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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 07:56

http://images.dinheirovivo.pt/ECO/File?dDocName=CIECO109951&fileName=Manif_Lisboa_PAULOSPRANGER1633994960142645880757764.JPG&rendition=extra_wide&SID=287332

 

Le Portugal est un pays exsangue. Le chômage officiel, qui approchait les 20%, a diminué ces deux derniers trimestres «à la faveur» d’une baisse de la population active. Celle-ci est le fruit d’une émigration de masse dont les flux atteignent, voire dépassent, ceux des années 60 qui avaient vu un grand exode des Portugais, fuyant la misère, la dictature et la guerre coloniale (1)


C’est que, bien que n’étant pas en guerre, le Portugal est, sous l’égide de la troïka, dans sa troisième année d’économie de guerre, malgré les (ou à cause des) résultats économiques calamiteux des politiques commises depuis trois ans. Car le Portugal est ce pays où l’on peut dire, avec la précision d’une expérience menée en laboratoire, que les milliards d’euros de sacrifices imposés à la population n’ont eu aucun effet sur la dette dont la progression est vertigineuse ni sur le déficit, systématiquement revu à la hausse à chaque évaluation de la troïka.


C’est pourtant muni des résultats de cette expérimentation que Lisbonne vient de présenter le budget le plus austère de l’histoire de la démocratie depuis 1977. L’ajustement budgétaire représente 2,3% du PIB et se fait essentiellement par la ponction directe sur les salaires des fonctionnaires et sur les retraites de la fonction publique.


Dans ces conditions, seul le gouvernement peut feindre de croire qu’en dépit de la nouvelle réduction drastique du revenu disponible des ménages à laquelle conduira inévitablement «son» budget, la consommation privée et l’investissement seront là pour soutenir son hypothèse de croissance de 0,8%. Ceci d’autant plus que la ponction fiscale violente de 2013 sera maintenue et que 2014 verra de nouvelles réductions dans les dépenses de l’éducation, de la santé et des transferts sociaux. Reste les exportations, mais celles-ci sont tributaires de la demande extérieure.


Comme dans toute économie de guerre, celle qui a cours au Portugal ne fait pas que des perdants. Alors que les seuls fonctionnaires et retraités de la fonction publique contribuent pour 82% à l’effort de guerre de 2014, il n’est demandé aux banques et aux monopoles de l’énergie qu’une contribution exceptionnelle de 4%, et le gouvernement s’est même donné le luxe de baisser de deux points l’impôt sur les sociétés qu’il vise à ramener à 19%, voire 17%, en 2016, dans le respect du sacro-saint principe néolibéral de création d’un climat propice à l’investissement. Il y a d’autres gagnants de la crise, à commencer par les créanciers auxquels il est destiné, en 2014, au titre des intérêts, un «magot» équivalent au budget de la santé. C’est pour ces créanciers que des sacrifices sont demandés au peuple de l’un des pays les plus pauvres et les plus inégalitaires de l’UE.

C’est pour eux que l’on ferme des écoles, que l’on rationne des médicaments, qu’on limite l’accès aux soins de santé d’une partie de la population et que l’on vend aux enchères des biens publics.


Les politiques d’austérité violentes s’entretiennent d’elles-mêmes : elles génèrent leur propre intensification, censées remédier aux déficits qu’elles ont contribué à creuser. Chaque euro de déficit «économisé» au Portugal s’est traduit par une perte de 1,25 euro du PIB et une augmentation de 8,76 euros de la dette ; c’est ainsi que les créanciers sont assurés d’avoir toujours une dette à financer.


A l’instar de celles des autres pays qui sont sous l’intervention «effective» de la troïka, pour ne parler que d’eux, la dette portugaise n’est raisonnablement pas remboursable. Elle n’est pas le résultat de dérives d’un peuple qui aurait vécu au-dessus de ses moyens, même si les experts du FMI insistent sur la nécessité de baisser le salaire minimum du Portugal qui est de 485 euros brut par mois, soit l’un des plus bas de la zone euro et de l’UE.


Pays semi-périphérique, doté d’une économie à faible valeur ajoutée et très dépendante de l’extérieur, le Portugal «a payé» son adhésion à la zone euro, par une quasi-stagnation de son économie, si bien que la dette publique n’a connu une trajectoire ascendante que depuis la crise financière et les importants transferts du budget de l’Etat pour soutenir l’économie et sauver les banques. Ne pouvant se tourner vers la Banque centrale européenne (BCE) pour assurer son financement, le Portugal est devenu, après la Grèce et l’Irlande, la troisième victime de la spéculation des marchés financiers, laquelle a ouvert la voie à l’intervention de la troïka.


Après deux ans et demi et des milliards d’euros de sacrifices imposés à sa population, le Portugal est un pays plus pauvre, il a renoué avec les taux de natalité de la fin du XIXe siècle et l’émigration de masse de l’ère de la dictature. Sa population, l’une des plus vieilles de l’UE, diminue. Sa dette rapportée au PIB a augmenté de près de 25 points et son déficit n’est pas contenu. Les créanciers représentés par la troïka ont déjà averti du montant des coupes de dépenses qu’il faut opérer en 2015, alors que le «mémorandum» prend fin en juin 2014.


Que ce soit sous la forme d’un nouveau plan de «sauvetage» ou autre, et dans le cadre actuel des institutions européennes, le Portugal restera sous la domination de la troïka et sa population sera soumise à de nouvelles épreuves. Il est déjà l’autre Grèce et, si un doute subsistait, l’image de ces mères portugaises contraintes d’abandonner leurs enfants aux institutions sociales, alors que de nouveaux venus font leur entrée dans le club des millionnaires, serait là pour le démontrer.


(1) On évalue à 120 000 le nombre de Portugais qui ont émigré en 2012, soit un exode de 10 000 personnes en moyenne par mois, sur une population de quelque 10,5 millions d’habitants.


Cristina SEMBLANO Economiste, enseigne l’économie portugaise à l’université de Paris–IV Sorbonne

 

 

(1). La moitié des chômeurs ne bénéficie pas d’allocation chômage et on compte par milliers les exclus du revenu minimum d’insertion, des allocations familiales ou du complément social vieillesse.

 

Publié DÉCEMBRE 2013

 

 

 


 


 

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 23:46

A propos du 70ème ANNIVERSAIRE du PROGRAMME du CONSEIL NATIONAL de la RESISTANCE, 15 MARS 1944


Par Georges Gastaud, fils de Résistant, secrétaire national du P.R.C.F., le 15 mars 2014  


C’est le 15 mars 1944 que le C.N.R. adoptait officiellement son programme poétiquement intitulé LES JOURS HEUREUX.


Le rôle du P.C.F. clandestin, notamment celui de Pierre Villon et de Jacques Duclos, fut déterminant non seulement dans la démarche qui conduisit au CNR (dont le « prototype » politique fut le Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France, construit par le PCF clandestin), mais dans l’adoption de la « ligne » progressiste qui caractérise le programme du C.N.R..


Ce programme associe en effet la lutte pour l’indépendance nationale, l’antifascisme et l’antiracisme, l’engagement pour le progrès social et pour la nationalisation des monopoles capitalistes en mettant au centre de la nouvelle politique le rôle central du monde du travail dans la vie de la nation.


A la Libération, ce sont évidemment les ministres franchement communistes de l’époque qui, d’une toute autre manière que leurs pâles caricatures « communistes » de 1981 ou de 1995-2002, vont mettre en place à marche forcée la Sécurité sociale, les retraites par répartition, les conventions collectives et les comités d’entreprise (A. Croizat), la nationalisation des Charbonnages, de l’Energie, de Renault, de l’aviation et des grandes banques (M. Paul, F. Billoux), la relance de la production industrielle, le statut des mineurs et celui des fonctionnaires (M. Thorez), le nouveau dynamisme de la recherche scientifique publique (F. Joliot-Curie), le redémarrage progressiste de l’Education nationale (H. Wallon), on en passe et des meilleures.


Pour cela, le P.C.F. de 1945 put prendre appui sur la force électorale et organisationnelle sans précédent que lui avait donné sa place – de loin la plus importante ! – dans la Résistance intérieure armée (près de 30% des voix à la Libération, près d’1 million d’adhérents) et sur la C.G.T. de classe et de masse présidée par Benoît Frachon (cinq millions d’adhérents en 1946 !).


