Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
  • Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
  • Contact

comité pour une nouvelle résistance C N R 06

Rechercher

Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 16:53

154630_10151210634603780_422866608_npm.jpg

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 11:00

 

Un groupe demande à Castorama d’arrêter de commercialiser l’herbicide RoundUp, considéré comme nocif. Faute de quoi il envisagera des actions non violentes.

 

Round’up Non merci - 5 décembre 2012

 


Lettre envoyée le 27 novembre 2012 à l’Agence de relation presse et communication Dehais, travaillant pour le groupe Castorama.


Bonjour,

Comme je vous ai expliqué par téléphone, notre association milite pour l’interdiction du Round’up à la vente.

Suite à l’envoi d’un courrier à plusieurs directeurs de magasins Castorama en région parisienne - resté sans réponse - nous nous sommes déplacés dans vos magasins rue de Flandres et place Clichy à Paris afin de discuter du remplacement du Round’up par un produit moins néfaste (par exemple le bicarbonate de soude).

Tout dialogue nous a été refusé, c’est pourquoi nous prenons contact avec vous, avant d’envisager d’autres actions non-violentes dans vos magasins. Nous sommes naturellement dans une logique de dialogue.

 

Communiqué de 130 associations exigeant le retrait du Round’up, suite à l’étude de Gilles-Eric Séralini montrant les effets toxiques à long terme de ce produit.

 

Information sur le bicarbonate de soude.

 

Source et photo : Courriel à Reporterre de Round’up Non merci.

Contact :roundup.nonmerci@gmail.com.

 

Repost 0
Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Environnement - Ecologie
commenter cet article
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 10:56

 

Les forces de l'ordre peuvent-elles venir à bout des squatteurs de Notre-Dame- des-Landes(44) ? Gendarmes et policiers nous affirment que c'est quasiment... impossible. La mission coûte, en tout cas, très cher: selon nos informations, déjà plus d'1M€ pour les frais des seuls policiers.

A9V3K_HCEAAAnIC.jpg

Construction-démolition, évacuation-réoccupation... Les forces de l'ordre peuvent-elles reprendre le contrôle de Notre-Dame-des-Landes? Premier obstacle: la taille du site. Le terrain de construction du projet d'aéroport du Grand Ouest est aussi vaste que... l'île d'Ouessant. Son coeur, la «Zone d'aménagement différé», rebaptisée «Zone à défendre» par les opposants, représente l'équivalent de 1.147 terrains de football ou quatre îles de Bréhat, ou encore six principautés de Monaco! Cette zone boisée et boueuse est squattée en permanence par une centaine d'opposants très organisés. «Évacuer, c'est techniquement toujours possible, même sur une zone aussi importante et difficile. Il suffit juste d'y mettre les moyens», explique un officier supérieur de la gendarmerie, spécialiste du maintien de l'ordre. 

 

Plus de 1.000 gendarmes et CRS

 

Question moyens, l'État fait les choses en grand. Actuellement, selon nos informations, quatre compagnies républicaines de sécurité (CRS), soit 320 hommes, sont déployées dans la seule région nantaise (Nantes ville et aéroport Nantes-Atlantique). «Plus de dix escadrons» de gendarmerie mobile, soit plus de 730 militaires, ontété engagés à et dans les environs de Notre-Dame-des-Landes. Mais pour les opérations coup de poing, comme lors des premières expulsions, en octobre dernier, le double de ces effectifs, soit au moins 2.200 hommes, sont déployés, affirme le principal syndicat de police, Unité SGP, majoritaire aussi chez les CRS. Selon ce syndicat, quatorze escadrons de gendarmes mobiles et quinze compagnies républicaines de sécurité ont été mobilisés à cette période-là sur la région nantaise. Le ministère de l'Intérieur, de son côté, reconnaît que «plus de 500 gendarmes mobiles et CRSont pu participer simultanément aux opérations». 

 

Hébergés à Vannes à Rennes et à Angers 

 

Le gouvernement peut-il consentir un tel effort dans la durée? «La logistique a du mal à suivre, rapporte ThierryBoutier, délégué zonal Ouest du syndicat Unité SGP pour les CRS. Parfois mobilisées pour une ou deux journées, des compagnies ont dû être hébergées à Angers, à Vannes et à Rennes, faute de logement disponible dans la région nantaise. Cela fait des temps de déplacement supplémentaires et de la fatigue en plus. «Les relèves posent problème, surtout quand les renforts viennent de toute la France (Nice, Orléans, Pau et LaRochelle actuellement)». 

 

«On n'en voit pas la fin» 

 

Le syndicat déplore aussi «l'absence de visibilité et d'anticipation». «Nous sommes habitués à intervenir en urgence, mais ici, on n'est plus dans l'urgence. Cela fait déjà un mois et demi que ça dure et on n'en voit pas la fin. Et nous avons d'autres missions», explique le policier syndicaliste, évoquant, notamment, la mise en place des zones de sécurité prioritaire. «Il ne faudrait pas qu'il y ait d'autres gros événements de ce type en France ou des manifestations dans tout le pays, prévient un autre policier. Il n'est pas possible de tenir dans la durée et de fixer autant d'effectifs sur un seul site». C'est bien là le gros problème des forces de l'ordre. «Déloger, on peut faire. Mais tenir, c'est impossible. On ne peut pas empêcher les gens de revenir le lendemain ou la nuit», reconnaît un spécialiste du maintien de l'ordre. Le dispositif risque en tout cas de coûter une petite fortune à l'État et donc au contribuable. À titre indicatif, il y a trois ans, le députéUMP Éric Ciotti estimait le coût de mobilisation d'un CRS (salaires, primes et heures supplémentaires) à 13.200€ par jour. Selon nos informations, depuis le 9octobre dernier, «plus d'un million d'euros» a été versé pour régler les seuls frais (hébergement, restauration, transport, indemnités de déplacement et heures supplémentaires) des CRSaffectés à la mission «Notre-Dame-des-Landes». Cette somme n'intègre pas les salaires de ces fonctionnaires et ne prend pas en compte les frais des gendarmes mobiles, qui représentent au moins la moitié des effectifs mobilisés.

