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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 12:29

Mercredi 11 septembre 2013 de 


Raphaël DIDIER ...Enseignant en économie et finance. Formateur en BTS (économie-droit et gestion)

 

 

 

http://img.over-blog.com/300x286/1/53/99/06/photos5/austerite-dessin.jpg

Les récentes pauses accordées aux États dans la mise en oeuvre des politiques d'austérité (délai de 2 ans accordé à la France pour ramener son déficit public sous la barre des 3 % du PIB,  allongement de la maturité des prêts accordés au Portugal et à l'Irlande, etc.) ne doivent pas faire oublier que le principe de rigueur reste de mise en Europe. C'est ce qu'a tenu à rappeler très vigoureusement le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, en affirmant que "cela ne veut pas dire que l'on peut relâcher l'effort de redressement. Il doit être graduel et constant".

 

Message reçu 5/5 par le gouvernement français, qui vient d'annoncer la pousuite du redressement des finances publiques dans le budget 2014, en réduisant de 15 milliards d'euros les dépenses publiques. Le gouvernement semble ainsi n'avoir toujours pas compris que si le déficit en 2013 est supérieur aux 3,7 % du PIB escompté, c'est essentiellement parce que les politiques d'austérité conduisent à un cercle vicieux qui déprime l'activité, donc les recettes fiscales de l'État...

 

Bref, on ne change pas une politique qui échoue c'est bien connu ! C'est du reste pour dénoncer ces politiques d'austérité généralisées en Europe, qui conduisent à une dépression économique, que j'avais publié à compte d'auteur la grande saignée économique. En complément, j'ai réalisé un petit photomontage vidéo de 3 min 15 pour résumer mon propos :

 

 

 

 

 


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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 08:33

12 Septembre 2013 , Rédigé par Le Mantois et Partout ailleurs

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/ba/Pratique_d%27une_saign%C3%A9e.jpg

 

Familles, ménages et salariés, vous n'avez pas aimé 2013, vous détesterez 2014.


L'Elysée a fait son choix. A nouveau, il privilégie les entreprises en leur offrant 20 milliards d'euros sans aucune contrepartie. En parallèle, une réduction de 15 milliards d'euros sera effectuée dans les services publics rendus à la nation. Et à cela s'ajoute l'augmentation de taxes diverses et autres mesures antisociales.


Ainsi, au 1er janvier 2014, la TVA normale passe de 19,6 à 20%, la TVA intermédiaire de 7 à 10%.


Sans compter l'augmentation des cotisations sociales sur la fiche de paie ou le report au 1er octobre 2014 de l'indexation (sic) sur les pensions de retraites.


Sans parler de la taxe carbone dans les cartons, comme si on pouvait partout rouler à bicyclette ou ne plus se chauffer au fioul.

 

 

http://www.crise-economique.net/wp-content/uploads/2012/05/Fran%C3%A7ois-Hollande-caricature_E-T.jpg

Pour la première fois, l'Elysée s'apprête aussi à diminuer l'aide juridictionnelle dont bénéficie 900 000 personnes pour un semblant de justice égalitaire.


Jusqu'alors, les familles qui scolarisaient leurs enfants dans le secondaire et le supérieur voyaient une déduction fiscale sur l'impôt sur le revenu : 61 euros par enfant collégien, 153 euros par enfant lycéen et 183 euros par enfant étudiant. Et Bien, dans le budget 2014, tout ceci est supprimé.


Pause fiscale, dit le gouvernement en 2014: Ah bon?

 

Quant au budget 2014 pour la Sécu, comme le révèle Le Parisien de ce jour, faudra compter sur des taxes dites "comportementales" sur des produits de consommation ou 5 euros par an (soit 32F,79 tout de même) à acquitter chez votre médecin traitant...

 

Pendant ce temps, dans un sondage ipsos, 1 Français sur 3 dit qu'il n'est pas opposé aux idées nauséabondes des Le Pen et consorts.

 

Faut-il rester les pieds dans le même sabot et palabrer à ne plus en finir avec les soutiens de la finance et des spéculateurs se disant de gauche?


Ou faut-il appeler un chat un chat et redonner l'espoir au peuple en se mettant vent debout contre l'Elysée et son gouvernement?


Roger Colombier

 

http://centpapiers.com/wp-content/uploads/Le-capitalisme.jpg


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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 04:36
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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 07:28

Il en a profité pour lécher ses amis patrons comme le prouve ces captures d'écran du site de France Inter :

 

http://4.bp.blogspot.com/-Il-ZIL-bfBM/Uh-RupJ0K7I/AAAAAAAADTI/uc3Oa2yDq-U/s640/mosco.PNG

http://2.bp.blogspot.com/-FmvBQbjRz5Q/Uh-RvoEUIJI/AAAAAAAADTQ/e4SMyAT9Yp4/s640/mosco2.PNG


http://4.bp.blogspot.com/-RpOHilQrv7M/Uh-RxAsKn7I/AAAAAAAADTY/e5LDaSZZmt4/s640/mosco3.PNG

 

 

 


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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 08:04

 

Le Fonds Monétaire International (FMI) a rendu public lundi son rapport annuel sur l’économie française. Il estime positif que, fin 2013, le gouvernement aura ramené le déficit public de 4,8 % à 3,9 % du produit intérieur brut (PIB) et juge qu’il pourra passer sous la barre des 3 % en 2015.


Pour parvenir à ces résultats, le rapport avance plusieurs conseils.


Comme, d’une part, les impôts de la France, qui sont « parmi les plus élevés du monde » ont un effet négatif « sur l’investissement et la création d’emploi », le gouvernement doit réduire les dépenses publiques (notamment, est-il précisé, dans le domaine de la Sécurité sociale et des collectivités locales) plutôt que d’augmenter les impôts.


Comme, d’autre part, le frein principal à la croissance se trouve dans les rigidités structurelles sur les marchés du travail et des biens, il faut « poursuivre les réformes structurelles » : mettre en place une véritable « flexisécurité » amorcée par l’accord MEDEF-CFDT de janvier, sur les salaires et sur le temps de travail ; réformer les retraites, de préférence sans augmentation des cotisations, en jouant « sur la durée des cotisations et sur l’âge de départ à la retraite ».


Selon le journal Le Monde, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie, a « assumé, voire revendiqué » un « rapprochement idéologique » avec le FMI, en affirmant dès le 6 août « une grande convergence de vues » avec les termes du rapport.

