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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 14:43

Heureusement que j'ai des camarades qui suivent les actualités !

Moi à l'école j'étais au fond de la classe et je gribouillais des dessins sur mes cahiers, parfois je dormais, et parfois encore j'avais la tête dans les étoiles. Tout comme maintenant ( et c'est moi qui le dis  )

 

Voilà le lapin on a levé un gros lièvre avec ce gouvernement y'à pas à dire.

Pour le coup ça me donne envie de vous envoyer le lien vers le joli poème que les soces à la rose m'ont inspiré un jour 

 

ICI

 

Pour le reste, je laisse la parole à Roger Colombier :

 

 index-copie-3.jpg

 

 

François Hollande avait tiré l'imposition à 75% des grandes fortunes (plus de 1 million d'euros), comme le magicien sur son estrade un lapin de son chapeau. Une promesse du candidat socialiste à la présidentielle qui avait surpris jusqu'à son plus proche entourage, c'est dire. Mais c'était l'époque où il fallait se montrer de gauche dans les paroles du haut d'une tribune politicienne.


Une fois à l'Elysée, les belles promesses du candidat se sont vite envolées au vent mauvais de l'austérité. Ainsi en fut-il d'une véritable révolution fiscale, cohérente et réfléchie, pour s'attaquer aux privilégiés de la finance, aux évadés fiscaux de tous bords et à la spéculation. Restait la taxation à 75% des revenus supérieurs à 1 million d'euros. Encore n'était-ce que du provisoire sur deux ans. Comme si les privilèges de la finance, les fraudeurs fiscaux et la spéculation auraient magiquement disparus au bout de deux années.

 

Mais au lieu de respecter la législation sur l'imposition, pour une mesure un tantinet de gôche, on a taxé les personnes au lieu des foyers. Ainsi la droite a eu beau jeu de saisir le Conseil Constitutionnel, lequel vient de censurer tout naturellement cette loi bancale juridiquement.

Mon voisin pense que l'Elysée, avec tous les énarques que comptent la présidence de la République, le gouvernement et tous les économistes du même métal qui les conseillent, en a fait exprès. Pour ne pas s'attaquer ainsi à la finance. Pas con mon voisin, peut-être...

 

Bon, le Medef et la droite sont ravis de l'affaire, comme le monde du fric dans le foot professionnel et tous ceux qui font du patriotisme une affaire de gros sous à laquelle il ne faut pas toucher. Et Gégé ou Aflfelou qui sont partis pour rien!

 

Je vous proposerai bien du civet de lapin pour le premier jour de l'an nouveau. Mais par évidence, il n'en reste pas un poil ni le bout d'une moustache.

 

 

lapin-chapeau.gif


 


COCO- MAGNANVILLE

 


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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 08:34

 

Flexibilite.jpgA la demande du gouvernement, Syndicats et patronat ont engagé une négociation national interprofessionnelle. Les conclusions, attendues pour la fin Décembre 2012, sont susceptibles d’être retranscrites dans une loi et donc un débat parlementaire au début de l’année 2013. Mais les dernières propositions du Medef sont toujours une véritable provocation. Chacun d’entre vous peut mesurer qu’elles conduisent à une impasse économique et sociale, les salariés toujours plus considérés comme variable d’ajustement des choix patronaux.


Après avoir touché 20 milliards d’aides publiques, le Medef en veut plus : licencier plus vite, plus facilement, moins cher et sans contrôle. 

 
Les positions du Medef sont à ce point inacceptables que, pour l’instant, tous les syndicats les ont rejetées. La partie n’est cependant pas terminée, les négociations reprennent les 10 et 11 janvier 2013.



 

La CGT ne laissera pas faire, c’est votre avis qui doit compter dans cette négociation.
Face à l’urgence sociale nous proposons à la fois des mesures immédiates et d’autres de nature à transformer durablement le quotidien des salariés.

C’est une révolution dans le Code du Travail qui se prépare. La CGT vous informe et vous alerte.

Prenez connaissance de ce qui vous menace :

Le contrat de projet : nouveau contrat précaire

Il existe déjà une multitude de contrats de travail qui permettent une extrême souplesse pour les employeurs et qui provoque une extrême précarité pour les salariés. (Temps partiel, CDD, contrats de chantier, saisonnier, intérimaire, aidé, intermittent, d’alternance,… bientôt contrat de génération et contrat d’avenir.)

 
Le Medef innove encore avec le contrat de projet : Votre employeur pourrait vous employer demain en CDI de projet qui n’a de CDI que le nom puisque vous pourriez être licencié dès la fin de la tâche confiée. Cela pouvant se produire à tout moment et sans l’application des droits liés à un licenciement économique. Vous n’auriez aucune indication précise sur la fin de votre contrat. Comment construire votre avenir, obtenir un logement ou un crédit bancaire face à une telle incertitude ?

La mobilité… forcée

Votre employeur pourrait vous muter sur un autre site de travail situé à 50 km ou augmenter votre temps de trajet de 45 minutes avec comme conséquences une forte amplitude de votre journée et des frais de transport accrus. En cas de refus de votre part, direction la porte ! Le chantage à l’emploi, l’arme pour déréglementer

 
Déjà aujourd’hui, au nom de la compétitivité et sous prétexte de crise, la plupart des entreprises, quelle que soit leur situation financière, exercent le chantage à l’emploi (gel des salaires, augmentation des cadences et des amplitudes de travail, recours aux contrats précaires…) mais elles sont obligées de respecter les clauses de votre contrat de travail.


Demain, le Medef veut se débarrasser des clauses individuelles du contrat de travail : dès lors qu’un accord collectif serait passé dans l’entreprise pour soi disant « préserver l’emploi », tout salarié serait contraint d’accepter une baisse de son salaire, une modulation du temps de travail, un changement d’affectation de son lieu de travail, une détérioration des conditions de travail…


Alors qu’aujourd’hui votre entreprise ne peut agir ainsi sans votre accord, demain en cas de refus vous seriez licencié pour motif économique mais sans reclassement et avec des indemnités minorées. Vous seriez en plus privé de votre droit de recours devant un juge !

Droit du travail : la Jungle contre l’État de droit !

…Et si on pouvait faire travailler gratuitement !

Aujourd’hui, vous avez 5 ans pour réclamer les salaires payés ou contester tout manquement de votre employeur. Le patronat veut ramener ce délai de prescription à 18 mois.

CE, CHSCT : des moyens d’intervention réduits

Aux yeux du Medef le comité d’entreprise et le CHSCT constituent une entrave à la liberté de gestion des employeurs. Le Medef veut donc réduire leurs prérogatives.

Plus de chômeurs moins d’indemnités

Aujourd’hui, moins d’un salarié sur deux est indemnisé par l’allocation chômage, les femmes, les jeunes ayant peu travaillé sont les plus pénalisés. C’est l’état, avec l’argent public, qui vient de plus en plus en aide aux chômeurs par l’attribution de diverses allocations : les entreprises licencient, la collectivité paie ! Le patronat veut bien revoir le mécanisme d’indemnisation des chômeurs… mais à coût constant. Autrement dit, ceux qui sont indemnisés devront accepter une diminution de leurs droits pour que d’autres en bénéficient.

 
Pour le patronat, c’est aux salariés de se débrouiller des conséquences de la crise !

Pour la CGT : C’est NON  ! Face à l’urgence sociale, à la précarité galopante, à l’explosion du chômage ; il faut des garanties nouvelles pour les salariés, des emplois stables et bien rémunérés, des droits nouveaux d’interventions sur la stratégie des entreprises, un parcours professionnel attractif et sécurisé, une protection sociale de haut niveau.

 

Source : Place au Peuple !


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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 07:27

Médiapart - 17 décembre 2012 Par Lucie Delaporte  

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C’est the place to be. L’aîné de Carla Bruni, les enfants Copé, le fils Sarkozy, celui de Frédéric Mitterrand, mais aussi les petits Dassault, ceux d’Arnaud Lagardère… Tous y sont passés ou y sont encore. L’école active bilingue Jeannine-Manuel qui arbore fièrement ses 96 % de mention au bac est l’un des établissements les plus recherchés par certaines élites.


