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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 09:38

Entretien d’Initiative communiste avec Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF : » Le CNR, les « deux drapeaux », les « quatres sorties (UE, Euro, OTAN et capitaisme) » et la révolution socialiste

IC : le PRCF se réfère souvent au CNR. N’est-ce pas un peu passéiste ?

http://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2013/04/logo-prcf-300x2691.jpgG.G. : C’est au contraire une idée d’avant-garde. En ce 70ème anniversaire du CNR, toutes les forces politiques se réfèrent, souvent avec beaucoup d’hypocrisie, aux Jours heureux (titre du programme du CNR daté de mars 44), le texte le plus fédérateur qu’ait produit notre histoire nationale.

 

Le film Les Jours heureux de Gilles Perret met en évidence l’apport des communistes à la résistance armée et à la construction de ce programme à travers l’intervention de notre camarade Léon Landini, et la problématique politique du PRCF apparaît clairement dans le film à travers la percutante intervention de Marcelle Pranchère : notre camarade corrézienne montre que le programme du CNR est antinomique de la construction européenne et ce disant, elle met en difficultés feu Stéphane Hessel – dont nous respectons la mémoire, mais là n’est pas la question – grand défenseur de la « construction européenne », qui peine à répondre aux objections de notre amie.

 

En Angleterre, le cinéaste progressiste Ken Loach vient d’ailleurs de sortir un film intitulé L’Esprit de 45. Hormis quelques dogmatiques incurables, tout le monde voit ou commence à voir combien les paroles cyniques de Denis Kessler[1], ex- militant mao de son état et éminence grise du MEDEF, décrivent avec exactitude l’actuel « cœur de cible » du grand capital « français » : ce personnage déclarait sans vergogne dans l’édito de « Challenges » que le but de Sarkozy (mais Hollande n’a pas changé fondamentalement de stratégie !) est de « démanteler le programme du CNR », ce « compromis entre gaullistes et communistes » réalisé en 1944 : à cette époque, le PCF, reconnu par tous comme le « parti des Fusillés », était le parti le plus influent, la CGT se réunifiait sur des bases de classe et patriotiques, et, dixit Kessler, « l’Armée rouge était à 300 km des frontières ». C’est bien les acquis de 45-47, à l’époque où Thorez, Croizat, Tillon, Billoux, Marcel Paul, H. Wallon, etc. étaient au gouvernement, qu’ont été mis en place le code du travail, la Sécu, les retraites par répartition, les conventions collectives, les nationalisations industrielles, les statuts, j’en passe et des meilleures.

 

A l’époque le PCF unissait le drapeau rouge frappé des « outils » au drapeau tricolore ; il unissait dialectiquement le combat pour l’indépendance nationale, l’engagement à éradiquer le fascisme, la défense du camp socialiste et la lutte contre les monopoles capitalistes « français ». Aboutissement logique du travail politique de Thorez-Duclos-Frachon pour unifier la résistance armée dans le Front national pour l’indépendance de la France, le programme du CNR, à l’élaboration duquel Pierre Villon et Duclos contribuèrent décisivement, prévoyait de mettre le monde du travail au centre de la vie politique et de rendre à la nation les moyens de production monopolisés par les féodalités financières : excusez du peu ! Il est curieux dans ces conditions que certains maximalistes du verbe, qui hésitent aujourd’hui à parler de nationalisation et qui ont mis des années à dénoncer l’euro, fassent la fine bouche sur le contenu plutôt radical des Jours heureux !


Bref, il faudrait être du dernier aveuglement pour ne pas prendre appui dans nos luttes sur cette mine d’or idéologique que constitue le programme du CNR et pour ne pas voir que, dans ses orientations cardinales, ce texte reste porteur d’un grand potentiel de rassemblement autour de la classe ouvrière et des vrais communistes : pourvu naturellement que l’on impulse démocratiquement dans tout le pays un travail politique de masse sur l’actualisation de ce programme, que l’on associe les principes du CNR (indépendance nationale, paix, antifascisme-antiracisme, ré-industrialisation, nationalisation des monopoles, planification, progrès social…) aux luttes actuelles et que l’on articule ce travail d’élaboration populaire à notre objectif final : le socialisme pour la France.

IC : mais le compromis du CNR n’a-t-il pas été un acte de collaboration de classes, comme le disent les groupes gauchistes et assimilés ?

http://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2013/05/programme-social-conseil-national-resistance-L-1.jpegG.G. : il y avait en gros deux voies possibles en 1945 pour le PCF issu de la Résistance. Soit transformer la lutte patriotique armée en insurrection prolétarienne contre la bourgeoisie, soit trouver le meilleur compromis possible dans les conditions du rapport des forces international et national de l’après-guerre.

 

La première voie a alors été jugée aventuriste : le PCF eût réconcilié contre lui toute la grande bourgeoisie (les pétainistes de toujours et les gaullistes de circonstance), l’appareil d’Etat et surtout, l’armée anglo-américaine qui eût pris prétexte du danger d’insurrection rouge pour imposer à la France le projet que les communistes et les gaullistes firent échouer de conserve en écartant le général Giraud (la roue de secours de Vichy qui était aussi l’homme de Washington) : ce projet néocolonial conçu à Washington était celui de l’ « AMGOT », à savoir la mise en tutelle étatsunienne directe de la France, traitée en pays vaincu. Le CNR a constitué le compromis le plus positif possible dans les conditions d’alors, n’en déplaise aux trotskistes, plus enclins à promettre la révolution permanente qu’à mener la lutte patriotique armée contre Hitler.


En fait il ne faut pas confondre la « collaboration des classes », qui consiste à éluder le combat de classe et à accompagner « socialement » les vœux du patronat, avec les compromis réalisés à l’issue d’un combat « à la vie à la mort » sur la base d’un rapport des forces national mesuré avec réalisme. Dans La maladie infantile du communisme, Lénine fustigeait déjà le gauchisme qui confond compromis justifiés et compromissions : « toute l’histoire du bolchevisme, écrit le dirigeant bolchevik, avant et après la révolution d’Octobre, abonde en exemples de louvoiement, d’ententes et de compromis avec les autres partis, sans en excepter les partis bourgeois ».

 

Du reste, qui peut croire qu’en 45, la grande bourgeoisie était demandeuse de nationalisations, de Sécu, de cotisations patronales décuplées pour secourir la maladie, l’enfance et la vieillesse, etc. ?

 

Tout cela lui a été dûment IMPOSE par la force des FTP et des FTP-MOI en France, et à l’étranger par l’apport central de l’URSS à la victoire. Alors, cessons de mégoter sur l’œuvre gigantesque des ministres communistes de 45 : si on la compare à l’ « œuvrette » dérisoire des ministres EUROcommunistes de 81/84 et de 95/2002, à celle des Buffet et autres Gayssot, qui cautionnèrent la cascade de privatisations décidées par Jospin, on a aussitôt l’impression de comparer des géants à des nains !


Cela ne signifie pas que la direction du PCF n’ait pas eu alors de très lourdes contradictions à gérer dans l’urgence, notamment sur le plan des luttes anticoloniales (voir, dès le 8 mai 45, les massacres de Sétife et de Madagascar) : une époque historique s’achevait alors, celle de la lutte mondiale pour écraser le fascisme et pour construire au niveau mondial ce que j’appellerais volontiers en termes gramsciens « le bloc historique de Stalingrad ». Une autre époque se dessinait dans la douleur, au centre de laquelle figurait centralement le mouvement pour l’émancipation des peuples colonisés. Le PCF de 1945 s’est trouvé à la charnière des deux époques et il est absurde, en oubliant les conditions extraordinairement mouvantes d’alors, de lui donner des leçons rétrospectives du haut de nos impuissances actuelles. Cela ne signifie pas que la direction Thorez-Duclos-Frachon du PCF n’ait fait aucune erreur, c’est une autre question. Mais l’essentiel n’est pas là : l’œuvre des ministres communistes de 45/47 est objectivement, avec la Révolution française et la Commune, l’un des « pics » de l’histoire progressiste de la France, un pic qu’il faut au minimum être capable de regrimper pour aller plus loin, jusqu’à notre objectif socialiste : qui peut le plus peut le moins, et notre aspiration permanente à la révolution socialiste n’aura aucune crédibilité si nous ne sommes même pas capables de remonter la pente des reculs accumulés par notre camp depuis que le glissement du PCF « mutant » vers l’ euro-« communisme » et l’anti-léninisme ont fait de notre peuple la proie désorientée de la contre-révolution mondiale, des contre-réformes euro-libérales et du démontage général de notre pays.

I.C. – Faut-il pour autant « refaire le CNR » ?

http://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2012/11/ic124_m-2.jpgSans préjudice du nom que portera à l’avenir ce large FRont Antifasciste, Populaire et Patriotique (FRAPP !), un nouveau CNR est indispensable à notre pays« CNR », d’abord, parce qu’il faut fédérer notre pays sur l’objectif d’une reconquête offensive de sa souveraineté face à l’UE (ne séparons pas la souveraineté nationale de la souveraineté POPULAIRE !), à l’OTAN et à l’ « Union transatlantique » soutenue par leurs collabos « français » du grand patronat et du PartiMaastrichtien Unique

 

Nouveau CNR, parce qu’il faut bien entendu intégrer à ce programme de lutte et de transformation sociale des dimensions que le compromis de 45 n’avait pu centralement intégrer : l’égalité homme-femme, la défense de l’environnement contre le tout-profit, la nécessité de nouveaux traités internationaux progressistes du type de l’ALBA latino-américain, la rupture avec l’UE et surtout, nous y reviendrons, la visée de la révolution socialiste qu’il s’agit de rapprocher et non d’ajourner.

 

Au cœur de cette nouvelle Alliance, la réconciliation de la Marseillaise et de l’Internationale, du drapeau rouge et de l’étendard de Valmy, éventuellement frappé du bonnet phrygien (lequel signifie l’affranchissement des esclaves : sa symbolique parcourt toute l’histoire de France, de la révolution communale avortée d’Etienne Marcel aux Bonnets rouges de la Bretagne insurgée contre Louis XIV … ).

IC : Quelle est en effet la différence entre le CNR de l’héroïque Jean Moulin et le « nouveau CNR » que préconisent le PRCF et d’autres forces progressistes ?

G.G. : En 1945, la grande bourgeoisie avait encore deux fers au feu : d’un côté Pétain et la dissolution-démantèlement de la France dans l’Europe allemande, de l’autre côté De Gaulle, qui prenait appui sur l’alliance anglo-saxonne mais jouait habilement sur l’URSS (comme Staline jouait symétriquement sur l’homme du 18 juin pour équilibrer l’impérialisme anglo-saxon) pour remettre la France dans le camp des vainqueurs. Bref, une grande politique impérialiste et bourgeoise à dimension NATIONALE était encore pensable à l’époque. Souvenons-nous que dans la période 58-69, alors que le PCF était le fer de lance de l’opposition au régime gaulliste, son bureau politique avait salué les « aspects positifs » de la diplomatie gaulliste : expulsion des troupes américaines stationnées en France, voyage de De Gaulle à Moscou en 66 (« les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération »), reconnaissance de la Chine populaire, discours de Phnom Pehn critiquant l’engagement US au Vietnam, soutien au « Québec libre », confrontation avec Israël lors de la guerre des Six jours (affaire des « frégates de Cherbourg »), politique de la « chaise vide » à Bruxelles, etc.