 

 

 Source: 

 

 

 

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 08:18

Le 02/08/2013 par Najate Haie - Porte-parole de Solidarités 21e, membre du Front de gauche

 

http://najatehaie.n.a.pic.centerblog.net/25714b54.jpgDes traders heureux à Wall Street (photo DR). Un PDG, celui d’Air France-KLM, qui annonçait cette semaine plusieurs milliers de suppressions de postes (photo © E. Piemont/afp.com).

 


La crise fait tourner les têtes... au point où il se dit et s’écrit tout et son contraire à propos de la situation économique.

 

Les données économiques, statistiques et autres indices autorisent une interrogation récurrente. La France, l’Europe, le Monde seraient-ils en situation de sortir de la crise ? À l’Élysée et à Bercy, on le proclame joyeusement. D’autres répondent foutaise. En réalité, la situation est plus contrastée qu’on ne l’imagine. Les résultats de nombre d’entreprises sont solides voire exceptionnels. Les Bourses engrangent des plus hauts historiques à longueur de séance. Mais le chômage de masse continue d’augmenter ou se stabilise durablement à un niveau insupportable socialement. Quant à la croissance, censée « synthétiser » ces tendances apparemment contradictoires, elle reste « coincée » entre stagnation au mieux et contraction au pire, en Europe en tout cas. Bercy revoit même à la baisse sa prévision initiale pour 2014 – 1,2 % – dans le cadre de la préparation de la loi de finances et l’on sait quelle fiabilité accorder en général aux projections de Moscovici et de ses services.

 

Du côté des banques, de la Finance de manière générale et des grands groupes mondialisés, la crise est déjà un mauvais souvenir. La reprise des affaires ne date pas en effet d’hier, ni même d’avant-hier. C’est la réalité dont rend compte la tendance haussière des cours de Bourses de part et d’autre de l’Atlantique. Nous sommes entrées dans une « nouvelle » phase de la mondialisation  avec des processus de réorganisation à très grande échelle. La « fusion entre égaux » de Publicis et de Omnicom mais aussi la levée des contrats pour le métro de Riyad ou même les résultats de la Société générale ou d’Air France cette semaine en sont autant d’illustrations parmi d’autres. Il n’empêche que chez Air France, par exemple, l’amélioration des comptes s’accompagne de la suppression de plusieurs milliers d’emplois. La réussite financière ne débouche pas sur une amélioration sociale surtout quand le tissu économique est déchiré entre cadors d’un côté et second choix de l’autre.

 

Cette nouvelle phase de la mondialisation capitaliste à l’échelle de la planète qui ne fait que commencer porte en elle une recomposition géostratégique des marchés et des territoires. Elle constitue aussi un appel d’air pour une gouvernance, elle-même, mondialisée. Le grand marché trans-Atlantique répond à ce double objectif sans qu’il soit possible d’en prévoir les développements dans la prochaine décennie. Réponse en premier lieu à la montée en puissance des émergents dans la phase précédente, il « recentre » les enjeux principaux, y compris commerciaux, autour de l’Atlantique et non plus du Pacifique. C’est là et nulle part ailleurs semblent dire Européens et Américains que se jouera la bataille pour la direction des affaires. Les émergents petits et grands sont, eux, renvoyés aux vicissitudes de la construction de marchés intérieurs propres à satisfaire les aspirations à la consommation des populations locales.

 

À Paris, on ne badine pas avec l’offre...

 

La France, sous la direction de François Hollande et de son cabinet, n’échappe pas à ce contexte avec cependant une spécificité marquée. Hollande a sans doute la conviction qu’une fiscalité plus juste serait nécessaire même s’il a renoncé à la grande réforme fiscale promise. En ce qui concerne l’économie, il se fait en revanche le chantre d’une politique de « l’offre » qui ignore « la demande » comme moteur d’une éventuelle relance. Tout le confirme et il n’a plus aujourd’hui à composer au sein de son propre parti.  Il ne s’inscrit nullement à ce titre dans la tradition social-démocrate mais dans celle de Schröder et de Blair. En Europe et par-delà les « étiquettes », la politique de Paris s’apparente sur ce plan davantage à celle de Rajoy ou de Cameron qu’à celle de Letta ou même de Merkel. Quand Edf, entre autres exemples, augmente massivement ses tarifs, ce sont ceux, bien sûr, des particuliers et non ceux des grands consommateurs industriels qui restent inchangés. Le crédit impôt compétitivité n’était pas simplement « une erreur » mais l’amorce d’une politique pérenne.

 

Cela n’est pas sans conséquence sur le retour à une croissance solide et durable. Tous les ressorts d’une reprise de la consommation des ménages sont désactivés. Ce sont en effet les ménages qui font les frais de l’augmentation de la facture énergétique – 200 euros en moyenne - après avoir supporté l’essentiel des nouvelles ponctions fiscales. Ce sont eux, d’abord, qui subiront l’augmentation de la TVA. Ce sont eux qui devraient payer pour la réforme des retraites au terme des arbitrages qui s’orienteront probablement vers une augmentation de la CSG. Ce n’est ni juste socialement ni de bonne politique en matière économique car les performances de quelques « champions d’origine nationale » ne sont pas de nature à relancer la croissance et à inverser sérieusement la courbe du chômage. Pour donner le change au nom de la justice sociale, le gouvernement Ayrault multiplie les dispositifs d’emplois aidés – les « francs » après ceux « d’avenir » et ceux de « génération » – en vain puisque, au total, 40 000 seulement auraient été signés créant par ailleurs un effet d’aubaine pour les entreprises.

 

Et puis cette politique caricaturale de « l’offre » – non un « mix » comme le prétendent certains socialistes - n’est pas ou plus dans l’air du temps. Elle fait d’une certaine manière figure d’archaïsme libéral aux États-Unis où la Réserve fédérale annonce qu’elle continuera à injecter massivement des milliards de dollars – jusqu’à 85 chaque mois - dans l’économie aussi longtemps qu’une reprise solide ne sera pas attestée par la baisse du chômage – 7,5 %. Les Keynésiens sont de retour. En Europe, les choses changent aussi. En premier lieu et sans doute contre toute attente à Frankfort où Draghi bouscule les dogmes de la BCE au point d’envisager de rendre publiques les délibérations du Conseil des gouverneurs déclenchant l’ire de la presse allemande. Cela signifie qu’il sera de plus en plus difficile et c’est heureux de tenir les objectifs les plus fous du Pacte budgétaire et en particulier le niveau des déficits publics – 0,5 % maximum en 2018 – si l’on ambitionne de faire reculer le chômage. L’austérité appartient « objectivement » au passé même si elle n’est pas encore morte et enterrée.