Un classement de La Tribune rangeait récemment son lycée juste derrière celui d’Henri-IV ou de Louis-le-Grand. L’école active bilingue accueille 2 300 élèves de la maternelle à la terminale dans le XVe arrondissement de la capitale. L’EABJM fait partie de ces établissements pourlesquels les parents bataillent dès la maternelle pour y faire inscrire leurs enfants, quitte à leur faire réviser dès 4 ans « le test du bonhomme », et autres épreuves de QI, comme le rapportait récemment un article de L’Express.

 

Lors d'un cours. Pourquoi une telle ferveur ? Il est vrai que les élèves bénéficient ici d’une offre scolaire exceptionnelle. Un enseignement en anglais et en français pour tous dès la maternelle, du chinois dès le CE2… Tout cela dans un cadre tout aussi hors norme. L’école bénéficie depuis peu d’un bâtiment de sciences de 1 500 m2, un théâtre au sous-sol, une spacieuse salle d’art. Avec les sorties culturelles, voyages scolaires en Chine ou au Japon, la palette d’activités d’after school est aussi des plus riches.


Dans cette école privée sous contrat non confessionnelle, on met en outre en avant une pédagogie différente : « Côté anglo-saxon, la pédagogie active, et côté français la solidité des programmes. L’EABJM c’est un mixte des deux », explique par exemple Florence Bosc, directrice adjointe dans un document interne. Quand les élèves français sont connus pour leur inhibition à l’oral, l’EABJM met en place un « debate club » pour, dès le collège, développer l'aisance rhétorique des élèves. Attentive aux enfants « trop doués », elle a aussi développé des déjeuners de surdoués pour que ceux-ci puissent échanger sur leurs difficultés .


Pour les parents, patrons, cadres du privé, souvent très tournés vers l’international, ces initiatives pédagogiques sont fort appréciables tout comme l’est l'entière disponibilité du corps enseignant. « Je reçois des mails en continu parfois jusqu’à 23 heures. Je suis tenu de répondre dans les plus brefs délais, sinon je suis rappelé à l’ordre », raconte un enseignant.

 

À l’EABJM le client-parent est roi. En s’acquittant de quelque 4 500 euros par an, tarif de base, dès la maternelle, les parents savent qu’ils paient pour des prestations largement inaccessibles au commun de l’éducation nationale mais aussi qu’ils investissent dans un entre-soi bien utile pour leur progéniture. « Il est vrai que le pouvoir économique des parents est largement plus élevé que la moyenne et qu’au bout du compte, sous couvert d’ouverture au monde, nous préparons pour nos enfants un réseau relationnel international », affirme sans détour un parent dans le bulletin de décembre de l’association des parents d’élèves de l’école.


Une table « platine » de dix personnes se paie 10 000 euros Car on vient, aussi et peut-être surtout à l’EABJM, pour se constituer un réseau et se préparer à une carrière worldwide. « Quatre de nos anciens élèves se sont retrouvés à la cafétéria de la Maison Blanche et, par hasard, se sont aperçus qu’ils parlaient français. Oh! You speak french ? Why doyou speak french ? (…) I went to EABJM. Oh ! So did I ! » rapporte Bernard Manuel, le fils de la fondatrice Jeannine Manuel et président de l’association EABJM, dans un film promotionnel.

 

 

Pour faire vivre le réseau, l’EABJM multiplie d’ailleurs les événements paillettes. Après le Springsparkling de mai dernier, une soirée champagne à l'ambassade de la République tchèque, cesamedi 15 décembre, l’école organisait son gala annuel dans le salon d’honneur du Grand Palais à Paris. L’occasion de revoir quelques anciens dans ce cadre prestigieux mais aussi de faire unebonne action. Car au-delà de l’aspect festif, il s’agissait bien d’une soirée de charité… au profit de l’école ou plus exactement au profit de la fondation Jeannine Manuel.

champagne



Créée en 2004, dans le but de « promouvoir la compréhension internationale par l’éducation bilingue », la fondation permet en effet à l’école de lever des sommes très importantes auprès de mécènes, qui sont aussi généralement les parents d’élèves.

 

Abritée par la Fondation de France, son statut lui offre cet inestimable avantage que toutes les sommes collectées sont défiscalisées à 66 %. « Sans innovation, cette école ne vivrait plus. Alors si on veut que cette école continue de vivre, de progresser, d’avoir des tas de projets, eh bien, il faut trouver le moyen de la financer », assure sur le site de l’école la directrice Élisabeth Zéboulon.

 

Au Grand Palais, la fête a commencé par une mise aux enchères sous l’autorité de maître Cornette de Saint Cyr. « Les parents amènent des lots, des tableaux, du mobilier, les participants surenchérissent », rapporte un habitué de la maison. Le tout finit sur un dance floor animé par la DJ et maman d’élève Béatrice Ardisson. Le couvert ce soir-là est à 450 euros mais seulement 153 euros «après déduction fiscale», comme le précise l’invitation. Une table « platine » de dix personnes se paie 10 000 euros mais, là encore, l’apport du contribuable, soucieux de favoriser la compréhension entre les cultures, permettra de ramener la note à 3 400 euros. Tous les dons réalisés au cours de la soirée sont défiscalisés.


 

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Choquant ? La Fondation de France, qui abrite la fondation Jeannine Manuel et se porte garante de ses comptes, assume. « Soutenir l’enseignement d’excellence, c’est un sujet en soi. Cela a des retombées sur tout le pays. La promotion de l’enseignement bilingue quand l’enseignement des langues est poussif en France est important », affirme Dominique Lemaistre, directrice du mécénat de la Fondation de France qui déplore le prisme français du mécénat éducatif uniquement tourné vers le social. 


Aider la scolarité des classes supérieures les plus favorisées du privé, n’y a-t-il néanmoins rien de plus urgent ? « La loi fiscale met toutes les causes d’intérêt général au même niveau. Nous pensons qu’il est dangereux de vouloir classer les causes », rétorque un peu agacée Dominique Lemaistre. Pour le reste, la fondation n’a aucun compte à rendre au public, aucune obligation par exemple de présenter un rapport annuel.

 

Depuis le scandale de l'Arc, révélé par la Cour des comptes, une loi a été adoptée en 1991 pour fixer des obligations de transparence aux associations faisant appel à la générosité publique. Les fondations abritées y échappent manifestement.

 

Sous subvention publique, via la défiscalisation

 

Le principe d’une subvention publique, via la défiscalisation, au service des plus privilégiés reste gênante. Après le bâtiment des sciences et des arts, qui a coûté 7 millions d’euros, un million étant versé par la fondation, un théâtre a été financé par la fondation Lagardère (selon nos informations,la fondation Lagardère a dépensé quelque 600 000 euros pour son aménagement, également défiscalisés à 66 % mais la fondation, « confrontée à un problème d'archives », n’a pas confirmé).


Etait-il bien d’utilité publique de payer, comme vient de le faire la fondation Jeannine Manuel, pour la construction d'un imposant mur d’escalade ? Conscients, sans doute, que la compréhension entre les peuples était une justification un peu légère ou par trop floue, pour solliciter les deniers publics, les responsables de la fondation ont donc lancé il y a deux ans « un magnifique projet », dixit la direction, intitulé : « Grandir ensemble ». Officiellement, à la manière de Sciences-Po s’ouvrant aux élèves de ZEP, il s’agit pour l’école de diversifier son recrutement en prenant en charge la scolarité d’enfants de milieu populaire.

