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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 11:29
Notre séjour à Athènes fut court mais nous avons eu l’occasion de faire une série de rencontres interpellantes et éclairantes pour comprendre ce qu’il se passe actuellement en Grèce. Nous avons donc eu l’occasion de rencontrer Moisis Litsis, ex-journaliste au journal indépendant Eleftherotypia et membre du bureau du syndicat des journalistes de la presse quotidienne ; Yiannis Bournous, responsable du département politique européenne de Syriza ; Kostas  Kallergis, journaliste et réalisateur notamment d’undocumentaire sur les graffitis politiques à Athènes et d'un autre sur la longue grève des aciéries ; Ioannis Poupkos, responsable des jeunesses syndicales à la Confédération Générale du Travail de Grèce (GSEE) et George Koutsakas du syndicat des employés de la Banque nationale de Grèce ; Tassos Anastassidis, journaliste, syndicaliste et militant au sein de la coalition de gauche radicale Antarsya ; et enfin Panagiotis Grigoriou, historien-anthropologue et bloggeur.  

Tous nous ont fait part du même constat. La Grèce est en train d’être détruite par la Troïka et ses complices. La population est littéralement occupée à mourir. Mourir de faim car la faiblesse des salaires et les innombrables taxes ne permettent plus de se nourrir. Mourir de froid (oui, il fait froid l’hiver en Grèce !) car le fioul est hors de prix. Une nouvelle taxe a été instaurée sur l’électricité, condamnant la population à revenir au bois de chauffage, ce qui provoque des drames : récemment, 3 enfants sont morts dans l’incendie de la maison de leurs grands-parents suite à une mauvaise utilisation d’un poêle. Mourir de manque de soins, suite à la suppression de nombreux hôpitaux, l’absence de médicaments, l’exclusion d’une grande partie de la population de toute couverture sociale. La Grèce de ce début de 21ème siècle, c’est un désastre humanitaire au cœur de l’Union Européenne. Ou, pour reprendre les propos de Moisis Litsis, un pays en voie de tiers-mondisation.

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Romina 27/12/12 Athenes,ce matin.On peut plus s'acheter du petrol,alors on brule n'importe quoi.De plus en plus difficile a respirer..

 L’état-social qui existait en Grèce, même s’il n’était pas comparable à ce que nous connaissons en Belgique, a été méthodiquement détruit en deux (2 !) ans sous les coups de boutoirs de la Troïka et de ses complices au sein du gouvernement. Aujourd’hui, en Grèce, les citoyens se retrouvent dans les files de l’assistance publique, des bureaux de Médecins  du Monde ou de l’église !

Mais il ne faut pas pour autant croire qu’il y aurait d’un côté la « mauvaise Troïka » et de l’autre la « gentille Grèce », comme nous le rappelle Yiannis dans les locaux de Syriza. Il s’agit bien d’un combat entre la classe ouvrière grecque et sa bourgeoisie. Sur un an, les profits des grandes entreprises ont augmenté de 19%. C’est bien d’une guerre sociale qu’il s’agit, menée contre le monde du travail par la bourgeoisie grecque et la Troïka. Et comme dans toute guerre, il y des morts ! L’objectif est de faire de la Grèce une zone franche en Europe, d’y importer les conditions de travail que l’on connaît en Chine. Et pas qu’en  Grèce, mais également ailleurs en Europe. L’Espagne, le Portugal sont en train de vivre le même désastre. Avant le reste du continent, si nous restons sans réagir. C’est pourquoi tous nos interlocuteurs nous ont dit que le combat devait être mené au niveau européen. Que la « crise grecque » n’est pas le problème  des grecs, ou la « crise espagnole » le problème des espagnols, mais bien un problème européen. 

La propagande des gouvernements européens, docilement relayée par les médias mainstream, a dépeint la Grèce comme le Club Med de l’Europe et les travailleurs grecs comme d’indécrottables paresseux. Saviez-vous qu’en Grèce, actuellement, des milliers de travailleurs vont tous  les jours au turbin sans garantie de toucher un salaire ? Saviez-vous que selon les statistiques officielles d’Eurostat, la Grèce était en 2008 le pays européen qui comptait la durée hebdomadaire du travail effectif la plus importante en Europe (41h pour 36,7h en Belgique ou 35,9h en Allemagne) ? Le message de Kostas Kallergis, par exemple, était de ne pas être naïf face aux stéréotypes propagés par les médias et de tenter de se mettre dans la peau des grecs touchés par les mesures d’austérité. Regardez cette très courte vidéo (en  anglais) qui montre la fabrique de ces clichés

 

Qui sème l’austérité récolte le fascisme » ! Tous nos interlocuteurs nous ont parlé de la montée du nazisme (oui, du nazisme) incarnée par Aube Dorée (Chryssi Avgi en v.o., Golden Dawn en  anglais). Cette vidéo réalisée par l’Initiative de solidarité avec la Grèce à Paris est éclairante et effrayante. 


 

Le  spectre d’une  nouvelle guerre civile a également été évoqué à de nombreuses reprises. En décembre 2012, la Grèce n’est pas redevenue une dictature mais une série d’éléments inquiétants sont bien présents : présence constante de la police, tolérance à l’égard des groupes extrémistes, libertés prises avec la constitution, …
Kostas nous dit toujours pouvoir dire ce qu’il veut mais néanmoins réfléchir à ce qu’il dit, et à qui il le dit. Panagiotis nous explique que des lieux de mémoire sont effacés : sur Syntagma (la place de la constitution, devant le parlement), les marques de sympathie ou de souvenir devant l’arbre ou s’est suicidé en avril 2012 un pharmacien de 77 ans en laissant une lettre d’adieu visant directement le gouvernement ne sont plus autorisées.  Rue du Stade, la plaque commémorative en mémoire de Sotiris Pétroulas, étudiant blessé par une grenade lors d’une manifestation et finalement assassiné par la police sous le régime des colonels, vient d’être enlevée.

La situation de la Grèce aujourd’hui est réellement dramatique, et est en passe de s’étendre à toute l’Europe si le monde du travail et les forces de gauche ne prennent pas  conscience de l’enjeu et de la gravité de la situation.

  Quant au peuple grec, il continue  de lutter. A la GSEE, Ioaniis et George nous expliquent que la Grèce a connu 32 jours de grève générale depuis 2010. Sans compter toutes les grèves sectorielles ou dans les entreprises. Mais à quelques exceptions  près, comme la grève des aciéries documentée par Kostas Kallergis et qui a donné lieu à un important mouvement de solidarité locale, nationale et internationale, toutes ces grèves furent courtes. Pourquoi alors ne pas avoir concentré ces grèves multiples en une grève plus longue. La réponse des camarades de la GSEE est claire : parce que les travailleurs n’ont pas ni la force ni les ressources pour se lancer dans une longue grève. Les attaques de la Troïka, du gouvernement et des médias ; les longs mois de lutte ; la diminution des salaires ; les conditions d’existence à la limite de la survie ; tout cela ne permet plus de se lancer dans un mouvement d’ampleur.

C’est pourquoi, la meilleure manière dont nous  pouvons exprimer notre solidarité avec la Grèce aujourd’hui, c’est de lutter contre les politiques d’austérité dans notre pays, ici et maintenant, avant qu’il ne soit trop tard !

Publié par ProJeuneS 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 10:44

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 09:51

Les négociations entre syndicats et patronat sur la réforme du marché du travail avaient pour but de sécuriser les salariés face à la demande accrue de flexibilité. En l'état, il s'avère que ce sont surtout les employeurs qui devraient être les grands bénéficiaires de ce qui s'apparente à un énorme recul des droits des salariés.

