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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 22:39

15 mai 2013

 

Et voilà. L’INSEE vient de reconnaître que la France est en récession. Le temps n’est plus ou les mésanges du PS nous sifflotaient, avec toute l’assurance de ces polytechniciens qui ne connaissent rien à la réalité, que la croissance en 2013 serait de +0,8% (n’est-ce pas Madame Karine Berger….).

 

C’était à l’automne dernier, mais qui s’en souvient ? Cette nouvelle est en train de déclencher une polémique tout à fait inutile sur la « responsabilité » de la politique de François Hollande. Le graphique ci-dessous indique bien que le mouvement a commencé en 2011 (donc sous Sarkozy) mais qu’il s’est accentué avec François Hollande. À cela, pas de mystère. Ce dernier mène exactement la même politique que son prédécesseur.

 

Graphique 1

Indices

Il y a un point cependant qui apparaît comme plus inquiétant encore que la récession : c’est la chute de l’investissement et de la demande. En fait les deux sont liés. Une entreprise n’investira que si elle a des perspectives de profit (sauf si elle fait de la philanthropie). Quand la demande se contracte, les occasions de faire du profit diminuent. Or la demande, quelle que soit la manière dont on la calcule, se contracte depuis plusieurs mois.

 

 Graphique 2

Demande et Pib

Bien entendu, on pourrait imaginer que la contraction de la demande intérieure en France serait compensée par une forte demande extérieure. Mais ceci pose deux problèmes. D’une part, les principales économies de la Zone Euro (sauf l’Allemagne) sont elles-mêmes en récession, et la demande y décroît même plus vite qu’en France. D’autre part, pour pouvoir gagner sur l’extérieur un espace de profit, il faut être compétitif. Hors, depuis 2003, la compétitivité française s’est détériorée, et l’Euro n’est pas pour rien dans ce processus.

 

 Graphique 3

BalComSolde Source: INSEE

 

 

On voit par ailleurs que ce n’est pas la réforme des 35h qui a dégradée la compétitivité, mais la mise en œuvre des politiques allemandes de transfert du poids des charges des entreprises vers les ménages, politiques qui sont l’équivalent d’une dévaluation masquée et qui sont la démonstration que le gouvernement allemand a mené une politique d’exploitation de ses voisins. Le fait que l’excédent commercial de l’Allemagne soit passé de 66% à 72% pour sa part réalisé DANS la zone Euro en est une autre preuve. Donc, la demande intérieure des ménages reste le déterminant principal de la croissance, ce que montre le graphique suivant.

 

Graphique 4

Relation demande:PIB

Or, cette demande est ponctionnée tant par l’impôt que par les entreprises qui veulent reconstituer leur taux de marge. Dans ces conditions, et compte tenue de la politique fiscale et budgétaire du gouvernement, il y a peu de chances que le mouvement s’inverse. Ajoutons à cela l’impact du ralentissement de la croissance en Chine et aux Etats-Unis, et l’on verra qu’il n’y a rien à attendre de positif pour la seconde moitié de 2013 et même pour 2014.


La solution qui s’impose, devant le blocage institutionnel en Allemagne sur la question de la hausse des salaires ne peut être qu’une dissolution de la zone Euro et une dévaluation compensant les effets de la politique allemande du début des années 2000. C’est la voie de la raison et de la sagesse. Il ne faut plus tarder à cet égard.

 

 

http://russeurope.hypotheses.org/1223

 


 

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 19:46

20 avril 2013

 

La zone Euro, sous l’effet conjugué des politiques d’austérité, s’enfonce dans la crise. Pourtant, jamais les débats sur la politique économique n’ont été aussi intenses. Il n’en reste pas moins qu’ils se heurtent à un imaginaire des dirigeants politiques, tant en Allemagne qu’en France ou dans les autres pays, qui reste profondément structuré par le discours austéritaire. Les sources de ce dernier étaient tenues jusqu’à présent pour irréfutables. Mais, un récent travail permet de montrer que, derrière l’apparence du sérieux universitaire, il y avait beaucoup d’idéologie.


Le chômage a donc atteint récemment les 12% de la population active, mais avec des pointes à plus de 25% en Espagne et en Grèce. L’activité continue de régresser en Espagne, Italie et Portugal et, désormais, c’est la consommation qui commence à s’effondrer en France, annonçant, comme cela avait été prévu dans ce carnet[1], une nouvelle détérioration de la situation économique à court terme.

 

                                                 

 Graphique 1


Demande-des-menages-500x351.gifSource: INSEE, Consommation des ménages et dépenses pour acquisition de biens immobiliers

 

 

En effet, deuxième pays de la zone Euro, la France, par la vigueur de sa consommation, avait jusqu’à ces derniers mois évité le pire pour la zone Euro. Si la consommation française continue de se contracter sur le rythme qu’elle suit depuis le mois de janvier, les conséquences seront importantes, tant en France que dans les pays voisins, et en premier lieu en Italie et en Espagne.


Une politique qui conduit l’Europe dans une impasse.


Cette détérioration générale de la situation économique pose ouvertement le problème de l’austérité adoptée par l’ensemble des pays depuis 2011, à la suite de la Grèce qui y avait été contrainte par l’Union Européenne, puis du Portugal et de l’Espagne. Mais, la volonté allemande de poursuivre dans la voie de cette politique est indéniable, et elle a été récemment réaffirmée[2]. Pourquoi, alors, un tel entêtement ? Il y a d’abord des intérêts évidents qui poussent l’Allemagne à défendre cette politique « austéritaire ».


La zone euro rapporte à l’Allemagne environ 3 points de PIB par an, que ce soit par le biais de l’excédent commercial, qui est réalisé à 60% au détriment de ses partenaires de la zone Euro ou par le biais des effets induits par les exportations. On peut parfaitement comprendre que, dans ses conditions, l’Allemagne tienne à l’existence de la zone Euro. Or, si Berlin voulait que la zone euro fonctionne comme elle le devrait, il lui faudrait accepter le passage à un fédéralisme budgétaire étendu et à une Union de transfert. C’est une évidence connue par les économistes[3], mais aussi au-delà. Au mois d’octobre 2012, dans le cadre du Club Valdaï, le Président Vladimir Poutine avait souligné que l’on ne pouvait pas faire fonctionner une union monétaire sur des pays aussi hétérogènes sans un puissant fédéralisme budgétaire[4]. Mais, si l’Allemagne  devait accepter ce fédéralisme, elle devrait alors accepter en conséquence de transférer une partie importante de sa richesse vers ses partenaires. Rien que pour l’Espagne, la Grèce, l’Italie et le Portugal, les transferts nécessaires à la remise à niveau de ces économies par rapport à l’Allemagne et la France représenteraient entre 245 et 260 milliards d’euros, soit entre 8 et 10 points de PIB par an et ce pour au moins dix ans[5]. Des montants de ce niveau, et il n’est pas impossible qu’ils soient même supérieurs[6], sont absolument exorbitants. L’Allemagne n’a pas les moyens de payer une telle somme sans mettre en péril son modèle économique et détruire son système de retraite. Elle souhaite donc conserver les avantages de la zone euro mais sans en payer le prix. C’est pourquoi elle a toujours, en réalité, refusé l’idée d’une « Union de transferts ». Au-delà, le problème n’est pas tant ce que l’Allemagne « veut » ou « ne veut pas » ; c’est ce qu’elle peut supporter qui importe. Et elle ne peut supporter un prélèvement de 8% à 10 de sa richesse. Cessons donc de penser que « l’Allemagne paiera », vieille antienne de la politique française qui date du traité de Versailles en 1919, et regardons la réalité en face.


L’Allemagne a d’ores et déjà des réticences importantes sur l’Union bancaire, qu’elle avait acceptée à contre-cœur à l’automne 2012. Par la voix de son ministre des Finances, elle vient de déclarer qu’elle considérait qu’il faudrait modifier les traités existants pour que cette Union bancaire puisse voir le jour[7]. Il est certes possible de modifier les textes fondateurs, mais tout le monde est conscient que cela prendra du temps. Autrement dit, l’Allemagne repousse en 2015 et plus probablement en 2016 l’entrée en vigueur de l’Union bancaire dont elle a de plus largement réduit le périmètre. On peut considérer que les arguments de l’Allemagne sur la « constitutionnalité » de l’Union Bancaire sont des prétextes. C’est peut-être le cas, mais Madame Merkel a quelques bonnes raisons de vouloir s’assurer de la parfaite légalité des textes. La création récente du nouveau parti eurosceptique « Alternative pour l’Allemagne », un parti que les sondages mettent actuellement à 24% des intentions de vote, constitue une menace crédible pour les équilibres politiques en Allemagne[8].


Dans ces conditions, on comprend bien qu’il n’y a pas d’autre choix pour l’Allemagne que de défendre une politique d’austérité pour la zone Euro, en dépit des conséquences économiques et sociales absolument catastrophiques que cette politique engendre. De là à prétendre que l’Allemagne voudrait « expulser » les pays du « Sud » de l’Europe, il y a plus qu’un pas. Simplement, elle ne peut pas payer pour eux. De ce point de vue, attribuer un soi-disant « programme secret » à Madame Merkel à ce sujet, croire que l’on va mener une lutte héroïque pour garder ces pays dans la zone Euro est l’une de ces somptueuses âneries dont certains politiques ont le secret.