 

Si une partie significative de la grande bourgeoisie pouvait alors miser sur le gaullisme, donc sur l’indépendance relative par rapport aux USA (sans bien entendu, sortir du « camp occidental » et antisoviétique), c’est qu’alors les monopoles français étaient loin d’avoir achevé leur processus de concentration capitaliste ; sous l’égide des Pompidou, A. Chalandon, etc., ce processus s’est parachevé dans les années De Gaulle/Pompidou avec la mise en place de mastodontes capitalistes « nationaux » comme Péchiney-Ugine-KühlmannParibas, Rhône-Poulenc, etc. Mais dès la fin des années 60, les figures de la haute bourgeoisie veulent « recentrer » la France.

 

Pompidou et surtout Giscard, les hommes-liges de la haute banque et de l’atlantisme, vont – qui le nie désormais ? – fomenter la défaite de De Gaulle au référendum de 69. Ensuite, le cap sera mis sur le retour dans le giron américain (et cet atlantisme échevelé devient carrément impudique avec Sarko et Fabius), sur le fédéralisme européen, etc.Pourquoi ?

 

Le MEDEF l’avoue crûment dans son manifeste Besoin d’aire (déc. 2011), que tout marxiste devrait avoir lu : la chasse au profit maximal, les concentrations monopolistes ne se font plus désormais à l’échelle hexagonale mais à l’échelle continentale et « transatlantique ». Oui, le patronat « français » a «besoin d’aire » – en allemand on eût dit : de Lebensraum, d’espace vital ; c’est pourquoi le MEDEF exige la «reconfiguration des territoires » (= les métropoles et les euro-régions transfrontalières), les « Etats-Unis d’Europe : notre nouvelle patrie », « une langue pour l’Europe » (basculement de la France au tout-anglais), les « transferts de souveraineté » et dernièrement, la « suppression des communes et des départements » (Gattaz) : dans le collimateur patronal, l’arasement de toutes les conquêtes populaires arrachées au capital dans le cadre national depuis au moins 1789 : statuts, conventions collectives, droit du travail, République une, laïque et indivisible, SMIG, services publics d’Etat, entreprises nationalisées, Sécu, etc.

 

Bref, le grand patronat « français » du CAC-40, qui ne s’exprime plus guère qu’en anglais (directive du baron Seillière en 2003 !), qui multiplie les appels communs à sauver l’euro avec les gros industriels allemands, veut mettre un point final à l’histoire de France ; il est inimaginable que, pratiquement seul de tous les groupes se réclamant du marxisme (mais c’est de moins en moins le cas, et nous nous en réjouissons !), le PRCF ait dû et doive encore batailler pour faire entendre ce simple FAIT : la stratégie de notre ennemi principal, NOTRE oligarchie capitaliste, en cela plus traîtresse encore à la nation que ne le furent jadis l’Evêque Cauchon[2], A. Thiers[3], ou Ph. Pétain[4], passe par le démontage intégral de la nation française et ce projet est déjà très gravement avancé !On comprend combien le philosophe G. Politzer, ce patriote français et communiste d’origine hongroise, avait bien raison de s’écrier naguère, peu de temps avant d’être fusillé par les nazis : « la nation, c’est le peuple !». Quel service les gauchistes et assimilés ne rendent-ils pas aujourd’hui comme hier au grand capital quand ils opposent aujourd’hui ces deux notions !


La conclusion politique est simple : puisque la grande bourgeoisie démolit son pays pour mondialiser ses profits, c’est à la classe ouvrière de France, immigrés inclus, de DIRIGER la lutte pour l’indépendance nationale, de l’associer étroitement au combat de classe, non seulement pour restaurer les acquis sociaux, mais pour affronter le capital, l’isoler au moyen d’une large alliance antimonopoliste des travailleurs et des couches moyennes ; non seulement le patriotisme de classe des vrais communistes ne signifie aucun ralliement à l’impérialisme français (le PRCF a dénoncé TOUTES les guerres de l’Etat bourgeois français sans exception), mais il commande au contraire une opposition plus frontale que jamais à cet impérialisme destructeur : s’il est vrai que l’impérialisme français actuel ne se contente pas d’agresser d’autres pays (Syrie, Libye, Mali…), s’il est vrai qu’en outre il détruit NOTRE pays (Franceurope, Françamérique, Françallemagne…) dans le but d’écraser sa classe ouvrière[5] et de mondialiser ses profits, alors l’anti-impérialisme et le patriotisme tendent à fusionner comme jamais auparavant.

IC : mais n’y a-t-il pas néanmoins une partie de la bourgeoisie qui se regroupe autour de l’alternative « bleue marine » ?

G.G. : naturellement, le fascisme – préparé par la fascisation rampante des esprits et des institutions qu’incarnent ensemble ou alternativement Sarkozy ou Valls – devient une option crédible pour le capitalisme en crise et pour l’UE (de plus en plus haïe par les peuples !). Observons toutefois que le front « national » n’est pas seulement xénophobe, il est irresponsable pour la gauche populaire de ne pas lui contester le caractère authentiquement patriotique du parti d’extrême droite ! 

 

La dynastie Le Pen feint d’être contre l’Europe, mais le FN a voté l’Acte unique européen en 86 (= la base de tous les traités supranationaux ultérieurs) et il demande la « sortie concertée de l’euro » : autrement dit, M. Le Pen sollicite le feu vert de Berlin pour sortir la France de cette zone crypto-protectionniste du dollar et du mark qu’est en réalité la zone euro ! Rappelons en outre qu’interrogée récemment par M. Calvi, Marine Le Pen a répondu clairement à la question  :

Calvi « En cas de référendum est ce que vous voteriez pour quitter l’europe? – Réponse de MLP : « Non, Non, moi je vous dis il y a énormément de point qui doivent être négociés. » (*)

Nous communistes sommes au contraire pour la sortie UNILATERALE de la France de l’UE car ce n’est pas si nous sortons de l’UE que nous ne nous en sortirons pas, c’est si nous n’en sortons pas que nous, le peuple, nous y resterons ! En outre, cette rupture de portée révolutionnaire mettrait aussitôt fin à l’UE et soulèverait un élan internationaliste de luttes populaires sur tout le continent. 

 

Constatons aussi que le FN divise profondément notre peuple  en opposant les nationaux aux immigrés (à l’inverse, le PCF clandestin des années 39-45 avait à la fois créé le Front national pour l’indépendance française et les FTP-MOI, qui furent, selon Charles Tillon, le « fer de lance de la Résistance armée française »). J’ajoute que le FN voit avec indifférence le tout-anglais marginaliser la langue nationale sur notre sol [6]. Dans ces conditions, il est suicidaire pour les progressistes d’abandonner le drapeau, l’hymne national, le produire en France (et non pas «produire français », formulation qui peut être récupérée au profit des campagnes xénophobes), aux pires ennemis de la France : les fascistes. 

 

Car si l’extrême droite accédait à l’Elysée, l’honneur de notre pays – qui fut un des rares à refuser le fascisme en 36– serait irréversiblement sali, la lutte pour l’indépendance nationale deviendrait plus difficile, les habitants des quartiers populaires s’affronteraient sur des bases communautaires pendant que les vrais ennemis de la nation, les hommes du grand capital, auraient les mains libres pour vendre la nation à la découpe.

 

Le sarko-lepénisme, c’est en réalité, le coup de grâce porté à la France des Lumières, et c’est, DES AUJOURD’HUI, la seconde mâchoire de l’étau réactionnaire que resserrent sur notre peuple, et tout particulièrement sur le monde ouvrier – d’une part le Parti Maastrichtien Unique composé du PS et de l’UMP, d’autre part l’UM’Pen que construisent pas à pas les Fillon, Coppé, et autre « rassemblement bleu marine ». 

 

Il est urgent de briser cette tenaille politique de mort. Le mouvement progressiste est perdu si, comme cela s’est tristement dessiné le 1er mai 2012 entre les deux tours de la présidentielle, on voit défiler, d’un côté les usurpateurs du drapeau tricolore maudissant le drapeau rouge (meeting Sarko de l’Etoile), et de l’autre côté certains défenseurs du drapeau rouge indifférents à l’extinction programmée de la France.


http://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2010/05/gg20101.jpg Porter les deux drapeaux, chacun dans sa spécificité, contre la flamme néo-fasciste de l’extrême droite et contre le drapeau clérical de l’UE, c’est notre unique chance de planter à temps deux hampes d’acier indestructibles dans la gueule grande ouverte du crocodile bleu-marial/bleu marine qui veut broyer la France en l’obligeant à « choisir » entre l’euro-dissolution et la mort déshonorante du sarko-lepénisme !

 

Aux communistes de se porter à l’avant-garde de cette nouvelle résistance, leur intervention sera déterminante dans cette affaire. Et ne comptons pas sur ce faire sur l’état-major « boboïsé » du PCF, qui n’a plus en bouche que le mensonge de « l’euro au service des peuples » !Ce combat patriotique et internationaliste pour sortir la France de l’UE « par la porte à gauche », il revient aux communistes « d’en bas » fidèles à Croizat et à Manouchian, mais à tous les progressistes fidèles à Jean Moulin, de le porter à temps sous le drapeau rassembleur d’un nouveau CNR ![7].

IC – Certains « marxistes-léninistes » de posture accusent le PRCF de réformisme et d’ « étapisme » en prétendant que le Pôle substituerait l’ « étape démocratique du CNR » à la révolution socialiste. Qu’en est-il ?

G.G. – C’est de mauvaise foi car nous nous sommes expliqués moultes fois sur cette question, y compris récemment à la fête de l’Huma. A notre époque plus que jamais, l’issue progressiste au capitalisme actuel – un capitalisme que nous caractérisons comme réactionnaire sur toute la ligne, voire comme « exterministe »[8] – ne peut être que la révolution socialiste, dans la visée clairement posée du communisme, au sens très exigeant que Marx donne à ce mot : en effet l’oligarchie capitaliste mène l’humanité à la déchéance et à la mort ; car à l’époque des armes atomiques, du chômage frappant des dizaines de millions d’individus, du réchauffement climatique et de la famine chronique pour 1 milliard et demi d’humains, la propriété privée des grands moyens d’échange et de production est devenue un luxe suicidaire pour toute l’humanité : place partout, et le plus vite possible, au pouvoir des travailleurs, à l’économie socialisée et démocratiquement planifiée, aux coopérations internationales réglées, à la lutte des classes pour une société sans classes et pour le développement solidaire de tous les peuples et de tous les individus qui constitue le cœur même du communisme !


Mais comment avancer vers la révolution sociale autrement qu’en prenant de théâtrales postures plus gauches que gauches ? Lénine nous a enseigné que les masses ne viennent jamais au socialisme par la simple propagande, par l’affirmation abstraite que le capitalisme est mauvais et que le socialisme est bon. Elles se convainquent seulement dans la lutte et à partir de leur propre expérience.

 

Aujourd’hui, pouvons-nous fédérer la majorité des travailleurs, et a fortiori la majorité du peuple de France (dont s’excluent eux-mêmes les quelques centaines de milliers de gros capitalistes qui choisissent l’exil fiscal ou l’expatriation « économique ») sur l’objectif immédiat de la dictature du prolétariat – au sens de Marx – sans lequel le socialisme n’est qu’un vain bavardage ? Evidemment non, hélas ! Et les décennies de reniement idéologique du PCF-PGE actuel n’y sont pas pour rien…

 

En revanche, pouvons-nous dès maintenant regrouper la masse des ouvriers et des employés, la masse des paysans travailleurs, la masse des petits fonctionnaires, pour refuser l’euro et la dictature européenne, pour exiger que notre pays redevienne souverain, pour que cessent les ruineuses guerres impérialistes sous l’égide de l’OTAN, pour que se reconstituent les acquis sociaux et le « produire en France », pour que les Communes ne soient pas évincées au profit des « métropoles », pour que la France coopère avec tous les continents au lieu de se livrer à une « concurrence libre et non faussée » où les peuples sont d’avance perdants ? 