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Déjudiciarisationmobilité interne et accords de maintien dans l'emploi, voilà les termes que vous devriez entendre ou lire dans les tous prochains jours et qui correspondent à d'importantes modifications du droit du travail pour lesquelles, les organisations patronales font le forcing. Et qu'elle pourraient bien obtenir, si une majorité de syndicats donnaient leur accord.

A quoi correspondent les termes déjudiciarisation, mobilité interne et accords de maintien dans l'emploi?

Déjudiciarisation : Les organisations patronales ne veulent plus qu'un juge retoque leurs plans sociaux. 
Un exemple ?

En juin 2011, Libération nous expliquait comment les salariés de Viveo France, éditeur de logiciels bancaires, s'étaient opposé à un plan social de 64 personnes, suite à son rachat par un concurrent suisse. Philippe Brun, l’avocat des salariés plaidait devant les tribunaux et obtenait que le plan social, qui ressemblait à s'y méprendre, à un licenciement boursier soit retoqué. A l'époque, Libération écrivait à ce sujet : « C’est un jugement qui donne des sueurs froides au patronat »

Explication : Les organisations patronales savent qu'il est toujours plus facile de négocier avec les pouvoirs publics qu'avec la justice. C'est pourquoi écrit Le Monde : Elles veulent que : « les plans sociaux soient homologués par l'administration » moins inflexible que les juges en cas de licenciements boursiers.

Toujours au sujet des licenciements, les organisations patronales font très fort, puisqu'elles réclament que le montant des dommages et intérêts accordés aux salariés par les prud'hommes soient limités !

En résumé : Adoucissement des peines prononcées à l'égard des entreprises ayant eu une attitude incorrecte, pour ne pas dire plus, envers leurs salariés !

Mobilité interne : Les salariés ne pourraient plus s'opposer à des changements de postes ou de lieu de travail qui leur seraient imposés

Un des grands rêves du patronat en termes de flexibilité. Si cette demande était acceptée, elle imposerait à tout salarié d'accepter un changement d'affectation dans la limite de 50 kms ou de quarante cinq minutes de transport. 

Où est le piège direz-vous ? 

Tout simplement dans le fait que si le salarié refuse, il serait licencié pour « motif personnel »ce qui éviterait à son entreprise, précise Le Monde, de recourir à un plan social. En gros certaines entreprises, pourraient proposer à certains salariés, dont elles souhaitent se débarrasser, une affectation à un poste moins attrayant pour que ceux-ci refusent et soient licenciés en toute discrétion. Quand au temps de trajet, rien ne prouve qu'il serait pas « élastique » et que les 50 kilomètres à vol d'oiseau ne correspondent pas en réalité à 3 ou 4 heures aller et retour. Ce qui pourrait en dissuader plus d'un !

Accords de maintien dans l'emploi : Que voila une jolie expression pour parler des accords compétitivité-emploi qui étaient inscrits dans le programme de l'UMP. Et qui, comme nous l'avons écrit à de nombreuses reprises dans Slovar les Nouvelles ne sont qu'un chantage à l'emploi ! Nous pensions, peut être à tort qu'ils étaient passés aux oubliettes. Or, selon Le Monde, ils pourraient être dans le « paquet cadeau » que les organisations patronales essayent de fourguer aux syndicats.

Comment cela fonctionnerait-il ?

Les entreprises en difficulté obtiendraient de la part de leurs salariés des sacrifices (salariaux, temps de travail, réduction de RTT) en échange d'un engagement de ne pas licencier. Grande nouveauté, il suffirait que des syndicats représentant 50% des salariés les approuvent pour qu'ils entrent en vigueur. Cerise sur le gâteau patronal : « Les salariés qui refuseraient l'accord seraient licenciés sans que l'employeur n'ai besoin d'avoir recours à un plan social » précise Le Monde  

Bien entendu, il n'y aurait aucune obligation pour les employeurs imposant un accord de maintien dans l'emploi de s'engager à un retour aux conditions antérieures en cas de redressement de l'activité ou de profitabilité. Il suffirait en cas de revendication des salariés de leur expliquer que : la mondialisation, la concurrence des pays émergents ... ne le permette pas pour continuer à geler durablement les rémunérations des salariés. 

Théoriquement, les accords entre le patronat et les syndicats devaient aboutir à une sécurisation des parcours des salariés. On a même parlé un temps de flexisécurité à la danoise. Qu'en est-il ?

Aux dernières nouvelles, pas de formation tout au long de la vie ou d'amélioration du service de l'emploi au programme, ce qui permettrait pourtant une meilleure employabilité des salariés. 

La sécurisation porterait essentiellement sur deux chevaux de bataille de la CFDT : Une extension à tous les salariés de complémentaires de santé financées par les employeurs, ce qui ravira les assureurs et banquiers adhérents au Medef (voir notre article d'hier) mais qui selon des sources patronales serait trop coûteuse, et l'instauration de droits rechargeables à l'assurance-chômage. 

Mais pour bénéficier de ces quelques miettes incertaines, les syndicats doivent avaliser la déjudiciarisation, la mobilité interne et les accords de maintien dans l'emploi! 

Dernier point qui unit encore l'ensemble des syndicats : La mise en place d'une taxation des CDD de courte durée. Mais, vous vous en doutez, le Medef s'y oppose, au fait que, affirme Laurence Parisot :  « Je ne vois pas en quoi cela favoriserait l'emploi ». Sachez également que le Medef réfléchit seul à une renégociation, courant 2013, de la convention d'assurance-chômage qui serait, bien entendu, moins favorable pour les futurs chômeurs. 

En gros, soit les syndicats de salariés cèdent (ce qui ne sera pas le cas pour la CGT qui ne signera pas d'accord en l'état) et les organisation patronales, Medef en tête auront obtenu la quasi totalité de ce que la droite était prête à leur concéder. Soit ils résistent et le gouvernement se trouvera obligé de légiférer. Et comme les organisations patronales, se sentiraient plus à l'aise en face de politiques à qui ils pourront mettre la pression en évoquant une future avalanche de plans sociaux, il y a tout lieu de penser qu'elles obtiendront d'une façon ou d'une autre ce qu'elles souhaitaient ! 

Il ne restera plus, ensuite, aux organisations patronales qu'à obtenir la disparition de l'horaire légal de travail et la négociation du SMIC par branche et pourquoi pas par entreprise, pour ramener les salariés français en 1950 où, la durée annuelle du travail était de 2 230 heures (1 559 heures en 2007) et où le SMIG, ancêtre du SMIC n'existait pas. 

La seule différence étant que contrairement aux années 50, le taux de chômage lui, ne baissera pas. D'où des salaires et des conditions de travail qui ne pourront que se dégrader. Par contre, il sera possible d'augmenter les commandes de champagne destiné à abreuver les actionnaires qui ne pourront que se féliciter de cette « bonne gestion compétitive » ! 


La vigilance s'impose, vous ne croyez pas ?

 

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 12:46

 

4980093.jpgEntre Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine)et Vélizy (Yvelines), l'A86 est payante. Moto et camion sont interdits de circulation. Et les tarifs dépendent de l'heure et du jour de circulation ainsi que de la possession ou non d'un abonnement. Ci-dessus : la gare de péage de Rueil-Malmaison sur l'A86 (photo Vinci)

 

Le nouveau tarif est paru jeudi 27 décembre au journal officiel. Pour les automobilistes souhaitant se rendre de Versailles (78) à Rueil-Malmaison (92), la facture sera encore plus salée à compter du 1er janvier 2013. Le vendredi soir et les veilles de fêtes, s’ils ne sont pas abonnés, il leur sera réclamé 10 euros, soit 1 euro du kilomètre.