Mais il y a aussi une dimension idéologique, prétendument « fondée » en théorie économique.


La source de la politique austéritaire.


L’antienne que le poids de la dette compromet la croissance, et que seule une politique d’austérité est à même de soulager le poids de cette dette, fait partie de ces apparentes évidences dont la « sagesse des nations » est remplie. Cette soi-disant évidence avait trouvé une forme de justification dans un texte publié par deux auteurs fort connus (dont l’un fut le Chief Economist du FMI), Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff[9]. Les conclusions de ce texte, qui fut par la suite publié, étaient qu’au-dessus d’un ratio Dette/PIB de plus de 90% l’impact de la dette était très négatif sur la croissance. La conclusion était alors évidente : il fallait se désendetter si l’on atteignait de tels niveaux. C’est la logique adoptée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en France qui va renforcer dès le second semestre de 2013 l’austérité budgétaire et fiscale. Soit dit en passant, ceci allait contre toute une série d’études indiquant que l’austérité avait des conséquences dramatiques sur la croissance. On en a rendu compte sur ce carnet[10]. Mais, les partisans de l’austérité à outrance pouvaient toujours affirmer que, quelles que puissent être les conséquences de l’austérité, l’impératif du désendettement était une véritable priorité pour retrouver la croissance. C’est d’ailleurs très précisément le discours tenu par François Hollande et Jean-Marc Ayrault.


Sauf que ce papier contenait d’importantes erreurs qui ont été révélées dans une contre-étude rédigée par trois économistes[11], cette affaire ayant provoqué une certaine commotion dans le petit monde des économistes[12]. Tout d’abord, Reinhart et Rogoff ont arbitrairement exclu certaines années dans l’échantillon qu’ils ont constitué et qui est censé couvrir la période 1946-2009. Trois pays importants sont ainsi exclus pour les années de l’immédiat après-guerre, l’Australie, le Canada et la Nouvelle Zélande. Or, dans ces trois pays, on trouve à la fois un ratio de dette élevé et un taux de croissance élevé. Ensuite, les deux auteurs de l’étude faisant référence pondèrent leurs données de manière très curieuse, qui aboutit, là aussi, à diminuer l’influence sur les calculs de pays où l’on retrouve une dette publique importante et une croissance forte. Enfin, la réplication des données de l’étude originelle qui a été faite par les trois économistes montre qu’une erreur non négligeable s’est glissée dans l’une des feuilles Excel utilisée par Reinhart et Rogoff[13]. Le résultat est que Herndon, Ash et Pollin trouvent que les pays avec un ratio de dette rapporté au PIB de 90% et plus ont eu historiquement une croissance de 2,2% et non de -0,1% comme l’affirmaient Reinhart et Rogoff[14].


L’erreur concernant le fichier Excel est certainement ce qui a provoqué le plus de commentaires, mais il s’agit en réalité d’une erreur mineure. Par contre, l’omission de certains pays à certaines périodes ainsi que les pondérations utilisées sont des indices bien plus sérieux que Reinhart et Rogoff ont « arrangé » leurs données pour obtenir des résultats conformes à leur idéologie. Ceci jette un doute bien plus profond et sur la méthode de certains économistes et sur le sérieux des gens qui les suivent.


Les conséquences désastreuses des politiques austéritaires.


Tous les pays, les uns après les autres, se sont lancés dans des politiques suicidaires de dévaluation interne, politiques qui sont les équivalents des politiques de déflation des années trente qui amenèrent Hitler au pouvoir. Ainsi en est-il en Espagne et en Grèce, ou le chômage et l’austérité dévastent la société[15]. Mais les conséquences ne se limitent pas qu’à cela. En fait, la politique d’austérité est en train de dresser les peuples les uns contre les autres. Le paradoxe est ici total. L’Europe, au sens de l’Union Européenne, que l’on présente habituellement comme un facteur de paix sur le continent, s’avère être désormais un facteur d’aggravation des conflits et de réveil des vieilles haines.


Dans le cas de la France, les conséquences de l’austérité sont claires. Si l’on veut absolument réduire le coût du travail pour tenter de restaurer la compétitivité de l’industrie sans dévaluer, il est clair qu’il faudra baisser les salaires et les prestations sociales. Mais alors c’est la consommation, qui se réduit déjà comme nous le voyons actuellement, qui s’effondrera. Inévitablement nous verrons les conséquences sur la croissance ; aujourd’hui les estimations les plus crédibles indiquent que pour l’économie française l’année 2013 se traduira au mieux par une stagnation et plus vraisemblablement par une contraction de -0,4% du PIB. Les dernières projections du FMI montrent d’ailleurs que les perspectives de croissance se réduisent fortement pour 2013. Un écart de -0,4% du PIB entre les prévisions faites en janvier et celles faites en avril est en réalité très significatif de la trajectoire sur laquelle nous sommes engagés.


                                                                                         Tableau 1

FMI-Projections-500x401.gif

 

                     Source: Fonds Monétaire International, prévisions du 16 avril 2013


Le résultat en sera bien entendu une hausse importante du chômage. Si nous voulons faire baisser nos coûts de 20%, il nous faudra probablement augmenter le chômage de moitié, soit arriver à plus de 15% de la population active, ou 4,5 millions de chômeurs au sens de la catégorie « A » de la DARES et 7,5 millions pour les catégories A, B et C incluant toutes les catégories de chômeurs. De plus, dans la zone euro, l’Espagne et l’Italie concurrencent déjà la France par la déflation salariale. Il faudrait donc faire mieux que Madrid et Rome, quitte à atteindre non pas 15% mais alors 20% de chômage. Quel homme politique en assumera la responsabilité ? Quelles en seront les conséquences politiques ?


Par ailleurs, et sensiblement aussi inquiétant, les profits des entreprises et l’investissement productif sont en train de s’écrouler. Ceci implique que la modernisation de l’appareil productif prendra du retard et que ce que nous pourrions gagner, le cas échéant, par des politiques de dévaluation interne, nous le perdrions en productivité.


                                                                               Graphique 2

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                                                                                  Source: INSEE


Pour l’heure, nos dirigeants, et en particulier en France, font le gros dos. Le Président de la République, François Hollande, met tous ses espoirs dans une hypothétique reprise américaine pour alléger le poids du fardeau de l’austérité. Il a cependant déjà du admettre que ceci ne surviendrait pas au 2ème semestre 2013, comme il l’avait annoncé tout d’abord, et il a décalé sa prédiction au début de 2014. Mais, tel l’horizon qui s’enfuit devant le marcheur, la reprise américaine ne cesse de se décaler. C’est une illusion de croire que la demande extérieure viendra aujourd’hui nous sauver la mise. La croissance américaine est bien plus faible que prévue, et le FMI réduit à la baisse ses prévisions la concernant. Quant à la croissance chinoise, elle se ralentit de mois en mois. François Hollande espère que nous serons sauvés par la cavalerie; mais la cavalerie ne viendra pas, ou alors, comme dans les tragiques journées de juin 1940 « trop peu, trot tard ».


Ajoutons que les calculs réalisés par le gouvernement sur 2014 manquent singulièrement de fiabilité. Le gouvernement maintient son objectif de déficit budgétaire pour 2014 à 2,9% du PIB. Or, nous serons en 2013 non pas à 3%  mais à 3,7% (au mieux) voire 3,9% (au pire). Une réduction de 0,8% à 1% du déficit implique une économie ou le dégagement de nouvelles ressources fiscale pour 16 à 20 milliards d’euros. Mais, cette pression fiscale, compte tenu d’un multiplicateur des dépenses publiques qui est très probablement à 1,4 (si ce n’est plus), engendrera une baisse de l’activité économique comprise entre 22,4 et 28 milliards. Ceci se traduira par une baisse des recettes fiscales de 10,3 à 12,9 milliards d’euros. Le gain total des mesures budgétaires et/ou fiscales ne sera donc plus que de 5,7 à 7,1 milliards. Si le gouvernement entend atteindre à tout prix l’objectif de déficit qu’il s’est fixé, il devra réduire les dépenses ou augmenter les prélèvements de 45 milliards d’euros et non de 16 milliards comme prévu initialement. mais, ce prélèvement de 2,25% du PIB entraînera alors une chute de l’activité économique de 3,1% environ. Sachant que la prévision de croissance faite par le gouvernement est de +1,2% pour le PIB de 2014, cela se traduira, si tant est que la prévision soit fiable, par une récession de -1,9% du PIB. S’il se contente d’une contraction des dépenses ou d’une hausse des impôts de 16 milliards, l’effet négatif sur la croissance ne sera “que” de 22,4 milliards, soit 1,1% du PIB, et nous nous retrouverons en 2014 avec une croissance effective de l’ordre de +0,1%, et un déficit de 3,5%. Ces calculs montrent bien l’inanité de la politique d’austérité dans les conditions actuelles, ce que confirme une étude récente de Natixis qui cependant raisonne sur un multiplicateur des dépenses publiques de l’ordre de 1 alors que nous pensons que la valeur du multiplicateur est plutôt de 1,4 pour la France aujourd’hui (Natixis def budg).