 

Depuis que le programme a été lancé, seuls deux élèves ont intégré l’école en CP par cette voie. Pourquoi si peu ? « C’est le démarrage du projet, il faut leur donner du temps », plaide-t-on à la Fondation de France. En interne, on explique pourtant les ratés tragicomiques de cette opération. « Ils ont cherché à faire des partenariats avec des écoles de la banlieue nord mais se sont fait claquer la porte au nez. L’idée de sélectionner un enfant de Créteil pour l’amener tous les matins en taxi dans les beaux quartiers et le ramener le soir chez lui, tout cela au nom de la mixité sociale, bizarrement, cela ne leur a pas plu ! » raconte, mi-moqueur, mi-atterré, un salarié. 


L’EABJM s’est donc tournée vers les écoles du quartier pour trouver ces perles rares, capables de donner une coloration un peu plus sociale à la Fondation. Mais pas question de prendre n’importe qui pour autant. « Ces enfants doivent avoir de très bonnes aptitudes, être issus de l’immigration et venir de milieu défavorisés », précise Florence Bosc, directrice du développement de la Fondation Jeannine Manuel dans un entretien à l’association de parents d’élèves. Après plusieurs étapes de sélection dans les maternelles du quartier, les prétendants au CP ont aussi dû passer « un bilan d’orthophonie et un test WPPSI », pour mesurer leurs capacités intellectuelles. Immigré et pauvre passe encore, mais quand même pas idiot !


En interne, cette laborieuse opération de communication fait sourire. La politique sociale et salariale en vigueur à l’école, nettement moins. Selon nos informations, entre le professeur contractuel payé au Smic et l’équipe de direction, les salaires à l’EABJM vont de 1 à 15. Contactée à ce sujet, la directrice Élisabeth Zéboulon nous a répondu qu’il fallait comparer ce qui était comparable. « Les enseignants sont rémunérés selon les grilles du ministère de l’Éducation nationale. Pour ce qui concerne l’échelle de rémunération des personnels administratifs,elle est de 1 à 7,57 en équivalent plein temps », nous explique-t-elle. Il reste qu’avec une double rémunération –

 

la directrice de l’EABJM est aussi gérante de la société Remi, laquelle, au sein de l’école, vend les livres en différentes langues et gère le périscolaire –, son salaire avoisine les 18 000 euros mensuels. Trois fois ce que gagne, par exemple, un président d’université. Les primes et autres compléments de salaires y sont également distribués à discrétion déplorent certains salariés.

 

Le fils de la fondatrice de l’école, l’homme d’affaires Bernard Manuel, ne s’est pas oublié non plus. Les importantes acquisitions immobilières de l’école, partiellement soutenues par la fondation, lui profitent directement puisque, propriétaire des murs via une SCI, il se verse les loyers à lui-même.

 

Mécaniquement, toute augmentation des surfaces fait grimper les loyers. Un bien beau système. Si, comme François Hollande l’a rappelé lors de son discours sur l’école à la rentrée, un « projet éducatif est un projet de société », que penser du projet de l’EABJM ?

 

Luc Chatel, prédécesseur de Vincent Peillon rue de Grenelle, l’avait très officiellement approuvé en accordant sur son contingent la Légion d’honneur à ses dirigeants Bernard Manuel et Florence Bosc en 2010. Et maintenant ? 


La boîte noire : Cette enquête a été réalisée ces dernières semaines. Les enseignants, salariés et parents d'élèves rencontrés ont tous tenu à rester anonymes. Avec la directrice de l'école, Mme Zéboulon, qui n'a pas souhaité donner suite à notre demande d'entretien, nous avons finalement eu plusieurs échanges par mail. La communication de la fondation Jean-Luc Lagardère, sur la question du financement du théâtre de l'école, nous a répondu qu'elle ne pouvait confirmer le montant de la somme versée ayant, à lasuite d'un déménagement, « un problème d'archives ». 

 

source: http://www.mediapart.fr/journal/france/161212/leabjm-cultive-lentre-soi-dune-education-pour-les-tres--riches 

 

 

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 09:37

 

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Opprimés du CAC 40, forçats du dividende, persécutés du stock option, fustigés de l’actionnariat, stigmatisés de la Rolex, du yacht et du jet privé, outragés fiscaux de tous pays, unissez vous !


Taxés du grand capital, réprouvés de la rente à rien foutre, bâillonnés des médias que vous possédez à 98% à peine, humiliés du blanchiment d’argent, réprimés du secret bancaire et de la société écran, indignez vous !


Exploiteurs poussés à la clandestinité, licencieurs humiliés, délocalisateurs assujettis, milliardaires traqués, chassés, lynchés jusque dans les chiottes du Ritz par l’inquisition bolchevique, révoltez vous !


Vous résistants de Gstaad, réfugiés de Monaco, exilés de Nechin, bannis de St Barth, expatriés de Londres, déportés de Genève, privilégiés accablés des îles Caïmans, rejoignez l’internationale capitaliste.


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Oui camarades oligarques, déracinés du pognon, immigrés du fric, expatriés du chéquier, solidaires du profit privé, apatrides de la dette publique, contre la tyrannie Flanby-communiste - avec ses vieux démons staliniens, matrice idéologique du plus intolérant des archaïsmes sociopolitiques - c’est le grand soir défiscalisé, c’est la lutte fiscale.


Cher 0,001% de la population, chères 3000 victimes désignées de la terreur fiscale, refusez l’impôt à 75% pour deux ans (et pourquoi pas 3 pendant qu’on y est) à partir d’1 misérable million annuel, alors que les plus méritants d’entre vous subsistent avec à peine 240 smics par an.


Un smic que le despote Robespierandréou, au nom de l’état providence vient d’augmenter arbitrairement de 2%, soit 18 centimes de plus par heure, pour chaque travailleur assisté, tandis qu’on vous spolie.


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Opprimés du CAC 40, vous qui sentez la lame aiguisée de l’ISF sanglante sur votre cou, vous, objets de toutes les haines sociales, de tous les racismes anti-riches, vous victimes de la ségrégation par l'argent, rejoignez le camp des patriotes du fric sans frontières et du tout pour ma gueule, descendez dans les palaces, sortez vos mégaphones griffés et avec Warren Buffet manifestez et hurlez :

"La lutte des classes existe, et c’est la mienne, celle des riches, qui la mène et qui est en train de la gagner. »


TG.Bertin


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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 08:29
27 DÉCEMBRE 2012 | PAR LAURENT MAUDUIT

http://img15.hostingpics.net/pics/224782LaurentMauduit.jpgC’est décidément un séisme social que connaît la France. Avec chaque mois, une nouvelle vague, de plus en plus formidable, de demandeurs d’emplois, nourrie par des plans sociaux à n'en plus finir, des charrettes interminables de licenciements ou de ruptures conventionnelles. Un séisme social, qui va porter le chômage dans le courant de l’année 2013 à un niveau historique et que François Hollande s’applique à minimiser, en promettant que la tendance va s’inverser dans le courant de l’année prochaine. Et pourtant, plus les mois passent et plus l’engagement apparaît fragile. Et surtout, moins le chef de l’Etat peut alléguer de l’héritage pour expliquer cette hausse dramatique. Car la politique d’austérité qu’il conduit commence à peser sur l’activité. Et la politique sociale, en outre, est notoirement sous-calibrée pour répondre à l’état d’urgence. En bref, cette vague sans précédent de chômage, François Hollande commence à en être lui-même partiellement responsable.


De fait, les chiffres sont catastrophiques. Pour le 19ème mois consécutif, le nombre des demandeurs d’emplois a en effet de nouveau progressé en novembre dernier. La hausse a touché précisément 29 300 personnes (+0,9%), ce qui porte le nombre des demandeurs d’emplois de la catégorie A, c’est-à-dire la catégorie la plus restreinte, à 3 132 600 en France métropolitaine. Sur an, la hausse est gigantesque : le nombre des demandeurs d’emplois a progressée de 304 600, soit une hausse de 10,8%.