 

Le telegramme.com

 

Repost 0
Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 10:28

CGT-13-12-2012.jpg

 

Source : EL DIABLO 

 

Repost 0
Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans La lutte des classes
commenter cet article
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 09:16

La manifestation qui a rassemblé un millier de personnes n’a jamais pu partir, encerclée depuis le début par un important dispositif policier. Avant même la manif, il y a eu plusieurs arrestations “préventives” et le blocage des cars italiens à la frontière. Au moins 31 personnes sont en garde à vue.

La legal team est à la recherche de toute information ou témoignage concernant les arrestations, en particulier pour quelques unes dont on ne connaît pas l’issue.

 

notavlyon.jpg

 

ij5aea.jpg

fliclyon2.jpg

 Pour le résumé de la fin de soirée et les suites éventuelles, Rebellyon fait un suivi précis et régulier. http://rebellyon.info/Sommet-franco-italien-a-Lyon-dans.html

 

Des vidéos de la manif:

 

 

 

 

 

 

 


 

Repost 0
Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans NO TAV
commenter cet article
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 08:01

 

Les professionnels de la médecine libérale manifestaient une nouvelle fois ce mardi. Pour le Dr Pierre Micheletti, certaines revendications « témoignent de la profonde déconnexion d’une partie du corps médical. » Tribune.

« Au mois de novembre 2012, un mouvement de grève a démarré, qui associe différentes catégories de médecins. Des internes, des chefs de clinique des hôpitaux publics, mais également des praticiens de bloc opératoire de cliniques privées se sont engagés dans un mouvement qui porte, pour les premiers, sur les conditions de travail et de repos. Les professionnels en grève dénoncent également, de concert, la limitation des dépassements d’honoraires récemment négociée, et expriment des doutes sur la liberté d’installation.

Un peu comme si, au terme d’études difficiles et d’un cursus hospitalier en effet souvent harassant, les plus jeunes attendaient, en guise de reconnaissance pour services rendus, un positionnement professionnel et un niveau de revenus dont la revendication témoigne du fossé qui se creuse entre une partie du corps médical et le corps social en France.

Car les chiffres qui s’égrènent, et parfois se télescopent, sont éloquents par leur intensité. Les dépenses annuelles de santé dues aux dépassements d’honoraires sont estimées à 2,5 milliards d’euros  ; le revenu annuel moyen des médecins libéraux est au moins égal à 5 fois le Smic et atteint 20 fois le Smic pour certaines spécialités. Des pans entiers de territoires ne comptent plus de dentistes, de médecins spécialistes, et voient parfois dangereusement baisser le nombre de médecins généralistes, en même temps que s’allonge l’âge moyen de bon nombre de praticiens exerçant en milieu rural isolé ou en zones urbaines sensibles (ZUS).

En miroir, d’autres chiffres nous interpellent. Le chômage est à 10 % au plan national, à plus de 20 % dans les ZUS, et plus de 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Dans un département comme l’Isère, de 2006 à 2011, le nombre de bénéficiaires de la CMU-C, qui est un bon marqueur de la précarité financière, a progressé de 43 %. Ce n’est pas mieux pour la grande précarité : le nombre de personnes prises en charge par les Restos du cœur a augmenté de 25 % au cours des trois dernières années. Dans le même temps, la «  clientèle  » des centres d’accueil, de soins et d’orientation de Médecins du monde a progressé de 17 %. Le refus de soins délibéré est la forme la plus aboutie du clivage qui s’instaure. Il peut aller, vis-à-vis des bénéficiaires de la CMU et de l’AME, jusqu’à 40 % de refus de prise de rendez-vous, selon les régions et les spécialités.

Le rapprochement de ces données est inquiétant. Une partie des médecins viendraient-ils d’une autre planète ? D’un lieu qui ne connaît pas la réalité qu’affrontent chaque jour les médecins généralistes entrant dans l’intimité des foyers et des vies, ou celle que côtoient les acteurs de la psychiatrie publique ? De façon aujourd’hui plus opportune que jamais, ­l’hôpital psychiatrique maille en effet le bassin de population sur lequel il est implanté, contribuant à s’opposer à l’isolement géographique qui accompagne fréquemment la maladie mentale. Viendraient-ils d’un lieu où les Pass (permanence d’accès aux soins de santé) des hôpitaux ne verraient pas défiler les cabossés de la vie, de l’errance et de l’économie mondialisée ? Mais peut-être cette autre planète est-elle en fait à nos portes ?

Des revendications sont recevables, celles en particulier qui dénoncent les conditions de travail de certains des professionnels en grève. D’autres non, qui témoignent de la profonde déconnexion d’une partie du corps médical. D’un brassage social qui ne se fait plus, et dont le service militaire a constitué l’une des dernières opportunités concrètes. L’analyse des origines sociales des médecins traduit cette réalité : 8 % des médecins sont enfants d’ouvriers, 4 % sont enfants d’agriculteurs. La situation économique qui prévaut en France et en Europe écarte, pour longtemps, la dynamique des Trente Glorieuses. De ce temps où les enfants des « cols bleus » pouvaient devenir des « cols blancs », ce dont témoignent encore – mais pour combien de temps ? – ces statistiques sur les origines sociales des médecins actuellement en activité.