 

Business, idéologie et marketing politique  par Najate Haie -

 

http://najatehaie.n.a.pic.centerblog.net/cfb5e7d4.jpg

 

Proglio (photo © Reuters). Tapis (photo © G. Julien/AFP). Valls (photo © AFP).

 

 

Le doute n’est plus permis. La trêve estivale est solidement installée. Nous vous invitons donc à la réflexion, indispensable avant toute action de rentrée, en mode light.

 

Ayant obtenu un confortable plan pluriannuel d’augmentation des tarifs de l’électricité dont 5 % au 1er août, Edf reconnaît « discrètement » que tout ne va pas aussi mal qu’elle le prétendait. Cette fois, il est vrai, Proglio – toujours en poste ! – ne fait plus la manche auprès des pouvoirs publics. Il s’adresse aux investisseurs et autres boursicoteurs pour vanter la santé financière de son groupe. Elle est bien réelle en effet. Plus 10,7 % de progression du chiffre d’affaires au premier semestre 2013, avec une augmentation de 3,5 % des bénéfices à la clé. Se serait-on fait « berner », en y consentant, du côté de Bercy, Matignon ou de l’Élysée ?

 

La question restera d’actualité aussi longtemps que l’État, « actionnaire public », sera incapable de se faire « respecter » par des patrons eux-mêmes aussi peu respectueux de l’intérêt général. Proglio le revendique : il n’a cure que de « l’intérêt de ses clients et de ses actionnaires ». L’homme honni de la Sarkosie prépare un nouveau coup en forme de « casse » qui consisterait à obtenir de lourdes indemnités pour la fermeture de la vieille centrale nucléaire de Fessenheim, promise par Hollande. On évoque la coquette somme de 8 milliards d’euros. Le délégué interministériel chargé du dossier s’était fait « virer » par des syndicats complices lors de son premier déplacement sur le site.

 

Ainsi va le monde des affaires, le vrai, celui où, encore une fois, ça ne va pas si mal. La crise, on le sait, c’est d’abord pour les petits, les sans-grade. Pour les prédateurs dominants, on trouve toujours arrangement à la mesure de leur insatiable appétit de profits quitte à « taper » à cette fin dans les caisses publiques. L’affaire Tapie ne serait en somme qu’une extravagante caricature d’une pratique  plus policée mais pas moins condamnable. Mais, on vous l’assure, en ce qui concerne les retraites, il y a vraiment urgence à légiférer sans même prendre le temps de la concertation. Vous paierez pour assurer l’équilibre d’un système coûteux et injuste, incapable d’assurer à chacun et à tous une retraite décente.

 

Et pendant ce temps, en bonimenteur talentueux de l’ordre, Valls occupe le terrain médiatique et idéologique. On le voit, on l’entend partout. Il prétend « restaurer l’autorité » décrétant que « la sécurité n’est ni de droite, ni de gauche ». C’est la négation de la raison sociale qui fait que la gauche et la droite n’ont pas la même vision de la société et de son organisation parce que la première choisit – devrait choisir – de servir l’intérêt général quand la seconde privilégie certains intérêts privés. Qu’il s’agisse des violences urbaines, du refus des occupations illégales des gens du voyage ou de l’islamisme « radical », droite et gauche ne sont pas « bonnet blanc et blanc bonnet ». Ce genre d’approximations, au nom d’une ambition, alimente toujours le populisme.

 


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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 12:43

http://cadtm.org/local/cache-vignettes/L155xH71/siteon0-dc90f.gif

Université d’été du CADTM

 

http://cadtm.org/local/cache-vignettes/L250xH167/arton9270-1c3d3.jpg9 juillet 2013  par Françoise Wasservogel

 

 

 

"Recouvrer la souveraineté des peuples face au rouleau compresseur imposé par une minorité qui ne cherche qu’à s’enrichir davantage, alors que la majorité des êtres humains n’est soucieuse que d’une chose, faire bouillir la marmite pour donner à manger à ses enfants."

 


300 militants venus de 28 pays, d’Afrique, d’Amérique latine et d’Europe, se sont retrouvés les 28, 29 et 30 juin, en Belgique, pour l’Université d’été du CADTM.


Le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde, depuis sa création en 1990, propose une analyse approfondie des origines et des conséquences de la dette publique, élabore des alternatives pour libérer le développement des peuples, et définit les étapes menant à la garantie universelle des droits fondamentaux.


Les campagnes du CADTM visaient à élargir la sensibilisation et la mobilisation du grand public sur l’urgence de relations équitables entre le Nord et le Sud, via l’annulation de la dette publique odieuse imposée dès les indépendances, et la remise en cause des politiques d’ajustement structurel des institutions financières internationales qui maintiennent les populations du Sud dans une pauvreté incommensurable, malgré la richesse des sous-sols de leurs pays dont seuls les pays industrialisés du Nord bénéficient.


Depuis quelques années, les pays du Nord sont touchés par ce que les médias appellent la « crise économique », qui n’est autre qu’une crise du système bancaire, c’est-à-dire du profit maximum d’une minorité de nantis au détriment de l’immense majorité des êtres humains. Les soulèvements populaires de Tunisie et d’Égypte ont renversé leurs régimes dictatoriaux pour rétablir démocratie et souveraineté des peuples. La population grecque est dans l’œil du cyclone depuis 3 ans, voyant tous ses services publics disparaître les uns après les autres. Les Turcs sont sauvagement réprimés sur la Place Taksim. Les Brésiliens sortent pour demander que l’État choisisse d’assurer l’éducation et la santé plutôt que la Coupe mondiale de football. Cette liste de soulèvements populaires réclamant le respect de leurs droits humains fondamentaux serait trop longue à établir.


Il était l’heure pour le CADTM d’« Enraciner les résistances et de brancher les Luttes » pour contrecarrer les stratégies impérialistes du FMI, de la Banque mondiale, de la Banque européenne d’investissement, et autre institution néolibérale, qui, avec la complicité des politiciens, sont les causes de la crise humanitaire que vivent les peuples, au Sud comme au Nord, puisque ces institutions n’ont qu’un seul objectif, le profit.