 

Plus que jamais, la question de la survie de la zone Euro est posée. Les tendances à son éclatement s’amplifient désormais. On voit que les problèmes de pays aussi divers que la Grèce, l’Espagne le Portugal et l’Italie vont converger à court terme, probablement au cours de l’été 2013. Dans ces pays la crise fiscale (Grèce, Italie), la crise économique, la crise bancaire (Espagne, Italie) se développent désormais en parallèle. Il est donc hautement probable que nous connaîtrons une crise violente durant l’été 2013, voire au tout début de l’automne. Il est temps de solder les comptes. L’Euro n’a pas induit la croissance espérée lors de sa création. Il est aujourd’hui un cancer qui ronge une partie de l’Europe. Si l’on veut sauver l’idée européenne tant qu’il en est encore temps, il faut rapidement prononcer la dissolution de la zone euro. Cette solution s’imposera comme une évidence et devrait réunir des responsables venant de diverses formations politiques. Il convient cependant d’agir vite. Encore une fois, le temps n’attend pas.



[1] J. Sapir, “Chômage: la marée noire qui nous menace”, billet publié sur le carnet Russeurope le 03/03/2013, URL: http://russeurope.hypotheses.org/974

[3] Voir, par exemple M. Aglietta, Zone Euro : éclatement ou fédération, Michalon, Paris, 2012

[4] J. Sapir, “La diplomatie russe, entre Asie et Euro(pe)”, billet publié sur le carnet Russeurope le 27/10/2012, URL: http://russeurope.hypotheses.org/390

[5] J. Sapir, “Le coût du fédéralisme dans la zone Euro”, billet publié sur le carnet Russeurope le 10/11/2012, URL: http://russeurope.hypotheses.org/453

[6] P. Artus, « La solidarité avec les autres pays de la zone euro est-elle incompatible avec la stratégie fondamentale de l’Allemagne : rester compétitive au niveau mondial ? La réponse est oui », NATIXIS, Flash-Économie, n°508, 17 juillet 2012.

[7] Euractiv.fr, « Économie & finance Union bancaire : l’Allemagne demande un nouveau traité », 16 avril 2013, URL : http://www.euractiv.fr/economie-et-finance/union-bancaire-lallemagne-demande-un-nouveau-traite-18793.html

[8] I. Mouilleseaux, « Ce discret parti populiste allemand pourrait-il avoir la peau de l’euro ? », Atlantico.fr, 11 avril 2013, URL, http://www.atlantico.fr/decryptage/discret-parti-populiste-allemand-pourrait-avoir-peau-euro-isabelle-mouilleseaux-693996.html#D1cwe9hTOjskhJ3W.99

[9] C. M. Reinhart et K. S. Rogoff, « GROWTH IN A TIME OF DEBT », NBER WORKING PAPER SERIES, Working Paper 15639, janvier 2010 , http://www.nber.org/papers/w15639

[10] J. Sapir, “Le FMI et l’aveu de François Hollande sur la croissance”, billet publié sur le carnet Russeurope le 20/02/2013, URL: http://russeurope.hypotheses.org/895

[11] T. Herndon, M. Ash et R. Pollin, « Does high public debt consistently stifle economic growth ? A critique of Reinhart et Rogoff », Political Economy Research Institute, 15 avril 2013, University of Massachusetts Amherst, Boston.

[12] G. Vina et S. Kennedy, « Finance Chiefs Endorse Cuts as Reinhart-Rogoff Challenged », Bloomberg, 19 avril 2013, URL : http://www.bloomberg.com/news/2013-04-19/finance-chiefs-endorse-cuts-as-reinhart-rogoff-challenged.html

[13] J. Fox, « Reinhart, Rogoff, and How the Macroeconomic Sausage Is Made », Harvard Business Reviex Blog,, 17 avril 2013, URL : http://blogs.hbr.org/fox/2013/04/reinhart-rogoff-and-how-the-ma.html . Mike Konczal, « Researchers Finally Replicated Reinhart-Rogoff, and There Are Serious Problems », Next New Deal, 16 avril 2013, URL :http://www.nextnewdeal.net/rortybomb/researchers-finally-replicated-reinhart-rogoff-and-there-are-serious-problems

[14] T. Herndon, M. Ash et R. Pollin, « Does high public debt consistently stifle economic growth ? A critique of Reinhart et Rogoff », po.cit..

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 00:13

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5 avril 2013
 

Interview réalisé pour l’hebdomadaire de gauche grec “Epohi” (www.epohi.gret qui sera publié dans la semaine du 9 au 15 avril.

 

Après ce qui s’est produit à Chypre où va la zone Euro ?

Il est désormais clair que la crise de la zone Euro a marqué une étape importante après la crise chypriote. Cette dernière a fait sauter le tabou d’une ponction sur les comptes bancaires qui était en vigueur jusqu’à présent. L’idée que Chypre constituait un cas exceptionnel, ce qu’a répété le Président Français François Hollande lors de son interview du jeudi 28 mars à la télévision, est morte et bien morte. Klaas Knot, membre du Conseil de la BCE, a ainsi déclaré vendredi 29 mars[1]son accord de principe avec la déclaration très controversée de Jeroen Dijsselbloem le Président de l’Eurogroupe[2] affirmant que le plan de sauvetage pour Chypre constituait une nouvelle « doctrine ». Mais cette décision introduit un changement capital dans la gestion de la crise de la zone Euro. Elle porte en elle en réalité la fin de la zone Euro et ceci pour deux raisons D’une part, si l’on peut comprendre que l’on mette à contributions les actionnaires d’une banque dans le cadre d’un plan de sauvetage, toucher aux déposants est largement contre-productif en raison des effets de panique (le « bank run ») que cela risque de provoquer. Cette mesure met à mal la relation de confiance qui existe entre la banque et son client. Or, cette relation est l’essence même de l’activité bancaire. Cette rupture de la confiance, dont nous avons eu un exemple avec Chypre, fera sentir ses effets dans des pays déjà exposés à la crise, au Portugal, en Espagne et en Italie. Ceci entraînera une aggravation rapide de la crise dans les prochains mois.


Cette crise se révèle ainsi non pas comme un épisode mineur lié à un nouveau problème dans un minuscule pays de la périphérie de la zone Euro (Chypre ne représente en effet que 0,2% du PIB total de la zone), mais bien comme un nouveau saut qualitatif dans cette crise. C’est d’ailleurs désormais l’opinion de Paul de Grauwe exprimée dans une interview à la RTBF[3]. On le comprend. Il avait défendu, dans la revue Europe’s World l’idée d’une rapide mutualisation des dettes[4], et il est confronté à la fin de non-recevoir de la part de l’Allemagne.

Quel est le plan de l’Allemagne ? Se prépare-t-elle à quitter la zone Euro ou est-ce un autre pays qui partira le premier ?

Il faut alors revenir sur la position de ce dernier pays. Il tire un profit important de l’existence actuelle de la zone Euro, profit que l’on peut estimer à 3% de son PIB par an (aujourd’hui 75 milliards d’euros). L’Allemagne réalise ainsi plus de 60% de son excédent commercial avec les pays de la zone Euro. D’un autre côté, pour que la zone Euro survive, ceci impliquerait une possible évolution vers plus de fédéralisme en Europe. Mais, les tenants de l’hypothèse fédérale n’ont jamais calculé les montants qui seraient alors nécessaires, ni qui devrait payer. Il faudrait, en réalité, transférer de 325 à 350 milliards d’euros par an, et ce sur une période d’au moins dix ans. Pour l’Allemagne, cela signifie qu’elle devrait débourser de 8% à 10% de son PIB chaque année dans le cas d’un réel fédéralisme budgétaire pour que la Zone Euro fonctionne[5].


L’Allemagne est donc devant le dilemme suivant : soit s’engager dans la voie d’une « Union de Transferts », ce qu’elle a toujours refusé et en conséquence devoir prélever sur sa richesse nationale des montants considérables, soit dire adieu à la zone Euro et subir de ce fait une perte, mais qui serait bien moins importante. Pour l’instant, l’Allemagne se refuse à choisir et cherche à imposer, avec un certain succès, des solutions où les pays connaissant de graves difficultés devront financer eux-mêmes les plans de sauvetage. Il est évident que ceci va conduire à une aggravation rapide de la crise dans ces pays et, en fin de compte, ne leur laissera pas d’autres alternatives qu’une sortie de l’Euro ou d’être définitivement ruinés. Et l’on peut craindre que devant la lâcheté tant des gouvernements que des oppositions, ces pays ne se rangent à l’option d’une sortie de l’Euro qu’une fois qu’ils auront été définitivement ruinés. Les blocages idéologiques qui perdurent et qui font que l’hypothèse d’une sortie de la zone Euro n’est envisagée qu’avec la plus extrême réticence ont désormais un effet très pervers.