Mais si on prend en compte le décompte le plus large, c’est-à-dire les catégories A, B, C, D et E, on parvient à un décompte encore plus vertigineux. Le nombre des demandeurs d’emplois est dans ce cas passé de 4 819 300 en novembre 2011 à 5 241 900 en novembre 2012, ce qui correspond à une hausse annuelle de 422 600 personnes. Ce qui laisse sous-entendre que la pauvreté doit, elle-même, gagner actuellement beaucoup de terrain et pourrait franchir la barre des 10 millions de personnes dans le courant de l’année 2013.

 
La version intégrale du bilan de Pôle emploi à fin novembre

http://www.scribd.com/doc/118184649/Stats-Pole-Emploi

 


La débâcle de l’austérité

 
Le plus préoccupant, c’est que, selon toute vraisemblance, les prochains mois seront aussi sombres. C’est ce que suggère la dernière "Note de conjoncture" publiée le 20 décembre par l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (Insee). L’Insee fait en effet valoir que la France devrait rester enlisée dans une situation de croissance zéro. Et, de ce fait, la France est en passe de battre le record historique du taux chômage de 11,2 % de la population active qu’elle avait atteint dans le courant de l’année 1997, comme le met en évidence le graphique ci-dessous. Après avoir atteint un point bas à 7,7 % au deuxième trimestre de 2008, ce taux de chômage (y compris Dom-Tom) est reparti vertigineusement à la hausse. Et selon l’Insee, il pourrait culminer à 10,5 % fin décembre 2012 avant d’atteindre 10,9 % à fin juin 2013.


http://img15.hostingpics.net/pics/300425Grafff1.png
Toujours selon l’Insee, le nombre des chômeurs (au sens du BIT), après avoir augmenté de 226 000 en 2012, devrait continuer de progresser à une vitesse presque aussi rapide au premier semestre de 2013, soit sans doute + 109 000 personnes.


Compte tenu de ces tendances très défavorables, la plupart des experts estiment très improbable que François Hollande puisse honorer son engagement d’une inversion de la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année.


Certes, il ne ménage pas sa peine pour tenter de convaincre l’opinion du contraire. Ce jeudi matin, il était ainsi au marché de Rungis (Val-de-Marne), de bonne heure, pour rappeler son credo : « A la fin de l’année 2013, nous devons inverser la courbe du chômage (…)  Je devais dans cette période de fêtes dire aux Français que nous devons être tous sur le pont pour le travail et la lutte contre le chômage. (...)  L’année c’est 365 jours, donc ceux qui ont la responsabilité à la tête du pays se doivent d'être présents 365 jours (…)  Ca ne veut pas dire qu’il n’y a pas de droit aux vacances et aux congés, mais le président doit être là pour faire comprendre aux Français que le pays est dirigé ».

 

Et voici une semaine, vendredi 21 décembre, sur Europe 1, le président avait déjà dit à peu près la même chose. « Le chômage ne va cesser d’augmenter pendant un an », mais « la volonté qui est la mienne, c’est qu'à la fin de l’année 2013, et ça va être long, il y ait une inversion » de la courbe, c’est-à-dire que le chômage « à ce moment-là régressera » (mot à mot le discours de Michel Sapin, note du Papy Mouzeot) .


 Pourtant, le message présidentiel relève de la méthode Coué. Et dans tous les cas de figure, par-delà l’aspect aléatoire d’une telle prévision, la seule question qui compte est de savoir si la politique économique et sociale du gouvernement contribue, peu ou prou, à la réalisation de l’objectif. Or, plusieurs raisons permettent malheureusement d’en douter.

 
D’abord, il y a la politique économique d’ensemble du gouvernement qui est marquée par une forte austérité. Afin de ramener les déficits publics à 3% du produit intérieur brut (PIB) dès 2013, le gouvernement a décidé de couper de manière énergique dans les dépenses publiques. Et la décision de mettre en chantier un "choc de compétitivité" en faveur des entreprises, pour un montant de 20 milliards d’euros, a renforcé encore davantage le caractère restrictif de la politique économique française puisqu’il faut, de ce fait, que le gouvernement trouve au total, près de 12 milliards d’euros d’économies par an pour atteindre son objectif d’équilibre des finances publiques d’ici la fin du quinquennat.


Or, chacun comprend bien les conséquences d’une telle politique :appliquer de l’austérité à une économie au bord de la récession ne peut que la fragiliser encore plus. Sous le titre "La débâcle de l’austérité", c’est ce qu’explique de manière remarquable une récente étude de l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE), que l’on peut consulter ci-dessous.

OFCE: la débacle de l'austérite
http://www.scribd.com/doc/118090516/OFCE-la-debacle-de-l-austerite

Le stupide théorème de Schmidt

 
Du même coup, on comprend la fragilité des prévisions économiques du gouvernement. Le scénario de l’Insee aboutit à ce que « l’acquis de croissance »  

(ici la définitionne dépasse pas 0,1 % à la fin du mois de juin 2013. Or, le gouvernement a construit tout son budget de 2013 sur une hypothèse de croissance de 0,8 %. Pour que cet objectif soit tenu, il faudrait donc que la croissance accélère brutalement et atteigne des chiffres de l’ordre de 0,8 % au troisième trimestre et de 1,2 % au quatrième trimestre. Ce qui est proprement impensable. Conséquence implacable : sur le front du chômage, la prévision présidentielle pêche, elle aussi, par optimisme. 

 

 

En bref, la politique d’austérité va forcément conduire à plus de chômage que prévu.

 

Mais à cela s’ajoutent encore d’autres raisons. En particulier, il est apparu de plus en plus nettement au fil de ces derniers mois que le gouvernement a fait le choix de conduire une politique néo-libérale, dite de l’offre. En clair, tout a été fait pour favoriser les entreprises, avec l’arrière-pensée que ces aides conduiraient à une amélioration sur le front de l’emploi et du chômage. C’est la logique supposée du"choc de compétitivité" voulu par le gouvernement au terme duquel les entreprises vont percevoir 20 milliards d’euros sous forme de crédit d’impôt.

 
Or, ce choix-là risque de rater sa cible pour deux raisons. La première, c’est qu’aucune étude économique n’atteste que l’amélioration de la situation économique des entreprises conduise à une baisse du chômage. C’est la faille bien connue du fameux"théorème de Schmidt". On se souvient que le chancelier allemand Helmut Schmidt avait pris en son temps pour cap ce principe : « Les profits d’aujourd’hui, font les investissements de demain et les emplois d’après-demain ».

 

A l'époque, son allié et ami français,Valéry Giscard d'Estaing, avait repris cette maxime à son compte, ce dont se moquaient les socialistes français, non sans raison. Car dans le capitalisme d’actionnaires auquel la France s’est convertie, cela ne fonctionne jamais comme cela : les profits d’aujourd’hui font simplement d'abord... les dividendes de demain.

 
Et c’est donc le très grand risque pris par le gouvernement : en accordant 20 milliards d’euros de crédits d’impôt aux entreprises, sans leur demander en contrepartie le moindre engagement, il va alimenter le plus souvent des comportements d’aubaine. Cela va tout bonnement venir gonfler les dividendes d’entreprises qui sont déjà très généreuses avec leurs actionnaires, et d’abord les entreprises du CAC 40.

 
Ce choix d’une politique économique néo-libérale est confirmée par un autre chantier ouvert par le gouvernement, celui de la réforme du marché du travail. Encore une fois, l’arrière-pensée est transparente :l’Elysée veut faire croire qu’une plus grande flexibilité peut conduire à davantage de créations d’emplois.

 

Mais en vérité, beaucoup d’études attestent que l’effet est n’est pas exactement celui-là : une plus grande flexibilité peut accroître la rapidité des embauches en période de croissance et accroître celle des licenciements en période de stagnation, mais sans que le stock total d’emplois n’en soit modifié sur longue période. En clair, la flexibilité crée d'abord... de la flexibilité ! Mais elle ne créée pas plus d’emploi. Ou si elle en crée, ce sont seulement des emplois… précaires !