Aucun concessionnaire d’autoroute n’avait jamais osé pratiquer un tarif aussi élevé. Cette portion à péage de l’A86 exploitée par Cofiroute (Vinci) devance ainsi, de loin, l’A65 qui relie Langon (33) à Pau (64). Sur cet axe considéré comme le plus cher de province, il faut compter 13,80 centimes d'euros du kilomètre. Ce qui d'ailleurs se traduit par une faible fréquentation.


"Utiliser ou non le Duplex A86 reste la liberté de chacun. En heure de pointe, alors que le trafic est congestionné en région parisienne, il vous faudra plus de 45 mn par les voies de surface contre 10 minutes en empruntant le Duplex A86" souligne Cofiroute, le concessionnaire de cette autoroute urbaine, qui a consacré 2,2 milliards d’euros à sa construction.


 

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 09:13

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le 27 décembre 2012

 Nous publions ci-dessous un tract du SNJ-CGT et du SNRT-CFT sur la fusion au sein de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF) de Radio France International (RFI), France 24 (F24) et Monte Carlo Doualiy (MCD) [1]. Sur ce sujet, lire ici-même notre rubrique consacrée à RFI (et en particulier la lettre ouverte de l’intersyndicale de RFI aux ministères de tutelle de juillet 2012 , ainsi que « L’AEF (Audiovisuel Extérieur de la France) : un scandale de la République », publié en décembre 2011. (Acrimed) 

 Vous aviez dit changement ?

La fusion de RFI, MCD et F24 au sein de l’AEF, voulue et planifiée par Nicolas Sarkozy et sa majorité est, à ce jour, non seulement maintenue mais entérinée. La désinscription de la marque RFI du registre du commerce et le transfert de tout son patrimoine au seul bénéfice de l’AEF sont confortés. Comme s’il n’y avait eu ni 6 mai, ni 18 juin 2012.

Comme MCD, RFI aura quitté en février 2013 la Maison de la Radio, bâtiment public édifié pour abriter les médias audiovisuels de service public, et sera très incommodément logée dans un immeuble d’Issy-les-Moulineaux, trop petit et conçu pour un tout autre usage mais désigné par Nicolas Sarkozy et sa majorité pour concrétiser la fusion. Comme s’il n’y avait eu ni 6 mai, ni 18 juin 2012.

Contre toute attente, RFI n’a vu partir aucun des principaux responsables de sa fragilisation extrême. Ils ont pourtant à leur actif, au nom de la fusion-destruction de RFI qu’ils ont choisi de réaliser, deux plans sociaux menés en trois ans (soit près de 300 salariés en moins à RFI, dont la moitié de journalistes). Ces proches collaborateurs et collaboratrices de l’ancien PDG, Alain de Pouzilhac, sont, à ce jour, soit maintenus dans leurs fonctions, soit très honorablement recasés. Donnant ainsi à comprendre que leur politique n’est nullement sanctionnée. Comme s’il n’y avait eu ni 6 mai, ni 18 juin 2012. 

Le bilan est sombre et l’avenir très incertain

- La somme exorbitante de 40 millions d’euros publics aura été engloutie dans le déménagement insensé de RFI et MCD. Selon la direction, de ces 40 millions, 8 millions auront été consacrés au paiement de doubles loyers, 18 millions en aménagements, 8 millions de coûts techniques (dont nouveaux équipements), 4 millions en moquettes, faux plafonds et cloisons, 2 millions en pertes de matériel (mobilier) qui reste à la Maison de la Radio. Une coquette somme financée en partie par l’État (24,3 millions d’euros), 16 millions étant à la charge de notre société, ce qui pourrait nous amener à nous demander si l’AEF est un groupe de médias ou un projet immobilier...

- Comme le précédent, le nouveau gouvernement se satisfait de l’inadmissible : verser un loyer annuel de 6,2 millions d’euros à un bailleur privé (l’assureur allemand Allianz), pour un immeuble de 14 500 m2, trop petit et inadapté à RFI, plutôt que d’encaisser le loyer de la seule radio internationale de service public par le biais d’une autre entité publique : la Maison de la Radio.

- La fusion-destruction menace toujours RFI. La séparation des rédactions F24 et RFI ne tient qu’à un fil très conjoncturel : la feuille de route des dirigeants de l’AEF.

- Rien ne laisse présager pour l’instant qu’il y ait une volonté d’harmoniser par le haut les droits des salariés du groupe AEF. Maintenue et défendue mordicus par les tutelles, la fusion juridique des sociétés de l’AEF devient brusquement moins évidente lorsqu’il s’agit notamment d’évoquer les disparités salariales au sein du groupe.

- En dépit « des efforts des personnels en cette année difficile qu’a été 2012 », comme le reconnaît Marie-Christine Saragosse elle-même, la direction rejette toute augmentation générale et pérenne des salaires, seule une prime d’un montant non précisé étant d’actualité.

Les personnels ne sont pas responsables des choix qui ont été faits dans le passé. Ceux qui aujourd’hui les mettent en œuvre, le sont.

Au vu des errements qui ont conduit à cette situation, le contexte de crise et l’argument budgétaire ne peuvent justifier l’économie d’un vrai projet éditorial, de conditions de travail dignes et de la reconnaissance des professionnels qui contribuent au maintien et au développement de RFI, MCD et France 24.


Pour tout cela, restons mobilisés en 2013 !

Paris, le 18 décembre 2012

Notes

[1] Anciennement RMC Moyen-Orient ou RMC-MO : station de radio publique française arabophone à destination du Proche et Moyen-Orient, du Golfe et du Maghreb.


Source : Acrimed 


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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 18:50

Origine de l'article :

«Exportateur» Allemagne vieux et malade aux foyers de soins étrangers

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Un nombre croissant d'Allemands âgés et malades sont envoyés à l'étranger pour soins de longue durée dans les centres de retraite et de réhabilitation en raison de la hausse des coûts et des normes relevant de l'Allemagne .


Le mouvement, qui a vu des milliers d'Allemands retraités relogées dans des maisons à l'est de l'Europe et de l'Asie, a été sévèrement critiqué par les sociaux bien-être des organisations qui ont appelé cela «la déportation inhumaine».


Mais avec un nombre croissant d'Allemands incapables de payer les coûts croissants des maisons de retraite, et une population vieillissante et en diminution, le nombre devrait être envoyé à l'étranger dans les années à venir est seulement susceptible d'augmenter. Les experts décrivent comme une "bombe à retardement".


Crise de l'Allemagne soins de longue durée - l'industrie des soins souffre d'un manque de travailleurs et l'augmentation des coûts - a pendant des années été atténué par la migration des Européens de l'Est vers l'Allemagne en nombre croissant aux soins pour les personnes âgées du pays.


Mais le transfert des personnes âgées en Europe de l'est perçue comme un nouveau départ et désespéré, ce qui indique que même avec les travailleurs importés, moins chers, le système est inutilisable.

L'Allemagne a une des populations les plus rapide du vieillissement dans le monde, et le mouvement a ici des conséquences pour les autres pays occidentaux, dont la Grande-Bretagne, en particulier au milieu des craintes que les mesures d'austérité et la hausse des coûts des soins sont potentiellement néfastes pour la qualité des soins en établissement.


Le Deutschland Sozialverband (VDK), un Allemand socio-politique du groupe consultatif, a déclaré que le fait qu'un nombre croissant d'Allemands étaient incapables de payer les frais d'une maison de retraite dans leur propre pays a envoyé un "signal d'alarme" énorme. Il a appelé à une intervention politique.

