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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 15:41

 

http://img.over-blog.com/300x225/3/06/23/69/photo-1/ANNIE.JPGhttp://img.over-blog.com/300x225/3/06/23/69/photo-1/BERNARD.JPG

 

Ces 25 et 26 octobre, à l'hôpital Cochin sur invitation du syndicat CGT de l'établissement avec le soutien du Front Syndical de Classe se sont donc tenues 2 journées de débats et d'échanges.


Avec la participation de 2 conférenciers :


Annie LACROIX-RIZ : "La question des salaires au XXe siècle"


Bernard FRIOT : " La retraite c'est révolutionnaire!

 


Difficile de retracer la richesse de ces débats et échanges.


Une certitude et une convergence des réflexions :


Nous sortons d'une période de 30 ans marquée par des défaites et des reculs du mouvement syndical et la mise en oeuvre d'une contre-révolution sociale, politique et idéologique.


Les périodes d'avancées et de conquêtes du mouvement social et syndical coïncident incontestablement avec le renforcement et le rayonnement des idées de lutte de classes au niveau politique et syndical. De puissantes luttes de masse permettant ces avancées.


En attestent la conquête des congés payés en 1936 accotée à la grève générale et aux occupations d'usine et les conqêtes de la Libération (statut fonction publique, sécurité sociale, régime des retraites ...


A l'inverse le progrès des idées de soumission et de collaboration de classe coïncident avec les reculs, la passivité du monde du travail, la progression des phénomènes de corruption dans les organisations syndicales elles-mêmes.


Dans le contexte actuel marqué par l'aggravation des politiques de régression pilotées par l'Union européenne et accompagnées par les directions syndicales toutes intégrées à la CES, plus que jamais, pour les militants et les bases syndicales restées fidèles aux principes gagnants du mouvement, l'heure est à la réappropriation des outils syndicaux.


Et il s'agit bien de passer de la résistance à la contre-offensive !


______________________________


Les conférences de ce week-end ont été enregistrées dans leur intégralité et seront consultables sur le site  des films de l'AN II  à l'adresse :


LES FILMS DE L'AN 2

 

 

Le Front Syndical de Classe- FSC

http://idata.over-blog.com/3/06/23/69/logo-FSC.jpg

 


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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 07:22

http://www.alternatives-economiques.fr/pics_bdd/contenu_fr_visuel/12258801070_Gadrey.JPG

Par Jean Gadrey,  Professeur honoraire d'économie à l'Université Lille 1. 

 

 

Nous vivons dans des sociétés et dans un monde où les pouvoirs économiques dominants restent ceux de la finance globalisée et des firmes multinationales. Tout ce que nous pouvons préconiser doit en tenir compte. En monétarisant, nous entrons dans leur domaine et nous ouvrons même la possibilité d’une financiarisation de la nature. 


Leur stratégie actuelle vise à inventer des marchés pour des fonctions techniques remplies gratuitement par la nature ou « services écosystémiques ». Ces inventions sont d’une effroyable complexité technique. Tout concourt à ce que cela nous échappe. Il faut pourtant s’y mettre. Je m’appuie en partie dans ce qui suit sur le livre « La nature n’a pas de prix » publié par Attac et écrit par Geneviève Azam, Christophe Bonneuil et Maxime Combes.


La nature rend bien des « services » sans qu’on s’en rende toujours compte… tant que cette « production » n’est pas menacée ou tant qu’elle est gratuite. Le capital financier a bien compris que, puisqu’il y avait menace et risque d’épuisement de ces services, il y avait une opportunité de faire payer, pour peu que DES DROITS DE PROPRIÉTÉ (OU DES INTERDICTIONS D’USAGE) SOIENT INSTAURÉS ET QU’ON DÉFINISSE DES UNITÉS DE SERVICES MESURABLES ET ÉCHANGEABLES. En plus, nous dit-on, ce serait excellent pour les peuples du Sud qui ont tant de services à proposer via leurs ressources de forêts, de biodiversité ou de terres arables.


Comment faire ? Il faut découper la nature en « ateliers fonctionnels », comme dans une unité industrielle - à l’opposé de la logique des écosystèmes – chacun de ces ateliers produisant un service mesurable, avec des droits de propriété et, par exemple, des contrats de fermage ou de métayage pour ceux (des collectivités paysannes ou forestières) qui « produisent » ces services. Avec bien entendu des rentes pour les propriétaires ayant acquis les droits. Et il faut créer un marché de ces services.


MARCHÉS DU CARBONE


Prenons un exemple, celui des « mécanismes de développement propres » (MDP). Il faut pour les comprendre commencer par les principes des marchés du carbone. Le point de départ semble excellent :

 

il faut définir des plafonds (ou droits) d’émissions de carbone pour les entreprises et secteurs les plus polluants, pays par pays. Jusque là, pas de marché ni de prix. Le marché intervient lorsqu’on admet (pour des raisons baptisées « flexibilité ») que les unités qui émettent plus que leurs droits (politiquement alloués) peuvent échanger leurs tonnes en excès avec d’autres unités qui émettent moins que leur plafond, en passant par une Bourse centrale, ou de gré à gré via des courtiers. Un prix d’équilibre va alors résulter de la confrontation entre l’offre et la demande globales. Ce sera le prix du carbone, sur ce marché inventé. Mais tous les marchés sont des constructions humaines.


L’idée est que, si les quotas d’émissions alloués sont suffisamment bas, le prix final sera élevé, d’où une forte incitation, pour les unités polluantes, à réduire leurs émissions. On sait que c’est l’inverse qui s’est produit en Europe, parce que les quotas ont été sur-alloués et fixés à un niveau élevé pour ne pas déplaire aux lobbies industriels et énergétiques pleurant sur leur « compétitivité », et parce que ce système permet d’innombrables fraudes ou fuites. Le prix du carbone s’est effondré. Voir cette source.


La Commission a prévu, devant cet échec monumental, de revoir les règles du marché et, pour faire monter le prix du carbone, de mettre en place une obligation d’achat des droits d’émission par les entreprises au lieu de leur attribution gratuite par les États, ainsi que leur mise aux enchères dans le secteur de l’énergie. Mais les mêmes lobbies produisant les mêmes effets, Greenpeace estime que plus de 90 % des entreprises concernées continueront d’obtenir leurs droits quasi-gratuitement d’ici 2020.


DU MARCHÉ CARBONE AU MDP


Mais cette invention ne s’arrête pas là. Comme les grandes entreprises très émettrices sont mondiales, on a prévu pour elles une sorte de mondialisation des échanges leur permettant, pour le carbone aussi, de tirer profit de « l’échange inégal » entre riches et pauvres, celui qui fonctionne déjà à merveille pour le coût du travail. Cela relève notamment du « mécanisme de développement propre » (MDP).


Le principe est le suivant : si une entreprise, par exemple française, dépasse son quota d’émissions, mais si elle investit « proprement » (projets moins carbonés) dans un pays en développement, elle obtient des « certificats » ou des « crédits de compensation » permettant de réduire d’autant son excès d’émissions en France. C’est une façon d’encourager l’excès de pollution domestique si l’on fait mieux ailleurs, en sachant toutefois que « faire mieux » dans les pays pauvres revient nettement moins cher que faire mieux (réduire d’autant les émissions) en France ou en Allemagne. C’est aussi une façon d’exonérer les pays riches et leurs entreprises nationales de leurs responsabilités.


On pourrait objecter : qu’importe, si les émissions mondiales baissent par ce biais. Or, d’une part, elles ne baissent pas, ni dans le monde ni en Europe, au contraire. Elles progressent en fait nettement si on tient compte des émissions importées. Et surtout, cet « encouragement à émettre chez soi » freine fortement toutes les stratégies nationales de vraie transition, les énergies renouvelables et les emplois qu’elles pourraient créer. Sans parler des effets d’aubaine ou de cas scandaleux d’entreprises pour lesquelles ce MDP a constitué une incitation à émettre PLUS de GES (voir le livre cité p. 73-74) parce que certains gaz à fort effet de serre échappaient au mécanisme.


On comprend alors que cela puisse déboucher sur des monstruosités écologiques où, par exemple, des multinationales cherchent à compenser leurs excès d’émissions au Nord par LA PLANTATION DE FORÊTS DANS LES PAYS DU SUD afin de recevoir des crédits d’émission.

 

C’est aberrant sur le double plan écologique et social, pour deux raisons au moins.

 

D’abord parce que les forêts plantées ont un cycle de vie et qu’elles peuvent devenir émettrices de carbone au bout d’un certain temps. Cette stratégie est donc tout sauf durable. Ensuite parce que les forêts sont ici réduites à une seule fonction, celle de puits de carbone, à l’exclusion de toutes leurs autres qualités comme écosystèmes. Résultat : on encourage ainsi « les monocultures d’arbres qui détruisent les écosystèmes (eucalyptus, palmiers à huile, pins transgéniques, qui donnent droit à des crédits carbone), qui détruisent les agricultures vivrières, provoquent l’exode rural et le chômage, épuisent les sols et les ressources en eau » (p. 112). IL S’AGIT DE PRODUCTIVISME FORESTIER DESTRUCTEUR DES FORÊTS ET DE BIODIVERSITÉ AU NOM DE LA FINANCE CARBONE.


Mais ce n’est pas tout. La financiarisation de la nature va plus loin. Elle a inventé des « subprimes écologiques », des produits financiers liés à des emprunts hypothécaires gagés sur l’environnement. Ils sont proposés à des communautés locales du Sud, pauvres en ressources économiques mais riches en ressources naturelles. Elles peuvent par exemple contracter des micro-crédits et percevoir ensuite des revenus à condition qu’elles gèrent « bien » leur environnement naturel (selon des normes techniques imposées de l’extérieur, et si possible avec des OGM ou d’autres innovations brevetées…). Les promoteurs ne disent pas ce qui adviendra si les débiteurs sont dans l’impossibilité de rembourser les crédits qu’on leur a proposés, comme ce fut le cas dans la crise des subprimes.

 


POURQUOI PAS DES MARCHÉS DE « DROITS » S’ILS SONT BIEN RÉGULÉS ?