A l’arrière-plan, la défaite mondiale du nazisme, cette phalange de choc du capitalisme, de l’impérialisme et de l’anticommunisme, et l’immense prestige dont jouissaient alors l’U.R.S.S. et l’Armée rouge, dont le rôle prépondérant dans la défaite de la Wehrmacht n’était alors contesté par personne. Cette défaite du nazisme était aussi évidemment celle de l’oligarchie capitaliste « française » – notamment du Comité des Forges, ancêtre du Medef – . Pour l’essentiel, le grand patronat s’était en effet gravement compromis dans la collaboration avec l’Occupant et ses milieux dominants avaient même – comme l’a démontré A. Lacroix-Riz – fait « le choix de la défaite » en préférant « Hitler au Front populaire ». Pas étonnant si, dans ces conditions, le C.N.R. excluait tout naturellement l’extrême droite collabo et le grand patronat.


La comparaison est édifiante. Quand le P.C.F. était fort, déterminé, implanté prioritairement dans la classe ouvrière et la paysannerie, et surtout, quand il se référait au marxisme-léninisme et à l’internationalisme prolétarien, quand il savait unir le drapeau tricolore au drapeau rouge orné des emblèmes ouvrier et paysan, quand la C.G.T. combattait pour l’expropriation capitaliste, la classe dominante reculait : par peur de tout perdre, elle faisait des concessions très larges qui, pendant des décennies, n’auront certes pas aboli l’exploitation capitaliste en France, mais qui auront du moins permis à des millions de « petites gens » de mener une vie digne tout en poursuivant la lutte pour changer la société.


Bien entendu, le rapport des forces d’alors n’a pas permis alors de « faire la révolution » alors que l’Armée US campait en France, que l’impérialisme U.S. comptait bien remplacer une occupation par une autre (c’était le but de l’A.M.G.O.T.) et que l’U.R.S.S. venait de subir une saignée épouvantable (la moitié au moins des 50 millions de morts de la Seconde guerre mondiale étaient de citoyenneté soviétique). De même, la France à peine décolonisée par l’Occupant qui la pillait, l’impérialisme « français » qui avait livré le pays aux Allemands (Munich, la « Drôle de guerre », la Kollaboration) refusait de décoloniser les territoires africains de l’ « Empire » : ce qui, sur fond de guerre froide engagée par l’Empire anglo-saxon, allait compromettre l’application intégrale du programme du C.N.R., et cela d’autant plus que le Parti « socialiste » S.F.I.O. des Blum et autre Ramadier etc. allait s’empresser de ramper devant l’impérialisme US en engageant sous son égide la ruineuse « construction européenne » tournée contre le camp socialiste et les travailleurs occidentaux.


Il n’empêche : seuls les aveugles et les sectaires incurables ne voient pas l’actualité des principes du C.N.R.. Le M.E.D.E.F. lui, ne s’y trompe pas qui, par la bouche de son idéologue en chef, Denis Kessler, a publiquement sommé le gouvernement français de « démonter le programme du CNR » et de liquider l’esprit de 1945 (comme dirait le cinéaste K. Loach), voire d’en finir avec la nation française : le manifeste « Besoin d’aire » du M.E.D.E.F. n’appelle-t-il pas cyniquement à en finir avec la République une et indivisible pour « reconfigurer les territoires » (métropoles, euro-régions, régions transfrontalières), imposer partout le tout-anglais, mettre en place l’Union transatlantique sous l’égide de l’OTAN. Le but final de ce 4ème Reich en marche est en dernière analyse d’araser toutes nos conquêtes sociales, d’ élargir à l’Est l’espace vital de l’impérialisme occidental quitte à agresser les autres peuples aux marches de la Russie, de l’Afrique subsaharienne et du Proche-Orient ?


Bref, comme ne cesse de le démontrer Léon Landini, président du P.R.C.F., ancien officier F.T.P.-M.O.I. et figure de proue du film « Les Jours heureux », l’actuelle « construction européenne » est antinomique du programme du C.N.R.. Tous ceux qui se réfèrent à ce programme pour se donner des allures « sociales », mais qui veulent rester dans l’UE actuelle, avec son ruineux euro et sa dictature supranationale, se trompent ou trompent sciemment autrui avec leur introuvable « Europe sociale ». Car point par point, indépendance de la nation, antifascisme, progrès social, nationalisations, l’Europe actuelle contredit frontalement TOUS les articles du programme du C.N.R.. Et pour cause : dans l’actuelle « construction européenne », ce qui est au centre, ce n’est pas les nations libres et la classe ouvrière, c’est le grand capital, ce sont les nostalgiques de Hitler que soutiennent à Kiev Fabius et Ashton, c’est un Empire supranational co-piloté par l’Axe Washington-Berlin qui dirige la « construction » européenne…



La comparaison entre 2014 et 1945 est donc édifiante à deux titres :


·        on voit ce que peut faire le peuple français, quand il dispose d’un parti d’avant-garde marxiste, qui se centre sur la classe ouvrière (ce qui n’empêchait pas le P.C.F. de 1945 de compter dans ses rangs les VRAIS intellectuels de pointe, les Aragon, Picasso, Lurçat, Eluard, Léger, Langevin, etc.) et qui associe le patriotisme et l’internationalisme pour abattre le fascisme et l’impérialisme ; et l’on voit à l’inverse à quoi ce même peuple est réduit quand son parti « communiste » actuel fraie avec le PS (notamment dans la plus grande ville du pays), quand sa direction est le meilleur avocat de l’euro sous couvert d’une impossible « réorientation progressiste de la monnaie unique » ; on voit aussi ce que peut faire un peuple qui s’UNIT pour RESISTER et RECONQUERIR sa dignité dans un large Front antifasciste, populaire, patriotique ET internationaliste. Et ce qu’il ne peut plus faire quand il est prisonnier d’une « union de la gauche » dirigée par la social-eurocratie, derrière le slogan PARALYSANT de l’ « Europe sociale »…


·        on mesure aussi les différences politiques indéniables entre 1945 et 2014 : aujourd’hui, l’émergence d’un « nouveau C.N.R. » rassemblant autour de la classe ouvrière l’ensemble des classes populaires et des couches moyennes, serait impossible sans une rupture révolutionnaire avec le M.E.D.E.F. dont la « construction euro-atlantique » est la ligne stratégique. En effet, la rupture avec l’U.E. qu’impliquerait l’application d’un programme actualisé du CNR, signifierait un affrontement de classes national et international avec le grand capital. La rupture progressiste avec l’euro, avec l’O.T.A.N. et l’U.E., mettrait tôt ou tard à l’ordre du jour, non verbalement mais en pratique, LA QUESTION DU SOCIALISME POUR LA FRANCE.


Les vrais amis de la République doivent donc comprendre l’importance de la lutte du P.R.C.F. pour la renaissance d’un vrai P.C. en France. Sans cette renaissance, notre nation succombera à l’euro-dépeçage en cours car seule la classe laborieuse peut défendre notre pays et le reconstruire sur des bases humanistes. Symétriquement, les partisans du socialisme doivent saisir l’importance d’une lutte conséquente pour l’indépendance de la nation, ce qui passe par la construction d’un front patriotique, antifasciste et populaire réactualisant le programme du C.N.R..


De plus en plus, les milieux communistes opposants à la direction « euro-constructive » du P.C.F., mais aussi nombre d’intellectuels progressistes français, de P.C. étrangers, de milieux progressistes européens, comprennent ou entrevoient cette nécessité. Le du P.R.C.F., qui agit en pionnier sur ces questions depuis sa fondation, poursuivra son effort avec confiance, car le retour des JOURS HEUREUX est l’unique alternative à l’éternel minuit que nous préparent les prédateurs de l’Empire euro-atlantique en manque d’ « aire ».  

 

 

http://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2013/05/Banniere-IC2.gif


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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 19:42

Par Frédéric Lebaron  (professeur de sociologie à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines)

 12 mars 2014 

 

http://www.medelu.org/local/cache-vignettes/L400xH337/arton1643-03f34.jpg

llustrant une nouvelle fois la difficulté, sinon l’impossibilité de toute prévision dans les sciences sociales, les actuels événements en Ukraine donnent le sentiment que l’Histoire va un peu trop vite pour les observateurs. Les retournements les plus surprenants peuvent rapidement rendre caduques des analyses plus ou moins péremptoires, et l’information fiable du jour menace de devenir pure illusion ou manipulation le lendemain.


