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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 22:28

WEBDOC | S'immoler : un geste ultime, effroyable, plus fréquent qu'on ne le croit. “Le Grand Incendie”, webdocumentaire de Samuel Bollendorff et Olivia Colo sort ces drames du déni.

 

Le 16/12/2013 à 12h12 
Sophie Bourdais

 

http://images.telerama.fr/medias/2013/12/media_106270/le-grand-incendie-immolations-en-france-pourquoi-tant-de-silence,M135573.jpg

 

 

 

 

Le Grand Incendie (capture d'écran). DR

 

 

 

 

 

Une immolation tous les quinze jours. En France. Sur des lieux publics. Depuis 2011. Sans que cela déclenche ne serait-ce qu'un début de prise de conscience, et encore moins une révolution. Il y a tout juste trois ans, la mort violente du Tunisien Mohammed Bouazizi soulevait les foules et débouchait sur la chute de Ben Ali. En France, c'est comme si chaque décès par immolation s'enrobait immédiatemment, une fois passé le premier émoi médiatique, d'un silence pesant, d'un déni assourdissant. Que les webdocumentaristes Samuel Bollendorff (à l'image) et Olivia Colo (au son) ont voulu conjurer en donnant la part belle aux paroles des témoins, proches et rescapés. Coproduit par le département des nouvelles écritures de France Télévisions et Honkytonk films, il est en ligne ce mardi 17 décembre.

Le sujet

Samuel Bollendorff et Olivia Colo ne sont pas tombés tout de suite sur la sinistre statistique qui ouvre Le Grand Incendie. Ils avaient lu un livre du chirurgien Maurice Mimoun, et pensaient écrire un documentaire sur un service de grands brûlés. «Maurice Mimoun avait écrit : “ne se brûle pas n'importe qui”, ça nous avait déjà pas mal intéressés », note Olivia Colo. « Et puis nous sommes tombés sur un cas d'immolation. Puis un deuxième. Puis un troisième. On s'est mis à les recenser par un système d'alertes, en cherchant tout ce qui était passé par les médias. Il pouvait s'agir d'une ligne sur un site de presse locale, ou d'une minute au 20 heures. On a voulu sortir du fait divers, et s'interroger sur ce message adressé au collectif que le collectif refuse d'entendre », dit Samuel Bollendorff. Parce qu'il était impossible de traiter tous ces drames dans leur intégralité, ils sont partis des lieux où ils s'étaient déroulés : le parking de France Télécom-Orange pour Rémy Louvradoux, qui y était chargé, dans son agence, de la prévention des suicides, la cour du lycée Jean-Moulin à Béziers pour Lise Bonnafous, professeur de mathématiques, devant la Caisse d'allocations familiales de Mantes-la-Jolie pour Jean-Louis Cuscusa, devant une agence Pôle Emploi de Nantes pour Djamal Schaar... « Dans la majorité des cas, on voyait se dégager le choix de lieux incarnant le bien commun, le modèle social français hérité de l'après-guerre, le service public ou bien des entreprises privatisées qui en faisaient autrefois partie... on s'est concentré sur ces cas-là, sur la portée symbolique et sacrificielle de leur geste ». Et gardé, en fin de compte, ceux où une parole pouvait se libérer, celle des proches, des collègues ou des survivants.

Les témoins

« Ce documentaire, c'est aussi une histoire de rencontres », dit Olivia Colo. « Il a fallu établir la confiance. Les personnes qui interviennent dans ce documentaire ont, au final, travaillé avec nous. On les a toutes vues plusieurs fois, et à différentes étapes. On ne voulait pas voler quoi que ce soit. Les collègues de Rémy Louvradoux ne pouvaient pas parler tout de suite. Pour son manager, Véronique Etienne, il a fallu encore plus de temps. » Tous ont visionné le résultat, et l'ont validé, sans demander de correction. Et s'il apparaît au final un net déséquilibre entre certaines histoires très documentées, comme celle de Rémy Louvradoux, et d'autres plus lapidaires, comme celle de Manuel Gongora, agent de propreté du Grand Lyon (qui a survécu à ses graves blessures), ou celle de Lise Bonnafous, morte dans la cour de son lycée, c'est bien du fait de la chape de plomb qui tombe presque toujours sur ces actes radicaux. « Il est possible que la médiatisation autour de la vague de suicides à France Télécom ait permis à cette parole d'exister, alors que du côté de Pôle Emploi, du Grand Lyon, de la CAF, de l'Education nationale, et même des syndicats enseignants et des collègues de Lise Bonnafous, tous ont refusé de parler », observe Samuel Bollendorff. « Ce qui nous a frappé, dans ces histoires, c'est justement l'étouffement, le déni, le silence qui les entoure. Les proches des victimes se sont retrouvés dans un isolement comparable à celui des personnes immolées. C'est la récurrence de cet isolement qui nous a conduit à mélanger toutes ces histoires dans le fil narratif du documentaire, plutôt que de les cataloguer. Ce qui s'est passé à France Télécom peut éclairer d'autres cas qui se sont produits à la CAF ou à Pôle Emploi. »


L'interface

Elle est, au premier abord, d'une sobriété déroutante. Des photographies et des plans fixes vidéo de lieux urbains désertés encadrent et rythment le parcours de deux sinusoïdes irrégulières, dont la logique est celle d'un récit linéaire. Chaque sinusoïde correspond à une voix : en bas celle des témoins, proches et collègues des personnes immolées, en haut celle du discours officiel, celui des patrons et des politiques, tel qu'il fut relayé par les médias. On peut choisir d'écouter l'une ou l'autre voix, jamais les deux en même temps, avec ou sans les images qui les accompagnent (entretiens filmés face caméra ou archives audiovisuelles).

 

http://images.telerama.fr/medias/2013/12/media_106270/le-grand-incendie-immolations-en-france-pourquoi-tant-de-silence,M135554.jpg

Le Grand Incendie (capture d'écran). DR

 

 

Samuel Bollendorff et Olivia Colo, qui travaillent ensemble depuis treize ans (on doit notamment à leur tandem les webdocumentaires Rapporteur de crise etL'Obésité est-elle une fatalité ?), disent avoir tenté pas mal de choses avant de trouver la « juste formule » pour Le Grand Incendie : une interface à double voix toute simple, pour se concentrer sur les histoires et favoriser l'écoute. « Justement parce que le sujet était difficile, on ne pouvait pas mettre l'internaute en difficulté dans sa navigation », dit Olivia Colo. « Il a donc juste le choix des voix. Il ne fallait surtout pas donner l'impression de quelque chose de ludique ». A ses yeux, les sinusoïdes figurent les enregistrements d'un sismographe. Pour Samuel Bollendorff, il s'agit d'une courbe « qui réagit exactement à la voix, et qui la modélise. La voix est importante, parce que nous parlons de gens qui ne sont pas entendus. Ils ont laissé des messages, des cris silencieux. L'enjeu de cette interface, c'est de mettre le spectateur dans une position d'écoute. C'est aussi pour cela que le seul objet de création, en termes d'images, ce sont les lieux des immolations, vides, désaffectés, sans traces, et qu'il fallait donner à voir, justement parce qu'ils ne laissaient pas de traces dans la mémoire collective, et que nous voulions consigner quelque chose » Aucune image choquante, violente, dans Le Grand Incendie, et surtout rien sur les immolations proprement dites. Pas de portraits, non plus, des personnes immolées. Seul le dernier témoin, Eric C., un survivant, apparaît à la toute fin du documentaire, dans une photographie en contre-jour qui s'efface peu à peu. La violence, terrassante, est dans les paroles. Notamment dans celles d'Eric C., cadre chez GDF Suez, qui explique son geste par sa volonté d'alerter son entreprise, privatisée, sur la dégradation des conditions de travail, et qui dit, écoeuré : « Ils n’ont rien compris à mon geste, ils m’ont dit que j’avais pris une année sabbatique. Rien n’a changé, c’est même pire. C’est du gâchis. »

La dimension politique

Mises en regard des histoires personnelles, les archives audiovisuelles apportent un contrepoint fort utile (et assez glaçant) sur les prises de décision politiques qui, disent les auteurs, « ont contribué au délitement du modèle social français », et sur le « non lieu politique et collectif » qui a suivi les immolations les plus médiatisées, qu'il s'agisse d'un refus d'interpréter le geste commis ou de sa traduction immédiate et bien commode en difficultés personnelles et psychiques (« il était instable », « elle était fragile », etc). Impossible de ne pas relever que ces archives rapportent essentiellement des paroles émanant de politiques de droite.« Nous ne sommes pas particulièrement partisans », répond à cela Samuel Bollendorff. « Mais les histoires dont nous parlons se sont déroulées entre 2011 et tout début 2013, et elles correspondent à une exploitation d'images d'archives qui mettent en avant plus de dix ans de gouvernement de droite. Si on avait continué notre travail plus longtemps, on aurait forcément entendu plus d'hommes politiques de gauche. Pour l'histoire de Djamal Schaar, on a hésité à utiliser une archive de Michel Sapin qui disait que Pôle Emploi n'était pas responsable. On ne l'a pas fait parce qu'on n'a pas réussi à l'intégrer au montage ». Les auteurs comptent sur les journalistes pour prendre le relais : « Notre travail est à disposition pour que d'autres s'en emparent. L'histoire n'est pas finie. Aujourd'hui, le privé est touché aussi. Il faut écouter ce que dit Raphaël Louvradoux, à la fin, sur la façon dont tout le monde se concentre sur l'emploi aux dépens des conditions du travail. Beaucoup de gens sont tétanisés, pas bien dans leur boulot, coincés...» 

A suivre ?

Prévue pour la fin 2014, une exposition photographique doit prolonger Le Grand Incendie. Des photographies de lieux vides, là encore, accompagnées de citations des personnes immolées. Avec un horizon plus large que celui du webdocumentaire, car, insiste Samuel Bollendorff, « quand ça se passe à l'étranger, on loue l'acte révolutionnaire ; quand ça se passe en France, on parle de fragilité psychique ». Il ira donc aussi en Tunisie, au Tibet, en Bulgarie et ailleurs, « pour que les cas français soient pris dans la même image de contestation ».