"Nous ne pouvons pas laisser ces gens qui ont construit en Allemagne pour être ce qu'elle est, qui ont mis leurs backbones en elle toute leur vie, être déportés», a déclaré le président de VdK, Ulrike Mascher. "Il est inhumain."


Les chercheurs ont découvert environ 7.146 retraités allemands vivant en maison de retraite en Hongrie en 2011. Plus de 3.000 ont été envoyés dans des foyers en République tchèque, et il y avait plus de 600 en Slovaquie. Il existe également un nombre inconnu en Espagne, en Grèce et en Ukraine. La Thaïlande et les Philippines sont aussi attirant un nombre croissant.


The Guardian a parlé aux Allemands retraités et les personnes ayant besoin de vivre soins de longue durée dans des maisons en Hongrie, en Thaïlande et en Grèce, certains d'entre eux ont dit qu'ils étaient là par choix, parce que les coûts sont plus faibles - en moyenne entre un tiers et deux tiers du prix en Allemagne - et à cause de ce qu'ils percevaient comme de meilleures normes de soins.


Mais d'autres étaient évidemment il à contrecœur.


The Guardian a également constaté une variété de fournisseurs de soins de santé étaient dans le processus de construction ou sur le point d'ouvrir à l'étranger maisons dédiées aux soins des personnes âgées Allemands dans ce qui est clairement perçue dans l'industrie comme un marché en pleine croissance et très rentable.


Selon le Bureau fédéral allemand des statistiques, plus de 400.000 personnes âgées sont actuellement incapables de se payer une maison de retraite allemand, un chiffre qui augmente d'environ 5% par an.

Les raisons en sont la hausse des coûts des soins à domicile - qui représentent en moyenne entre € 2.900 et € 3.400 (£ 2.700) par mois, la stagnation de pensions, et le fait que les gens sont plus susceptibles d'avoir besoin de soins à mesure qu'ils vieillissent.


En conséquence, les Krankenkassen assureurs ou statutaire qui composent le système par l'Etat allemand d'assurance sont ouvertement discuter de la façon de faire des soins dans les maisons de retraite étrangers dans un long terme modèle financier viable.


En Asie, Europe orientale et méridionale, les salaires des travailleurs de soins »et d'autres dépenses telles que les terres au lavage, d'entretien et les coûts de construction et ne sont souvent beaucoup plus bas.

Aujourd'hui, l'Union européenne loi interdit aux assureurs d'Etat de signer des contrats directement avec des maisons à l'étranger, mais qui est susceptible de changer à mesure que les législateurs sont contraints de trouver des moyens de répondre à la population vieillissante de l'Europe.


L'absence de législation n'a pas empêché les gens retraités ou à leurs familles d'opter pour des maisons étrangères si leurs pensions pourrait couvrir les coûts.


Mais les détracteurs du mouvement ont exprimé leur inquiétude particulière au sujet des patients atteints de démence, alors que les craintes qu'ils sont envoyés à l'étranger sur la base de ne pas connaître la différence.


Sabine Jansen, chef de l'Allemagne de la Société Alzheimer, a déclaré que l'environnement et le langage sont souvent d'une importance primordiale pour personnes atteintes de démence qui cherchent à s'accrocher à leur identité.


«En particulier, les personnes atteintes de démence peuvent avoir des difficultés à s'orienter dans une culture tout à fait autre avec une langue totalement différente, parce qu'ils sont tout à fait dans la vie d'un vieux monde composé de leurs souvenirs antérieurs», at-elle dit.


Avec la population allemande devrait se contracter de près de 82 millions de dollars pour environ 69 millions d'ici 2050, une personne sur 15 - environ 4,7 millions de personnes - sont censés être besoin de soins, ce qui signifie le problème de la disposition ne risque de s'aggraver.


Willi Zylajew, un député avec les démocrates chrétiens conservateurs et un spécialiste des services de soins, a déclaré qu'il serait plus nécessaire de considérer les soins étrangère.

«Compte tenu de la crise imminente, il serait judicieux de penser départ au moins sur les formes alternatives de soins aux personnes âgées», at-il dit.


Christel Bienstein, un scientifique en sciences infirmières de l'Université de Witten / Herdecke, a déclaré des foyers de soins de nombreux allemande avait atteint un point de rupture en raison du manque de personnel, et que les normes de soins avait chuté à la suite.


"En moyenne, chaque patient reçoit seulement environ 53 minutes de soins individuels tous les jours, y compris les nourrir», dit-elle. «Souvent, il ya 40 à 60 résidents sont pris en charge par un seul soignant."

Artur Frank, le propriétaire du palais principal, qui trouve des foyers de soins pour les Allemands en Slovaquie, a dit que c'était pourquoi il avait tort de suggérer les personnes âgées étaient «déportés» à l'étranger, comme l'a décrit VdK.


«Ils ne sont pas déportés ou expulsés», at-il dit. "Beaucoup sont ici de leur plein gré, et ce sont les résultats des décisions sensées, selon leurs familles qui savent qu'ils seront mieux lotis."


Il a dit qu'il avait vu «beaucoup d'exemples de mauvais soins» dans les foyers allemands parmi les retraités 50 pour lequel il avait déjà trouvé un foyer en Slovaquie.


«Il y avait une femme qui avait été à peine donné quelque chose à manger ou à boire, et en Slovaquie, ils ont dû lui apprendre à avaler à nouveau", at-il dit.


Politiciens allemands ont évité de traiter le sujet, en grande partie en raison de la crainte d'une réaction des électeurs si les assureurs État de l'Allemagne sont considérés comme finançant les travailleurs de l'étranger au détriment de l'industrie des soins domestiques

 


 

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 11:05

Diantre, des hordes de paysans bolcheviks feraient la chasse aux aristocrates, nous voila revenu à 1789crient de ventrus “capitaines d’industrie“, héritiers et autres MEDEF. Et alors? Sont ils nuls en histoire par ce que…

Par ce qu’en 1789  des esprits éclairés ont écrit un truc1 qui commence par ça :

Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, et au bonheur de tous…

Tout ça dans un contexte simple et connu de tous : une aristocratie concentrant le pouvoir économique et donc l’argent, un aristocratie de plus en plus corrompue. Dans un contexte de crise économique et financière. C’est le contexte de 1789, et bien sûr, ça doit vous rappeler quelque chose de plus récent, voir même de très actuel.


Cette période historique, fondatrice de la Nation française est d’ailleurs l’objet de quelques films, comme celui-ci qui illustre donc le billet.

 

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Parisot : « On est en train de recréer un climat de guerre civile, qui s’apparente à 1789. »  On a compris son jeu: Faire peur, établir un climat de méfiance, intoxiquer le gouvernement pour arriver à ses fins.


Catherine Deneuve, qu’on a connu plus intelligente s’insurge  : “« Qu’auriez-vous fait en 1789, mon corps en tremble encore ! »Notez l’évolution sémantique importante.


Auparavant c’était ” Qu’auriez vous fait sous l’occupation?”, avec rappel des heures les plus sombres…

Désormais pour ces gens, là le pire ce n’est pas le nazisme2 et ses camps de travail et d’extermination, mais les hordes de révolutionnaire de 1789.


Le glissement des mots, le changement d’époque est remarquable. Il indique un changement de registre de la peur chez ces ventrus, elle se situe plus profondément dans l’Histoire.

Nous sommes donc en train de vivre une nouvelle version du choix que certains proposaient dans les années 30: plutôt Hitler que le Front Populaire.


