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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 07:09

Publié par aragon 43 

 

 

 

Il fallait le voir le ministre des finances s’agenouillait devant le nouveau patron du Medef, le dénommé Gattaz, pour participer à la curée de l’université d’été du patronat.

 

En plus une cohorte de ministres escortaient l’impétrant pour faire des galipettes à tous les tôliers réunis dans ce séminaire où l’odeur de l’argent frais dérobé aux travailleurs s’exhalait dans les travées.

Jaurès doit se retourner dans sa tombe.

 

Bien sûr, le premier ministre n’avait pas renouvelé sa présence de l’an dernier avec Parisot, il avait un bon émissaire. La venue de Moscovici valait son pesant d’or pour le patronat français réunis au grand complet pour entendre le ministre des finances, échine courbée devant messire Gattaz, promettre et faire serment que les écus rouleront dans l’escarcelle du patronat et en particulier pour les actionnaires du CAC 40.

 

En effet, à peine quitté les frondaisons de Matignon où Ayrault avait juré que patron et salariés seraient au même diapason, que l’engagement pris du donnant donnant entre les travailleurs et le patronat pour l’augmentation de la cotisation pour les retraites serait la règle, le valet de pied de Hollande,

ancien chambellan de Strauss-Kahn, s’est empressé d’aller contredire ce marché de dupes et d’affirmer devant les maitres de l’industrie et de la finance qu’ils auraient gratifications par le biais de nouvelles exonérations de cotisations concernant les allocations familiales.

 

Les travailleurs seront ainsi pigeonnés puisqu’ils devront payés par l’impôt ou la CSG l’apport fait à Gattaz et à son équipe qui sont les vrais gagnant du jackpot que Hollande et Ayrault ont mis en place.

 

Messire Gattaz n’en croyant pas ses oreilles a décidé de poursuivre la pression et de rencontrer le président de la république pour recevoir la dime qui lui est dû.

 

Les socialistes ont ainsi fait allégeance au patronat et après l’accord scélérat sur la flexibilité voilà un cadeau de bienvenue fait par Hollande au nouveau maitre du Medef.

 

Les patrons ont trouvé des amis auxquels ils n’auraient pas parier un liard il y a un an.

 

Ainsi ce gouvernement et Hollande auront renié leurs velléités (fausses) de faire la guerre à la finance, ils sont devenus les troupiers du patronat.

 

Pauvre Sarkozy, les patrons ont trouvé mieux que lui.

 

Bernard LAMIRAND

 

Pour Moscovici j’ai transformé un serment de la chevalerie :

 

Le Serment du Chevalier de la finance Moscovici


1/ Tu croiras à tous les enseignements Medef et tu observeras ses commandements.
2/ Tu protègeras l’autel et les reliques de saint-Fric.
3/ Tu défendras tous les gros possédants.
4/ Tu aimeras la banque et les coffres-forts de tes amis les patrons.
5/ Tu ne fuiras jamais devant les travailleurs pour leur imposer la diète.
6/ Tu combattras les pauvres avec acharnement.
7/ Tu rempliras tes devoirs d’état, à condition qu'ils ne soient pas contraires à la loi divine du profit maximum.
8/ Tu mentiras aux prolos mais tu seras fidèle à ta parole envers tes nouveaux maitres.
9/ Tu seras libéral et généreux avec les riches et cruel envers les pauvres.
10/ Tu seras toujours le lauréat du droit patronal et du bien-pris contre l'injustice et le mal des salopards en casquettes de la CGT.

 

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 15:00

http://1.bp.blogspot.com/-rHNAGKHBx6Q/TwnlKFyswSI/AAAAAAAACKE/l6NtJkV-t14/s400/tva+sociale.jpg

Jeudi 29 août 2013 

 

La Commission européenne a annoncé ce mercredi qu’elle attendait plus de détails sur la réforme des retraites et rappelé que ses recommandations demandaient à la France de réformer les retraites et de « réduire le coût du travail. »


La réforme des retraites annonce effectivement une succession de réformes en tiroirs, répondant à cette demande pressante de l’UE, d’ici le vote du budget 2014 par le parlement.


Pour compenser l’augmentation des cotisations patronales prévue dans sa réforme des retraites, le gouvernement s’est ainsi engagé auprès du patronat à réduire le « coût du travail » en dispensant les employeurs de verser tout ou partie des cotisations de la branche famille. Les cotisations de l’assurance maladie sont aussi citées.


Le premier ministre l’avait annoncé mardi. Michel Sapin, ministre du Travail, l’a confirmé ce mercredi en annonçant un « transfert progressif » de ces cotisations vers d’autres modes de financement (impôts ou taxes), une décision devant être prise, dans les trois semaines, après une concertation avec le patronat.


Les cotisations patronales à la branche famille de la sécurité sociale sont évaluées à 35 milliards d’euros pour 2013 tandis que l’augmentation des cotisations destinée au financement des retraites est estimée à 1 milliard d’euros pour 2014. M. Gattaz, président du MEDEF, réclame par ailleurs un allègement de 100 milliards d’euros, par une baisse, à parts égales, des impôts et des cotisations sociales.


La fin des versements à la branche familiale est une vieille revendication du patronat reprise par Michel Sapin lorsqu’il déclare : « Le fait que vous ayez des enfants n’est pas en lien avec votre travail, donc il n’y a pas de raison que ce soit financé par les entreprises. ».


À l’inverse, les organisations ouvrières considèrent traditionnellement qu’il incombe à l’employeur d’assurer l’ensemble des dépenses que nécessitent l’entretien et la reproduction de la force de travail du salarié, ce qui comprend, outre le versement du salaire direct, le financement des dépenses liées à la vieillesse, à la maladie et aux charges familiales.

 

 

 

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 14:44

 

L’opinion publique est appelée à soutenir ou à tolérer une intervention militaire occidentale en Syrie.

 

Les mensonges précédents qui ont justifié les interventions militaires notamment en Irak nous conduisent à douter fortement des raisons invoquées de cette intervention.

 

C’est pourquoi le Front Syndical de Classe fait sienne la déclaration du collectif communiste Polex dont nous partageons le contenu.

 

Association de caractère syndical, nous tenons à attirer l'attention des travailleurs sur le lien étroit qui existe entre la crise du système, les politiques de régression sociale et les interventions militaires extérieures : les luttes pour les acquis sociaux et les droits des travailleurs sont indissociables du respect de la légalité internationale et de la souveraineté des peuples.

 

L’attitude du gouvernement socialiste français est dans le droit fil de son atlantisme foncier et de sa soumission aux grands intérêts capitalistes.


 

http://idata.over-blog.com/3/06/23/69/logo-FSC.jpgFSC, 28 Août 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

Alerte ! Les États occidentaux (dont la France) prêts à la guerre contre la Syrie !