 


 

 

        Regardez le webdocumentaire Le Grand Incendie, sur Télérama.fr

 

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 22:22

http://idata.over-blog.com/3/06/23/69/logo-FSC.jpg

 

Déclaration du Front Syndical de Classe

 

Syndicalisme rassemblé = syndicalisme jaune ! 

 

L'alliance privilégiée avec la CFDT est au cœur de cette orientation. On ne peut plus nier cette évidence ! 

 

Or, les principaux faits sont là :

 

o    déjà en 1995 Nicole Notat (depuis confortablement reclassée, comme Chérèque et bien d'autres) soutenait la réforme Juppé des retraites


o    la CFDT procède à un retournement de veste en rase campagne au moment de la bataille des retraites en 2003,


o    en 2010 elle freine le mouvement des quatre fers,


o    elle approuve en 2012 les moyens donnés au patronat de flexibiliser davantage les travailleurs et de les priver de moyens de défense face aux restructurations, aux délocalisations et aux licenciements (signature de l'ANI),


o    récemment chez STX à Saint Nazaire elle cède au chantage patronal d'allonger le temps de travail sans aucune compensation


o    elle est de fait le syndicat sur lequel le pouvoir socialiste s'appuie pour faire passer ses contre-réformes et faire approuver la sacro-sainte «  construction européenne  »,


o    les médias aux ordres lui réservent une place privilégiée, à l’exemple d’E.Martin d’Arcelor Mittal Florange.

 

C'est donc dire que ces choix viennent de loin et perdurent !


Or, la direction confédérale et Thierry Lepaon courent après les dirigeants de la CFDT, à la recherche d'une unité de sommet alignée sur ces renoncements et ces trahisons !


C'est en référence à ce  "syndicalisme rassemblé", signataire de tous les renoncements, porté sur les fonts baptismaux par la Confédération Européenne des Syndicats, que le pouvoir socialiste peut se prévaloir du "dialogue entre partenaires sociaux"[1].


Sous-entendu, les organisations syndicales consentent aux contre-réformes et aux reculs sociaux.

 

Dernier exemple : la direction confédérale s'apprêtait bel et bien à signer avec la CFDT et le MEDEF l'accord sur la formation professionnelle et ce n'est que sous la pression et de la délégation des négociateurs et de fédérations comme la FILPAC, qui s'étaient publiquement prononcé contre, qu'elle a dû opérer un véritable retournement que par ailleurs elle tente de masquer.

 

Poursuivre dans cette voie, c'est désespérer les travailleurs et conforter le sentiment qu'on ne peut rien faire contre ces véritables agressions sociales.

Les luttes nécessaires pour se défendre et conquérir de nouveaux droits ne passeront pas par une alliance avec ceux qui n'ont cessé de trahir les intérêts des travailleurs.

 

L'unité se forgera comme toujours dans la lutte, en bas, sur les revendications qui rassemblent les salariés, les retraités, les sans-emploi … dans les entreprises, les établissements et dans les régions.

 

Il est plus que temps pour les militants de la CGT qui l'ont clairement exprimé au cours du dernier congrès, et qui sont restés fidèles au principe de la lutte des classes de dire clairement, publiquement et fortement que les actuels dirigeants confédéraux conduisent l'organisation dans une impasse. (La situation est identique à la FSU où les directions des syndicats nationaux protègent le gouvernement et refusent malgré les injonctions de leurs bases d’organiser la riposte face aux graves dangers qui pèsent sur l’Education nationale et les statuts des personnels.)

 

Déjà en 2005, pour donner un gage à la CES et à l'Union européenne, des dirigeants prétendaient empêcher la CGT de mener campagne pour le NON au Traité constitutionnel européen. A l'époque ils avaient été battus.

 

Que monte de toutes les bases CGT l'exigence d'une réorientation majeure des directions nationales et que par exemple la confédération s'engage enfin à coordonner les luttes des entreprises les plus combatives et en même temps les plus exposées au démantèlement, à la casse, à la répression et à la vindicte patronale comme on le voit pour les Goodyear d'Amiens par exemple.

 

Le Front Syndical de Classe, 21 décembre 2013

 



[1] Les négociations au sommet sous le contrôle de Sapin se déroulent selon un schéma déjà mis au point par Sarkozy, selon la même procédure : un calendrier serré, des conciliabules à part et cerise sur le gâteau un chantage final "Si vous ne vous mettez pas d'accord on procédera de toute façon par la loi ". En dehors même du contenu des négociations, des conditions donc inadmissibles pour tout syndicaliste digne de ce nom !

 


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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 21:14

http://img.over-blog.com/300x225/3/06/23/69/photo-1/ANNIE.JPG

 

"Les salaires, le syndicalisme"


Une conférence d'Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d'Histoire Contemporaine à l'Université Paris 7.

 

Conférence donnée sur invitation de syndicat CGT de l’Hôpital Cochin, avec le soutien du Front Syndical de Classe.

 

 

 
"Les salaires, le syndicalisme" par Annie Lacroix-Riz

 

http://vimeo.com/82231342

 

 


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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 18:48

http://www.lepartidegauche.fr/system/images/inline/Grand-Marche-Transatlantique_Page_01.jpg

 

19 decembre 2013 

 

http://3.bp.blogspot.com/-w4Ql_jtGxVc/UqTUq_2N3zI/AAAAAAAAAI0/MH_vW2V2kqw/s1600/jennar.JPGHier soir, à Narbonne, près de 120 personnes pour la dernière conférence sur le grand marché transatlantique de cette première vague de ma campagne. Depuis la première, à Forcalquier, il y a deux mois, je me serai exprimé 19 fois devant, au total, environ 1450 personnes.

 

La deuxième vague de conférences aura lieu du 18 janvier (à Castelnaudary, c’est maintenant confirmé) au 14 février. Et je n’ai plus aucune disponibilité pendant cette période. Le calendrier sera présenté début janvier (ah ces salles que des municipalités rechignent à mettre à disposition ! Il en est même qui font payer – parfois 250 euros – ces locaux pourtant construits avec l’argent de tous).

 

La troisième vague commencera le 10 mars et se poursuivra jusqu’au 23 mai. Comme il y aura alors beaucoup d’autres intervenants, afin d’éviter de longs déplacements (il m’a fallu une journée pour rentrer chez moi depuis Thonon-les-Bains), j’aimerais réserver mes interventions aux trois régions suivantes : Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Aquitaine, faciles d’accès pour moi puisque j’habite dans le sud-ouest.

 

Deux nouvelles pour la diffusion de l’information : je viens de terminer la rédaction d’une brochure que je soumets maintenant à divers éditeurs et j’ai établi le contact nécessaire pour la réalisation d’un DVD.

 

Bonnes fêtes de fin d’année à toutes et à tous. Et que 2014 soit l’année où la résistance des peuples aura fait reculer le néo-libéralisme et toutes les formes de rejet de l’autre! 

 

http://www.jennar.fr/?p=3248

 


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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 13:43

Sur Commun Commune

 

http://img.over-blog.com/200x197/0/32/46/53/Personnalites2/frederic-Lordon1.jpg

 

Dans une récente interview donnée à France Culture, Frédéric Lordon développe une analyse faisant écho rejoignant celle formulée déjà à mainte reprises par Georges Gastaud philosophe, secrétaire nationale du PRCF, auteur notamment de "Mondialisation Capitaliste et projet communiste" en 1997 puis "Patriotisme et Internationalisme" .


Cette analyse doit être méditée par l'ensemble des forces progressistes et notamment par nos camarades du Front de Gauche.

Frédéric Lordon : "On peut envisager de changer l'europe, de faire un autre euro, un euro qui soit plus social et progressiste à la place de l'euro austéritaire. Mais j'ajoute aussitôt cette transformation là est un rêve de singe".

 

 

Frédéric Lordon :La transformation de l'UE est impossible pour un certains nombre de raisons très très profondes. C'est à dire passer d'une europe néo libérale et austéritaire présente à une europe qui serait sociale et progressiste, sans transition. C'est pourquoi je pense que le retour aux monnaies nationales se fera du seul fait qu'émergerait même un projet de transformation de l'Euro. C'est que l'euro actuel est un outil qui a été conçu pour donner toute satisfaction aux marchés financier. Je pourrais vous reprendre le détail des règles de politiques économiques et des agencements institutionnels un par un.
Tout projet de transformation significatif de l'euro ne pourrait avoir pour objet que de soustraire la monnaie européenne à l'empire de la finance et des marchés de capitaux. Ce que voyant l'empire des marchés de capitaux déchainerait immédiatement une spéculation d'où résulterait l'éclatement de la zone euro et le retour forcé aux monnaies nationales.Je dis que ce retour aux monnaies nationales n'est pas normativement parlant une catastrophe, qui permettrait de recouvrer de nombreux degrés de liberté économique et politique.

Laure Adler :Vous êtes pour le retour à la souveraineté nationale.

Oui absolument, le retour à la souveraineté nationale car je ne vois pas comment on peut contester, plus exactement le retour à la souveraineté populaire, car je ne vois pas comment on peut contester l'idée de souveraineté populaire d'un point de vue de gauche.

 

Et c'est pas parce que le FN ou les mouvements de droite à la droite de l'UMP ont essayé de capter - et réussi à capter semble t-il ce thème - qu'il faut se laisser faire pour autant. Car de dépossessions en dépossessions, nous finirons à poil. Qu'est ce que c'est que la souveraineté populaire?

 

La souveraineté populaire c'est la capacité d'une communauté politique à décider collectivement de son propre destin. C'est une idée qui nous a été léguée par les Lumières, par la Révolution Française, et je refuse le stigmate du FN et que l'on nous vole cette idée. La souveraineté populaire d'ailleurs, c'est un petit peu plus que la souveraineté nationale et ce serait cela la différence qu'il faudrait marquer entre les deux.

 

Et de même, pour l'idée de Nation. Si j'avais su que je serai venu parler de ce thème, je serais venu avec quelques munitions. Et en particulier avec une définition de la nationalité qui avait été donnée dans l'article 4 de la constitution de 1793, la constitution de Robespierre. C'est une définition de la Nation par la citoyenneté et c'est une définition de la Nation qui est absolument admirable.