La pauvreté extrême et l’absence de services publics dans lesquelles vivent les populations du Sud depuis des dizaines d’années et dans lesquelles sont plongées de plus en plus de peuples du Nord ont été au cœur des échanges des ateliers de cette 3ème Université d’été du CADTM.

 

Des militantes et militants venus du Bénin, d’Équateur, d’Espagne, de Grèce, de Hongrie, du Mali, du Maroc, de Pologne, du Portugal, de Tunisie, et d’ailleurs, ont expliqué le quotidien des femmes, des hommes et des enfants de leur pays. Partout, la privatisation des services publics et l’austérité institutionnalisée transforment la vie en survie pour l’immense majorité, dont les premières victimes sont les femmes à qui revient « traditionnellement » le rôle de maintenir le « bien-être » de la famille.


Parmi les « aides au développement » dont les politiciens et les médias vantent les bienfaits, il en est une, le micro-crédit, qui n’est autre que le « petit frère » des FMI et Banque mondiale. Sous prétexte d’aider les individus à se développer, il « offre » des crédits aux plus pauvres à des taux quasi usuriers, les contraignant à des remboursements à très court terme. En fait, cette micro finance n’enrichit que ceux qui les proposent et plongent les individus qui y ont recours dans le cycle infernal du surendettement qui les pousse parfois jusqu’au suicide. Des groupements de femmes du Bénin ont développé leur propre système de micro-crédit solidaire autogéré, refusant toute intervention financière extérieure. Elles sont maintenant 500 à développer leurs échanges de denrées locales et à assurer le bien-être de leurs familles, palliant ainsi la disparition des services sociaux publics, dont elles sont victimes depuis l’application des plans d’ajustement structurel dans les années 80.


Force est de constater que l’austérité, imposée par le néolibéralisme de la globalisation qui appauvrit les populations, tant au Sud qu’au Nord, ouvre la voie aux extrémismes divers. Des conflits armés anéantissent des régions entières. Le Mali tangue depuis janvier 2012 quand le septentrion a été agressé par des groupes de bandits. Les partis politiques d’extrême droite s’installent en Europe dans le vide laissé par les attaques à la démocratie par le diktat du profit.


Les peuples se rendent compte, les uns après les autres, qu’ils ne peuvent plus faire confiance à leurs dirigeants, tous complices de la finance internationale. Ils veulent reprendre le contrôle de leurs vies.

 

Les soulèvements populaires de par le monde le prouvent. L’union de ces luttes, toutes orientées vers la défense des droits fondamentaux inaliénables que sont l’éducation et la santé, entre autres, permettra de recouvrer la souveraineté des peuples face au rouleau compresseur imposé par une minorité qui ne cherche qu’à s’enrichir davantage, alors que la majorité des êtres humains n’est soucieuse que d’une chose, faire bouillir la marmite pour donner à manger à ses enfants.


Source : Le Reporter

 


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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 11:26

 

Samedi 27 juillet 2013

 

Le gouvernement a décidé de donner 30 milliards d’euros aux banques, prélevés sur le produit du livret A. La somme, qui est censée permettre le financement des PME, ne bénéficiera donc pas au logement social.

 

Le livret A victime du « Hold-up de l’été ». C’est par ces mots que les sénateurs communistes (CRC) ont dénoncé mardi 23 juillet la décision du gouvernement - effective à la fin du mois - de mettre « à disposition » des banques 30 milliards d’euros issus de l’épargne réglementée. La somme, initialement centralisée à la Caissedes dépôts, provient donc du livret A mais aussi du livret de développement durable. Dès cet automne, 20 milliards d’euros supplémentaires pourraient être distribués selon le journal Les Echos.

« Harro sur le livret A »

Dans un communiqué, le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, a affirmé que ces ressources supplémentaires permettront aux banques de financer davantage l’économie, et notamment les petites et moyennes entreprises. Une justification qui ne convainc pas du tout les communistes, selon qui les banques disposent déjà des fonds nécessaires. Le groupe CRC assure que l’actif bancaire de la BNPest de 1 900 milliards d’euros, tandis que celui de la Société générale est de 1250 milliards et celui du Crédit agricole de 1 840 milliards.


L’association Droit au logement (DAL) critique également la mesure, parlant d’un« cadeau (…) accordé aux banques par le Gouvernement sur le dos (...) de l’intérêt général et des épargnants, pour permettre de spéculer sur les marchés financiers ». La décision est d’autant plus contestable que le livret A sert à financer le logement social. Le groupe communiste au Sénat estime que ce placement populaire doit rester un outil destiné à profiter à ce dernier ainsi qu’à favoriser « la transition écologique, (le) développement social urbain, (…) l’égalité des territoires ».

Des promesses non tenues

La mise à disposition de 30 milliards d’euros au profit des banques intervient alors que le livret A rapporte moins aux épargnants. Au 1er août, son taux sera de 1,25 %, son plus bas niveau historique. En février dernier, il était déjà passé de 2,25 à 1,75 %. Dans son communiqué, le DAL assure que malgré l’objectif affiché par le gouvernement de favoriser la construction de logements sociaux, cet abaissement a pour réel but de forcer les Français à se « tourner vers les produits financier privés », plus lucratifs. La CGT ajoute que ce changement aura pour conséquence d’accentuer la baisse du pouvoir d’achat de certains ménages.


Le scepticisme a aussi gagné ATTAC, qui a critiqué très durement l’invitation de représentants du secteur bancaire français à l’Élysée, le 19 juillet dernier. Dans un communiqué nommé « Avec François Hollande, régalons la finance », le mouvement altermondialiste moque les promesses non tenues par François Hollande, pourtant prononcées lors de son fameux discours du Bourget « les chroniques de l’’affrontement’ entre [le Président] et la finance se résument à une succession de reculades, de pantalonnades en volte-face (…). »


 Les tractations autour du livret A font donc partie d’un ensemble toujours plus large de renoncements. C’est ainsi que la prochaine grande réforme du Gouvernement, celle des retraites, bénéficiera avant tout aux fonds de pension.

 


http://idata.over-blog.com/3/06/23/69/logo-FSC.jpgFront syndical de classe

 


 

 

 

 

 

 


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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 12:09

Mardi 23 juillet 2013 par Laurent Pinsolle 

 

Il y a quelque chose de profondément choquant aujourd’hui. En période de croissance, seuls les plus riches en profitent. Et en période de récession, les pauvres trinquent quand les plus riches continuent à s’enrichir, comme le montre l’augmentation de 25% de la fortune des 500 plus riches Français.

