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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 10:11

 6 juin 2014

 

 

On a déjà dit voilà peu toutes les bonnes raisons de s'intéresser au procès de quatre personnes à Turin.


Ce procès vient de reprendre aujourd'hui, l'occasion pour moi d'aller visiter ce qui est assurément un monument parmi les moins connus de la civilisation italienne contemporaine: le "tribunal-bunker", celui où l'Etat moderne dans toutes ses composantes (police-justice-médias-politique) met en scène régulièrement des rituels d'expulsion  de l'ennemi intérieurhors du corps social.

 

On a déjà tout dit de la bouffonnerie sinistre de l'inculpation de terrorisme contre deux femmes et deux hommes emprisonnés depuis décembre parce qu'ils auraient participé à une manif au cours de laquelle un compresseur a été brûlé et c'est tout. 

 

Mais il faut voir de ses propres yeux la farce d'une justice publique au cours de laquelle ont tient le public à longue distance des cages où sont les prévenus et à plus longue distance encore du tribunal lui-même, la rumeur des voix arrivant incompréhensible malgré les micros, après être passée par-dessus une vaste étendue de bancs vides ou occupés par quelques journalistes.

 

Le vulgum pecus, au nom duquel cette justice-là serait rendue, se tient derrière des cloisons de verre… Voir ça, c'est voir à l'oeil nu, débarrassé de ses masques démocratiques, de sa pseudo-transparence informationnelle et des ses informes garanties formelles, le visage de la domination moderne. Ces voix monocordes au loin, , qui prétendent dire la vérité, ça nous rappelle une interview de Bruno Latour disant grosso modo que la vérité judiciaire est une construction mais que c'est une vérité quand même. Dût-on faire de la peine au penseur, nous savons nous, que cette vérité là n'était possible qu'à l'abir des murs de verre et de flic, et en encageant des gens, et que le jour où nous abattrons ces murs et ouvrirons ces cages, ce régime de vérité là montrera enfin réellement ce qu'il était déjà essentiellement: un moment du faux.

 

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Publié  par Quadruppani

 


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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 18:39

http://dormirajamais.org/wp-content/uploads/2014/05/andrea-sabbadini-sikh--533x355.jpgIndiens sikhs au travail dans les champs des Marais pontins © Andrea Sabbadini

 

 

Cet article, publié le 15 mai 2014 sur Il Manifesto, a immédiatement provoqué quatre questions parlementaires, trois à la Chambre des députés et une au Sénat, de la part du Parti démocrate et de SEL -Gauche, Écologie et Liberté.


La situation décrite n’est pas celle des chantiers du Qatar pour la coupe du monde de football de 2022. Nous sommes au cœur de l’Union européenne, dans les anciens Marais pontins, à quelques dizaines de kilomètres au sud de Rome. Là-bas, des amphétamines et de l’opium sont vendus aux travailleurs-esclaves sikhs pour leur faire supporter fatigue et douleurs. Ce reportage fait suite à un dossier accablant paru dans In migrazione.


La pilule qui aide à supporter la fatigue coûte à peine dix euros, au marché noir de l’esclavagisme pontin. Singh a deux possibilités: faire fondre directement le contenu dans la bouche ou le mélanger au chai, le thé des sikhs. Il choisit la seconde solution parce que «si je la mange ça fait plus mal, à l’estomac et à la gorge». Ainsi, de bon matin, «la substance», comme l’appellent les Indiens de Bellafarnia, efface la fatigue et les douleurs de la veille et prépare la lutte quotidienne de celui qui va commencer « dopé comme un cheval », me dit Marco Omizzolo, un jeune sociologue auteur d’un dossier avec l’association In migrazione, qui est un J’accuse à l’encontre des petits patrons et des caporaux(1) du sud du Latium.


Singh n’est pas un prénom: les sikhs religieux portent tous ce même nom de famille, qui veut dire «lion», tandis que les femmes se font appeler Kaur, «princesse». Quoi qu’il en soit, les nombreux Singh des Marais Pontins travaillent presque tous dans les campagnes des environs, pour les cultures maraîchères intensives, sous le soleil ou dans des serres brûlantes qui se transforment en chambres à gaz quand on les oblige à répandre des agents chimiques sans aucune protection.

 

Soumis aux vexations et aux abus de pouvoir, exploités au-delà du vraisemblable, contraints à appeler «patron» leurs employeurs, sous payés, ils courent le risque de se faire voler leur salaire misérable quand ils rentrent chez eux à bicyclette. Comment faire face à tout cela? B. Singh raconte dans un italien laborieux: «Je travaille de 12 à 15 heures par jour à la récolte des courgettes et des pastèques ou avec le tracteur pour planter d’autres fruits et légumes. Tous les jours, samedi et dimanche compris. Je ne crois pas que ce soit juste: trop de fatigue et peu d’argent. Pourquoi les Italiens ne travaillent pas de la même manière? Au bout de quelques temps j’ai commencé à avoir mal au dos, aux mains, au cou, aux yeux aussi à cause de la terre, de la sueur, des substances chimiques. Je tousse toujours. Le patron est gentil mais il paie peu et il veut que tu travailles tout le temps, même le dimanche. Après six ou sept ans à vivre comme ça, je n’en peux plus. C’est pourquoi je prends une petite substance pour ne pas ressentir la douleur, une ou deux fois pendant les pauses au travail. Je la prends pour ne pas ressentir la fatigue, sinon je ne pourrais pas travailler autant à la campagne. Tu comprends? Je travaille trop, trop de douleurs aux mains.»


La voici, la nouvelle frontière de l’exploitation du travail des migrants: les esclaves des campagnes sont dopés pour produire davantage et ne plus ressentir la fatigue. Depuis le début de l’année, les forces de l’ordre ont confisqué entre Latina, Sabaudia et Terracina une dizaine de kilos de stupéfiants: des «méthamphétamines», contenues dans des petites pilules spéciales dealées surtout par les caporaux. Mais aussi des bulbes séchés de pavot à opium.


Dans les communautés sikhs de Bellafarnia et de Borgo Hermada on ne parle pas beaucoup de tout cela. Les sikhs, surtout s’ils sont en situation irrégulière, dénoncent rarement les injustices dont ils sont les victimes. S’ils se font détrousser, ils font contre mauvaise fortune bon cœur. La même chose se produit quand le patron ne leur donne pas leur dû ou tarde dans les paiements.

Les drogues sont interdites par leur religion, et celui qui en fait usage est peu enclin à en parler, quand il se décide à le faire il ne parvient pas à réprimer un sentiment de faute: «Nous sommes exploités et nous ne pouvons pas dire au patron maintenant ça suffit, parce qu’il nous renvoie.

 

Alors certains d’entre nous paient pour avoir une substance qui enlève la douleur aux bras, aux jambes et au dos. Le patron dit travaille encore, travaille, travaille, allez, allez, mais après 14 heures passées dans les champs comment peut-on travailler encore? Pour la récolte des courgettes nous travaillons courbés toute la journée. La substance nous aide à vivre et à travailler mieux. Mais tout le monde ne le fait pas: seuls quelques Indiens l’utilisent. Mais cela leur sert à tenir jusqu’à la fin du mois pour amener à la maison l’argent pour leur famille» dit K. Singh.