On dit souvent que cette politique est celle de Madame Merkel. Ceci est en un sens exact. Elle a saisi l’occasion de la crise chypriote pour indiquer clairement qu’il n’était pas question que le contribuable allemand continue de payer[6]. Mais, compte tenu des problèmes que l’Allemagne devra affronter à long terme, et en particulier de sa démographie déclinante, on peut penser que n’importe quel autre dirigeant allemand aurait eu la même réaction sur le fond, même si, dans la forme, il est vrai qu’elle met beaucoup de mépris et d’arrogance. Tant que personne ne remet en question le dogme de l’Euro, l’Allemagne peut espérer continuer son jeu où elle encaisse les bénéfices mais refuse de contribuer substantiellement au fonctionnement de la zone Euro. Compte tenu du poids des excédents réalisés sur les pays de la zone Euro c’est une absurdité de penser que l’Allemagne veuille « expulser » l’un d’entre eux de cette zone. Mais, en même temps elle ne peut faire l’effort qui permettrait à cette zone de fonctionner.


Il en résulte que l’on vit au jour le jour, mais dans une austérité qui ne cesse de se renforcer. Chaque mois passé représente alors un bénéfice net d’environ 12 milliards pour l’Allemagne. Ajoutons que l’Allemagne tire aussi profit l’état de crise dans lequel se trouvent les pays d’Europe du Sud. Pour faire face à son problème démographique, elle « importe » des jeunes diplômés (dont au passage elle n’a pas à supporter les coûts de formation), privant ainsi ces pays de leurs futures élites économiques et scientifiques et les enfonçant un peu plus dans la crise. On peut d’ailleurs se demander pourquoi l’Allemagne « importe » ces travailleurs et ne délocalise pas certaines de ses productions dans des pays comme l’Espagne ou la Grèce. La réponse est simple. Cette politique provoque une hausse mécanique du PIB de l’Allemagne, mais aussi celle des contributions sociales et budgétaires qui seront payés par ces « migrants » forcés, qui constituent l’équivalent d’un nouveauService du Travail Obligatoire de sinistre mémoire de 1942[7]. Au contraire, si l’Allemagne délocalisait certaines activités, elle serait obligée d’investir dans les pays concernés et les salaires des personnes employées ne donnerait pas lieu à impôts et cotisations sociales au profit de l’Allemagne mais du pays où ces gens travaillent.


Pourtant, les élites allemandes savent bien que ceci aura une fin. On le voit dans la contribution de Hans-Olaf Henkel, l’ancien Président de la Fédération des industries allemandes à la revue Europe’s World, qui est à cet égard explicite[8]. Mais elles ne feront rien qui puisse provoquer cette fin d’une situation qui est si avantageuse pour elles. En un sens, le refus d’une « fin abominable » par l’Allemagne condamne les autres pays à vivre une abomination sans fin.

Irons-nous vers deux zones Euro ou l’Euro va-t-il se désintégrer ?

Dès lors, il est clair que la zone Euro est, dans sa forme actuelle, condamnée. Une scission de cette dernière, par exemple entre pays du « Sud » de l’Europe et pays du « Nord », peut être envisagée mais n’en est pas moins très peu probable. La discussion sur cette hypothèse de « deux » Euros a été particulièrement vive en France en 2010 et une partie de 2011. Mais, cette hypothèse implique un accord de l’Allemagne. Or cette dernière n’a pas plus intérêt à la scission qu’à la disparition de l’Euro. Si la zone Euro se désintégrait, on voit bien que se reconstituerait autour de l’Allemagne une « zone Mark », comprenant, outre cette dernière, les Pays-Bas, l’Autriche et la Finlande. Dans ces conditions, cette hypothèse de deux Euros se réduit en fait à cette zone Mark et à une zone Euro résiduelle sur les pays du « Sud » de l’Europe.


Mais, l’hétérogénéité des autres pays ne serait pas moindre que celle que l’on constate aujourd’hui dans la zone Euro. L’Irlande et l’Espagne ont construit leur modèle de développement sur les services financiers et l’immobilier, alors que la France et l’Italie restent plutôt fidèles à des formes d’économies où l’industrie joue un rôle relativement important. La Grèce, mais aussi Chypre et Malte sont des cas à part. Pour la Grèce, il faut se souvenir que ce pays disposait, jusqu’au milieu des années 2000, d’un secteur exportateur dynamique, mais tourné hors de l’Europe, qui a été ruinée par l’Euro et la hausse des prix qui a découlé de la réévaluation de l’Euro par rapport au dollar à partir de 2003. La Grèce est d’ailleurs le pays le moins commercialement intégré dans la zone Euro.


En fait, si l’on doit rechercher une relative homogénéité des dynamiques économiques et sociales, celle-ci n’existe en fait que pour trois pays : la Belgique, la France et l’Italie. Il serait concevable que ces pays aient la même monnaie. Mais, sur un périmètre aussi réduit, des accords de fixation des taux de change seraient tout aussi efficaces. Par ailleurs, la situation est en train d’évoluer rapidement. Il n’est pas sur que la situation de l’Italie, dans un proche avenir, n’en fasse pas à son tour un pays à la dynamique économique particulière. La politique d’austérité conduite par Mario Monti depuis le mois de novembre 2011 a durablement fragilisé le tissu industriel de l’Italie, qui souffre d’une contraction très importante du crédit bancaire. En retour, cette mauvaise santé des entreprises industrielles (en particulier les petites et moyennes entreprises dont le poids est important en Italie) se répercute sur les banques. La part des prêts qualifiés de non-performants atteint désormais environ 12% de l’actif des banques, soit un niveau comparable à celui de l’Espagne. Si la comparaison entre la France et l’Italie avait un sens quand le débat a eu lieu en France sur une hypothèse de « deux Euros », il n’est pas sûr qu’elle reste pertinente en 2013, comme les évolutions de l’automne 2012 le laissaient présager[9]. Il en résulte que l’hypothèse la plus probable est celle d’un éclatement de la zone Euro. C’est la solution qui aurait le mérite de la simplicité, ce qui est important en matière de décision politique où une solution réputée parfaite mais complexe à mettre en oeuvre est souvent supplantée par une solution « suffisante » mais bien plus simple à appliquer.

 

J’ai essayé de modéliser ce que serait un éclatement de la zone Euro, et les premiers résultats des calculs conduits dans mon centre de recherches, le CEMI-EHESS, montrent que loin d’aboutir à la catastrophe que nous prédisent les augures européens, cette solution redonnerait aux pays de l’Europe du Sud leur dynamisme économique[10].

Quelle politique pourrait être suivie aujourd’hui qui montre à la fois un intérêt dans le progrès de l’unification européenne et sans tout sacrifier sur l’autel du sauvetage de l’Euro ?

Une politique recherchant l’unité européenne se heurte à cette réalité : il n’y a pas de peuple européen, en particulier au sens politique du terme « peuple ». Seuls les peuples des pays membres existent. C’est d’ailleurs une constatation qui a été faite par la cour constitutionnelle de Karlsruhe, l’instance chargée en Allemagne de dire le droit constitutionnel.  Dans le même temps, il y a un réel appétit pour plus de coordination entre les pays membre de l’Union Européenne. Une partie du drame actuel vient justement de ce que l’on a confondu coopération et unification, et en particulier dans le domaine monétaire.


Désormais, la tentative de maintenir l’Euro va imposer aux pays du Sud de l’Europe des sacrifices toujours plus grands en matière de chômage mais aussi de niveau de vie et de mesures sociales. D’ores et déjà, ces sacrifices sont à l’origine d’un profond ressentiment contre l’UE et avant tout contre l’Allemagne désignée, non sans raison, comme l’origine de ces sacrifices. Aujourd’hui l’Euro est le principal obstacle à un approfondissement de la coopération entre pays européens. L’Euro est même devenu le principal danger pour l’Europe par l’ampleur et la violence des réactions qu’il induit[11].


Ceci pose la question : pourrait-on dissoudre la zone Euro sans passer par des troubles sociaux et politiques majeurs ? Et la réponse surprenante, qui nous vient de Chypre, est « oui ». C’est même le principal paradoxe de la crise chypriote. Pour pouvoir rouvrir les banques le jeudi 28 mars, il a fallu mettre en place un cadre réglementaire extrêmement strict. Ces mesures de contrôle des capitaux ont permis d’éviter un effondrement lors de la réouverture des banques chypriotes. Mais, ces mesures ont aussi abouti à créer deux euros, l’un chypriote dont la fongibilité est limitée, et l’autre pour le reste de la zone Euro. Les concepteurs de ce système ne se sont pas rendus compte qu’ils administraient ainsi la démonstration que rien ne serait plus facile que de quitter la zone Euro. Tous les discours sur les aspects catastrophiques d’une telle sortie s’effondrent devant les faits. En réalité, une fois que l’on a accepté de renouer avec le principe des contrôles de capitaux une sortie apparaît techniquement aisée à réaliser. Il faut ici souligner l’impressionnante évolution des institutions internationales sur ce sujet. À l’époque de la crise financière d’août 1998 en Russie, ces contrôles étaient bannis[12]. Les défendre était la plus sure manière de ce faire traiter d’hérétique et excommunier par les grands prêtres de la science économique. Maintenant, ils sont admis même par le FMI[13].