C’est ce dont viennent de faire l’expérience nombre de commentateurs occidentaux. Beaucoup d’entre eux s’extasiaient en effet sur la liberté retrouvée d’une Ukraine enfin débarrassée, comme par magie, de la corruption et des restes du totalitarisme par le départ forcé du président Ianoukovitch, élu en 2010. Et cela au moment même où, dans d’obscures conditions, se mettait en place un gouvernement de choc composé de technocrates et d’ultra-nationalistes dont l’idéologie dérive du nazisme [1].


Loin d’apporter la paix, valeur fondatrice de l’Europe, l’arrivée de ce nouveau pouvoir révolutionnaire contribuait en quelques jours à accentuer les tensions au sein d’un pays objectivement divisé [2]. Elle semblait même favoriser l’entrée dans une nouvelle logique de guerre froide avec la Russie, qui tirait profit de la situation au nom de la défense des populations russophones, notamment en Crimée [3].


La nouvelle équipe gouvernementale de Kiev, idéologiquement inédite, va du néolibéralisme technocratique des dirigeants modérés au post-nazisme des ministres issus de Svoboda [4], en passant par le pragmatisme des oligarques [5]. Elle a rapidement annoncé la mise en œuvre des mêmes sacrifices que ceux infligés aujourd’hui au peuple grec [6]. Comme le dit le nouveau premier ministre, le banquier central Arseni Iatseniouk, « le chômage progresse à un rythme galopant, ainsi que la fuite des investissements. Nous n’avons pas d’autre solution que de prendre des mesures impopulaires, dont la réduction des programmes sociaux et des subventions, la réduction des dépenses » [7].


Voici donc une révolution populaire qui annonce sans fard des lendemains qui déchantent. Le FMI s’est d’ailleurs félicité de rencontrer des autorités aussi bien disposées. Quant à l’Union européenne (UE), soudainement généreuse, elle promet désormais à l’Ukraine une aide de 11 milliards d’euros en deux ans, assortie de la signature de l’accord d’association à l’origine de la révolte populaire de décembre [8].


La comparaison avec les politiques d’austérité au sein de l’UE fait oublier que les conditions de départ sont encore beaucoup plus difficiles en Ukraine qu’elles ne le sont en Grèce : le PIB réel par habitant (au change courant), d’un montant de 3 861,7 dollars en 2013, y est plus de quatre fois inférieur à celui de la Russie (14 973,5 dollars) et cinq fois moins élevé que celui de la Grèce (21 617,4 dollars) [9]. Le déficit commercial est abyssal, la monnaie s’effondre, au point que la banque centrale a dû limiter les retraits d’argent.


La crise politique en cours accroît encore les incertitudes sur l’avenir de l’économie et de la société. C’est dans un pays exsangue, après 22 ans de transition démocratique post-soviétique [10], que se joue aujourd’hui à grande échelle la nouvelle étape de la vague mondiale de déstabilisation sociale postérieure à la Grande Récession de 2009 [11]. Cette nouvelle étape présente plusieurs traits inattendus.


Le premier ressemble à ce que Michel Dobry, sociologue politique, appelle la « régression vers les habitus » dans un ouvrage classique sur les crises politiques [12] : dans tout contexte de crise, des réflexes « primaires », inculqués depuis longtemps par la socialisation, refont surface. Ils déterminent alors les discours et les perceptions des acteurs face à une réalité qu’ils leur permettent de croire maîtriser. Le plus visible aujourd’hui, et le plus surprenant sans doute par son intensité, est le retour rapide dans l’espace public des représentations combattantes héritées de la guerre froide [13].


En Europe et aux Etats-Unis, elles opposent l’Ouest démocratique, libre et moderne, avec ses deux représentants dirigeants que sont les Etats-Unis et l’UE, à un Est despotique, totalitaire et corrompu, illustré par la Russie (et bien sûr, en arrière-plan, la Chine). Réactivé dans le contexte ukrainien par de nombreux acteurs et commentateurs, le système d’opposition mythico-idéologique ainsi mobilisé contribue à dissimuler les enjeux sociaux et politiques concrets derrière une grande fresque géopolitique hollywoodienne. Ce récit mobilise les acteurs sur le terrain, et peut-être surtout au-delà, en leur donnant le sentiment de participer à distance à une nouvelle page de l’Histoire [14].


Il est vrai que les systèmes d’information n’ont jamais cessé d’être étroitement liés à des stratégies étatiques nationales et de diffuser, de façon plus ou moins consciente, les propagandes des Etats, en particulier lorsqu’elles avaient un contenu idéologique clair, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. La guerre froide a exacerbé cette tendance à la mobilisation idéologique de masse, de part et d’autre du « rideau de fer » [15].


La situation ukrainienne, à l’intersection - donc au point névralgique, - de l’espace européen et du monde russe, est particulièrement propice à un brutal retour de ce refoulé historique. Dans le récit dominant en Europe, la Russie est redevenue l’URSS, et les pays situés sur son flanc ouest sont menacés de « basculer » dans sa sphère de domination impériale. A l’opposé, toute avancée occidentale est perçue par beaucoup de Russes comme une menace directement portée par l’agressivité et la présence tentaculaire de l’OTAN.


Le deuxième élément nouveau - et relativement inédit - est la configuration des forces qui sous-tend le processus de changement politique en Ukraine. En effet, le changement en cours, en tout cas à Kiev et dans l’Ouest de l’Ukraine, repose sur plusieurs dynamiques sociales entremêlées : un mouvement populaire prenant racine dans des groupes précarisés par la crise économique, et diverses fractions des classes moyennes ; l’ascension rapide, dans un jeu parlementaire troublé, de réformateurs néolibéraux soutenus par les Etats-Unis et l’Union européenne ; les stratégies de reproduction des oligarques, sorte de patrons paternalistes garants de la stabilité, y compris à l’est ; la montée en puissance parallèle des activistes radicaux d’extrême-droite qui ancrent le changement dans le nationalisme et attisent les réflexes anti-russes et anti-soviétiques.


Cette conjonction inédite autorise toutes les projections imaginaires. Les démocrates européens peuvent se reconnaître dans une vision idéalisée de l’UE, celle des libéraux, qui ne mobilise plus guère les foules à Paris, Londres ou Berlin, et prêter ainsi à « EuroMaïdan », et au gouvernement qui en est issu, les valeurs universelles de démocratie, de solidarité et de tolérance qu’ils lui associent spontanément.


A l’opposé, la présence évidente des mouvements d’extrême-droite dans le mouvement, jusqu’au sein même du nouveau gouvernement, devient invisible et négligeable à leurs yeux [16]. Elle est au contraire omniprésente pour les observateurs russes et pour tous ceux qui sont un peu moins sensibles à l’aura du drapeau bleu étoilé. Les uns comme les autres ne voient pas que le nouveau pouvoir se situe en fait dans une continuité certaine avec les gouvernements de la période de transition post-soviétique : clairement néolibéral par son idéologie économique, il est porté par des technocrates et des acteurs à fort capital économique - les oligarques - qui cherchent avant tout à maintenir leurs rentes et leurs réseaux de corruption, fût-ce au prix d’une crise sociale encore bien plus intense, et de menaces de partition de plus en plus tangibles.


Cette conjonction typiquement post-soviétique ne peut surprendre les spécialistes des configurations politiques depuis les années 1990 dans les pays d’Europe centrale et orientale [17]. Mais la nouveauté du processus, liée à la crise de 2008 et ses suites, est que l’espoir européen est à l’image d’une omnipotence américaine de plus en plus incertaine, déclinante et fragilisée pour des raisons structurelles.

L’Europe en crise est synonyme d’austérité, d’une démocratie malade, dominée par la finance, et représentée par des « experts » économiques porteurs, en guise de projet de société, de plans d’ajustement structurel et de démantèlement des acquis sociaux, même dans les pays où ils étaient notoirement insuffisants.


Dès lors, on peut se risquer à inverser la proposition mille fois entendue selon laquelle l’Union européenne est l’avenir de l’Ukraine, et se demander si l’Ukraine n’est pas, à l’opposé, le nouveau laboratoire des futurs chocs politiques et sociaux pour l’ensemble de l’Europe.