 
Mais ces choix sont révélateurs aussi d’une autre arrière-pensée : si le gouvernement considère que le pays est en situation d’urgence économique, il n’a jamais semblé penser qu’il était aussi en situation d’urgence sociale. Car après tout, il aurait tout aussi bien pu considérer que l’envolée dramatique du chômage exigeait une mobilisation exceptionnelle de tout le pays. Et des moyens financiers tout aussi exceptionnels. En somme, il aurait pu considérer que la baisse du chômage ne serait pas la résultante ultime de la politique économique, mais sa première priorité. Et qu’il convenait, à cette fin, de lancer une sorte de New Deal à la Française. Ou une sorte de réunification à l’Allemande. Avec un objectif majeur : faire tomber le Mur… du chômage !

 
Mais cette volonté-là, le gouvernement ne l’a visiblement pas. Car si le retour à l’équilibre des finances publiques et le "choc de compétitivité"mobilisent toutes ses marges de manœuvre, il n’en a, par ricochet, plus aucune pour la politique sociale. Pas de "choc anti-chômage" : François Hollande a, de toute évidence, fait le choix de mettre en œuvre des moyens très limités pour faire refluer le chômage.   

 

Les risques de l'effet d'aubaine

 
Parmi ces moyens, il y a d’abord les emplois d’avenir – nouvelle variante de ce qu’étaient autrefois les "emplois jeunes". Dans la panoplie infinie des mesures relevant du traitement social du chômage, ces mesures-là sont assurément utiles, puisqu’elles offrent une première expérience professionnelle pour les jeunes de 16 à 25 ans, même si elles sont financièrement coûteuses, l’Etat assurant le financement du dispositif à hauteur de 75% du salaire brut pour une rémunération à hauteur du Smic. Encore faut-il que l’Etat décide de mettre de gros moyens pour que l’effet sur les chiffres du chômage soient sensibles.
Or, dans le cas présent, la politique d’austérité choisie par le gouvernement fait peser sur ces contrats d’avenir une très forte contrainte. D’abord, leur nombre sera limité : violant les engagements de son propre parti qui, dans son projet élaboré au printemps 2011, prévoyait 300 000 contrats d’avenir, François Hollande n’en a promis que 150 000 lors de sa campagne présidentielle, soit moitié moins, dont 100 000 dès 2013 et 50.000 en 2014.

 
L’explication avancée pour justifier ce choix retient l’attention. François Hollande faisait en effet valoir que la conjoncture ne permettait pas d'aller au-delà de ces 150.000 contrats : « Dans un premier temps, c’est ce que la croissance nous autorise à financer ». Et quand on y pense, l’argument est terrible. Il peut s’énoncer d’une manière plus directe : plus la croissance est faible, plus le chômage s’emballe mais plus les moyens financiers dédiés à le faire refluer seront faibles. Le principe énoncé alors par le candidat entérinait donc une sorte de fatalisme ou de résignation : en vérité, on ne peut pas faire grand chose contre le chômage.

 
Il ponctuait, certes, son propos d’une formule à peine plus optimiste :« Si la croissance nous offre des libertés nouvelles, nous en ferons davantage. Mais moi, mon devoir, c’est de dire la vérité ». Mais, avec le recul, en cette fin d'année 2012, dans la conjoncture présente, on en mesure bien les limites : puisque la politique d’austérité conduit durablement à une situation de croissance zéro, il n’y aura pas de "libertés nouvelles" pour créer davantage de contrat d’avenir. C’est l’histoire du chat qui se mort la queue...

 
Accessoirement, le gouvernement a prévu des crédits budgétaires très limités pour financer le dispositif. Le coût de la mesure ne sera en effet que de 2,3 milliards d'euros pour les trois ans à venir, à savoir 500 000 millions d'euros pour 2013, puis 1,5 milliard par an lorsque les emplois d'avenir seront installés. Et le financement sera assuré par le simple redéploiement des exonérations sur les heures supplémentaires. Or que vaut une politique sociale qui ne coûte rien ? La réponse est induite par la réponse : pas grand-chose !

 
Et puis, selon le gouvernement, il existe un second grand levier dans le traitement social du chômage, ce sont les contrats de génération, qui constituaient l’engagement phare de François Hollande et qui font l’objet d’un projet de loi qui sera examiné par le Parlement dans le courant du mois de janvier.
A la différence des emplois d’avenir, qui est ouvert en priorité aux jeunes sans qualification, ces contrats de génération bénéficieront à tous les jeunes, quelle que soit leur qualification, et les entreprises privées pourront aussi en profiter. Le gouvernement prévoit ainsi un peu plus de 100 000 contrats signés dès 2013, puis environ 130 000 en 2014 et les années suivantes. Soit 500 000 jeunes sur la durée quinquennat.

 
Mais les critiques dont ce contrat de génération peut faire l’objet sont encore plus sévères que pour le contrat d’avenir. D’abord, parce que le gouvernement a choisi d’y affecter des moyens financiers encore plus limités : pas plus de 180 millions d’euros en 2013, somme qui sera portée à 540 millions en 2014, puis 790 millions en 2015 et près de 1 milliard en 2016.

 
Mais surtout, ce contrat de génération risque de susciter un "effet d’aubaine" massif. Lors des primaires socialistes, c’est Martine Aubry qui, la première, avait usé de cette formule cinglante. Et tout le monde y avait vu la manifestation d’une aigreur socialo-socialiste. Pourtant, beaucoup d’experts, même de sensibilité de gauche, donnent raison à l’ex-première secrétaire socialiste. C’est le cas par exemple de l’économiste Philippe Askenazy, qui est chercheur à l’Ecole d’économie de Paris et qui est l’un des meilleurs spécialistes français de l’emploi. « Dans leur grande majorité, même sans exonérations de charges, ces jeunes seraient embauchés par les entreprises. L'effet d'aubaine sera majeur », répète-t-il à longueur d’entretien. C’est ce qu’il disait avant même l’élection présidentielle, par exemple ici dans L’Express; et c’est ce qu’il ne cesse de répéter depuis, et notamment ce jeudi dans un reportage (non mis en ligne) sur France Info.

 
Alors, paraphrasant la formule malheureuse mais révélatrice de François Mitterrand, François Hollande pourra dire qu’il aura "tout essayé contre le chômage". Tout… ce qu’autorise la doxa néo-libérale. Et on sait qu'elle autorise peu de choses. Un peu de traitement social du chômage, et pour le reste, il faut laisser faire la main invisible du marché. Car, c'est cela, au fond la politique de François Hollande : la dangereuse politique du laisser-faire...


Extrait de l'article de Mediapart paru le 28 décembre 

 

Repris sur Le blog satirique du Papy Mouzeot

 

 

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 08:23

Salam Aleykoum,


Je vis dans un petit village, j'y suis installée depuis 3 ans avec mon mari. Nous sommes des citoyens ordinaires : nous payons nos impôts, nous votons à toutes les élections, nous sommes bien intégrés. Mon mari travaille, nos enfants vont à l'école et font du sport, ils ne traînent pas dans les rues. Je ne souhaite pas me ghettoïser. Je suis sociable, et je me suis fait des amies parmi les habitantes du village, musulmanes ou non, croyantes ou non. Je suis la seule du village à porter le foulard, mais à part quelques regards de travers de temps en temps, je n'ai pas subi de rejet, et j'entretiens de bonnes relations avec mes voisins.

Bref, nous n'avons rien à nous reprocher, nous sommes une famille exemplaire. Je dis tout cela car je me suis interrogée, j'ai cherché à comprendre l'agression dont nous avons été l'objet. Mais je n'y vois qu'une explication : c'est un acte islamophobe

La nuit du 23 au 24 décembre, vers minuit, le téléphone a sonné. Je me suis inquiétée, étant donnée l'heure tardive de l'appel. C'était ma voisine. Elle était terrorisée, dans une telle panique que je ne comprenais pas ce qu'elle disait. Quand elle s'est calmée, elle a fini par me dire de quoi il s'agissait : elle venait de trouver une tête de sanglier, toute ensanglantée, dans la poussette de mon petit dernier, qui a deux ans et demi.