 

Car la Nation, si elle est une communauté finie - la souveraineté populaire ne peut s'exercer que dans le périmètre d'un territoire finie, n'en déplaisent au cosmopolitisme car on n'a pas vu encore l'ombre d'une communauté politique mondiale qui n’existe qu'en fantasme - donc si la Nation lieu d'exercice de la souveraineté populaire est une communauté finie, elle n'est pas pour autant une communauté close. Et rien n'interdit que des étrangers prennent la nationalité française définie comme citoyenneté.

 

En particulier tous les travailleurs qui sont actuellement clandestins, qui payent des impots, leurs cotisations sociales. Ces gens-là ont droit à la nationalité française précisément parce qu’ils s'acquittent de leur devoir de citoyen le plus fondamental qui est celui du consentement fiscal, là où Bernard Arnault, Jérôme Cahuzac, des Depardieu et des Johnny se baladent dans le monde comme dans un self-service à passeports pour faire de l'optimisation fiscale.

 

Et donc voila ma redéfinition de la Nation. Et celle-là elle ne va pas plaire au Front National. Bernard Arnault, pas français. Johnny, Cahuzac, pas français ; mais tous les travailleurs clandestins qui aspirent à payer des impôts, français."

A écouter plus précisément à partir de la 30ème minutes :Frédéric Lordon - Emission "Hors Champs" sur France Culture le 26 novembre 2013


 http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4697904


 

source

 

 


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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 12:10

pge-tsipras-laurent.jpg

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ces 14 et 15 décembre avait lieu le 4 ème Congrès du Parti de la gauche européenne (PGE) à Madrid sous le thème « Refonder l'Europe  ». Beaucoup de confusion sur ce «  parti européen  », beaucoup de raccourcis, un éclairage communiste est nécessaire.

 

« Change Europe », c'est le mot d'ordre choisi en anglais pour ce 4 ème congrès du PGE. « Change l'Europe  » (ou «  bouge l'Europe  »), l'optique est de réformer, réorienter cette Union européenne. Le mot d'ordre équivoque de « refondation » était aussi omniprésent.

 

Le PGE, un parti européen minoritaire chez les communistes et la gauche d'alternative

 

Tout d'abord, qu'est-ce que le PGE ? Ou qu'est-ce qu'il n'est pas. Il n'est pas un « front » réunissant toutes les organisations communistes, ou au-delà de la gauche radicale. Loin de là.

 

Dès sa fondation, en 2004, plusieurs partis communistes influents ont refusé d'y adhérer  : les PC portugais (PCP), grec (KKE), tchèque (KSCM), chypriote (AKEL), italien (PdCI). D'autres ne l'ont pas rejoint : allemand, luxembourgeois, hongrois, slovaque, ou le Parti du travail de Belgique.

 

Même des des partis de la « gauche radicale  » nordique refusent d’adhérer au PGE, pour garder leur indépendance de pensée critique vis-à-vis de l’UE : l’Alliance de gauche finlandaise, le Parti de gauche suédois, le Parti socialiste néerlandais, le Mouvement populaire contre l’UE danois.

 

Le PGE représente ainsi seulement des formations anti-communistes comme SYRIZA en Grèce et le Bloc de gauche au Portugal et des formations en rupture avec l’héritage communiste  : PCF-PG-Front de gauche en France, PCE-Izquierda Unida en Espagne, Refondation en Italie – tous de la sinistre tradition euro-communiste – Die Linke en Allemagne.

 

Rappelons que le PGE n'est pas synonyme du groupe parlementaire européen GUE/NGL. Le PGE est un parti politique européen, financé par la Commission européenne pour « faire la promotion de l'idée et de l'intégration européenne ». Comme le PSE ou le PPE.

 

Sur les 34 députés qui forment le groupe parlementaire GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique), seuls 16 font partie du PGE dont la moitié de Die Linke.

 

Le programme du PGE : ré-orienter la construction européenne, humaniser le capitalisme

 

Si on écoute Tsipras, « l'Europe est à un carrefour  : soit on stagne et on recule, soit on va de l'avant, avec la Gauche européenne ». Le PGE serait la force de régénérescence d'une UE à bout de souffle, proposant ses services pour relever le drapeau de la « belle » idée européenne foulée aux pieds.

 

Si on suit les points relevés par Pierre Laurent, issus du document politique, le PGE propose six axes, beaucoup de belles idées, « humanistes », trans-classistes, souvent floues, mais aussi des propositions concrètes toutes axées sur le monde de la finance.

 

Si on en reste aux propositions concrètes, on peut les résumer sous les phrases suivantes, présentes dans le document  :« transformer les outils existants en outils de coopération au service des peuples », « mettre l'économie ( = le capitalisme) au service de l'humain »

 

  • L'harmonisation des salaires, vers un salaire minimum européen – qui peut croire que le salaire minimum roumain ou grec sera aligné sur celui français  ? C'est soit une utopie vaine, soit une proposition dangereuse pour baisser les salaires des pays les plus avancés  ;

 

  • « Refonder l'Euro pour le mettre au service des besoins des peuples  » – rien de moins que proposer de faire de l'Euro, monnaie du capital, une monnaie au service des travailleurs. C'est comme vouloir qu'un requin se transforme en colombe, par un coup de baguette !

 

  • « Une stratégie commune à travers des politiques budgétaires alternatives basées sur des budgets suffisants » – une phrase ambiguë mais qui suppose une intégration budgétaire accrue, via la contrainte monétaire, une augmentation du budget européen, et un dessaisissement des peuples  : en somme, un TSCG de gauche  !

 

  • «  Réorienter la BCE, son rôle, ses missions, son statut  » – un projet aussi utopique que ré-orienter le FMI : comment les peuples pourraient transformer cet outil dont la raison d'être est de fixer une politique au service du grand capital. Surtout que le projet du PGE est modeste : prévoir des missions de croissance (comme pour la FED américaine), lui attribuer un rôle de préteur en dernier ressort. Du keynésianisme très modéré !

 

  • « Changer les critères d'utilisation de l'argent par les banques et les grands groupes » – en somme, la BCE conditionnerait ses crédits en fonction de critères sociaux, écologiques, tout comme les Etats pénaliseraient ou récompenseraient les entreprises selon leur politique. Il y a un bon capitalisme (productif, responsable) et un mauvais (financier, immoral), et le PGE est prêt à récompenser le capital responsable par peut-être des exonérations fiscales, des subventions, du crédit facile. Cela passerait, dans la lignée du projet de pétition européenne lancé il y a deux ans par la constitution d'un « fonds européen pour le développement social et écologique ». Le PGE vient de ré-inventer le FEDER et le FSE !

 

  • « Créer une banque publique européenne, ainsi que des pôles publics bancaires nationaux pour changer les critères de fonctionnement de l'économie réelle  » - on voit ici ce que le PGE entend par «  développement des services publics  », d'un côté des grandes institutions publiques européennes (ici bancaires), de l'autre des pôles publics nationaux … en concurrence avec des pôles privés : surtout pas de monopoles publics nationaux. L'objectif de cette banque serait « de ne pas servir la spéculation mais à créer des emplois, financer l'économie réelle », encore une opposition simpliste et fallacieuse entre capitalisme productif et capitalisme financier ;

 

  • enfin, l' « allègement de la dette  » - avec des mesures d'abolition d'une part de la dette, de révision des échéances et conditions de remboursement. Une mesure de bon sens … pour le capital bancaire européen si il veut obtenir remboursement … et s'il veut étendre le supplice de la dette sur plusieurs décennies (on peut repenser au sort de l'Allemagne dans les années 1920, ou après 1945, Tsipras aime à faire référence aux accords de Londres signés avec la RFA … face au péril communiste et dans les intérêts du capital allemand et européen)  ;

 

On pourrait, sur le plan politique, sourire sur les propositions de « démocratisation de l'Union européenne », proposant de donner plus de pouvoir au Parlement européen, et de se saisir de l'outil de la « pétition européenne » … dont la Commission a refusé d'enregistrer celle du PGE (pour un « fonds européen social et responsable »), pour mieux la jeter à la poubelle, sic !

 

Il est frappant de remarquer que toutes ces propositions – ré-orientation de la BCE, refondation de l'Euro, allégement de la dette, critères de sélectivité du crédit, fonds social européen – ont été reprises telle quelle dans toutes les feuilles de route de congrès ou de convention des partis du PGE : Syriza, Die Linke, PCF-Front de gauche, PCE-Izquierda Unida, Refondation communiste.

 

Mais qu'y-a-t-il de commun à toutes ces propositions  ? 1) Elle propose des réformes modérées du système capitaliste, pour l' « humaniser  », tout au plus une régulation de son volet financier  ; 2) Elles s'articulent toutes à l'échelon européen, supposant plus d'intégration européenne.

 

Plus d'Europe, ré-orienter les mécanismes financiers prédateurs de cette UE … pour sauver l'Europe, et relancer l'économie capitaliste !

 

Sortir de l'Euro ou sauver l'Euro  ? Le PGE à la rescousse de l'Europe du capital

 

C'est la question centrale. Ni Tsipras, ni Laurent n'ont pu l'occulter. Il est frappant de voir l'évolution du constat du PGE entre le dernier congrès de 2010 et celui-ci. Le PGE ne peut plus défendre le mythe des fondements justes de l'UE, supposément dévoyés depuis 2008.

 

Désormais, le PGE découvre que l'Euro a été « une monnaie au service du grand capital  », Pierre Laurent réalise soudain que « les fondements de la construction européenne sont en cause  », que «  la crise a révélé les tares fondamentales de la construction européenne  ».

 

Toutefois, sur l'Euro, Pierre Laurent souligne que si « certains avancent l'idée d'un retrait de tel ou tel pays conduisant à la dissolution de la zone euro », ceci est « une fausse solution », porteuse de la dissolution en fait de l'Union européenne, et du réveil des nationalismes.

 

On peut rappeler que plusieurs partis communistes – comme le PC portugais, grec, chypriote, luxembourgeois – remettent désormais directement en cause l'Euro, envisageant d'en sortir. Que même des personnalités, plutôt dans l'optique du PGE, comme Julio Anguita en Espagne ou Oskar Lafontaine en Allemagne se sont prononcés contre la monnaie unique dernièrement.