Désormais, ces contrôles sont en place, et ils ont été introduits avec l’assentiment, et même à la demande, de la Banque Centrale Européenne et de l’Eurogroupe, et ce, il faut le signaler, en totale contradiction avec le Traité de Lisbonne. Cette évolution était en réalité prévisible depuis plusieurs mois[14]. Mais, la crise chypriote a incontestablement joué à cet égard le rôle d’un accélérateur.


Il faut donc, aujourd’hui, regarder la réalité en face. Soit nous gardons l’Euro, mais alors nous perdons tout moyen de nous opposer aux meurtrières politiques d’austérité qui sont en train de ruiner le Sud de l’Europe. Il suffit alors de regarder l’histoire de l’Allemagne de 1930 à 1932 pour avoir un avant-goût de ce qui va se passer. À l’époque le Chancelier Brüning, pour sauver les banques allemandes, avait appliqué une politique d’austérité drastique. Cette dernière avait sauvé les banques mais, faisant passer le taux de chômage en Allemagne de 15% à plus de 30%, a ouvert la porte aux Nazis. Aujourd’hui, le risque principal est de dresser les peuples européens les uns contre les autres et de refaire de l’Allemagne le problème central de la politique européenne. Soit nous nous décidons à dissoudre la zone Euro, quitte à ce que certains pays sortent les premiers entraînant alors un processus de décomposition rapide de cette zone, et nous pouvons retrouver le chemin de la croissance et du progrès social. Or, la coordination entre nations ne trouve des arguments politiques efficaces que si elle est au service de la croissance et du progrès social.


Ajoutons alors qu’il sera important de faire fonctionner des formes de coordination entre les pays ayant retrouvé leur souveraineté monétaire. Celle-ci pourrait prendre la forme d’une coordination des taux de change, dans le cadre du contrôle des capitaux qu’il aura fallu adopter, entre la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce. D’autres pays pourraient progressivement venir s’adjoindre à cette coordination, qui pourrait déboucher, d’ici quelques années, sur une monnaie commune soit une monnaie venant s’ajouter et non se substituer aux monnaies existantes, et servant aux transactions commerciales et financières avec les autres pays. Les problèmes de compétitivité seraient résolus par une dévaluation, ou une réévaluation de la monnaie nationale par rapport à cette monnaie commune.

 


[1] (Reuters) – European Central Bank Governing Council member Klaas Knot said on Friday there was “little wrong” with Eurogroup chair Jeroen Dijsselbloem’s recipe for dealing with future, le 29 mars 2013 URL : http://www.reuters.com/subjects/euro-zone

[2] Claire Gatinois et Jean-Pierre Stroobants, « Les débuts difficiles de Jeroen Dijsselbloem, rebaptisé “Dijsselbourde” », Le Monde, 27 mars 2013, URL : http://www.lemonde.fr/journaliste/jean-pierre-stroobants

[3] RTBF, « Chypre: “La zone euro est devenue plus fragile, le risque a augmenté” », 31 mars 2013, URL http://www.rtbf.be/info/economie/detail_chypre-la-zone-euro-est-devenue-plus-fragile-le-risque-a-augmente?id=7959913

[4] P. de Grauwe, « Pool debt now of face dangerous upheavals across Europe », in Europe’s World, n°23, Printemps 2013, pp. 28-32.

[5] Jacques Sapir, “Le coût du fédéralisme dans la zone Euro”, note publiée sur le carnet Russeuropele 10/11/2012, URL: http://russeurope.hypotheses.org/453

[6] M Persson, « Euro crisis: After the Cyprus bank raid fiasco, Germany is being painted as the EU’s chief villain », The Telegraph,  31 mars 2013, URL :http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/cyprus/9962825/Euro-crisis-After-the-Cyprus-bank-raid-fiasco-Germany-is-being-painted-as-the-EUs-chief-villain.html

[7] J. Evrard, La Déportation des travailleurs français dans le III eReich , Fayard, Les grandes études contemporaines, Paris, 1972. A. Milward, New Order and the French Economy , Oxford University Press, 1970, p.160-165

[8] H-O Henkel, « Europe must drop the ‘one-size-fits-all’ euro to competitive » in Europe’s World, n°23, Printemps 2013, pp. 44-50.

[9] J. Sapir, “Zone Euro: sous les discours lénifiants la crise continue de se développer”, billet publié sur le carnet Russeurope le 18/10/2012, URL: http://russeurope.hypotheses.org/332

[10] J. Sapir, “L’impact d’une sortie de l’Euro sur l’économie française”, note publiée sur le carnet Russeurope le 05/03/2013, URL: http://russeurope.hypotheses.org/987

[11] J. Sapir, Faut-il sortir de l’Euro ?, Paris, Le Seuil, 2012.

[12] B.J. Cohen, “Contrôle des capitaux: pourquoi les gouvernements hésitent-ils?”, in Revue Économique, vol. 52, n°2/mars 2001, pp. 207-232, p. 228.

[13] J. Ostry et al., « Capital Inflows: The Role of Controls », International Monetary Fund Staff Position Note, Washington (D. C.), FMI, 2010

[14] J. Sapir, “Les contrôles de capitaux : une idée qui fait son chemin”, billet publié sur le carnetRusseurope le 29/01/2013, URL: http://russeurope.hypotheses.org/792

 


 

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 11:59

 

DE 2008 à 2012

EN 5 ANS DE "CRISE"

LES ENTREPRISES DU CAC 40

ont distribué

PLUS DE 190 MILLIARDS D'EUROS

A LEURS ACTIONNAIRES...

MAIS FRANCOIS HOLLANDE
ET SON GOUVERNEMENT PS

PREFERENT PONCTIONNER
LES COUCHES POPULAIRES... 

 

Selon 

 

Les Echos

 

Les entreprises du CAC 40

ont versé en 2012

40 milliards d'euros

aux actionnaires

et pour les quatre années précédentes
celles de la soit-disante "crise"...

Les entreprises du CAC 40 ont versé 40 milliards d\'euros aux actionnaires

 

 

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-les-entreprises-du-cac-40-ont-verse-40-milliards-d-euros-aux-actionnaires-en-2012-et-plus-190-milli-116389714.html

 


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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 11:06

Qatar-argent.jpgLa ministre du commerce extérieur française, Nicole Bricq, a assuré mardi 11 mars à Doha que les investissements du Qatar restaient "bienvenus en France", malgré les critiques qui les ont visés.


"Les investissements qataris sont et resteront bienvenus en France. Nous souhaitons même qu'ils s'amplifient", a déclaré Nicole Bricq lors d'une rencontre avec la presse. "Les investisseurs qataris sont des investisseurs avisés, des investisseurs à long terme qui accompagnent beaucoup d'entreprises françaises" en y restant "minoritaires" et ne participent pas à la fonction exécutive de ces entreprises, a-t-elle ajouté. "Objectivement, on ne peut rien leur reprocher", a poursuivi la ministre.

La France accueille environ 10 % des investissements du Qatar à l'étranger. Le Qatar est très présent dans les grandes entreprises françaises avec des participations dans Total (3 %), Vinci (7 %), Lagardère (12 %), Veolia Environnement (5 %), LVMH (1 %) ou Vivendi (3 %). Il possède par ailleurs des hôtels de luxe, le club de football Paris-Saint-Germain (PSG) et a investi dans l'achat de droits télévisés et le marché de l'art.

VIOLENTES CRITIQUES EN FRANCE

Ces prises de participation tous azimuts ont suscité de violentes critiques en France, deuxième récipiendaire des investissements du Qatar, derrière le Royaume-Uni (27 %). Une annonce avait également suscité une forte polémique en pleine campagne pour la présidentielle. Le richissime émirat gazier avait évoqué fin 2011 un projet de fonds pour les banlieues françaises doté de 50 millions d'euros, à la suite d'une visite au Qatar d'élus de quartiers en difficulté. Le nouveau gouvernement de gauche a finalement donné son accord, à condition d'y être associé.

Nicole Bricq a indiqué avoir proposé à ses interlocuteurs au Qatar de "constituer un fonds qui nous permette de financer ensemble des opérations à l'export". Fin novembre, la Caisse des dépôts, groupe public français, et Qatar Holding LLC, émanation du fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA), avaient annoncé la création d'un fonds de 300 millions d'euros qui investira dans des PME françaises.

La ministre a souligné être venue au Qatar avec des entreprises françaises intéressées par les perspectives qu'offrent la tenue dans ce pays d'événements sportifs dont la Coupe du monde de football en 2022 et le championnat mondial de handball en 2015. "Avec les entreprises qui m'accompagnent, nous avons présenté tout le savoir-faire de l'offre française en la matière", a-t-elle dit, soulignant que les autorités du Qatar souhaitent des projets de construction "le moins polluants possible".

http://billets-du-temps-perdu.blogspot.fr/2013/03/cest-la-gauche-en-france-bienvenue-au.html

 

 

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 11:14

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08 mars 2013 | par Martine Orange

 

Matignon a envoyé une lettre pour définir le projet de loi de cadrage pour le budget 2014. Les ministres sont priés de trouver 5 milliards d’euros d’économies supplémentaires. Qui s'ajoutent aux 4 % de réduction de crédit déjà prévue. Pressé de donner des gages à la Commission européenne, le gouvernement s’engage dans la spirale infernale de l’austérité et de la récession.