En effet, comme je suis enceinte, je laisse la poussette au rez-de-chaussée dans les espaces communs de la résidence, car ceux-ci sont sécurisés, accessibles seulement grâce à un badge ou un code. La voisine était tombée nez-à-nez avec la tête du sanglier en nettoyant le hall. Je suis allée réveiller mon mari, qui est descendu pour constater. Il y avait du sang partout. Nous avons pris des photos et mon mari a appelé les gendarmes, qui se sont déplacés. Puis mon mari s'est rendu à la gendarmerie pour porter plainte. 

La fonctionnaire qui a pris sa plainte est une amie, et elle m'a rapporté que certains des gendarmes de la brigade n'avaient pas pris la chose au sérieux. J'ai été très choquée d'apprendre que l'un d'entre eux avait affirmé qu'il ne s'agissait que d'"une blague". Heureusement, mon amie gendarme n'avait pas le même sens de l'humour que ses collègues, et a compris la gravité de l'acte. 

Je signale que des faits similaires ont eu lieu il y a 15 jours : une tête de sanglier a été déposée sur le palier d'un voisin. Mais lorsqu'il a porté plainte, les gendarmes ont classé l'affaire sans suite, estimant que mon voisin n'était pas visé, puisque "bon français de souche". En effet dans la région, où il y a de nombreux chasseurs et où le FN fait de bon scores, des incidents de ce genre ont lieu chaque année pendant la saison de la chasse, et ce sont à chaque fois des familles musulmanes ou arabes qui sont ciblées. J'espère que les auteurs de ces actes intolérables seront punis et que les autorités feront le nécessaire pour mettre fin à cette "tradition locale" morbide et haineuse.

 

Source le CCIF


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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 00:43

Dans sa revue de presse internationale, Marine de la Moissonière propose un éclairage sur la grève des personnels médicaux de la Communauté de Madrid. 6 hôpitaux et de 27 cliniques vont être privatisés. L'année prochaine, 1,5 millions de Madrilènes devront se soigner dans le privé.

Manifestation à Madrid contre la privatisation des hôpitaux - "politique libérale, adieu à la sécurité sociale" M. DE LA MOISSONNIÈRE © RADIO FRANCE

"Je m'appelle Belén Padilla. Je travaille à l'hôpital Gregorio Marañón. Je vous apporte ma démission." Cette scène s'est passée hier matin, au Collège des médecins de Madrid. C'est El País qui la raconte. Comme 150 médecins, Belén Padilla a décidé de ne plus faire partie d'aucune commission, ni d'aucun comité technique. Des comités auxquels elle appartenait pourtant depuis 20 ans.


Pourquoi démissionner alors ? Pour protester contre la privatisation de 6 hôpitaux et de 27 cliniques, dans la Communauté de Madrid. Un décision approuvée hier, par le Parlement madrilène, et qui devrait officiellement permettre de faire 200 millions d'euros d'économies, rapporte El País qui fait les comptes. Ce sont environ 1,5 million de personnes qui seront soignées par le privé à partir de l'an prochain. 

Les deux mois de bataille depuis l'annonce du projet n'y auront rien fait. Deux mois que relate le quotidien espagnol. Deux mois marqués par d'innombrables manifestations - les fameuses "marches blanches" - par des pétitions, des grèves générales, des réunions inutiles avec le gouvernement régional. Deux mois marqués aussi par la démission des équipes dirigeantes dans les hôpitaux et les cliniques concernés, et par la fermeture de l'hôpital La Princesa de Madrid qui refuse de devenir un centre spécialisé pour personnes âgées.

 

La mobilisation des blouses blanches n'a pas fléchi les politiques

 

Cette semaine, médecins et infirmières entrent dans leur 2e mois de grève. 40 000 consultations ont été annulées depuis le début du mouvement, 6 000 opérations reportées, détaille El País. Il n'y a bien que les urgences et le service d'oncologie qui fonctionnent sans problèmes. Mais la mobilisation des blouses blanches n'a pas fait fléchir les politiques. 

"Y ahora qué ?". "Et maintenant ?", s'interroge José Luis de La Serna, dans El Mundo, qui s'inquiète pour l'avenir de la santé espagnole. Qui va reprendre les hôpitaux, se demande-t-il, alors que la situation aujourd'hui est "surréaliste".  Cela fait au moins 20 ans que l'on sait qu'un système de santé 100% public n'est pas viable, écrit José Luis de La Serna. Mais le changement aurait dû se faire progressivement.

 

Manifestation à Madrid devant le ministère de la SantéM. DE LA MOISSONNIÈRE © RADIO FRANCE

Le conflit a crée une rupture sans précédent entre le personel hospitalier et les politiques. "Il y a quelques années, nous étions la fierté du pays. Aujourd'hui, nous sommes décevants (...) des menteurs et même des fainéants", explique Fatima Brañias, porte-parole de l'Afem, le syndicat à l'origine de la grève, dans les colonnes d'El País. Et de poursuivre : " La relation de confiance a été rompue et ce n'est pas de notre faute. Nous ne pouvons pas collaborer dans ce climat. Nous sommes contre ce plan qui signifie le démantèlement de la santé publique. Nous ne voulons pas participer à cela."


Comment donc dans ces conditions imaginer ces médecins travaillant pour une entreprise privée ? Comme l'écritJosé Luis de la Serna, toujours dans El Mundo, "une grave fracture s'est produite entre la majorité du corps médical et la compagnie pour laquelle ils travaillent. Aucune entreprise ne peut survivre sans séquelles à un divorce aussi brutal et traumatisant entre employés et patronat."

 

L'essor de la "santé privée" en Grande-Bretagne

 

Et si la solution venait d'ailleurs du coup ? De Grande-Bretagne par exemple. Comme le raconte le Wall Street Journal, cela fait deux ans et demi que Richard Branson, le patron de Virgin, investit dans la santé publique. Ou santé privée. On ne sait plus vraiment comment l'appeler. "Le National Health Service se tourne de plus en plus vers le secteur privé pour faire des économies et améliorer ses prestatations", explique le quotidien. Mais qui dit secteur privé dit profits. Et cela fait grincer des dents outre-Manche.

Mobilisation à l'hôpital 12 de Octubre de Madrid M. DE LA MOISSONNIÈRE © RADIO FRANCE

La santé publique qui est dans un piètre état en Grande-Bretagne, ne devrait pas répondre à des enjeux commerciaux, dénoncent les détracteurs du milliardaire. "Les multinationales font des profits en dégradant les conditions de travail de leurs employés et en réduisant certains services", déplore Jacky Davis, un radiologue opposé à l'empire Virgin. "Les patients sont toujours les perdants.
Réponse de Virgin : le service de santé en Grande-Bretagne fonctionne tellement mal qu'il y a largement de quoi améliorer les services, tout en générant des bénéfices. Au final, les patients y gagnent ; ceux qui payent des impôts aussi. EtVirgin Care dans tout cela ? Impossible de savoir combien la filiale santé de Richard Branson gagne.

 

Envoyer ses malades à l'étranger


Voilà donc pour l'option privatisation choisie par l'Espagne. Il reste une autre solution : envoyer ses malades à l'étranger. C'est ce que fait l'Allemagne, comme l'explique la correspondante du Guardian à Berlin, Jane Connolly. Les personnes âgées, notamment celles qui sont malades, sont envoyées en Asie et en Europe de l'est. Cela coûte moins cher. Il faut compter 2900 à 3400 euros par mois pour une maison de retraite en Allemagne. Une somme que 400 000 personnes n'ont pas les moyens de payer, rapporte The Guardian.