Si la grève doit trouver une sortie par la négociation syndicale et politique, les questions de fond demeurent, faisant le creuset d’une ­incompréhension qui pourrait conduire au divorce. Comment rapprocher le corps médical d’une réalité qui semble s’installer durablement ? Des solutions peuvent être mises en place pour essayer de créer, sur le fond, les conditions d’une plus grande mise en phase entre les médecins et les contextes dans lesquels ils ont à délivrer un haut niveau de compétence technique, en même temps qu’à être des acteurs responsables de la vie dans la cité.

La formation des médecins doit être revisitée. Dès la première année, celle du concours, elle doit faire une place aux questions de société, autrement que de façon cosmétique comme aujourd’hui. Quitte à bachoter, autant bachoter socialement utile… Cela passe par un rééquilibrage entre les sciences dites dures et les autres, celles qui sont là pour nous rappeler que, si nous sommes des êtres biologiques, nous sommes aussi des êtres sociaux.

La formation obligatoire du 2e cycle des études médicales comme le programme du concours de l’examen national classant (ex-internat) doivent d’urgence intégrer des programmes faisant une place à la question des inégalités sociales de santé et à l’analyse des mécanismes qui conduisent à de notables différences d’espérance de vie, ou de mortalité prématurée évitable, selon les catégories professionnelles. Enfin, comme cela commence à être le cas dans quelques disciplines et universités, la question de l’origine des candidats-médecins doit être posée, conduisant à mettre en place une logique de recrutement actif de jeunes gens que notre système universitaire actuel ne conduit que très marginalement à réussir au sein du processus de sélection des études médicales.

Il s’agit de chercher ainsi à échapper à un système dominé par sa capacité à reproduire les élites, et à ne conduire celles-ci dans la rue que pour des revendications qui apparaissent, pour certaines, aussi hallucinantes qu’inadaptées. »

Source Politis.fr

Nota Bene :

Le Dr Pierre Micheletti est enseignant à l’IEP de Grenoble, président de l’Agecsa, ancien président de Médecins du monde et coordinateur des diplômes universitaires « santé, solidarité, précarité » de MDM.

 

Repost 0
Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Santé
commenter cet article
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 06:52

 

arcelor-mittal-florange-guerre-L-E0j0iQ.png

 

 

Mensonges d’état et tromperies de patronat             

les ouvriers en sont las,

ils n’en peuvent plus de voir

que l’on joue leurs vies

à la roulette russe.

Un jour on leur fait des promesses

mais des promesses d’élu on sait

ce que ça vaut !

Un autre jour on leur dit de préparer

les valises et qu’il ferait beau

qu’une reprise soit affichée sur le tableau.                                     xmjnCHfukBtozk8sdt2w.jpeg

Et puis de nouveau les pantins

se promènent avec leur bouche en cœur,

des promesses en voulez-vous

amis de Florange,

il en pleut comme des oranges,

celles que l’on apporte

aux prisonniers les soirs de Noël.

Mais à force d’être las on déclare

que c’est le branle-bas de combat !


A l’assaut des hauts-fourneaux

Et pas de quartier !


S’il faut en accrocher aux lanternes

on leur trouvera des cordes,

s’il faut en chauffer au chalumeau

on leur tiendra la tête !


A l’assaut des hauts-fourneaux

Et pas de quartier !


Nationalisons et pérennisons

l’outil de travail des français

La ré industrialisation de notre territoire

passe par Florange.

Pas de quartier, les oranges

on les apportera aux patrons

derrière leurs barreaux qui tels

des croupions regarderont fumer

les belles cheminées alimentées

à la sueur du front des ouvriers.

Et le pain et la soupe dans les assiettes

le soir,

auront un goût de victoire.

 

Carole Radureau (04/12/2012)

 

 

 

 

50b799a606650-copie-1.jpeg

 

 

 

 

LA PETITION pour la nationalisation

 

 

En savoir plus sur l'huma

 

 

Repost 0
Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Poesie
commenter cet article
4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 22:50

Du cynisme des industriels à l’inaction des pouvoirs publics, Annie Thébaud-Mony, directrice de recherches au CNRS, dresse un état des lieux sans concession de la santé au travail…

1641_Annie_Thebaud-Mony1-626x220.jpg

 

Moyenâgeuse et cynique. C’est en ces termes qu’Annie Thébaud-Mony qualifie l’attitude de certains industriels vis-à-vis de la santé et de la sécurité des salariés. Attitude qui, selon elle, expliquerait que l’on déplore encore chaque jour en France deux morts par accidents du travail et plus de dix des suites d’une exposition à l’amiante.

Une situation archaïque que cette spécialiste des questions de sécurité au travail dénonce depuis près de 30 ans en parlant non pas de négligence mais d’une authentique forme de “crime organisé” de la part de certains dirigeants qui, depuis longtemps, ont appris à sous-traiter non seulement les risques qu’ils génèrent mais aussi les responsabilités qui les accompagnent.