 

Tsipras est plus direct, tout son discours est orienté autour de la « refondation de l'Euro  », suivant la ligne qu'il a défendu ses derniers mois  : « Non à l'austérité, oui à l'Euro ».

 

Tsipras constate que cette « union monétaire divise les Etats-membres, les sociétés, augmente le chômage, la pauvreté et les inégalités  ». Pour lui, elle doit être « soit refondée, soit dissoute », cette « refondation signifiant changement », un « changement pour l'Europe qui est désormais une question existentielle ». Sauver l'Euro pour sauver l'Europe, c'est l'idée de Tsipras !

 

Tsipras martèle ses propositions, en filigrane, sur l' « union monétaire  »  : l'Euro doit porter une responsabilité sociale (sic), la BCE doit être renforcée comme banque centrale.

 

Loin de porter frontalement l'exigence de rupture avec la « Troika  » (BCE-UE-FMI), Tsipras et le PGE portent l'objectif de « réforme  », « ré-orientation », en premier lieu de l'outil qui permet à la «  Troika  » d'imposer ses politiques, l'Euro.

 

Le PGE et Tsipras se proposent finalement de collaborer avec les dirigeants de l'UE, espérant obtenir de la négociation un « allègement du fardeau austéritaire  ».

 

Refonder l'Europe : une utopie irréaliste dangereuse, un projet réaliste réformiste

 

« Refonder l'Europe », le choix des termes n'est pas anodin. Tsipras évacue la subtilité : «  refondation = changement/réforme  ». En réalité, si la dimension de «  refondation » porte cette idée réformiste, elle recèle d'autres potentialités, y ajoutant une dimension idéaliste, utopique.

 

En effet, le PGE, pour la première fois, doit admettre que les fondements de la construction européenne sont viciés. Il le fait à reculons.Ainsi, hors Lisbonne aucune remise en cause des Traités – ni Rome, ni Maastricht – n'est actée, tout comme aucune remise en cause de l'Euro.

 

Si les fondements sont orientés dans une mauvaise direction, celle du capital financier, il faut donc poser de nouvelles fondations, refonder cette construction européenne.

 

Mais sur quelles bases cette Europe doit être « refondée » : l' « humain » pour le PGE. Une idée abstraite détachée des classes concrètes, de leurs contradictions et de leur lutte.

 

Dans des sociétés dominées par le capital et ses représentants, vouloir re-batir une Europe humaine (ou même du travail) est une utopie. La réaliser serait déjà supposer que des gouvernements alternatifs de gauche seraient déjà présents dans toute l'Europe … ce qui de fait dissoudrait cette Europe-là, rendant l'Union européenne caduque.

 

Dans le rapport de force actuel, c'est un rêve. Celui que caressait naguère les romantiques puis les trotskistes sur les « États-Unis d'Europe », justement dénoncés par Lénine.

 

Pour Lénine, ils étaient irréalisables à moins de réaliser le socialisme partout (donc de le rendre caduc), étroitement limités à l'Europe (pourquoi pas « Etats-unis du monde », car il s'agit d'une construction d'un bloc impérialiste), enfin justifiant l'union des cartels capitalistes européens.

 

Un rêve idéaliste qui permet de justifier des compromis réalistes. Tsipras a raison « refondation = réforme », la seule perspective réalisable, c'est la re-négociation de cette Europe, un allègement de la dette pour sauver l'Europe du capital.

 

Ainsi Pierre Laurent, une fois sorti du « monde des étoiles » revient sur terre, tout en marchant sur la tête :

 

« Aujourd'hui, l'Europe est dans une impasse de civilisation. Les dirigeants européens, enfermés dans leurs dogmes n'ont pas de vision d'avenir pour l'Europe. Ils sont en train de tuer l'idée d'une Europe de coopérations et de solidarité ».

 

Qui doit sauver « l'idée » européenne : « nous, PGE, avons à prendre à charge l'avenir de l'Europe »

 

Le programme d'action du PGE  : une OPA sur le mouvement communiste et la gauche d'alternative

 

Quelles lignes d'action pour le PGE, dans les mois à venir ? On eut attendu d'une organisation de « gauche radicale » une attention aux luttes concrètes contre les politiques d'austérité, une réflexion sur les conditions du passage à une société alternative. Rien de tout cela.

 

Du côté du « mouvement social », le PGE délègue au mouvement syndical regroupé dans la CES, cette organisation européenne regroupant 85 syndicats – démocrates-chrétiennes, sociaux-démocrates, libéraux pour l'essentiel – et destiné à promouvoir le « dialogue social européen » dans une « Europe de paix et de stabilité ».

 

Bernadette Ségol, secrétaire de la CES – une française qui n'a jamais milité dans un syndicat français – et Ignacio Fernandez Toxo, secrétaire des Commissions ouvrières (CC.OO) espagnoles et président de la CES, étaient au congrès du PGE à Madrid.

 

Le dirigeant espagnol – qui freine le mouvement en Espagne – n'a pas eu un mot pour les luttes, il a insisté sur les « réformes » à mettre en place à l'échelle européenne : un plan de relance européen financé par une Taxe Tobin, des euro-obligations et mécanismes de solidarité européens.

 

Le PGE a également les yeux tournés vers les prochaines élections européennes de 2014. Il ne cherche rien de moins qu'à faire une OPA sur la gauche d'alternative, à en finir avec un mouvement communiste indépendant, sur des positions de classe.

 

Premièrement, par la candidature d'Alexis Tsipras, chef de SYRIZA, à la Commission européenne. Cette idée a créé des remous à gauche, même au sein du PGE. Sa candidature n'a été votée qu'à moins de 80 % des délégués présents à Madrid !

 

Elle pose plus d'un problème. De une, elle donne une légitimité à une institution anti-démocratique, la Commission, dans une élection sans enjeu. De deux, le PGE s'arroge le droit de présenter une candidature au nom de la « gauche d'alternative » qui ne se reconnaît pas dans le PGE et son choix.

 

Enfin, de trois, la mutation de SYRIZA de plus en plus nette en PASOK 2.0, en social-démocratie de substitution avec l'afflux massif de transfuges du Parti socialiste, la transformation en « parti unique », éliminant toute voix dissonante de gauche interne, centrée autour d'une personnalité et d'une ligne institutionnelle, pro-européenne et de gestion, pose problème.

 

Tout comme la personnalité de Tsipras qui a passé les douze derniers mois à rencontrer les dirigeants de l'UE, de la BCE, du FMI, de l’État allemand pour les rassurer : « Je ne suis pas dangereux », aime-t-il à leur répéter, je suis là « pour sauver l'Euro, l'Europe ».

 

Tsipras n'hésite pas à récupérer des références très lointaines par rapport à la tradition communiste : « New Deal », « plan Marshall », « accords de Londres de 1953 », un mélange de keynésianisme régulateur, de réformisme assumé et de projets impérialistes manifestes !

 

En mars 2012, il avait même envoyé une lettre à Mario Draghi, Hermann van Rompuy et José Manuel Barroso pour se poser comme recours non seulement pour restaurer la stabilité en Grèce mais aussi dans toute l'Europe. Drôle de fossoyeur de l'UE que celui qui s'en veut le sauveur.

 

Parmi les autres initiatives que propose le PGE, la constitution d'un « forum européen des alternatives » à l'automne 2014, visant les forces politiques, sociales et syndicats qui ne sont pas membres du PGE, selon le schéma essoufflé des « forums sociaux », qui à l'origine voulaient de façon louable échapper à toute récupération politicienne.

 

Le but est clairement de faire main basse sur toute une frange de l'opposition de gauche au système, susceptible d'échapper à l'influence des institutions de l'Union européenne du capital.

 

Seule campagne de lutte, le refus du « grand marché trans-atlantique » en 2014. Il est évident que ce projet de libre-échange USA-Canada-Europe est porteur de périls – notamment pour la libéralisation-privatisation des services publics, pour la défense de notre agriculture, notre industrie.

 

Toutefois, cette campagne est non sans arrières pensées. Car elle oppose implicitement une « bonne Europe » indépendante, à une « mauvaise Europe » sous influence américaine. Non à l'Europe américaine, ce serait oui à l'Europe tout court !

 

Plus pernicieux, elle omet que l'UE va utiliser l'accord de libre-échange trans-atlantique comme un cheval de troie pour pousser un processus de libéralisation-privatisation, de casse de l'appareil productif qu'elle a déjà largement entamé, achevé parfois dans de nombreux secteurs par ses outils propres : directives de libéralisation, politique agricole commune, CECA.

 

 

Maité Mola, représentante d'Izquierda Unida, et Pierre Laurent ont conclu dans les mêmes termes : « le congrès du PGE, c'est le congrès du futur de l'Europe ». Le PGE se veut sauveur de l'Europe du capital, aux communistes de construire le mouvement pour l'enterrer !

 


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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 22:22


18 décembre  2013 
dans Débats

 

http://www.savoirscom1.info/wp-content/uploads/2013/12/permis-300x196.jpg

La Gendarmerie nationale et l’association AXA Prévention (association de loi 1901 dont la mission affichée est « la pédagogie et l’éducation aux risques » )  ont présenté en grande pompe médiatique jeudi 12 décembre un programme  national pour responsabiliser enfants et parents à l’usage du Web et des  réseaux sociaux : un permis Internet .
 