Communiqué du Collectif communiste Polex

Le gouvernement français et ses médias préparent l’opinion à une intervention militaire occidentale contre l’Etat souverain de Syrie. Celui-ci est accusé d’avoir utilisé des gaz toxiques dans sa lutte contre les forces rebelles. Le prétexte invoqué, nié farouchement par les autorités de Damas, rappelle les « armes de destruction massive » inventées par les États-Unis pour justifier leur intervention en Irak il y a dix ans.

Depuis deux jours, le discours officiel des gouvernements français, étasunien et britannique annonce, en représailles, des mesures de guerre à l’encontre de la Syrie, avant même que les experts de l’ONU aient commencé sur le terrain leur travail de vérification. Sans attendre, précisent les États-Majors, « toutes les options [militaires] sont sur la table », y compris une intervention sans feu vert du Conseil de Sécurité, autrement dit en pleine illégalité sur le plan du droit international ! Et de se référer au précédent des bombardements occidentaux en Serbie en 1999.

Le Collectif communiste Polex met en garde l’opinion française contre l’éventualité d’une nouvelle guerre déclenchée entre autres par la France (après les aventures de Libye, de Côte d’Ivoire et du Mali), dans les tous prochains jours, pour des visées impérialistes au Moyen-Orient.

Le Collectif communiste Polex en appelle à une réaction populaire de toutes les forces progressistes de notre pays pour interdire une telle entreprise criminelle.

Paris, le 27 août 2013


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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 11:49

Par Thierry Brun - 27 août 2013  / Politis.fr 

 

Les salariés et les retraités seront lourdement mis à contribution dans le cadre de la nouvelle réforme des retraites annoncée par Jean-Marc Ayrault.

 

http://www.politis.fr/local/cache-vignettes/L650xH260/arton23383-60016.jpg

Quelques heures après la fin de la concertation avec les partenaires sociaux, mardi 27 août, Jean-Marc Ayrault a présenté depuis Matignon les mesures de la nouvelle réforme des retraites.

 

Le discours était prêt dans l’après-midi, ainsi que le dossier de presse. Les informations ont fuité bien avant que le Premier ministre présente officiellement le contenu de la nouvelle réforme, censée « rétablir durablement l’équilibre » du régime des retraites par répartition après 2020.


Le gouvernement ne remet pas en cause la réforme Fillon de 2010 et promet de ne pas changer les règles pour les personnes partant à la retraite en 2020. Le long discours de Jean-Marc Ayrault a consisté à rassurer, mais sans modifier l’objectif de l’augmentation de la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein, qui atteindra 43 ans entre 2020 et 2035.


Une durée inatteignable pour une grande partie des salariés qui n’auront d’autre choix, pour les plus aisés d’entre eux, que de se tourner vers les fonds de pension et les systèmes par capitalisation, un souhait de la Commission européenne.


Jean-Marc Ayrault estime que ce système « est plus juste car il tient compte de l’âge de début de la carrière professionnelle, il ne bloque pas les personnes ayant acquis toutes leurs annuités ». Magnanime, le premier ministre a écarté une augmentation de la CSG, qui « pèserait sur l’ensemble des ménages », y compris les retraités. Et lui préfère une augmentation des cotisations sociales :

« Elles augmenteront de 0,15 point en 2014, puis de 0,05 chacune des années suivantes jusqu’en 2017. En 2017, l’accroissement sera donc limité à 0,3 point. Tous les régimes seront concernés, celui des fonctionnaires, les régimes spéciaux, comme le régime général ou par exemple celui des indépendants, selon des modalités propres ».

Concernant les retraités, « il n’y aura pas non plus d’augmentation du taux de CSG qui leur est applicable. Nous ne toucherons pas plus à l’abattement de 10% dont ils bénéficient sur leur impôt sur le revenu car cette mesure rendrait beaucoup de retraités imposables ».


Cependant, le coût de la réforme, non dévoilé par Jean-Marc Ayrault, est évalué à 3,8 milliards d’euros en 2014, dont 2,8 seront supportés par les salariés et les retraités (voir le tableau de financement  http://www.politis.fr/IMG/pdf/Tableau_de_financement.pdf  ), sans compter le coût de la réforme de 2010 qui poursuit l’allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein et allonge aussi l’âge de départ à la retraite, lorsque la durée d’assurance n’est pas atteinte, de 65 à 67 ans, entre 2016 et 2023.

 

 

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 09:41

Au nom de la réforme des retraites, les services de la sécurité sociale devront supporter des réductions de budget de 200 millions d’euros d’ici 2020.

 

Nous publions ci-dessous un document extrait du dossier remis officiellement hier soir, mardi 27 août, par le gouvernement à la presse.

 

Ce document de 9 pages comporte en sa huitième page un tableau de financement qui fait notamment apparaître ces réductions budgétaires planifiées pour 2020 jusqu’en 2040.

 

http://siteofficieldupoi.files.wordpress.com/2013/08/c3a9conomie-de-gestion.jpg?w=630

 

http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/dossier_de_presses/08_27_dossier_de_presse_-_reforme_des_retraites.pdf

 

 

Source :  

 

 


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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 21:19

Le secrétaire général de la CGT a écrit une lettre ouverte à Jean-Marc Ayrault à la suite de la rencontre avec le Premier ministre ce 26 août.

"Une réforme est nécessaire", affirme Thierry Lepaon, "elle doit être destinée à améliorer la situation des retraités actuels et futurs et à favoriser l’emploi et les salaires."

Ci-dessous le texte intégral du courrier adressé à Jean-Marc Ayrault

Monsieur le Premier Ministre,


A l’issue de la publication du rapport de Yannick Moreau, le gouvernement a mené une série d’entretiens avec les organisations syndicales de salariés et d’employeurs afin d’engager une réforme des retraites dès cette rentrée.


A la fin de ce processus et suite à la rencontre que nous avons eue ce matin, je souhaite vous rappeler les propositions concrètes que la CGT a formulées tout au long de cette concertation dans l’objectif de faire progresser les droits des salariés, d’assurer leur financement et de réduire les inégalités existantes.


En premier lieu, je vous rappelle que nous étions et sommes toujours demandeurs d’une négociation tripartite entre syndicats de salariés, organisations patronales et gouvernement.


Les entretiens bilatéraux qui ont eu lieu entre les organisations syndicales et le gouvernement ont pour effet d’éluder le débat nécessaire sur la part des richesses produites par les entreprises consacrée au financement de la protection sociale. La responsabilité du patronat en matière d’emploi, de politique salariale, de conditions de travail et d’égalité entre les femmes et les hommes est également au cœur des enjeux.


La CGT considère qu’une réforme est nécessaire. Elle doit être destinée à améliorer la situation des retraités actuels et futurs et à favoriser l’emploi et les salaires. C’est en fonction de ces objectifs que les ressources de financement doivent être dégagées.


Cette réforme doit prendre le contre-pied des réformes précédentes qui ont toutes dégradé la situation des salariés et des retraités et n’ont pas résolu les questions de financement.


Pour que l’ensemble des salariés d’aujourd’hui et de demain puissent avoir confiance dans notre système de retraite, condition indispensable à sa robustesse, les droits qui y sont associés doivent être définis et égaux pour tous.