J’ai quelques amis économistes (vraiment) écologistes qui estiment qu’il faut refuser la financiarisation, que le marché carbone européen est un énorme échec, mais que cela ne tient pas au principe de tels marchés. Ces derniers pourraient être efficaces (pour réduire les émissions par exemple) si les pouvoirs publics les encadraient bien, fixaient des quotas stricts ou les mettaient aux enchères, ou fixaient des prix plancher. Ils mettent en avant un cas où cela a assez bien réussi, le marché du dioxyde de soufre (SO2) et des oxydes d’azote (NOx) aux États-Unis dans les années 1990 sur la question des pluies acides (voir ce lien, qui signale aussi des limites, ainsi qu’un bilan jugé « contrasté » de l’Agence américaine de l’environnement).


Je respecte ce point de vue, mais j’ai du mal à le partager, s’agissant en tout cas des grands enjeux du climat et de la biodiversité, même si ces mêmes amis me font remarquer que ces deux cas ne sont pas identiques et qu’il existe pour le climat des variables identifiables (les émissions) permettant de mettre en place des marchés fortement régulés, ce qui n’est pas le cas pour les écosystèmes.


J’ai deux objections. D’abord, un ou deux (relatifs) succès nationaux sur des enjeux ciblés ne prouvent rien, et en particulier il ne disent pas ce qu’auraient permis d’autres stratégies, non marchandes (normes, taxes, bonus/malus…). Seconde objection : s’il s’agissait non pas d’émissions de gaz à effet de serre mais de pollutions par exemple chimiques (d’une rivière, de l’air) ayant des impacts immédiats, visibles et médiatisés, sur la santé et la vie des gens concernés, il est certain qu’aucun écolo n’admettrait qu’on autorise une firme à poursuivre de tels dégâts en achetant des « droits de polluer » à des entreprises plus propres. L’usine Spanghero a été fermée pour moins que ça. Voir également la campagne « Il est temps de mettre fin au marché carbone européen ».


Si donc on admet encore aujourd’hui que des entreprises puissent continuer à déverser du carbone dans l’atmosphère à des niveaux très élevés en ne faisant que payer (un peu) pour continuer, c’est que la gravité des dommages humains futurs liés au réchauffement climatique est ignorée ou peu considérée. « On » ne leur retire pas leur « permis de produire », on ne leur enlève pas des points sur ce permis, ce qui serait pourtant une bonne politique, « graduée » mais ferme, parce que « on » estime que l’infraction est mineure et peut être réglée par un chèque.

Il appartient selon moi à ceux qui ont une fibre écolo de gagner la bataille de l’opinion sur l’extrême gravité de la crise climatique, pour ne parler que d’elle. Ils le font quotidiennement. Mais s’ils acceptent l’idée de marché de droits, ne jouent-ils pas contre leur camp au nom d’une efficacité qui n’est pas prouvée ?


CONCLUSION


1) L’usage d’outils économiques et monétaires (par exemple une taxe carbone conçue avec un souci de justice sociale, et en surveillant ses possibles effets pervers) pour favoriser une « transition juste » est l’un des éléments souhaitables d’une palette bien plus large d’interventions.


2) Le recours éventuel à ces outils n’implique pas la formation de marchés ni de marchés financiers. Il exclut l’idée de « compensation » possible entre dégâts ici et « réparations » ailleurs. Mais un principe de précaution s’impose, vu le contexte et les rapports de pouvoir économiques, et vu que ces outils peuvent se retourner contre « nous ».


3) Ces outils sont d’une extrême diversité et on ne peut pas les évaluer globalement. Il faut du cas par cas, et éventuellement des typologies. Je suis en particulier hostile aux évaluations économiques de la biodiversité, qui a aujourd’hui de fervents supporters, en raison de leur caractère réducteur, incitant à des pratiques de « compensation » qui sont des machines à tout artificialiser et à tout rendre équivalent, ce qui est un non-sens écologique. Cela dit, en particulier à une échelle locale, envisager des coûts de vraie restauration écologique de certains espaces ou de certains cours d’eau pollués me va très bien.


4) Pour ce qui est des ressources naturelles dont on pense qu’elles devraient constituer des biens communs gérés collectivement avec précaution et sens des limites, les marchés et les marchés financiers connexes qui ont été inventés depuis les années 1970 et 1980 (quotas laitiers au Québec, quotas individuels en Australie, etc.) sont selon moi à éviter. Sauf si on me démontre que de tels marchés peuvent être cogérés par leurs « parties prenantes », ce dont je doute faute de preuves. J’ai tendance à penser que les dispositifs non marchands sont nettement préférables, et bien plus compréhensibles par les citoyens.


5) La démocratie et la société civile doivent s’emparer de ces outils contre l’expertocratie économique et financière, tout en s’alliant avec les réseaux d’économistes et écologistes les plus « citoyens », faire un tri sélectif, recycler les plus utiles, les soumettre en amont aux connaissances scientifiques d’autres domaines, et refuser les monstruosités financières.


6) En faisant cela, il faut garder les yeux fixés sur des finalités de société et sur la qualité intrinsèque des biens communs naturels, avec des indicateurs pertinents, non monétaires (sauf éventuellement des indicateurs de coûts observables).


Pour télécharger le fichier pdf d’un résumé en deux pages des quatre billets, suivre ce lien: prixnatureresu.pdf

 

 

http://naturepilot.unblog.fr/files/2010/05/nature.jpg

 

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 06:58

http://reflets.info/wp-content/uploads/2013/10/shitstorm-hollande.jpgNicole Bricq, ministre du Commerce extérieur du gouvernement Ayrault et membre du parti Socialiste, a-t-elle commencé à déminer ce qui s’annonce comme la plus grosse affaire du mandat de François Hollande ?


C’est la question que l’on peut se poser, car si la gaffe de Fleur Pellerin, qui qualifiait Alcatel de ‘pièce maitresse de la cyber-surveillance’ n’était clairement pas volontaire, et laissait déjà apparaitre un équivalent Français au programme américain XKeyscore – qui permet à la France de faire à l’Afrique et au Moyen Orient ce que la NSA fait à l’Europe -, la sortie de Nicole Bricq sur TV5 est, elle, clairement calculée.


 

 

 

Première révélation : la ministre avoue clairement que les « cris d’orfraies » poussés par François Hollande et Laurent Fabius au sujet du programme de surveillance Américain ne sont que du théâtre, sans doute destinés à apaiser le petit peuple, et à initier un mensonge d’Etat à coté duquel Jérôme Cahuzac va faire l’effet d’un enfant de chœur.


Elle a, dès le début du mandat de François Hollande, demandé un rapport à Claude Revel, déléguée interministérielle à l’intelligence économique (et par ailleurs présidente d’IrisAction, une officine d’intelligence économique – qui a dit conflit d’intérêts ?). Remis en janvier dernier – il y a dix mois – la ministre concède que « depuis lors, le premier ministre a pris l’affaire au sérieux ». La surprise au sujet de Prism affichée par Hollande et Fabius est donc bien feinte. Ils étaient tous deux parfaitement au courant de ce qu’il se passait.


Deuxième concession, et c’est sans doute la plus intéressante, face au journaliste qui lui demande si nous même, français, nous n’espionnons pas, elle réplique qu’au contraire, « on sait quand même ce qu’il se passe chez les autres ! ». Le trio de journalistes relance – c’est assez rare pour être souligné et salué – et demandent à la ministre si elle a des informations, mais celle-ci se rétracte : « je n’ai pas d’information » – que voulez-vous, elle n’est que ministre, mais « un pays comme la France doit aussi avoir son outil concernant… heu… c’est pour ça que… je vous parle de l’intelligence économique… non mais… heu… attendez… on n’est pas dépourvu en la matière ».


Le Prism Français, c’est quoi ?


Hasard ou coïncidence (ou pas), au même moment, la presse Allemande (relayée par TV5) annonçait que des accords de coopération sur la surveillance entre la France et les USA avaient été passés  » il y a quelques années », alors qu’il y a trois jours, Najat Vallaud-Belkacem, porte parole du gouvernement,expliquait que François Hollande voulait « que s’engage une coopération bilatérale entre les services de renseignement français et les services de renseignement américains pour y voir plus clair sur ce sujet et encadrer les choses ».


Ironie du sort (qui s’acharne, décidément, sur le Parti Socialiste), Najat Vallaud-Belkacem occupait, peu de temps avant d’entrer au gouvernement Français, le poste de conseiller du roi Mohammed VI (un client de Bull-Amesys), qui l’avait nommée membre du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (qui a dit conflit d’intêrets ?).


Pour rappel, le Maroc est – outre un paradis pour pédophiles – un pays qui vient de mettre en place une censure politique de l’internet, utilisant les technologies Bull-Amesys, et s’en sert également pour traquer son opposition politique (Bull-Amesys est un leader mondial de la surveillance, dans lequelle le FSI, aujourd’hui Banque Publique d’Investissement, dirigée par Ségolène Royal, a récemment investi, et dont Orange est l’un des principaux actionnaires).


La censure au Maroc touche des sites tels que Lakome.com (un journal d’investigation et d’opinion Marocain), dont l’un des fondateurs a récemment fait un séjour en prison , ainsi que… Reflets.info. Amusant, non ?


Incoming Shitstorm


Comment Diable la France a-t-elle pu se retrouver en mesure de discuter d’égal à égal avec les USA sur un programme de surveillance globale des populations ? C’est assez simple, et la raison se trouve dans la toute première série de slides révélées par Edward Snowden, qui montre la position stratégique des USA dans le trafic mondial sur internet.


http://reflets.info/wp-content/uploads/2013/10/prism-slide-2-1.jpg

 

Le constat fait par la NSA est simple : une énorme partie du trafic Internet mondial passe par les USA, et place ces derniers dans une position privilégiée pour écouter tout le monde. Tout le monde ? Pas vraiment. Comme le montre très clairement cette slide, le continent Africain échappe en grande partie aux grandes oreilles Américaines (seulement 11Gb de trafic)…

Mais pas aux grandes oreilles Françaises (343Gb, ou presque), mettant ainsi le pays de Droits de l’Homme et du fromage dans une position unique pour intégrer le club fermé – aux cotés d’Israël – des grands maitres de la société de surveillance qui s’installe.


http://reflets.info/wp-content/uploads/2013/10/890.jpg

 

Cet accord de coopération que François Hollande prétend vouloir négocier avec Obama se nomme en réalité « Lustre », et aurait été signé par Nicolas Sarkozy il y a quelques années. Pourquoi « Lustre » ? Je vous laisse choisir… (123, ou plus rigolo : 4)


De quoi éclairer d’un œil nouveau certaines visites à l’Elysée et renouveler en profondeur la fameuse Françafrique. Mais c’est également une bonne raison pour que les populations Françaises comme Africaines se soulèvent contre les dirigeants d’un pays qui est devenu, en quelques années, le plus grand danger pour les Droits de l’Homme dans le monde.