 

Plus un jour ne se passe désormais sans que le gouvernement n’annonce une nouvelle hausse de la fiscalité, de nouvelles économies budgétaires. Vendredi, Matignon a rendu public son projet de lettre de cadrage budgétaire pour 2014. Cinq milliards d’économies supplémentaires sont à trouver pour le budget de l’an prochain. Les annonces sont si nombreuses qu’ont finit par se perdre dans les milliards d’économies à réaliser entre cette année et l’année prochaine. Car ces nouvelles réductions s’ajoutent à celles déjà prévues dans le cadre du budget triennal ( 2013-2015). Il y était déjà inscrit une diminution de 4% des crédits de fonctionnement et d’une partie des crédits d’intervention en 2014 par rapport à 2013.

 

Le gouvernement assure qu’il n’a pas oublié ses promesses de campagne, lorsqu’il dénonçait les approches purement comptables et les coupes budgétaires aveugles, «  cet effort portera principalement sur les dépenses hors masses salariale, car nous avons pris l’engagement de stabiliser les effectifs de l’état. Il ne sera pas assuré par des mesures uniformes, mais reposera sur la mise en œuvre d’ambitieuses réformes structurelles sur les dépenses de chaque ministère et de ses agences. Le premier ministre demande à chaque ministre de veiller personnellement à la mise en  place de ces réformes, qui s’appuieront sur la démarche  de modernisation de l’action publique lancée fin 2012 », explique Matignon dans un communiqué.

 

En théorie, il s’agit donc pour le gouvernement d’entreprendre une véritable remise  à plat de son fonctionnement et de ses pratiques, afin de dégager des ressources supplémentaires pour financer le social. En pratique, cela risque d’être comme d’habitude: une politique de comptable. En dehors de la masse salariale et des retraites, l’état veut trouver 5% d’économies sur les  100 milliards de dépenses de budget général. L’effort est historique.

 

Les économistes, y compris du FMI, ont mis en garde les états européens sur les effets dévastateurs que pouvaient avoir les réductions de dépenses  publiques en période de récession. Les effets récessifs seront limites, affirme le gouvernement car la situation économique, selon lui, «  devrait être meilleur en 2014 » .

 

Pressé de donner des gages à la commission européenne, la gouvernement a choisi, de toute façon, d’ignorer les avertissements. A défaut de ne pouvoir respecter le dogme, des 3 % en 2013, il promet, contre un allégement de cette règle cette année, de faire disparaitre tout déficit à l’horizon 2017. Depuis, c’est la foire aux mesures de rigueur. Bercy sort en vrac de ses tiroirs les vieux projets. Tout y passe, de la hausse de la fiscalité sur le diesel, en passant par la suppression de la demi-part pour les  étudiants majeurs. Tout cela donne une  impression d’improvisation et de panique, d’absence totale de vision, renforçant la défiance des Français, au risque d’accentuer la récession en cours. 

 

Source : Médiapart 


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http://www.mediapart.fr/journal/france/080313/au-menu-de-2014-lausterite-sans-fin

 

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 18:48

05.03.2013 Par Hélène Bekmézian et Claire Guélaud

 

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Depuis que la France s'est engagée à ramener à l'équilibre ses finances publiques, les années se suivent et se ressemblent : elles sont, du point de vue de la discipline budgétaire, toujours plus redoutables. Les ministres et leur entourage attendent donc, avec un fatalisme teinté de lassitude, la lettre de cadrage de Jean-Marc Ayrault que Matignon devrait leur adresser à la fin de la semaine.


Ce document, le même pour chacun des ministres, précise les orientations qui permettront d'arrêter les grandes lignes du budget triennal 2014-2016 de l'Etat. Il réaffirme la nécessité de respecter la stabilisation en valeur des dépenses de l'Etat sur le périmètre du budget général, hors charges de la dette et des pensions.


 "DÉJEUNER TRÈS TENDU" 


Pour tenir cette norme de dépenses exigeante, introduite par le gouvernement Fillon, il serait demandé au gouvernement, selon nos informations, de faire des économies nettement supérieures aux deux milliards d'euros du "surgel" decrédits annoncé pour 2013 par le ministre délégué au budget, Jérôme Cahuzac. L'effort d'économies en 2014 pourrait même être de l'ordre de 4 milliards d'euros. Une manière, probablement, de rassurer la Commission européenne sur la détermination française.


L'annonce du surgel de 2013, quelques semaines seulement après le vote du projet de loi de finances, avait pourtant été mal vécue. "Le déjeuner était très tendu, ça a pas mal gueulé. Je pense que c'est pour cela que la question du non-cumul dès 2014 est ressortie, beaucoup disaient : puisqu'il faut faire des économies sur tout, alors laissez-nous au moins faire ce qui ne coûte rien, comme le non-cumul dès 2014", relate un ministre. "Je pense que c'est aussi la raison pour laquelle on en est venu à la question des allocations familiales. S'il faut faire encore plus d'économies, d'accord, mais alors il va falloir s'attaquer aux prestations familiales, car il ne reste plus que cela".

 

La mise en réserve de deux milliards de crédits supplémentaires, en plus des 6,5 milliards déjà gelés, a été d'autant plus critiquée qu'elle est intervenue après que les responsables des programmes budgétaires ont réparti les crédits. "Bercy a fixé un surgel tout en sachant qu'il serait extraordinairement difficile, voire impossible à respecter. Sauf, bien sûr, à ce que l'Etat recoure de plus en plus au procédé, pas très sain, des reports de charges", observe un conseiller sous couvert d'anonymat.


"ON EST À L'OS"


L'envoi de la lettre de cadrage va ouvrir une nouvelle séquence de la procédure budgétaire. Les cabinets ministériels, voire les ministres eux-mêmes, sont désormais invités à proposer à Bercy des économies, en particulier sur leurs crédits de fonctionnement et d'investissement. Des échanges doivent avoir lieu avec le ministre de l'économie et des finances, Pierre Moscovici, et avec M. Cahuzac. A l'issue de ces discussions, le premier ministre arrêtera les plafonds de crédits et d'emplois pour les années 2014, 2015 et 2016 avant le débat d'orientation des finances publiques prévu au Parlement en juillet.


"On est à l'os", entend-on de tous côtés. "Ce n'est pas le train de vie de l'Etat auquel on touche désormais, c'est aux moyens d'assurer les missions de service public." Forts de cette conviction, les ministères – Bercy compris – voudraient bien que l'on trouve des sources d'économies ailleurs que dans le budget de l'Etat. Peu désireux de tailler dans les crédits réservés aux mesures catégorielles, qui leur permettent de maintenir une certaine paix sociale malgré le gel du point d'indice de la fonction publique, ils lorgnent du côté des dépenses de protection sociale.

 

Pour l'heure, toutefois, la modernisation de l'action publique (MAP), qui a pris le relais de la révision générale des politiques publiques (RGPP) et qui se veut plus respectueuse du dialogue social, n'en est encore qu'à ses débuts. Il faudra attendre le Comité interministériel pour la modernisation de l'action publique (Cimape) du mois d'avril pour voir préciser les premières pistes d'économies sur les aides aux entreprises et sur la politique familiale. Au cas où, Bercy a déjà évalué à "2 à 3 milliards" ce que rapporterait, dès la première année, la désindexation des prestations sociale.

 

Source le Monde.


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Moscovici a versé 2,585 milliards le 24 décembre 2012 à Dexia (J0 du 27/12/132, page 27, prog 701).

 

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 21:51

 

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01/03/13 à 12:18

Assistance informatique et internet, cours à domicile, petits travaux de jardinage, service de maintenance, se verront de nouveau appliquer le taux normal de TVA, selon Bercy. La Commission européenne oblige la France à supprimer le taux de TVA réduit, actuellement en vigueur.

Le taux de TVA applicable aux services à la personne, actuellement fixé entre 5,5 et 7 %, passera, dès le 1eravril 2013, au taux normal de 19,6 % pour certaines activités, annonce Bercy. Pour la Commission européenne l'application du taux réduit posent problème pour cinq des vingt-un services à la personne bénéficiant du taux réduit, dont l'assistance informatique et internet, les cours à domicile (hors soutien scolaire), les petits travaux de jardinage et les services de maintenance à domicile.


Bruxelles reproche à la France d'avoir détourné la législation européenne pour favoriser certains services alors que seuls les "services de soins à domicile, tels que l'aide à domicile et les soins destinés aux enfants, aux personnes âgées, aux personnes malades ou aux personnes handicapées" peuvent en bénéficier. Plutôt que de courir le risque d'être sanctionnée, la France préfère se conformer à la décision européenne.


Pour le gouvernement, il s'agit "de préserver l'essentiel du secteur d'activité des services à la personne et de prévenir un contentieux communautaire imminent que la France serait certaine de perdre".