Du coup, de plus en plus d'Allemands partent. Ainsi près de 7200 Allemands vivaient dans des maisons de retraite en Hongrie en 2011, 3000 en République tchèque, 600 en Slovaquie. Mais il en a aussi en Grèce, en Ukraine, en Thaïlande, aux Philippines et... en Espagne ! The Guardian a pu parler avec quelques uns d'entre eux. Certains se disent mieux traiter que dans leur propre pays où les médecins manquent, et où on ne prenait pas vraiment soin d'eux.

 

France Culture- Marine de la Moissonière

 

Ecoutez l'émission 

28.12.2012 - 07:24

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 23:00

LISBONNE (Reuters) - Vinci a remporté l'appel d'offres pour la privatisation de l'opérateur aéroportuaire ANA, a annoncé le gouvernement portugais jeudi, précisant que le groupe français verserait 3,08 milliards d'euros pour 95% de la société.


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Lisbonne confirme ainsi ce qu'avaient précédemment dit des sources à Reuters. Vinci, groupe français de BTP et de concessions, a été préféré à l'allemand Fraport, à l'opérateur suisse Flughafen Zürich et au groupe argentin Corporacion America.


Avec l'acquisition d'ANA, Vinci précise dans un communiqué estimer le chiffre d'affaires de Vinci Airports pour 2012 à plus de 600 millions d'euros pour un excédent brut d'exploitation (Ebitda) d'environ 270 millions.


En intégrant les dix aéroports portugais, Vinci Airports gère au total 23 aéroports transportant plus de 40 millions de passagers dans le monde, ajoute le groupe.


Grâce au produit de la cession d'ANA, le Portugal va être en mesure de dépasser son objectif de revenu des privatisations.


Lisbonne avait initialement convenu de lever 5,5 milliards d'euros d'ici la fin 2013 dans le cadre d'un accord de renflouement international de 78 milliards d'euros. Cet objectif est désormais porté à 6,4 milliards d'euros.


Lisbonne cède des parts dans ses infrastructures pour réduire sa dette, ce secteur économique continuant de susciter une forte demande.


Le Portugal a déjà vendu des participations dans les compagnies d'électricité EDP et REN, essentiellement à des investisseurs chinois.


ANA a publié en 2011 un bénéfice record de 76,5 millions d'euros et un chiffre d'affaires de 425 millions, en dépit de la crise, à la faveur d'un afflux de touristes étrangers.


Plus des trois cinquièmes du C.A. ont été réalisés par des vols locaux ou intra-européens et le Portugal voit un nouveau potentiel de croissance pour ANA dans des vols long courrier vers l'Amérique du Sud et l'Afrique.


Les acheteurs potentiels considèrent en outre qu'on peut encore augmenter les bénéfices en développant des sources de revenus non liées à l'aviation, comme le duty free et les parkings, selon des personnes proches du dossier.


Vinci, candidat malheureux à la reprise des aéroports du turc TAV, pour lesquels ADP a remporté les enchères en mars dernier, exploite déjà neuf aéroports en France et trois au Cambodge.


Il suit actuellement une stratégie d'acquisitions ciblées de concessions existantes dans les aéroports, les parkings et les autoroutes, pour renforcer le poids de ces activités dans son chiffre d'affaires.


2012 Reuters


 

 Vinci a 348 filiales, dont plus de 100 opèrent en France

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 16:45

BRUXELLES (AFP) - 28.12.2012 

 Le pacte budgétaire européen, qui introduit la "règle d'or" et prévoit des sanctions en cas de dérapage des finances publiques, entrera en vigueur le 1er janvier grâce à la ratification du traité par la Finlande, a-t-on appris vendredi auprès du Conseil européen


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Le pacte budgétaire européen, qui introduit la "règle d'or" et prévoit des sanctions en cas de dérapage des finances publiques, entrera en vigueur le 1er janvier grâce à la ratification du traité par la Finlande, a-t-on appris vendredi auprès du Conseil européen.


"Pour que le traité entre en vigueur, il doit être ratifié par (au moins) 12 Etats membres de la zone euro. Cette condition a été remplie lorsque la Finlande a été le 12e Etat de la zone euro à ratifier le traité, le 21 décembre", a indiqué le Conseil européen.


"C'est une bonne nouvelle" que le traité puisse entrer en vigueur le 1er janvier, s'est félicité le porte-parole du gouvernement allemand, Georg Streiter.

"L'entrée en vigueur du traité budgétaire est un élément clé du bilan positif de l'année qui se termine. Mais il faut que d'autres mesures suivent", a-t-il ajouté. "Il est nécessaire dans les mois prochains de renforcer la zone euro par une coordination économique plus étroite", a-t-il insisté.


Le traité avait été signé le 2 mars à Bruxelles par 25 Etats membres de l'Union européenne sur 27, la République tchèque et le Royaume-Uni ayant décidé de ne pas y adhérer.


Ce nouveau pacte budgétaire, voulu à tout prix par la chancelière allemande Angela Merkel, vise à renforcer la discipline commune suite à la crise de la dette, en instaurant partout des "règles d'or" sur l'équilibre des comptes.


En vertu de ce traité, les pays s'engagent à avoir des "budgets équilibrés" ou "en excédent" sur un cycle économique, soit un déficit structurel (hors éléments exceptionnels et service de la dette) d'un niveau maximal de 0,5% du Produit intérieur brut.


Les pays qui affichent une dette globale modérée, c'est-à-dire "nettement en-dessous de 60% du PIB", auront droit à un déficit structurel toléré de 1%.


Chaque Etat devra lui-même prévoir qu'un "mécanisme de correction soit déclenché automatiquement" en cas de dérapage important par rapport à cet objectif, avec l'obligation de prendre des mesures dans un certain laps de temps.


La "règle d'or" devra être inscrite "de préférence" dans la constitution. Mais ce n'est pas une obligation. A défaut un texte de loi suffira si sa valeur juridique garantit qu'il ne sera pas remis perpétuellement en cause.


La Cour de justice européenne vérifiera la mise en place des règles d'or. Elle pourra être saisie par un ou plusieurs Etats et au terme du compte infliger une amende allant jusqu'à 0,1% du PIB du pays fautif. L'Allemagne voulait aller plus loin en confiant à la Cour le pouvoir de sanctionner aussi les dérapages des déficits et de la dette des pays. Elle a dû reculer face à l'opposition de la France. Mais n'a pas renoncé pour plus tard.


La limite tolérée pour les déficits publics annuels reste à 3% du PIB. Ce dérapage doit être temporaire. Et désormais un pays qui violera cette règle sera plus facilement exposé à des sanctions quasi-automatiques.


© 2012 AFP

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 14:12

Par  Francesca Spinelli (Bruxelles- Myeurop.info)

Tous les moyens sont bons pour certains lobbies à Bruxelles pour influencer les eurodéputés ou la Commission européenne. Créer de créer de fausses ONG pour promouvoir les intérêts d'une industrie fait partie du registre. Le dessous des cartes avec Martin Pigeon, chercheur au sein de CEO, un lobby anti-lobbies proche des altermondialistes.


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Cela peut paraître paradoxal, mais les lobbies anti-lobbies - ou du moins contraires à certaines formes de lobbyisme - existent. À Bruxelles, Corporate Europe Observatory (CEO - Observatoire de l'Europe des Entreprises ) est l'un des plus actifs. Comme son nom l'indique, l'association a pour principal objet d'être la vigie de l'influence des entreprises à Bruxelles.


C'est pourquoi CEO, créé, entre autres, par Olivier Hoedeman - l'un des deux protagonistes du documentaire "The Brussels Business"- s'intéresse de très près au lobbying, et plus spécifiquement à la transparence et la réglementation de celui-ci au sein des institutions européennes.


Suite à la chute de l'ex-commissaire John Dalli, le 26 octobre, Hoedeman a introduit une demande auprès du Secrétariat général de la Commission via le site AsktheEU.org. Puisque tout citoyen et résident de l'Union a le droit d'accéder - dans un délai de 15 jours ouvrables - aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission, Hoedeman a demandé à consulter les documents concernant la démission de Dalli.