Vidéo : tandem et prédictif

http://vimeo.com/52220956


 

Source:

http://reflets.info/accords-lustre-le-gouvernement-commence-a-lever-le-voile-sur-le-prism-francais/

http://reflets.info/wp-content/uploads/2012/12/logo-reflets-home1.png

 


 


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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 06:43

 28 octobre 2013 

 

http://www.contrelacour.fr/wp-content/uploads/2013/10/Merkel-300x199.jpgAlors que le gouvernement français s’embourbe dans ses projets de réformes intérieures, la chancelière allemande prépare déjà ses cartes pour la réforme de l’Union européenne: plus d’intégration, plus de contrôle budgétaire, plus de pouvoirs à la Commission. 

 
Pour cela, Madame Merkel envisage une réforme des Traités européens. C’est ce que nous rapporte l’excellent article sur quotidien allemand Spiegel. Pour l’instant, seule une réforme du protocole n°13 annexé au Traité semble envisagée, mais cela semble suffisant pour réveiller les craintes de référendums.


Voici la traduction de l’article « Angela’s Agenda: A Grand, Controversial Plan for Europe » publié le 21 octobre dernier sur le site du Speigel.

 

Le troisième mandat d’Angela Merkel sera probablement à une augmentation des dépenses en matière de politique intérieure. Mais elle a de grands projets pour l’Europe. Spiegel a appris qu’elle veut confier à Bruxelles beaucoup plus de pouvoir sur les budgets nationaux. C’est un geste risqué auquel les partenaires de l’UE et les sociaux-démocrates sont susceptibles de s’opposer.


En fin de compte, l’atmosphère est devenue carrément festive dans la salle Berlin de la Société parlementaire, un bâtiment à côté du Reichstag. Les conservateurs de la chancelière Angela Merkel et le Parti social-démocrate de centre-gauche (SPD) s’étaient réunis trois fois au cours des trois dernières semaines pour sonder si ils pourraient former un gouvernement de coalition. La décision était encore en débat.


Merkel a adressé au président du SDP Sigmar Gabriel un regard interrogateur, et lui a dit: « Voulez-vous dire quelque chose ? » mais Gabriel lui fit signe de parler. « J’ai le soutien de ma délégation pour ce qui nous avons discuté« , dit-elle. « Moi aussi », répondit Gabriel.


La grande coalition a pris forme peu avant 15 heures jeudi dernier. Pour la troisième fois dans l’histoire allemande d’après-guerre, l’Union chrétienne-démocrate d’Angela Merkel, avec son parti frère bavarois, l’Union chrétienne-sociale (CSU) et le SPD se préparent à former un gouvernement de coalition. Les négociations devraient débuter ce mercredi. La chancelière est pressée parce qu’elle veut avoir un nouveau gouvernement d’ici Noël au plus tard. « Noël sera ici plus tôt que vous le pensez« , a-t-elle dit aux autres membres du conseil d’administration CDU vendredi après-midi.


Au début de son troisième mandat, Mme Merkel a plus de pouvoir en Allemagne et en Europe que tout chancelier l’ayant précédé. Il n’y a pas eu une si forte majorité derrière un gouvernement dans le parlement allemand, le Bundestag, depuis le premier semestre de la grande coalition il y a un siècle. Au milieu de la crise européenne, l’Allemagne est devenue la puissance dominante incontestée en Europe.


La grande coalition donnera à Merkel la majorité qu’elle pourrait utiliser pour façonner l’Allemagne et l’Europe et pour traiter les questions importantes, y compris les réformes constitutionnelles en Allemagne et la réforme des institutions de l’Union européenne.

Merkel, contrairement au président du SPD, Gabriel, a été contestée dans son propre parti depuis sa victoire électorale. Il reste désormais peu d’accusations que les critiques avaient adressées à Mme Merkel, exceptée une: qu’elle soit un chancelier sans ordre du jour, sans plan ou sans vision; que son style de gouvernement soit réactif plutôt que proactif, et qu’elle ne sache pas où elle veut conduire son gouvernement et l’Allemagne.

Gros plans pour l’Europe

Dans le passé, Mme Merkel a principalement traité les questions de réparation. Les grands enjeux de ses deux premiers mandats, la crise financière et la lutte pour sauver l’euro, se prêtaient à une telle approche.

 

Est-ce que cela changera, maintenant qu’elle a le pouvoir et les moyens nécessaires? À peine, quand il s’agit de l’Allemagne. Il n’y a pas de grandes réformes dans les travaux dans les ministères du gouvernement, et la grande coalition se concentrera sur l’augmentation des dépenses afin de remplir certaines promesses de campagne des partis.


En revanche, les fonctionnaires de la Chancellerie forgent des plans pour l’Europe qui sont pratiquement visionnaires pour quelqu’un comme Mme Merkel. Si elle l’emporte, ils vont changer fondamentalement l’Union européenne. L’objectif est d’atteindre un vaste contrôle communautaire des budgets nationaux, de l’endettement public dans les 28 capitales de l’UE et des réformes nationales visant à accroître la compétitivité et la mise en œuvre des réformes sociales. L’espoir est que ces mesures permettront d’assurer la stabilité à long terme de l’euro et d’orienter les États membres sur une trajectoire économique et budgétaire commune.

 

Ce serait l’objectif politique souvent invoqué et ambitieux de l’union monétaire de l’Europe – une grande réussite.


Ce n’est pas un nouvel objectif, mais ce qui est nouveau, c’est le contrôle que Bruxelles sera autorisé à assurer, si Merkel y parvient, en effectuant des contrôles plus en amont et plus poussés et en exerçant un droit de veto, ainsi que les accords et les exigences contractuels. En bref, cela équivaudrait à une véritable reconstruction de la zone euro et une étape importante dans le sens d’un « gouvernement économique » que le SPD aimeraient voir mis en place.


La force économique actuelle de l’Allemagne contribue à expliquer ces visions pour l’Europe, car les contrôles budgétaires plus strictes ne seraient pas une menace à Berlin pour le moment. Les niveaux d’allocations chômage sont si bas que le pays a presque atteint le plein emploi, et le budget est en bonne forme, au moins au niveau du gouvernement national. En fait, les caisses publiques sont si pleines que le gouvernement peut se permettre d’augmenter les dépenses intérieures.

Plus d’argent à dépenser

Et c’est précisément ce que les membres de cette coalition ont l’intention de faire. Le premier point de leur ordre du jour est de distribuer des avantages et dépenser de l’argent. Grâce à l’économie forte, les augmentations d’impôts ne seront même pas nécessaires. Dans sa planification financière à moyen terme, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble anticipe la croissance des excédents budgétaires nationaux à partir de l’année prochaine: 200 millions d’euros (274 M $) en 2015, 5,2 milliards d’euros en 2016 et 9,6 milliards d’euros en 2017.


En d’autres termes, le gouvernement aura un supplément de 15 milliards d’euros à sa disposition dans les prochaines années. Cela donne à Merkel et Schäuble la marge de manœuvre nécessaire pour répondre aux désirs de la CDU / CSU et du SPD de plus d’investissements dans les infrastructures et l’éducation sans avoir à augmenter les impôts. Il est question d’un fonds 11 milliards d’euros pour les seules infrastructures.


Avant l’élection, Mme Merkel et Schäuble ont annoncé leur intention d’utiliser les excédents pour rembourser les anciennes dettes. Cela n’arrivera pas aujourd’hui, et pourtant, les conservateurs ne sont pas en proie à un sentiment de culpabilité, notant que, malgré les plans de dépenses supplémentaires, le pays respectera toujours ses exigences en matière de limites d’endettement.


La réorganisation des relations financières entre les gouvernements nationaux et régionaux, qui est à l’ordre du jour dans ces termes, sera probablement coûteuse pour le gouvernement national. De nombreux länder auraient à couper des milliards dans leurs budgets afin de se débrouiller sans nouvel emprunt à partir de 2020. Beaucoup de gouverneurs de länder se plaignent que c’est un fardeau que leur Etat ne peut pas gérer sans l’aide du gouvernement national. Ils sont acharnés à demander un soutien financier de Berlin en échange de leur acceptation de la réforme du système de transfert des paiements des plus riches aux länder les plus pauvres.


La capacité des États à bloquer la législation au sein du Bundesrat, le corps législatif qui représente les länder, deviendra probablement coûteuse pour la nouvelle administration bien avant cela. Merkel s’inquiète que les négociations préliminaires à la coalition au cours des dernières semaines se transforment en marchandage de l’argent entre les gouvernements régionaux et national. « Nous avons juste eu une élection parlementaire national, pas 16 élections parlementaires régionales » a récemment déclaré Merkel, irritée, au groupe parlementaire CDU / CSU.


Il peut aussi y avoir une restructuration majeure dans la façon dont les projets de transport sont financés, en raison du manque d’argent des länder. Le projet de compagnie de la CSU et le bilan de l’automobile ont de bonnes chances d’être approuvés, car ils permettraient de générer de nouveaux revenus.

Plus de pouvoirs pour la Commission européenne

Pendant les négociations, le président de la CSU Horst Seehofer a présenté un plan pour la façon dont le bilan pourrait devenir une réalité. Il appelle les conducteurs à payer des « frais d’infrastructure » à l’avenir. Les allemands pourront prétendre au droit à un crédit sur la taxe sur les véhicules à moteur, de sorte que le coût pourrait finalement être imposée aux conducteurs étrangers. Selon le document, préparé par le ministre des Transports Peter Ramsauer, ce serait possible en vertu du droit européen.