 

Le problème des drogues est en train de prendre une véritable dimension sociale, dans une communauté soudée, organisée, «travailleuse et silencieuse», comme la définit Omizzolo, qui m’emmène faire un tour dans les champs et les villages de ce petit bout d’Inde en Italie. Pour le définir, il a forgé un néologisme: «Punjitalia» [Pendjabitalie].


La rési­dence Bellafarnia mare en est la capitale. À quelques mètres des dunes de Sabaudia, loin de la vue des villas des VIP, vit une part de la plus nombreuse communauté sikh après celle de Novellara, en Émilie : 12 mille habitants officiellement recensés entre ce village de résidences secondaires sous-louées aux immigrés et les logements low cost années 80 qui tombent déjà en ruines et accompagnent le rationalisme fasciste de Borgo Hermada, une poignée d’habitations dans les campagnes de Terracina. En réalité, en comptant les personnes en situation irrégulière, le nombre augmente de manière décisive: 30 mille, peut-être même plus. Le syndicat Flai Cgil a même distribué quelques 40 mille blouses réfléchissantes aux travailleurs qui se déplacent en bicyclette, pour essayer de limiter les nombreux accidents de la route dans lesquels ils sont impliqués, surtout l’hiver, sur les routes de campagnes mal éclairées.


Omizzolo a mis des années pour conquérir la confiance de la communauté: il est allé avec eux dans les champs et il a accompli le parcours migratoire inverse, de l’Italie au Pendjab, où il a rencontré les familles d’origine et renoué les fils de la diaspora. Il a recueilli les histoires d’exploitation et, avec le dossier de l’association In migra­zione, il dénonce le fait que «pour survivre aux rythmes exténuants et augmenter la production des patrons italiens» les travailleurs sikhs «sont littéralement obligés de se doper avec des stupéfiants et des antidouleurs qui inhibent la sensation de fatigue». Il s’agit, explique-t-il, d’«une forme de dopage vécue dans la honte et pratiquée en cachette parce que contraire à leur religion et à leur culture, en plus d’être sévèrement combattue par la communauté».


«Et pourtant il s’agit de la seule manière de survivre aux rythmes de travail»: douze heures par jour à semer, défricher, cueillir, répandre des poisons. Pour quatre euros de l’heure, dans le meilleur des cas, souvent obligés de subir les torts, les vexations et brimades des employeurs, parfois non payés pendant des mois comme cela se produit pour un groupe d’une trentaine de travailleurs-esclaves qui réclament un salaire qui ne vient pas depuis six mois. Une situation qui ressemble beaucoup à celle de Rosarno, de la Capitanata et d’autres lieux d’exploitation de la main d’œuvre agricole. Sauf qu’elle est plus taciturne, peu encline à la rébellion et moins visible: les sikhs ne vivent pas dans des bidonvilles ou dans des refuges de fortune et ils n’arrivent pas seuls comme beaucoup d’Africains qui débarquent à Lampedusa. Ils se marient entre eux -même si, m’explique Omizzolo, on commence à enregistrer les premiers cas de mariage mixte, en général entre des hommes sikhs et des femmes roumaines rencontrées au travail dans les champs -beaucoup sont ici désormais depuis trente ans et leurs enfants sont italiens. Les habitations sont bien tenues, bien que dans quarante mètres carrés s’entassent parfois jusqu’à six personnes, les jardins sont fleuris. Le dimanche dans le Gurdwara Singh Saba, une ancienne baraque agricole transformé en bâtiment religieux, c’est un triomphe de couleurs et dans les cuisines communes on fait à manger pour tous. Ils ont même un journal, le Punjab express, que je vois distribué devant une boutique à l’intérieur de laquelle un vieux portant turban attend paresseusement les rares visiteurs.


Dillon Singh est le chef de la communauté: il gère une épicerie qui vend aussi du prêt-à-porter, sur la place de Bellafarnia. C’est un politicien -en Inde, il a été très proche d’Indira Gandhi, la première ministre assassinée par deux gardes du corps sikhs en 1984- et ces derniers jours il est inquiet parce que le projet du nouveau centre religieux, par ailleurs affiché sur les vitrines du temple, est bloqué. Une question de permis et de projets d’urbanisme, mais surtout d’entraves bureaucratiques introduites par la droite qui dirige la municipalité. Il est préoccupé parce qu’il devra rendre compte à la communauté de l’utilisation des fonds qu’il a recueillis: «Nous avons rassemblé l’argent mais nous sommes bloqués. Si ça continue les gens recommenceront à envoyer leur argent au Pendjab au lieu d’investir leurs gains en Italie» observe-t-il désolé.


À la fin février, cachés parmi les cageots de fruits et légumes transportés par deux Indiens, les douaniers de Sabaudia ont trouvé 6 kilos de bulbes de pavot et 300 grammes d’amphétamines.

 

Trois kilos et demi supplémentaires ont été saisis dans le coffre d’une auto on a même découvert une petite plantation de pavot à opium à Terracina. Qui gère le busi­ness? «Les Italiens donnent la substance aux Indiens, qui à leur tour la vendent et donnent l’argent aux Italiens» explique K. Singh. Cela veut dire qu’au sommet du trafic il y aurait les employeurs qui confieraient le sale boulot aux caporaux, en leur remettant le «matos» pour qu’ils le vendent à leur tour aux esclaves des campagnes.


Dans quelques cas cependant, ce sont «les Italiens» qui gèrent directement la vente au détail. C’est ce que soutient H. Singh: «Je connais des gens qui utilisent cette substance. Ils l’achètent aux Italiens et ils l’utilisent quand ils travaillent ou bien ils la donnent à leurs amis. Ils la dissolvent dans l’eau chaude puis ils la boivent. On peut aussi la manger mais ça fait mal à l’estomac et à la gorge.» Il arrive même que certains travailleurs, ayant flairé le profit qu’ils peuvent faire à leur tour de ce commerce, revendent les drogues achetées. S. Singh raconte: «Quelques Indiens, surtout les jeunes qui travaillent dans les campagnes, les achètent pour ne pas ressentir les douleurs, mais ils en revendent aussi une partie. Comme ça ils se font un peu d’argent et en même temps ils ne se sentent pas fatigués le soir et ils peuvent sortir. D’où viennent ces substances? Certains les font venir d’Inde, d’autres les achètent aux Italiens.». Qui de cette façon gagnent deux fois, avec le deal et par l’exploitation du travail.


Article paru sur Il Manifesto, le 15 mai 2014. Traduit par Olivier Favier.


 

* 1  Contremaîtres chargés de l’embauche des travailleurs clandestins. 

 

 


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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 08:08


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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Comme en Allemagne, en Italie, les trois principaux syndicats de salariés (CGIL, CISL, UIL) concordent avec le patronat italien (la Confindustria) pour une restriction gravissime du droit de grève, au nom de la représentativité.