 

http://1.bp.blogspot.com/-3R2Xn7Jwk1E/Ue2cVvwh01I/AAAAAAAAAxk/80Tv65jjaGQ/s400/99-dc-960x260.jpg

Champagne en haut de la pyramide

Il y a quelques semaines, le CAC40 passait le cap des 4 000 points, un niveau inconnu depuis près de deux ans. Le Dow Jones enchaîne les records, au-delà de 15 000 points. Quel contraste avec la crise actuelle, la persistance d’un fort taux de chômage et l’entrée en récession de la France début 2013, sachant que la zone euro devrait d’enregistrer son 7èmetrimestre consécutif de baisse de son PIB ! Jamais l’écart n’a semblé aussi grand entre le haut et le bas de l’échelle.

Il y a quelques temps, un chiffre avait symbolisé cette explosion des inégalités : 93% de la croissance des revenus en 2010 était allée à 1% des individus aux Etats-Unis. Et, dans certains secteurs économiques, la conjoncture s’est retournée. C’est ainsi que les 3252 traders et hauts gradés de BNP Paribas ont enregistré une croissance de 17% de leur rémunération, de 284 à 332 mille euros par an en moyenne, avec un bonus en hausse de 14%. On reste songeur devant ces chiffres sachant que les banques européennes doivent leur survie aux 1000 milliards de crédits accordés par la BCE.

Comme je l’avais souligné il y a quelques jours, d’autres études confirment cette stupéfiante évolution. Aux Etats-Unis, le patrimoine des 7% les plus riches a progressé de 28% de 2009 à 2011, quand celui du reste de la population a diminué de 4% !
En France, l’INSEE a révélé qu’en 2010, les revenus des 5% plus riches ont progressé de 1,3% quand ceux des 30% les plus pauvres ont baissé de 1,3 à 1,6%. Bref, le mouvement de hausse des inégalités ne semble avoir aucune limite. Depuis, l’OCDE a apporté de nouvelles données confirmant cette évolution dans notre pays.

Une société injuste et instable

Cette explosion des inégalités pose un double problème, moral et économique. Moral, car,comme le disait Tocqueville : « préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous ». Il y avait des limites aux écarts de salaires entre les hommes qui ont volé en éclats depuis 30 ans. Comment de ne pas trouver indécent les écarts actuels ? La faute à la réduction de la progressivité de l’impôt (il y a 40 ans, le taux marginal d’imposition était de 70% aux Etats-Unis et en Grande Bretagne). Les tableaux d’Olivier Berruyer sur l’ampleur du phénomène aux Etats-Unis sont très parlants.


Ensuite, de manière plus froide, on peut argumenter que l’explosion des inégalités a un effet déstabilisateur sur l’économie tout entière. Ce n’est pas pour rien que les deux pics des cent dernières années ont été atteints en 1929 et en 2007. Galbraith explique bien dans son livre par quels mécanismes les inégalités provoquent des bulles (augmentation de l’épargne disponible, donc de la demande d’actifs, puis des prix)analyse reprise par Joseph Stiglitz depuis.

Mais surtout, il y a quelque chose de profondément indécent à voir le secteur de la finance profiter de la sorte de la hausse des marchés alors qu’il ne doit sa survie qu’au soutien de l’Etat, et que le reste de la population souffre. Pire, les politiques austéritaires ne cessent de réduire le périmètre de l’Etat-providence, comme le montrent les manifestations contre la privatisation de la santé en Espagne, appauvrissant plus encore les moins riches qui sont de moins en moins protégés.

 

Pour avancer, une société a besoin d’avancer de concert, de faire en sorte que tout le monde en profite équitablement. Depuis quelques décennies, ce n’est plus le cas. De deux choses l’une, soit cela sera corrigé à la manière d’un Lula, soit de manière plus radicale, à la Chavez.

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 08:50

http://lupus1.files.wordpress.com/2012/08/dexia.jpg?w=582&h=396

 

Pourquoi les médias télévisuels ne nous disent pas tout, en particulier les Vérités qui fâchent?

 

Nous avons bien compris que les automobilistes, vaches à lait prioritaires du gouvernement, étaient des délinquants notoires, que les fumeurs étaient des empoisonneurs pollueurs de première catégorie, et la répression qui rapporte des millions à l'Etat ne s'est pas fait attendre envers ces deux catégories de petits citoyens...

 

Mais que fait vraiment l'Etat face aux vrais pollueurs (décharges à ciel ouvert, déchets toxiques dans les fleuves et les rivières), et où en est-on de la répression face aux voyous en col blanc?

Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir?

Rien du tout.

 

Il est pourtant là l'enrichissement au coeur même du système capitaliste, enrichissement qui condamne des générations d'êtres humains au nom du profit immédiat, enrichissement qui aliène les contribuables pour un nombre d'années incalculables de remboursement (on parle de 2 générations et on parlera bientôt de trois générations, c'est à dire que nos enfants qui ne sont pas encore nés doivent déjà de l'argent...)

Arrêtez! Arrêtez toutes ces conneries!

 

Condamnez tous ceux qui ont créé de la dette volontairement parce qu'ils se servaient dessus en s'en mettant plein les poches. Confisquez tous leurs avoirs et en taule! Allez les chercher quelque soit l'endroit où ils vont courir se planquer sur la planête.

 

A défaut, ayez le courage de dire en face aux français qu'ils payent pour garantir l'enrichissement d'individus sans foi ni loi, et qui non seulement demeurent tout surpris de leur impunité, mais qui n'auront de cesse de recommencer, le jeu est si facile!

 

Amitiés à tous et à toutes

 

Cyril LAZARO

 

Dexia : une faillite immense et impunie

 

19 juillet 2013 | Par Martine Orange – Mediapart.fr


6,6 milliards d’euros ! À ce stade, c’est le coût payé par la collectivité pour la faillite de Dexia, selon les calculs de la Cour des comptes. Mais l’addition finale pourrait être encore beaucoup, beaucoup plus élevée, a prévenu Didier Migaud, président de la Cour jeudi, lors de la présentation de ce rapport accablant (lire ici).

