15-M8 et des associations de quartier se sont ainsi impliquées dans les mobilisations. «  Les gens sont tout à fait conscients que la santé de tous est en danger. Si une journée de chimiothérapie équivaut à 7 000 euros, seuls ceux qui pourront payer une telle somme bénéficieront de soins, à l’image des États-Unis. Nous ne pouvons l’accepter » affirme L., une administratrice hospitalière également porte-parole de l’hôpital duDoce Octobre. Antonio Gomez, de la Coordination anti-privatisation de la santé (CAS) donne l’exemple de l’hôpital d’Alzira, où les médecins urgentistes sont mieux rémunérés s’ils soignent des patients non-couverts par la sécurité sociale que l’inverse, et de Torrevieja Salud - l’entreprise qui administre l’hôpital de cette ville ainsi que plusieurs centres de santé valenciens ,- qui promet aux médecins généralistes jusqu’à 24 000 € de prime par an si ces derniers n’orientent pas leurs patients vers des spécialistes. Il ajoute que « le système des primes, dans le milieu de la santé, est en contradiction avec le serment d’Hippocrate. Il provoquera une sélection des risques : les patients « coûteux » seront orientés vers ce qui restera de secteur public, et c’est à coups de primes que l’on réduira les dépenses, au risque de réduire la qualité des soins ».

 

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Les militants précisent également que la privatisation du personnel non-sanitaire, en affectant l’organisation du travail, aura des incidences sur la qualité de l’accueil. Au Royaume-Uni, l’externalisation des services hospitaliers de propreté a entraîné une baisse de 67 000 à 36 000 du nombre des personnes préposées au nettoyage, réduction coïncidant avec l’augmentation du nombre d’infections dans le milieu hospitalier la plus significative de toute l’Union européenne.

Le principal argument utilisé par le Conseil Sanitaire pour justifier de cette privatisation – le privé reviendrait moins cher que le public – est également battu en brèche par les professionnels mobilisés. Une étude réalisée en 2010 par l’UGT9 à partir de données officielles démontre que le coût d’un lit d’hôpital est deux fois plus important dans le privé que dans le public. À titre d’exemple, les hôpitaux gérés par Capio dans la Communauté de Madrid reçoivent, en moyenne, 200 000 euros de subventions publiques (par lit et par année) de plus qu’un hôpital entièrement public (comme El Clinico) pour une assistance de « moins bonne qualité » et avec « moins d’activité clinique dans l’accomplissement des procédures de haute complexité » que ce qui est habituellement observé dans le secteur public.

 

Ce modèle de privatisation concerne enfin 10 % des centres de santé de la communauté madrilène, soit « environ 27 », selon le plan. Les centres, financés par l’argent public, seront dirigés par des sociétés constituées par un personnel sanitaire qui se chargera de la gestion et de l’embauche, à l’exemple des Entités à Base Associée (EBA). Depuis 1996, quelques centres de santé catalans se trouvent déjà sous la tutelle d’EBA, et les changements introduits par ce mode de gestion ont porté sur la réduction des effectifs : dans les EBA, une infirmière se charge de 2 903 habitants, contre 1 519 pour les centres publics, selon un rapport de la CAS. En alternative à ce modèle, le plan propose également la piste d’une gestion par des mutuelles, ou par des entreprises sanitaires.

 

À L’ORIGINE : LA LOI 15/97

Les mobilisations n’ont pas pour unique objectif d’obtenir le retrait du plan présenté par la Communauté de Madrid. « À l’origine [de ce plan]se trouve la loi 15/97, sur les nouvelles formes de gestion du Système national de santé. À partir de son adoption s’est engagée cette vague de privatisation, dans un premier temps par l’intermédiaire de décrets royaux et de lois » explique L., du Doce Octubre. La Coordination des Hôpitaux et la CAS partagent cet avis, et nombreux sont les militants qui demandent la suppression de cette loi adoptée en 1997, avec les votes du PP, PSOE, PNV, CIU et CC.

Depuis peu, les réactions se multiplient : à La Princesa, les militants ont réuni quelques 368 108 signatures contre la transformation de l’hôpital ; tous les Ordres des médecins de l’État désapprouvent le plan de privatisation de la Communauté de Madrid et le 18 novembre 2012, la marche des quatre colonnes, convoquée par la Coordination des Hôpitaux, s’apparentait à un « tsunami blanc » inondant les rues de la capitale. Un appel à la grève illimitée a été lancé par la AFEM, une association de personnel soignant spécialisé. Dix jours plus tard, les syndicats de la Table Sectorielle - accusés « d’inaction » par nombre des professionnels rencontrés, et marginalisés lors des assemblées - ont finalement appelé à respecter quatre jours de grèves (les 26, 27 novembre et 4 et 5 décembre 2012).

 

« Ce qui se passe à Madrid va s’étendre à d’autres communautés », affirme Juan Domingo Garcia, de l’hôpital Carlos III, avant de conclure : « Nous devrions commencer à nous mobiliser massivement, car nous sommes en train d’avancer vers la situation inverse de celle qu’il nous a tant coûté d’obtenir : une santé publique, universelle et gratuite. »

[CC BY-SA : attribution - Partage à l’identique]

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Notes et traduction : Julia Zortea


Pour écouter une émission sur la manifestation du lundi 7 janvier, par le centre de production radiophonique indépendant Mas Voces, c’est ici.