On attend Deneuve en Marie Antoinette expliquer doctement et gentiment que la Révolution c’est pas bien…

Attention, tout est écrit dans les mots, les noms, c’est le propre du Martyr : le saint-homme !


 rendez-vous compte

 Depardieu” désignait, au Moyen-Âge, le lieu où l’on payait la dîme, impôt inique aboli en 1789.  Aujourd’hui, le même patronyme en est venu à symboliser la lutte d’un individu libre contre la folie coercitive de l’État couine tel un porcelet embroché le Libéral en colère. Non celui-là n’est pas doté d’un masque à gaz (qu’il fabrique) pour éviter les pets et autres remugles du pochetron. En fait ils sont quatre: Aurélien Véron, Anne Bourdu, Gaspard Koenig et Charles Beigbeder, membres dirigeants du Parti Liberal Démocrate. le truc qui existe.


Afflelou, qui n’a selon lui rien à se reprocher3  tombe dans la pensée binaire adorée par les libéraux et autres andouilles :  “On est en train de faire une guerre de tranchées, de revenir en 1789 : il faut arrêter de dire que les chefs d’entreprise sont des voleurs, des voyous, des gens malhonnêtes”


Il faut rappeler à cet andouille qu’on trouve même des petits patrons au NPA. Personne ne confond 3,5 5, ou 1000 exilés avec la totalité de la population. Sauf, sauf ces exilés d’un nouveau genre, ces nouveaux émigrés de Brunswick.  On lira des libéraux expliquer que la France c’est la Corée du nord, et qu’il faut prendre la fuite.


A ceux là, on peut le dire : Cassez vous ! allez vivre votre délire libéral, votre droit a licencier dans l’heure ailleurs où bien sûr on vous attend pour vous assister, vous aider, vous subventionner. What a surprise !  La seule différence c’est l’impôt que vous ne voulez plus payer, vous voulez “vivre de votre travail“, comme si c’était une exception … sans doute au contraire du chômeur oisif qui vole le fruit de votre dur labeur, et qui ne peut lui pas prétendre à cette option….


On lira aussi avec joie d’autres bouffons libéraux (dit de gauche, attention, espèce rare) glapissant sur leur blog chez rue89:  Pour eux la gauche adopte les postures de l’ancien régime, vous avez bien lu ! le libéral ose tout, il inverse le sens de l’histoire.


On me dira que tous ne sont pas aussi cinglés4, et que tous ne dénoncent pas le retour du servage par l’impôt. Par ce qu’en effet ceux-là dont je parle, vous expliquent que le servage est de retour. Et donc la dépendance à un seigneur ou un truc au dessus. Là dessus tout le monde est d’accord non ?


Or dans le cas d’Afflelou voilà ce que la presse nous apprend Il part s’installer Londres à la demande de son actionnaire majoritaire, le fonds d’investissement britannique Lion Capital.Où est donc la relation de domination ici ? Alors, mon petit libéral planqué chez rue89, elle est où dans ce cas  la relation de servage ? Et qui est dans ce cas l’aristocratie dominante ? La réponse est simple : Les actionnaires.


Et que dire de ces libéraux suisses qui dénoncent, tenez vous bien, l’impérialisme du gouvernement Ayrault tout en protégeant bien sûr le secret bancaire. l’argent des acteurs pétomanes ou des marchands d’arme : Cela ne fait aucune différence pour ces gens là, après tout ce ne sont que des liquidités, de la valeur, de la richesse… Tout ça en accueillant à bras ouverts les déserteurs du XXIe siècle.


Déserteurs ou émigrés?  Plutôt émigrés, oui ce sont les nouveaux émigrés de Brunswick, ceux qui perchés sur leur chaise à porteur couinaient que la France ne pouvait pas fonctionner sans eux et dictaient leur ordres .. accélérant l’Histoire d’un coup sec par ailleurs. Nos zozos devraient donc se méfier et de ne pas user de mots rappelant des périodes étrangement semblables à l’actuelle.


Sommes nous en 1788  finalement ?


La déprime collective ne précède t’elle pas une saine colère ?

 

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  1. Troll libéral, je te rappelle que tout ça prévoit la confiscation de la propriété en cas de besoin et un impôt proportionnel
  2. ou autre totalitarisme exterminateur
  3. lirehttp://www.liberation.fr/economie/01012308112-en-matiere-de-gros-sous-afflelou-fait-dans-le-flou
  4. c’est le cas, j’en connais des plus futés

Source: Politeeks

 

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 10:35

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Il y a donc une odeur particulière à l’Athènes de ce début du deuxième hiver de l’ère des Mémorandums : l’odeur du bois qui brûle dans les cheminées et les poêles qui ont un peu partout remplacé le chauffage au fioul désormais inabordable.


Résultat : le soir, la ville est enveloppée d’une sorte de nappe de brouillard, qui va de pair avec l’odeur âcre de la combustion – pas désagréable du reste et, pour moi, toujours associée à la période des fêtes de fin d’année, quand ma mère faisait marcher la belle cheminée du salon, pour « faire ambiance de Noël » comme elle disait. A ce train, on peut toutefois supposer que les murs vont bientôt être couverts de suie et qu’Athènes ressemblera à Paris ou Londres des années 1930 – sous cet aspect seulement. Autre résultat (tout aussi désastreux pour l’environnement) : les forêts (ou ce qui en reste) sont déboisées de façon sauvage, comme sous l’Occupation – mais aussi les champs d’oliviers, ce qui ne s’était jamais vu, même sous l’Occupation.


Effet étrange de ce « nouveau » mode de chauffage dans le paysage urbain : on trouve un peu partout, sur des bords de trottoir, des terrains inoccupés, des échoppes ou des stands qui vendent du bois de chauffage un peu partout, qui furent parfois d’anciens points de vente de plantes d’intérieur. Les rues, la plupart du temps vides et mal éclairées, prennent une vague allure semi-rurale.


Mais à cette odeur de feu de bois peut parfois se mêler une autre, autrement plus sinistre : le 9 décembre, près de Kavala, dans le nord du pays, trois enfants de cinq, sept et quatorze ans sont morts dans l’incendie causé par un poêle à bois laissé sans surveillance. En attendant les morts causés par le froid d’un hiver qui s’annonce rigoureux (contrairement à ce que pensent la plupart des étrangers, habitués à ne voir que les îles et zones côtières), la plus grande partie du territoire grec, qui abrite près de la moitié de la population, connaît des hivers de type continental (en cela aussi Angelopoulos a su capter la vérité profonde du paysage grec, intérieur et extérieur).


Le seul commerce qui semble prospérer à Athènes, à part celui du bois de chauffage, est celui de l’or. Ce sont les seules enseignes récentes, pimpantes et agressives, dans des rues où près de la moitié des commerces ont mis la clé sous la porte. Les pauvres, plus exactement : les paupérisés, sont invités à ce débarrasser de bijoux de famille et autre signes d’une aisance révolue. Mais ce commerce est également à l’affût d’autres emplacements : ainsi la chaîne Carrefour en installé dans certains de ses supermarchés, juste à côté des caisses, rétablissant ainsi partiellement la fonction de l’or comme moyen de paiement. Jacques Sapir a par ailleurs calculé qu’au moins un tiers de l’économie grecque est hors échange monétaire (troc, économie de subsistance, etc).


Ai revu D. au comité central de Syriza pour la première fois D. depuis deux ans. Elle travaille dans un cabinet de notaire depuis longtemps et vit seule son fils, qui a dix-neuf ans maintenant. Son employeur a vu son chiffre d’affaires diminuer des trois quarts. Il a refusé de diminuer son salaire, mais l’a fait passer à mi-temps. Elle essaie donc de survivre avec 500 euros par mois. Pendant le vote pour l’exécutif de Syriza, elle a passé une bonne demi-heure à me raconter comment elle a rétabli chez elle le courant avec l’aide des militants de DEI de son quartier. Elle a enchaîné sur les stratagèmes pour se déplacer en métro sans ticket, souvent en récupérer les tickets toujours valides des voyageurs qui sortent des stations (tout billet est valable 90 minutes pour un trajet dans la même direction). Comme son fils, qui a essayé de passer en juin le concours des Beaux-Arts (sans prépa, inabordable).