Voici la présentation faite par le dossier de presse :

« Le  Permis Internet pour les enfants est un programme pédagogique de  responsabilisation des enfants et des parents pour un usage d’Internet  plus vigilant, sûr et responsable. Son principe : faire passer aux élèves de CM2 leur Permis Internet.  En CM2, les enfants s’apprêtent à entrer au collège, les usages et les  risques augmentent, c’est le bon moment pour les préparer.  La Gendarmerie nationale et l’association AXA Prévention unissent leurs  forces et leurs expertises en matière de protection et de prévention  contre les risques sur Internet en initiant, ensemble, ce programme  pédagogique à destination des 9 – 11 ans. Le Permis Internet pour les enfants est mis en place dans les classes par les enseignants pendant le temps scolaire.  Déployé dans le cadre des actions de prévention conduites par la  Gendarmerie nationale, ce programme clé en main, dont la mise en œuvre  fédère enseignants, familles et maires, est intégralement financé par  AXA Prévention. »

http://www.savoirscom1.info/wp-content/uploads/2013/12/tweet-300x136.jpg
Le HuffingtonPost s’est procuré ce kit et décrit son contenu :

« Plus de 37.000 professeurs de CM2 s’apprêtent ainsi à recevoir un kit pédagogique contenant :

• 1 DVD de témoignages et de tests d’entraînement
• Des livrets ou plutôt « codes de bonne conduite sur Internet » pour chaque élève et ses parents
• Des fiches d’examen avec 10 questions pour valider leurs acquis
• Les fameux permis qui seront délivrés aux enfants
• 1 affiche récapitulant les conseils à mettre dans la salle de classe »

Ce  sont donc 3 à 4 séances que les élèves recevront avant de devoir  répondre à 10 questions qui permettront ou non, de valider leur code. C’est  lors d’une cérémonie à laquelle devront être présent que le code sera  remis aux élèves de CM2 par la gendarmerie et un représentant de AXA. Axa, assureur privé, qui propose aussi une prévoyance pour « Bien vous protéger contre les risques numériques »

Internet ne serait donc que cela : une machine gigantesque, dangereuse et incontrôlable ?

Pour en finir avec cette approche du web par la peur : pour une véritable mise en œuvre de l’EMI

L’UNESCO propose un programme d’éducation aux médias et à l’information  qu’il serait bon de prendre enfin en compte de façon sérieuse en France  afin d’enseigner les compétences nécessaires pour profiter pleinement  des avantages du droit à la liberté d’opinion et d’expression. Depuis  des années, le saupoudrage s’avère inefficace, et amène même à des  dérives du type de celle à laquelle nous sommes en train d’assister.
L’appel à des entreprises privées pour remplacer les enseignants s’est déjà produit à plusieurs reprises avec des résultats fort mitigés.

C’est  à la fois un recul énorme que de brandir la « peur », un manque de  perspective indéniable sur ce qui se fait dans les établissements (les professeurs documentalistes encore une fois sont totalement mis de côté.
Certes dans ce cas précis, il s’agit du primaire, mais il aurait plus intéressant justement de songer à une liaison cm2-sixième sur ces compétences et savoirs notionnels afin d’établir et d’impulser une véritable progression curriculaire. Le curriculum et l’idée d’une didactique de l’information reposent justement sur l’idée d’une progression et d’une construction qui sorte des stratégies de bricolage que symbolisent les kits.

Ce  permis est à la fois une contradiction avec le principe de   que défend notre collectif, mais aussi une contradiction vis-à-vis de  l’ du numérique qui doit se faire sur un temps long.

Parler du numérique par le seul prisme de la peur,
  •  c’est enfermer les élèves dans des schémas prédéterminés à l’avance.
  •  c’est empêcher de laisser place à la créativité.
  •  c’est stigmatiser les usages des ados.
  •  c’est empêcher les élèves de développer à long terme des compétences en littératie numérique.

Bien  sûr, il ne s’agit pas de renier les dangers du net, mais de les  proposer dans une autre perspective, celle de la controverse par exemple  : Internet entre atouts et dangers.

Donner  aux élèves toutes les clés de compréhension de la culture numérique  afin de développer à la fois un esprit critique, responsable et éthique  du média qu’est Internet.
 Plutôt qu’un permis c’est donc une véritable progression des apprentisages qu’il conviendrait de mettre en place, impulsée comme cela se fait par les professeurs documentalistes.

Une progression autour de la translittératie, autour de la culture informationnelle et des médias mais aussi via   un programme informatique serait préférable à une telle action qui vient mettre à mal une fois de plus les initiatives de terrain qui ne sont pas assez soutenues et reconnues.

Ce n’est pas d’un enseignement uniquement techniciste dont nos enfants ont besoin et encore moins celui de règles préétablies par des autorités sécuritaires dont les valeurs sont souvent opposées aux valeurs de partage et d’échanges sur lesquelles reposent l’éducation.

 L’enseignement qui doit leur être proposé doit permettre le transfert de capacités et compétences permettant aux futurs citoyens  d’être créatif dans le monde numérique.
Etre acteur du numérique ce n’est pas seulement être un consommateur des outils au fur et à mesure de leur création ou disparition ; c’est se positionner en acteur participatif et contributif, porteur de projets.

Comprendre le web, le critiquer, y contribuer permet une distanciation nécessaire vis à vis à vis de discours parfois trop anxiogènes. Il s’agit donc donner aux élèves les clés de vigilance afin de leur donner des atouts pour devenir des contributeurs responsables.

Prendre en compte la technique, anticiper la portée des actions en ligne, comprendre la traçabilité et la viralité (dublication et transformation de nos données et de nos traces)  nécessite des compétences. Donner aux élèves, les éléments des enjeux, des risques et des profits passe par une culture de l’information qui permettent le développement d’une culture numérique et une culture de la participation.

D’autres billets sur le sujet dont nous vous recommandons la lecture :
-   Le permis Internet en CM2, dérives dans l’Éducation nationale  par Stéphanie de Vanssay et Anthony Lozac’h sur le blog L’école de demain 
 - J’ai honte pour mon école.  Michel Guillou.
Les bienfaits du Net sur le blog parents 3.0

 Apprendre/désapprendre. Sur la ligne de crête des apprentissages numériques par Dominique Cardon

 



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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 22:50

Voici venue l’ère des métropoles. Obéissant à la déraison économique et à la compétition libérale mondialisée, l’état a décidé une fois de plus de réorganiser son territoire en concentrant l’essentiel de ses moyens sur les grandes agglomérations urbaines. Quatorze « métropoles », nouveau statut administratif, sont créées à partir de 2015. Outre Paris, Lyon et Marseille, disposant d’un statut spécial, sont concernées les agglomérations de Toulouse, Lille, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Rennes, Rouen, Montpellier, Brest, Nice. Et donc Grenoble.
Voici cinquante ans que l’on vante la « métropole » grenobloise. Déjà lors des Jeux Olympiques de 1968, Paris Match s’enflamme : «  La France découvre qu’elle a une métropole de l’an 2000. Grenoble, c’est Brasilia ». Depuis, beaucoup de béton a coulé dans la cuvette, et les caciques locaux ressassent leur ambition de diriger « une métropole à échelle européenne ». Un objectif qui recueille un consensus politique quasi-général. Mais pour que les simples habitants retrouvent un peu de pouvoir, la seule solution est la dissolution de la métropole.

 

Êtes-vous déjà tombé sur une manifestation « pour une métropole » ? Avez-vous déjà vu des habitants se regrouper, pétitionner, militer sous une bannière : « Une commune c’est minable, une métropole c’est formidable » ? 

 
Nous non plus. La création des métropoles résulte de la volonté de l’État et des puissants. Les notables locaux tentent avec leurs gros sabots de tromper les naïfs en promettant monts et merveilles. Alors que le maire Destot assure que «  cette reconnaissance [NDR : du statut de métropole] est une excellente chose pour l’agglomération grenobloise et pour ses habitants » (Le Daubé, 23/07/2013), son docile adjoint Djellal s’enflamme : «  L’ensemble des habitants de l’agglomération ont un motif supplémentaire d’être fiers de Grenoble, seule ville qui ne soit pas capitale régionale à accéder au statut métropolitain » (Le Daubé, 24/07/2013) [1]. Mais nul besoin d’un master d’esprit critique pour saisir que l’expansion métropolitaine n’a rien à voir avec le bonheur des habitants. Elle arrange d’abord ceux qui ont intrigué pour ces méga-structures, à savoir les gouvernants. Si, comme le dit une maxime populaire, « La place des élus doit être bonne vu comment ils se battent pour y accéder », la place dans les fauteuils métropolitains devrait être encore meilleure vu l’énergie que certains déploient.

 
Le promoteur de ce montage technocratique est l’État, et il en est le grand gagnant : les énormes intercommunalités que sont les métropoles lui permettront une meilleure gestion de la population. La « métropolisation » est un élément de la fameuse décentralisation, dont l’enjeu n’est pas d’affaiblir le rôle central de l’état tentaculaire mais au contraire de faire croître ses tentacules partout sur le territoire.

 

Pour parvenir à ses fins, il est même prêt à utiliser des « pouvoirs spéciaux » : « L’intercommunalité nouvelle vient d’arriver. Ou du moins, celle que le préfet de l’Isère souhaiterait voir se dessiner d’ici 2014. (…) Ces mariages intercommunaux ne font pas sourire tout le monde ? (…) Le préfet pourra utiliser, en 2013, des pouvoirs spéciaux qui lui permettent de passer outre, explique-t-on à la Préfecture. Mais on n’en est pas là » (Le Daubé, 6/01/2012).


L’intérêt de l’État pour la métropolisation, c’est de réorganiser son territoire pour être plus compétitif dans la nouvelle guerre mondiale – plus connue sous le nom de « mondialisation ». Cette concentration géographique des facteurs de production risque bien d’accélérer la «  fracture territoriale », comme l’explique Laurent Davezies, auteur de La crise qui vient [2] : «  L’avenir de la compétitivité des pays industriels se trouverait donc dans des grandes villes toujours plus denses et fluides, et de moins en moins dans les territoires périphériques ou diffus. (…) C’est aussi l’avènement de la notion de « métropole », comme forme d’organisation à même de mobiliser les gains d’efficacité vitaux pour la croissance. Le corollaire de cette nouvelle doctrine est que les territoires ‘‘périphériques’’ (villes petites et moyennes, monde rural, régions en retard de développement) sont voués à ‘‘décrocher’’ ».

 

Ainsi Christian de Saint-Etienne, économiste au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers), salarié du ministère de l’Enseignement supérieur - donc stratège de l’État -, explique dans Le Journal du dimanche (13/05/2013) qu’«  il faut repenser nos villes en Grand Paris, Grand Lyon ou Grand Grenoble, capables de rivaliser avec un Grand Londres et un Grand Berlin. (…) La France a deux moteurs économiques naturels, le Grand Paris et le Grand Lyon-Grenoble. C’est la vraie colonne vertébrale du pays, la manivelle qu’il faut tourner pour faire repartir la France ». 