Face à cette manifestation de “pur cynisme industriel” dont les pouvoirs publics n’ont jusqu’alors pas pris la mesure, Annie Thébaud-Mony entend opposer deux mesures : l’interdiction d’avoir recours à la sous-traitance sur tout site dangereux et l’introduction des notions de crime industriel et de désastre volontaire dans le droit pénal. Seuls moyens, selon elle, d’en finir avec une situation qui persiste à placer l’intérêt économique au-dessus de la préservation de la vie humaine.

Je viens de refuser la Légion d’honneur parce que ce n’est tout simplement pas le type de reconnaissance que j’attends au terme de toutes ces années d’engagement et de recherche scientifique sur les questions de santé au travail et de santé environnementale. Ce que j’attends, c’est que mon travail soit pris en compte et reconnu ; autrement dit, qu’il incite les pouvoirs publics à adopter un certain nombre de dispositions, ne serait-ce que pour faire respecter la loi.

Car pour l’heure, en ce qui concerne la santé et la sécurité, le code du travail n’est pas appliqué. Il pose un certain nombre de principes qui ne sont pas respectés, à commencer par le principal : l’obligation faite depuis plus d’un siècle aux employeurs de garantir la santé de leurs salariés. Cette obligation a pourtant été rappelée à l’occasion du drame de l’amiante en 2002, l’affaire ayant débouché sur une certaine prise de conscience en montrant qu’il existait un réel problème de prévention face à un risque qui, pourtant, était identifié depuis longtemps. En prenant la mesure de cette catastrophe sanitaire, la Cours de cassation a réactivé cette obligation des employeurs d’assurer la santé des salariés au quotidien.

Or je constate chaque jour que, sur ce plan, rien n’a changé. Que nous restons face à une situation d’urgence sanitaire qui n’est absolument pas prise en compte par les politiques. Voilà pourquoi j’ai refusé la décoration qui m’a été proposée. Parce qu’elle aurait dû intervenir au terme de mon travail ; en marquer l’aboutissement. Et comment parler d’aboutissement alors que perdure cette situation d’urgence, que l’on attend encore que des décisions soient prises et des mesures adoptées ? Tant qu’il en sera ainsi, je ne pourrai ni me reposer, ni recevoir une médaille.


Sécurité versus rentabilité
Non seulement il n’y a aucune amélioration mais l’on voit s’installer chez les entreprises un discours fataliste fondé sur l’argument de la crise économique et consistant à dire : vu la situation catastrophique, nous avons d’autres priorités que d’améliorer les conditions de travail. Ce raisonnement prouve que la sécurité des salariés est perçue comme une dépense, non comme un investissement et que, dans un contexte tendu, elle devient une sorte de luxe que les entreprises estiment ne pas avoir les moyens de s’offrir.

Pire, elle est perçue comme une option alors qu’encore une fois, il s’agit d’une obligation. Résultat, ceux qui, comme moi, militent pour une autre gestion des risques sont uniquement perçus comme cherchant à alourdir les charges de l’entreprise. Pourtant on oublie une chose essentielle : c’est que l’assurance maladie – et par conséquent le contribuable – finance la négligence des industriels. Il faut savoir que dans le domaine des pathologies lourdes liées à l’environnement de travail, certains médicaments valent 1 000 euros la dose. Ce qui explique que les maladies professionnelles représentent chaque année des dépenses de plusieurs milliards d’euros.

A défaut de parvenir à se faire entendre sur l’aspect humain de la situation, je n’hésiterai pas à avancer cet argument économique auprès des pouvoirs publics pour dénoncer l’attitude moyenâgeuse de certains industriels pour qui les gains escomptés de certaines réductions de coûts d’exploitation légitiment tout, y compris la mise en danger de la vie d’autrui.


Impunité
Cette situation est d’autant plus révoltante qu’elle s’est jusqu’à maintenant accompagnée d’une impunité totale. Celle-ci vient d’être remise en question il est vrai avec le jugement rendu contre AZF mais il aura fallu une catastrophe exceptionnelle et onze années d’un procès exceptionnel pour y parvenir, alors qu’on dénombre chaque jour en France deux morts par accident du travail, une dizaine des suites d’un cancer lié à l’amiante et, chaque année, des milliers d’autres décès liés au cocktail de cancérogènes et toxiques en tous genres que les travailleurs respirent et, au-delà, les riverains des usines, des centrales nucléaires, des lignes à haute tension, etc.

Pour illustrer la dangerosité de certains lieux de travail, il y a ce cas récent de deux salariés partageant un même bureau sur le site d’une centrale nucléaire et atteints tous deux d’une tumeur au cerveau. Ce type de concordance est fréquent et lorsque l’on commence à enquêter, il n’est pas rare que l’on découvre d’autres cas atteints de la même pathologie, ce qui rend le lien avec l’environnement de travail évident. Comme c’est le cas chez les dockers. Parmi les 130 dockers du port de Nantes – qui manipulent en continu et sans protection les caisses de bois traitées aux pesticides, les bananes traitées au chlore et la ferraille qui dégage de l’oxyde de fer – 35 cas de cancers du rein ont été dénombrés. Je ne vois pas comment, avec une telle proportion, on peut encore parler de hasard.


Travail de lobbying
Pour établir des liens entre environnement de travail et cancers, nous avons mené un travail dit de systématisation face à l’exposition, en nous appuyant sur des données chiffrées. C’est essentiel pour établir ce qu’on appelle des présomptions d’imputabilité permettant au salarié qui développe une pathologie correspondant à une exposition propre à l’entreprise dans laquelle il travaille de la voir instantanément reconnue comme maladie du travail. Notre retard dans ce domaine s’explique par le fait que, pour établir ce type de tableau des maladies professionnelles, il faut un accord entre patronat et syndicat, ce à quoi, en France, un conflit d’intérêts évident nous empêche de parvenir.