Plus un seul café place Omonoia. Le café Néon, immortalisé dans un célèbre diptyque de Yannis Tsarouhis, cache sous des cartons sales son intérieur décrépi, et néanmoins classé. L’ancienne pâtisserie-laiterie Alexandros, point d’arrivée classique de nos périples noctambules jusqu’à la fin des années 1980, transformée par la suite en boulangerie faisant partie d’une chaîne, abrite désormais le Mont de Piété.


Quotidiennement, les journaux publient de nouvelles listes des biens publics proposés à la privatisation. Il a été question de vider les îles de moins de 150 habitants, une bonne douzaine, en transférant leur population, officiellement pour faire des économies. En réalité, le Mémorandum prévoit la vente de toutes les îles inhabitées. Il prévoit également la mise sous séquestre de la totalité des biens publics, sans aucune restriction, en cas de non-recouvrement de la dette. Le mot d’ordre de la Bild Zeitung « privatiser l’Acropole » est en passe de se réaliser.


Pendant la pause du comité central, je pars avec deux camarades passer les commandes d’usage au café d’en face. La petite salle est remplie d’hommes, manifestement usés, qui peuvent avoir n’importe quel âge entre 40 et 55 ans, buvant pour la plupart des petits verres de ouzo, accompagné d’un mézé frugal. La télé transmet un match de foot. Un relatif silence s’installe pendant que nous attendons les cafés et les sandwichs.

 

Puis un homme prend la parole, sous le regard approbateur des autres, et s’adressant à nous dit avec solennité : « dites à Alexis (Tsipras) que maintenant il faut vraiment foncer ».


Athènes, le 17 décembre 2012


Stathis Kouvelakis

 

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 21:51

La Grèce, une colonie allemande qui souhaiterait l'aide de la Russie ! Partie 2

Entretien avec Panagiotis Grigoriou, ethnologue, historien et administrateur du blog http://greek-crisis.gr/ qui relate l'évolution de la crise en Grèce entre la destruction du temps, la déstructuration de la société grecque, la fin de la démocratie et la mise en place de l'univers de psychologie concentrationnaire.

On découvre le changement interne de la société grecque, l'occupation du pays par l'Allemagne et l'administration européenne, la pulsion de mort dans une société qui fut l'une des plus vivantes du monde et cette culture orthodoxe qui redécouvre des affinités envers la Russie. L'entretien ne peut que nous pousser à la réflexion sur l'intérêt du processus européen.

 

Pourquoi tu parles de la pulsion de mort ?

On a une pression psychologique sur le corps électoral. Ce gouvernement avait déjà dit que l'austérité serait finie. Mais on assiste à une mutation dans les représentations avec la violence qui traverse la société grecque. C'est la pulsion de la mort qui caractérise cette société grecque. Même si des gens pensent que nous allons dans une forme de guerre civile, je reste assez sceptique sur ce point. En tout cas, nous ne sommes plus dans une société comme en Suisse ou comme en France. Les gens ne sortent plus.

 

C'est quoi ce délire ? La Grèce une colonie allemande ?

Oui, nous avons des administrateurs coloniauxhttp://www.grde.eu/de/organisatoren. Le Consul général allemand, Wolfgang Hoelscher et Hans-Joachim Fuchtel, CDU ont été nommés par Angela Merkel. Ils sont basés en Grèce, chez nous. Le job de Hans-Joachim Fuchtel, CDU, est de mettre en contact les entreprises allemandes et les municipalités grecques. Hans-JoachimFuchtel, CDU, nous le considérons comme l'administrateur colonial ou comme un Gauleiter. Pourtant il paraît sympathique. Il y a un mois lors des troisièmes rencontres entre les municipalités grecques et allemandes de Salonique ces administrateurs coloniaux ont déclaré que le travail effectué par 1 fonctionnaire allemand était effectué par 3 fonctionnaires grecques. Hans-Joachim Fuchtel a demandé à ce que nous réduisons la fonction publique. Ce genre de déclaration a provoqué la colère des manifestants grecs issus de la fonction publique territoriale dont les emplois sont menacés. Ils ont d'ailleurs jeté un bol de caféhttp://www.nytimes.com/2012/11/16/world/europe/greeks-pelt-german-diplomat-in-austerity-protest.html?_r=0 sur le Consul général allemand, Wolfgang Hoelscher.http://www.dailymotion.com/video/xv494n_grece-un-diplomate-allemand-pris-a-partie-par-des_news#.UNRG1G9Vmpp . On a eu aussi des protestations lors de la visite d'Angela Merkel.

Notre Canard Enchaîné grec, appelé la Souris, nous a révélé la présence d'émissaires allemands dans les ministères grecs !

 

On ne parle pas assez de tout ça dans nos médias ?

En octobre dernier, j'ai été invité à des débats publiques à la télévision sur France 24, LCI, Arte, sur la Chaîne parlementaire et sur France Culture. Certaines de ces infos ne sont pas connues par le public et par les médias. Les journalistes n'expliquent pas qu'il y a une tutelle allemande en Grèce. En France, il y a un tabou historique. On n'est pas trop critique vis à vis des positions allemandes. A la télé, j'ai dit qu'il y a un problème et que depuis la réunification allemande, l'Allemagne a retrouvé sa place de puissance continentale. Tout le monde m'a regardé bizarrement. Je leur ai dit qu'ils font comme si l'Union européenne était un dogme et comme si il n'y a avait pas eu la réunification allemande. J'ai critiqué le fait que tout le monde considère l'Union européenne comme un univers sacré.

 

Et que pensent les Grecs des Russes ?

Si Vladimir Poutine venait en Grèce, on aurait des manifestations très positives. Récemment un bateau de guerre russe a fait escale chez nous. Les marins russes ont défilé dans nos rues et la foule n'a pas pu retenir son enthousiasme envers les Russes ! Si les Russes intervenaient dans notre vie, ils seraient, eux, les bienvenus !

 

Cela se concrétise de quelle manière cette occupation allemande ?

Des îlots seront exploités durant 50 ans par des Allemands. Ces affaires sont réalisées par les services de Hans-Joachim Fuchtel. Le pouvoir politique grec a même été ridiculisé récemment. Le troisième mémorandum, aussitôt adopté, on a eu des déclarations d'Angela Merkel expliquant que la Grèce n'allait pas avoir cet argent. Le gouvernement d'Antónis Samarás a été ridiculisé. Les Allemands font la politique en Europe. Si on faisait de vrais sondages auprès du peuple grec, on aurait un rejet de cette politique. En France, on ne parle pas du danger de l'Allemagne. Nous dans le sud de l'Europe, on le comprend bien.

 

Les retraites ne sont plus payées ?

Les retraités ont connu des réductions de 30 à 50% de leur retraite. Des retraités vivent avec 300 ou 400 euros par mois. De nombreuses personnes ne peuvent plus se soigner car les médicaments sont trop chers. On revient à des situations connues des Grecs, il y a plusieurs décennies où les gens mouraient tout simplement. 1/3 de la population n'a plus de sécurité sociale. C'est aussi mon cas. Les retraités souffrent du froid. Les gens font des réserves de bois car il n'est pas possible d'acheter du fioul. A Athènes des retraités deviennent des mendiants. Leur retraite ne suffit plus pour aider leur famille. Ils vont mendier pour leur famille ou ils se garent devant des poubelles pour récupérer de la nourriture.