Pour s’inscrire dans une dynamique de progrès social, la CGT préconise d’assoir la prochaine

  • => Rétablir l’âge d’ouverture des droits à 60 ans, avec une retraite d’au moins 75% du salaire d’activité pour la majorité des salariés et au moins égale au SMIC (que la CGT revendique à 1700 euros), 
  • => Tenir compte de la pénibilité par des mesures d’anticipation d’âge avant 60 ans
  • => Assurer l’égalité entre les femmes et les hommes
  • => Assurer une retraite de haut niveau pour le plus grand nombre et en particulier les plus jeunes d’entre nous.

La reconnaissance de la pénibilité doit s’appuyer sur une logique d’exposition ouvrant sur un dispositif de réparation. Des mesures de prévention doivent également être prises dans les entreprises, des formations accessibles aux salariés pour qu’ils puissent sortir de la pénibilité. Nous proposons la constitution d’un compte individuel de pénibilité dans le cadre de dispositions collectives permettant d’identifier des critères d’exposition (nous en proposons 12).

  • => Un an d’exposition doit donner lieu à un trimestre de bonification et d’anticipation.
  • => A partir de 20 ans d’exposition, le droit au départ serait ouvert à 55 ans.

Nous proposons que les périodes qui conduisent les jeunes à entrer tardivement dans un premier emploi stable et à temps complet soient validées :

  • => les périodes de précarité,
  • => les années d’études
  • => et les périodes d’apprentissage.

La formation initiale est un gage d’efficacité économique et participe donc de la capacité d’un pays à créer des richesses et à se développer.


Les réformes régressives précédentes ont eu des conséquences négatives pour tous mais plus encore pour les femmes. Il faut donc inverser la tendance à partir de deux axes : changer profondément la situation des femmes au travail en assurant l’égalité salariale et modifier la constitution de leurs droits spécifiques à la retraite.

Il faut ainsi revenir sur les paramètres de calcul de la pension pour tous :

  • => baser le salaire annuel moyen pour le calcul de la pension sur les 10 meilleures années,
  • => indexer le calcul des salaires et des pensions sur le salaire moyen.

Il est urgent de revaloriser les petites pensions. La majoration de la durée d’assurance qui permet de compenser certains trimestres manquants doit être entièrement rétablie dans le public comme dans le privé.

Pour financer le rétablissement et l’extension des droits constitutifs d’une retraite satisfaisante pour toutes et tous, nous proposons deux types de mesures :

A court terme :

  • => Revenir sur les 200 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises, notamment en supprimant les exonérations de cotisations sociales qui n’ont pas montré d’efficacité en matière d’incitation à l’emploi stable. Celles-ci s’élèvent aujourd’hui à près de 30 milliards d’euros par an,

  • => Récupérer les 80 milliards de fraude et d’évasion fiscales

  • => Atteindre l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, ce qui permet d’augmenter les ressources du système de 10 milliards d’euros aux horizons 2020.

A plus long terme :

  • => Revoir le calcul de la cotisation employeur de sorte de la moduler en fonction de la politique salariale et d’emploi et de la part des salaires dans la valeur ajoutée de l’entreprise
  • => Créer une contribution sociale sur les revenus financiers des entreprises, au même taux que les cotisations assises sur le travail. Cette mesure permettrait de dégager 20 à 30 milliards d’euros par an, 
  • =>  Assoir l’assiette des cotisations sociales sur l’ensemble des rémunérations (primes, intéressement, participation …).

L’ensemble de ces propositions répondraient aux aspirations des salariés, à la situation économique et sociale et permettraient un financement pérenne du système.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de mes salutations distinguées.

Thierry Lepaon

Secrétaire général de la CGT

 

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 20:41
Mardi 27 août 2013

C'est hallucinant. La ministre " socialiste " de cocktails Fleur Pellerin tient des propos que même le haut-clergé des traders-financiers-banquiers-actionnaires n'oserait pas prononcer.

On peut les lire dans une brève du Monde datée du 27/8/2013.

Voici cette brève que des historiens du 26 ème siècle pourront utiliser comme un indice des délires des " socialistes " français de ce début de 21 ème siècle : 
" La ministre déléguée aux PME, Fleur Pellerin, a proposé mardi 26 août dans une interview au Figaro la mise en place d'une "école de l'entrepreneuriat" afin d'améliorer l'accès à la création d'entreprise, en évoquant également un prochain "deuxième train de mesures" en faveur des PME. Cette école "permettrait aux publics largement mis à l'écart de la création d'entreprise (jeunes, seniors, habitants des quartiers populaires, etc.) de se lancer eux aussi dans l'aventure", fait valoir la ministre.

Selon Mme Pellerin, "il faudrait penser cette école de manière souple : elle pourrait prendre la forme d'une plate-forme largement dématérialisée, ouverte à tous les profils -y compris ceux qui n'ont pas fait d'études et à tous les âges". Evoquant un éventuel "partenariat public-privé", la ministre décrit "une école pour tous où l'on trouverait aussi bien des formations de droit ou de comptabilité que des techniques pour créer son site internet ou choisir la forme juridique de sa société".

La ministre "ne peut pas laisser dire" que les PME sont les "sacrifiées" de la politique du gouvernement, dit-elle. "Nous avons déjà adopté une batterie importante de décisions pour soutenir les PME et nous travaillons à un deuxième train de mesures dans les prochains mois", indique-t-elle, sans plus de détails. "

http://2.bp.blogspot.com/-6sTEgds9Akc/UhveYuT3boI/AAAAAAAADS4/FavcuGEj-3I/s400/fp1.PNG

http://vanessa-schlouma.blogspot.fr/2013/08/fleur-pellerin-une-socialiste-plus.html

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 20:29

Le gouvernement vient de dévoiler ce mardi soir officiellement une large part du contenu de la réforme des retraites qui, en dépit des mises en garde de la CGT, de FO, de la FSU et de Solidaires et leur appel à la grève et à la manifestation pour le 10 septembre, reposera sur l’allongement de la durée de cotisation pour tous les salariés actifs âgés aujourd’hui de plus de 53 ans, c’est à dire la grande masse des salariés actifs, comme le voit dans le tableau ci-dessous.


L’ensemble du dispositif n’est pas encore connu sinon une augmentation échelonnée jusqu’en 2017 des cotisations retraites de +0,6% (réparties moitié-moitié entre salariés et employeurs) et un "compte individuel de pénibilité" qui sera "financé par une cotisation des employeurs : une cotisation minimale de toutes les entreprises et une cotisation de chaque entreprise tenant compte de la pénibilité qui lui est propre."


Last but not least, Jean-Marc Ayrault annonce en même temps qu’il engage immédiatement aussi une réforme"pour que le financement de la protection sociale pèse moins sur le coût du travail". "Cette réforme, nous devons l’engager dès maintenant. Cette évolution sera engagée dès 2014, de sorte qu’il n’y ait pas de hausse du coût du travail l’année prochaine", a-t-il même précisé en ajoutant : "x‘est donc un chantier pour lequel la discussion avec les partenaires va s’engager résolument".