 

Oui, nous le pouvons : car la lutte contre Maastricht (près de 50% de Non en 92, et cela bien AVANT expérience de la malfaisance de l’UE et de l’euro !), le Non à la constitution supranationale de mai 2005, la probable abstention majoritaire aux élections européennes, le soutien majoritaire du peuple français aux luttes pour les retraites (le doute porte plus sur les formes d’action que sur sa nécessité), la magnifique révolte anti-CPE des étudiants en 2006, le refus majoritaire de la guerre contre la Syrie, tout cela prouve que, si les vrais communistes, si les francs progressistes « tirent » tous ensemble, alors oui, notre peuple peut se rassembler, ici et maintenant, sur ce que nous nommons les « quatre sorties » sortie de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme, tout cela sur la base des principes qui ont fédéré notre peuple à la Libération, bien entendu en retravaillant ces principes à la lumière des besoins et des aspirations d’aujourd’hui [9].


Car la référence du PRCF au CNR et aux quatre sorties dessine une seule et même dynamique populaire, et non pas on ne sait quelle « étape » indéfinie, inventée pour semer le doute, et ajournant à jamais la question du socialisme. Nous ne sommes plus à l’époque (1946) où M. Thorez donnait son interview très controversée au Times sur la « démocratie nouvelle ».

 

Aujourd’hui, si nous sortons de l’euro et de l’UE atlantique par LA PORTE A GAUCHE (et non par la porte à droite des Le Pen ou des eurocrates qui veulent un euro à deux vitesses !), nous devons nous préparer, non en paroles mais dans la pratique, à d’immenses affrontements de classes, et pas seulement dans l’hexagone, qui peuvent à tout moment mettre en jeu le POUVOIR POLITIQUE DE CLASSE ; car jamais l’oligarchie capitaliste « française », qui est à la fois l’ennemi principal de notre pays et de notre classe, n’acceptera la sortie de l’euro et de l’UE, tant la construction « euro-atlantique » est leur plate-forme d’envol pour la mondialisation des profits ; jamais, dans les conditions d’aujourd’hui, ils n’accepteront la nationalisation franche des banques et des grandes entreprises, le recentrage de l’économie sur l’industrie et la production (et non plus sur la finance, le tout-tourisme, etc.), la réforme radicale de la fiscalité, l’ouverture aux coopérations avec le monde entier en court-circuitant l’actuelle vassalisation à Wall Street et à Francfort.

 

Les masses pourront alors se persuader par leur propre expérience que l’issue n’est pas dans la « démocratisation du capitalisme », qu’il faut se préparer à arracher le pouvoir politique au capital, que la révolution n’est pas l’idéal abstrait d’intellectuels romantiques mais un enjeu central pour l’avenir de nos enfants. Bref, l’enjeu est de remettre la classe ouvrière et les communistes, en situation offensive, de les placer au cœur du rassemblement anti-oligarchique et antimonopoliste. Il est d’isoler l’oligarchie en rassemblant un vaste front populaire, patriotique et internationaliste autour des travailleurs, sans exclure bon nombre de cadres moyens, d’intellectuels, mais aussi de petits et moyens entrepreneurs de la ville et de la campagne et de faire du socialisme futur ce que Lénine appelait « l’œuvre vivante des masses » en l’enracinant dans les profondeurs de notre classe et de notre peuple. Bref non seulement le « nouveau CNR » et des « quatre sorties » ne vise pas à ajourner le socialisme, mais son but est de le rapprocher, non dans les paroles et les incantations, mais dans la pratique et sur la base du plus vif de notre histoire !


Et l’on ne rapproche en rien le socialisme quand au contraire, à l’instar du révolutionnarisme petit-bourgeois type LO, NPA, etc., on subordonne toute lutte immédiate pour la démocratie (par ex. la défense des communes, de la séparation laïque de l’Etat et des Eglises) ou pour l’indépendance nationale au PREALABLE d’un accord général sur la révolution socialiste. Seuls les communistes, et encore : seuls les communistes non « mutants » et certains progressistes parmi les plus conséquents – se prononcent aujourd’hui pour le socialisme avec esprit de conséquence, ce mot ne figurant même plus dans les statuts du PCF…

 

Dans les conditions de la France actuelle, vouloir que le socialisme (non pas le mot, mais son contenu de classe exigeant !) soit d’embléele ciment et la référence de toute alliance populaire, c’est se payer de mots, c’est refuser toute alliance avec les couches moyennes, c’est laisser le capital seul maître du jeu, c’est abandonner notre classe elle-même au tête-à-tête suicidaire du gauchisme impuissant et du « marinisme » à l’offensive. 


Or le léninisme n’a jamais consisté à refuser les alliances de classes (l’emblème de la faucille et du marteau signifie l’alliance ouvrière et paysanne), comme l’ont hélas toujours fait le gauchisme, incapable d’exploiter les contradictions du capitalisme pour l’abattre ; le léninisme ne signifie pas non plus subordonner les objectifs révolutionnaires aux alliances électoralistes, comme le fait l’état-major du PCF-PGE actuel, qui en est à défendre passionnément l’euro pour ne pas se couper du PS à l’approche des municipales ! Le léninisme consiste entre autres à forger de larges alliances DIRIGEES par la classe ouvrière dans le but d’ISOLER l’ennemi principal et de placer la classe ouvrière dans une situation générale d’offensive, et d’abord aujourd’hui, de résistance et de contre-offensive.


Quant à ceux qui, en France, prétendent refuser toute alliance, et en particulier, à ceux qui polémiquent sans fin – sans rien proposer de concret – contre le front populaire et patriotique, ils ne s’aperçoivent pas que, ce faisant, ils participent déjà en position inconsciente et subordonnée à une alliance sous direction petite-bourgeoise : celle de la petite bourgeoisie altermondialiste, euro-trotskiste et eurocommuniste, dont le centre de gravité est l’opposition dangereuse du patriotisme populaire et de l’internationalisme prolétarien. Pendant que ces jolis cœurs refusent d’affronter le libre-échangisme qui désosse les usines en donnant quartier libre au capital, le FN s’implante dans les usines en feignant de refuser l’UE (la Le Pen est déjà… députée européenne !). Au demeurant il est comique de constater que certains de nos censeurs ultra-révolutionnaires en étaient encore il y a deux ans à déclarer que « euro ou pas euro, ça ne change rien à l’exploitation capitaliste » et autres propos faussement « durs », qui signifient seulement qu’on refuse de se couper de l’ « extrême gauche » bobo et que l’on se satisfait d’agiter le drapeau rouge sans mettre en cause sur le fond la division du travail bourgeoise entre le parti maastrichtien et l’UM’Pen en gestation !


Pour en revenir à la question du prétendu « étapisme » du PRCF, nos censeurs – qui évitent de définir ce mot, sans quoi l’inanité de leur critique sauterait aux yeux – oublient une « minuscule » donnée politique. La proposition stratégique d’un front populaire, antifasciste et patriotique dirigé par la classe ouvrière sur la base des principes du CNR et des « quatre sorties », est en continuité totale avec l’idée de révolution : car seule à notre époque la classe ouvrière peut lutter avec esprit de conséquence pour l’indépendance nationale et objectivement, même si toutes les composantes sociales et culturelles (au sens de Gramsci) de la future alliance antimonopoliste ne peuvent évidemment avoir le même degré d’engagement sur cet objectif, le contenu de cette dynamique unique, ne peut être qu’objectivement socialiste, voire communiste. Il y aura bien entendu un seuil révolutionnaire dans cette dynamique car le pouvoir de classe ne se divise pas, mais sous peine d’être rapidement écrasée, la dynamique populaire sera une et indivisible sous l’égide du monde du travail.


La vraie question n’est donc pas « étapisme ou « socialisme tout de suite sinon rien » (c’est-à-dire en fait, RIEN sinon la bonne conscience pseudo-marxiste de quelques-uns !), mais comment tous les communistes peuvent-ils s’y mettre « tous ensemble et en même temps », qu’ils soient ou non membres du PCF, pour investir sur leurs bases « rouges » et tricolores à la fois le futur « nouveau CNR » d’une manière telle qu’aucun dérapage vers la droite ne soit possible, que l’alliance s’équilibre le plus à gauche possible, sans écarter aucun patriote républicain mais sans faire non plus de concession à l’impérialisme français ou au nationalisme xénophobe. Ce n’est pas là un problème de « pureté doctrinale », car « le marxisme n’est pas un dogme mais un guide pour l’action » (Lénine), c’est un problème d’unité d’action des communistes indépendamment de la direction euro-formatée du PCF, de reconstitution de l’indépendance des mouvements communistes hostiles à la « mutation » du PCF, d’investissement commun du nouveau CNR qui doit devenir le bien commun des communistes fidèles à Marcel Paul et à Ambroise Croizat, des progressistes fidèles aux « Jours heureux »… et plus largement, de tous ceux qui sur la base de leurs luttes sociales et civiques, se seront investis dans l’actualisation du programme du CNR.

IC : justement, n’y a-t-il pas opposition entre l’idée de reconstruire dans l’action la force communiste (comme c’est un peu la démarche des Assises du communisme) et celle de faire de 2014 l’année du « nouveau CNR », comme 2013 a été pour le PRCF celle de la commémoration de lutte de la victoire de Stalingrad ?

G.G. – Bien sûr que non. J’observe d’abord que depuis des années, le PRCF défend solidairement l’idée desquatre unités. Unité d’action des communistes indépendamment de l’état-major du PCF mutant, pour marcher sur la base d’une adresse prioritaire aux ouvriers des entreprises vers la reconstitution du vrai PCF, non pas avec, mais CONTRE les dirigeants « euroconstructifs ». Unité des syndicalistes de classe pour le « tous ensemble» des salariés, mais aussi pourquoi pas, des étudiants et des paysans travailleurs. Sans ces deux piliers « rouges » de la dynamique unitaire, l’idée d’un nouveau CNR serait boiteuse, voire dangereuse, récupérable par le nationalisme réactionnaire qui n’en est pas à une usurpation près. Mais il faut promouvoir aussi le large rassemblement des patriotes de progrès (ce qui ne devrait poser aucun problème à un communiste sérieux !) et enfin, le large rassemblement des internationalistes contre l’impérialisme, et d’abord contre l’impérialisme « français » ennemi de la nation. 

 

Le PRCF s’efforce, avec des moyens modestes mais un énorme dévouement de ses militants, de tenir tous les bouts de cette chaîne unique. Il est heureux de participer aux Assises du communisme qui se sont prononcées, dans leurs formes propres, dans leur diversité interne et en toute indépendance, pour la sortie de l’UE, de l’euro et de l’OTAN. Les militants syndicaux du PRCF soutiennent pleinement, en respectant totalement sa spécificité, le Front syndical de classeet ils militent ardemment sur des bases de classe à la CGT, à la FSU. Sans renoncer à rien de son action et à ses conceptions communistes propres, le PRCF lutte aux côtés des progressistes du M’pep pour la rupture unilatérale avec l’UE, avec les républicains de Penser la France, avec certains gaullistes de gauche très clairs sur l’antiracisme et l’anticolonialisme. A l’échelle internationale, le PRCF milite (cf notre conférence internationale des 4 et 5 mai 2013) pour la reconstitution d’un mouvement communiste débarrassé de la tutelle du PGE.