 

Le « Texte unique sur la représentativité » signé par les syndicats et le patronat le 10 janvier 2014 constitue un coup de force limitant l'action des syndicats de lutte, restreignant le droit de grève, favorisant l'arbitraire patronal dans l'entreprise.

 

Ce texte constitue la concrétisation juridique des accords de principe déjà conclus le 28 juin 2011 (« Accord sur la représentativité ») et du 31 mai 2013 (« Protocole d'entente »).


Il s'inscrit plus largement dans la voie entreprise depuis l'accord tripartite de 1993 entre gouvernement, patronat et les syndicats : le passage de rapports sociaux conflictuels à une logique de co-gestion.

 

La généralisation du « modèle FIAT » de casse du syndicalisme de classe

 

Comme nous l’annoncions en 2010-2011, l'offensive lancée alors par le PDG de Fiat contre les syndicalistes de la FIOM (branche métallurgiste autonome de la CGIL) dans ses sites napolitain de Pomigliano et turinois de Mirafiori était un prélude à une attaque généralisée contre les syndicats

 

Sergio Marchionne, PDG de Fiat, avait alors fait adopter dans ses entreprises un plan d'intensification de l'exploitation – réduction des pauses, système en 3-8 7 jour sur 7, 24 h sur 24, chronométrage informatisé, suppression du droit aux allocations-maladie – sous menace de fermeture des sites industriels.

 

En violation des conventions collectives, Marchionne avait fait passer son accord d'entreprise, arguant du soutien des syndicats « représentatifs », en fait les branches métallurgistes des syndicats réformistes CISL et UIL, ajoutés à deux syndicats maison.

 

Cette pratique d' « accord séparé » s'était accompagnée chez le PDG de Fiat d'une dénonciation de l'attitude du syndicat de classe de la FIOM, excluant arbitrairement les syndicalistes de toute représentation dans l'entreprise. Le motif avancé était le non-respect du cadre décidé par les « partenaires sociaux » dans l'entreprise.

 

En 2014, c'est la victoire du PDG de Fiat, la généralisation du « modèle Fiat » à toute l'Italie avec la complicité non seulement de la CISL, de l'UIL mais aussi de la CGIL, héritière d'un syndicalisme de lutte en déshérence en Italie.

 

L'accord du 10 janvier : une remise en cause inédite du droit de grève

 

Concrètement, que contient l'accord du 10 janvier ?

 

1 – d'abord, l'acceptation de cet « Accord anti-grève » comme condition à la présentation aux élections d'entreprise : les syndicats qui « acceptent expressément, officiellement, intégralement le contenu de cet accord » seuls peuvent participer aux élections dans les entreprises à la RSU. Tout syndicat de lutte qui refuse cet accord perd toute représentativité dans les entreprises ;

 

2 – un droit à la négociation collective réservé aux syndicats dits représentatifs : en effet seuls les syndicats qui dépassent le seuil de représentativité de 5 %, prenant la moyenne du nombre d'adhérents homologués et des résultats des élections d'entreprise dans les RSU (Représentation syndicale unitaire), peuvent participer aux négociations portant sur les conventions collectives.

 

Or, puisque les syndicats de lutte refusant cet accord ignominieux sont exclus des élections d'entreprise, ils le sont tout autant des négociations sur les conventions collectives.

 

3 – la signature d'accord de branche, d'entreprise par les « syndicats représentatifs » :

 

Le patronat peut ainsi imposer un accord si il dispose du soutien des syndicats représentant 51 % des salariés. Les syndicats tentent de présenter cette disposition comme une avancée, prétendant que cela limiterait les « accords séparés » conclus avec les syndicats maison ou minoritaires.

 

Or, le précédent de FIAT, la signature des trois syndicats majoritaires à cet Accord avec la Confindustria révèlent que cet Accord ouvre la voie à la multiplication d'Accords de branche, puis d'entreprise soumis aux diktats patronaux, au nom de la « compétitivité et de l'emploi ».

 

Si les syndicats majoritaires avancent le fait que le consentement des travailleurs sera nécessaire à l'adoption des conventions collectives, encore une fois l'exemple de FIAT nous montre qu'il est aisé au patron d'exclure les syndicats de lutte de la représentation, de contraindre les travailleurs à signer un accord défavorable le couteau sous le gorge.

 

4 – La limitation du droit de grève, les sanctions contre les forces ne respectant pas l'accord : c'est le point central du « Texte unique sur la représentativité ».

 

Les organisations syndicales, une fois adopté la nouvelle Convention, doivent « s'abstenir de tout conflit de quelque nature que ce soit, qui conduirait à compromettre le fonctionnement normal des processus de négociation prévus par l'accord inter-confédéral ainsi que par les conventions collectives en vigueur ».

 

Cette mise en garde s'accompagne de menaces de sanctions plus claires visant les simples salariés mais aussi les délégués du personnel. Selon le Texte, ces sanctions seront stipulées dans chacune des conventions collectives.

 

En cas de litige – on pense naturellement au conflit qui a opposé le patronat à la FIOM chez FIAT – est prévue une commission d'arbitrage composée de trois représentants syndicaux (CGIL, UIL, CISL), trois représentants du patronat et un « expert » supposé indépendant.

 

De quoi ne laisser aucune illusion aux syndicats de lutte cherchant la voie de l'arbitrage : ils seront jugés par le patronat et ses syndicats complices.

 

5 – Renforcement des Accords d'entreprise sur les Accords nationaux :

 

le Texte unique prévoit d'une part la possibilité d'Accords d'entreprise qui constitueraient des « ententes modificatrices » des réglementations contenues par les conventions collectives de branche, dans les limites prévues par celles-ci.

 

D'autre part, il laisse ouverte la conclusion de « dérogations » aux conventions collectives portant notamment sur la durée du temps de travail, les conditions de travail.

 

La CGIL complice … colère chez les syndicalistes de classe

 

Que cet accord constituant une remise en cause historique du droit de grève en Italie ait été signé par l'UIL et la CISL n'est pas une surprise.

 

Ces deux syndicats réformistes, de collaboration de classe ont été dès leur fondation en pleine guerre froide – le premier sous hégémonie socialiste, le second chrétien – les forces d'appoint du capitalisme italien pour rogner sur les droits gagnés dans la Résistance au fascisme.

 

Pour la CGIL, hélas ce n'est plus une surprise. L'ancien syndicat proche du Parti communiste, hier expression d'un syndicalisme de lutte – révolu précocement, depuis sans doute plusieurs décennies – n'en finit plus de glisser dans les abîmes de la concertation sociale.

 

L'adhésion à la CES (Confédération européenne des syndicats) – où on retrouve une majorité de syndicats socialistes-réformistes, chrétiens, libéraux – en 1974, une première pour un syndicat issu du monde communiste, a marqué une date charnière dans cette conversion à l'idéologie patronale.

 

On se souvient que la secrétaire-générale de la CGIL, Susanna Camusso, avait salué l'avènement au pouvoir de Mario Monti en 2011, elle a affiché des prédispositions au dialogue avec Enrico Letta en 2013 et a encore manifesté ses espérances après la nomination de Matteo Renzi en 2014.