 

 

PROJET AYRAULT CONSÉQUENCES PAR TRANCHES D’ÂGE 
année durée cotisation projet Ayrault soit en trimestres Les générations  c’est à dire ceux qui ont aujourd’hui moins de verront leur durée de cotisation allongée de
2020 41 ans et 3 trim. 167 1 958 55 ans -
2023 42 ans 168 1 961 52 ans 1 trimestre
2026 42 ans et 1 trim. 169 1 965 49 ans 2 trimestres
2029 42 ans et 2 trim. 170 1 968 45 ans 3 trimestres
2032 42 ans et 3 trim. 171 1 971 42 ans 4 trimestres
2035 43 ans 172 1 974 39 ans 5 trimestres
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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 03:51

PENSER UN MONDE NOUVEAU

 

Interview d’André Tosel

dimanche 28 juillet 2013
publié par Marc Lacreuse

  

André Tosel : "Il se manifeste une multitude de résistances au capitalisme"


Penser un monde nouveau. À partir du constat que le capitalisme est devenu un monstre destructeur, André Tosel invite à ancrer dans l’idée d’un «  monde commun  » toute pensée de transformation révolutionnaire.

  

http://b.vimeocdn.com/ts/141/358/141358259_640.jpgNé à Nice en 1941, André Tosel est professeur émérite de philosophie à l’université de Nice Sophia-Antipolis, où il a dirigé de 1998 à 2003 le Centre de recherches d’histoire des idées. Agrégé de philosophie en 1965 et docteur d’État en philosophie en 1982, il a enseigné à l’université de Besançon, ainsi qu’à Paris-I Panthéon-La Sorbonne. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages portant notamment sur la philosophie italienne et continue à collaborer aux revues la Pensée et Actuel Marx. Spécialiste de philosophie politique, il a travaillé sur Spinoza, Hegel, Marx, Gramsci et sur plusieurs penseurs marxistes. Ses travaux portent sur la rationalité moderne, ainsi que sur les philosophies de la mondialisation.

 

 
André Tosel est membre de la Société française de philosophie. Ses derniers ouvrages parus (en 2011) portent sur « les scénarios de la mondialisation culturelle » (Éditions Kimé).


Influencé par Althusser lorqu’il faisait ses études à Normale Sup, cet ancien responsable national des Jeunesses chrétiennes est maoïste en mai 1968, adhère et milite activement au PCF de 1972 à 1984. De 1982 à 1988, il est vice-président enseignant de l’université de Nice, puis, en 2002, est élu au conseil de gestion de l’UFR lettres, arts et siences humaines de l’université de Nice Sophia-Antipolis. Depuis une dizaine d’années, il consacre une bonne part de ses activités à l’éducation populaire et, dans le même temps, il s’est politiquement rapproché du Front de gauche.

  

Au XIXe siècle, Marx pensait que le capitalisme creusait sa propre tombe… Qu’en est-il en ce début de XXIe siècle  ?


 André Tosel. Depuis que le mouvement ouvrier existe on a souvent fait la constatation que le capitalisme a atteint ses dernières limites. A la fin du 19° siècle les théoriciens de la II° Internationale , les socialistes allemands ou encore Jaurès ont pensé que l’on sortirait bientôt de l’ère capitaliste par la démocratie. Mais le capitalisme a toujours déplacé sa crise de sorte qu’il se trouve en état permanent de crise rendant le possible tout à fait impossible. Il a jusqu’à présent toujours réussi à diviser ses adversaires sauf dans la période de la révolution léniniste qui reste de ce point de vue un cas exceptionnel et qui a échoué avec le stalinisme.


L’autre constatation que l’on peut faire est que nous vivons une crise d’une gravité égale à celle de 1929, mais ceux qui se nomment "progressistes", notamment les communistes se trouvent pris en quelque sorte à contre pied puisque les changements dans la société sont contrôlés si ce n’est impulsés par les forces capitalistes qui exploitent à leur profit la plasticité humaine. D’où la difficulté : comment distinguer pour "les progressistes" les éléments de civilisation qu’il faut conserver face à un capitalisme de plus en plus destructeur et ceux qui doivent être abandonnés parce qu’il s’agit non d’ un acquis mais de formes auto destructrices à terme de la reproduction capitaliste. La croissance économique avec son délire obsessionnel d’infinité relève d’un "plus de jouir en toc" ( comme le dit le psychanalyste Jacques Lacan).

 

Mais, d’autre part, les masses subalternes appauvries ne peuvent supporter de leur côté que leurs besoins vitaux ne soient pas satisfaits dans la dignité. Comment peu à peu expérimenter d’autres modes de produire et de sommer, d’"exister" dans le partage en établissant une égalité réelle ?


Qu’entendez-vous par «  plasticité humaine  »  ? 


André Tosel. En reprenant et prolongeant l’idée selon laquelle l’homme est en perpétuelle évolution et ne peut pas être achevé, j’entends par plasticité l’indétermination de l’activité humaine, non pas tant à l’image d’un sculpteur qui travaille sa boule de glaise mais qui ne sait pas ce qui va en sortir qu’à l’image d’un manipulateur de génome qui peut désormais cloner l’humain pour des usages indéfinis où le pire peut advenir ou d’un banquier qui imagine des produits financiers dont la toxicité est un possible réel.


Pour l’homme "tout est possible", mais rien ne dit que tout le possible soit souhaitable et créateur d’une plus-value d’humanité pour tous. L’activité humaine ne connaît aucune limite « naturelle », elle se produit comme "seconde nature" indéfiniment, en se constituant comme histoire dans et par un "terrain artificiel" qui est sa nature propre.


L’homme est un être ingénieux, capable de génie créateur. Les formes de cette autoproduction sont à chaque fois finies, circonscrites et limitées, conditionnées par un état des rapports historiques -écologiques, économiques, sociaux, politiques et culturels, sur la terre qu’il faut rendre habitable en tant que globe fini. Cette ingéniosité ne peut plus être comprise comme "perfectibilité" assurée de produire toujours "plus" et "mieux", comme le pensaient les philosophes des Lumières, et sous certains points de vue Marx et Engels. Il ne s’agit pas de limiter a priori ce génie, mais de le contrôler de manière à ce qu’il tempère son infinité avec la prise en compte de la finitude qui voue tout humain, vivant parlant et travaillant, toute société humaine à revêtir une forme limitée et mortelle. Il serait plus adéquat de parler d’autocontrôle démocratique, normé par les droits de l’homme, d’égale liberté et de libre égalité, si possible dans l’élément d’un sens commun, d’une raison commune. Un communisme de la finitude en quelque sorte...