 

Toutes ces actions se complètent sans la moindre difficulté. Et la clé pour que tout cela avance de conserve, nous le disons sans esprit de boutique, c’est le renforcement militant du PRCF lui-même, non pas au détriment des autres groupes communistes existants, avec lesquels nous souhaitons les relations les plus fraternellement décontractées, mais en allant vers les salariés des entreprises et vers la jeunesse des quartiers, des lycées et des universités.

IC – Mais ne faut-il pas prioriser l’alliance des communistes ?

G.G. - C’est bien entendu notre absolue priorité. Mais cette union, qui peut évoluer le moment venu vers le dépassement, voire la fusion des organisations existantes, PRCF inclus, et vers la reconstitution plénière du vrai PCF (en dépassant l’hostilité artificielle que cultivent certains sectaires entre les communistes « du dedans » et ceux « du dehors » !), passe elle aussi par la mise en œuvre d’une grande stratégie communiste portant une alternative visible à l’UMPS et à l’UM’Pen.

Dès lors que l’on s’accorde sur l’idée que cette stratégie ne consiste pas à attendre l’explosion révolutionnaire en sautant sur sa chaise et en criant « socialisme, socialisme ! », il n’y a pas trente-six chemins possibles.

 

Si les communistes portent ensemble une grande ligne de masse, craindre de discuter avec d’autres, ils seront mille fois plus audibles dans la classe ouvrière et chez les communistes eux-mêmes, que MM. Laurent et Cie dominent surtout par défaut de perspective ; car alors, la reconstitution de la force communiste cesserait d’être perçue comme une affaire communo-communiste ! Et cela les aidera à se détacher politiquement et idéologiquement – la question de la carte est en l’occurrence seconde sans être secondaire ! – de l’hégémonie du PS, dont l’état-major du PCF-PGE joue désormais le rôle de flanc-garde des exigences électorales du PS face aux velléités hollando-critiques de Mélenchon : c’est un comble !

 

Bref, la renaissance du parti communiste en France n’est pas seulement une affaire d’entente entre communistes et groupes communistes : la longue marche vers l’union des communistes passe par l’adresse commune aux ouvriers, mais aussi par la mise en œuvre ici et maintenant, sans attendre d’ « avoir le parti » clé en mains, d’une vraie LIGNE COMMUNISTE, une ligne fortement distincte du trotskisme et de l’anarcho-syndicalisme, une ligne débarrassée de la tentation isolationniste, ancrée dans le meilleur de l’histoire communiste française (Babeuf, la Commune, le congrès de Tours, 36, la Résistance, l’anticolonialisme…) et aussi dans le grand héritage de l’histoire communiste mondiale (17, Stalingrad, les révolutions chinoise, cubaine, vietnamienne, etc., qui toutes ont fortement articulé l’aspect national et l’aspect prolétarien de la lutte).

IC – Et le Front de gauche dans tout cela ?

Certains camarades marxistes-léninistes (par ex. nos amis du RCC) croient qu’il est possible d’investir le Front de gauche tel quel. Il faut reconnaître que la campagne de Mélenchon aux présidentielles présentait l’avantage de secouer Hollande et d’unir à nouveau le drapeau rouge au drapeau tricolore. Mais tout cela s’effectue sur des bases très confuses et européistes qui empêchent radicalement Mélenchon de jouer le rôle d’un « Chavez français » auquel il aspire.

 

D’abord, le PG a adhéré au PGE, cette courroie de transmission de Bruxelles : c’est suicidaire pour la « gauche de la gauche » ; cela rabat le peuple vers les mensonges de l’ « euro au service des peuples » et de la « république européenne » ; cela est d’autant plus dangereux qu’à l’arrière-plan, la direction du PCF s’identifie désormais à celle du PGE (dont P. Laurent est le président continental ; d’ailleurs le sigle du PGE a remplacé les « outils » sur la carte du PCF !).

 

Le M’pep, qui a demandé plusieurs fois son adhésion au Front de gauche tout en exigeant de conserver son indépendance sur la question de l’appartenance à l’UE, a essuyé plusieurs refus cinglants. Or la rupture progressiste unilatérale avec l’UE est la question-CLE sur laquelle on ne peut transiger. Pour nous le contenu de l’alliance prime sur le périmètre de ladite alliance, et non l’inverse et le mot « antilibéralisme » est vide de sens si l’on ne dit pas clairement qu’on veut sortir du carcan européen qui institutionnalise l’eurolibéralisme.


Cela dit, nous ne jetons la pierre à personne et, pourvu qu’elles soient ouverte à la discussion fraternelle et à l’autocritique, les expérimentations des uns et des autres valent mieux que l’isolationnisme hautain, qui n’est qu’une alliance inconsciente, « de facto » et pleine de morgue avec le statu quo politique.


Pour notre part, de Lens à Grenoble, nous agissons sans aliéner notre indépendance et partout où c’est possible avec des militants du Front de gauche, voire avec des sections du PCF, du moins avec celles qui acceptent de dialoguer. Nous venons d’ailleurs d’écrire à J.-L. Mélenchon pour lui proposer de nouveau une entrevue politique (jusqu’ici il fait le mort…) pour échanger sur nos divergences, ouvrir le débat sur l’euro, faire entendre clairement que si la rupture progressiste avec l’UE n’est pas portée par une gauche populaire et patriotique, la route de l’Elysée est grande ouverte à la Le Pen ! Nous participons même à des listes municipales communes avec le PCF ou avec le PG pourvu que toute alliance politique avec le PS soit exclue et que les « métropoles » soient clairement combattues.

 

Et nous ne jetons pas la pierre aux mairies à direction PCF qui s’ouvrent à d’autres forces de gauche pourvu que le contenu de la ligne politique soit clair sur l’opposition à l’austérité, aux guerres impérialistes et à l’euro-« métropolisation » de la France. En particulier, la question posée aux camarades « ML » qui agissent dans le cadre du Front de gauche sera celle du boycott des européennes : elle sera un test de leur indépendance et nous ne doutons pas qu’ils refuseront de suivre des « euroconstructeurs » notoires au moment où l’UE commandite la mort de nos retraites par répartition. Cependant, même pour faire évoluer « en bas » ledit Front de gauche (qui est dominé aujourd’hui par la politique petite-bourgeoise), il est évident qu’il faut développer le front syndicaliste de classe,et qu’il faut par ailleurs promouvoir sans frilosité le front populaire et patriotique.


Ces considérations ne signifient aucune exigence mal venue envers la précieuse alliance des « assises du communisme » ; entre ceux qui sont pour le boycott de cette élection (dont fait partie le PRCF) et ceux qui préfèreront, par discipline, faire la campagne électorale du PCF, le dialogue doit continuer sans excommunication majeure, c’est l’expérience et son analyse marxiste poursuivie en commun et d’une manière fraternelle qui tranchera.


Cependant en tant qu’organisation communiste, nous jugeons de notre devoir, à la fois de classe et patriotique, d’appeler au boycott actif de cette « élection » européenne, dont l’objet n’est même pas d’infléchir la politique européenne (qui ne se détermine nullement au parlement-potiche de Strasbourg !), mais seulement de donner à la dictature européenne une façade démocratique. S’agissant d’une élection supranationale et aucune liste française annoncée ne défendant une ligne de rupture progressiste avec l’UE, l’acte citoyen ne sera pas selon nous d’aller voter (une élection n’a un caractère citoyen que si elle permet un tant soit peu au peuple de « peser »), mais de DELEGITIMER la prison des peuples européenne en passe de se muer en « Union transatlantique » pilotée par l’axe Obama-Merkel.

 

Ce que craignent les eurocrates, ce n’est pas qu’à l’issue du scrutin, le parlement européen vire du bleu vif au rose pâle, voire au rose vif, c’est qu’il y ait 60 ou 70% d’abstentions dans toute l’UE au soir de leur mascarade supranationale, c’est que les ouvriers s’abstiennent à 80%, c’est que ce décrochage populaire massif élargisse les brèches pour la future intervention, voire pour les futures insurrections des masses populaires…


Mais encore une fois, tous les fronts de lutte n’avancent pas au même rythme et le PRCF ne conditionnera jamais sa main tendue aux autres organisations communistes au préalable d’un appel commun au boycott : le Pôle demandera simplement la réciproque à ses partenaires partisans de voter pour les listes FDG : pas d’excommunication majeure contre les « boycotteurs ».

 

L’essentiel est et sera de progresser sur tous les fronts à la fois selon les rythmes propres de chacun des fronts de lutte, de travailler patiemment à leur convergence, car le jour où le « front de la renaissance communiste », celui du « syndicalisme de classe », celui du « front populaire et patriotique » et celui de l’ « internationalisme prolétarien » avanceront du même pas, l’heure de la contre-offensive générale contre ce système pourri aura sonné.

 

Elle sera précédée ou accompagnée par la renaissance organisée du vrai PCF et celui-ci ne résultera d’aucune auto-proclamation, pas plus pour le PRCF que pour quiconque : car seuls pourront en décider le moment venu la majorité des communistes français, les forces militantes essentielles de la classe ouvrière de France et le Mouvement communiste international à nouveau uni sur des bases marxistes-léninistes.


 [1] Editorial du journal patronal Challenges, novembre 2007.


[2] Qui envoya la patriote roturière Jeanne Darc au bûcher pour le compte des occupants anglais), Louis XVI (complotant contre la Révolution avec les envahisseurs autrichiens. Avant de se moquer stupidement de Jeanne Darc (la particule est une invention ultérieure, Darc en patois lorrain signifie tout bonnement « Dupont » !), donc de l’abandonner à Le Pen d’une manière irresponsable, qu’on prenne la peine de lire ce qu’a dit d’elle Dimitrov devant le congrès de l’IC, ou la pièce de théâtre signée de Brecht et d’Anna Seghers Le procès de Jeanne d’Arc.


[3]  … suppliant Bismarck de libérer les soldats français capturés à Sedan par les Prussiens, et assurant le chancelier allemand que lui, Thiers, n’utiliserait ces troupes françaises libérées « que contre Paris », c’est-à-dire contre les Communards patriotes ET internationalistes qui refusaient d’ouvrir Paris aux Prussiens.


[4] Lequel, très officiellement, disait « souhaiter la victoire de l’Allemagne » ; et pendant que Louis Renault et le comité des Forges déclaraient « préférer Hitler au Front populaire », « seule dans sa masse la classe ouvrière resta fidèle à la France profanée », selon le mot bien connu de l’écrivain gaulliste François Mauriac…


[5] Et pour cela, l’oligarchie « française » détruit l’industrie, tâche entreprise depuis le début des années 70, où décision fut prise de casser la machine-outil à Billancourt et d’abandonner la grande industrie à l’Allemagne occidentale : la dissymétrie actuelle : à la France le tourisme et le transport, à l’Allemagne la grande production, était dénoncée par L’Humanité au début des années 70 : casse de Renault-Billancourt, de la sidérurgie, des mines, des bastions industriels du secteur public, EDF, etc. Il s’agit aussi d’une vengeance de classe contre la grève de masse de 1968, la plus imposante et la plus longue de toute l’histoire ouvrière mondiale.


[6] La députée FN Marion Le Pen propose même de supprimer les très rares cours délivrés aux enfants d’immigrés dans leur langue maternelle et d’affecter les crédits ainsi recouvrés… à l’enseignement de l’anglais en maternelle ! « La souris ne connaît pas d’animal plus gros que le chat », aimait à dire Lénine !