Et pour cause : les experts du patronat emploient toute leur énergie à nier l’évidence. Exemple : on n’a toujours pas pu faire inscrire le cancer du larynx dans le tableau des maladies professionnelles alors qu’on le sait directement lié à une exposition à l’amiante et qu’il a été reconnu comme tel par d’autres organisations sanitaires il y a dix ans déjà. Dans ce domaine, nous nous heurtons à un véritable travail de lobbying qui, pour moi, justifie de parler de crime organisé de la part des grands industriels et des experts, doublé d’une situation de non-assistance à personne en danger.


L’amiante
Le traitement de l’amiante, qui est le plus connu des cancérigènes, est révélateur de cet état de fait. Les premiers cas sont identifiés à la fin du XIXe siècle et, dès 1930, les industriels disposent de toutes les données scientifiques attestant de sa dangerosité. Trente ans plus tard, un chercheur américain rend ces données publiques et en 1971 les entreprises du secteur s’organisent pour entreprendre une véritable campagne de désinformation sur les effets sanitaires de l’amiante, le tabac devenant un formidable alibi invoqué pour expliquer les maladies contractées par les salariés et la notion d’“usage sécuritaire” de l’amiante étant avancée pour empêcher une réglementation sévère de son usage, ce qui n’est rien de plus qu’un slogan de propagande industrielle puisqu’il a été établi qu’une fois l’amiante extraite de la mine et réduite en poudre, il n’existait aucune possibilité de limiter sa dangerosité.

Et le déni continue. Pour preuve, cette véritable bataille judiciaire qui, de 1997 à 2012, a opposé mouvements associatifs et pouvoirs publics dans une affaire de déconstruction d’une ancienne usine de transformation d’amiante, à Aulnay-sous-Bois. Tout ce que demandaient les associations, c’était l’application stricte de la réglementation de 1993 sur l’enlèvement d’amiante, à savoir : le confinement total du site durant les travaux afin de limiter la poussière au maximum et donc, les risques de contamination. Pour obtenir qu’il en soit ainsi, autrement dit pour que la loi soit respectée et appliquée, il a fallu plusieurs procédures judiciaires et surtout, il a fallu que la société civile se mobilise. Sans cela, on aurait démonté l’usine sans aucune précaution, ce qui aurait mené à une contamination des populations environnantes.


La sous-traitance du risque
Les secteurs présentant le plus de risques pour la santé des salariés sont connus. Il s’agit de la chimie et du nucléaire, bien sûr, mais aussi du BTP, de la réparation automobile, du travail des métaux, de l’imprimerie et de toutes les formes de maintenance industrielle. Le point commun étant que, dans l’ensemble de ces secteurs, on sous-traite les risques. La situation est simple : les entreprises considèrent que, à partir du moment où une activité est sous-traitée, la gestion des risques qui y est liée ne relève plus de leur responsabilité mais de celle de l’entreprise sous-traitante.

Et c’est là que l’on se heurte à un vide juridique. Le travail étant prescrit aux employés d’une autre entreprise avec laquelle le donneur d’ordres entretient une relation client-fournisseur, cela modifie les relations de travail entre le dirigeant de la première entreprise et les salariés de la seconde et, de ce fait, déplace les responsabilités. A cette situation déjà pernicieuse s’ajoute le fait que, bien évidemment, le sous-traitant en charge de cette activité de maintenance aura obtenu le marché parce qu’il aura répondu à un appel d’offres qui, au final, privilégiera toujours l’entreprise pratiquant les tarifs les plus avantageux. Et où les entreprises qui pratiquent ces tarifs avantageux parviennent-elles à faire des économies pour réduire leurs coûts d’exploitation ? Toujours sur les mêmes postes : la prévention et la sécurité des salariés.


AZF
Le drame d’AZF est un parfait exemple des situations parfois hallucinantes que l’on peut rencontrer dans l’univers de la maintenance industrielle. Le site utilisait des dérivés chlorés après avoir eu recours, des années plus tôt, à des engrais. Or il existe une incompatibilité totale et bien connue entre les nitrates contenus dans les engrais et le chlore. Ces produits n’auraient donc jamais dû être en contact. Mais l’entreprise ayant sous-traité la gestion de ses déchets sans alerter les personnes en charge sur la nature des produits et résidus qu’elles manipulaient, nitrates et chlore ont fini par se retrouver dans un même hangar, ce qui a abouti à l’explosion dans les minutes qui ont suivi.

On sait que, au cours de l’enquête, Total a tout fait pour éviter que cette piste chimique soit retenue ; c’est pourquoi le fait que le procès ait finalement abouti à la condamnation de l’industriel pour ne pas avoir géré les risques liés à ses activités de maintenance – activités qu’il a sous-traitées sans donner aucune consigne de sécurité ni même aucune information – est essentiel.

Pour moi, cela fait d’AZF le premier procès de la sous-traitance qui, j’espère, servira d’avertissement à tous les industriels qui se montrent totalement irresponsables dès lors qu’il s’agit de gérer leurs déchets. Tant qu’on est dans la production, ils s’en tiennent à leurs obligations légales : ils protègent leurs salariés et leur outil de travail. Mais dès lors qu’il est question de déchets, ils ne veulent plus dépenser un euro en prévention et gestion du risque car pour eux, la gestion des déchets, c’est typiquement ce qui coûte et ne rapporte pas. Résultat : 80 % de la dose collective d’irradiation, en France, sont supportés par des salariés du secteur de la sous-traitance.