Nous sommes loin aujourd’hui de ce réalisme utopique, de cette utopie réaliste qui est la seule proposition humainement raisonnable et rationnelle. Le capitalisme mondialisé est un Monstre destructeur qui est en fait autodestructeur. On est très loin, en effet, de l’idée de la production destructrice ou de la destruction productrice, chère à l’économiste Joseph Schumpeter qui pensait par ces termes définir et justifier la dynamique du mode de production capitaliste en posant que la dimension productrice compenserait à terme la masse des destructions soi disant nécessaires. Or la masse de destruction croît de manière exponentielle.


Or, c’est un bloc économico-politique capitaliste globalisé mais différencié -selon des rapports de concurrence impitoyable- qui capture et confisque cette plasticité à son profit exclusif et selon l’illimitation du capital. Ce bloc et lui seul mène la guerre de classe au genre humain en capturant de cette propriété qu’ont les hommes de s’auto transformer en transformant leur rapport à nature et à ses co-variations. C’est un processus nouveau par lequel le Monstre flirte avec l’autodestruction, voire avec la mort et qui crée des risques multiples de monstruosités, comme on le voit nettement dans tous les domaines, aussi bien en matière financière que bio-politique, technologique, sociale et politique.


En biologie, par exemple, pour la première fois de son histoire, l’homme a accès à la production de sa propre reproduction par la procréation artificielle et peut aussi prolonger, ou supprimer, ou modifier sa vie corporelle par la science, à l’infini. On pourrait prendre également l’exemple d’Internet qui peut produire des merveilles de communication et de discussion généralisée et instantanée, donner accès à des encyclopédies tout comme il peut atrophier irréversiblement les capacités d’attention, détruire des savoirs séculaires, ou organiser une surveillance universelle de tous par quelques uns.


Sur le plan social l’invention de l’auto management invite chaque salarié employé à s’employer à se faire le juge de ses performances économique et donc à justifier son éventuel licenciement comme juste sanction de son insuffisance, comme autopunition, à devenir la victime consentante de sa mort sociale au nom des intérêts supérieurs de l’entreprise.


Dans tous ces domaines de l’activité humaine, on ne peut pas fixer de limites sauf à passer pour un conservateur ; et pourtant le point de vue d’une finitude partagée ne peut être différé. Il y a urgence. Cette plasticité humaine reste dans le mode de production capitaliste placée sous le commandement d’une loi de système, d’un impératif qui n’est pas seulement celui de la productivité industrielle mais de la productivité financière et par conséquent de formes nouvelles d’exploitation. La soumission réelle des activités au capital est l’autre face de l’impératif de l’accumulation financière et de son "plus de jouir en toc".


L’Argent est objet d’accumulation infinie pour autant qu’il conditionne la jouissance narcissique, non plus aux seuls biens, mais à sa possession illimitée comme fétiche. Pour ceux qui n’en ont pas assez et en désirent "encore", il faut consentir à l’auto-exploitation pour accéder à la spéculation, cette modalité perverse du franchissement de la jouissance. Celle-ci est jouissance à mort : les gains hors norme ne peuvent remplir le vide du fétiche et naît alors le désir de détruire en hyper-spéculant (sur le dos des autres aussi), en risquant des pertes hors norme que la collectivité est sommée de réparer. Ou bien le non performant n’a plus qu’à se suicider sur place.


On a bien là des formes inédites du mode d’existence en capitalisme mondialisé qui exigent de croiser la critique du fétichisme selon Marx et la théorie psychanalytique du fétiche. "Pas d’argent sans travail. pas de travail sans exploitation, pas d’exploitation sans dette infinie". Voici une des formules du Monde Monstre qui dévore l’existence des masses humaine , consume la terre, détruit toute production de sens dans l’illimitation insensée de sa démesure obsessionnelle. Le capitalisme mondialisé est la véritable névrose obsessionnelle de l’humanité qui détruit l’être au monde comme monde commun. La plasticité humaine court le risque de son autodestruction.


Comment résister à ces nouvelles formes d’aliénation  ? 


André Tosel. Il y existe une littérature critique très importante que les médias dominants ignorent en préférant donner la parole ceux que Georges Labica nommait les intellectuels starisés ou hi-fi, haute fidélité aux impératifs du système. Cette critique aujourd’hui n’a pas seulement besoin d’être socialisée. Elle est affrontée à la tâche positive de se faire source de propositions et d’expérimentations sous peine de déchoir au rang de savoir impuissant de notre impuissance.


Il ne faut pas participer à la désolation générale sous peine d’en être le complice. Aujourd’hui des hommes et des femmes luttent et résistent. Toute analyse critique devrait comporter obligatoirement en contre -champ des récits d’expériences, des exposés de pratiques alternatives en Europe et dans le monde entier , à tous les niveaux. Un média comme l’Humanité peut jouer à ce sujet un grand rôle.

L’urgence est de produire des opérateurs de conversion entre les diverses résistances actuelles, venues des subalternes, de tous ces groupes privés du pouvoir social d’être cause de leur action, et réduits souvent au statut d’effets passifs, de sujets-objets devenus objets-objets ou rebuts, individus entre eux gérée par les mécanismes d’identification néocapitalistes.


Qu’il s’agisse des ouvriers, des employés, chômeurs ou non, des femmes et des minorités homosexuelles, des groupes ethniques en mal d’une légitime reconnaissance, de peuples pris dans le néocolonialisme capitaliste ; le problème est d’imaginer comme des opérateurs de conversion permettant de traduire les luttes les unes dans les autres, de les unifier, sans les noyer, à tous les niveaux, du local au global.

La ville et particulièrement la ville globale (il en existe une trentaine) est ici le milieu décisif où ces subalternes se côtoient et peuvent se rencontrer à la condition que chaque groupe puisse critiquer ce qui dans son particularisme fait obstacle au "commun" à trouver ou inventer. Ce qu’il faudrait face à la mise en concurrence des intérêts ; c’est créer des collectifs de coopération pluriels.


Il y aurait donc une sorte d’individualisation de l’exploitation capitaliste. Est-ce à dire que les antagonismes de classes ont disparu  ? 


André Tosel. Disons qu’ils se sont émoussés, l’idée du "No future" selon laquelle on ne peut pas faire autrement s’étant ancrée dans les esprits. Il faut encore une fois tenir compte de l’attrait qu’exerce sur l’homme l’idée de devenir auto-entrepreneur. Cette idée a pour noyau rationnel l’effort pour libérer sur le plan imaginaire la puissance que chacun met à faire quelque chose de sa vie. L’activité humaine se maintient toujours comme effort positif pour vivre, pour contrecarrer ce qui l’oppresse et la contraint. Il faut compter encore sur cet irréductible avant qu’il ne soit lui aussi totalement "managé".


Cela dit, la lutte des classes reste en un certain sens le moteur de l’histoire. Si les ouvriers ont subi une défaite historique sous les coups de la mondialisation, il ne faut pas oublier que les capitalistes ne cessent de mener cette lutte pour les raisons structurales, pour maintenir leurs taux de profit en s’immunisant apparemment dans la finance.