 

Loin de discours de circonstance, Camusso ne cesse de pointer la nécessité de « réformes structurelles ». Un discours étrangement convergent avec celui du numéro 1 du patronat italien, Giorgio Squinzi.

 

En juillet 2012, Squinzi et Camusso avaient même fait le tour de force de se trouver d'accord sur tout – la défense de l'Union européenne, du gouvernement Monti, de la réforme des retraites, des coupes dans les dépenses, la flexibilisation du travail – lors de rencontres organisées par la CGIL !

 

En septembre 2013, la CGIL avait déjà signé un texte commun avec la CISL, l'UIL mais aussi la Confindunstriapour demander une « Loi de stabilité pour l'emploi et la croissance ».

 

Dans ce document est posée comme valeur la « stabilité », la « gouvernabilité », le respect des « orientations de l'UE »,comme leitmotiv : « la réduction des charges fiscales sur le travail et les entreprises ».

 

Et l'annonce de l'arrivée au pouvoir de Renzi a poussé Camusso a salué l'esprit d'entreprise du leader libéral de gauche : « « On espérait une plus grande ambition (sic) (…) il ne suffit pas de dire que la libre initiative du marché des entreprises, peut-être avec quelques incitatifs, favorisera la relance. Ce sont des choses utiles, toutes, mais il faut des moyens pour créer des emplois ».

 

Quand on sait que Renzi envisage les cadeaux fiscaux massifs pour les ente prises, la flexibilisation totale du travail, cela fait froid dans le dos !

 

L'acte de soumission de la CGIL, matérialisé dans cet accord du 10 janvier, Mme Camusso l'assume pleinement :

 

« la CGIL, la CISL, l'UIL et la Confindustria démontrent ainsi qu'ils savent se rénover, apporter transparence et règles démocratiques à leur propre initiative de négociation, de favoriser la participation des travailleurs, avec leurs votes pour les délégués, sur les accords ».

 

Cette capitulation de la CGIL a suscité des réactions d'indignation dans certains courants internes, attachés à la résurgence d'un syndicalisme de classe, notamment les courants « La CGIL que nous voulons » et le « Réseau du 28 avril », ainsi que d'anciens dirigeants de la FIOM.

 

Toutefois, Gianni Rinaldini et surtout Maurizio Landini – tous deux figures historiques de la FIOM – affichent une crédibilité limitée.

 

Ainsi, ce dernier a accueilli avec enthousiasme l'accord préalable du 31 mai 2013 – annonçant le « Texte unique sur la représentativité » du 10 janvier – avant de faire volte-face, à quelques semaines du congrès de la CGIL … alors que Landini avait accepté de signer la base commune avec Susanna Camusso, votée à 97 % par les adhérents de la CGIL en décembre 2013.

 

De son côté, un autre dirigeant historique de la FIOM, animateur du « Réseau du 28 Avril », Giorgio Cremaschi a dénoncé avec vigueur :

 

« ces dispositions qui violent les principes et le Statut de la CGIL, donc la signature de Susanna Camusso est illégitime, elle ne nous représente pas et pour nous n'a aucune valeur. Nous désobéirons et combattrons cet accord pour la défense des libertés syndicales et de celles des travailleurs ».

 

Dans le même temps, l'USB (Union syndicale de base), le syndicat de lutte qui monte – confédération de syndicats de base, comptant 600 000 adhérents, qui a adhéré à la FSM l'an passé – a également condamné cet accord dont il devrait être le premier pénalisé :

 

« l'USB va lancer une campagne pour défendre la démocratie et le droit de grève. Ce sera une mobilisation dure et longue contre un accord qui acte des règles démocratiques, remet en cause le droit de grève, pour permettre aux entreprises de développer sans troubles leur politique.

 

L'USB va inviter les travailleurs à abandonner immédiatement la Cgil, la Cisl, l'Uil e l'Ugl pour construire ensemble une véritable, crédible et indépendante alternative syndicale ».

 

L'exemple italien, comme celui allemand, est instructif du danger du concept de « représentativité syndicale » comme instrument d'intégration des syndicats de lutte à une logique de collaboration de classe. La signature de l'Accord sur la représentativité syndicale en 2008 en France doit nous faire réfléchir – dans des contextes nationaux très différents – sur ce processus.

 

En tout cas en Italie, il existe des syndicalistes sur des positions de classe prêts à menacer la résistance face à cet « Accord anti-grève » : c'est à eux que doit aller notre soutien !

 

Voir les textes précédents :

 

Sur l'Allemagne : En Allemagne, remise en cause du droit de grève au nom de l’ « unité » et de la « représentativité » syndicale

 

Sur l'attaque de la FIAT en 2010-2011 : Chantage du patron de FIAT à l'usine de Pomigliano: alignement sur les conditions de travail des ouvriers polonais ou fermeture de l'usine

Remise en cause historique des droits syndicaux par le patron de FIAT à Mirafiori-Turin: le syndicat des métallurgistes FIOM crie au « néo-corporatisme » et appelle à la grève le 28 janvier

 

Sur les positions récentes de la CGIL : En Italie, la gauche parlementaire et les « partenaires sociaux », CGIL en tête, jouent l'opposition de façade au plan d'austérité concocté par Mario Monti

Nouveau coup d’État patronal et européen en Italie derrière un Berlusconi de gauche, Renzi, soutenu par les syndicats !


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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 11:40

matteo-renzi-europa-flag

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

L'Italie, stade suprême de dégénérescence anti-démocratique de l'Europe du capital. On croyait avoir tout vu, vingt-trois après la tragédie de la liquidation du Parti communiste italien. Est-ce le châtiment ? Non. L'expiation est encore longue.

 

Il y a trois mois nous annoncions que Matteo Renzi serait sans doute le futur Premier Ministre – avec pleine complaisance médiatique, confiance des milieux patronaux – mais on reste surpris par le mépris affiché par la classe politique italienne pour la démocratie bourgeoise.

 

Le démocrate-chrétien Renzi est le quatrième chef de gouvernement non-élu en trois ans : Mario Monti, Enrico Letta parachutés par la Commission européenne, soutenus par l' « Union sacrée » entre droite berlusconienne et gauche démocrate-libérale.

 

Cette fois, on atteint un nouveau cap. Renzi a proposé à la direction de son parti, le PD (ex-Parti communiste) un changement à la tête de l'exécutif, voté à la quasi-unanimité, avant de s'entendre avec Berlusconi pour obtenir le soutien de la droite et le coup d’État parlementaire est acté.

 

Le démocrate-chrétien européiste Enrico Letta est contraint, le couteau sous la gorge, humilié, à démissionner pour céder la place au démocrate-chrétien européiste Renzi. Comme le démocrate-chrétien européiste Monti avant lui. Que de changement décidément en Italie !

 

Les analystes analysent, se demandent qui se cache derrière ce coup d'Etat : les « guelfes » américains, les « gibelins » allemands. Que l'avenir de l'Italie se décide pour partie ailleurs qu'à Rome, c'est pas une découverte. Qu'il se décide sans le peuple italien, c'est une évidence.