« Au-delà des coûts constatés à ce jour, Dexia représente des risques importants et durables pour les finances publiques françaises », écrivent les auteurs du rapport, rappelant que les engagements pris par Dexia s’étalent sur une très longue période. La Cour des comptes ne donne pas de date précise. En juin, un article des Échos évoquait un délai de 63 ans – c’est-à-dire jusqu’en 2076 ! – pour arriver jusqu’à l’extinction complète du portefeuille de prêts de 266 milliards d’euros de Dexia.


Le plan de démantèlement de la banque, validé par la Commission européenne, n’est prévu que jusqu’en 2020, laissant la suite dans l’inconnu. Mais d’ici là, il peut se passer tellement de choses. Le rapport relève que tout a été bâti à partir d’hypothèses bien optimistes. Il est prévu qu’après une période de récession en 2012 et 2013, la croissance reviendra. Les taux longs, qui sont anormalement bas, retrouveraient alors des niveaux plus élevés, soulageant d’autant la structure de financement des structures (Sfil et Caffil) chargées de l’extinction de la banque. Dans ce scénario idéal, les conditions de financement seraient sensiblement améliorées, et ces structures de défaisance pourraient retrouver un accès normal au marché.


Et si rien ne se passe comme prévu ? L’État français est actionnaire de Dexia aux côtés de l’État belge et il a donné des garanties à hauteur de 38,75 milliards d’euros. Celles-ci seraient appelées en cas de difficulté.

De même, le bilan de la banque a été replâtré de telle sorte que la moindre dépréciation d’actifs supplémentaires pourrait amener la banque à se retrouver à nouveau sans fonds propres, obligeant l’État à la recapitaliser en urgence, comme il a déjà dû le faire en décembre dernier en lui apportant 2,5 milliards d’euros.

La Caisse des dépôts n’est pas non plus en reste, puisque c’est elle qui assure en ce moment le financement des structures de défaisance, en empruntant quelque 12 milliards d’euros sur les marchés en son nom avant de les leur re-prêter à un taux dérisoire.


Enfin, il reste  le dossier des emprunts toxiques (http://www.mediapart.fr/journal/france/171111/prets-toxiques-la-pathetique-defense-des-ex-dirigeants-de-dexia)  . Les impayés s’alourdissent – environ 100 millions d’euros – alors que les collectivités locales contestent ces prêts toxiques devant la justice. Le tribunal de Nanterre a déjà donné une fois raison à des collectivités de la Seine-Saint-Denis qui avaient plaidé l’absence de conseil et le non-respect de la loi sur les crédits. « Cette jurisprudence, si elle devait être confirmée en appel, porte un risque de plus de 9 milliards d’euros pour la SFIL, ce qui excède très largement ses fonds propres », rappelle en mémoire, Pierre Mariani, ancien dirigeant de Dexia entre 2008 et 2012, dans sa réponse au rapport.


La simple addition de ces conditions donne le vertige : ce sont des dizaines de milliards d’euros, correspondant à plusieurs points de PIB, qui sont en risque, à la merci des aléas de la conjoncture et des événements. Et on comprend pourquoi la Cour des comptes s’en inquiète. Elle est bien la seule. Au ministère des finances, pourtant si prompt à traquer les dépenses sociales ou quelques avantages collectifs, le dossier Dexia semble à peine exister. Personne n’en parle. Les milliards perdus paraissent brusquement peser bien moins lourd que ceux de la retraite, de la santé, ou de l’éducation. Il ne faut pas revenir sur les erreurs de l’oligarchie.


Bousculant la bienséance, le rapport de la Cour des comptes, lui, y revient longuement. Car la faillite de Dexia n’est pas simplement due à une crise financière historique. Elle est liée aussi – surtout – à des erreurs stratégiques majeures, à des dirigeants emportés par la folie des grandeurs et leur volonté d’enrichissement personnel, à des structures de contrôles allant du conseil d’administration aux autorités prudentielles muettes et inconsistantes.


La fragilité de Dexia était inscrite dès sa création, rappelle le rapport. La banque, d’abord spécialisée dans les prêts aux collectivités locales, consentait des crédits à très long terme mais n’ayant que peu de dépôts, était obligée de se financer constamment à court terme sur les marchés. Tout cela fonctionnait quand le Crédit local de France, l’ancêtre de Dexia, était placé sous la puissance tutélaire de la Caisse des dépôts. Mais, après la privatisation arrachée par effraction par son dirigeant, Pierre Richard, les conditions avaient radicalement changé. L’association avec le Crédit communal de Belgique pour fonder Dexia ne pouvait remplacer la protection de la CDC. 


Loin de tenter de corriger cette fragilité, l’équipe dirigeante l’a encore accentuée. Tout au long des années 2000, elle a mené une expansion tous azimuts, la partie belge et la partie française poursuivant chacune dans son coin sans grande concertation, et surtout sans intégration, ses projets. Dexia se rêve alors comme le premier banquier des collectivités locales dans le monde. La banque se lance au Japon, aux États-Unis, en Italie, en Espagne. Elle se veut à la pointe de l’innovation financière, se gorge de subprimes, rachète un réhausseur de crédit. Son bilan explose, passant de 245 à 651 milliards d’euros en moins de dix ans. Faisant jouer l’effet de levier à plein – le ratio est de 41 fois ses fonds propres, souligne le rapport –, elle affiche une rentabilité surprenante, verse des dividendes colossaux. En 2007, la direction se donne pour objectif une croissance annuelle de 10 % de ses bénéfices et de 15 % de ses dividendes sur les dix années à venir.


 « Le modèle de Dexia supposait un fonctionnement normal des marchés, un accès sans difficulté aux financements extérieurs », notent les rapporteurs. Mais les marchés ne fonctionnent pas toujours normalement. En 2007, tout commence à se dérégler. Très impliqué dans le marché municipal américain et les produits dérivés, Dexia est normalement aux premières loges pour voir venir la crise des subprimes. Pourtant, la banque ne fait rien. Au contraire, elle augmente encore ses expositions, en se félicitant d’être préservée de la crise. Cette année-là, ses engagements progressent encore de 17 %.

 

Silences et complaisances

 

« Le conseil d’administration, qui comptait peu d’experts ou de professionnels aguerris des questions bancaires, ne s’est pas opposé à une telle stratégie, qui a perduré jusqu’au milieu de l’année 2008, c’est-à-dire bien trop longtemps compte tenu de la montée des risques et de la dégradation rapide du résultat du groupe », relève, assassin, le rapport. Celui-ci insiste sur le dysfonctionnement patent de ce conseil : à partir de 2006, toutes les interventions des administrateurs sont retranscrites de façon anonyme dans les comptes-rendus des conseils. Les procès-verbaux ne sont d’ailleurs que des synthèses succinctes des discussions du conseil.