Du côté des subalternes, la résistance n’est pas à la hauteur de cette violence du Capital Monde, mais les contradictions sont permanentes, même dans un contexte où la plasticité humainea pris la la forme d’une segmentation des classes ouvrières et où la coordination des classes subalternes est rendue difficile. Ne serait-ce que parce que le niveau global dominé par la nouvelle caste dirigeante économique et politique construit son hégémonie au niveau local, les luttes ouvrières sur les sites nationaux des entreprises transnationales ont une dimension globale au sein du local. Il en va de même pour les combats écologiques dans des lieux déterminés.


Comment se constituent ces classes subalternes et dans quelles conditions pourraient-elles s’allier avec la classe ouvrière  ?


André Tosel. Il n’existe plus de classe ouvrière centrale car il n’y a plus d’usines fordistes comme en 1920 à Turin chez Fiat où les ouvriers étaient comme une armée concentrée en un même lieu. Il existe un salariat qui contient des réserves de puissance sociale, la lutte pour le salaire et le salaire élargi aux contribution sociales étant stratégique.


Aujourd’hui les centres de production sont dispersés et diversifiés, le recours à la sous-traitance est généralisé. Ils sont néanmoins interconnectés. Certes, on peut alors parler d’une pluralité de la classe ouvrière et d’une hétérogénéité des fronts de résistance. Il y a une multitude de résistances au capitalisme, une pluralité de sujets qui refusent d’être réduits au statu d’objets-objet, mais il est possible de trouver de motifs unificateurs hirizontaux en faveur de" la vie bonne", des traductions transversales des luttes produisant du commun de combat.


C’est ainsi que se créent des « collectifs » (infirmières , professeurs ou groupes de soutien à une cause locale, paysans pauvres, indigènes en survie, etc. ) qui résistent chacun de leur côté sans toujours d’ailleurs obtenir le soutien des populations environnantes, sauf cas exceptionnel comme Fralib à Marseille où les ouvriers ont réinventé l’idée de coopérative chère à Jaurès. Peut-être verra-t-on une multiplication d’expériences conseillistes à la base et des connexions les reliant ?


Les classes subalternes partagent les mêmes difficultés mais aussi les mêmes espérances que la classe ouvrière segmentée. Elles sont constituées de tous ceux dont le travail est nécessaire mais qui sont en position seconde , dominée. On y trouve les petits employés et les fonctionnaires, ce qui reste de la petite paysannerie et de l’artisanat ; les précaires, les immigrés… Ils subissent une forme d’exploitation collective.


Par exemple les enseignants : ils sont mal payés, mal considérés , soumis aux diktats des pseudo pédagogies modernistes, leur formation initiale et continue est réduite. Mais les résistances moléculaires existent et elles finissent par franchir des seuils et s’organiser en ensembles plus vastes.


Pour qu’un front de résistance de ces classes se forme, comme le pensait Gramsci (1) il est nécessaire que chaque couche subalterne produise par la lutte des citoyens et de sujets conscients, ouvriers, paysans, employés, techniciens divers… qui s’approprient les connaissances philosophiques , politiques , sociologiques les plus utiles pour eux et leur combat .Pour que l’alliance – vitale- des intellectuels et de la classe ouvrière se forme il faut que se forment au sein de la classe ouvrière et des subalternes , des intellectuels propres entrant en convergence avec les intellectuels professionnels.


En l’espace d’une trentaine d’années l’humanité a vécu de grands bouleversements politiques avec notamment l’effondrement du communisme soviétique, la révolution conservatrice américaine, l’échec et la conversion de la social démocratie au capitalisme mondialisé, l’émergence timide de nouvelles idées altermondialistes…


Pour plagier Gramsci, peut on dire que nous vivons une époque où le vieux idéologique tarde à mourir tandis que le neuf peine à naître et à s’imposer ?


André Tosel. Je n’en suis pas sûr et faisons attention : le neuf, on le voit avec le nouveau management des travailleurs, n’est pas toujours quelque chose de positif ! Le nouveau, c’est aussi la folie financière actuelle qui mène la planète au pire. Mais cela peut être positif pour l’homme si la créativité est collectivisée, socialisée de façon à ce que les citoyens et les sujets ne soient pas les victimes de leur propre situation.


Je dirai que globalement le neuf fait partie de cette plasticité humaine indéterminée avec sa part d’équivoque, car toujours susceptible d’être manœuvrée par les forces capitalistes. Si l’on regarde maintenant ce qui se passe à gauche, on voit poindre des idées et des concepts nouveaux, socialisme du 21° siècle en Amérique du Sud, éco-socialisme en Europe, éveil politique, social et écologique des masss chinoises.


Ce qu’il faudrait maintenant ce sont une fois encore des conversions de pratiques qui permettraient de produire et de parler un langage commun. Selon moi ce langage commun peut continuer avoir trois mots pour base : liberté, égalité, commun. Au fond il faut revenir à une version radicalisée des droits humains personnels, pas seulement la liberté, mais les droits effectifs c’est-à-dire l’égalité.


Comment alors reformuler la fraternité selon l’idée du commun, c’est-à-dire du vivre ensemble, pour coopérer, pour coexister. L’idée de monde commun est philosophiquement l’idée centrale pour toute analyse critique et pour tout projet de transformation révolutionnaire. Dans « l’être -au-monde-ensemble » se manifeste tout ce qui relève du bien commun, de la vie bonne pour tous, de l’existence sensée et significative, de la préservation des communs traditionnels (eau ; terre, air, espèces vivantes), mais aussi de la création nouveaux communs (énergies, formes de solidarité ; capital de cultures et de langues partagées, réserves de sensibilités et d’activités créatrices).


On ne peut échapper en ce point au défi de l’écologie politique, des modes de vie économes, des mode de production et de consommation égalitaires communs. On pourrait alors considérer qu’une fois déconnectés de la logique du Monstre qu’est le Capital Monde le travail, l’entreprise sont des biens communs qui ne peuvent être laissés à une logique qui les détruit. Il faudrait en quelque sorte reformuler l’idéal communiste à l’aune de la problématique du bien commun et des communs.


Mais avec ce qui s’est passé au 20° siècle, dans les pays dits « communistes », le communisme n’est-il pas sur le plan idéologique, définitivement condamné ?


André Tosel. Je crois que l’on est loin d’en avoir fini avec l’analyse de ce qui s’est passé en Union Soviétique et dans les pays gouvernés par des sociaux-démocrates se réclamant du marxisme. Un nouveau communisme est à inventer sur la base de la critique de ce qui a été fait ou manqué dans le passé. Cependant en même temps supprimer toute référence aux fondamentaux du communisme serait se démunir. Ces fondamentaux sont à redéfinir partir du devenir Monstre du Capital Monde.


Voici quelques questions :qu’est-ce que l’appropriation sociale ? Comment articuler conflits sociaux et conflits identitaires ? Quel soin prendre de notre rapports à une Terre profondément transformée, mal traitée comme un simple stock ? Comment conserver des savoir faire et des savoir penser dans la constitution d’un Entendement général objectivé dans les technologies nouvelles ?