La nouvelle coalition ne fera à une résistance sérieuse pour ses politiques de dépenses, pas même de l’opposition. Avec l’élimination du pro-business Parti libéral démocrate (FDP) du Bundestag, la voix de la modération dans la politique budgétaire a disparu. Seul l’aile économique de la CDU / CSU est susceptible d’opposer une résistance faible.


Par conséquent, Seehofer obtiendra son péage, les Etats seront contentés grâce à des cadeaux financiers et les caisses de sécurité sociale se rempliront. Cela ne sonne pas tout à fait comme un programme ambitieux pour le deuxième gouvernement de coalition de Merkel avec les sociaux-démocrates. Au lieu de cela, il ressemblera beaucoup au premier, ou à un programme d’améliorations mineures, au moins sur le devant de la scène


Mais en ce qui concerne l’Europe, Merkel se dirige vers des décisions stratégiques – et est susceptible de montrer plus de courage à prendre des risques politiques que d’habitude.


Schäuble, le dernier ultra-européen des décideurs allemands, peut être heureux. Merkel veut des amendements concrets aux traités de l’Union européenne: plus de puissance pour Bruxelles, et encore plus de pouvoir à la Commission européenne très critiquée. « Malheureusement, il n’y a pas d’autre option« , disent les responsables gouvernementaux.

L’approche de la carotte et du bâton

Jeudi dernier, après le dernier tour des pourparlers exploratoires avec le SPD, Angela Merkel a intégré le président du Conseil européen Herman Van Rompuy dans la boucle lors d’une conversation privée à la Chancellerie. C’était là une initiative par la petite porte si commune dans l’élaboration des politiques de l’UE. Les documents sont déjà réunis au sein du ministère allemand des Finances sur la façon dont «le protocole 14» du traité de l’UE pourrait être renforcé. Il contient actuellement quelques déclarations générales sur la coopération en matière de contrôle de la zone euro. Mais maintenant, si Berlin est capable de mettre en œuvre son approche de la carotte et du bâton, les pouvoirs tangibles pour la Commission européenne seront ajoutés au protocole.


Par exemple, la Commission pourrait avoir le droit de conclure, avec chaque pays euro, un accord de toutes sortes pour améliorer la compétitivité, les investissements et la discipline budgétaire. Ces « accords contractuels » seraient truffés de chiffres et de délais, afin qu’ils puissent être surveillés et peut-être même contestée à tout moment. En contrepartie, un nouveau budget de Bruxelles longtemps discuté sera disponible pour chaque pays: un budget supplémentaire de la zone euro avec des sommes en milliards à deux chiffres pour les Etats membres obéissants.


Le protocole n°14 pourrait également être utilisé pour installer une tête à temps plein pour l’Eurogroupe. Le travail de présidence est actuellement détenu par un des ministres des Finances des États membres, actuellement le ministre néerlandais des Finances Jeroen Dijsselbloem. Les européens convaincus comme Schäuble ont longtemps rêvé de l’installation d’un « ministre des Finances euro ».

Résistance contre les plans européens de Merkel

Si la chancelière Merkel se concentre sur un amendement de cette partie centrale des traités de l’UE, il s’agit d’une volte-face remarquable. Pourtant, le nouveau parcours est risqué, il a beaucoup de détracteurs et l’issue reste incertaine. Rien de tout cela n’est du goût de la chancelière, du moins de la chancelière que nous connaissons. Mais Mme Merkel a déjà déployé son stratège européen majeur. Le chef du département concerné à la Chancellerie, Nikolaus Meyer-Landrut, a présenté le plan allemand lors d’une réunion à Bruxelles en début octobre. Il ne passe pas très bien.


Les opposants à la monnaie commune gagnent rapidement en popularité dans presque tous les pays de l’euro. Tout changement dans l’équilibre des pouvoirs en Europe et chaque mise à niveau de la Commission européenne rend les gouvernements plus vulnérables aux attaques politiques internes. Plus de puissance pour « Bruxelles? » Pas question.


Il y a même des doutes croissants au Parlement européen, mais pour des raisons complètement différentes. Les gauchistes et les conservateurs craignent que toute personne qui ouvre la porte à la modification des traités « ne sera pas en mesure de le refermer aussi vite« , explique un haut démocrate-chrétien. Surtout, le gouvernement britannique, conduit par le radical Parti de l’Indépendance anti-européenne au Royaume-Uni (UKIP), pourrait profiter de l’occasion pour récupérer les pouvoirs de Bruxelles en « renationalisant » l’Union européenne.


Le SPD pourrait soulever des objections. « Le SPD ne soutiendra aucun arrangement si Merkel mène des négociations parallèles avec David Cameron en Grande-Bretagne pour retourner les pouvoirs de l’UE aux seuls Etats membres » a déclaré Axel Schäfer, chef adjoint du groupe parlementaire du SPD, au SPIEGEL ONLINE. Il a ajouté que le SPD n’acceptera pas de modifications du traité qui se rapportent à des référendums dans les différents États de l’UE.


Le président du Parlement européen, social-démocrate allemand Martin Schulz, a déjà prévenu Merkel en privé qu’il ne soutiendra aucun changement dans les traités de l’UE. Il souhaite que les gouvernements nationaux puissent résister aux crises futures de la zone euro en utilisant les instruments créés étape par étape au cours des trois dernières années – sans modification des traités.

 

Schulz craint qu’une modification du traité serait trop longue et que les référendums nécessaires dans certains pays ne puissent être gagnés, montrant ainsi le sentiment de rejet du public en ce qui concerne l’UE. « Nous allons vérifier toutes les propositions de la chancelière pour voir si elles peuvent être mises en œuvre dans tous les Etats membres« , explique Schulz, qui fera partie de l’équipe de négociation du SPD dans les négociations de coalition, chargé de toutes les questions relatives à l’Europe.


Mais Merkel semble imperturbable face à ces obstacles. Et elle a déjà un calendrier. D’abord, elle veut attendre et voir ce qui se passe dans la campagne de mai 2014 des élections parlementaires européennes. Ensuite, le nouveau président de la Commission européenne devra être choisie une fois que le second mandat du titulaire actuel, José Manuel Barroso, se terminera en 2014. Merkel lui a obtenu le poste et a assuré qu’il obtienne son second mandat. Mais ces jours-ci, elle n’a même pas pris la peine de déguiser son mépris pour Barroso.


Une fois que la nouvelle Commission européenne sera en fonction, il est prévu que Merkel livre sa vision européenne. Elle n’est pas dérangée par le fait d’être en nette minorité lorsqu’elle se lance dans ses projets de réforme. Elle est coutumière de cette position qu’elle a tenu dès les premiers jours de la crise de la dette de l’euro: elle voulait inclure le Fonds monétaire international comme un instrument clé dans la distribution de programmes d’aide, et presque tous les autres pays de la zone euro étaient contre l’idée. À l’époque, elle a dit en privé: « Je suis à peu près seul ici, mais je ne m’inquiète pas, je suis juste…« .


Source : Contre la cour 


http://www.contrelacour.fr/eurozone-plans-reforme-merkel/

 

 


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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 21:29

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Vendredi 25 octobre 2013, par PCS (Puissante Cellule Site !)

La catastrophe budgétaire que subissent de nombreuses universités, avant même qu’ait été annoncée leur dotation annuelle pour 2014, n’est pas le fruit de la crise économique, contrairement à ce qu’assènent tous les discours « réalistes » tenus par les nouveaux managers de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle est la conséquence logique d’une politique élaborée par le précédent gouvernement et que le suivant a suivie avec une fidélité proprement admirable.

 

Nous savions que le changement ne serait pas pour maintenant depuis un an et demi, lorsque les nominations du cabinet Fioraso ont reconduit tous les athlètes de la loi LRU et des RCE. On peut désormais juger sur pièces après le vote, au printemps, d’une nouvelle loi dont nous avons déjà montré qu’elle aggraverait les réformes de Pécresse (voir notre newsletter n°37, notrecomparatif LRU vs. LRU2, la tribune de J.L. Fournel parue dans le Monde du 25 avril 2013 et l’entretien de Ch. Noille dans VousNousIls du 20 février 2013).


Chacun en fait le bilan à son échelle, dans son département, son UFR, son laboratoire, son université. Les quelques variations d’un endroit à l’autre ne masquent pas combien les ressemblances l’emportent, car ce sont bien les logiques structurelles d’une politique mise en place à l’échelle nationale qui sont responsables de la situation actuelle, et non les décisions prises localement.


Petit inventaire, donc, de ce qui n’a pas changé ou qui a empiré, ne changera pas ou risque d’empirer, depuis que « le changement c’est maintenant ».

Finances et « gouvernance »

L’autonomie ou le droit de se serrer soi-même la ceinture


En quatre ans, le désengagement de l’État vis-à-vis des universités, inscrit dans la loi LRU et les Responsabilités et Compétences Élargies qui accroissent le périmètre des missions des universités et leur confèrent la charge de la masse salariale sans tenir compte de tout un ensemble de coûts induits (notamment l’évolution de cette masse salariale), a contraint les universités à mettre en place elles-mêmes une politique d’austérité (les exemples s’égrènent au fil des semaines : Le Havre, Paris-Diderot, Lille, Metz-Nancy, Strasbourg, Versailles-Saint-Quentin, Paris 1, etc., etc.). Aucun changement structurel dans le financement de l’enseignement supérieur et de la recherche n’est à attendre, comme le montre le projet de loi de finances 2014 (voir le communiqué du SNESUP-FSU du 26 septembre 2013, la motion du CNESER du 14 octobre 2013et le billet d’Henry Audier du 26 septembre 2013).


Le « Crédit Impôt Recherche » ou la recherche du crédit d’impôt


Plus personne n’ignore le scandale du Crédit Impôt Recherche, son inutilité et son coût exorbitant (voir le dossier du Monde du 30 septembre 2013, l’article de Sylvestre Huet du 18 septembre 2013, et le rapport de la Cour des Comptes sur lequel ces articles s’appuient) . Mais on ne va quand même pas toucher à la plus grosse niche fiscale de France à destination des grandes entreprises du CAC40.