[7] Le drapeau rouge des ouvriers parisiens de la place de Grève a affronté le drapeau blanc monarchiste à côté du drapeau tricolore durant la Révolution française. Le drapeau rouge des Communards était cravaté de tricolore. Pottier a rédigé l’Internationale sur l’air de la Marseillaise, que chantaient en russe les bolcheviks montant à l’assaut du Palais d’Hiver. Et c’est la SFIO et les trotskistes qui, le 14 juillet 1935 (meeting de lancement du Front populaire au stade Buffalo de Paris), sifflaient la Marseillaise et l’opposaient à l’Internationale, associées au contraire par Jacques Duclos et par les ouvriers communistes… Que notre hymne et notre drapeau nationaux aient été maintes fois violés et souillés par la grande bourgeoisie (mais le drapeau rouge a aussi été sali par Hitler qui l’avait frappé d’une svastika : faut-il aussi l’abandonner ?), c’est une raison de plus pour les disputer aux oligarques : ils sont à nous, ENSEMBLE, comme le bonnet phrygien et les « outils » ouvrier et paysan. Car que penserait-on d’un père qui renierait sa fille sous prétexte qu’elle a été violée par des saligauds ? Son devoir n’est pas de renier lâchement sa fille, mais de l’embrasse et de la relever… et de tourner sa colère contre les violeurs (voir le film d’I. Bergman, La source, ou la chanson d’Isabelle Aubret) !


[8] Curieux d’ailleurs que les mêmes qui ne jugent pas le PRCF assez anticapitaliste, refusent de reconnaître la fascisation rampante de l’Europe et de la France en confondant (ce que le PRCF ne fait pas) fascisme et fascisation et en confondant les formes que prit le fascisme des années 30 avec les formes, évidemment différentes et – de moins en moins feutrées, qu’il prend à l’heure actuelle !


[9] Le PRCF a réalisé un gros travail démocratique à ce sujet en adoptant un programme de transition révolutionnaire soumis à l’appréciation et aux enrichissem

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 10:07

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Mercredi a été présenté au Conseil des ministres le Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Ce projet a pour objectif d’économiser plus de quatre milliards pour ramener  le déficit de la Sécurité sociale à 12,8 milliards d’euros.   

 

Cela va se traduire par une baisse historique des dépenses de santé de l’Assurance maladie,  qui devra réaliser une économie de 2,9 milliards en 2014 (des médicaments moins remboursés et le développement des génériques).


Le gouvernement compte aussi sur les mesures prévues dans la réforme des retraites en discussion au Parlement : le report d’avril à octobre de la revalorisation des retraites et  la hausse des cotisations vieillesses prélevées sur les pensions.


La branche famille de la Sécurité sociale va également être touchée par des mesures d’économie. Avec la diminution du quotient familial, les prestations servies à de nombreuses familles vont être réduites.

Le projet intègre les recettes procurées par la suppression de l’avantage fiscal des salariés sur la participation des employeurs aux régimes professionnels de complémentaires santé.


Enfin, il est prévu des économies sur la gestion des caisses de Sécurité sociale.


Lors de son passage, pour avis, devant les conseils d’administration des Caisses Nationales de Sécurité Sociale, aucune voix ne s’est portée pour.


Le projet doit être discuté au Parlement à partir du 22 octobre. Depuis le gouvernement Juppé de 1996, le Parlement exerce un contrôle sur la Sécurité sociale par le vote chaque année d’un budget, sur le modèle de la loi de Finance pour le budget de l’État.

 

 

Source: 

 

 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 09:08

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« canempechepasnicolas » a  déjà relaté le grand guignol de Lyon, où les patrons ont sorti le carton jaune qu’ils attribuaient à François Hollande pour sa politique*. Que celle-ci face la part belle au programme du Medef pour « détricoter » les acquis sociaux découlant de l’application du programme du Conseil National de la Résistance, cela ne suffit plus aux chefs d’entreprise présents. Ceux-ci exigent, aujourd’hui, d’en finir avec « une sphère publique démentielle *» (pour se l’accaparer, bien sûr), de réduire un « coût du travail insupportable » et des « réglementations inutiles », faisant allusion au Code du Travail.


Pour être bien compris, ces patrons en colère s’écrient : « Nous voulons être payés au cul du camion », c'est-à-dire tout de suite,  avant tout autre acteur économique, les salariés en premier lieu.


Et d’annoncer : « Nous nous battrons dans la rue s’il le faut pour défendre notre liberté d’entreprendre », menacée, comme chacun sait, par les bolchéviques du PS.


Gérard Collomb, maire « socialiste » de Lyon, présent au premier rang dans la salle est contraint de modérer son enthousiasme et  « applaudit le plus discrètement possible ».


Ce langage guerrier a le tort aux yeux de Pierre Gattaz de heurter peut-être des interlocuteurs politiques, plus que bienveillants en faveur des possédants.


 

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Pierre Gattaz

 

Le patron du Medef doit arrondir les angles en vue des négociations futures, « tout en évitant de se faire déborder par sa base »


Aussi, M.Gattaz dit « partager la plupart des idées de son public ».


Mais, pour lui, ce n’est pas l’heure d’évoquer « les combats de rue » 


Mais pourquoi cette « modération » ?


Il répond à cette interrogation en expliquant qu’il commence « à être entendu  par le gouvernement » et de rappeler toutes les reculades effectuées par le pouvoir « socialiste » au bénéfice du patronat. « Pas question de sécher non plus les réflexions lancées par le gouvernement sur la fiscalité et le coût du travail »


Et Le Monde d’ajouter :  « En privé, M.Gattaz admet par ailleurs QU’IL SAIT que François Hollande pense comme lui… »


Ce n’est certes pas un scoop ! Mais tout de même…

 

Ca n’empêche pas le patron des patrons de formuler clairement ce qu’il attend du gouvernement : « une baisse des charges à hauteur de 100 milliards d’euros et son corollaire, la diminution de la dépense publique ». Rien que ça !


Monsieur Gattaz se sent assez fort pour menacer : « Si rien n’est fait rapidement, nous sortirons le carton rouge ».


Nous voilà informés.


Et les salariés aussi.


A ceux-ci, à leur tour, de sortir le carton rouge, et le drapeau de même couleur. Et de les brandir dans la rue pour montrer qu’ils ont passé l’âge d’aller au guignol, à Lyon ou ailleurs,  pour écouter tous les gnafrons du patronat. Les salariés en ont ras la feuille de paie d’être spectateurs d’une pièce dont ils entendent jouer les premiers rôles.


Ils en ont assez d’être pris pour des marionnettes.


Faut-il encore que les syndicats jouent leur partition et mettent le spectacle en musique.


 

* Lire sur « canempechepasnicolas » :

 Face aux patrons déchainés, le coup de colère de    "CANEMPECHEPASNICOLAS" par Jean LEVY


http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-face-aux-patrons-dechaines-le-coup-de-colere-de-canempechepasnicolas-par-jean-levy-120490352.html


* Tout ce qui est en « bleu » est tiré du compte-rendu de la réunion patronale du Monde, daté du jeudi 10 octobre 2013 

 

 


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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 08:36

11 Octobre 2013 , Rédigé par Le Mantois et Partout ailleurs

 

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Les patrons du Pc parisien se sont prononcés à 67% pour se rallier au Ps lors des municipales. C'est vrai que la bande à Anne Hidalgo et à Jean-Marie Le Guen (boss de l'AP-HP) leur troque 13 conseillers municipaux et 32 d'arrondissement. Et ça, ça pèse lourd dans la musette entre deux actions contre l'Elysée dont les amis administrent Paris. 31% des patrons de la fédération parisienne du Pc ont néanmoins voté contre.


Les cocos parisiens vont donc voter: soit pour le PS, soit pour le Front de gauche.


"Quoiqu'il arrivenous serons évidemment ensemble (avec le Fg) aux européennes", a dit Igor Zamichiei. Bonjour la clarté, mais je dis ça, je dis rien. En tout cas, le Parti de gauche parisien, l'allié du Pc dans le Front de gauche, est lui furax.


Bon, à Paris, "le choix reste ouvert" administre l'Humanité en insistant beaucoup sur le vote que les cocos parisiens doivent mettre dans l'urne. Et devinez lequel?

 

En ce moment, la CGT de l'AP-HP et le comité de défense de l'Hôtel-Dieu de Paris contactent tous les candidats aux municipales. Ian Brossat, chef de file pour le Pc parisien, soutient leur action. La candidate du Ps est beaucoup plus en retrait, solidarité oblige avec la ministre de la santé et Jean-Marie Le Guen, adjoint au maire et patron de l'AP-HP.


On peut être dubitatif  lorsque Ian Brossat va se retrouver sur la liste d'union Ps/Pc. Que deviendra son soutien envers la CGT de l'AP-Hp et le comité de défense de l'Hôtel-Dieu? Ouais, je sais, je ne pose que des questions à la con en ce moment.


Roger Colombier

 


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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 22:05

Jeudi 10 octobre 2013

 

Communiqué de la CGT

Le Rapport 2013 du Comité national de suivi du Crédit d’Impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) confirme les critiques de la CGT à l’égard de cet énième dispositif fiscal en faveur des entreprises.

Doté à terme de 20 milliards d’euros, le CICE est la plus importante niche fiscale jamais mise en place. Un dispositif fiscal accordé sans aucune contrepartie en matière de création d’emploi, d’investissement dans la recherche, ou encore de salaires, et dont les objectifs se résument à faire baisser le « coût du travail » et à augmenter les taux de marge des entreprises.


Alors qu’il est censé doper les exportations en améliorant la compétitivité des entreprises industrielles exportatrices, c’est seulement 20% du CICE qui va à l’industrie. Le CICE ne profite en réalité qu’aux grandes entreprises, aux secteurs non exposés comme par exemple la restauration et la distribution. On peut s’interroger aussi sur la « concurrence » dont serait victime le secteur bancaire et qui nécessiterait de lui accorder le CICE ?


Les effets d’aubaine sont nombreux puisque ce dispositif vient s’ajouter aux exonérations de cotisations sur les bas salaires et selon les aveux même du rapport, le CICE incitera les entreprises développant des politiques de bas salaires puisque « ce sont les secteurs dont la distribution des salaires est plus centrée vers des rémunérations moins élevées qui bénéficient le plus du crédit d’impôt ».


La nouvelle Banque Publique d’Investissement a elle aussi été mise à contribution en préfinançant le CICE aux entreprises. Ainsi, c’est près d’un milliard d’euros de préfinancement (pour un objectif gouvernemental de 2 milliards en 2013) qui a été accordé aux entreprises, notamment aux plus grandes d’entre elles. Comme toujours le secteur bancaire privé s’est exonéré de tout préfinancement se contentant d’attendre de bénéficier du CICE. Ces 2 milliards auraient du servir à l’investissement public et on peut légitimement s’interroger sur le sens de l’intervention de la BPI ?


Enfin, le suivi et le contrôle du CICE par les comités d’entreprise ne seront effectifs qu’en 2014 et sans droit de suspendre cette aide publique et d’exiger son remboursement, à l’inverse de ce que revendique la CGT pour l’ensemble des aides publiques aux entreprises. Bref, les entreprises et les actionnaires ont tous les droits, les salariés, contribuables et citoyens sont écartés de toutes possibilités d’intervenir.


Au final, le CICE s’avère être un dispositif trop coûteux ayant des effets néfastes sur les salaires et donc le pouvoir d’achat, la croissance et les emplois. Ces 20 milliards supplémentaires vont alourdir la dette de l’Etat et viennent s’ajouter aux 180 milliards déjà distribués par la puissance publique aux entreprises. Un calcul rapide permet de démontrer (sur la base d’un salaire chargé de 5 000€ brut mensuel) que l’Etat finance désormais plus de 4 millions d’emplois dans le privé. Les entreprises françaises sont donc massivement subventionnées.