 
Futurs habitants du «  moteur économique » du « Grand Lyon-Grenoble », l’État compte sur vous pour tourner la manivelle et être des bons petits soldats qu’on envoie au champ de bataille de l’attractivité économique. Pour les autres, habitants de la montagne ou des campagnes éloignées, il ne vous reste plus qu’à immigrer dans la grande métropole. Aujourd’hui, on gère les territoires comme des entreprises, il faut donc croître ou mourir.


Cette mobilisation générale pour la grande guerre de la compétitivité recueille un consensus politique quasi général. Si certains maires se mobilisent contre le coup de force métropolitain, aucune force politique locale ne conteste vraiment la volonté belliqueuse de ferrailler contre le « Grand Berlin » ou le « Grand Londres ». «  À l’heure de la mondialisation et alors que les grandes villes, en termes de population et d’attractivité, prennent de plus en plus de poids, certains pensent qu’il faut revoir nos schémas de territoire. ‘‘ Vu depuis l’Asie ou les États-Unis, quel poids peut avoir le pays du Voironnais tout seul ?’’ , lance Michel Savin, conseiller général UMP » (Le Daubé, 16/10/2009). Depuis des milliers d’années, le Voironnais-tout-seul n’a eu aucun poids « vu depuis l’Asie ou les États-Unis », mais jusqu’à preuve du contraire, cela n’a pas plongé ses habitants dans la déprime. S’il doit aujourd’hui se soucier de son aura internationale, c’est pour se plier aux dogmes libéraux de la compétition économique de tous contre tous, que les autorités locales - qu’elles soient PS, UMP, ou EELV - acceptent sans rechigner.

La métropole, tu l’aimes ou tu ne la quittes pas

La France devrait donc compter quatorze métropoles en 2015. Ces chambardements territoriaux imposés par l’Etat font râler certains élus et habitants, notamment à Paris et Marseille [3]. Dans la cuvette non plus, la perspective métropolitaine ne soulève pas l’enthousiasme, même parmi les représentants du peuple. Quelques exemples, non exhaustifs : 

 
«  Le Vercors dit ‘‘non’’ à la mammouthisation (…) Franck Girard, maire de Saint-Nizier : ‘‘C’est une évidence absolue que nos problématiques rurales, de montagne, ne sont pas celles d’un terrain urbain’’  » (Le Daubé, 16/04/2011).


  • « Clelles/Trièves. Les élus du Trièves, comme les habitants, craignent que La Métro cherche à exercer une sorte de mainmise sur la région  ». (Le Daubé, 22/04/2011).

  • « Le transfert de compétences, notamment de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, à cette communauté urbaine Grenoble Alpes Métropole, orientée principalement sur le développement urbain est en opposition avec les axes de développement édictés dans la charte du parc  » (Association Crea – Le Sappey en Chartreuse, lettre du 02/05/2011)

  • Yannick Boulard, maire de Fontaine : « C’est un coup de force précipité, avant les municipales, qui me semble voué à l’échec, contraire à toute notion de démocratie » car « sans aucune discussion au sein de conseil d’agglomération, sur le projet, sur les compétences » (Le Daubé, 28/08/2013).
  • Renzo Sulli, maire d’Échirolles : « Notre vote de ce soir, ce n’est pas un blanc-seing pour la métropole. Et attention, la mutualisation n’est pas toujours synonyme d’amélioration, on l’a bien vu avec le transfert de la collecte des ordures à la Métro : ça a coûté plus cher mais sans améliorer le service »

  •  (Le Daubé, 28/08/2013).

Récemment, huit des seize communes de la communauté de communes du sud-grenoblois ont refusé la fusion avec la Métro. En vain : elles intégreront quand même la future communauté de communes le premier janvier prochain, comme en a décidé la préfecture. La métropolisation, c’est l’uniformisation. Rien ne doit dépasser, faire tache. Les communes réfractaires sont tenues de rentrer dans le rang et de céder une partie de leur pouvoir à l’échelon métropolitain. Une métropole englobe un territoire - qui tend à l’infini - de manière totalitaire : il ne peut pas y avoir d’indépendantistes, de village gaulois, d’autres manières de faire.


Les auteurs de La Politique confisquée [4] montrent comment le développement de l’intercommunalité a favorisé le règne du consensus mou. Les conseils communautaires sont « le terreau privilégié d’une convivialité toute corporative, de mœurs courtoises, qui rendent de plus en plus difficile et coûteux pour un élu communautaire de s’opposer ou de se faire le porte-parole de positions conflictuelles ». 
La métropole exacerbera ce penchant naturel de l’intercommunalité à vouloir présenter la politique entreprise comme la seule possible, selon le mot fameux « il n’y a pas d’alternative ». D’ailleurs, bien souvent, les élus ne sont pas très actifs et délèguent l’essentiel de leurs pouvoirs à des techniciens omniprésents.


Ce rouleau compresseur consensuel favorise le désintérêt pour la vie locale et la résignation. Dans notre dernier numéro, lors d’un reportage autour du projet immobilier des Portes du Vercors à Fontaine et Sassenage, nous avons été frappés par le fatalisme des personnes rencontrées. Le fait que ce projet soit porté par la Métro décourage les mécontents de faire entendre leur voix. Face à un monstre bureaucratique, la lutte paraît bien plus difficile que contre une petite commune. Ne reste plus qu’à réclamer quelques aménagements mineurs (baisser la hauteur des immeubles, rajouter quelques espaces verts). La contestation radicale des projets paraît perdue d’avance.

Relocalisation du pouvoir

Cela fait de nombreuses fois que Le Postillon aborde ce sujet de la métropolisation, car il revêt la plus grande importance. En réalisant ce journal, on s’est rendu compte à quel point la vie urbaine moderne décourage l’implication dans la vie de la cité. L’échec des ridicules réunions de « démocratie participative » organisées par la Métro est explicite. Les dernières «  rencontres métropolitaines », organisées pour «  imaginer la métropole de demain » n’ont pas réuni, en trois rendez-vous, plus de 150 personnes, selon les propres chiffres de la Métro (Le Métroscope, septembre 2013). Il faut vraiment avoir du temps à perdre pour aller à ces rencontres formatées et sans enjeu (voir notre reportage dans le n°14).

 
En zone rurale, les habitants se sentent davantage partie prenante de la vie locale. Ainsi, nous avons eu de nombreuses réactions après nos reportages sur l’implantation de l’entreprise Raidlight (spécialisée dans le trail) en Chartreuse (dans le n°11), ou la mise en place de poubelles électroniques dans le Sud-Grésivaudan (dans le n°17).

 
La ville est dominée par un sentiment d’impuissance que la métropolisation ne fera qu’aggraver.

 

L’expression de voix dissidentes est découragée, car dans la guerre économique comme dans toutes les autres guerres, on n’accepte ni les déserteurs, ni les pacifistes. Toutes les métropoles se ressemblent, on habite Grenoble comme on habiterait Lille ou Amsterdam. Comme un spectateur déraciné sans aucun sentiment d’appartenance et sans aucune volonté d’agir. En ayant même oublié qu’il pourrait en être autrement, que l’on pourrait vivre dans un endroit non ravagé par le règne de l’économie.


Afin de contrer le fatalisme, il nous reste donc à opposer un processus inverse à celui de la métropolisation, un mouvement qui aurait pour but de relocaliser le pouvoir des habitants. De la même manière que la sortie de l’Union européenne est la seule façon pour les peuples de retrouver un peu de souveraineté, la sortie de la métropole est la seule façon pour les simples habitants d’espérer retrouver un peu de liberté d’action.

Nos revendications :

  • Dissolution de la Métro. 
  • Désertion de la compétition économique internationale. 
  • Autonomie communale. 
  • Libre association pour le ramassage des poubelles. 
  • Création de communes libres dans chaque quartier de Grenoble. 
  • Requalification de l’Hôtel de Ville en musée de la Grande Guerre économique.

 

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C’était quand même beaucoup mieux maintenant. Vue depuis la Bastille sur Grenoble, Seyssinet, Seyssins, Première image en 1913 et ci dessus récemment.

Chronologie

En 1973, des communes de l’agglomération grenobloise se regroupent dans le SIEPARG (Syndicat intercommunal d’étude et de programmation pour l’aménagement de la région grenobloise).
En 1994, le SIEPARG se transforme en communauté de communes sous le nom de Grenoble Alpes Métropole (la Métro).
En 2000, la Métro se transforme en 
communauté d’agglomération.
En 2005, elle prend en charge la gestion de la collecte des déchets.
Au premier janvier 2014, la Métro passera de 28 à 49 communes, suite à la fusion avec la communauté de communes du Sud-Grenoblois (autour de Vizille) et celle des Balcons Sud-Chartreuse. Elle regroupera 440 000 habitants.
Au premier janvier 2015, la Métro obtiendra le statut de métropole, comme treize autres agglomérations françaises.

Véga – RUG : la Métropole va grandir


Depuis un mois, un nouveau syndicat mixte est né, répondant au doux nom de Véga, et réunissant la Métro et le Pays voironnais. Son objectif est d’être «  un nouvel outil entre les mains de la Métro et du Pays voironnais pour décupler le développement économique de la région urbaine à travers des projets et des réalisations communes ». Bref il s’agit d’une première extension administrative de la métropole, en attendant la suite. Car il y a fort à parier que celle-ci englobera le Grésivaudan, le Trièves, la Bièvre-Valloire et le Sud-Grésivaudan, territoires tous présents dans le Scot (Shéma de cohérence territoriale) de Grenoble, dirigé par le président de la Métro Marc Baietto. Pour désigner cet ensemble, on parle de plus en plus de « Région urbaine grenobloise » ou RUG, une notion à la mode qui prépare les esprits à la nécessité future d’être administrés à cette échelle-là. À moins que l’on passe directement à une administration centrale du Sillon alpin (d’Annemasse à Valence), dont le « pôle métropolitain » actuel serait une préfiguration (voir Le Postillon n°11).