Aux « investissements d’avenir » succède le plan « Investir pour la France »


Les IDEX, où en est-on ? Non seulement ils n’ont pas été démantelés, mais une nouvelle campagne est annoncée, le plan « Investir pour la France » présenté par J.-M. Ayrault le 9 juillet 2013, qui prévoit des financements fléchés supplémentaires par l’intermédiaire des intérêts de nouveaux capitaux empruntés, renforçant encore cette politique qui fabrique de très fortes inégalités entre les structures, réoriente brutalement recherche et formation, etéchappe à tout contrôle budgétaire parlementaire. Les Idex sont un instrument de communication gouvernementale : ils servent à montrer que l’État voit « grand » et a fait le choix d’investir dans la recherche. Ils sont en réalité tout l’inverse : un outil sans précédent de déstructuration du tissu universitaire, aux retombées financière dérisoires puisqu’in fine, le périmètre des Idex est financé à hauteur de 95% à 97% par le budget des établissements.


Care the précaires


C’est là l’unique plan financier qui accompagne la loi Fioraso. Du côté de l’emploi, une part considérable des 1000 postes annuels annoncés en fanfare ne sera jamais publiée, la masse salariale correspondante étant détournée par les établissements pour perfuser leurs finances exsangues. Non seulement aucune avancée n’a été réalisée en faveur des très nombreux précaires de l’ESR, mais, l’organisation de la recherche restant la même, la précarité ne peut, structurellement, que continuer à augmenter.


Et pour prendre soin de la précarité, précarisons davantage les plus précaires ! Ceux qui ne font pas partie des « bons étrangers » (entendez ceux qui viennent de l’Union européenne ou qui ont de l’argent), ne sont pas les bienvenus, comme le montre la volonté d’écarter les étudiants non européens du CAFEP, ne leur laissant pour seul avenir que des contrats précaires et non de réels postes dans l’enseignement privé. C’est là sans doute agir avec « humanité », selon la formule employée par G. Fioraso à propos d’une affaire récente d’expulsion (France Culture, journal de 13h, 17 octobre 2013)…


Il n’y aura plus de PRES, place aux histoires de CUE


La nouvelle loi n’a en rien transformé les instances de « gouvernance » mises en place par la loi LRU. Dans la continuité des réformes précédentes et des PRES, les CUE (Communautés d’Universités et d’Enseignement) sont fondées sur une organisation managériale aux antipodes de la collégialité et de toute démocratie universitaire.

Évaluation, statuts, primes

Nul changement non plus sur les questions d’évaluation, et pour cause : l’évaluation est le moyen d’une politique de normalisation, de soumission, d’exclusion et de mise en concurrence des individus qui concerne l’ensemble des personnels universitaires et de recherche. Elle constitue en outre la pierre angulaire d’une gestion des traitements par les primes et non par le salaire.


L’AERES est morte, vive le HCERES


Le HCERES remplace l’AERES, qui fut à son corps défendant la vedette des Assises. Quelques modifications à la marge ne changent en rien les structures fondamentales de la précédente agence. Pire encore, il semble bien, en l’état actuel du projet, que le HCERES aura un droit de regard sur l’évaluation des chercheurs et des enseignants-chercheurs, ce que l’AERES n’avait pas réussi à obtenir (voir l’analyse du projet de décret dans le point 1 du compte-rendu de la CPCN du 9 juillet 2013).


L’effritement du statut des enseignants-chercheurs se poursuit


Le statut des enseignants-chercheurs est, quant à lui, de nouveau dans le collimateur (voir les communiqués SNPREES-FOSNESUP-FSUFERC-SUP-CGT,SUD Education et SupAutonome d’octobre 2013). Le projet de décret statutaire ne revient en rien sur les modifications introduites par V. Pécresse en 2009. La modulation de service est toujours présente et, plus encore, les quelques protections obtenues par la lutte du printemps 2009 et introduites dans la circulaire d’application – notamment le respect d’un service individuel maximum de 192h – disparaissent. Le projet prévoit même la possibilité que des enseignants-chercheurs consentants partagent leur service entre plusieurs universités d’une même CUE.


Le gouvernement n’a pas renoncé à l’évaluation des enseignants-chercheurs par le CNU, dans l’objectif déclaré de permettre aux établissements de les classer pour l’attribution des indemnités et des promotions.


La PES avait mauvaise presse, elle s’appellera désormais PEDR


La Prime d’Encadrement Doctoral et de Recherche, PEDR, s’apprête à remplacer la très contestée Prime d’Excellence Scientifique, PES, mais seulement quant au nom. Sur le fond, rien ne change. C’est l’excellence sans le nom, joli tour de com’ qui ne trompe quand même personne. Tant qu’à faire, nous avons une suggestion pour le ministère : rebaptiser les Idex par le beau nom d’Ideur (pour Initiative d’encadrement et d’utilité de la recherche).


L’application pour principe et la rentabilité pour but

La même idée techniciste, à très court terme, de la science et de l’innovation préside au financement de la recherche, dans l’objectif unique de transférer les résultats de la recherche publique vers le monde industriel privé. La loi Fioraso inscrit même cette notion de « transfert » dans les missions premières de l’université.

Curieusement, l’ANR n’a pas encore été rebaptisée

Si le budget de l’ANR diminue, ce n’est pas pour augmenter celui des laboratoires, mais pour faire des économies et inciter les chercheurs et enseignants-chercheurs à demander des financements européens (G. Fioraso l’affirme explicitement dans les derniers paragraphes de cet article du Monde en janvier 2013).


Conséquence de cette politique axée sur « l’innovation »1, les projets blancs de l’ANR disparaissent pratiquement. L’ANR distingue désormais entre « recherche technologique » et « recherche fondamentale », la moitié de l’argent étant destinée à cette dernière « à condition qu’elle s’inscrive dans une des quatre composantes du plan d’action », un seul axe de ce plan, dénommé « aux frontières de la recherche », pouvant vaguement s’apparenter à des projets blancs. Les thèmes proposés montrent la persistance du modèle « sociétal » informant la politique de recherche : « grands défis » (changement climatique, énergie propre, renouveau industriel, santé et bien-être, sécurité alimentaire, systèmes urbains, société de l’information et de la communication, sociétés innovantes, sécurité de l’Europe), instruments concourant à la construction de l’espace européen de la recherche et à l’attractivité internationale de la France, recherches ayant un impact économique et développant la compétitivité, avec des « projets collaboratifs en partenariat public privé ».

 

Comme dans le rapport Le Déault, qui a précédé la Loi LRU2, la recherche appliquée est appelée « recherche fondamentale », soit qu’il s’agisse là d’une opération mensongère de communication, soit d’une tentative maladroite pour user d’une langue qui reste tout à fait étrangère aux politiques et aux managers de la recherche.


Le succès public du public-privé


Tout cela ne fait qu’augmenter la confusion entre recherche publique et intérêts privés, la première étant mise au service des seconds, jusqu’à ce qu’ils finissent par devenir consubstantiels probablement.

Geneviève Fioraso sait que les PPP (partenariats public-privé) sont un attrape-nigaud (le nigaud étant ici la structure publique partenaire) : elle n’est pas passée à côté de l’exemple de Paris-Diderot dont le président Vincent Berger, par ailleurs rapporteur général des Assises nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche, a signé le PPP. Qu’à cela ne tienne : il suffit de repousser les PPP à l’extérieur, loin du centre, en vertu du fameux « zéro PPP dans Paris », Condorcet (le plus gros des chantiers) excepté. On attend encore les résultats de l’audit approfondi concernant ceux passés par l’université Versailles-Saint-Quentin et l’ayant menée à la quasi-faillite. Mais on ne va tout de même pas empêcher complètement les grands groupes du BTP de se goinfrer sur le dos des institutions publiques.

Le mépris des disciplines et de la formation

L’université « select »


Derrière le cadrage national des diplômes et la réduction des intitulés de licences jugés illisibles se cache (à peine) un encouragement à la mise en place de ces formations payantes et sélectives qui, de fait, fleurissent actuellement au sein des universités soucieuses, compétitivité oblige, de développer leurs propres « filières d’excellence ».


Le savoir ? Mais il suffit d’aller sur Internet !


Le gouvernement actuel poursuit la remise en cause des disciplines, de l’idée même de formation comme de celle de construction du savoir. Le slogan d’« interdisciplinarité (dont le rapport Le Déault – un exemple entre tous – montre qu’il ignore le fondement disciplinaire) sert en réalité à dissoudre les disciplines elles-mêmes, notamment pour la licence, de plus en plus rabattue sur le modèle du lycée selon la logique du « -3 / +3 ».


Les cours, c’est plus FUN sans étudiants et sans prof


Enfin un chantier qui n’avait été encore que peu abordé par le gouvernement précédent : les MOOC (Massive Open Online Course). La volonté de développer les cours en ligne ne laisse apercevoir aucun embryon de réflexion sur ce qu’est l’enseignement, mais un gros travail de propagande mâtiné de slogans visant à faire passer les enseignants-chercheurs pour des dinosaures. L’objectif est bien de diminuer leur nombre, comme celui des cours en présentiel, le tout lancé dans un premier temps par le développement d’une plate-forme de mise en ligne intitulée, avec un sens aigu de la farce, « FUN » (pour France Université Numérique). Comble de la farce, cette plate-forme sera financée par un PPP. Cherchez les entreprises intéressées…


Des ESPErances déçues


Cela avait été une des luttes les plus fortes contre le précédent gouvernement. Pour autant, il n’y a eu aucune remise en cause de fond de la mastérisation. Seule l’organisation du cursus change, ainsi que la place des universités dans la formation, restreinte au profit des nouvelles ESPE (Écoles Supérieures du Professorat et de l’Enseignement). Tous les problèmes dénoncés restent, affaiblissant considérablement la formation des enseignants. Lacan et Wittgenstein ne sont pas de trop pour juger de l’héroïsme du gouvernement actuel dans son effort pour maintenir la continuité avec les absurdités introduites par la mastérisation.