La CGT revendique le droit pour les salariés de suspendre et d’exiger le remboursement de toutes les aides publiques détournées des objectifs d’investissement productif, de recherche, d’innovation, de formation, de salaires et d’emploi.


La bataille pour l’emploi et la réindustrialisation nécessitent d’investir dans l’éducation, la politique scientifique, le développement des services publics et la résorption des inégalités sociales et territoriales. C’est vers ces priorités que doivent être réorientées les 200 milliards d’exonérations fiscales et sociales.


Montreuil, le 10 octobre 2013

 

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 18:30

Mardi 8 octobre 2013 

 

http://www.educavox.fr/local/cache-vignettes/L300xH210/1112187615_68427fa01b-c4e75.jpg

La situation devient dramatique. On en est désormais à compter sur des formes de solidarité entre les progressistes et les rénovateurs, face à une opération politicienne qui, exploitant les erreurs accumulées, mobilise l’opinion publique. Ceux qui contestent, discutent, proposent sont désormais accusés de faire le jeu de l’opposition, et leur avis est ignoré, considéré comme inamical. Comment a-t-on pu en arriver là ? Est-il encore possible de sauver la refondation ?
 
Rien n’est moins sûr. Pourtant elle est indispensable, sinon la destruction de l’école, bien engagée depuis de nombreuses années, et particulièrement entre 2007 et 2012, sera définitive. Elle laissera la place au système ultra libéral autoritaire, avec des écoles de riches et des écoles de pauvres, avec la disparition des écoles des quartiers les plus déshérités, avec le développement du « home schooling », avec une sélection exacerbée fondée sur la réussite individuelle, avec le renforcement de la société des gagnants qui savent que les perdants sont toujours les mêmes, avec la croissance de la compétition et de la violence. Pourtant l’opposition politique est elle-même divisée, et l’on trouve dans le principal parti d’opposition, une part non négligeable, que l’on a ignorée, encore attachée à une culture gaulliste par exemple, qui partage la volonté de transformation démocratique du système éducatif.
 
Il est vrai que le ministre peut parfaitement imposer la poursuite de sa politique. Il peut être comblé par les effets de cour qui font qu’il a toujours raison et parce qu’on ne lui montre que ce qui ne peut que le réjouir. Il peut être ravi de voir les recteurs, DASEN et inspecteurs lui faire une ovation… avant de continuer, avec un autoritarisme parfois décuplé, à mettre en place le règne de la défiance et de l’injonction, le pilotage par les résultats et les contrats d’objectifs qui n’ont pas de sens, ou nier la démocratie et la justice en sanctionnant à tour de bras, nonobstant la nécessité d’un climat de confiance pour refonder. A Avignon, la justice va bientôt devoir se prononcer sur la compétence des directeurs à gérer les bagarres de cour de récréation. A Toulouse et ailleurs, il ne fait pas bon de ne pas appliquer les ordres de MM Darcos et Chatel. La FCPE a dénoncé récemment les errements de trop nombreux DASEN et il n’est guère de blogs et de sites éducatifs qui ne regrettent la persistance de comportements aberrants et indiscutables de la hiérarchie intermédiaire.
 
Comme de nombreux « experts », pédagogues, sociologues, philosophes ; comme Philippe Meirieu, j’attire l’attention depuis toujours sur

  • La difficulté de refonder avec les mêmes finalités implicites, les mêmes programmes, les mêmes pratiques de management, le même climat de défiance, que celui qui sévissait sous un gouvernement ultra libéral


  • La difficulté de réduire la fatigue des élèves si l’on accepte l’ennui et le massacre par l’évaluation


  • La difficulté de prévoir des activités autres qu’occupationnelles ou d’exercices, en 45 minutes


  • La difficulté de mettre en place un projet éducatif local si les finalités et les objectifs généraux ne sont pas partagés et lisibles par tous


  • La difficulté de mobiliser les acteurs si les activités sont cloisonnées, juxtaposées, superposées dans des usines à cases administrativement contrôlées et validées, sans souci de la qualité et de la portée sociale.


  • La difficulté de concevoir et de réaliser un grand projet d’école et de société, s’il n’est pas conçu, dans la confiance, à la base plutôt qu’au sommet de la pyramide
 
Avec la campagne de l’opposition, avec la grogne qui monte de partout, avec un monde enseignant amer, sceptique, désabusé, en proie aux exigences paperassières et aux contrôles tatillons de leur hiérarchie, avec la souffrance, avec l’ennui, les réussites ponctuelles ne pourront pas cacher les réalités. Dans notre société de la communication, de l’apparence et de l’électoralisme à court terme, le débat, la liberté de penser et de le dire, sont des conditions de la réussite. La servilité et l’indifférence ne peuvent produire que des obstacles au progrès.
 
A Educavox, la parole est libre et le débat est recherché. Nous continuerons, prenant le risque de paraître contestataire, inamical, complice des opposants, considérant que nos contributions, nos alertes, mais aussi nos valorisations de l’innovation, nos informations sur les évolutions des sciences et des techniques, sont nécessaires à la réussite de la refondation.
 
L’éducation est synonyme de liberté. Et, comme l’écrivait Rosa Luxembourg, « La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement »
 
http://www.educavox.fr/local/cache-vignettes/L100xH95/auton46-2f260.jpgPierre Frackowiak

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 09:21

Jeudi 10 octobre 2013  par  Raoul Marc Jennar

 

 

http://www.pouruneconstituante.fr/local/cache-vignettes/L84xH84/arton765-83152.pngEn novembre 1990, les USA et la Communauté européenne signent la « Déclaration transatlantique » Pour la première fois est formalisée la coopération entre les USA est les 12 Etats membres de l’UE. L’ambition de ce texte est de « promouvoir les principes de l’économie de marché, de rejeter le protectionnisme et d’étendre, de renforcer et d’ouvrir davantage le système commercial multilatéral » Le texte rappelle aussi « le ferme engagement des USA et des Etats membres de la Communauté européenne en ce qui concerne l’Alliance Atlantique Nord (l’OTAN), ses principes et ses objectifs. » Le texte met en place une coopération institutionnelle qui va se traduire par les sommets annuels UE-Etats-Unis, (où les peuples de l’UE sont représentés par le Président de la Commission, le Président du Conseil et le Haut Représentant de la politique étrangère et de sécurité commune) ainsi que des réunions ministérielles bisannuelles, et de fréquentes rencontres au niveau des directeurs politiques et des hauts fonctionnaires.


Cette « Déclaration transatlantique » intervient au moment de grands bouleversements. C’est la fin de la division du monde en deux blocs rivaux et donc la fin de la menace soviétique qui a justifié l’OTAN.

 

C’est aussi la fin des dictatures en Europe. Celles de l’Ouest (Espagne, Portugal, Grèce) ont disparu 15 ans plus tôt, celles de l’Est disparaissent à leur tour. Le paysage politique du Vieux continent est totalement transformé. L’hypothèse d’une Europe européenne, avec ses spécificités démocratiques, sociales, économiques et culturelles, gagne en crédibilité. Et voici que, sans le moindre débat public ou parlementaire, les 12 gouvernements de la Communauté européenne décident de perpétuer l’OTAN et optent pour une relation privilégiée avec les USA. Il s’agit là d’un choix politique majeur aux conséquences multiples et durables. De ce choix, les peuples des 12 Etats ont été tenus à l’écart. De même que leurs parlementaires.


En 1995, le « Nouvel Agenda transatlantique » est adopté par le président de la Commission européenne, le président du Conseil, et le président américain Bill Clinton. On passe de la consultation à un partenariat défini par des actions communes. Un plan d’action comporte plus de 150 objectifs communs. Dans la foulée, le gouvernement américain et la Commission européenne recommandent aux principales firmes des deux rives de l’Atlantique de créer le « Transatlantic Business Dialogue » (TABD) chargé de fournir, deux fois par an, des « recommandations » à leurs fonctionnaires et à leurs décideurs politiques. Une structure de dialogue entre parlementaires américains et membres du Parlement européen se met en place. De cette intensification de la relation UE-USA, de ses liens structurels avec le secteur privé et de l’appui que lui apporte la majorité chrétienne démocrate/sociale démocrate au Parlement européen, les peuples des 15 Etats membres de l’Union européenne ont été tenus à l’écart. De même que leurs parlementaires nationaux.


En 1998, le Partenariat économique transatlantique, est lancé lors du sommet UE - USA. Il s’agit d’intensifier la coopération bilatérale. Cette coopération s’engage en faveur de l’ouverture des marchés et de la suppression des entraves dans le commerce et les investissements. De la création de ce PET, les peuples des 15 Etats membres de l’Union européenne ont été tenus à l’écart. De même que leurs parlementaires nationaux.


 

 

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/ezflow_site/storage/images/media/images/sommet-2007/436986-3-fre-FR/sommet-2007.jpg


Le 30 avril 2007, le Président des États-Unis, Georges W. Bush, le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso et la Présidente du Conseil Angela Merkel signent à la Maison Blanche un accord par lequel est créé le Conseil économique transatlantique, dont l’objectif est de permettre l’intégration économique transatlantique (CET) par l’harmonisation des législations, des réglementations et des normes. Plus de 70 firmes siègent aux côtés des représentants des USA et de l’UE dans ce Conseil. De la création de ce CET, les peuples des 27 Etats membres de l’Union européenne ont été tenus à l’écart. De même que leurs parlementaires nationaux.

 

 

http://referentiel.nouvelobs.com/file/2743077-crise-de-la-dette-la-main-tendue-d-obama-a-l-ue.jpg


Le 13 février 2013, le Président de l’UE, Van Rompuy et le Président de la Commission européenne Barroso signent, à la Maison Blanche, avec le Président Obama un engagement d’entamer la procédure en vue de négocier la création d’un grand marché transatlantique baptisé « Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement « (PTCI). De la création de ce PTCI, les peuples des 27 Etats membres de l’Union européenne ont été tenus à l’écart. De même que leurs parlementaires nationaux.


Avec le soutien de tous les gouvernements de l’Union européenne, la négociation de ce PTCI est menée depuis la 8 juillet par la Commission européenne et les USA.

 

Le mandat de négociation, soutenu par le gouvernement PS-EELV, est clair : il s’agit de confier la définition des règles au secteur privé en lui donnant la capacité de remettre en cause nos législations et réglementations dans tous les domaines où les firmes privées considéreront que ces normes constituent une entrave à leurs profits : normes salariales, sociales, sanitaires, phytosanitaires, alimentaires, environnementales, mais aussi l’organisation des marchés publics et la protection des investisseurs à tous les niveaux : national, régional, départemental et local.


Cette négociation, préparée comme on l’a vu de longue date, le candidat Hollande, n’a pas dit un seul mot pendant sa campagne électorale. Dans la déclaration de politique générale du gouvernement Ayrault, pas un mot n’a été prononcé à ce propos. Une fois de plus, on engage le pays et son peuple dans des négociations qui comportent des choix de société essentiels, sans que ni les élus de la nation, ni le peuple lui-même ne soient consultés. Le gouvernement français n’a pas été mandaté pour donner le feu vert à de telles négociations.


N’est-ce pas là la plus éclatante démonstration de ce que nous ne sommes plus en démocratie ?

Qui ne voit que le peuple est, par de tels procédés, dépossédé de son destin ?

Qui ne ressent l’urgence, avant qu’il soit trop tard, de refonder le pacte républicain ?