 

 

NOTES

[1] Le nouveau gouvernement compte au moins quatre membres notoires de Svoboda, l’ancien parti « social-national » d’Ukraine, d’obédience post-nazie : Oleksandr Maksymovych Sych, vice-premier ministre ; Ihor Yosypovych Tenyukh, ministre de la défense ; Ihor Oleksandrovych Shvaika, ministre de l’agriculture, Andriy Mokhnyk, ministre de l’écologie et des ressources naturellesQuant au dirigeant ultra-nationaliste du « Secteur Droit » Dmytro Yarosh, après avoir été acclamé sur la place Maïdan lors de l’annonce du nouveau cabinet (sous réserve de son accord), il a finalement disparu du casting des membres du gouvernement. Voir : http://en.wikipedia.org/wiki/Yatsenyuk_Government

[2] Catherine Samary, « Ukraine : ni troupes russes ni fascism ni institutions euro-atlantiques », Mémoire des luttes, 5 mars 2014.

[3] La situation évoluant rapidement, le seul constat évident à ce jour pour tous est que les tensions géopolitiques se sont fortement accrues depuis la fin du mois de février.

[4] Voir Emmanuel Dreyfus, « En Ukraine, les ultras du nationalisme », Le Monde diplomatique, mars 2014.

[5] En dehors des technocrates et des post-nazis, le gouvernement compte plusieurs oligarques et quelques représentants du mouvement populaire de la place Maïdan.

[6] Devant les demandes d’aide colossales des nouveaux gouvernants, chiffrées à 35 milliards de dollars en deux ans, le FMI a toutefois refroidi leurs ardeurs en évoquant des chiffres moins importants, après avoir rappelé les conditions de son intervention avec une argumentation classique fondée sur la nécessité de « réformes structurelles » et d’une bonne « gouvernance ». Pour une illustration des réticences des économistes à soutenir une aide importante à l’Ukraine, pays notoirement corrompu : Charles Wyplosz, « FMI-Union européenne : qui va payer pour l’Ukraine ?Le Figaro, 28/02/2014.

[7] Yves Bourdillon, « Arseni Iatsenioul avertit les Ukraniens de sacrifices inévitables », Les Echos, 28 février 2014. Les premières mesures annoncées réduisent fortement les dépenses de fonctionnement des administrations et permettent d’anticiper un plan d’austérité drastique : augmentation de tarifs maintenus bas pour une population aux très faibles revenus, réduction des pensions et traitements des fonctionnaires, mesures de libéralisation du marché du travail, etc.

[8] Voir : http://www.lepoint.fr/ukraine-abracadabra-l-ue-debloque-11-milliards-d-euros

[9]  Bilan du Monde, édition 2014, page 113. En parité de pouvoir d’achat, les écarts sont moins élevés car l’Ukraine est caractérisée par un niveau très bas des prix.

[10] L’évolution de l’indice de développement humain (IDH) de l’Ukraine est éloquente :http://hdr.undp.org/en/countries/profiles/UKR. Après la chute des années 1990 puis une remontée dans la première moitié des années 2000, l’IDH stagne à un niveau intermédiaire (0,74, 78ème rang mondial), mais avec un très faible niveau de PIB par habitant.

[11] Sur l’augmentation du nombre d’ « émeutes » telles qu’on peut le mesurer à l’aide d’Internet, cf. Alain Bertho, « L’augmentation des émeutes : un phénomène mondial », Basta !, septembre 2011.

[12] Michel Dobry, Sociologie des crises politiques. La dynamique des mobilisations multisectorielles, Presses de la FNSP, 3ème édition, Paris, 2009.

[13] Zhong Shen, dans Le Quotidien du Peuple chinois, évoque, le 27 février 2014, des « chaînes de la mentalité Guerre froide » dans un article relatif à la situation en Ukraine. Selon lui, « les théories liées à la politique, à l’économie et à la sécurité durant la Guerre froide influencent encore beaucoup de gens dans leur conception du monde. Et certaines personnes en Occident sont encore pleines de ressentiment envers la Russie ». Voir www.latribune.fr/ukraine-se-debarrasser-des-chaines-de-la-mentalite-guerre-froide-reduira-les-confrontations-inutiles-chine

[14] On notera cependant que très peu d’intellectuels participent à la promotion de ce nouveau récit.

[15] On retrouve là les analyses de Norbert Elias sur la compétition entre les Etats, dans La Dynamique de l’Occident, Calmann-Lévy, Paris, 1975.

[16] Ce travail de déni est particulièrement manifeste chez certains commentateurs américains, comme Timothy Snyder :http://www.nybooks.com/blogs/nyrblog/2014/mar/01/ukraine-haze-propaganda/. Comme durant la guerre froide, les argumentaires de propagande se caractérisent par des phénomènes de cécités symétriques.

[17] Sur les conséquences sociales de la transition post-soviétique, on lira Sanjay Basu et David Stuckler, The Body Economic. Why Austerity Kills, Basic Books, New-York, 2013.

 

Source:

http://www.medelu.org/IMG/mdl.png



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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 19:27

Posté par onsbouge le 13 mars 2014


 

http://a404.idata.over-blog.com/0/32/46/53/Communisme-logos/comite-base.jpg

 


L’ombre de Denis Kessler plane à nouveau, l’ex n°2 du Medef à l’époque d’Ernest-Antoine Seillière a fait sauter Parisot qui affirmait « M. Kessler n’est pas libéral, il est ultra-libéral. Avec ses provocations, il est capable de bloquer toute la société française ».


Kessler, un temps disparu après sa provocation de 2007 quant aux acquis du CNR obtenus dans un accord signés le 15 mars 1944, est réapparu en 2013 pour mettre en place Pierre Gattaz à la tête du Medef en déclarant « je suis sorti de mon hibernation seulement pour donner ma préférence pour Pierre Gattaz qui me semblait le plus proche de ce qu’il faut aujourd’hui pour le Medef »… mais les visées de ce pontife des assurances sont celles d’un rapace charognard tournoyant au-dessus de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, la Sécu est en danger, les retraites par répartition sont en danger.


Il y a une semaine, le très ultralibéral Président de la Pologne, Bronislaw Komorowsk, déclarait (à propos de l’Ukraine) : «Nous savons que chez les rapaces l’appétit vient en mangeant» … phrase juste quand elle s’adresse aux capitalistes mais ce n’est pas dans ce sens que Bronislaw Komorowsk l’a prononcé.


Passé sous silence, voilà comment qualifier la démarche du collectif « les libérés », qui selon les sources, regroupent plus de 300 000 travailleurs indépendants (sur les 2.8 millions que compte la France) qui combattent le RSI (régime sociale des indépendants) qui prévoit l’obligation de verser des cotisations sociales dans les caisses de la Sécurité Sociale.


Ces « libérés » entendent vouloir cotiser à des caisses concurrentes, c’est-à-dire à des assurances privées, considérant que la Sécurité Sociale créée par le CNR, est un monopole qui nuit à la concurrence libre et non faussée, la devise des ultralibéraux européens, amenée en son temps par la directive Bolkestein.


Outre que le fait de cette décision de quitter la Sécurité Sociale est pour le moment illégal dans l’État français, c’est une bataille juridique qui va s’engager dans les prochains mois, avec le soutien implicite de Bruxelles qui, il a quelques jours, le 10 mars, exiger de la France, qu’elle accélère le rythme de ses réformes, notamment en termes de libéralisation des marchés.


Mais en France, pour le moment, le refus de cotiser au RSI est puni d’une amende de 1500 euros, 3000 euros en cas de récidive. La non-déclaration d’activité auprès des organismes sociaux expose le travailleur indépendant à une peine de 3 ans de prison et de 45 000 euros d’amende, car considéré comme du travail dissimulé.


Mais fort du soutien de la branche européenne des assurances privées, donc de Denis Kessler, les « libérés » justifient leur rejet de la sécurité sociale, en se basant sur deux directives de 1992 transposées en droit français en 2001, qui visent à coordonner les dispositions nationales concernant l’assurance directe où il est écrit « les États membres prennent toutes les dispositions pour que les monopoles concernant l’accès à l’activité de certaines branches d’assurance (…) disparaissent au plus tard le 1er janvier 1994 ». Toutefois le texte précise aussi que : « ces dispositions ne s’appliquent expressément (formellement) aux assurances comprises dans un régime légal de sécurité sociale »… un point sur lequel, actuellement, la Sécurité Sociale s’appuie pour déconsidérer la demande des « libérés », mais pour combien de temps étant donné que la réforme engagée et le pacte de responsabilité, va creuser mécaniquement des déficits. De plus, la Sécurité Sociale s’appuie sur l’arrêt Garcia, de 1996 qui stipule que : « les États membres conservent leur compétence pour aménager leurs systèmes de sécurité sociale ».