 

Car le patronat italien est le premier responsable de ce coup d'Etat. Comme disait le politicien socialiste corrompu Bettino Craxi, si vous voulez savoir où va l'Italie, lisez le Corriere della Sera, le journal patronal milanais. Celui-ci a publié deux bombes, juste avant le coup d'Etat du 13 février.

 

D'abord, le 10 février, des extraits d'un livre du journaliste américain Alan Friedman qui révèle le complot anti-démocratique qui a conduit Mario Monti au pouvoir en 2011 : y sont impliqués le président Giorgio Napoletano, le banquier Corrado Passera (futur ministre de l'Economie) et le responsable de la BCE Mario Draghi. Un scandale connu de tous mais qui n'a pas fini d'éclater.

 

Ensuite, le 12 février. Un entretien avec Matteo Renzi où celui-ci parle de la « nécessité de courir » dans les réformes et évoque son plan pour l'Italie, son projet de « réformes structurelles », ses remerciements pour Letta, encore Président du Conseil … pour une dernière journée !

 

Matteo Renzi s'était fait connaître en Italie pour être le premier pour le « Mariage pour tous », qu'il a remisé depuis en « union libre ». Lui est avant tout pour l' « union libre » entre patronat, milieux européens, syndicats contre les droits démocratiques et sociaux des travailleurs italiens !

 

Mariage avec Berlusconi et l'Union européenne pour liquider ce qu'il reste de la démocratie et de l'unité italiennes !

 

Depuis le début de l'année 2011, la seule obsession des milieux financiers européens, des dirigeants de l'Union européenne, c'est l'instabilité, l'ingouvernabilité de l'Italie imputées aux mauvais bougres Berlusconi et Grillo. C'était le message transmis par Olli Rehn, commissaire à l'économie, et Mario Draghi en septembre 2013, à la publication des comptes publics italiens.

 

Tant les populismes aux relents fascisants de Berlusconi et Grillo que les manœuvres « putschistes » des centristes du PD et du PdL, avec le soutien de l'UE, ont contribué à discréditer la mascarade de la démocratie italienne. L' « Union sacrée » contre la démocratie, depuis 2011, l'a achevée.

 

La première mission de Renzi est de mettre fin à cette instabilité par une réforme électorale déjà négociée avec Berlusconi.

 

De fait, le passage de la proportionnelle à un système majoritaire : prime majoritaire si une force dépasse les 35 % au premier tour, seuil minimal entre 5 et 8 %, passage de 26 à 120 circonscriptions, un coup d'Etat dans le coup d'Etat qui va installer un bi-polarisme consensuel en Italie.

 

Seconde mission, réaliser la réforme de l'organisation de l’État : nouvelle vague de régionalisation et métropolisation. Cela va passer notamment par la suppression du Sénat (!), remplacé par une Chambre des grands maires et des présidents de région. Une vraie « Chambre des pairs » féodale !

 

Le gouvernement Renzi va poursuivre l’œuvre de Monti en supprimant les « provinces » (l'équivalent de nos départements) : vers l'Europe des métropoles, des super-régions, la casse du cadre national, Renzi en soldat zélé de l'Europe des régions voulue par le capital !

 

Mariage avec le patronat italien (et les milieux d'affaires euro-américains) pour réaliser les « réformes structurelles » !

 

Cela fait plusieurs années que le publicitaire de formation Renzi, maire de la ville des banquiers, Florence, assure sa promotion : l'Obama italien porte comme le disait Berlusconi « nos idées (celle du patronat) sous la bannière du PD ».

 

Appuyé par la Fondation patronale Big Bang, épaulé par les économistes libéraux de la Bocconi (la Dauphine italienne) comme Luigi Zingales, Renzi a élaboré le programme patronal, inspiré du blairisme : baisse des cotisations patronales et exonération fiscale, libéralisation du marché du travail et précarisation intégrale, coupes dans les dépenses publiques.

 

Il faut se souvenir de sa position en 2011 quand le patron de la FIAT lançait une attaque sans précédent contre les conditions de travail des ouvriers de Pomigliano (Napmes) et Mirafiori (Turin), actée par référendum interne, à l'exclusion de la FIOM, le syndicat de classe : Renzi avait dit alors qu'il aurait voté « sans hésitation » pour le PDG de la Fiat s'il avait été ouvrier (sic).

 

Car Renzi est né dans le monde patronal. Fils de Tiziano Renzi, ex-député démocrate-chrétien, entrepreneur qui contrôle la majorité de la distribution des journaux, de la publicité dans la région, à la tête d'un conglomérat financier et immobilier avec le groupe Baldassani-Tognozzi-Pontello.

 

Ami des patrons, Renzi l'est déjà à Florence, y compris chez les familles patriciennes historiques : les Frescobaldi (vins, patriciens), les Fratini (immobilier), les Folonari (vins), les Bini Smaghi (dont le dernier Lorenzo a été conseiller de la BCE puis nommé par Renzi président d'une Fondation!).

 

Des relations nouées surtout dans le milieu de l'immobilier et des médias : avec le groupe Poli (immobilier, médias, propriétaire de chaînes locales), l'éditeur Mario Curia (président du MEDEF local), Bassilichi (sous-traitant), les promoteurs Bacci et Bartaloni.

 

Pas étonnant qu'en dix ans passées à Florence, un culte de la personnalité ait été entretenu par la presse locale puis nationale : ceux qui tiennent les médias sont souvent les mêmes qui ont profité de sa politique de grands travaux, de sa casse des services municipalisés !

 

Un patronat local qui a fait sa publicité au niveau national, par l'entremise également de l'entrepreneur immobilier Marco Carrai et de l'homme d'affaires Davide Serra, les deux proches des milieux financiers anglais et américains, qui ont construit son image de « Tony Blair » et « Obama » italien.

 

Parmi les patrons italiens « de gauche » (sic) qui ont soutenu publiquement Renzi : les patrons de Tod's, Olivetti, Vodafone, Prada, Unicredit, de Agostini (édition), Generali, Gucci.

 

Comme le disait le banquier d'affaires Guido Roberto Vitale : « Renzi parle comme quelqu'un de la gauche moderne, civilisée, qui ne diabolise pas le capitalisme et n'a pas lu Marx » (re-sic).

 

Quels que soient ses réseaux, Renzi a déjà bénéficié de l'adoubement du président de la CONFINDUNSTRIA(MEDEF italien) Giorgio Squinzi qui avait déclaré en juin 2012 : « Si je pouvais, je voterais pour lui » !

 

Plus récemment, il a affirmé son accord avec les propositions pour le « marché du travail » de Renzi en décembre 2013. Les deux se sont rencontrés le 6 février dernier à une rencontre sur les « métropoles » à Florence.

 

Le jour même Squinzi lance un ultimatum à Letta : « Si le 19 février, il n'a rien à proposer aux industriels, alors nous nous tournerons vers le Président pour former un nouveau gouvernement ». Une semaine après, Letta tombe, Renzi le remplace. Sic transit gloria mundi.