Malicieusement, la Cour des comptes a mis en annexe du rapport la composition de ce conseil sourd, muet et aveugle. On y retrouve les noms de Gilles Benoist, très lié à Pierre Richard depuis l’époque de la privatisation du Crédit local de France, directeur pendant des années de la CNP – le groupe d’assurance dépendant de la CDC – et qui ambitionnait d’en prendre la présidence l’an dernier, en tant que président de comité d’audit ; celui de Denis Kessler, président de la Scor et membre influent du Medef,comme président du comité de rémunérations ; celui d’André Levy-Lang, ancien président de Paribas, comme membre du comité d’audit et du comité stratégique.

Des sommités dans le monde financier et patronal français, qui ne se privent pas de donner des conseils sur la gestion de la France. Qu’ont-ils fait, qu’ont-ils dit pendant tout ce temps ?


En matière de complaisance et d’aveuglement, les autorités prudentielles ne sont pas en reste.

 

Officiellement, il est vrai, tous les chiffres sont là pour confirmer la bonne santé de Dexia. La banque affiche une des meilleures rentabilités du secteur. Même si elle utilise des effets de leviers gigantesques, son ratio de fonds propres est même plus élevé que la moyenne. Pour les autorités de contrôle, il n’y a donc aucune raison d’aller voir plus loin. Le questionnement est d’autant plus malvenu que la France et la Belgique se partagent le dossier. Dexia joue de cette complexité et des susceptibilités nationales qui existent encore : l’autorité prudentielle belge a refusé de transmettre ses rapports à la Cour des comptes.

 

Mais au bout du compte, lorsque ces établissements supranationaux qui contestent toute entrave des États se retrouvent en difficulté, c’est vers les États d’origine que tous se tournent pour présenter la note. Cela a été le cas pour Dexia comme pour toutes les banques en faillite pendant cette crise.


Alors que la planète financière tremble après l’écroulement de Lehman Brothers en septembre 2008, Dexia se retrouve en crise de liquidité et au bord de l’écroulement, moins de quinze jours plus tard. La Cour des comptes revient longuement sur les péripéties qui entourent le sauvetage de la banque, les États étant appelés en urgence à la rescousse. La panique, l’impréparation, l’absence totale de données fiables sur la réalité des engagements de la banque dominent ce plan de sauvetage, le tout pimenté par des considérations de politique intérieure de chaque État.


Mais le plus surprenant est l’attitude de la commission européenne. Les secours de la Belgique et de la France apportés à Dexia sont considérés comme des aides publiques, radicalement prohibées par les traités européens.

 

Comme il est impossible de laisser tomber Dexia, considérée comme un risque systémique – elle a toutes les grandes banques mondiales en contrepartie –, la commission accepte que les États belge, français et luxembourgeois fournissent argent et garanties à l’établissement bancaire. Mais tout cela est considéré comme des aides faussant la concurrence. Alors, elle exige des contreparties. La commission demande naturellement que la banque diminue ses engagements et son bilan. Mais elle fait tout surtout pour que les États ne puissent pas revendiquer un pouvoir allant de pair avec leurs aides financières.


En fin de compte, les actionnaires précédents de Dexia, qui auraient dû être lessivés, seront préservés et n’auront rien à apporter. Les États sont mis à contribution mais circonscrits. Surtout, la solution négociée aboutit à un plan bancal et ruineux, qui ne tient pas trois ans.


La nouvelle équipe de direction, mise en place fin 2008, s’est essayée à circonscrire l’incendie. Elle a liquidé tout ce qu’elle pouvait aux États-Unis, diminué les expositions aux subprimes, tenté de réduire les besoins de financement à court terme – ils sont passés en trois ans de 220 à 96 milliards d’euros. Mais en 2011, elle se retrouve piégée par la crise des dettes souveraines en Europe.


Dexia a un énorme portefeuille obligataire, plus de 100 milliards d’euros. Même si jusqu’à la crise de l’euro, ces titres sont considérés comme les plus sûrs, les révélations de la Cour des comptes sur la structuration de son portefeuille laissent songeur : Dexia a la plus forte exposition de toutes les banques internationales aux dettes grecques, italiennes, espagnoles, portugaises.


Pourquoi les dirigeants de la banque n’ont-ils pas cherché à diminuer cette exposition avant la crise ?

 

Dans sa réponse, Pierre Mariani se justifie en expliquant que les dettes souveraines n’étaient pas un problème à l’époque. Les vendre aurait conduit à accepter de prendre des pertes supplémentaires. Enfin, ajoute-t-il, la priorité de la banque était d’assurer sa liquidité, les titres obligataires lui permettaient de déposer les garanties demandées par la banque centrale pour obtenir des financements, alors que tous les marchés lui étaient fermés. Certes. Mais on ne peut s’empêcher de penser que Dexia a fait office dès cette date de bad bank pour le monde bancaire, qui tenait déjà pour acquis que toutes les pertes seraient transmises à la collectivité.


Une nouvelle fois étranglée, Dexia s’est écroulée. Cette fois-ci, les gouvernements ont jugé qu’il n’y avait plus qu’une issue : le démantèlement de la banque.


«La Cour n’a pas relevé d’actions de mise en cause des anciens dirigeants»


Qui est responsable ? Compte tenu de l’ampleur de la faillite, des risques qui pèseront encore longtemps sur les finances publiques, le rapport de la Cour des comptes estime qu’il est impossible d’éluder cette question. « La question des responsabilités n’a été que peu évoquée. Elle est néanmoins centrale au vu des interventions publiques dont a fait l’objet la société. La Cour n’a pas relevé d’actions de mise en cause de la responsabilité des anciens dirigeants, que ce soit à l’initiative des actionnaires ou des États, entrés au capital à compter de 2008. Elle n’a pas eu connaissance d’études juridiques ou de réflexions menées en ce sens au sein de l’Agence des participations de l’État. Interrogés sur la possibilité de mettre en jeu la responsabilité du précédent management, les dirigeants, nommés en 2008, ont indiqué ne pas avoir reçu d’instruction en ce sens de la part des États actionnaires. De leur point de vue, un contentieux avec le précédent management était porteur de risques : il pouvait ternir encore davantage l’image publique de Dexia », écrit le rapport.