Derrière les discours de façade sur l’importance des enseignants, la mise en œuvre concrète des conditions de recrutements en 2013 témoigne d’un singulier mépris : le prouve l’organisation cette année de deux sessions des concours du CAPES, la seconde repêchant les collés de la première, au mépris du travail des jurys, et dans l’affichage d’une indifférence du niveau de recrutement et de la valeur des concours. Il y a donc toutes sortes de statuts de stagiaires en plein désarroi dans les établissements de la rentrée 2013 : le ministre de l’Éducation Nationale, Vincent Peillon, trouve inadmissible que puissent manquer des enseignants dans des classes, mais visiblement pas que les jeunes recrutés ne soient pas, ou mal, formés.


Aux dernières nouvelles, l’administration tend à mettre la main avec de plus en plus de fermeté sur le recrutement des enseignants, soit par l’intermédiaire des « reçus-collés » ou « collés-reçus » recrutés comme contractuels, soit, au niveau même de l’organisation des concours, par la nomination (ou l’auto-nomination dans le cas de l’agrégation de lettres modernes) d’inspecteurs généraux à la présidence des jurys. Le jury de l’agrégation d’histoire a pour sa plus grande part démissionné en signe de protestation ; celui du CAPES d’Italienn’a jamais obtenu de réponses du ministère.

Une communication mensongère

G. Fioraso a été à bonne école : elle poursuit avec bonheur la politique du mensonge à l’égard des médias dans laquelle V. Pécresse était passée maîtresse (rappelons-nous, par exemple ici ou là...). Que cette dernière ne s’inquiète pas : elle a formé une bonne élève. Un seul exemple : les déclarations dans la presse en réponse à l’annonce de la fermeture de l’antenne de Béziers par A. Fraïsse, présidente de l’université de Montpellier 3, qui méritent assurément une note excellente (voir notre dossier).

 

 

La liste est accablante. Le PS au gouvernement suit à la lettre la politique de l’UMP à partir de 2007. Une exception : la création des ESPE, fondée sur l’idée de développer la formation pédagogique des enseignants contre la formation disciplinaire, ne va pas tarder à retirer aux universités la formation aux concours des CAPES et des agrégations, achevant de défaire tout lien entre enseignement et recherche dans la formation des enseignants, et de dévaluer les savoirs disciplinaires.

En justifiant l’austérité et les nouvelles politiques de recherche par la crise, le ministère comme les applicateurs zélés des réformes instrumentalisent les questions économiques pour mieux subvertir les valeurs fondamentales de l’Université. La politique menée n’est du reste pas destinée à relever les défis de l’enseignement et de la recherche en France au début du XXIe siècle : ce n’est pas son but. Les structures et budgets de l’ESR apparaissent de plus en plus comme une variable d’ajustement à d’autres choix politiques – cela est tout à fait éclatant avec le maintien des PPP et du Crédit Impôt Recherche. Cette politique, nous l’avons rejetée dès la fin de l’année 2007, et notamment lors du mouvement de 2009. Nous la rejetons toujours aussi fermement en 2013.

 

Les mouvements qui émergent dans de nombreuses universités en sont le signe. Ils ne peuvent cependant rester isolés à des luttes locales. Malgré l’éclatement et la concurrence généralisée qui président au monde universitaire post-loi LRU, il nous faut maintenir et rappeler l’espace commun qui nous rassemble contre une politique destructrice de nos valeurs : il en va de l’idée même d’Université.


Sauvons l’Université ! - 25 octobre 2013

Télécharger la newsletter en pdf : Newsletter_no40.pdf

 


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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 10:27

Belga, 24 octobre 2013 :


Des dizaines de milliers d’élèves, étudiants, parents et professeurs ont défilé jeudi en Espagne contre une réforme très controversée de l’éducation, lors d’une journée de grève générale.


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« Pas un pas en arrière, contre les réformes, grève générale », criaient des lycéens dans la manifestation à Madrid où se sont massées des dizaines de milliers de personnes malgré la pluie, contre la réforme en cours d’adoption au parlement.


A Barcelone, ils étaient entre 30.000 selon la police et 170.000 personnes selon les organisateurs, et des milliers d’autres défilaient dans une cinquantaine de villes du pays.

 

Il s’agit de la troisième grève générale observée dans le secteur depuis l’arrivée du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy fin 2011.


Les syndicats et l’opposition de gauche fustigent une réforme « rétrograde et inégalitaire » favorisant les couches aisées de la population et s’attaquant à la laïcité.


« Cette loi favorise ceux qui ont de l’argent pour étudier et défavorise les autres », s’insurgeait à Madrid Laura Gallardon, une étudiante de 19 ans en publicité qui a vu ses droits d’inscription augmenter de 600 euros en deux ans.


« Je n’aime pas qu’ils introduisent la religion comme une matière quasi-obligatoire », s’indignait aussi Margarita Uria, une mère de deux enfants.


Les syndicats dénoncent la suppression en un an de 25.000 professeurs dans le primaire et le secondaire, 4.600 postes à l’université et 1.600 emplois dans l’administration.


Le gouvernement a réduit de plus de trois milliards d’euros le budget de l’éducation entre 2011 et 2012.

 

 


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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 07:57

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BXXg1CbCcAAw6dN.jpgMadrid 

 

 

Etudiants, enseignants et fonctionnaires de l‘éducation.

Tous se sont retrouvés dans la rue en Espagne  le 24 octobre 2013. Nouvelle étape de leur mobilisation contre les coupes sombres dans l'éducation nationale, contre la loi LOMCE et pour une éducation publique de qualité pour tous.

 

Encore une info occultée par les grands médias français qui préfèrent nous causer des querelles de cours d'école primaire, ou des problèmes psychologiques de nos stars décadentes, que des grands problèmes: par exemple l'avancée des discussions sur la retraite, dont la discussion se poursuit au sénat !

 

 

Madrid :

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Les manifestants brisant les portes vitrées de Bankia.

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Vídeo de la manifestación en Madrid 


 

Séville :

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Andalousie:

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Sevilla:

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Salamanca:

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Granada:

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Marée humaine sur la Gran Via de Murcia ( sud de l'Espagne)

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Plusieurs blocages ( comme celui ci - vidéo) ) dans les universités espagnoles

 


 

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 20:48
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/86/Annie_Lacroix-Riz_Axis_for_Peace_2005-11-18.jpgAnnie Lacroix Riz diffuse  :

Cher(e)s ami(e)s

 

 

Un journaliste indépendant qui fait le maximum pour faire connaître Industriels et banquiers français sous l’Occupation vient de lire plusieurs commentaires sur la critique de l’ouvrage parue aujourd’hui sur le site Marianne.fr. Il considère l’intervention en ligne du public comme un moyen efficace – et pratiquement le seul – de combattre la censure, particulièrement hermétique dans la grande presse, qui frappe toute pensée critique.


Aucun journaliste d’un journal ou hebdomadaire de ladite presse n’a demandé l’ouvrage – ­ce qui est, il faut le concéder, plus honnête que d’en solliciter l’expédition pour le jeter à la corbeille ou le vendre dès réception. En revanche, la « réédition » au printemps 2013 de l’ouvrage Les patrons sous l'Occupation (1e édition, Paris, Odile Jacob, 1995) de Jean-Claude Hazera, ancien rédacteur en chef des Échos, et de Renaud de Rochebrune, a fait aussitôt l’objet de comptes rendus dithyrambiques. L’un d’entre eux mérite arrêt.

 

 

ADRESSE DE L’ARTICLE :

 

http://www.marianne.net/Industriels-et-banquiers-francais-sous-l-occupation_a233244.html

 

 

Le plus croustillant de ces émerveillements a en effet été fourni par le supplément éco et entreprise du Monde daté du 3 avril 2013, sous la forme d’un article intitulé « "1940-1944, quand la France était une colonie"' » :http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/03/1940-1944-quand-la-france-etait-une-colonie_3151952_3234.html. Signé de Jean-Claude Hazera, ancien rédacteur en chef des Échos, ce texte présente sur près d’une page la réédition de l’ouvrage de lui-même et de Renaud de Rochebrune, dont la réédition de 2013 reprend, sans modification, le texte originel de 1995: le seul élément neuf est constitué par une postface de cinquante pages évoquant des débats récents (Renault, SNCF, mission Mattéoli sur la spoliation des juifs de France) ainsi que les travaux qui ont enrichi la connaissance du sujet, notamment ceux du groupement de recherche 2539 du CNRS « Les Entreprises françaises sous l’Occupation » – ­ groupement de recherche que je présente dans L’histoire contemporaine toujours sous influence (Paris, Le Temps des cerises, 2012). M.M. Hazera et de Renaud de Rochebrune contestent à plusieurs reprises mes propres travaux dans ce très modeste ajout.

 

 Le droit à critique est naturellement légitime, mais il convient de préciser qu’aucune rubrique du Monde n’a jamais rendu compte de mes travaux sur la collaboration (ou sur quoi que ce soit d’autre), et que les deux auteurs ont disposé de tribunes libres dans Libération, en 1997, et ailleurs, pour me mettre très sévèrement en cause sans que j’aie jamais pu disposer d’un droit de réponse.


Philippe Escande, responsable depuis juin 2012 du supplément éco et entreprise du « journal de référence », a longtemps travaillé aux Echos sous la direction de Jean-Claude Hazera.   Il a donc fait assurer la publicité d’un ouvrage par son ancien « patron » et copain des Echos, qui se trouve être l’auteur lui-même de l’ouvrage loué! On atteint les cimes du « passe-moi le séné, je te passe la rhubarbe ».

 

J’ai attendu, devant une violation si flagrante, de la déontologie du métier, l’intervention du médiateur du Monde. J’attends encore…

 

Vu le traitement habituel des sciences sociales critiques, le journaliste indépendant susmentionné juge important que ceux qui ont quelque chose à dire sur Industriels et banquiers français sous l’Occupation n’hésitent pas à s’exprimer sur le sujet. Inutile de préciser que je partage son avis.

 

Bien cordialement à tous,


Annie Lacroix-Riz 


 

http://www.les-renseignements-genereux.org/var/fichiers//Couv_banquiers_occupation.jpg

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 16:50

Lu sur le site d'ouvalacgt

 

http://img.over-blog.com/300x173/0/17/69/60/2011/MathieuContis.jpg  Croyez-le ou pas, mais c’est une deuxième procédure de licenciement que va subir notre camarade, symbole du combat de la classe ouvrière dans les années 2009 et 2010. Alors qu’il est licencié depuis 2010 !!!