Mais les « libérés » continuent leur combat ultralibéral en s’appuyant sur l’arrêt Podesta, du 25 mai 2000, donc postérieur à l’arrêt Garcia. En effet dans son délibéré final de 2000, la Cour de Justice de l’Union Européenne donne une définition d’un régime de retraite professionnel de sécurité sociale, par opposition au régime légal, comme étant : « un régime ayant pour objet de fournir aux travailleurs, salariés ou indépendants, groupés dans le cadre d’une entreprise ou d’un groupement d’entreprises, d’une branche économique ou d’un secteur professionnel ou interprofessionnel » Les « libérés » voient dans ce jugement qui pourrait faire jurisprudence, un argument qui étaye le fait que le gouvernement de la France et ses institutions œuvreraient délibérément au non-respect des règles communautaires…


Les conclusions de l’arrêt Podesta ne doivent en aucun cas être sorties du contexte pour contenter une minorité, la Sécurité Sociale estimant que « Toute la difficulté de la matière juridique communautaire tient dans la nécessité de prendre en compte toutes les configurations, pour chacun des pays. On ne peut pas piétiner sur 70 ans de construction du droit de la Sécurité sociale alors que le souci de l’Union européenne tient dans la coordination des législations, leur harmonisation, sans pour autant heurter les compétences des États membres. La compétence de la loi est même incluse dans la Constitution, dans son article 34 »


Cela sous-entend qu’avec une réforme de la Constitution, tout devient possible, c’est ce qu’a fait entendre dernièrement Jean-François Copé, le président de l’UMP, quand il a parlé des statuts et des verrous à faire sauter pour « enfin entrer dans le 3ème millénaire »


Cette démarche, passée sous silence, du collectif « les libérés » est très dangereuse, notamment quand derrière, ces pseudos « libérés » qui se croient enfermés, reçoivent le soutien de Denis Kessler et maintenant de Warren Buffet, le milliardaire étasunien, mais aussi des média bourgeois, qui, vous l’aurez remarqué, passent depuis quelques jours, des reportages sur le coût des retraites… il n’y a pas de fumée sans feu… et quand des « partenaires sociaux » en charge des retraites annoncent qu’ils ont bloqué la revalorisation des pensions complémentaires…un autre signal !


- Alors que dit Denis Kessler le 17 janvier 2014 : « j’attends que le gouvernement n’intervienne pas dans cette négociation pour empêcher ceux qui veulent faire évoluer le régime de le faire »


- Que dit Warren Buffet le 9 mars 2014: « je m’inquiète du risque de déstabilisation de l’économie que représentent les systèmes publics de retraite par répartition »


- Que disent les « partenaires sociaux » le 10 mars 2014 : « Les retraites complémentaires des salariés du secteur privé n’augmenteront pas au 1er avril. Les administrateurs de l’Arrco – représentants du patronat et des syndicats – ont, par 36 voix pour, du Medef, de la CGPME, de la CFTC, de la CFDT, de FO et de la CFE/CGC et 4 contre de la CGT, entériné ce gel lors d’un conseil d’administration »


Et croire que cela ne trotte pas dans les esprits serait une lourde erreur, car aujourd’hui un nombre important de salariés des classes moyennes aisées et petites bourgeoises, souscrivent déjà à des assurances retraites, persuadés que le régime actuel ne parviendra pas à payer leurs futures pensions. Donc il suffit qu’à un moment donné, des millions d’entre eux, comme le collectif « des libérés » disent : « pourquoi devrions-nous cotiser pour une retraite que nous ne sommes pas certains d’obtenir par le système par répartition ? » pour que tout vole en éclat !


Et il en est de même pour les futures générations de salariés à qui déjà, on a fait admettre qu’ils ne pourront jamais prétendre à la retraite étant donné qu’ils commencent à travailler donc à cotiser, que très tard… ils n’ont aucune garantie de toucher un jour la pension pour laquelle ils auront cotisé à la Caisse de Sécurité Sociale et aux caisses paritaires complémentaires.


N’est-ce pas aussi le cas des mutuelles, sur lesquelles les compagnies d’assurance se sont ruées, pour avoir un pied dans la place au moment de l’éclatement quasi programmé de la Sécurité Sociale telle que créée par Ambroize Croizat qui parlait déjà de « conquis à défendre », et le CNR en 1945… une casse programmée par le capital qui ne pourra être contrariée que par la volonté politique des masses populaires et laborieuses dans un nouveau Front Populaire à construire, car nécessaire.


Rappelons une fois de plus un enseignement de Lénine tout à fait de circonstance : « Dans une société fondée sur le pouvoir de l’argent, dans une société où les masses laborieuses végètent dans la misère, tandis que quelques poignées de riches ne savent être que des parasites, il ne peut y avoir de liberté réelle et véritable »


Alors « là où il y a volonté il y a chemin » disait aussi Lénine. Nous devons donc avoir cette volonté optimiste de créer les conditions de création d’un Front Populaire antilibéral, la seule solution actuelle pour contrer les velléités du capital sur notre système de Sécurité Sociale universelle et intergénérationnelle basée sur la solidarité, et dire la vérité car comme disait Gramsci : « la vérité est révolutionnaire » et toujours de rappeler qu’ « une barricade n’a que deux côtés, jamais trois »



  http://joukov.eklablog.com/n-85-des-cahiers-communistes-du-cercle-ouvrier-du-bassin-minier-ouest-a106987122

 

 


 


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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 19:18

http://www.lyoncapitale.fr/var/plain_site/storage/images/media/afp/des-manifestants-contre-l-austerite-devant-le-parlement-portugais-a-lisbonne-le-14-mars-2014/2977633-1-fre-FR/Des-manifestants-contre-l-austerite-devant-le-parlement-portugais-a-Lisbonne-le-14-mars-2014_univers-grande.jpg

Photo AFP , Patricia De Melo Moreira 

 

 

 

Le 14 mars 2014, des milliers de fonctionnaires ont manifesté contre les coupes salariales du gouvernement de centre droit dont ils demandent la démission, dans les rues de Lisbonne au Parlement, à l’appel du Front commun des syndicats de l’administration publique qui revendique 300 000 adhérents.


La coordinatrice du Front commun a déclaré à l’AFP : «Les gens ressentent un grand mécontentement et voici leurs réponse puisqu’ils sont venus manifester par milliers pour lutter et exiger la démission de ce gouvernement, car la situation des travailleurs empire chaque jour." Ils sont confrontés à un chômage important: 15%, de la population active, 35% des 15-24 ans .


En 2014, les nouvelles réductions de salaire des fonctionnaires varient de 2,5 à12% pour les revenus dépassant 675 euros bruts par mois. Et le gouvernement prévoit d’augmenter le taux des cotisation d’assurance-maladie des fonctionnaires de 2,5 à3,5%.


Les fonctionnaires ont également réclamé le retour aux 35 heures hebdomadaires, que le gouvernement a porté à 40 heures pour les aligner sur le secteur privé.


Dans les semaines précédentes, cette politique de rigueur a suscité nombre de manifestations : cheminots, postiers, chauffeurs de bus, forces de l’ordre (15 000 policiers nationaux, gendarmes, gardiens de prisons révoltés par la perte d’une prime de150 euros le 6 mars ).


Ces plans d’austérité sont imposés par la troïka (Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Union européenne) en échange du prêt de 78 milliards d’euros consenti en mai 2011. La troïka a fixé pour le Portugal un objectif de déficit public de 4% du PIB pour 2014.


 

Source: 

 


 

http://ds2.ds.static.rtbf.be/article/image/624x351/1/a/f/41c9affd87450455b8bb22c1defe5d1df67a38de.jpgPhoto AFP , Patricia De Melo Moreira 

 


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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 17:52

http://www.ouest-france.fr/sites/default/files/styles/image-article-detail/public/2013/09/27/il-y-70-ans-naissait-le-conseil-national-de-la-resistance.jpg

 

Il y a 70 ans était signé le programme du Conseil National de la Résistance appelé « Les Jours Heureux ».