Tout est dit : ni l’État, ni les actionnaires, ni l’administration, ni la direction n’ont eu envie ni même imaginé de soulever la périlleuse question de la responsabilité.

L’éviction de l’ancienne équipe dirigeante était déjà une sanction assez lourde, brutale même. Il convenait de ne pas en rajouter. Tous sont partis en conservant naturellement tous les avantages acquis – et quels avantages ! –, comme le détaille le rapport.


Car à partir du début des années 2000, les dirigeants sont très attachés à assurer leur avenir personnel. Outre leur rémunération confortable, ils pensent à leur retraite. Le régime de retraite du Crédit local de France leur assurait déjà une rente complémentaire de 20 % de leur salaire à partir de 65 ans. Mais 20 %, ce n’est pas assez. Alors avec l’agrément du conseil, le taux est porté à 30 % puis à 60 % puis à 75 %, voté chaque fois avec le plein soutien des administrateurs. « Le régime n’a jamais concerné qu’un petit nombre de bénéficiaires aisément individualisables (…) Il a évolué en phase avec les intérêts des principaux dirigeants. Il n’a cessé d’être amélioré jusqu’en 2005, peu de temps avant la liquidation des droits de l’administrateur délégué (Pierre Richard, ndlr) », notent les rapporteurs. Ils insistent : « Le capital initial mobilisé par la société, pour six bénéficiaires, s’est élevé au total à 20 595 129 €, allant d’un capital individuel de 1 338 883 € à 11 838 964 €. Ces capitaux permettaient à l’origine le versement de rentes brutes annuelles allant de 60 872 € à 563 750 € », ajoutant que dans le calcul des pensions, les retraites de la fonction publique ont été exclues. La plupart pourtant en viennent. Certains même y retourneront après la débâcle de Dexia, comme Bruno Deletré et Rembert von Lowis qui réintégreront leur corps d’origine. L’Inspection des finances n’a pas pour habitude de renier les siens.


La Cour des comptes s’étrangle devant cette impunité et se demande comment l’État a pu accepter de tels faits, ne pas contester ces retraites chapeaux injustifiées. Elle rappelle la mauvaise volonté mise par chacun pour envisager une procédure. À chaque étape, chacun soulève une objection : une fois, c’est l’image de la société, une fois c’est un contrat privé qui ne peut être attaqué, une autre fois c’est l’absence de responsabilité évidente. Ce n’est qu’en octobre 2011 qu’un administrateur représentant l’État français va demander qu’un recours juridique contre les anciens dirigeants soit examiné.


Le rapport raconte la suite de l’histoire. Édifiante. « Le principe de ce recours a été décidé en conseil d’administration du 14 décembre 2012 si aucune transaction avec M. Pierre Richard n’était finalisée avant la date du 13 mars 2013 (date ultime pour la remise en cause avant 10 ans de la décision de 2003). Une transaction a concerné M. Pierre Richard, le 11 mars 2013. Il renonçait à la moitié de sa rente, limitée à compter du deuxième trimestre 2013, à 300 000 € par an. Le montant calculé ne prend pas en compte les retraites de l’intéressé au titre des années passées dans la fonction publique. Le conseil d’administration a accepté cette transaction, et a renoncé à tout recours. » Un geste symbolique avait été fait. Cela suffisait.


Choquée par la négligence de l’État et de la haute administration publique, la Cour des comptes demande que le gouvernement examine très vite tous les recours juridiques possibles dans cette affaire, avant la date très proche de la prescription.« L’exemple de Dexia montre que, sur le sujet de la mise en cause des responsabilités, les rigidités sont fortes quand il s’agit de tirer des conséquences, aux plans juridique et pratique, des fautes de gestion du management », insiste le rapport.


La Cour des comptes préconise la prise de nombreuses mesures pour corriger cela à l’avenir. « En France, la réflexion sur l’équilibre entre la part laissée à l’application volontaire de l’autorégulation par les codes professionnels et celle relevant des obligations d’intérêt général de la loi mérite d’aller dans le sens d’un renforcement du contrôle des règles de gouvernance, notamment celles relatives aux politiques de rémunération des dirigeants. (…) Si la période précédente a, avec succès, mais aussi avec des effets pervers regrettables, aligné l’intérêt des dirigeants sur ceux des actionnaires, un changement de paradigme s’impose en alignant l’intérêt des actionnaires et des dirigeants sur celui de la collectivité, un mode de gestion trop risqué et finalement imprudent compromettant cet intérêt, lorsque l’entreprise fait appel aux deniers publics », dit-elle avant de préconiser l’instauration d’une disposition permettant de mettre en cause la responsabilité pénale des dirigeants de banques et d’assurance.« Une telle loi a été votée en juin 2013 en Allemagne », note le rapport.


Ces recommandations vont à l’opposé des décisions récentes de Pierre Moscovici. Sur les rémunérations, il a opté pour l’auto-régulation plutôt que la loi (voir Un enterrement de première classe

http://www.mediapart.fr/journal/france/240513/remunerations-patronales-un-enterrement-de-premiere-classe ). Sur la responsabilité des dirigeants, il a exclu tout texte. La réponse du ministre des finances au rapport de la Cour des comptes se trouve donc un peu embarrassée. Il assure être très vigilant sur les risques que fait peser Dexia sur les finances publiques. Il promet d’engager les recours juridiques nécessaires, avant qu’il ne soit trop tard. Pour le reste, toutes les failles, tous les manquements qui ont pu être relevés dans l’affaire Dexia sont en passe d’être corrigés. La grande loi sur la réforme bancaire pourvoit à tout.


Source: http://www.mediapart.fr/journal/economie/190713/dexia-une-faillite-immense-et-impunie

 

http://www.cyril-lazaro.com/article-le-scandale-dexia-des-milliards-d-euros-que-les-fran-ais-remboursent-en-bons-moutons-119173327.html

 

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http://www.ccomptes.fr/var/cdc/storage/images/187-20-fre-FR/Accueil.png

DEXIA : 6,6 Milliards d' €

 

Dexia : un sinistre coûteux, des risques persistants http://www.ccomptes.fr/Actualites/A-la-une/Dexia-un-sinistre-couteux-des-risques-persistants

 

 


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