 

Après le combat contre la fermeture (tous les articles du blog à ce propos, ICI), après le procès pour refus de prélèvement de l’ADN (voir les divers articles LA), la direction lance une nouvelle attaque contre notre camarade. L’enjeu, c’est tenter de l’écraser personnellement (ce qu’elle n’arrivera pas), c’est aussi faire un exemple, avec l’aide de l’Etat et du gouvernement, à l’heure de l’aggravation de la crise, des révoltes éparpillées et de la colère qui gronde.

Pour comprendre l’affaire et l’acharnement contre notre camarade (harcèlement serait plus approprié), il faut revenir un peu en arrière.


Février 2010 Dans le cadre de la fermeture, Continental demande le licenciement de tous les délégués. L’inspectrice du travail accepte une partie des licenciements, en refuse 6 autres sur ses propres critères non-dits, en fait les titulaires CE et tous les délégués syndicaux… sauf Xavier Mathieu qui est à la fois Titulaire CE et délégué syndical !!! Cherchez l’erreur !


Notre camarade joue alors le jeu des supposés reclassements, accepte de faire les entretiens à Sarreguemines, mais au final Continental  lui écrit pour l’informer « qu’il n’y a pas de poste disponible pour vous ».

 

Septembre 2010 Validation du licenciement de Xavier Mathieu et de lui seul par le ministre du travail Woerth, au prétexte qu’il aurait soi-disant refusé un poste de reclassement à Sarreguemines, alors précisément qu’il a fait toutes les démarches et n’a jamais donné aucun refus !!! On notera que le ministre refuse le licenciement de deux autres délégués, qui eux, ont explicitement refusé d’aller en Lorraine… Cherchez l’erreur, une deuxième fois ! (voir "Le ministre du travail s'acharne sur les Conti").

 

Les six autres délégués sont donc ré-intégrés mais pas à Sarreguemines, à l’usine de Clairoix (fermée, donc sans poste), mais avec salaire. En effet, le CE continue à fonctionner dans le cadre des congés de conversion, (jusqu’en 2014), ouvert tous les jours, points d’accueil des ouvriers licenciés. Il tient des réunions avec un représentant de la direction, un petit côté surréaliste puisque l’usine n’existe plus… Mais c’est un point d’appui et de soutien extrêmement important pour tous les ouvriers. Et un des enjeux pour la direction c’est justement fermer le CE en février prochain pour en finir définitivement avec cette histoire.

 

20 aout 2012 : autorisation de licenciement des derniers délégués sur le site après un an de procédures diverses, mais cette fois, c’est Sapin (PS) qui valide au ministère du travail, et il reprend les formulations de Woerth juste en copié-collé !!! C’est la conti-nuité…


 

http://img.over-blog.com/300x225/0/17/69/60/2013/20130220-oh-clairoix-conti.jpg14 février 2013 : Le tribunal administratif annule le licenciement de 22 salariés protégés dont Xavier Mathieu, pour rejet du motif économique de la fermeture de l’usine. Ils peuvent alors demander leur ré-intégration ce que feront seulement Xavier Mathieu et Da Costa (CFTC). Voir ci-contre.

 

25 juillet 2013 : Suite au jugement du Tribunal Administratif Xavier Mathieu reçoit un courrier de Continental lui annonçant qu’il est ré-intégré, ré-inscrit sur la liste du personnel, mais sans salaire !!! Hallucinant… De deux choses l’une : ou bien il est toujours licencié, et Continental ne respecte pas les décisions judiciaires, ou il est ré-intégré, et alors l’affaire est claire : il restitue ses indemnités de licenciement, récupère tous ses arriérés de salaires depuis 2010, et conserve ses fonctions de titulaire CE et délégué syndical. Mais Continental veut continuer à ré-écrire la loi à sa sauce…

 

Le pire c’est que l’inspectrice du travail traîne pour dresser procès-verbal, on perd du temps… Elle va même jusqu’à reconnaître la position patronale, n’envisage d’intervenir que lors d’une nouvelle procédure de licenciement que lui annonce en douce la direction, sans se prononcer sur la non ré-intégration... On croît rêver, elle est carrément aux ordres. Elle a tout en main pour intervenir en matière de ré-intégration, de harcèlement, d’entrave aux IRP et elle ne bouge pas le petit doigt pour commencer à rédiger un début de procès-verbal…


 

30 août 2013 : Après une audience au mois de février, le Conseil des Prud’hommes rend son jugement et invalide le motif économique des licenciements chez Continental, et confirme pour l’ensemble des salariés le jugement du Tribunal Administratif envers les salariés protégés.



24 septembre 2013 : Continental fait appel de la décision des prud’hommes

 

11 octobre 2013 : nouvelle lettre pour une procédure de « licenciement » de Xavier Mathieu, pour « impossibilité matérielle d’exécuter le contrat de travail ». Il est convoqué le 23 octobre à Sarreguemines pour un entretien préalable à un licenciement. Licenciement, vous avez dit licenciement ? Mais comment licencier un salarié qui n’a pas été ré-intégré ??? On croit rêver… Même le DRH, faisant fonction de président du Comité d’Entreprise de Continental Clairoix a signé un procès-verbal officiel de CE où il affirme que notre camarade n’est effectivement pas ré-intégré…

 

En attendant Xavier Mathieu est en train de déposer un référé aux Prud’hommes pour exécution de la décision de ré-intégration par Continental, suite à la décision du Tribunal Administratif.

 

23 octobre 2013. Entretien préalable pour Xavier Mathieu à Sarreguemines, et les Conti se réunissent à 18h30 à la cantine de l’ex-usine de Clairoix pour faire le point de toutes ces affaires et envisager la suite…


 

Solidarité avec notre camarade Xavier Mathieu !

Ré-intégration complète et sans condition de tous les Conti qui en font la demande !


 

Quelques leçons à méditer pour tout le monde :

  • C’est la guerre, la guerre de classe. Nous les ouvrier(e)s, les travailleur(se)s, les prolétaires, nous résistons et le combat est rude. Mais par-dessus tout nous devons défendre nos dirigeants, nos représentants, nos symboles. Xavier Mathieu n’a pas « choisi » ce rôle, et il s’en passerait sans doute bien. Mais il a manifesté quel camp il défendait, le nôtre, avec détermination, sans concession, sans langue de bois, et sans aller à la soupe comme tant d’autres. Il a été un symbole magnifique de notre combat, aujourd’hui nous devons le défendre !


Face à cette nouvelle attaque contre Xavier, tous à ses côtés !


  • Celles et ceux qui remettent leur sort dans les mains de la justice, des fonctionnaires ou des politiciens tressent la corde avec laquelle ils seront pendus. Bien sûr il faut savoir utiliser toutes les failles et contradictions, mais au final, le droit et les lois, c’est les bourgeois qui les écrivent, pour eux. La seule chose qu’ils comprennent, c’est le rapport de force, la détermination des travailleurs au combat. On ne saurait trop méditer l’exemple des SODIMEDICAL qui viennent d’être condamnées à… rembourser quatre mois de salaires à leur patron qui les a licencié !!!

     

    Mais bien entendu, le combat doit aussi être mené sur le terrain judiciaire, évidemment bien sûr quand on en est la cible !!!


    Application sans condition des jugements de ré-intégration !

    Assez de procédures !

Celles et ceux qui croient au « changement » avec le nouveau gouvernement (bon, enfin, les quelques-un(e)s qui restent…) doivent méditer : Sapin suit le chemin de Woerth en copié-collé, les fonctionnaires de l’Etat (la DDTEFP c’est le ministère du Travail !) tracent la voie à Continental… Et pour faire bon poids, les députés refusent de voter la loi d’amnistie pour les syndicalistes !


 

Le combat de classe se poursuit, avec les mêmes ennemis, au patronat et au gouvernement  même s’ils ont changé de couleur. Ce ne sont pas des amis qui se trompent, un gouvernement sourd de l’oreille gauche, mais de vrais ennemis qui se cachent sous un discours sucré !!!

 

Source :

http://idata.over-blog.com/3/06/23/69/logo-FSC.jpg

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 13:38

sciopero.jpg

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Des mois que les travailleurs italiens attendaient un appel clair à la riposte contre la politique de casse sociale massive. Celui lancé par la confédération syndicale de classe USB, à une grève le 18 octobre suivie d'une manifestation dans les rues de Rome, a été massivement entendu.

 

L'ampleur de la mobilisation des 18 et 19 octobre a surpris. C'était la première riposte organisée, dans la rue, à la politique de casse sociale du « gouvernement de coalition » Parti démocrate/Parti des libertés gouverné par Enrico Letta, homme de Bruxelles et du capital financier en Italie.

 

Les médias ont préféré insister sur la manifestation bariolée du samedi. 70 000 manifestants, un cortège hétérogène – militants du droit au logement, de défense des immigrés, contre le projet de TGV Lyon-Turin, indignés – et les habituels débordements des agents provocateurs.

 

Cette manifestation d'indignation ne doit pourtant oublier la manifestation du vendredi où 50 000 manifestants avaient déjà occupé la place San Giovanni à Rome.

 

En tête de cortège, immigrés et réfugiés devenus des symboles après la tragédie de Lampedusa, mais aussi les travailleurs précaires, invisibles de la crise, ainsi que les ouvriers de plusieurs entreprises menacées par les plans sociaux.

 

Manifestation significative aussi car concluant une journée de grève massivement suivie, lancée par la seule USB (Union des syndicats de base), confédération de syndicats de lutte refusant la voie de la concertation sociale suivie par la « troika » syndicale (CGIL, UIL, CISL)

 

Une grève du 18 octobre massivement suivie : les transports paralysés dans toute l'Italie

 

Seul contre tous, face au « front commun syndical » de la collaboration sociale, l'USB, qui a adhéré l'an dernier à la Fédération syndicale mondiale avec ses 250 000 adhérents, a réussi son pari.