 

Tu parles de cette forme de déshumanisation décrite par Bruno Bettelheim dans son ouvrage le Cœur Conscient !

Oui, c'est ça. La situation en Grèce au niveau psychologique est comme celle décrite par Bruno Bettelheim dans son livre le Cœur Conscient. Des gens pensent que j'exagère mais je trouve que mon pays se transforme comme un camp concentrationnaire. On a un univers de psychologie concentrationnaire car les gens ne sortent plus. La préoccupation au quotidien est la survie. Les gens avaient une activité politique. Ils sont dans une psychologie d'univers concentrationnaire sans être dans celle des camps de la guerre. Comme je l'ai déjà dit plus haut la pulsion de mort mais aussi la terreur sont là. Les gens ont peur de l'avenir car ils ne voient plus d'avenir. Ils ont aussi peur de quitter la zone euro.

 

Cela se passe comment concrètement ?

Les bulletins d'informations ont changé. On est passé de bulletins d'informations de période de paix à ceux du temps de la guerre. C'est comme si on se trouvait devant un peloton d'exécution. Les infos se limitent à colporter les dires d'Angela Merkel et de Wolfgang Schäuble sur notre avenir. On apprend, par exemple, que les salaires doivent être amputés ou que les conventions collectives doivent être supprimées. Et puis les annonces de suicides se suivent. Les nouvelles de l'étranger sont devenues inexistantes. Tout tourne autour du problème de la dette et de la crise. Je pense que ces informations sont construites de cette manière pour faire peur.

 

La population ne rentre pas en résistance ?

La société grecque n'a pas réussi à s'organiser pour résister. Dans les campagnes la population est plus terrorisée. La terrorisation fonctionne mieux qu'à Athènes car ils ne suivent pas des médias alternatifs.

 

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La Grèce, une colonie allemande qui souhaiterait l'aide de la Russie ! Partie 1

 

 

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 13:09

Par Panagiotis Grigoriou. Historien et Ethnologue

 

En ce temps festif la Grèce entière se reprend comme elle peut... contre son sort. Nous célébrons… comme c’est encore permis ces fêtes 2012, plus que jamais en rupture espérée avec la durée troïkane. Nous ignorons combien cela peut encore durer, jusqu’à 2060, si l'on tient compte du mémorandum III, c’est alors inimaginable. Nous découvrons, sans trop y croire parfois, que la… biométrie de la crise survivra de notre propre mort. Donc, adaptons-nous et surtout faisons la fête ! C’est d’autant plus indispensable en ce moment, car nous réalisons – peut-être un peu tard – que depuis le premier mémorandum de 2010, nous sommes tous en… rupture biographique.

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Progressivement ou brusquement, les pages de nos vies, déjà désaccordées, redeviennent blanches, « épurées » de la grammaire de l’avant-crise, enfin, et à part nos petites bricoles qui nous adaptent au nouveau polar du monde, nous arriverons peut-être un jour à réinventer la littérature du renversement. En attendant… c’est déjà Noël 2012 ! Quasiment plus personne ne part en touriste, sauf notre cousine Th., celle de l’ancienne grammaire, elle avait déjà suffisamment choqué toute la famille il y a deux semaines au mariage de notre cousin Costas par sa pratique de l’ostentatoire et du déplacé économique et symbolique, elle est actuellement à Charm el-Cheikh… Nous autres, nous avons alors pris le train pour nous rendre au village, comme de nombreux autres athéniens et encore, car dans leur immense majorité les citadins passent Noël chez eux. 

 

Comme cela se pratique de plus en plus depuis deux ans, le train était bondé, de nombreux voyageurs s’entassaient dans les couloirs ou entre les wagons. Se rendre au bar ou aux toilettes tenait bien de la dextérité, à la fois du fin négociateur et de l’acrobate. « Ah… c’est un scandale, bientôt nous voyagerons en train comme en Inde », s’écria une voyageuse qui n’avait pas réussi à atteindre les toilettes. La réponse n’a pas tardé à venir : « Et en plus, la Compagnie des chemins de fer nationaux sera chinoise, un comble ! » Entre la capitale et la Thessalie, un billet A/R en train coûte 22 euros, en réservant deux à trois semaines avant le départ. Et tout le monde sait combien cela revient en voiture, sept cent kilomètres A/R à 1,70 euros le litre d’essence, plus 20 euros de péages, ou sinon, 60 euros (A/R) en autocar, donc le choix devient disons facile. Sauf, lorsque certains voyageurs s’en prennent au contrôleur des billets : « Pourquoi donc, n’arrimez-vous pas de wagons supplémentaires? Vous vous amusez peut-être à nous transporter comme de bestiaux ou quoi ? Vous êtes encore payés, mais la moitié de gens dans ce wagon sont chômeurs voyez-vous… » Cela s’apparente… presque à du « dialogue social » : « Vous exagérez, d’abord c’est pour de raisons techniques que nous ne pouvons pas rallonger les trains, par endroits les infrastructures ne le supportent pas, comment vous l’expliquer autrement… Puis, nous nous démenons pour vous et nous luttons contre la privatisation forcée de notre compagnie. C’est pour votre sécurité vous savez… Certes, nous sommes encore payés mais c’est déjà indigne ce que nous touchons comme rémunération ». 


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Serrés à l’extrémité du wagon avec tous les autres... embarqués économiques, deux jeunes, étudiants vraisemblablement, lisaient attentivement Rizospastis, le journal du KKE (parti communiste). Le train a marqué l’arrêt de Thèbes, et parmi ceux qui ont monté à bord, un autre jeune homme est venu prendre place à leur côte. La discussion n’a pas tardé à éclater, très vive mais sans débordements : « Vous vous trompez les gars, moi, je suis patriote, nationaliste si vous voulez, je suis pauvre et peut-être comme vous, au chômage. Nous aussi nous nous occupons du peuple et des pauvres car nous en faisons partie, vous n’avez pas le monopole des prolétaires. Nous sommes au moins d’accord sur un point il me semble, et ne me dites pas que je suis un fasciste, il y en a assez de ce discours …. Je suis de l’extrême-droite et je le revendique, disons-nous donc que les riches nous écrasent et ils réduisent notre patrie en esclavage… cela vous convient-il au moins, ou non ? » - « Eh mec, détrompes-toi, si tu penses comme l’Aube dorée par exemple, il faut savoir que ces gens défendent les monopoles et les puissants comme tu dis, sauf que tu ne le vois pas, ou pas encore… ». Ensuite, l’échange a porté sur l’Allemagne, un modèle du genre « car les lois sont respectées » selon le jeune homme se réclamant de l’extrême-droite, « ce qui n’a pas de sens dit ainsi, car il s’agit d’abord de la loi des patrons et qu’en Allemagne il y a de nombreux pauvres comme ailleurs », répondirent les deux jeunes communistes. 

 

Leur interlocuteur est descendu à la gare de Lianiokladi, près de la ville de Lamia. A partir de cet arrêt, le train peinait presque pour gravir la montagne, longeait des ravins, et enfin, à la sortie d'une longue courbe, apparut la plaine de la Thessalie… et le verdict (formulé par les deux jeunes) avec : « Tu sais, ce type assemblait des arguments hétéroclites mélangeant un peu tout, sauf que son truc paraissait cohérent aux yeux des ignorants, il ne changera pas d’avis… » Ces étudiants, ainsi que ceux qui ont pu, ils ont alors quitté Athènes. Ces derniers jours, les embouteillages ont fait leur apparition; et les commerçants quant à eux, n’ont certes pas vu leur chiffre d’affaires décoller, mais enfin au moins, un semblant de marché a toutefois fonctionné, c’était d’ailleurs surtout la fête de l’alimentaire, on peut aussi comprendre et fêter... nos agrumes de qualité par exemple. Ou sinon faire comme la dernière fois où nous nous sommes salués entre amis pour les fêtes dans une taverne aux quartiers périphériques de la ville, inaugurant la nouvelle formule : « crise et chant rebetiko ». 