Ce n’est pas parce que le mot "communisme" a été imprononçable longtemps qu’il a perdu son sens. Cela implique notamment assumer toute la dimension utopique-réaliste du communisme, utopie voulant dire se transport dans un lieu qui n’existe pas encore mais qui permet une vie réelle, non pas un autre monde séparé, mais un monde simplement autre, purifié de ce qui fait de notre monde un non monde pour des masses immenses.


Cet endroit serait un monde nouveau : est il possible à réaliser ?


André Tosel.Le changement de mode de production et je dirais même de mode d’exister et de co-exister est désormais un souci partagé, une évidence en devenir. Se posent ici les problèmes redoutables de la consommation absurde et de la dette à vie devenue une véritable chaîne pour les travailleurs. Aujourd’hui la véritable carte d’identité est la carte de crédit : "tu n’existes que parce que tu t’endettes et pour autant que l’on te permet de t’endetter" !


De ce point de vue, il faut reconnaître au capitalisme un certain génie ! Mais un mauvais génie qui appauvrit le bien commun, dégrade la vie quotidienne de chacun et produit des sentiments d’identification communautaire négatifs.


Il faut insister sur ce point des identifications communautaires réactives dont font partie des religions et notamment l’islam dans les quartiers populaires ou le néo-évangélisme en Afrique et aux Amériques. Mais les religions étaient-elles vraiment parties ? Ne se sont-elles pas plutôt transformées sur un marché religieux spécifique ?


Elles peuvent toujours fonctionner comme un marqueur identitaire surdéterminant les autres en produisant un effet de communauté de communautés. Elles peuvent dans un contexte de crise conduire, non pas à un fascisme comme on l’a connu dans les années trente, mais à des monstruosités comme on le voit par exemple en Inde actuellement où dans ce pays démocratique on assiste à des pogroms de musulmans perpétrés par l’extrême droite hindouiste. Des majorités se sentant menacées par des minorités peuvent se faire prédatrices et violentes en participant à une racisation des rapports sociaux et en rendant plus difficile une perspective politique, sociale et culturelle commune.


Partout dans le monde on assiste à un aiguisement des conflits identitaires en réaction à la dévastation sociale des solidarités concrètes. Tout un mode de vie est à réinventer.


Sur le plan économique, il faut aller vers un système, non pas fondé sur de simples nationalisations résorbables dans la logique du capital,, mais sur la réappropriation sociale des biens communs tels que l’eau, les transports ou l’énergie, le patrimoine culturel et scientifique.


Sur le plan politique, on assiste à la constitution d’une nouvelle classe dirigeante auto-proclamée et auto-sélectionnés, réunissant des hommes politiques néo-(socio-)libéraux formant avec leurs nuances le parti unique du capital et de ses fractions, des dirigeants d’entreprises, des banquiers et traders, des universitaires de régime, des experts avec ou sans compétence, des médiacrates.


Cette classe transnationale mais localement active constitue une nouveauté en ce qu’elle constitue les réseaux transnationaux moléculairement inscrits dans le local, notamment dans les villes globales, ces nouveautés absolues. Ce sont ces réseaux qui prennent après analyse, dans les initiatives décisives qui soumet les Etats en commandant le remboursement des dettes, en déconstruisant les services publics, en programmant la réduction de la valeur de la force de travail, en promouvant la concurrence entre travailleurs au prix de l’essor des conflits identitaires, en pilotant le surendettement des pauvres, ce moyen de domination nouveau, en encourageant le sur enrichissement des riches, en développant un individualisme cynique et sans pitié, en ouvrant les vannes de sa démesure.


On a un bon exemple de cette gouvernance surdéterminée par la domination de la finance avec les institutions et les mécanistes antidémocratiques qui structurent la Communauté Européenne autour de l’euro et font d’elle la sainte Alliance du Monstre capital béni par les Eglises chrétiennes. Cette Sainte Alliance de l’Argent devient criminelle structurellement et le capitalisme en est délégitimé. Ce qui a été infligé à la Grèce devrait servir d’avertissement quant au futur qui menace Les Etats sont ainsi conduits à organiser eux-mêmes, à l’insu de leur plein gré, leur propre dénationalisation.


Ce phénomène est lui aussi inédit et il n’annonce nul cosmopolitisme éthico-politique. Il s’inscrit dans la guerre économique à mort pour la conquête des marchés. Il tend à quasi étatiser de nouvelles puissances, comme l’Europe, et il n’exclut aucune guerre ouverte pour le contrôle des ressources décisives. La démocratie, tant vantée, qui repose sur le principe de la souveraineté d’un peuple nationalement déterminé entre dans une crise irréversible. Les exécutifs transnationaux et les réseaux armés des puissances de l’information exercent une dictature sans précédent et réduisent le champ d’action des parlements nationaux.


L’idée de souveraineté populaire éclate et se dilue. L’idée de peuple souverain à laquelle nous sommes attachés depuis la révolution française se délite. Ce processus est aggravé par le refus des castes dirigeantes à unifier dans la même citoyenneté nationale interculturelle, dans le même territoire "national", les diverses fractions qui coexistent : résidents citoyens nationaux, résidents non nationaux, transitoires ou permanents.


Si la souveraineté populaire a toujours été une fiction efficace fondatrice, aujourd’hui elle se défait dans la dé-fiction d’une nation dénationalisée et impuissante à s’élargir.


Comment alors réinventer une démocratie alors que nous vivons une dé-démocratisation autoritaire désappropriant les citoyens et les sujets de tout pouvoir ? Comment non pas tant refaire LE peuple, mais faire DU peuple ? C’est cette question que masque le débat manipulé sur le populisme.


(1) Antonio Gramsci (1891-1937). Philosophe, journaliste, homme politique, fondateur du parti communiste italien en 1924, emprisonné en 1926 par Mussolini.


Lire aussi d’autres entretiens de notre série "penser un monde nouveau" :

•Isabelle Stengers : « La gauche a besoin de manière vitale que les gens pensent » •Edgar Morin : « L’idée de métamorphose dit qu’au fond tout doit changer »

•Catherine Larrère : « Il faut sortir de l’idée du combat et apprendre à coopérer avec la nature »

 

Entretien réalisé par Philippe Jérôme

 


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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 03:11

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Bernays est doublement neveu de Freud, par sa mère et son père – par pure perversité, je laisse le lecteur imaginer comment cela est possible. Il avait la psychanalyse en tête en exerçant son métier de communicant. En introduction, Norman Baillargeon fait de Bernays l’inventeur de la communication - et de la manipulation – politique, le premier des spin doctors. Il rappelle que Bernays a fait ses armes au sein de la Commission Creel, mise en place au début du XIXème siècle pour convaincre l’opinion publique américaine d’entrer dans la première guerre mondiale aux côtés du Royaume-Uni.


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Cette commission nous a valu de superbes affiches, dont la très célèbre « I want you for the US army ». Ce n’était que la première des opérations de manipulation permettant de mobiliser l’opinion derrière une opération d’invasion.