 

Le mouvement a connu une forte adhésion dans les services publics – en particulier la santé, l'éducation, les collectivités territoriales –, ainsi que les grandes entreprises menacées par des plans sociaux : la FIAT (automobile), l'ILVA (sidérurgie), SIGMA Tau (industrie pharmaceutique), Telecom Italia ou encore d'Alitalia.

 

Toutefois, c'est dans les transports, bastion de l'USB, que l'adhésion a été la plus spectaculaire,paralysant les réseaux de transports urbains (bus, métro, train de banlieue) des grandes villes du nord, de la capitale et des anciennes villes rouge du centre.

 

Ainsi, à Rome, la grève a paralysé 65 % du réseau de bus et des trains de banlieue. A Milan, le métro a été totalement fermé tandis que 75 % des bus sont restés dans les dépôts.

 

Ailleurs, les taux de grévistes dans les transports sont significatifs : dans le Sud, 40 % en Calabre, 70% en Sicile (bus régionaux) ont été paralysés ; dans le Nord, ce fut le cas de 70 % des transports à Turin, 70 % pour le transport maritime et 80 % pour le transport routier à Venise.

 

Enfin dans le Centre, en Emilie-Romagne, 95 % du fret a été interrompu et 75 % du transport de passagers annulé, tandis que ville par ville : on passe de 45 % à Livourne, 65 % à Ferrara, 80 % à Bologne, 90 % à Terni et jusqu'à 100% dans la ville de Pise.

 

Le syndicaliste Pierpaolo Leonardi, de l'exécutif de l'USB a insisté sur l'importance de ce mouvement de grève :

 

« Cette manifestation nous montre qu'il existe une alternative syndicale. Sur les lieux de travail, la CGIL, la CISL, l'UIL construisent la résignation, arrivant même à organiser des manifestations de soutien au gouvernement Letta en crise.

 

Un gouvernement qui, avec la « loi de stabilité » maintient inchangée l'actuelle distribution inégale des richesses, et poursuit avec cette politique de casse sociale sous la dictature de l'UE et de la troika. Mais le monde du travail ne se fait pas duper et ne plie pas ».

 

Un pas de plus dans l'offensive de classe avec le Parti démocrate et la droite ... contre Berlusconi et Grillo !

 

Effectivement, la « loi de stabilité » – ou loi des finances – 2014, adoptée par le gouvernement de coalition Parti démocrate/Parti des libertés d'Enrico Letta passe un cap dans l'offensive de classe.

 

D'une part, des cadeaux aux entreprises sans précédent, avec 5 milliards d'exonérations de cotisations sociales patronales au nom de la diminution du « coin fiscal », autrement dit de la diminution du coût du travail pour les entreprises.

 

De l'autre, une augmentation du fardeau fiscal pour le commun des Italiens : augmentation de la TVA de 21 à 22 % et hausse des impôts locaux ayant trait au ramassage des déchets et à la taxe foncière.

 

Dans le même temps, la casse du secteur public continue. Outre les coupes massives sur la santé de 1 milliard sur deux ans, une nouvelle vague de privatisations est prévue à l'horizon 2015 visant notamment les services publics municipaux : ramassage des déchets, transports.

 

Enrico Letta, lui le démocrate-chrétien de gauche, européen jusqu'au bout des ongles, appointé par l'Union européenne et le FMI – comme Prodi et Monti avant lui – se présente comme un chantre de la rigueur, négociant âprement le moindre mal avec Bruxelles.

 

Dans la mise en scène, Letta peut compter sur l'appui total du Parti démocrate (PD), au centre-gauche qui insiste sur le fait qu'il « n'y a pas d'alternative » et qu'il faut « faire barrage au populisme »(entendre l'opposition à l'austérité et l'UE incarnée par Grillo, Berlusconi, la Ligue).

 

Cela n'empêche pas, avant les primaires du 8 décembre, les caciques du PD de tirer dans le dos de l'impopulaire Letta.

 

Parmi les deux principaux candidats, l'ultra-libéral maire de Florence Matteo Renzi joue théâtralement un rôle d'opposant – reprochant à Letta son manque de fermeté dans l'austérité! – tandis que l'ex-apparatchik du PCI Giuseppe Civati soutient sans conditions Letta.

 

A droite, autre mise en scène, la majorité des élus du Parti des libertés (PdL) a voté la confiance à Letta, derrière le droitier Angelino Alfano, secrétaire du PDL, ministre de l'Intérieur.

 

Alfano incarne la « nouvelle droite », tout aussi ultra-libérale, pro-patronale, sécuritaire que celle du père Berlusconi. Le populisme à tout crin, anti-européen et anti-establishment, en moins. De quoi rassurer la Confindustria (MEDEF) et Bruxelles

 

Et comble de l'ironie, c'est à Silvio Berlusconi que revient la mission, avec des calculs politiciens et personnels patents, d'incarner l'opposition « sociale » (sic), populiste au gouvernement, notamment sur l'augmentation des impôts pour les plus pauvres, d'abord la TVA.

 

Cela n'a pas empêché Berlusconi finalement d'appeler à voter la confiance à Letta, qui obtient 235 voix pour et 70 contre. Qui a voté contre alors ?

 

D'abord, la « Ligue du nord », la formation d'extrême-droite régionaliste. Et ensuite le « mouvement 5 étoiles » du populiste Beppe Grillo, présentée dans les médias comme le seul mouvement anti-système, fustigeant les coupes budgétaires … comme une fonction publique pléthorique.

 

Les dernières sorties médiatiques de Grillo ont semé encore la confusion. En appelant à « briser le tabou de l'immigration », avec des relents racistes, le comique troupier italien conduit à assimiler ses postures anti-européennes, anti-euro à des positions de plus en plus xénophobes.

 

Comme ailleurs en Europe, avec des formations plus nettement identifiées à l'extrême-droite, le mouvement de Grillo sert à la fois à canaliser la colère vers une impasse, à dévoyer des positions justes et à renforcer le consensus dominant par opposition.

 

… patronat et syndicats pour réduire encore le coût du travail pour les entreprises et réduire les dépenses publiques !

 

En Italie, l' « union sacrée » ne se limite pas aux forces politiques, elle implique pleinement syndicats et patronat, dans une logique de concertation sociale, sur des positions désormais ouvertement patronales.

 

Le 2 septembre dernier, la Confindustria (MEDEF italien) signait ainsi un texte commun avec les trois principaux syndicats : la CISL, l'UIL et la CGIL (l'ex-syndicat de classe, proche du PCI), sous le nom : « une loi de stabilité pour l'emploi et la croissance ».

 

Le document, édifiant, défend la nécessité de la réduction du coût du travail pour les entreprises comme moyen de restaurer la compétitivité, donc de relancer l'emploi et la croissance.

 

Le document parle d'un « système fiscal efficace, qui ne soit pas hostile à l'activité des entreprises, ne décourage pas les investisseurs », faisant le choix de « réduire les charges sociales pesant sur le travail et les entreprises ».

 

Il propose concrètement une longue liste d'exonérations de cotisations sociales pour les entreprises :

 

abolir la composante « travail » de l'impôt sur les sociétés (IRAP), crédits d'impôts pour les entreprises qui investissent dans la recherche, financement public de grands projets d'innovation, d'investissement à des fins privés. La liste est longue encore.

 

 

Enfin, ce texte insiste sur la nécessité de diminuer les dépenses publiques. D'abord, par une restructuration des collectivités territoriales, dans le sens de l'Europe des régions : suppression des provinces (l'équivalent de nos départements), regroupement des communes, métropolisation.

 

Ensuite, en instaurant un « spending review », une révision annuelle des dépenses permettant de réaliser des coupes budgétaires ciblées plutôt que linéaires.

 

Une révision basée elle-même sur les « costi standard », un niveau de dépenses publiques maximal sur lequel devront se baser les futures lois de finance.

 

Les syndicats, dont la CGIL, partagent pleinement l'optique patronale : réduire le coût du travail (donc impôts, cotisations sociales pour les entreprises), réduire les dépenses publiques (donc services sociaux, allocations), en partant du postulat que les entreprises créent les richesses, l'emploi et non les travailleurs.

 

On peut rappeler également que le secrétaire actuel du Parti démocrate, premier partisan de l'austérité n'est nul autre que … Guglielmo Epifani, ancien secrétaire-général de la CGIL. C'est comme si Bernard Thibault était demain secrétaire-général du Parti socialiste !

 

Vers une grève générale ? Les syndicats préfèrent un débrayage de 4 heures pour peser sur les parlementaires !

 

Dans un tel contexte de consensus entre tous les « partenaires sociaux », la grève lancée par l'USB vendredi dernier a mis un coup de pied dans la fourmilière. Elle a contraint les syndicats reconnus officiellement, depuis la loi sur la « représentativité » votée l'an dernier, à durcir leur position.

 

Pas un hasard si les directions des trois syndicats se sont réunis lundi pour adopter un appel à la grève … de 4 heures d'ici le 15 novembre, date de l'adoption de la « loi de stabilité » au parlement.

 

Pour la secrétaire-générale de la CGIL, pas d'appel à la grève générale : « Nous avons choisi de ne pas appeler à une grève générale parce que nous avons devant nous le temps du débat parlementaire et nous pensons que notre forme de mobilisation sera plus utile ».

 

Pour la CGIL, comme pour les autres syndicats de concertation, l'objectif est de peser sur les parlementaires pour obtenir des modifications, des amendements de la loi.

 

Comme le dit Luigi Angeletti, secrétaire de l'UIL, « nous mettrons sur le terrain toutes nos forces pour obtenir une modification de cette loi, à travers le débat parlementaire ».

 

Sur qui les syndicats espèrent peser ? Le seul parlementaire « démocrate » qui n'a pas voté la confiance en quittant la Chambre au moment du vote ? Sur les révoltés berlusconiens ? Sur les partisans de la « Ligue du nord » ? Ou sur les égarés du mouvement de Grillo ?

 

La ligne des syndicats italiens, de plus en plus ouvertement en collaboration avec le gouvernement, le patronat et l'UE dans la mise en œuvre ne fait pas illusion. Toutefois, le mouvement qui s'est levé avec la grève du 18 octobre laisse espoir qu'il existe effectivement une « alternative syndicale ». L' « alternative politique » est, elle, à construire ou à reconstruire.

 


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