 

Mais alors quels sont ces réformes promises au patronat italien tant attendu ? Comme si Monti n'avait pas déjà tout donné (hausse de la TVA, suppression de postes de fonctionnaires, réforme des retraites, flexibilisation du travail). Mais les patrons ont toujours soif.

 

Le cadeau numéro 1, c'est un plan de cadeaux fiscaux d'une ampleur inédite, au nom de la « baisse du coût du travail » et de la « restauration de la compétitivité ». Il a promis déjà une baisse de 10 % de la taxe professionnelle.

 

Mais surtout, Renzi a annoncé une baisse drastique des cotisations sociales patronales et de nouvelles exonérations pour les « entreprises qui embauchent », les opposant à celles qui soi-disant privilégient la finance.

 

Suivons Renzi dans le Corriere : « Bon, les revenus financiers sont taxés à 20 %, le travail pratiquement 50 % : on rééquilibre ? ». Nul besoin de dire dans quel sens, si on suit Renzi, c'est la casse des cotisations sociales patronales, des cadeaux de plusieurs dizaines de milliards en perspective !

 

On voit tout le danger, soit dit en passant, du discours trompeur opposant entreprises « industrielles » et « financières » – ce sont les mêmes depuis 150 ans –, des propos dangereux sur la « modulation des cotisations sociales », sur la « taxation de la finance plutôt que de travail » : cela sert à des blairistes comme Renzi pour casser la cotisation sociale, gaver le patronat !

 

Le cadeau numéro 2, c'est le plan de casse intégrale du Code du Travail.

 

Inspiré par les réformes de Clinton aux Etats-unis, Blair en Grande-Bretagne, Schroder en Allemagne, Renzi propose d'instaurer un « Revenu minimum universel » (RMI italien) et de supprimer les allocations-chômage après le premier refus d'une offre d'emploi, avec obligation de suivre un cursus de formation professionnelle (une adaptation de la flexsécurité nordique).

 

Renzi propose également un « Contrat unique d'insertion » pour toute nouvelle embauche, un CDI de façade avec une période d'essai de trois ans laissant une facilité totale de licenciement, en contradiction avec le sacro-saint article 18 de la Constitution interdisant les licenciements non-motivés ! C'est la version italienne du CPE français refusé en 2006.

 

« Union libre » avec les syndicats pour faire passer un plan de casse du code du travail !

 

Une attaque sans précédent contre le Code du travail, des cadeaux monstres pour les entreprises, une liquidation de la démocratie née de la résistance : que font les syndicats ?

 

Sans surprise, les syndicats jaunes CISL et l'UIL signent. Raffaele Bonnani, secrétaire-général de la CISL : « On est favorables. La flexibilité nous convient, si elle est mieux payée. L'idée d'avoir un contrat unique nous plaît aussi, si cela permet d'éliminer les contrats bidons ».

 

On attendrait de la CGIL, le syndicat historiquement proche du Parti communiste, une condamnation ferme et sans équivoque. C'est peine perdue. Voici la position de la secrétaire-générale Susanna Camusso :

 

« On espérait une plus grande ambition (sic) », mais elle salue le revenu minimum, le contrat unique d'insertion et ajoute :« Il ne suffit pas de dire que la libre initiative du marché des entreprises, peut-être avec quelques incitatifs, favorisera la relance. Ce sont des choses utiles, toutes, mais il faut des moyens pour créer des emplois ».

 

Oui, vous avez bien entendu : la secrétaire de la CGIL qui se félicite de la casse du Code du travail, des cadeaux aux patrons comme seule issue à la crise mais reproche que cela n'aille pas assez loin. Étonnant ? Hélas non.

 

On se rappelle qu'en juillet 2012 lors des « Rencontres de la CGIL » Susanna Camusso et Giorgio Squinzi (président de la CONFINDUNSTRIA) étaient tombés d'accord sur tout ou presque : coupes dans les dépenses publiques, réforme des retraites, réforme du code du travail, intégration européenne !

 

En septembre 2013, la CGIL a signé un texte commun avec la CISL, l'UIL mais aussi la Confindunstria pour demander une « Loi de stabilité pour l'emploi et la croissance ».

 

Dans ce document édifiant, est posée comme valeur première la « stabilité », la « gouvernabilité », le respect des « orientations de l'UE », comme leitmotiv : « la réduction des charges fiscales sur le travail et les entreprises ».

 

Parmi les réformes avancées alors par les syndicats : réduire les cotisations sociales, la part travail de la taxe professionnelle, aides publiques aux projets innovants, métropolisation, régionalisation et contrôle des dépenses publiques.Un programme aujourd'hui fait sien par Renzi !

 

Gravissime la façon dont la CGIL identifie les intérêts du « travail » avec ceux des « entreprises » (capital). Quand Camusso se félicite que Renzi « mette au centre les préoccupations du travail », il faut comprendre les entreprises bien sûr.

 

Où est la gauche … elle achève le divorce avec les classes populaires, légitime la casse de la démocratie dans le cadre national !

 

Les travailleurs italiens saignés, la démocratie italienne liquidée par les héritiers de l'ancien Parti communiste.Que fait la gauche ? Que font les héritiers « vivants » du PCI ?

 

C'est là que la tragédie italienne devient farce. Refondation communiste met toute son énergie dans … les élections européennes.

 

La dernière idée issu du cerveau fécond de M.Paolo Ferrero, secrétaire de Refondation : ne pas présenter une tête de liste communiste italienne mais … Alexis Tsipras, le leader de SYRIZA grec, imposé par le PGE comme candidat supra-national à la Commission européenne.

 

Nul besoin de re-présenter Tsipras – ses positions franchement keynésiennes, son adhésion au projet européen, ses propositions de collaboration aux dirigeants de l'UE, sa lutte contre le Parti communiste en Grèce – on le connaît trop bien.

 

C'est sur le principe même que le bât blesse, comme le souligne le Parti des communistes italiens (PdCI). Au moment où l'Union européenne méprise jusqu'à la démocratie italienne, les droits sociaux conquis dans le cadre national :

 

comment oser faire acte d'allégeance à l'UE avec cette « liste Tsipras », en portant la candidature supra-nationale d'un européiste à l'institution la plus anti-démocratique de cette UE des monopoles ?

 

Nul doute que le divorce sans cesse consommé entre Refondation – en pleine dérive droitière depuis une quinzaine d'années – et les classes populaires en Italie va continuer à s'accélérer.

 

 

Le ridicule ne tue pas pour Refondation, le PGE. Hélas, le plan d'austérité concocté par Renzi avec les milieux patronaux italiens, européens, co-signé par les syndicats, oui. Il va assassiner la démocratie sociale italienne, les miettes de ce qu'il en reste depuis la liquidation du PCI.

 


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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 07:25

http://idata.over-blog.com/0/54/47/14/Italie/italia_vendita.gif

 

 

 

Le 9 janvier , le gouvernement Letta a précisé les modalités de sa campagne de privatisations. Suivant les directives de Bruxelles et s’inspirant des exemples allemand et britannique, le gouvernement commencera par la poste, Poste Italiane, joyau des entreprises publiques avec un chiffre d’affaires consolidé de 24 milliards d’euros. La privatisation commencera par l’ouverture du capital à hauteur de 40% sans pour l’instant séparer les branches d’activité comme la branche d’assurance vie et la filiale de service financiers qui représentent maintenant plus de deux tiers des revenus de la Poste.