Et pour ce faire d’appeler à l’élection d’une assemblée constituante qui donnera la parole au peuple pour bâtir une nouvelle architecture institutionnelle où il gardera la maîtrise des choix qui conditionnent sa vie de tous les jours.


Raoul Marc JENNAR

 


 

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http://i0.wp.com/cgt06.fr/wp-content/uploads/2013/09/banniere2013.jpg?fit=780%2C9999


Le samedi 12 octobre de 14h à 16h30 dans la grande salle.   

CAL Bon voyage, 2, Pont René Coty (entrée route de Turin)

 

ATTAC 06 organise une conférence débat avec Raoul-Marc Jennar sur« Les accords transatlantiques ». A cette occasion L’Euro, l’UE seront certainement abordés. Le débat occupera la plus grande partie de la séquence, ceux qui sont intéressés par ces thèmes pourront exposer leurs idées.

 

 


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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 04:22

http://img.over-blog.com/103x120/3/06/23/69/photo-1/CGT-copie-1.jpg

 

Des syndicats et des structures de base de la CGT exprimant une analyse critique des orientations actuelles de la direction confédérale sont de plus en plus nombreux à rendre public leur désaccord et leurs inquétudes.

A son tour l'Union locale de Vendôme interpelle le secrétaire général de la CGT.

Nul doute que le débat de fonds occulté depuis des années à l'occasion des congrès confédéraux ne pourra longtemps être à nouveau contourné.

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UL Vendome 2
UL Vendome 1
UL Vendome 4-copie-1
Vendôme, le 9 octobre 2013  
Cher camarade,
L’union locale CGT de Vendôme lors de sa dernière commission exécutive a discuté de la situation sociale. Nous avons fait plusieurs constats :  
 
1.     Que l’actuel gouvernement n’a rien à envier des décisions que prenait le gouvernement sarkozyste. Notre CE considère qu’il fait pire :

v     L’ANI.
v     Le refus de voter la loi d’amnistie pour les syndicalistes.
v     Le blocage du SMIC.
v     Le gel des salaires des fonctionnaires.
v     La baisse des subventions aux collectivités locales, ayant un effet sur l’emploi et le maintien des services publics.
v     La hausse des énergies.
v     La TVA.
v     Crédit d’impôts aux entreprises.
v     On en oublie et des meilleurs…..
v     Le retour des privatisations.
v     L’abandon des nationalisations.
v     Les mesures sur les retraites.
 
2.     Que notre confédération ne nous parait pas assez offensive pour contrer toutes ses attaques.
 
Les camarades de l’union locale dans son ensemble, considèrent que nos dirigeants CGT sont trop complaisants envers Hollande et son gouvernement (par exemple la CGT ne s’est pas manifestée contre le pouvoir qui n’a pas revalorisé le smic au 1er juillet).

De plus dans sa critique de l’ANI, la CGT ne se positionne pas franchement contre  tous les signataires de  cet accord qui va fondamentalement à l’encontre des intérêts des travailleurs et du code du travail, ce qu’aucun gouvernement depuis 1945 n’avait osé faire.

Parmi les signataires, il y a la CFDT syndicat réformiste qui s’accoquine avec Hollande  et ses ministres. Dans la même veine n’oublions pas les agissements de la CFE-CGC.
Nous subissons tous les jours les idées consensuelles que tous ces sociaux-démocrates essaient de nous imposer.
 
Ici à Vendôme, petite ville de 18000 habitants avec un bassin d’emplois composé d’activités  très diversifiées : usines métallurgiques, agro-alimentaire, santé, aide à la personne etc… et un artisanat important et varié, nous commençons à voir des salariés qui  pâtissent des effets de l’ANI et de cette idéologie désespérante que nous propose le gouvernement actuel.
 
Les salariés des petites entreprises, ceux qui vivent l’exploitation capitaliste la plus sauvage, nous les voyons régulièrement à l’union locale. Souvent, ils ne comprennent pas ce qui leur arrive, ils sont les oubliés de la CGT. Notre union locale en a conscience, et dès qu’elle le peut, elle essaie de les faire bouger, notamment lors de campagnes nationales comme  les prud’hommes ou les élections au TPE et contre l’ANI en ce moment.

Souvent, nous obtenons les meilleurs résultats du département.
 
Depuis quelques années, nous avons délaissé nos principes essentiels.

Nous avons oublié la lutte de classe, la grève générale, l’unité des travailleurs  en tant que citoyens exploités par les mêmes dirigeants. Nous appelons de toutes nos forces la confédération à revenir à ses fondamentaux.

La division des travailleurs est alimentée par des notions comme « interprofessionnelle », « unité » avec les autres syndicats, alors que chaque salarié est d’abord un individu exploité, ayant les mêmes intérêts de classe que son voisin syndiqué ou non.

Quand un smicard lutte pour son pouvoir d’achat ou sa retraite tous les smicards luttent pour la même revendication qu’il soit de la métallurgie ou de l’agro-alimentaire du public ou du privé.
 
La CE a pris acte de la journée d’action du 10 septembre prochain.
 
Nos petites villes ne se prêtent pas aux mouvements catégoriels, et nous sommes satisfaits que cette journée du 10 soit enfin avec des mots d’ordres qui « causent » à tout le monde et, avec des actions non disséminées.
 
Nous sommes une « petite union locale » mais très active. Nous apportons un  soutien syndical, logistique et financier aux sections  des entreprises. Nous avons aussi une section interprofessionnelle avec des militants retraités très dynamique.

Depuis plus de 30 ans nous organisons notre fête du 1er mai dans le quartier le plus populaire de Vendôme, avec le côté festif nous y incorporons une haute dose de syndicalisme par le biais d’interventions publiques, de stand d’information, d’exposition des luttes vendômoises etc….
 
Notre Union locale est toujours dans la ligne de la charte d’Amiens, dans les principes d’un syndicalisme de  combat de classe.
Nous considérons que le réformisme des autres syndicats et vers lequel va depuis quelques années la CGT, est une  orientation de notre confédération qui nous inquiète, a plusieurs titres :

v  Elle ne va pas dans le sens d’une vraie défense des intérêts des travailleurs.
v  Elle  n’aide pas à obtenir de véritables nouvelles conquêtes sociales.
v  Elle entérine l’idée que le capitalisme est la seule issue possible.
v  Elle conforte l’idée que les patrons sont et seront toujours les plus forts.
v  Elle affaiblit le syndicalisme et démoralise les salariés.
v  Elle laisse croire que le politique ne peut pas intervenir sur l’économique
v  Elle entretient l’idée de mettre au pouvoir l’extrême droite.

Les idées du front national commencent à entrer dans nos unions locales, ce qui est un frein pour l’action syndicale et source de division. Ici à Vendôme, bien qu’il s’agisse d’un phénomène marginal, nous en avons conscience.

Nous le combattons par de l’information sur l’histoire du mouvement ouvrier, par des rappels de principe fondateur de la CGT, ainsi que par l’explication critique des positions du front national.
 
Cher camarade secrétaire général, c’était une partie des réflexions débattue au sein du bureau et de la commission exécutive, et nous voulions t’en faire part.
 
Nous aimerions lire tes impressions.
 
Reçois nos salutations fraternelles et syndicales.
 
 
                                                 Pour la commission exécutive,
                                                 le secrétaire de l’Union Locale.
                                                          Mickael Drouault
 

 

37, rue de la Grève
Bourse du Travail – BP 30058 – 41102 VENDOME CEDEX

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 11:44

par Frédéric Lemairele 9 octobre 2013

Il est bien rare que les journaux télévisés des grandes chaînes se donnent la peine d’enquêter sur les tenants et aboutissants de la crise économique et sociale qui ravage la Grèce depuis plus de 4 ans. Cela renvoie à l’évidence aux modes de hiérarchisation de l’information, reléguant au dernier rang l’information sociale et internationale. On pourrait dès lors se réjouir que le JT de France 2 du 17 septembre programme un reportage sur la situation en Grèce. On aurait tort, car à bien y regarder, cette « enquête » a moins relevé de l’information… que d’une succession de clichés sur la Grèce mis en image.

Une fois n’est pas coutume, le JT de France 2 du mardi 17 septembre réservait une place importante à l’information internationale. Il faut dire que l’actualité s’y prêtait, avec une fusillade aux États-Unis et le relèvement du Costa Concordia en Italie : l’occasion pour David Pujadas de dresser le portrait psychologique de l’ancien militaire « violent, paranoïaque mais aussi serviable » qui a tué « 12 personnes avec 3 armes » et de montrer des images « impressionnantes  » du cargo italien, reporter sur place à l’appui.


À ces sujets spectaculaires venait s’ajouter une information économique qui ne l’était pas moins : la publication par le Figaro des chiffres de la dette française, prétexte à un grand moment de « pédagogie » journalistique en temps de crise [1].


« Imaginons la dette publique de la France en billets de 100 comme celui-ci » commence un journaliste venu prêter la réplique au présentateur vedette, « Il y a 2 ans, on avait tenté la comparaison avec l’Arc de triomphe […] Eh bien, l’an prochain, la dette […]dépassera l’Arc de triomphe d’un étage ! »


Il poursuit sur fond d’un compteur qui défile frénétiquement [2] : « Pour prendre la mesure de cette progression, David, il faut regarder le compteur de la dette. Il tourne, jour et nuit, à la vitesse de 3 000 euros par seconde ! Cela fait 6 ans que ce rythme est constant. Rien ne semble pouvoir l’arrêter. » Une mise en scène grotesque qui semble ne servir qu’un objectif : effrayer le spectateur quant à l’effroyable augmentation de la dette publique.


Et lorsque David Pujadas l’interroge sur les raisons de ce qui ne peut apparaître que comme une gabegie, notre pédagogue libéral livre une explication qui aurait toute sa place dans les colonnes du quotidien de Serge Dassault : la dette a d’abord augmenté à cause des «  déficits en tous genres », mais aussi des «  aides à la Grèce, à l’Irlande, et au Portugal ». Manière de dire que, non seulement, les Français dépenseraient trop, mais qu’ils seraient ponctionnés par ces pays européens que les médias anglophones avaient baptisés « PIGS » (acronyme pour désigner le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne, signifiant « porcs » en anglais).


Miracle du pluralisme politique et idéologique : les sauvetages bancaires ne sont à aucun moment mentionnés, pas davantage que les aides – directes ou indirectes – aux entreprises (« prime à la casse » entre mille exemples), ni d’ailleurs les effets récessifs des politiques d’austérité, qui ont déjà laminé l’économie grecque – un fait reconnu par le FMI lui-même – mais qui n’est manifestement pas arrivé jusqu’aux oreilles de David Pujadas…


Sans ces éléments du débat sur la question de la dette publique (mais également sur les effets des politiques d’austérité, qui prétendent s’attaquer à cette dette), la conclusion de ce petit numéro de pédagogie, même sous-entendue, semble claire : il ne reste qu’une seule solution, se serrer la ceinture… et s’assurer que les Grecs, Portugais et Irlandais ne jettent pas « notre » argent par les fenêtres.


L’enfer grec…


Contrôler ce que les Grecs ont fait de l’argent versé gracieusement par les contribuables français, c’est précisément l’objectif que semble se fixer le reportage qui suit le petit numéro de Pujadas et de son acolyte [3].