 

A la libération la deuxième partie de ce programme fut appliquée et donna naissance au modèle social français. Cette Révolution sociale nous la devons aux hommes courageux, qui au péril de leur vie, dans la période la plus sombre de notre histoire ont combattu l’ignoble et ont rendu possible la formidable utopie des « Jours Heureux ». Cette belle histoire n’a jamais été racontée et il est important de la faire connaitre surtout aux jeunes générations. Le film éponyme de Gilles Perret est un excellent vecteur pédagogique.

 

Pour célébrer le 70° anniversaire l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » animait le débat après la projection à Montauroux le vendredi 14 mars 2014. 

 

Le 15 mars 2014 est donc une date importante et il appartient à chacun de nous de faire un petit effort pour faire revivre ce moment déterminant de notre patrimoine commun. A l’heure où les conquis de la Libération sont un à un remis en cause, il est important d’appliquer les recommandations de feu Stéphane Hessel : « Résister c’est créer, créer c’est Résister ».  


L’objectif des maîtres du monde est parfaitement clair, Denis Kessler l’a parfaitement résumé dans cette déclaration au journal « Challenge » du 4 octobre 2007 en disant : « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance ».


 

Pour le 70° anniversaire de la signature du Programme du Conseil National de la Résistance, notre association propose également trois rendez-vous importants :

 

1.       Le mardi 1° avril 2014 en collaboration avec Sud Solidaire santé une conférence est organisée dans l’amphithéâtre de la Maison des associations de Garibaldi de 18h à 21 h sur le thème de « La marchandisation de la santé ».


2.       En partenariat avec l’association « L’ECLAT » du 4 au 7 avril 2014 l’esprit de Résistance est à l’affiche.  C’est la Résistance et l’action politique de l’après-guerre que nous vous invitons à remémorer au fil d’une programmation de films documentaires qui relaient la parole de résistants qui le sont restés à vie.


3.       Le colloque du samedi 12 avril 2014 au Centre Méditerranéen de Nice en hommage au 70 anniversaire du programme du CNR. Trois conférenciers donneront vie à leur façon à celui-ci, il s’agit de Robert Charvin, de Bernard Conte et de Jacques Cotta. (Voir site du CUM). 

 

A titre individuel il faut impérativement faire vivre ce moment clef de notre histoire Nationale.

 

 

Lucien Pons. Président de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      _____________________________

 

Appel des Résistants aux jeunes générations du 8 mars 2004

 

 

Appel à la commémoration du 60e anniversaire du programme du C.N.R. de 1944

 

Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.

 

Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

 

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

 

Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des ” féodalités économiques ” , droit à la culture et à l’éducation pour tous, presse délivrée de l’argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

 

Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau ” Programme de Résistance ” pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.


Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

 

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection :

” Créer, c’est résister. Résister, c’est créer “.

________________


Appel plateau des Glières 2011  ( 14/15 Mai ) 



http://www.comite-valmy.org/IMG/jpg/manif_Jean_Moulin.jpgManifestation du samedi 6 novembre 2010 à Paris.

 


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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 10:09

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-Images provenant des réseaux sociaux


-Un article de Jean Ortiz


Depuis des mois se prépare dans toute l'Espagne la (les)"Marche(s) de la dignité". En colonnes venues de toutes les latitudes de la Péninsule, le 22 mars, elle, elles, vont "envahir" Madrid. Sur toutes les routes, des marcheurs sont déjà à l'effort depuis des jours, vers la capitale. En ruisseaux humains qui vont devenir des flots, des vagues, à l'approche du 22 mars... Et c'est dur. Cela nécessite du courage, de bons souliers ! et une logistique solidaire lourde. Des milliers d'autres "marcheurs" arriveront à Madrid en bus. Les drapeaux républicains flottent.


Une multitude de chômeurs (six millions en Espagne), de "sans terre" (alors que de grands "cortijos" de 30.000 hectares ou plus monopolisent la terre en Andalousie), de précaires, de victimes des expulsions locatives, comptent camper à Madrid et y rester. Sur leur parcours, ils ont été reçus dans villes et villages, déclinant les revendications dans les rencontres, les assemblées, avec leurs hôtes travailleurs, étudiants, paysans, fonctionnaires...


Il peut y avoir un avant et un après le 22 mars. Plus d'un million de "marcheurs" sont attendus. Au départ, l'idée a été lancée par le Syndicat andalou des travailleurs, de Diego Cañamero, le "Front civique-Nous sommes la majorité" de l'ex secrétaire général du PCE Julio Anguita et les "Campements dignité d'Extrémadure". Le manifeste et les revendications "aglutinantes" ont permis que nationalement les marches soient soutenues par Izquierda Unida, la CGT, la CNT-AIT, de nombreux collectifs de lutte, et localement par une constellation d' "assemblées populaires", une multitude de mouvements sociaux, les "marées" vertes des enseignants, blanches des personnels de la santé, contre les privatisations, rouges des travailleurs licenciés de la multinationale Coca Cola, des comités larges regroupant les différentes colères, le PCE, les "plateformes" contre les dizaines de milliers d'expulsions consécutives à l'explosion de la "bulle spéculative immobilière" (86.000 familles andalouses ont ainsi été expulsées de leurs maisons et appartements par les banques), Attac, les collectifs 15M ou issus du 15 M, la Gauche anticapitaliste, les associations de quartier, de voisins, les organisations citoyennes... Les deux grands syndicats UGT et CCOO se sont jusqu'à présent tenus à l'écart du mouvement, nationalement, mais l'unité syndicale s'est matérialisée au Pays basque, en Galice, à Valencia, à Murcie, en Andalousie... et l'ensemble des syndicats de salariés de ces régions convergent déjà ensemble vers Madrid.


Pour les colonnes de "marcheurs", il s'agit d'engager un bras de fer frontal, dans la durée, avec le gouvernement et les différents pouvoirs qui se sont succédés, "au service du capitalisme et de la Troïka". Cette journée de rébellion démocratique, de "désobéissance", pacifiques, devrait constituer la plus grande levée populaire de l'après franquisme, et pourrait marquer la naissance, selon ses organisateurs, "d'un mouvement nouveau", d'une "unité sociale de toutes les victimes du système" , d'un "15M ouvrier"... "Nous ne voulons que, comme d'habitude, nos actions restent sans lendemain", a déclaré Julio Anguita.


Diego Camanero se félicite de ce qui "enfin bouge", des efforts unitaires pour entraîner "la gauche qui traîne les pieds". Diego, sous la menace d'une peine de prison pour "occupation illégale de terres", nous répond avec passion, comme il galvanise les siens, et tous les autres "qu'il faut gagner".


"Qu'ils s'en aillent ces gouvernements-parasites, ces dirigeants corrompus, qu'ils soient jugés et emprisonnés, tout comme les banquiers sangsues et ripoux" ajoute Diego. "Ils ne nous représentent pas, cette caste d'intouchables. Ils considèrent normal de "robar" (voler). Les Espagnols n'ont pas voté pour cela"(...) "L'économie n' appartient pas à ces prédateurs. La démocratie, lorsque les gens ont faim, n'est qu'un simulacre (...) "Le silence du peuple me fait peur... Il est temps de se réveiller, de se mettre à marcher, de "prendre" les rues, les places... La dignité avant tout; elle est inaliénable. Répandons la dignité (...) Ils peuvent tout nous prendre, mais pas la dignité". Le manifeste de la Marche appelle à construire "le pouvoir du peuple".


Les revendications se veulent fédératrices:


non au paiement de la dette (l'Espagne rembourse quotidiennement 105 millions d'euros au titre de paiement des intérêts de la dette)

non aux "recortes" (amputations) sociaux et publics

un emploi digne et un toit pour tous

un revenu " de base", qui permette de vivre...


Depuis des mois, l'Espagne populaire résiste, manifeste, crie, souffre... Si les milliers de petits ruisseaux commencent enfin à converger et à s'unir, un avenir nouveau peut poindre le 22 mars.


Jean Ortiz

 

___________________________________________________________________________________

 

La carte pour donner une idée de la longueur des marches sur le chemin de Madrid.


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Marcheurs 

Cataluña,Alcañiz,Nafarroa , Aragón etc...   ¡ Viva la lucha  la clase obrera!  /    Catalogne, Alcaniz, Aragon , Navarre etc.... Vive la lutte de la classe ouvrière!