Ce n’est que le début. L’ Etat a décidé d’engage un "paquet de privatisations"  où il prévoit d’abandonner une partie de son capital dans les entreprises suivantes : la Sace, l’équivalent italien de la Coface qui gère pour le compte de l’Etat et avec sa garantie tout une gamme d’assurances destinées à favoriser les exportations du pays, Grandi Stazioni, la société de gestion des gares, la société de contrôle aérien ENAV, les chantiers navals Fincantieri, le groupe pétrolier et gazier ENI. L ’Etat exclut, pour l’instant, de privatiser l’industrie de la défense et l’aérospatiale (Finmecanica) ainsi que le réseau de distribution de l’électricité (ENEL).


Le gouvernement Letta attend 12 milliards d’euros de ses cessions de participation publique en 2014. Ils seront affectés pour moitié à la réduction du déficit budgétaire et pour l’autre moitié au paiement des intérêts de  la dette de 2 000 milliards d’euros en 2013, soit 133 % du PIB, la deuxième dette la plus élevée des Etats de l’Union européenne après la Grèce.

 

 

 

 

 

 

 

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 07:32

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                         Gare de Turin 

 

 

9 décembre 2013 


Des milliers d’agriculteurs, de camionneurs et de chômeurs ont protesté dans les grandes villes d’Italie contre les effets de l’austérité, en perturbant le trafic routier et ferroviaire.


Ces manifestants se revendiquent du mouvement des “Forconi” (les fourches ), lancé par des agriculteurs de Sicile pour réclamer des aides gouvernementales. Il s’est étendu à d’autres régions et à d’autres catégories sociales.


“Nous devons retrouver notre dignité. Cela veut dire du travail, une protection sociale et des droits. Jusqu‘à présent nous n’avons eu que des devoirs,” expliquait une manifestante à Turin.


Turin, où après une confrontation tendue, certains policiers* se sont finalement joints aux manifestants devant le siège du Conseil régional du Piémont.


De la mondialisation au prix des carburants, en passant par la pression fiscale, l’euro et l’Union européenne, les cibles du mouvement trouvent un large écho dans l’Italie en récession.

 

 

 

********


Manifestations prévues jusqu'à vendredi dans toute l Italie .

 http://shar.es/DPlLD

 

 

********


* "Les policiers se sont finalement joints aux manifestants devant le siège du Conseil régional du Piémont."

 

http://video.ilmessaggero.it/index.jsp?videoId=19309&sectionId=13&t=forconi-gli-agenti-si-tolgono-il-casco-tra-gli-applausi

 


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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 13:38

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Des mois que les travailleurs italiens attendaient un appel clair à la riposte contre la politique de casse sociale massive. Celui lancé par la confédération syndicale de classe USB, à une grève le 18 octobre suivie d'une manifestation dans les rues de Rome, a été massivement entendu.

 

L'ampleur de la mobilisation des 18 et 19 octobre a surpris. C'était la première riposte organisée, dans la rue, à la politique de casse sociale du « gouvernement de coalition » Parti démocrate/Parti des libertés gouverné par Enrico Letta, homme de Bruxelles et du capital financier en Italie.

 

Les médias ont préféré insister sur la manifestation bariolée du samedi. 70 000 manifestants, un cortège hétérogène – militants du droit au logement, de défense des immigrés, contre le projet de TGV Lyon-Turin, indignés – et les habituels débordements des agents provocateurs.

 

Cette manifestation d'indignation ne doit pourtant oublier la manifestation du vendredi où 50 000 manifestants avaient déjà occupé la place San Giovanni à Rome.

 

En tête de cortège, immigrés et réfugiés devenus des symboles après la tragédie de Lampedusa, mais aussi les travailleurs précaires, invisibles de la crise, ainsi que les ouvriers de plusieurs entreprises menacées par les plans sociaux.

 

Manifestation significative aussi car concluant une journée de grève massivement suivie, lancée par la seule USB (Union des syndicats de base), confédération de syndicats de lutte refusant la voie de la concertation sociale suivie par la « troika » syndicale (CGIL, UIL, CISL)

 

Une grève du 18 octobre massivement suivie : les transports paralysés dans toute l'Italie

 

Seul contre tous, face au « front commun syndical » de la collaboration sociale, l'USB, qui a adhéré l'an dernier à la Fédération syndicale mondiale avec ses 250 000 adhérents, a réussi son pari.

 

Le mouvement a connu une forte adhésion dans les services publics – en particulier la santé, l'éducation, les collectivités territoriales –, ainsi que les grandes entreprises menacées par des plans sociaux : la FIAT (automobile), l'ILVA (sidérurgie), SIGMA Tau (industrie pharmaceutique), Telecom Italia ou encore d'Alitalia.

 

Toutefois, c'est dans les transports, bastion de l'USB, que l'adhésion a été la plus spectaculaire,paralysant les réseaux de transports urbains (bus, métro, train de banlieue) des grandes villes du nord, de la capitale et des anciennes villes rouge du centre.

 

Ainsi, à Rome, la grève a paralysé 65 % du réseau de bus et des trains de banlieue. A Milan, le métro a été totalement fermé tandis que 75 % des bus sont restés dans les dépôts.

 

Ailleurs, les taux de grévistes dans les transports sont significatifs : dans le Sud, 40 % en Calabre, 70% en Sicile (bus régionaux) ont été paralysés ; dans le Nord, ce fut le cas de 70 % des transports à Turin, 70 % pour le transport maritime et 80 % pour le transport routier à Venise.

 

Enfin dans le Centre, en Emilie-Romagne, 95 % du fret a été interrompu et 75 % du transport de passagers annulé, tandis que ville par ville : on passe de 45 % à Livourne, 65 % à Ferrara, 80 % à Bologne, 90 % à Terni et jusqu'à 100% dans la ville de Pise.

 

Le syndicaliste Pierpaolo Leonardi, de l'exécutif de l'USB a insisté sur l'importance de ce mouvement de grève :

 

« Cette manifestation nous montre qu'il existe une alternative syndicale. Sur les lieux de travail, la CGIL, la CISL, l'UIL construisent la résignation, arrivant même à organiser des manifestations de soutien au gouvernement Letta en crise.

 

Un gouvernement qui, avec la « loi de stabilité » maintient inchangée l'actuelle distribution inégale des richesses, et poursuit avec cette politique de casse sociale sous la dictature de l'UE et de la troika. Mais le monde du travail ne se fait pas duper et ne plie pas ».

 

Un pas de plus dans l'offensive de classe avec le Parti démocrate et la droite ... contre Berlusconi et Grillo !

 

Effectivement, la « loi de stabilité » – ou loi des finances – 2014, adoptée par le gouvernement de coalition Parti démocrate/Parti des libertés d'Enrico Letta passe un cap dans l'offensive de classe.