C’est pourquoi je m’apprête à présenter à Mme Duflot un cahier intitulé “Etat des lieux et propositions” dans lequel figure, entre autres, une demande de voir interdire le recours à la sous-traitance sur tout site dangereux, afin que le risque ne soit plus sous-traité mais géré en interne.


Stratégie de contournement
Chaque grande filière industrielle – la chimie, le nucléaire, la métallurgie… – a développé sur la gestion des risques une même stratégie de contournement par la sous-traitance, laquelle se traduit par une délégation du danger et de la responsabilité. Ceci, tout en incitant les entreprises de sous-traitance à réduire leurs coûts – et donc, à rogner sur la sécurité – afin de remporter leurs appels d’offres. Ce qui prouve que, pour l’heure, l’intérêt économique l’emporte sur la préservation de la vie humaine et confirme qu’en matière de santé et sécurité des salariés, nous sommes face à une forme de crime organisé.

Prenons l’exemple des centrales nucléaires qui sous-traitent des opérations à très hauts risques comme la décontamination des piscines où l’on refroidit les réacteurs – piscines qui, une fois vidées, restent tapissées de poussières radioactives. Il existe des robots capables de retirer une partie importante de ces poussières mais ils coûtent cher et c’est pourquoi beaucoup de responsables du secteur refusent de les utiliser, préférant sous-traiter ce travail à des ouvriers qui se retrouvent à genoux au fond de la piscine avec un chiffon ! Bien sûr ils portent une combinaison mais la combinaison protège contre l’inhalation de la poussière.

Pas contre l’irradiation. Même chose chez France Telecom qui, durant des années, a installé un peu partout – sur les lignes, les poteaux, chez les abonnés… – des millions de parasurtenseurs contenant des sources radioactives. Lorsque l’utilisation des sources radioactives a été interdite, en 1978, rien n’a été fait pour les retirer et les salariés n’ont pas été avertis de leur dangerosité, si bien que beaucoup ont été irradiés. La situation a été dénoncée à plusieurs reprises et à plusieurs reprises France Télécom est parvenu à étouffer l’affaire.


Cynisme
Lorsque j’ai été auditionnée au comité sur la transparence du nucléaire sur la question de la sous-traitance, j’ai livré toutes ces informations en m’appuyant sur les différentes études attestant de l’exposition des travailleurs de ce secteur à un risque avéré. A la fin de la séance, les industriels ont expliqué que, si tout allait bien, ils seraient en mesure de réduire la sous-traitance dans quelques années ; ce qui n’est rien d’autre que la manifestation d’un cynisme intolérable. La preuve qu’une fois de plus, ils pensent et agissent dans un sentiment d’impunité total. Paradoxalement, ils sont plus prudents sur les questions environnementales – sans doute parce que plusieurs cas récents, comme le procès de l’Erika, ont prouvé qu’ils s’exposaient dans ce domaine à un véritable effet boomerang – que sur celles de la préservation de vies humaines et même de la protection de certaines populations. Le comble étant que, pour économiser sur la prévention et la sécurité, ils sont prêts à engager des sommes folles dans des études scientifiques censées apporter la preuve qu’il ne se passe rien.


Crime industriel et désastre volontaire
Le fait que les industriels soient conscients des risques liés à leur activité et qu’en toute connaissance de cause ils y exposent certains salariés fait qu’il ne s’agit plus seulement de négligence mais d’une véritable organisation de la déresponsabilisation. Cela fait trente ans que je cherche à dénoncer cette réalité ; à rendre visible une situation que, côté industriels, tout le monde s’emploie à dissimuler et dont, de toute évidence, les pouvoirs publics n’ont toujours pas pris la mesure. C’est pourquoi je m’apprête à adresser au gouvernement des propositions très concrètes dont une visant à modifier le code pénal pour y introduire les notions de crimes industriels et de désastre volontaire sur lesquelles un tribunal italien a récemment condamné deux industriels de l’amiante, non seulement à verser de fortes indemnités mais aussi à des peines de prison fermes.

Introduire ces deux notions dans le code pénal français, voire européen, impliquerait que, dès lors qu’un risque est connu, y exposer qui que ce soit fasse l’objet de sanctions pénales. Cela permettrait d’aller au-delà de la notion déjà existante de mise en danger de la vie d’autrui – qui doit être démontrée pour chaque plaignant – en plaçant d’emblée la plainte sur un niveau collectif. Comme cela a été le cas en Italie où la notion de désastre volontaire a été instruite pour quelque 6 000 parties civiles et où le procureur en personne a ouvert l’instruction, permettant à la justice italienne de s’autosaisir de ce drame de l’amiante. Alors qu’en France, cela fait quinze ans que le procès contre les industriels de l’amiante attend d’être ouvert.

Bio express
La militante

Sociologue du travail et chercheuse à l’Inserm, Annie Thébaut–Mony se spécialise dans les maladies professionnelles et la sécurité des salariés dès le début de sa carrière. Trente ans plus tard, elle continue à dénoncer, en bloc, les effets de l’amiante et de la radioactivité, l’inertie des pouvoirs publics et l’impunité des industriels dans un engagement sans faille qui, le 31 juillet dernier, la poussera même à refuser la Légion d’honneur.