Source : le Particulier.fr

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 13:42

28 février par Éric Toussaint


arton8868-9f9be.jpgVoici 60 ans, en février 1953, à Londres était signé un accord historique sur la dette allemande. Les termes de l’accord signé tranchent radicalement avec la manière dont est aujourd’hui traitée la Grèce. Après la seconde guerre mondiale, de multiples conditions ont été réunies pour permettre à l’Allemagne de l’Ouest de se développer rapidement en permettant la reconstruction de son appareil industriel. Non seulement la dette contractée par l’Allemagne en-dehors des deux guerres mondiales a été réduite de plus de 60%, mais le règlement des dettes de guerre et le paiement des réparations aux victimes civiles et aux Etats ont été reportés à une date indéterminée : de fait, à la réunification allemande qui est intervenue en 1990 et au traité de paix qui a été signé à Moscou la même année entre les autorités des deux Allemagnes en cours d’unification, les Etats-Unis, l’URSS, le Royaume-Uni et la France. Le poids des réparations sur l’économie allemande a donc été longtemps différé.

 

Et dans le cas des réparations dues à la Grèce, celles-ci n’ont pas représenté le moindre effort de la part de l’Allemagne puisque les autorités allemandes refusent de donner suite aux demandes grecques.


A la différence de ce qui s’était passé à l’issue de la première guerre mondiale, les puissances occidentales ont voulu après la seconde guerre mondiale éviter de faire peser sur l’Allemagne le poids de remboursements insoutenables car elles ont considéré qu’ils avaient favorisé l’accession du régime nazi au pouvoir. Les puissances occidentales voulaient également une Allemagne de l’Ouest forte économiquement (mais désarmée et occupée militairement) face à l’Union soviétique et ses alliés. Rien de tel n’est de mise avec la Grèce et les autres pays de la Périphérie au sein de l’Union européenne.


Pour atteindre cet objectif, non seulement le fardeau de la dette a été très fortement allégé et des aides économiques sous forme de dons ont été octroyées à l’Allemagne, mais surtout on lui a permis d’appliquer une politique économique tout à fait favorable à son redéploiement. Les grands groupes industriels privés ont pu se consolider, ceux-là mêmes qui avaient joué un rôle clé dans l’aventure militaire de la première guerre mondiale, dans le soutien aux nazis, dans le génocide des peuples juifs, tsiganes…, dans la spoliation des pays occupés ou annexés, dans la production militaire et l’effort logistique gigantesque de la seconde guerre mondiale.

 

L’Allemagne a pu développer d’impressionnantes infrastructures publiques, elle a pu soutenir ses industries afin de satisfaire la demande locale et de conquérir des marchés extérieurs. L’Allemagne a même été autorisée à rembourser une grande partie de sa dette dans sa monnaie nationale. Pour rendre cela concret, il suffit de réfléchir à la situation qui a suivi l’accord de Londres de 1953. L’Allemagne rembourse par exemple à la Belgique et à la France une partie de ses dettes de l’entre deux guerres en deutsche marks. Ces deutsche marks qui n’avaient pas d’intérêt dans les échanges avec le reste du monde, Belges et Français ont essayé de s’en débarrasser rapidement en achetant des marchandises et des équipements fournis par l’économie allemande et contribué à refaire de l’Allemagne une grande puissance exportatrice.


De leur côté, la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne, l’Estonie, la Slovénie et les autres pays périphériques de la zone euro doivent rembourser leurs dettes publiques en euros alors qu’ils en manquent vu leur déficit commercial face aux pays les plus forts de la zone euro.

 

Dans le même temps, les puissances qui dominent la zone euro les obligent, via la Commission européenne et les traités adoptés, à mener des politiques qui les empêchent tant de satisfaire la demande de leur marché que d’exporter. S’ils veulent quand même réussir à exporter, ils sont poussés à réduire encore plus les salaires, ce qui comprime un peu plus la demande intérieure et accentue la récession. Le programme de privatisation achève de porter des coups à leur appareil industriel, à leurs infrastructures et à leur patrimoine en général.


L’accord de Londres de 1953 sur la dette allemande

L’allègement radical de la dette de la République fédérale d’Allemagne (RFA) et sa reconstruction rapide après la seconde guerre mondiale ont été rendus possibles grâce à la volonté politique de ses créanciers, c’est-à-dire les États-Unis et leurs principaux alliés occidentaux (Grande-Bretagne, France).

 

En octobre 1950, ces trois alliés formulent un projet dans lequel le gouvernement fédéral allemand reconnaît l’existence des dettes des périodes précédant et suivant la guerre. Les alliés y joignent une déclaration signifiant que « les trois pays sont d’accord que le plan prévoit un règlement adéquat des exigences avec l’Allemagne dont l’effet final ne doit pas déséquilibrer la situation financière de l’économie allemande via des répercussions indésirables ni affecter excessivement les réserves potentielles de devises. Les trois pays sont convaincus que le gouvernement fédéral allemand partage leur position et que la restauration de la solvabilité allemande est assortie d’un règlement adéquat de la dette allemande qui assure à tous les participants une négociation juste en prenant en compte les problèmes économiques de l’Allemagne » |1|.


La dette réclamée à l’Allemagne concernant l’avant-guerre s’élève à 22,6 milliards de marks si on comptabilise les intérêts. La dette de l’après-guerre est estimée à 16,2 milliards. Lors d’un accord conclu à Londres le 27 février 1953 |2|, ces montants sont ramenés à 7,5 milliards de marks pour la première et à 7 milliards de marks pour la seconde |3|. En pourcentage, cela représente une réduction de 62,6%.


De surcroît, l’accord établit la possibilité de suspendre les paiements pour en renégocier les conditions si survient un changement substantiel limitant la disponibilité des ressources |4|.

Pour s’assurer que l’économie de l’Allemagne occidentale est réellement relancée et qu’elle constitue un élément stable et central dans le bloc atlantique face au bloc de l’Est, les Alliés créanciers font des concessions très importantes aux autorités et aux entreprises allemandes endettées qui vont bien au-delà d’une réduction de dette. On part du principe que l’Allemagne doit être en condition de rembourser tout en maintenant un niveau de croissance élevé et une amélioration des conditions de vie de la population. Rembourser sans s’appauvrir. Pour cela, les créanciers acceptent primo que l’Allemagne rembourse dans sa monnaie nationale, le deutsche mark, l’essentiel de la dette qui lui est réclamée. A la marge, elle rembourse en devises fortes (dollars, francs suisses, livres sterling…).

 

Secundo, alors qu’au début des années 1950, le pays a encore une balance commerciale négative (la valeur des importations dépassant celle des exportations), les puissances créancières acceptent que l’Allemagne réduise ses importations, elle peut produire elle-même des biens qu’elle faisait auparavant venir de l’étranger. En permettant à l’Allemagne de substituer à ses importations des biens de sa propre production, les créanciers acceptent donc de réduire leurs exportations vers ce pays. Or, 41% des importations allemandes venaient de Grande-Bretagne, de France et des États-Unis pour la période 1950-51. Si on ajoute à ce chiffre la part des importations en provenance des autres pays créanciers participant à la conférence (Belgique, Hollande, Suède et Suisse), le chiffre total s’élève même à 66%.


Tertio, les créanciers autorisent l’Allemagne à vendre ses produits à l’étranger, ils stimulent même ses exportations afin de dégager une balance commerciale positive. Ces différents éléments sont consignés dans la déclaration mentionnée plus haut : « La capacité de paiement de l’Allemagne, de ses débiteurs privés et publics, ne signifie pas uniquement la capacité de réaliser régulièrement les paiements en marks allemands sans conséquences inflationnistes, mais aussi que l’économie du pays puisse couvrir ses dettes en tenant compte de son actuelle balance des paiements.

 

L’établissement de la capacité de paiement de l’Allemagne demande de faire face à certains problèmes qui sont : 1. la future capacité productive de l’Allemagne avec une considération particulière pour la capacité productive de biens exportables et la capacité de substitution d’importations ; 2. la possibilité de la vente des marchandises allemandes à l’étranger ; 3. les conditions de commerce futures probables ; 4. les mesures fiscales et économiques internes qui seraient nécessaires pour assurer un superavit pour les exportations. » |5|


En outre, en cas de litige avec les créanciers, en général, les tribunaux allemands sont compétents. Il est dit explicitement que, dans certains cas, « les tribunaux allemands pourront refuser d’exécuter […] la décision d’un tribunal étranger ou d’une instance arbitrale. » C’est le cas, lorsque « l’exécution de la décision serait contraire à l’ordre public » (p. 12 de l’Accord de Londres).


Autre élément très important, le service de la dette est fixé en fonction de la capacité de paiement de l’économie allemande, en tenant compte de l’avancée de la reconstruction du pays et des revenus d’exportation. Ainsi, la relation entre service de la dette et revenus d’exportations ne doit pas dépasser 5%. Cela veut dire que l’Allemagne occidentale ne doit pas consacrer plus d’un vingtième de ses revenus d’exportation au paiement de sa dette.

 

Dans la pratique, l’Allemagne ne consacrera jamais plus de 4,2% de ses revenus d’exportation au paiement de la dette (ce montant est atteint en 1959). De toute façon, dans la mesure où une grande partie des dettes allemandes était remboursée en deutsche marks, la banque centrale allemande pouvait émettre de la monnaie, en d’autres mots monétiser la dette.