Résultat: la Commission n'a transmis qu'une partie des documents, ce qui a poussé Hoedeman à introduire un recours et, histoire de bien faire passer le message, à lancer une pétition en ligne. Dans l'attente d'une réaction de la part de la Commission, MyEurop a rencontré Martin Pigeon, chercheur au sein de CEO.


Est-ce qu'on peut dire que CEO est aussi, à sa manière, un lobby?

CEO est né en 1997 pour informer les mouvements altermondialistes sur le fonctionnement des lobbies industriels. Notre rôle est donc, avant tout, celui de transformer des sujets techniques en débats politiques et de société. A cela s'ajoute une préoccupation sur la démocratie et qui peut y participer.


D'une certaine manière, donc, nous sommes aussi des lobbyistes, au sens où nous faisons pression sur les institutions européennes pour influencer la réglementation du lobbying lui-même. Mais c'est l'un des rares thèmes sur lesquels nous intervenons en tant que lobby, en approchant directement les fonctionnaires, les eurodéputés ou les représentants des pays de l'UE. En général nous sommes plutôt dans une position de producteurs d'information, d'observateurs. Je précise que nous ne percevons aucun financement public, ni lié à quelque entreprise que ce soit.


Une remarque générale: la plupart des organismes "historiques" de lobbying au niveau européen, que ce soit le patronat, les syndicats, les consommateurs ou encore les écologistes, ont été créés à la demande de la Commission, qui avait besoin de se construire une légitimité en s'entourant de représentants de la société civile.

Les syndicats patronaux, d'agriculteurs, les représentations d'associations de consommateurs existent quasiment depuis le début de la construction européenne.


Un syndicat comme le COPA (Comité des Organisations Professionnelles Agricoles de l'Union Européenne) a, par exemple, été quasi co-gestionnaire de fait de la PAC avec la Direction Générale Agriculture pendant des décennies, jusqu'à la fin des années 80.

A Bruxelles l'univers des lobbies comprend des groupes d'intérêts très différents, aux moyens plus ou moins puissants.

Les lobbies qui défendent les intérêts patronaux et commerciaux ont les moyens de travailler à la fois auprès des institutions européennes et des Etats membres, ce qui n'est généralement pas à la portée des associations. Il n'y a que quelques grands réseaux comme Greenpeace ou Les Amis de la Terre qui y parviennent, mais de façon limitée et uniquement sur des sujets déjà très populaires, comme les OGM.


Autre constat: dans un débat politique vous avez des alliés, des ennemis, des "ennemis de fait" - qui sont avec l'ennemi sans être payés ni influencés par lui, par conviction idéologique – et, enfin, une catégorie très importante qu'on appelle en anglais les "fence-sitters": ceux qui sont assis sur la barrière, les indécis, et qui sont évidemment une cible prioritaire. Ce qu'on constate, c'est que les associations concentrent presque tous leurs moyens sur leurs alliés et les indécis et pas du tout sur leurs ennemis, car elles n'ont pas les moyens.

 

L'industrie, elle, tente d'influencer tout le monde. Il y a une vraie disproportion. En général, quand les associations et les syndicats ne parviennent pas à créer de vrai débat public pour s'appuyer sur l'opinion, ils perdent.

Cette disproportion est aussi numérique.

C'est très difficile à dire avec précision, mais à la louche, on estime qu'il y a entre 20.000 et 30.000 lobbyistes permanents à Bruxelles. Les deux-tiers environ représentent les intérêts commerciaux privés, 20 % les autorités publiques locales - États membres et collectivités locales - et les 10% qui restent la société civile organisée. Bien sûr, il n'y a pas nécessairement d'unité entre les membres de chacun de ces trois groupes, mais le déséquilibre joue forcément. Selon une récente étude d'un chercheur allemand, le rapport de force entre patronat et syndicats serait de 1 à 50 ou 60.


Peut-on dire que les rapports entre lobbies représentant la société civile et institutions européennes sont plus transparents?


Pas toujours, mais ce qui est sûr est que ce sont des associations comme ALTER-EU qui ont mené tout le débat sur la transparence du lobbying à Bruxelles, la plupart des industriels et surtout les agences de conseil en lobbying étant férocement contre.

Il faut bien voir que, pour les agences, déclarer combien elles facturent à leurs clients revient à rendre le marché transparent, ce qui risque de réduire les confortables marges qu'elles réalisent en vendant leur connaissance détaillée des circuits décisionnels bruxellois.


De plus, certains de leurs clients à la réputation douteuse, comme les industriels de l'armement, ou certaines firmes de biotechnologie, utilisent ces agences de lobbying aussi pour éviter d'apparaître au grand jour. Enfin, on constate que l'essentiel des cabinets d'avocats, et bon nombre de grands groupes, refusent toujours de s'inscrire au Registre de transparence institué en 2011.

Est-ce que vous avez remarqué une évolution dans les stratégies employées par les grands lobbies industriels?

Il est difficile de tracer une évolution à notre niveau. C'est toujours la même panoplie de techniques qui est utilisée avec des modulations selon le contexte, l'idée générale étant toujours de construire la crédibilité d'un message en le faisant passer par un maximum de canaux différents.


Nous savons qu'entre 2005 et 2010 il y a eu plusieurs cas d'"astroturfing", une stratégie qui consiste à créer des fausses ONG pour promouvoir les intérêts d'une industrie. Un exemple particulièrement écœurant a été l'œuvre, en 2006, du cabinet de conseil en lobbying Weber Shandwick pour le compte du Laboratoire Roche. Ils ont monté une initiative appelée "Cancer United", une espèce de plateforme qui se présentait comme une alliance de malades du cancer, d'infirmières et de médecins pour faire pression sur les autorités politiques et augmenter les budgets pour certains types de médicaments.


La ficelle était un peu grosse, et un journaliste du Guardian qui a enquêté s'est rendu compte que la directrice des relations publiques de Roche siégeait au conseil d'administration de "Cancer United". Et l'étude principale sur laquelle cette campagne s'appuyait, élaborée par un institut de recherche suédois, avait été financée par Roche, mais cela n'était mentionné nulle part. On pourrait multiplier les exemples mettant en cause des agences de conseil en lobbying, qui sont en général celles qui imaginent, mettent sur pied et... facturent ce genre d'opérations avec des associations bidons.

Une stratégie inventée par les lobbies bruxellois?

Pas du tout, ses origines remontent pour ce que j'en sais au moins aux années 20, à l'un des fondateurs du métier de consultant en lobbying, Edward Bernays, auteur d'un livre intitulé Propagande. L'industrie du tabac l'avait contacté pour pousser les femmes à fumer - à l'époque c'était encore considéré comme un tabou. Bernays s'est mis en contact avec le neveu de Freud, un des tout premiers psychanalystes aux États-Unis, qui lui a soumis l'idée que la cigarette était un symbole phallique et donc un attribut de virilité. Bernays a alors décidé d'organiser une fausse manifestation de suffragettes, en invitant la presse. À un certain moment toutes les femmes ont sorti une cigarette et ont allumé "les torches de la liberté". Et voilà la cigarette devenue un emblème de l'émancipation féminine!

Les citoyens doivent donc apprendre à démasquer les intérêts qui se cachent parfois derrières des campagnes prétendument "citoyennes"…

Oui, et ce qui arrive maintenant avec l'Initiative citoyenne européenne le prouve bien. [NDR: introduite par le Traité de Lisbonne, l'ICE permet de suggérer à la Commission des sujets sur lesquels légiférer à condition d'avoir recueilli au moins un million de signatures de citoyens issus d'au moins sept pays de l'Union].

 On a appris que Fleishman Hillard, un autre cabinet de conseil en lobbying, avait produit un argumentaire commercial pour proposer aux entreprises de leur monter une campagne à travers l'ICE. Ce qui contredit pleinement l'esprit de l'initiative…



 

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Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Europe
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