Un reportage réalisé en Grèce avec le soutien d’Alexia Kefalas, une correspondante multicarte bien connue d’Acrimed [4], et qui annonce d’emblée la couleur : « À une heure de bateau d’Athènes, cette île est fidèle au cliché : eau turquoise, pêche artisanale, églises orthodoxes et des habitants qui rechignent à payer ce qu’ils doivent à l’État. »


Car c’est pour l’essentiel de clichés que sera composé ce reportage qu’un Jean Quatremer, thuriféraire permanent de l’Union européenne et contempteur régulier du peuple grec, n’aurait pas renié.


Il suffit de suivre en caméra cachée notre Tintin grec, en immersion dans ce haut lieu de corruption qu’est Égine, débusquer un à un les commerçants fraudeurs : « Les commerçants affichent vite la couleur. Vous prenez la carte ? Non, seulement en espèces. La machine ne marche pas, les banques nous prennent notre argent, seulement du cash. » Pour éviter les commissions bancaires ? Plutôt pour frauder, d’après l’envoyée spéciale.


Chez le glacier, si « la vendeuse fait son addition sur une calculette »c’est, croit savoir notre infiltrée, « pour ne pas laisser de traces écrites de ses ventes et reverser moins de TVA à l’État. »Décidément « les mauvaises habitudes ont la vie dure  ». Enfin, dans les stations-service, « pas moyen d’avoir de ticket de caisse, les paiements en espèces sont appréciés. La comptabilité de la gérante semble sommaire ». Encore la fraude.


Certes reconnaît la voix off, « beaucoup de restaurateurs ont préféré se mettre en règle. Leur TVA a été réduite de 10 %, et il y a la peur du gendarme. » Mais pour les autres commerçants c’est, nous dit l’envoyée de France 2, fraude à tous les étages. La conclusion, même sous-entendue, semble s’imposer : la Grèce est décidément toujours la championne de la fraude fiscale, pas étonnant que les recettes de l’État ne suivent pas et que la dette publique s’accumule.


Or, si le non-paiement de la TVA par les professionnels est sans doute une réalité en Grèce, il s’inscrit cependant dans un contexte qui, s’il n’est pas rappelé, donne une vision complètement faussée des pratiques décrites : avec d’une part, la hausse de la TVA jusqu’à pas moins de 27 % (quand dans le même temps la taxation de 25 % sur les bénéfices distribuées des sociétés en 2009, ce qui constituait déjà un niveau faible, a été réduite progressivement à 20 % pour tomber à 10 % à partir de janvier 2013) ; de l’autre, l’anéantissement de la consommation à cause des politiques d’austérité, qui est la première cause de la faiblesse des recettes fiscales.


Dès lors, pourquoi mettre l’accent sur le non-paiement de la TVA par les petits commerçants, facteur marginal qui se conçoit aisément dans ce contexte, plutôt que de rappeler le contexte général défini par les politiques d’austérité imposées à la Grèce par la troïka, en livrant des éléments plus pertinents pour que le téléspectateur puisse comprendre les logiques qui président à l’augmentation de la dette publique ? Un contexte certes plus prosaïque… et qui ne flatte aucun cliché sur la Grèce.


Mais l’explication ne s’arrête pas là. Le reporter de France 2 s’attache à rassurer les spectateurs inquiets par les dangereux fraudeurs grecs (dont les méfaits pèseraient sur la dette française, comme cela a été précisé auparavant par Pujadas) : le gouvernement a réussi à atteindre l’équilibre en compensant la baisse des recettes fiscales par des coupes dans les dépenses, et d’évoquer les suppressions des « avantages » des fonctionnaires à venir en citant le « congé ophtalmique, un repos de six jours accordé aux fonctionnaires qui travaillent sur ordinateur ».


Là encore, pourquoi citer un dérisoire « congé opthalmique » plutôt que la suppression de 5000 postes et la mise en disponibilité de 25 000 fonctionnaires, mesure d’une brutalité sans précédent, si ce n’est pour justifier la suppression de ce qui n’est vu que comme « privilèges » ? Si ce n’est pour flatter le cliché du fonctionnaire grec bouffi d’« avantages », alors que les salaires dans la fonction publique ont subi des ponctions de 25 à 40% de 2010 à 2012 ?


Mais ce n’est pas tout : la Grèce, rappelle la voix-off, a promis de privatiser de nombreuses entreprises publiques. Si « la société de chemins de fer est à vendre depuis plus de deux ans » expliquent les journalistes de France 2, c’est parce que « la compagnie a été longtemps déficitaire, ses 2600 cheminots sont parmi les agents publics les mieux lotis du pays, et les syndicats sont omniprésents. »


Et le reportage de préciser que si « trois pays ont timidement montré leur intérêt pour les trains grecs », leurs velléités de rachat pourraient bien être remises en question à cause de l’activisme des syndicats. Qu’ont-ils à dire pour leur défense ? « Les drapeaux noirs c’est nous qui les avons mis dans toutes les gares, parce que les cheminots refusent la privatisation ». On en saura pas plus sur le fond de cette opposition, si ce n’est qu’il s’agit d’une lutte déjà résignée : « Ils vont faire ce qu’ils ont fait avec la télévision nationale. Un jour, ils ont tout arrêté, c’était l’écran noir. Les journaux disent que c’est ce qui nous attend aussi ».


À ce moment, le spectateur ne manque pas de s’interroger sur la logique de ces syndicalistes archaïques qui préfèrent attendre une « fin tragique » plutôt que d’accepter la privatisation. L’illustration parfaite des propos du « philosophe » grec cité par Quatremer : « Les Grecs ne sont pas du tout rationnels. Ils ne raisonnent pas comme les Européens de l’Ouest […] Notre structure mentale est restée d’une certaine manière atrophiée, focalisée sur les problèmes du moment. » [5].


Mais comment évoquer un mouvement syndical sans interview-trottoir d’usagers excédés ? Ceux-ci, « exaspérés par l’état du réseau et les retards », ne s’y trompent pas : « Je suis pour la privatisation à 100% pour que ça fonctionne correctement » explique cet homme. « Il faut privatiser pour que ça marche mieux, qu’ils ne perdent plus d’argent, que ce ne soit pas l’État qui paie et donc, nous » dit cette femme. Enfin, objectivité oblige, un avis plus nuancé : « Si on privatise cela risque tout de même d’augmenter les prix. »


Quoiqu’il en soit, rappelle en conclusion le reporter de France 2, les privatisations ont du plomb dans l’aile : « Le patron de l’organisme chargé de gérer les ventes, vient d’être limogé pour corruption il y a 15 jours, résultat Bruxelles propose elle-même de gérer ces privatisations. » Une ingérence d’exception qui semble presque s’imposer face à l’incurie qui, décidément, règne en Grèce…


Conclusion


La Grèce occupe à bien des égards une position centrale dans le débat d’idées sur la crise européenne. Au moins deux « récits » de la crise grecque sont en concurrence pour expliquer la situation économique et sociale catastrophique dans laquelle le pays est plongé : le premier consiste à pointer le laxisme, l’incurie ou la corruption des Grecs et de leurs élites pour mieux rejeter la responsabilité de la destruction de l’économie grecque sur la Grèce elle-même.


La seconde tend à expliquer que d’autres facteurs sont en jeu, comme l’effet récessif des politiques d’austérité imposée à la Grèce. Si la seconde pointe le caractère inadapté des « remèdes » qui lui sont imposés, la première a tendance à les justifier. Ce n’est pas le rôle d’Acrimed d’entrer dans ce débat, qui renvoie à des divergences politiques et idéologiques qui dépassent de loin la question des médias. Cela ne devrait pas non plus être le rôle d’un journal télévisé ; et pourtant force est de constater que cette « enquête » du JT de France 2 sur la Grèce affiche très clairement un parti pris.


Frédéric Lemaire

Notes

[1] Ce moment de bravoure est consultable ici.

[2] Il s’agit là d’une stratégie très courante. Voir par exemple l’émission joliment intitulée « La France en faillite » diffusée début 2009.

[3] Le reportage est consultable ici.

[4] Voir notamment « Le ’’chantage grec’’ s’invite au comptoir d’Yves Calvi » et« Les mobilisations en Grèce selon les J.T. de France 2 ».

[5] Voir « L’Union (européenne) fait l’unanimité.

 

Source : 

http://www.acrimed.org/IMG/siteon0.gif?1332110978

 

 

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BWHq6iOCEAEbxe7.jpgCe matin, 9 octobre 2013 , Université nationale d'Athènes aujourd'hui avec le drapeau noir .. 

Activités suspendues, cours rendus impossibles du aux licenciements massifs

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 11:26

 

http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/08/attachment.jpeg

 

 

 

L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.


A l’heure où le Parlement examine le projet de loi sur les retraites, les travailleurs savent que cette contre-réforme, comme celle de Peillon sur l’école, comme l’acte III de la décentralisation, la politique d’austérité ou l’accompagnement des plans de licenciements — en un mot toute la politique du gouvernement Hollande-Ayrault — s’inscrit dans le cadre fixé par les traités européens (dictés eux-mêmes par le capital financier).


La question clé pour la classe ouvrière, celle de l’indépendance de classe de ses organisations, intègre donc l’indépendance visà-vis de l’Union européenne, ses institutions, ses traités.


Le gouvernement ne manque aucune occasion de prêter allégeance : Moscovici l’a encore montré la semaine dernière en soumettant son projet de budget à l’approbation des commissaires européens


Qu’en est-il du Parti communiste français ? Dans un même élan, L’Humanité critique la contre-réforme des retraites et annonce la tenue d’une convention du PCF préparant les élections européennes sur le thème : « Refonder l’Europe ». Il s’agit, nous dit-on, d’introduire « des éléments en rupture avec les fondements de classe de l’actuelle Union européenne », en avançant « un concept nouveau : celui de peuples libres et associés », tout en « en dénonçant les impasses que constitue la fausse solution d’une sortie de l’euro, le document rejetant cette voie pour lui préférer la transformation de l’actuelle monnaie unique pour la mettre au service des peuples ».


Des peuples « libres », mais pas libres de sortir de l’euro ?


L’euro n’est pas n’importe quelle pièce du mécanisme européen : elle en est la clé de voûte. Tous les traités, depuis Maastricht, ont le même socle : assurer la stabilité de la monnaie unique (d’où les fameux « critères » de 3 % des déficits publics et de 60 % du montant total de la dette par rapport au PIB). Plans de rigueur et plans d’ajustement structurel imposés par la troïka (constituée en 2010 par le FMI, la BCE et l’Union européenne) sont tous « justifiés » par la nécessité de sauver l’euro.


L’euro ne peut être ni « transformé » ni « démocratisé » (1).


Une véritable union libre des peuples et des nations libres de toute l’Europe suppose que les peuples soient libres de décider librement les formes de leur coopération, libres de se débarrasser du carcan de la Banque centrale européenne, de son euro et de ses plans d’ajustement structurel, libres de dénoncer les traités européens et de ne pas subir la dictature de la troïka. C’est dans cette perspective que le bureau national du Parti ouvrier indépendant a répondu à l’invitation de nos camarades allemand et espagnol en se prononçant pour la tenue d’une rencontre européenne, en précisant : « Ce sont les travailleurs et les peuples qui ouvriront — en s’arc-boutant dans chacun de leurs pays sur leurs revendications légitimes, en refusant les “réformes” (des retraites, de la Sécurité sociale, etc.) — les premières brèches dans le dispositif de “gouvernance supranationale” de l’Union européenne », ouvrant ainsi la voie « à l’union libre des peuples et des nations libres d’Europe ».


(1) Au fait, n’y a-t-il pas un rapport entre cet acharnement à préserver l’euro (et donc les institutions européennes) et l’alliance avec le Parti socialiste pour les prochaines élections municipales ?

 

 

 

 

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