 

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 09:13

PAR OLIVIER PETITJEAN 14 MARS 2014

 

 

http://images.eldiario.es/economia/trabajadores-Airbus-Foto-OLMO-CALVO_EDIIMA20140221_0358_13.jpgSix des huit travailleurs d'Airbus . Photo: ELM CALVO

 

Huit ans et deux mois de prison, et plusieurs milliers d’euros d’amende. C’est la peine requise aujourd’hui par le ministère public de Madrid contre huit syndicalistes espagnols d’Airbus. Leur faute ? Avoir participé à la grève générale du 29 septembre 2010, destinée à protester contre les mesures d’austérité mises en place par le gouvernement espagnol. Comme dans d’autres endroits en Espagne, la manifestation et les piquets de grève organisés devant l’usine d’Airbus de Getafe, dans la banlieue de Madrid, avaient dégénéré en affrontements avec la police [1]. Trois ans et demi plus tard, huit des manifestants – comme par hasard tous des employés d’Airbus ayant occupé des responsabilités syndicales dans l’usine – se trouvent accusés d’« attentat contre l’autorité », de « blessures » et d’« attentat contre la liberté des travailleurs ».


Les syndicats espagnols récusent les accusations portées contre les « huit d’Airbus ». Ils dénoncent une tentative de répression « sans précédent depuis la dictature franquiste », qui illustre la « régression » que connaît actuellement l’Espagne sous le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy [2]. Certains se souviennent qu’il y a quarante ans, sous Franco, deux ouvriers d’Airbus à Séville avaient été condamnés à des peines de prison ferme pour des faits similaires. « Il est un peu contradictoire de revivre cette situation en période de démocratie », souligne le secrétaire général de la Fédération de l’Industrie CCOO-Andalousie, Enrique Jimenez [3].


Les inculpés ont reçu le soutien de centaines d’associations, mouvements sociaux et partis politiques, ainsi que de la Confédération européenne des syndicats (CES) et de la confédération syndicale internationale de l’industrie IndustriALL. « Cette peine d’emprisonnement manifestement excessive que réclame le ministère public est totalement démesurée par rapport aux frais reprochés et fait craindre la menace d’une criminalisation du droit de grève en Espagne »déclare le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina. L’entreprise européenne (dont l’État espagnol détient environ 4%) se refuse de son côté à tout commentaire.


Une journée de grève est organisée ce vendredi 14 mars dans les usines d’Airbus en Espagne. Des manifestations de soutien sont également prévues dans tout le pays.


Olivier Petitjean, Observatoire des multinationales

Notes

[1Voir les vidéos mises en ligne par El Diario, qui revient sur les différentes versions des événements.

[2Lire ici et ici (en espagnol).

[3Source.

 

http://www.cercledesvolontaires.fr/wp-content/uploads/2013/10/bastamag-600.jpg

 

 

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 22:22

Par Pierre Martini 13 mars 2014

 

http://www.regards.fr/local/cache-vignettes/L460xH265/pacte-medef-ab97e.jpg 

 

Superbe exercice d’ennoyage de poissons, le "relevé de conclusions" des organisations patronales lance le Pacte de responsabilité sur la base... d’une totale absence d’engagements sur les contreparties. Avec l’accord d’une partie des syndicats.

 

Les 28 février et 5 mars se sont déroulées les réunions paritaires relatives au Pacte de responsabilité, supposées discuter des fameuses contreparties à ce pacte… Il en est ressorti un "relevé de conclusions" produit par le Medef, la CGPME et l’UPA qui, aussi abscons soit-il, dit au moins une chose : de contreparties patronales – de celles que François Hollande voulait « claires, précises, mesurables, vérifiables » – dans son allocation de janvier, il n’y aura pas.

Le Medef joue à "Ni oui, ni non, ni contreparties"

Généreux en généralités (« attractivité du territoire », « modèle de croissance équilibré », « développement durable »), en leitmotivs bien connus (13 occurrences de la « compétitivité »en une demi-douzaine de pages) et en litotes (« dialogue social rénové facteur de modernisation économique et sociale , bel hommage à la complicité de certains syndicats »), le texte patronal joue à "Ni oui, ni non, ni contreparties", le terme étant soigneusement évité.


Qu’il s’agisse d’embauches en général, d’emploi des jeunes ou des seniors, de formation, toute éventualité d’engagement est méticuleusement délayée dans un verbiage opaque excluant tout objectif chiffré, et renvoyant à chaque branche la discussion :« les parties signataires demandent aux branches professionnelles d’ouvrir des discussions en vue d’aboutir à un relevé de conclusions signé, ou des négociations en vue d’aboutir à un accord, précisant des objectifs quantitatifs et qualitatifs en termes d’emploi ». À se demander ce que l’Observatoire des contreparties initialement annoncé par le président de la République pourrait bien observer. On comprend cependant que le dialogue social n’est qu’un des "éléments de méthode", et que le suivi des 30 à 35 milliards d’allègement de cotisations et d’impôts prévus ne renvoie qu’à de vagues "bilans d’étape" et autres "discussions".

Crédit illimité

Le propos ne devient explicite que pour insister sur le conditionnement de ces engagements, aussi évanescents soient-ils, à la confirmation des cadeaux fiscaux – en termes médéfiques, si « la cohérence de la trajectoire de baisse des prélèvements » est confirmée. Les rédacteurs du texte ont dû peiner à étouffer leurs rires. En parlant de « pacte gagnant-gagnant », comprenez qu’ils entendent bien être doublement gagnants : l’État va leur accorder un crédit qu’ils n’auront pas à rembourser.


Le patronat poursuit ses propres objectifs, qu’il ne craint d’ailleurs pas de dévoiler : le maintien du crédit d’impôt compétitivité-emploi (CICE), une refonte à son avantage du financement de la protection sociale, la « modernisation du dialogue social » en vue d’une « simplification du fonctionnement des instances représentatives du personnel »(un choc de simplification qui risque d’être plus tangible que celui du gouvernement) ou encore « une nouvelle étape dans l’amélioration du marché du travail » (traduction : le rétrécissement du Code du travail). Dans une analyse de texte mi-amusée, mi-furibonde, Gérard Filoche détaille ce qu’il faut en redouter.

 

Cela n’a pas empêché la CFTE, la CFE-CGC et la CFTC d’accepter la signature d’un accord sur la base de ce relevé de conclusions, l’assentiment de la CFDT étant annoncé comme imminent lui aussi. Le gouvernement réfléchit maintenant à la répartition des baisses de prélèvements entre les bas et les hauts salaires, non sans faire les gros yeux face à la tentation de laisser les allégements alimenter les dividendes (qui ponctionnent une part record des bénéfices). Pierre Gattaz le rassure dans Le Figaro :« La motivation du Medef, c’est avant tout la croissance et l’emploi. Les dividendes ne viendront qu’après. » Faute de contreparties, il faut le croire sur parole.

 


Source:

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Recette du Medef par Bésot 

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 22:03

Chroniques de l’hôpital de la Mère Quantile 

12 mars 2014

 

Un lundi matin hivernal pluvieux devant un centre hospitalier régional universitaire de taille moyenne, quelque part en France.


Réunis devant le bâtiment administratif de leur CHU, des infirmières, des aide-soignantes, des praticiens hospitaliers et des personnels non soignants protestent. Ils protestent contre des conditions de travail jugées dégradées auxquelles viennent s’ajouter de nouvelles modalités de restructurations des services : non renouvellement des départs à la retraite, changement d’horaires, perte de RTT, lits supprimés…

 

Rien de neuf dans le paysage et pourtant les personnels mobilisés CHU sont d’entrée de jeu désabusés par deux étranges « coïncidences ». Alors que débute le mouvement de grève le grand journal local publie un article affirmant que les effectifs soignants du CHU sont suffisants. Parallèlement, l’établissement communique en interne sur le bonheur du travail soignant en CHU. Contre la baisse des effectifs hospitaliers, pour mieux soigner, les soignants en appellent au problème crucial des heures supplémentaires. Mais la direction leur explique qu’ils sont les artisans de leur propre malheur car « inadaptés et désorganisés ».