L’introduction lie Bernays à Walter Lipmann, qui fut le pivot de la réaction américaine contre le communisme et l’un des fondateurs du néolibéralisme, dès le début des années 30 (je cite ce lien en passant, en ayant conscience de l’insuffisance abyssale de mes connaissances sur Lipmann).


Ni l’un ni l’autre ne se posèrent de question sur la légitimité de leurs opérations de communication (dont l’une des plus spectaculaires, dans le domaine commercial, fut, pour Bernays, d’arriver à faire fumer les femmes américaines).

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Baillargeon les relie, l’un et l’autre, aux pères fondateurs américains que la démocratie rendait suspicieux : Madison et Hamilton.


Le peuple doit être conduit à obéir à ceux qui savent discerner les vrais enjeux (Lipmann : « le public doit être mis à sa place afin que les hommes responsables puissent vivre sans craindre d’être piétinés ou encornés par le troupeau de bêtes sauvages. ») Bernays commence d’ailleurs Propaganda par ces deux phrases : « La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. »)


Baillargeon note que Goebbels s’est vanté de tirer profit, dans son travail d’organisateur de la propagande nazie, des livres de Bernays.


L’introduction est donc intéressante.


 Bernays se charge cependant ensuite très bien de compléter le discours critique de Baillargeon, avançant comme des vérités d’évidence des idées qui le feraient passer aujourd’hui, en France, pour un altermondialiste :«  Pour éviter que la confusion ne s’installe, la société consent à ce que son choix se réduise aux idées et aux objets portés à son attention par la propagande de toute sorte. Un effort immense s’exerce donc en permanence pour capter les esprits en faveur d’une politique, d’un produit ou d’une idée ». Ce que Patrick le Lay résumera parfaitement pour ce qui est du rôle des médias d’aujourd’hui, vendeurs de « temps de cerveau disponible ».


Pour Bernays, l’alternative n’est pas entre cette manipulation permanente et la démocratie, elle réside entre ce qu’il appelle encore de façon positive la « propagande » (étymologiquement la propagande est le nom donné par le Vatican au travail d’encadrement intellectuel des missionnaires) et la dictature. Sans propagande, il est évident pour Bernays  que la dictature serait inévitable, voire nécessaire (« Les techniques servant à enrégimenter l’opinion ont été inventées puis développées au fur et à mesure que la civilisation gagnait en complexité et que la nécessité du gouvernement invisible devenait évidente ».)


En un petit exercice pratique, il classe, dans un passage, un article du New York Times répercutant un communiqué du Département d’Etat, à la rubrique « propagande ». Il estime ainsi que sur huit titres de Une du journal, quatre relèvent de la propagande. Un exemplaire du Monde aujourd’hui n’en contient aujourd’hui pas moins – mais les journalistes qui se contentent de retranscrire des communiqués de presse se feraient couper en morceaux plutôt que d’avouer qu’ils participent à un travail de propagande.

 

C’est d’ailleurs l’aspect « progressiste » du livre de Bernays : il a au moins le mérite d’une grande franchise, que peu conservent – en dehors du déjà cité Patrick le Lay.


 Encore une citation que ne renierait pas un gauchiste endurci : « on ne réalise pas à quel point les déclarations et les actions de ceux qui occupent le devant de la scène leur sont dictées par d’habiles personnages agissant en coulisses ».


Bernays n’est cependant pas cynique, ou pas entièrement.


 Il fait reposer les limites de la manipulation dans l’éthique du conseiller en relations publiques : « Si, à l’instar des avocats, le conseiller en relations publiques reconnaît que tout un chacun a le droit de présenter son affaire sous le jour le plus flatteur, il se refusera néanmoins à apporter ses services à un client qu’il juge malhonnête, à un produit qui lui paraît frauduleux, à une cause qu’il juge antisociale. » Bernays reporte sur les médias la charge de faire la part des choses entre la propagande des uns et celle des autres (« le flot de propagande qui submerge, paraît-il, les journaux du pays peut finir à la corbeille à  papier sur simple décision du rédacteur en chef »).


En un autre passage, après avoir décrit la propagande politique, il estime que la propagande a pour fonction de rapprocher les classes dirigeantes du « troupeau ». Pour lui, le gouvernement devrait d’ailleurs, en ce sens, communiquer plus largement des faits qu’il préfèrerait tenir cachés (on doit pouvoir trouver dans cette remarque l’une des inspirations des opérations ponctuelles de « levée du secret », de « déclassification » de documents qui suscitent souvent plus de questions nouvelles qu’elles n’apportent de réponses).


Dans un système où les meilleurs gouvernent, la propagande définie par Bernays n’est rien d’autre qu’une forme d’instruction (de la même philosophie un peu platonicienne relève le discours sur le « manque de pédagogie » qui a présidé à l’échec du référendum de 2005).


En un chapitre sur la psychologie de la communication, il montre comment jouer sur des perceptions inconscientes, pour induire des pensées de façon biaisée  – livre intéressant à lire à côté de celui d’Émile Coué d’ailleurs.


Cet aspect subreptice de la propagande est appelé « interprétation continue » (« L’Europe c’est la Paix »). Il peut être alterné avec des méthodes plus directes, fixant l’attention sur un point particulier, « exaltation des points forts » (« L’Europe c’est Erasmus » – mais pas Frontex).  C’est d’ailleurs un truc connu des prestidigitateurs : le meilleur moyen de cacher quelque chose est de distraire l’attention du public sur un point particulier.


Bernays est conséquent puisque le lien qu’il établit entre propagande et instruction, il entend bien le concrétiser par un financement large des universités par les entreprises. Étonnamment, il n’envisage pas le financement des médias, sur qui repose la tâche de séparer bonne et mauvaise propagande par les propagandistes eux-mêmes. Le système institutionnel qu’il décrit n’est pas complet, ou pas complètement réaliste : on ne voit pas comment les médias, coincés entre spin doctors et universitaires financés par des propagandistes, pourraient jouer un rôle d’arbitres désintéressés.


Le lecteur soucieux du poids d’Hollywood et qui se souvient des accords Blum-Byrnes sourira en lisant que « le cinéma est à son insu la courroie de transmission la plus efficace de la propagande […] le cinéma a le pouvoir d’uniformiser les pensées et les habitudes de vie de toute la nation ». Aujourd’hui on pourrait ajouter l’industrie du jeu vidéo, très courtisée par l’armée (lire Le Point ou le Guardian).

 

 


Pour finir, c’est un livre de référence, pour lequel il faut se féliciter qu’il ait été réédité par les éditions Zones, un label de La Découverte. Bernays n’est pas qu’un technicien brillant des relations publiques.

 

Son livre reflète aussi une philosophie politique pas forcément réactionnaire, qui peut être progressiste par certains aspects, mais qui ne considère pas que la politique doive nécessairement faire appel à l’entendement de l’électeur. Une philosophie qui a ses partisans aussi bien à droite qu’à gauche.

 

Source: La lettre volée 

 


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