Directrice du Giscop (Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle), responsable d’un programme d’études comparées en santé du travail et membre de l’IRI (Institut de recherches interdisciplinaires sur les enjeux sociaux) elle est, en outre, présidente de l’association Henri Pézerat sur les liens entre santé, travail et environnement, porte-parole de BAN Asbestos France, un réseau international de lutte contre l’utilisation de l’amiante et auteure de plusieurs ouvrages sur la santé au travail dont L’Industrie nucléaire, sous-traitance et servitude paru en 2000 et, 7 ans plus tard, Travailler peut nuire gravement à la santé.

Par Caroline Castets

 

Repost 0
Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Santé
commenter cet article
4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 22:12

Après quelques hésitations, le dictateur tchadien Idriss Déby sera reçu à l’Elysée par François Hollande mercredi. Cette rencontre plusieurs fois reportée, aura lieu sur fond de négociation sur une intervention militaire au Mali appuyée par la France, qui souhaite mobiliser les troupes claniques de l’armée tchadienne.

telechargement--54-.jpg

L’accueil annoncé à l’Elysée du dictateur tchadien Idriss Déby le 5 décembre conclut un vrai-faux suspense qui a duré plusieurs semaines. Les reports de ce rendez-vous sont probablement le signe de houleuses tractations dans lesquelles les questions liées aux violations des droits humains au Tchad n’auront au final pas pesé lourd face à la volonté de la France d’obtenir le soutien de N’djamena dans le dossier malien. En effet, pour des raisons géostratégiques décidées en dehors de la volonté souveraine du Mali, la France fait depuis plusieurs mois pression sur le président tchadien pour obtenir la participation de ses troupes et de ses moyens militaires dans l’ « opération africaine » qu’elle promeut. Une participation évidemment compromise si Hollande n’accepte pas de donner un minimum de caution diplomatique à Déby en le recevant à l’Elysée.


Le cas tchadien illustre cette incapacité de l’exécutif français à définir une ligne diplomatique claire et assumée concernant ses relations avec les dictateurs africains. A quoi bon en effet tenir un discours sur les droits humains sur les terres d’un dictateur à Kinshasa en octobre et se pincer le nez face à lui, si c’était pour rencontrer discrètement dans la même journée les despotes congolais et camerounais Denis Sassou Nguesso et Paul Biya ou si c’est pour recevoir à l’Elysée le dictateur tchadien Idriss Déby quelques semaines plus tard ? Rappelons qu’Idriss Déby, souhaitant faire jouer au maximum son potentiel de négociation, avait pris soin de décliner l’invitation à Kinshasa, sans doute d’en l’attente d’être « mieux traité » à Paris. C’était prendre peu de risques. Les visites ministérielles au Tchad en juillet dernier de Laurent Fabius et Pascal Canfin avaient en effet laissé envisager, sur fond de crise au Mali, une continuité dans la politique française de soutien « pragmatique » au dictateur, le chef de la diplomatie française y faisant étalage des « relations d’amitié qui demeurent » .

 

telechargement--53-.jpg

En fait d’amitié, c’est l’armée tchadienne qui est soutenue sans discontinuer par le dispositif militaire français Epervier, lancé en 1986 par le gouvernement Fabius – ce dispositif est constitué d’un millier d’hommes, d’une force d’aviation et de renseignement sophistiqué, renforcé ces dernières semaines. L’armée tchadienne, en phase avec la volonté farouche d’Idriss Deby de se maintenir au pouvoir, est une des plus puissantes de la région. Habituée à des opérations dans des zones désertiques, elle compterait « 30.000 hommes équipés d’armes modernes et de moyens aériens » [1] . Dans un pays classé parmi les plus pauvres de la planète, l’armée plétorique de ce pouvoir couvé par les bons soins de la France aurait davantage de quoi inquiéter que de réjouir quiconque.


En effet, Idriss Déby est responsable d’une partie des massacres et atrocités commises sous le régime d’Hissène Habré, dont il fut le chef d’État major, avant de le renverser en 1990 avec l’appui de la France. A la tête de l’État, il n’hésita pas à ordonner de nouveaux massacres et des exactions insoutenables [2] , et s’est maintenu au pouvoir par les armes, toujours soutenu par la France. Un soutien tricolore multiforme : économique, via les largesses en aide publique ; diplomatique, par la validation d’élections truquées (quand la France n’a pas elle-même contribué à organiser la fraude comme lors de la présidentielle de 2001) ; militaire enfin, l’armée française repoussant les rébellions de 2006 ou 2008 et continuant à fournir en armes un régime qui a renoncé à investir dans les secteurs sociaux de base et n’hésite pas, comme le dénonce Amnesty International, à recruter des enfants soldats.


Aujourd’hui, alors que les Tchadiens réclament la démocratie, la fin de la répression contre les opposants, victimes d’arrestations arbitraires, la vérité dans les multiples affaires criminelles impliquant le régime tchadien (dont la disparition de l’opposant Ibni Oumar Mahamet Saleh en février 2008), et surtout des politiques publiques au service des populations, la France accepte de redonner une caution d’honorabilité à Idriss Déby. Avec pour seul espoir que les soldats tchadiens, supposés spécialistes du Sahel (du moins quand la France les appuie), sinistrement réputés pour leur clanisme, leurs exactions et leurs multiples retournement d’alliances dans les différents conflits internes, ne constituent un soutien utile sur le terrain malien.