Il était une fois l’hôpital-entreprise…


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L’hôpital-entreprise de l’Etat-entrepreneur

Les récentes réformes hospitalières s’inscrivent dans le cadre des réformes des services publics et de l’État instaurant des normes organisationnelles autour de la notion de rationalisation et remettant en cause la notion de service public. Le volet hospitalier de ces réformes du système de santé conduit à une reconfiguration du service public hospitalier enremplaçant l’idée que ‘la santé n’a pas de prix’ par celle qu’elle a un coût, qu’il s’agit de minimiser. C’est l’avènement d’un hôpital-entreprise.


La gestion interne de cet hôpital de Mère Quantile se caractérise par une rationalisation industrielle encadrée par le Nouveau Management Public. La Révision Générale des Politiques Publiques (devenue Modernisation de l’Action Publique depuis 2012 sous le gouvernement Hollande) officiellement lancée courant 2007, consiste en une série de réformes visant à réduire les dépenses publiques tout en améliorant, théoriquement, l’offre administrative aux usagers par la remise en question de la gestion publique traditionnelle.


Ce nouveau management public promeut deux axes d’action. Le premier est celui d’une simplification des « lourdeurs bureaucratiques » par la décentralisation, l’autonomisation financière des structures et la soi-disant « responsabilisation des acteurs » orientés vers une « culture du résultat ». Le second est celui du contrôle de la qualité, de la performance et de l’efficience des soins, par la mise en place d’une batterie d’indicateurs, d’objectifs à atteindre et par l’évaluation des pratiques professionnelles.


Pour analyser cela, il faut peut-être aller contre certains automatismes de la critique du libéralisme. Il ne s’agit en aucun cas d’un désengagement de l’État mais bien au contraire de son renforcement. Cette nouvelle logique organisationnelle suppose un renforcement du contrôle bureaucratique. Ce nouveau management public renonce au concept de différence de nature entre secteur public et secteur privé, véritable déconstruction du service public hospitalier au principe de l’avènement de l’hôpital-entreprise.

La remise en cause de la notion de service public hospitalier

La transformation effective du volet hospitalier du système de santé est passée par la loi Hôpital Patients Santé et Territoires de juillet 2009. Concrètement les notions d’hôpital et de service public hospitalier reposant sur l’idée de combattre les inégalités qui séparent les groupes sociaux devant la maladie et la mort, y sont supprimées. Le service public est désormais découpé en 14 missions-contrats mises aux enchères par les Agences Régionales de Santé au public comme au privé et instaurant une nouvelle logique de contractualisation de l’activité de soin.


L’importation de savoirs issus du secteur privé amène les pouvoirs publics à considérer l’hôpital comme une simple entité économique. Cette thématique de l’hôpital-entreprise repose sur la domination écrasante (mais pas incontestée) de la vision gestionnaire d’un Etat managérialisé entretenant des relations d’affinité avec des acteurs privés partageant le projet de rationaliser sur le mode industriel.


Au niveau national, une bureaucratie renforcée et équipée en nouveaux instruments d’action publique reprend le contrôle d’hôpitaux qui ne dépendent plus des communes mais de l’Etat, tandis qu’au niveau local une nouvelle hiérarchie de cadres-managers accompagne le changement. La conduite de ce changement passe pour eux par une production dediagnostics sur les dysfonctionnements de la structure hospitalière. L’hôpital ne relèverait pas uniquement de moyens financiers. Les réformes seraient « de pure gestion » destinées à réduire les gaspillages et à maximiser les résultats.


« La T2A » : l’introduction d’une logique de résultats au nom de la gestion interne des ressources


La Tarification à l’Activité est depuis 2005 l’un des principaux outils à l’introduction de cet état d’esprit gestionnaire à l’hôpital. Quand les hôpitaux recevaient un financement global annuel, ils doivent désormais prouver que leurs activités de soins sont rentables pour se voir attribuer des fonds. Une véritable boîte de Pandore car il s’agit désormais de réduire les coûts à tout prix et si on peut difficilement faire des économies sur l’acte médical, on peut en faire sur le temps et sur l’humain. Durées d’hospitalisation raccourcies, réduction des effectifs, sélection des patients et surtout augmentation de la charge de travail des soignants : derrière le paravent de la lutte contre les gaspillages se déroule à l’hôpital de Mère Quantile comme dans toute la fonction publique la grande bataille du temps de travail. Comment pour ces managers transformer le rapport des soignants à leur travail pour capter plus de sur-travail, produire plus d’Equivalent Temps Plein sans embaucher pour, ‘nécessité’ faisant loi, être plus rentable ?


La concurrence entre les secteurs public et privé d’hospitalisation est attisée par la mise en place de cet outil d’aide à la répartition des enveloppes budgétaires entre hôpitaux. Mais les premiers restent confrontés aux valeurs du service public, prise en charge de tous, continuité des soins ou prise en charge de la précarité. Leurs budgets plongent dans le rouge et ces déficits justifient pour les gestionnaires la focalisation sur le traitement de pathologies (ou le passage de certains examens) dits « rentables » suivant la logique T2A, la mise en avant de la flexibilité et la mutualisation des ressources entre services voire entre établissements.


La T2A n’est qu’un outil parmi d’autres (le plus connu) de mise en concurrences des hôpitaux et de contrôle des pratiques soignantes. Certifications, normes qualités, guides de bonnes pratiques, indicateurs de performance déclinés à l’échelle individuelle, par pôle, service ou hôpital, participent à entretenir un climat de travail sous pression.


L’hôpital de Mère Quantile intègre de nouvelles logiques issues du monde économico-industriel et portées par les notions d’efficience et de réformisme face à un monde ancien, « archaïque », décrit comme corporatiste. On doit craindre les effets d’une logique de performance entrepreneuriale dans un univers qui ne peut être conçu sur celle-ci du simple fait de la durée incompressible et singulière de la pathologie, effets que nous explorerons tout au long de cette chronique et à chaque niveau de l’hôpital.

Des luttes passées et actuelles pour la définition idéologique de l’hôpital


Dans ce contexte, le travail soignant fait l’objet d’une bureaucratisation croissante. Il est décomposé, énuméré, standardisé, « modélisé » à l’instar de toutes les autres activités administratives ou comptables des établissements hospitaliers. Cette forme de mise en gestion de la médecine clinique n’est néanmoins possible qu’au prix de l’évolution de l’esprit clinique : les soignants doivent considérer le produit « soin » comme un bien consommable, économiquement rentable, standardisable et devant être normalisé, une sorte de « one best way » de l’activité soignante. Le langage et les outils gestionnaires font « des soins » un ensemble de prestations dont la gestion (diffusion, contrôle des usages et évaluation) doit permettre d’assurer et de préserver leur accès à tous.


Dans les faits, il s’agit de déposséder la profession médicale de sa légitimité à contrôler les usages qui sont faits de la médecine, en prônant la nécessaire régulation de l’offre de soins et du contrôle de l’efficience des hôpitaux.

Une institution hospitalière mise en crise pour la réformer

 

Cette mise en crise de la profession médicale est bien une condition de la réforme et non un (mauvais) résultat. L’hôpital doit être réformé. En guise de justification, les réformateurs commandent auprès « d’experts des organisations » des données sur le fonctionnement hospitalier, les problèmes économiques mais aussi moraux qu’il soulève : par exemple, la désaffection des soignants pour le travail en milieu hospitalier, la dissémination de la culture médicale, la féminisation de la profession médicale, la dénonciation du corporatisme médical, la redéfinition des tâches entre les personnels soignants, les arrêts de travail, l’absentéisme…


Au fil des rapports, ces éléments participent à produire l’image de professionnels soignants « désengagés » bien qu’autrefois garants des valeurs propres au service public. Au nom des agents en souffrance dans les hôpitaux autant qu’au nom des patients, il faudrait « réinventer » l’hôpital, « restructurer ses instances décisionnelles », redéfinir les hiérarchies et les autorités à l’hôpital, les interactions entre les agents, responsabiliser les soignants pour améliorer les conditions d’accueil des patients. Ce discours performatif a pour enjeu la capacité d’action des gestionnaires à l’hôpital par l’euphémisation grandissante du discours économique au profit d’un discours sur les valeurs, le service, la dévotion des politiques envers les populations.


Face aux impératifs de qualité des soins, qui oserait aujourd’hui remettre en cause les bien-fondés d’une politique qui sous couvert du service public organise la privatisation du système de santé ?


A suivre

 

Willsdorf et V. Léon

 

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