Un jeudi sur deux, il devient possible de s’y retrouver, apportant partiellement de quoi faire griller en cuisine, ou à consommer directement à table, puis, moyennant dix euros par personne, avoir droit à un plat plutôt collectif, à une boisson et à une portion de salade. Et en produisant évidemment notre musique nous même, car certains amis ou connaissances sont en effet des musiciens amateurs. 

 

D’ailleurs, pour ce qui est de la culture ou d’une certaine gastronomie, la dernière tendance consiste à fixer le prix à dix, voire à cinq euros par personne. C’est tout autant vrai qu’au-delà, on sort du contexte et que que de toute manière, notre musique sert aussi à nous faire tenir... moins dix euros ! Certains, remarquent également, qu’il fait mieux à la taverne que chez eux, tellement nos appartements sont si mal chauffés cet hiver. La presse du jour (24/12) rapporte prétendument stupéfaite que le marché du fioul domestique s’est effondré à -80% en cet automne 2012, par rapport à l’année dernière. Ceci explique alors cela, plus le bois de chauffage érigé en paradigme civilisationnel de notre nouveau monde. 

 

Nos pratiques s’adaptent rapidement, sauf que souvent, il s’agit alors d’un drame supplémentaire. Les enfants ont toujours chanté par exemple dans les rues ou devant les boutiques la veille de Noël et de nouvel an en Grèce, pour recevoir en cadeau quelques pièces. Seulement, depuis l’année dernière et surtout cette année, c'est-à-dire hier (24/12), de nombreux enfants ou adolescents ont été agressés par d’autres adolescents. Ils se sont ainsi fait voler leur « récolte de fête » (reportages radiophoniques et télévisés – 24/12). Pour éviter ces… déconvenues, d’autres enfants se sont vus escortés par leurs parents « pour plus de sécurité » comme on dit. Nos pratiques s’adaptent mais aussi se transforment d’une année à l’autre. Noël 2012 n’est plus comparable à celui de 2011, tandis que durant une si longue synchronie, les moments des fêtes répétèrent un rituel en somme stérile : les cadeaux de circonstance, les réveillons à dormir debout, les enfants râleurs pour un rien de trop, ou encore les séjours au ski pour certains néo-hellènes de la plus stupide des « belles époques » de la Grèce contemporaine. 


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En 2012, les enfants déjà ne réclament plus grand-chose, et lorsqu’ils chantent à la veille de Noël, c’est pour réunir l’argent nécessaire à l'achat du fioul et ainsi éviter la fermeture de leur école, privée de chauffage cet hiver. Plus de trois cent écoles au Nord de la Grèce resteront fermées après les fêtes, sauf « miracle », car comme le budget destiné à faire face aux frais de chauffage a été diminué de 60%, l’hiver grec peut tout aussi bien s’avérer… pédagogique. Ce que nos marionnettes du « gouvernement » ont sans doute du mal à comprendre : à part la pédagogie de la peur, il y a désormais celle du froid et de la faim sur laquelle il va falloir apprendre à compter. Étrange pays. Les politiques exerçant des responsabilités sont égaux à eux-mêmes, tandis que les pratiques du peuple s’adaptent aux temps nouveaux. 

 

Tels ces élèves de terminale à Pyli, une bourgade du département de Trikala. Comme leurs homologues durant toutes ces années précédentes, ils ont organisé une loterie afin de financer « la grande excursion » de leur classe. Sauf qu’au lieu de proposer aux heureux gagnants un scooter par exemple, ils « ont mis en jeu », un poste en CDD de six mois au sein d’un supermarché de la ville proche de Trikala. L’organisation de la loterie supervisée par le maire de Pyli en étroite collaboration avec les enseignants concernés a été parfaite et la gagnante fut l’épouse d’un professeur du lycée, laquelle avait acheté de nombreux billets de cette loterie. Elle préféra offrir « sa » place à un chômeur, car elle-même, elle est en poste parait-il. La nouvelle a aussitôt fait le tour de la ville et ce matin (24/12) on en parlait avec fierté même dans les cafés. D’autant plus, que la presse nationale (le journal 6 Jours par exemple), consacre des reportages à l’événement. 

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« Plan B sans l'euro » - Trikala 24/12

 

Nos mutations sont alors effectives et désormais, elles apparaissent comme étant irréversibles. Une certaine normalité demeure pourtant. Sur l’impressionnant marché de la ville de Trikala il y avait beaucoup de monde la veille de Noël. Encore une fois les dindons… et leur farce ont retenu toute l’attention des passants, tandis que les commerçants ne faisant pas dans l’alimentaire faisaient encore grise mine. Dans une boulangerie, une vieille femme a fait semblant de ne pas avoir de la monnaie pour se faire offrir un pain, car elle avait visiblement faim. Sur un mur devant de l’ex Préfecture devenue administration régionale, une affiche revient toujours sur l’adoption du mémorandum III « par cent cinquante députés, plus trois élus du département : politiciens-traîtres », et sur cette même affiche, on redécouvre également une photo de la chancelière de Berlin en tenue nazie. Ce n’est pas la première fois qu’en Grèce, l’anachronisme « explique » (mal) la dernière invention en matière de synchronie historique. A dix mètres, il y a aussi cette même affiche visible à Athènes qui suggère « un plan B sans l'euro ». Je ne dirais pas que ces deux affiches attirent les foules à Trikala, qui plus est, la veille de Noël, elles ne passent pas inaperçues pourtant. 

 

La vraie nouveauté à Trikala depuis la dernière fois, c’est que la taverne située derrière le pompiste, près de la forteresse, est définitivement fermée et que l’Aube dorée a ouvert ses locaux en plein centre-ville, observant une certaine discrétion, seul un petit papier collé devant l’entrée de l’immeuble informe de ses permanences « mardi et samedi de 19h à 22h ». Apparus à la télévision la veille de Noël, Papoulias, le « président » de la « République » et Samaras, chef du « gouvernement » tripartite, avaient l’air décomposés, je dirais même « déréalisés », tels des épouvantails sur un potager thessalien. Papoulias a laissé lui échapper une larme sincère lorsque des enfants atteints de cancer lui ont chanté Noël. Au même moment, il a déjà ratifié par sa signature, toutes les lois du mémorandum, dont celles qui ont obligé les malades du cancer à devoir choisir... s’il faut payer à la fin de chaque mois leurs médicaments ou la nourriture. 


Plus que « nôtre » président, c’est sans doute le méta-capitalisme qu’il a tendance à devenir enfin sincère : mourir… ou mourir, il n’y a guère d’autre choix (dans sa logique). Notre véritable cadeau de Noël à nous tous au sein du petit comité d’amateur de chant rebetiko et d’Opéra, n’était pas la soirée chantante à la taverne, ni le voyage à Trikala bien évidement. Cela tient peut-être du « miracle » mais voilà que mon ami journaliste au chômage a trouvé du travail pour quatre mois. Il touchera environ la moitié de son ancien salaire et retrouvera sans doute l’essentiel de sa dignité. Passons de bonnes fêtes comme on dit. 

 


Au centre d'Athènes - 20/12
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Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Grece
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