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 10:08
12
Jan
2013

Les nouveaux chiens de garde

 

 

Je ne peux que vous recommander chaudement d’acheter le DVD “Les nouveaux chiens de garde”, qui décortique brillamment notre paysage médiatique…

Les nouveaux Chiens de garde, fidèles à leur niche, justifient l’austérité pour le peuple et défendent les privilèges pour les riches. Offrez-vous un vaccin, avec le film de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat. Un DVD à diffuser partout, dans votre association, votre syndicat, votre parti, pour que les esprits, aiguisés, résistent mieux à la propagande.

En voici un formidable extrait de 3 minutes, sur Alain Minc :

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Vous pouvez le commander à ACRIMED : 

Les Nouveaux Chiens de garde en DVD ? Pour bien commencer 2013, c’est possible !


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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 09:32

Titanic-DEF.jpgC’est la fin d’un long suspens. Un scénario bien huilé. Sur nos sièges, nous piaffions d’impatience devant l’écran sur le moment de la reddition. Voilà qui est fait. La CFDT, oublieuse du drame de 2003, récidiva. Sombre journée.


Dans ce nouveau film, nous eûmes notre lot de rebondissements. Les plus pessimistes prévoyaient une signature avant fin décembre. Il faut dire que les augures étaient bonnes : le 4 décembre, Parisot entrevoyait la possibilité d’un « accord ambitieux ». Le 7, elle était bien « pessimiste » sur l’issue de la négociation, mais c’était pour donner le temps aux spectateurs de se faire à l’idée que la bataille était rude.

C’était aussi de la tactique. Le 9 décembre, elle ira même jusqu’à ne pas écarter « … un échec à cause des CDD taxés ». On tremblait. Fine mouche et lame de fond, la patronne des patrons allait et venait entre les nerfs des « négociateurs »… Elle était la vague et ses interlocuteurs l’île nue.


La CFDT, elle, dans le même temps, comme sur un terrain de foot, drible et feinte. Le 4, elle indique par le biais de Laurent Berger – le « calme dans la tempête » – que « la balle est dans le camp du patronat » et assure le 9 que « le match n’est pas fini ». La CFDT a toujours cru à un accord, ici comme ailleurs, elle est toujours prête à négocier la qualité de la corde avec laquelle seront pendus les salariés. La lutte des classes, chez elle comme chez Cahuzac, ne fait pas partie du vocabulaire. Mais il n’empêche : dans l’air du temps flotte cette nécessité d’avoir confiance en des syndicats raisonnables et respectueux des choses établies. L’adaptation du capitalisme est à ce prix. Les crépusculaires CFTC et CGC l’ont compris eux-aussi.


Pour faire bonne mesure, comme pour montrer qu’il n’y a aucune subordination ou d’acquiescement à des ordres d’où qu’ils viennent et gaver le gogo, la CGPME dénoncera « l’ingérence «intolérable » du gouvernement » dans la négociation – comme le fit le Medef – et le 10 les artisans patrons de l’UPA laissent croire qu’ils rejeteront le projet du Medef.


Mais François Hollande, qui joue gros dans cette affaire, même signée, dira faire  » confiance » aux partenaires sociaux. Ça tombait bien (ces deux lascars ne s’étaient pas concertés, croix de bois croix de fer) : Laurence Parisot espérera un temps « boucler ce soir ». Que d’émotions ! On aurait presque pu croire qu’il s’agissait d’une vraie négociation. Quel suspens !


On le sait bien, dans une négociation, les deux parties doivent mettre au chaud un point sur lequel elles pourront reculer sans gros dégât, ce qui en contre-partie leur permettra, pour l’une de ne pas perdre la face en criant victoire et pour l’autre de louer la raison et les bienfaits du dialogue en emportant l’essentiel.


Ici, ce fut la « taxation des contrats courts », le principal point de blocage imaginé dans cette négociation sur lequel on fera mousser la conclusion de l’accord en gens sérieux, tard dans la nuit jusqu’à plus soif. Dans le scénario, il était écrit que le Medef refuserait longtemps. La CFDT devrait indiquer mille fois que faute d’acceptation par le MEDEF, elle ne signerait pas d’accord.


Puis soudain, voici que – oh ! miracle – le 11 janvier cette «taxation» est consentie par le Medef «en échange d’incitations, de baisses de charges afin d’encourager à embaucher les jeunes en contrats long».


Gérard Filoche, quelques heures auparavant, se demandait « … pourquoi et comment la CFDT signerait elle ce pseudo accord avec le Medef ? … Comment peut faire croire que les graves questions sociales, les salaires, le droit du licenciement, la médecine du travail, se résument à la « taxation des contrats courts » ? Comment ce dernier point est il devenu « l’enjeu » (sic) qui achoppe ? on croit cauchemarder tellement il y a diversion, tellement on est a côté de la plaque ! … Les actuels adhérents ont encore peur du « coup de mai 2003?, de grâce ne le recommencez pas, pour vous et pour nous tous,… ne signez pas ce pseudo accord que le Medef veut encore vous et nous imposer… CFDT… ne signez pas de façon désespérée et minoritaire ! ».


C’était sans compter sur la scène finale, déjà tourné en plan fixe avec François Hollande aux manettes, celui où MEDEF et CFDT s’embrassent sur la bouche avant de crier qu’ils sont les rois du monde contractuel sur la proue du navire social qui va couler.


Étonnez-vous que Marion Cotillard n’ait pas été retenue  pour les Oscars 2013 ! Nous avions mieux sous la main. Le Medef continuerait de faire la loi et la CFDT l’y aider, nominée dans la catégorie du meilleur plus mauvais second rôle.


Léon. 

 

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Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans La lutte des classes
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