Naïvement ou à dessein, le Président de la république française s’engouffre dans une realpolitik promue avec son Ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius et opte délibérément, sous des prétextes fallacieux, pour une politique criminelle de réhabilitation d’un des pires despotes du continent. Un manque de lucidité particulièrement étonnant tant les exactions du régime Déby sont connues et documentées, y compris par des conseillers du président de la République, telle l’ancienne députée Marie-Hélène Aubert [3] qui de part ses travaux passés est bien informée de la nature du régime d’Idriss Déby .

Une diplomatie française qui s’évertue à voir Idriss Déby comme une solution plutôt que comme un problème n’est décidément pas prête à rompre avec la Françafrique.

Contact Presse : danyel.dubreuil@survie.org

[1] « On y trouve aussi huit hélicoptères de combat, Mi-17 et Mi-8 ainsi que deux avions de chasse Sukhoï et des avions de reconnaissance aérienne » selon RFI ( jeudi 15 novembre 2012, Nord du Mali : option militaire et dialogue politique menés de front).

[2] Cf. Annexe 1 - Exemples d’exactions commises par Idriss Déby

[3] Auteur d’un rapport parlementaire en 1999 sur les entreprises pétrolières qui avait consacré plusieurs pages au cas tchadien. Voir http://www.assemblee-nationale.fr/l... Mme Aubert avait par ailleurs témoigné en faveur du Président de Survie François-Xavier Verschave lors d’un procès intenté en 2001 par trois chefs d’Etat africains dont Idriss Déby, où elle avait décrit les exactions commises par Idriss Déby et son armée sur les populations civiles (cf. Annexe 1).

 

Repost 0
Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Internationnal
commenter cet article
4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 20:46
Le récit vu par les Italiens venus du Val de Suse pour la manifestation.

D’un côté il y avaient les gou­ver­ne­ments des crises économiques, de l’autre l’Europe des peu­ples, des citoyens en lutte. Les pre­miers ont signé l’énième pro­to­cole vide de contenu et inu­tile, puis­que sans finan­ce­ment. Les seconds ont tenté de mani­fes­ter leur pensée, leur oppo­si­tion à ces choix.

A9MzU_UCEAEywgF.jpgLes pre­miers, Monti et Hollande, avec toute leur géné­ro­sité, ont convaincu les jour­naux et la TV - qu’eux même gou­ver­nent - que tout allait désor­mais filer droit, sur le Lyon-Turin, sur les répon­ses à donner à la crise, et sur bien d’autres choses encore. Protégés par des mil­liers de poli­ciers ils ont signé, parlé, pho­to­gra­phié, mangé aux frais des citoyens qui étaient tenus à des kilo­mè­tres.



 LesNO TAV, les véri­ta­bles citoyens, ceux qui payent les choix de ces gou­ver­ne­ments, ont été escor­tés, et blo­qués pen­dant au moins 4 heures à la fron­tière, puis encore blo­qués aux portes de Lyon, et grâce à leur téna­cité, ont fina­le­ment rejoint la place concé­dée pour mani­fes­ter.

A9Mkkr1CUAIw7ni.jpgPartis à 6h du matin, arri­vés à Lyon à 15h30. Puis arrive la sur­prise : sur la place, les liber­tés s’arrê­tent à la des­cente du bus. Ici, à Lyon, c’est la police du gou­ver­ne­ment Hollande qui com­mande, et tout cor­tège est inter­dit, comme il est inter­dit à chaque per­sonne de s’éloigner de la place. Interdit de quit­ter la place ! Ce sont les ordres.

Puis vers 18h il fait nuit, et pour la police il est l’heure de faire ren­trer les NO TAV à la maison, et pour cela hommes et femmes, vieux et enfants sont char­gés et matra­qués, gazés aux lacry­mo­gè­nes vers les bus.
arton11615-5c848-copie-1.jpgPuis les bus sont réqui­si­tion­nés pas les agents qui mon­tent, frap­pent tous ceux qui se lèvent de leur siège. Dans un cas le chauf­feur est rem­placé par un CRS qui conduit le bus vers la fron­tière. Dans un autre cas, les agents montés dans le bus gazent au lacry­mo­gène pro­vo­cant des malai­ses chez pra­ti­que­ment tous les pas­sa­gers. Chaque bus est ainsi escorté, sous la menace, sur l’auto­route, puis encore blo­qués vers 20h30.

Deux faces d’un même pro­blème ? Non, abso­lu­ment pas. D’un côté, dans les palais de la répu­bli­que, des bour­reaux-bureau­cra­tes qui, au nom des ban­ques et de la crise, sont dis­po­sés à passer sur le corps des per­son­nes, au point de faire couler le sang.
IMG-02-8-9d573-50be6.jpg
De l’autre, l’Europe des peu­ples, des sim­ples gens, des citoyens qui, malgré les vio­len­ces et les injus­ti­ces qu’ils subis­sent depuis des années, conti­nuent et conti­nue­ront à se battre. Ce n’est pas un pro­blème qui sup­pose une média­tion, c’est que la partie saine doit avoir raison de la partie malade.

Mouvement NO TAV 

 

Contrôles à la frontière des  manifestants Non Tav en direction de Lyon, lors du sommet bilatéral Mario Monti et Français Hollande. La police française a mené un tapis, en bloquant les cinq frontières, bus avec des militants . La gendarmerie fouillé nos sacs et filmait  tous les manifestants, avant de les laisser aller vers Lyon.

8SKG3BBA1296--640x360.jpg

 

88IKQJK24248--640x360.jpg

 

LVRH8VV45992--640x360.jpg

 

2PCEZ4OS5364--640x360.jpg

 

1MPMBKF45880--640x360.jpg

 

Repost 0
Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans NO TAV
commenter cet article