« Incohérence de la chaîne institutionnelle et découragement des salariés »


De nombreux salariés de l’actuelle Métro sont sceptiques sur le futur agrandissement de la communauté de communes. Nicolas Khaletzky, secrétaire général de la CGT Métro, affirme : « Je suis très dubitatif sur le succès de cette future fusion au niveau du fonctionnement et des conditions de travail du personnel. La Métro c’est une collectivité très jeune construite à la va-vite. En moins de quinze ans elle est passé de 80 à 800 emplois, avec des bases très fragiles notamment dues au fonctionnement arbitraire imposé aux services durant des années par l’ancien directeur général (...). Tout le monde a pris de mauvaises habitudes (...) Il est très difficile de faire du syndicalisme à La Métro car la logique individualiste est très ancrée. Mon travail quotidien c’est de rappeler aux agents la base, c’est-à-dire que l’union fait la force. Depuis 2002 en moyenne, on a eu une réorganisation tous les deux ans. à chaque fois on nous dit que la dernière fois c’était raté mais que là ça va aller mieux. Aujourd’hui encore, on n’arrive pas à savoir qui décide quoi, et surtout pourquoi. (...) La direction semble trop souvent n’avoir que deux cartes dans son jeu et elle les joue systématiquement : d’abord l’inaction et le pourrissement, puis le passage en force en prétextant qu’il faut bien faire quelque chose et que, vraiment, ils ont tellement concerté pour en arriver là qu’ils ont forcement raison (…). Le pire c’est que ça marche, en tout cas à court terme. Personne ne veut se mobiliser sur rien. Il y a une incohérence et une inefficacité criantes de la chaîne décisionnelle qui sont responsables d’une bonne part du découragement et de la démotivation des agents.  »

« On n’a toujours pas compris : une métropole, c’est pourquoi faire ? »


En juillet dernier, Jean-Marc Uhry, maire PS de Poisat et vice-président à la Métro en charge de l’environnement, a décidé de rendre sa délégation, en confiant au Daubé (06/07/2013) : «  Cette décision a été longuement mûrie. Mais le déclic s’est produit quand le président de la Métro Marc Baietto et le maire de Grenoble Michel Destot ont été reçus par le préfet qui voulait savoir ce qu’ils comptaient faire avec le Plan de protection de l’atmosphère. Et ils ont décidé à cette occasion, sans concertation et accessoirement sans demander mon avis, du report du plan en septembre 2014, soit après les élections municipales. (…) Je sens donc qu’il n’y a pas de volonté politique de s’attaquer au problème de la pollution atmosphérique ». 

 
On l’a donc appelé pour avoir son avis sur la métropolisation, s’il pensait qu’elle allait améliorer la qualité de l’air... : « Je ne vois pas sur quoi repose ce Big is beautiful. On dit que ça va faire des économies, rationaliser mais rien ne le prouve. Ça va surtout créer une technostructure hypertrophiée, dirigée par des techniciens plus que par les politiques comme c’est déjà un peu le cas à la Métro. Une plus grosse machine, un système extrêmement lourd et extrêmement antidémocratique. On n’a toujours pas compris : une métropole, c’est pour quoi faire ? Pour le bien être des habitants il faut faire des actions sur l’eau, sur l’air, sur la circulation, sur les forêts. Il n’y a pas besoin d’une métropole pour ça. On peut très bien développer des coopérations entre communes sans monter une grande structure antidémocratique. Je pense que certains voient surtout la métropole comme un lieu de pouvoir un peu impérialiste, qui leur permettra de tout planifier, de prendre de l’ampleur. »

Destot se place


Durant les débats parlementaires estivaux autour du vote de la loi sur la Métropole, Destot a défendu «  la mise en place du suffrage universel comme mode d’élection des conseillers métropolitains ». Sous une allure démocratique, cette revendication est surtout un stratagème pour espérer prendre la tête de la Métropole en 2015. Plus connu que Baietto et que tout homme politique local, le futur-ex-maire de Grenoble (il vient d’annoncer sa décision de ne pas briguer la mairie en 2014) aurait en effet plus de chances d’arriver au pouvoir métropolitain par le suffrage universel plutôt que par le mode de désignation actuel.

Métropoles uniformes


Métropole Nice Côte d’Azur, Rennes Métropole, Chambéry Métropole, Angers Loire Métropole, Saint-Étienne Métropole... : on peut supposer que personne n’a été payé pour trouver les noms de ces nouveaux grands ensembles, quoiqu’on sache que la banalité rapporte gros aujourd’hui. L’uniformité des noms de ces nouveaux machins en dit long sur l’uniformité de la vie qui y règne. Dans toutes les métropoles de France et de Navarre, on a les mêmes nouveaux « écoquartiers », les mêmes architectures, les mêmes « espaces multimodaux », les mêmes Grand Stade, les mêmes caméras de vidéosurveillance, les mêmes agences de communication, les mêmes start-up, les mêmes lignes de tramway, les mêmes centres d’art contemporain, les mêmes commerces, presque les mêmes « marques » (OnlyLyon, PlayGrenoble, Montpellier Unlimited), etc.


Une métropole n’est pas une ville


« Nous parlons de ville, mais la ville a changé. À peine peut-on donner ce nom aux débâcles de béton qui finissent par engloutir plusieurs villes », constatait déjà Bernard Charbonneau en 1969 dans Le jardin de Babylone. Ce qui est en train de se construire entre Valence et Genève n’a rien à voir avec une ville : c’est une grande banlieue, une succession de grands ensembles, de zones pavillonnaires, de centres commerciaux, de zones industrielles et de rond-points. Avec les inconvénients de la campagne et de la ville, la métropole se caractérise surtout par une absence d’âme, et se voue à la raison économique. Autant les villes « d’avant » ont souvent permis de multiples formes de subversion, autant les métropoles modernes sont dominées par le règne du conformisme.

Plus aucun espace aménageable


La mauvaise foi de Philippe De Longevialle, n’a pas de limites. Pour justifier la densification de la ville, l’adjoint au bétonnage grenoblois avait montré au Daubé (19/03/2012) « une maquette fidèle à Grenoble au XIXème siècle : ‘‘On voit bien que la question de la densité est liée au ressenti, à l’époque, il n’y avait pas un seul jardin, un seul espace vert’’ ». Comme si la densité urbaine actuelle était comparable à celle du Grenoble du dix-neuvième siècle, petite ville fortifiée entourée d’immenses champs et vergers parsemés de quelques fermes et hameaux. Aujourd’hui, il n’y a plus un espace libre dans la Métro : « On arrive un peu à une pénurie de terrains libres aménageables, confirme Stéphane Bonomi [NDR : responsable du service Aménagement opérationnel] à la Métro.

 

Et certains terrains sont soumis à des risques d’inondation en cas de crue, comme c’est le cas pour les projets de Pré Charron à Domène et de Technovillage à Muriannette. D’ailleurs si ces terrains ne sont pas urbanisés à l’aube du XXIème siècle, c’est qu’il y a une raison » (Le Daubé, 6/04/2013).

NOTES

[1Dans une interview récente au Moniteur (20/09/2013), Destot s’enorgueillit que, dans un sondage commandé par l’AMGVF (Association des maires des grandes villes de France – association qu’il préside), «  la création des métropoles est appréciée positivement par 67 % des personnes interrogées ». Ce qu’il omet de dire, c’est que selon ce même sondage 73 % des personnes interrogées n’ont pas «  entendu parler de la création du statut de métropole ». Les « positifs » ne représentent pas «  67 % des personnes interrogées » mais 67 % des 27 % ayant entendu parler de la création du statut de métropole. Bref, « la création des métropoles est appréciée positivement par... » 16 % des personnes interrogées.

[2Laurent Davezies, La crise qui vient, Le Seuil, 2012

[3Des élus des Bouches-du-Rhône paient des publicités dans Le Monde (04/07/2013) pour avertir : «  Nous, maires et présidents d’intercommunalité des Bouches-du-Rhône, refusons le triple déni de démocratie, de justice et d’égalité républicaine, que le gouvernement entend imposer en fondant les intercommunalités existantes dans une mégapole surdimensionnée, hyper-centralisée, coûteuse, technocratique et finalement inefficace  ». À Paris, le député UDI Jean-Christophe Lagarde affirme que « la métropole de Paris est un monstre bureaucratique et antidémocratique, censé gérer la vie quotidienne de 6 millions d’habitants » (Le Monde, 22/07/2013).

[4Fabien Desage et David Guéranger, La Politique confisquée, éditions du croquant, 2012.

 

Source:    http://www.lepostillon.org/local/cache-vignettes/L562xH180/siteon0-e5814.png

 


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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 22:06

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Journal 4 pages du syndicat CGT de l'Hôpital de Dieppe

Début 2013, la Direction est passée en force pour réaliser des économies sur le dos des soignants: Les AS et IDE de Chirurgie se sont vues imposer une « expérimentation » où elle travaillent 12 jours de plus pour pas un centime de plus.


Quel bilan a été fait de cette expérimentation ?

Par la Direction aucun!

La CGT a recueilli l’avis de 44 agents. 97,7% demandent l’arrêt de l’expérimentation !

Pour les contractuels, la situation est mauvaise, aucune mise en stage d’AS et IDE depuis le 1er juillet 2012 !

De mois en mois la Direction n’a pas tenu compte des mises en garde de la CGT, des avis souvent unanimes des instances (CTE et CHSCT).

Devant cette situation bloquée et la dégradation des conditions de travail, les agents, avec les syndicats unis, se sont rassemblés le 8 novembre devant le Conseil de surveillance en demandant la mise en stage des CDD au bout d’un an, l’arrêt de l’expérimentation des 7h30.


Le débrayage du 8 novembre a fait bouger les choses.

Vous lirez, en page 2, que la Direction confirme la mise en stage de 33 CDD, à l’ancienneté, au 1er janvier 2014 (au lieu des 4 annoncés auparavant). N’hésitez pas à nous appeler (au 7594) pour savoir si vous faites partie des 33.