Une mesure exceptionnelle est également décidée : on applique une réduction drastique des taux d’intérêts qui oscillent entre 0 et 5%.


Une faveur d’une valeur économique énorme est offerte par les puissances occidentales à l’Allemagne de l’Ouest : l’article 5 de l’accord conclu à Londres renvoie à plus tard le règlement des réparations et des dettes de guerre (tant celles de la première que de la deuxième guerre mondiale) que pourraient réclamer à la RFA les pays occupés, annexés ou agressés (ainsi qu’à leurs ressortissants).


Enfin, il faut prendre en compte les dons en dollars des États-Unis à l’Allemagne occidentale : 1,17 milliard de dollars dans le cadre du Plan Marshall entre le 3 avril 1948 au 30 juin 1952 (soit environ 10 milliards de dollars aujourd’hui) auxquels s’ajoutent au moins 200 millions de dollars (environ de 2 milliards de dollars d’aujourd’hui) entre 1954 et 1961 principalement via l’agence internationale de développement des États-Unis (USAID).

Grâce à ces conditions exceptionnelles, l’Allemagne occidentale se redresse économiquement très rapidement et finit par absorber l’Allemagne de l’Est au début des années 1990. Elle est aujourd’hui de loin l’économie la plus forte d’Europe.


Allemagne 1953 / Grèce 2010-2012


Si nous risquons une comparaison entre le traitement auquel la Grèce est soumise et celui qui a été réservé à l’Allemagne après la seconde guerre mondiale, les différences et l’injustice sont frappantes. En voici une liste non-exhaustive en 11 points : 


1.- Proportionnellement, la réduction de dette accordée à la Grèce en mars 2012 est infiniment moindre que celle accordée à l’Allemagne. 


2.- Les conditions sociales et économiques qui sont assorties à ce plan (et à ceux qui ont précédé) ne favorisent en rien la relance de l’économie grecque alors qu’elles ont contribué largement à relancer l’économie allemande.


3.- La Grèce se voit imposer des privatisations en faveur des investisseurs étrangers principalement alors que l’Allemagne était encouragée à renforcer son contrôle sur les secteurs économiques stratégiques, avec un secteur public en pleine croissance.


4.- Les dettes bilatérales de la Grèce (vis-à-vis des pays qui ont participé au plan de la Troïka) ne sont pas réduites (seules les dettes à l’égard des banques privées l’ont été) alors que les dettes bilatérales de l’Allemagne étaient réduites de 60% ou plus. Sans oublier les réparations de guerre reportées à une date indéterminée.


5. - La Grèce doit rembourser en euros alors qu’elle est en déficit commercial (donc en manque d’euros) avec ses partenaires européens (notamment l’Allemagne et la France), tandis que l’Allemagne remboursait l’essentiel de ses dettes en deutsche marks fortement dévalués.


6. - La banque centrale grecque ne peut pas prêter de l’argent au gouvernement grec alors que la Deutsche Bank prêtait aux autorités allemandes et faisait fonctionner (certes modérément) la planche à billets.


7. - L’Allemagne était autorisée à ne pas consacrer plus de 5% de ses revenus d’exportation au paiement de la dette alors qu’aucune limite n’est fixée dans le cas actuel de la Grèce.


8. - Les nouveaux titres de la dette grecque qui remplacent les anciens dus aux banques ne sont plus de la compétence des tribunaux grecs, ce sont les juridictions du Luxembourg et du Royaume-Uni qui sont compétentes (et on sait combien elles sont favorables aux créanciers privés) alors que les tribunaux de l’Allemagne (cette ancienne puissance agressive et envahissante) étaient compétents.


9. - En matière de remboursement de la dette extérieure, les tribunaux allemands pouvaient refuser d’exécuter des sentences des tribunaux étrangers ou des tribunaux arbitraux au cas où leur application menaçait l’ordre public. En Grèce, la Troïka refuse bien sûr que des tribunaux puissent invoquer l’ordre public pour suspendre le remboursement de la dette. Or, les énormes protestations sociales et la montée des forces néo-nazies sont directement la conséquence des mesures dictées par la Troïka et par le remboursement de la dette. Malgré les protestations de Bruxelles, du FMI et des « marchés financiers » que cela provoquerait, les autorités grecques pourraient parfaitement invoquer l’état de nécessité et l’ordre public pour suspendre le paiement de la dette et abroger les mesures antisociales imposées par la Troïka. 


10.- Dans le cas de l’Allemagne, l’accord établit la possibilité de suspendre les paiements pour en renégocier les conditions si survient un changement substantiel limitant la disponibilité des ressources. Rien de tel n’est prévu pour la Grèce.


11.- Dans l’accord sur la dette allemande, il est explicitement prévu que le pays puisse produire sur place ce qu’il importait auparavant afin d’atteindre un superavit commercial et de renforcer ses producteurs locaux. Or la philosophie des accords imposés à la Grèce et les règles de l’Union européenne interdisent aux autorités grecques d’aider, de subventionner et de protéger ses producteurs locaux, que ce soit dans l’agriculture, l’industrie ou les services, face à leurs concurrents des autres pays de l’UE (qui sont les principaux partenaires commerciaux de la Grèce).


On pourrait ajouter que l’Allemagne, après la seconde guerre mondiale, a reçu des dons dans une proportion considérable, notamment, comme on l’a vu plus haut, dans le cadre du Plan Marshall.


Depuis 2010, dans les pays les plus forts de la zone euro, la plupart des dirigeants politiques, appuyés par les médias dominants, vantent les mérites de leur supposée générosité à l’égard du peuple grec et d’autres pays fragilisés de la zone euro qui font la une de l’actualité (Irlande, Portugal, Espagne…). Dans ce contexte, on appelle « plans de sauvetage » des mesures qui enfoncent encore un peu plus l’économie des pays qui les reçoivent et qui contiennent des reculs sociaux inédits au cours des 65 dernières années en Europe. S’y ajoute l’arnaque du plan de réduction de la dette grecque adopté en mars 2012 qui implique une réduction des créances dues par la Grèce aux banques privées de l’ordre de 50% |6| alors que ces créances avaient perdu entre 65 et 75% de leur valeur sur le marché secondaire.

 

La réduction des créances des banques privées est compensée par une augmentation des créances publiques aux mains de la Troïka et débouche sur de nouvelles mesures d’une brutalité et d’une injustice phénoménales. Cet accord de réduction de la dette vise à enchaîner définitivement le peuple grec à une austérité permanente, il constitue une insulte et une menace pour tous les peuples d’Europe et d’ailleurs. Selon les services d’étude du FMI, en 2013, la dette publique grecque représentera 164% du Produit intérieur brut, c’est dire que la réduction annoncée en mars 2012 n’aboutira pas à un allègement réel et durable du fardeau de la dette qui pèse sur le peuple grec.


Pour voir une véritable solution au drame de la dette et de l’austérité, il faudra encore de puissantes mobilisations sociales en Grèce et dans le reste de l’Union européenne ainsi que l’accession au pouvoir d’un gouvernement du peuple à Athènes.

 

Il faudra un acte unilatéral de désobéissance provenant des autorités d’Athènes (soutenues par le peuple), telles la suspension du remboursement et l’abrogation des mesures antisociales, pour forcer les créanciers à des concessions d’envergure et imposer enfin l’annulation de la dette illégitime.

 

La réalisation à une échelle populaire d’un audit citoyen de la dette grecque doit servir à préparer le terrain.


Notes

|1| Deutsche Auslandsschulden, 1951, p. 7 et suivantes, in Philipp Hersel, « El acuerdo de Londres de 1953 (III) », http://www.lainsigna.org/2003/enero...

|2| Texte intégral en français de l’Accord de Londres du 27 février 1953 :http://www.admin.ch/ch/f/rs/i9/0.94...

|3| 1 US dollar valait à l’époque 4,2 marks. La dette de l’Allemagne occidentale après réduction (soit 14,5 milliards de marks) équivalait donc à 3,45 milliards de dollars.

|4| Les créanciers refusent toujours d’inscrire ce type de clause dans les contrats à l’égard des pays en développement ou des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Europe centrale et orientale,…

|5| Auslandsschulden, 1951, p. 64 et suivantes in Philip Hersel, El acuerdo de Londres (IV), 8 de enero de 2003, http://www.lainsigna.org/2003/enero...

|6| Les créances des banques privées sur la Grèce passent grosso modo de 200 à 100 milliards d’euros. La dette publique totale de la Grèce dépasse 305 milliards d’euros.

Eric Toussaint, docteur en sciences politiques, est président du CADTM Belgique (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org) et membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il a écrit, avec Damien Millet, AAA. Audit Annulation Autre politique, Seuil, Paris, 2012.

 

http://cadtm.org/Allemagne-Grece-deux-poids-deux

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 15:47

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« Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye ? », c’est le nom du dernier film d’enquête d’Harald Schumann, journaliste chevronné du Tagesspiegel, qui se propose de répondre à une question :

« Où va l’argent récolté pour le sauvetage des banques ? »

 

Documentaire diffusé sur ARTE le 26 février 2013 

 


 

 

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