Vous lirez ensuite, page 3, les demandes de la CGT, toujours valables pour nos collègues CDD

Pour les trames en 7h30 nous réaffirmons qu’il faut stopper l’extension à d’autres services. Puisque la Direction a clairement dit que c’était une « expérimentation », puisque que le vote négatif à l’unanimité au CTE du 25 octobre 2012 a porté sur une « expérimentation en Chirurgie », alors il est temps de tirer toutes les leçons de cette expérimentation négative pour les soins, et revenir en 8 heures.

Pour que le terme expérimentation ait un sens, il appelle une évaluation et la possibilité de revenir à ce qui marchait mieux !

La CGT cherchera toute possibilité de négociation pour rétablir le protocole de 2002 toujours valable.

Nous n’acceptons pas que le personnel soit la variable d’ajustement quand le Ministère prétend nous imposer un budget insuffisant.


S’il faut la grève pour être entendus nous y sommes prêts !

 

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"Informations données par la Direction; Titularisations-Mises en stage

2013/2014

1/ Les mises en stage :

La politique de stagiairisation fait partie d’un axe du projet social 2012-2016. L’objectif est d’écrire une politique de mise en stage connue de tous et équitable.

Ainsi un groupe de travail avec les organisations syndicales s’est mis en place pour travailler sur ce sujet.

Nous prendrons en compte les propositions des organisations syndicales (nous disposons de celles de la CGT). Pour autant, si cette politique doit viser à réduire le délai avant mise en stage, elle doit aussi respecter la réglementation.

Ainsi, pour être nommé stagiaire, il doit exister avant tout un poste vacant (c'est-à-dire non occupé par un titulaire).

Ex : un titulaire qui occupe un poste mais qui est en disponibilité ou en congé parental ne libère pas son poste. Ce poste n’est donc pas vacant.

Pour certains corps de métiers, le nombre de poste vacant étant très limité, il a été acté d’assouplir cette

règle en considérant 10% des postes occupés par des agents en disponibilité/congés parental comme des

postes vacants (ce qu’ils ne sont pas).


Ex : si 40 agents sont en disponibilité, ils occupent toujours leur poste mais on peut considérer que 4 postes supplémentaires seront ouverts aux stagiairisations (en plus de tous les postes vacants)

Ensuite, il faut exercer à temps complet.

Si ces deux conditions sont réunies, il serait proposé un parcours de stagiairisation aux agents concernés :

à savoir une expérience dans deux unités/services différents, un délai d’un an minimum et un passage possible en unité de nuit. Ce parcours serait bien entendu construit individuellement avec l’agent concerné.

Il ne peut y avoir 2 titulaires sur un même poste. Quand un titulaire est absent pour une longue période, il ne peut être remplacé que par un contractuel. Son souhait d'intégrer la fonction publique hospitalière est légitime. La politique de stagiarisation que nous cherchons à établir doit permettre un parcours d'intégration des contractuels les plus anciens, sur poste vacant.

Dès à présent, une politique d'intégration est à l'oeuvre à un rythme soutenu compte tenu des contraintes budgétaires.

2/ Nombre de Mises en stage/ Titularisations :

  • 2012 : 67 mises en stage / 70 Titularisations
  • 2013 : 30 mises en stage / 94 Titularisations
  • 2014 : à compter du 1er janvier 2014, seront mis en stage tous les agents ayant plus de 24 mois d’ancienneté, en tenant compte des critères énoncés ci-dessus, soit 33 agents tout grade confondu.

Des courriers individuels ont été envoyés à chaque personne concernée.

Pour la Direction

Décembre 2013"


La CGT écrit à la direction

Cgt hôpital de Dieppe (poste 7594)

Mercredi 16 octobre 2012.

Bruno Ricque, Secrétaire général,

à Monsieur M..., DRH du CH Dieppe.

Objet : CDD.

Monsieur le Directeur,

Suite à la réunion du 23 septembre sur les CDD, nous transmettons notre position et nos questions.

►Nous souhaitons disposer des données chiffrées pour cerner les réponses possibles à apporter aux collègues travaillant en situation de précarité.

Nous voudrions connaître :

  • - Le nombre de CDD par grade.
  • - Le nombre de postes, par grade, non occupés du fait de :
    • - Temps partiel,
    • - Disponibilité,
    • - Congé parental,
    • - LM ou MLD.
  • - Le nombre d’agent relevant de l’application du protocole Tron (concours réservés).

=> La position de la CGT pour les mises en stage peut se résumer ainsi :

  • Mise en stage des agents en CDD (sauf difficulté professionnelle) au bout d’un an, en prenant comme critère l’ancienneté et non le poste occupé. Ce qui pourrait se formuler : Mise en stage après une durée de CDD comprise entre 12 et 18 mois, au moyen de 2 vagues de mises en stage dans l’année (fin juin et fin décembre).

=> Concernant les conditions supplémentaires à satisfaire, envisagées par la DRH :

  • Avoir fait un temps de passage en service de jour. Nous n’y sommes pas favorables, le travail de nuit est un travail soignant sollicitant toutes les compétences, l’agent ne travaille pas seul. Les jeunes diplômés font parfois l’effort d’accepter un poste de nuit quand ils n’ont pas d’autre choix, pourquoi décider en plus que cela ne leur permettra pas d’être stagiarisés.

S’il existe, selon la Direction des soins, un problème d’encadrement, alors c’est l’affection de cadres de nuit qu’il faut rediscuter. 

  • Avoir travaillé dans 2 unités minimum. Nous n’en voyons pas la pertinence. Le diplôme permet un exercice dans tous services, mais il y a, selon les spécialités, une période d’apprentissage et d’adaptation qui peut être assez longue. L’agent va ainsi avoir besoin de 6 mois à un an pour être pleinement performant en Réa ou en Psy. Va-t-on, à ce moment, lui demander de changer de service. Pour la CGT ce n’est ni nécessaire ni souhaitable.
  • Que l’agent ait fait une demande expresse. Nous n’en voyons pas l’intérêt mais nous n’y sommes pas opposés.
  • Nous savons qu’à 99% les collègues CDD demandent leur stagiarisation, pour des raisons parfaitement compréhensibles.

=> Enfin, il nous semble que la première mesure en faveur d’une amélioration de la situation des CDD, serait d’acter ce qui était jusqu’à présent la pratique constante : Aucun CDD (sauf problème professionnel) n’est mis dehors de l’hôpital passé un an de CDD.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur nos salutations respectueuses.

 Bruno Ricque pour la CGT des hospitaliers

 

http://img.over-blog.com/288x247/0/24/81/01/Enseignement/formation003.jpg

Plan de formation 2014 :

Il manque des « entrées sans concours » pour l’école

La Direction a soumis son plan de formation au CTE du 28 novembre.

Après discussion, la CGT a fait la déclaration suivante :

« Le syndicat CGT défend les formations et particulièrement toute mesure permettant la promotion professionnelle.

Depuis 2 ans nous demandons que soient réinscrites au plan, des formations Aide soignants, avec entrée sans concours. Ce qui nécessite auparavant une préparation de remise à niveau.

C’est souvent la seule possibilité de promotion pour nos collègues ASHQ qui n’ont pas de réel déroulement de carrière (42 points sur toute la carrière).

C’est important de répondre positivement à des collègues qui sont très motivés.

Nous déplorons que la Direction n’entende pas cette demande, prenant le risque de décourager des agents.

Nous voterons le plan de formation, au vu des accords donnés pour d’autres formations, mais nous déplorons que la Direction fasse barrage à la demande des ASH ».

 

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Secrétariats médicaux : Un premier pas.

L’ancienne Direction, pour réaliser des économies, avait prévu un seul secrétariat mutualisé dans le nouveau bâtiment de Médecine. La CGT, seule, avait voté contre.

Depuis l’ouverture, en décembre 2012, la mutualisation a produit ses effets néfastes, pour les administratives, pour les médecins, pour les équipes, pour les patients, pour le lien avec les médecins de ville.

La CGT a demandé plusieurs fois le rétablissement de secrétariats dans les étages.

Les médecins se sont mobilisés et ont fait une pétition.

La Direction, a commencé à mettre en place des secrétaires, référentes « par plateau », et positionnées dans les services quelques heures.

C’était nécessaire. La CGT demande à poursuivre dans le sens de secrétariats par service, avec une bonne installation matérielle des secrétariats dans les étages.

 

http://img.over-blog.com/300x225/0/24/81/01/Sante-action-sociale/2013-11-08-Hospitaliers-Dieppe.jpg

Les personnels hospitaliers se défendent.

  • => A l’hôpital de Cherbourg, le personnel, avec CGT et FO, vient d’obtenir par plusieurs débrayages, la suspension du plan d’austérité de la Direction (approuvé seulement par la CFDT).
  • => A l’hôpital psy de Caen, le Directeur veut à nouveau supprimer 5 RTT au personnel pour combler le manque de budget (avec l’appui de la CFDT). 300 hospitaliers se sont réunis avec la CGT mardi 10 décembre. Ils sont en grève mardi 17 décembre avec blocage pour que leurs acquis ne soient pas touchés. 
  • => A l’hôpital d’Evreux-Vernon, 36 postes ont été supprimés. Le personnel a débrayé le 19 novembre à l’appel de la CGT, 200 personnes se sont réunies dans le hall de l’hôpital. La Direction s’est engagée à arrêter les suppressions de postes, à pérenniser l’obstétrique sur Vernon. 60 000€ ont été débloqués pour des remplacements.

Dieppe le 16 décembre 2013.

 

Source :

http://img.over-blog.com/219x300/0/24/81/01/Logos/Ta_Cgt_UL_Dieppe.jpg


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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 21:09

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Vous avez détesté l’ANI Medef CFDT sur la précarité de l’emploi ? Vous allez haïr la suite sur « la formation professionnelle » ! (7 Jours Filpac CGT n°63 - lundi 16 décembre 2013)

 

 

A lire sur le site de la Filpac-CGT

Vous avez détesté l’ANI Medef CFDT sur la précarité de l’emploi ?Vous allez haïr la suite sur « la formation professionnelle » ! (7 Jours Filpac CGT n°63 - lundi 16 décembre 2013)

 


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