 

D'une part, des cadeaux aux entreprises sans précédent, avec 5 milliards d'exonérations de cotisations sociales patronales au nom de la diminution du « coin fiscal », autrement dit de la diminution du coût du travail pour les entreprises.

 

De l'autre, une augmentation du fardeau fiscal pour le commun des Italiens : augmentation de la TVA de 21 à 22 % et hausse des impôts locaux ayant trait au ramassage des déchets et à la taxe foncière.

 

Dans le même temps, la casse du secteur public continue. Outre les coupes massives sur la santé de 1 milliard sur deux ans, une nouvelle vague de privatisations est prévue à l'horizon 2015 visant notamment les services publics municipaux : ramassage des déchets, transports.

 

Enrico Letta, lui le démocrate-chrétien de gauche, européen jusqu'au bout des ongles, appointé par l'Union européenne et le FMI – comme Prodi et Monti avant lui – se présente comme un chantre de la rigueur, négociant âprement le moindre mal avec Bruxelles.

 

Dans la mise en scène, Letta peut compter sur l'appui total du Parti démocrate (PD), au centre-gauche qui insiste sur le fait qu'il « n'y a pas d'alternative » et qu'il faut « faire barrage au populisme »(entendre l'opposition à l'austérité et l'UE incarnée par Grillo, Berlusconi, la Ligue).

 

Cela n'empêche pas, avant les primaires du 8 décembre, les caciques du PD de tirer dans le dos de l'impopulaire Letta.

 

Parmi les deux principaux candidats, l'ultra-libéral maire de Florence Matteo Renzi joue théâtralement un rôle d'opposant – reprochant à Letta son manque de fermeté dans l'austérité! – tandis que l'ex-apparatchik du PCI Giuseppe Civati soutient sans conditions Letta.

 

A droite, autre mise en scène, la majorité des élus du Parti des libertés (PdL) a voté la confiance à Letta, derrière le droitier Angelino Alfano, secrétaire du PDL, ministre de l'Intérieur.

 

Alfano incarne la « nouvelle droite », tout aussi ultra-libérale, pro-patronale, sécuritaire que celle du père Berlusconi. Le populisme à tout crin, anti-européen et anti-establishment, en moins. De quoi rassurer la Confindustria (MEDEF) et Bruxelles

 

Et comble de l'ironie, c'est à Silvio Berlusconi que revient la mission, avec des calculs politiciens et personnels patents, d'incarner l'opposition « sociale » (sic), populiste au gouvernement, notamment sur l'augmentation des impôts pour les plus pauvres, d'abord la TVA.

 

Cela n'a pas empêché Berlusconi finalement d'appeler à voter la confiance à Letta, qui obtient 235 voix pour et 70 contre. Qui a voté contre alors ?

 

D'abord, la « Ligue du nord », la formation d'extrême-droite régionaliste. Et ensuite le « mouvement 5 étoiles » du populiste Beppe Grillo, présentée dans les médias comme le seul mouvement anti-système, fustigeant les coupes budgétaires … comme une fonction publique pléthorique.

 

Les dernières sorties médiatiques de Grillo ont semé encore la confusion. En appelant à « briser le tabou de l'immigration », avec des relents racistes, le comique troupier italien conduit à assimiler ses postures anti-européennes, anti-euro à des positions de plus en plus xénophobes.

 

Comme ailleurs en Europe, avec des formations plus nettement identifiées à l'extrême-droite, le mouvement de Grillo sert à la fois à canaliser la colère vers une impasse, à dévoyer des positions justes et à renforcer le consensus dominant par opposition.

 

… patronat et syndicats pour réduire encore le coût du travail pour les entreprises et réduire les dépenses publiques !

 

En Italie, l' « union sacrée » ne se limite pas aux forces politiques, elle implique pleinement syndicats et patronat, dans une logique de concertation sociale, sur des positions désormais ouvertement patronales.

 

Le 2 septembre dernier, la Confindustria (MEDEF italien) signait ainsi un texte commun avec les trois principaux syndicats : la CISL, l'UIL et la CGIL (l'ex-syndicat de classe, proche du PCI), sous le nom : « une loi de stabilité pour l'emploi et la croissance ».

 

Le document, édifiant, défend la nécessité de la réduction du coût du travail pour les entreprises comme moyen de restaurer la compétitivité, donc de relancer l'emploi et la croissance.

 

Le document parle d'un « système fiscal efficace, qui ne soit pas hostile à l'activité des entreprises, ne décourage pas les investisseurs », faisant le choix de « réduire les charges sociales pesant sur le travail et les entreprises ».

 

Il propose concrètement une longue liste d'exonérations de cotisations sociales pour les entreprises :

 

abolir la composante « travail » de l'impôt sur les sociétés (IRAP), crédits d'impôts pour les entreprises qui investissent dans la recherche, financement public de grands projets d'innovation, d'investissement à des fins privés. La liste est longue encore.

 

 

Enfin, ce texte insiste sur la nécessité de diminuer les dépenses publiques. D'abord, par une restructuration des collectivités territoriales, dans le sens de l'Europe des régions : suppression des provinces (l'équivalent de nos départements), regroupement des communes, métropolisation.

 

Ensuite, en instaurant un « spending review », une révision annuelle des dépenses permettant de réaliser des coupes budgétaires ciblées plutôt que linéaires.

 

Une révision basée elle-même sur les « costi standard », un niveau de dépenses publiques maximal sur lequel devront se baser les futures lois de finance.

 

Les syndicats, dont la CGIL, partagent pleinement l'optique patronale : réduire le coût du travail (donc impôts, cotisations sociales pour les entreprises), réduire les dépenses publiques (donc services sociaux, allocations), en partant du postulat que les entreprises créent les richesses, l'emploi et non les travailleurs.

 

On peut rappeler également que le secrétaire actuel du Parti démocrate, premier partisan de l'austérité n'est nul autre que … Guglielmo Epifani, ancien secrétaire-général de la CGIL. C'est comme si Bernard Thibault était demain secrétaire-général du Parti socialiste !

 

Vers une grève générale ? Les syndicats préfèrent un débrayage de 4 heures pour peser sur les parlementaires !

 

Dans un tel contexte de consensus entre tous les « partenaires sociaux », la grève lancée par l'USB vendredi dernier a mis un coup de pied dans la fourmilière. Elle a contraint les syndicats reconnus officiellement, depuis la loi sur la « représentativité » votée l'an dernier, à durcir leur position.

 

Pas un hasard si les directions des trois syndicats se sont réunis lundi pour adopter un appel à la grève … de 4 heures d'ici le 15 novembre, date de l'adoption de la « loi de stabilité » au parlement.

 

Pour la secrétaire-générale de la CGIL, pas d'appel à la grève générale : « Nous avons choisi de ne pas appeler à une grève générale parce que nous avons devant nous le temps du débat parlementaire et nous pensons que notre forme de mobilisation sera plus utile ».

 

Pour la CGIL, comme pour les autres syndicats de concertation, l'objectif est de peser sur les parlementaires pour obtenir des modifications, des amendements de la loi.

 

Comme le dit Luigi Angeletti, secrétaire de l'UIL, « nous mettrons sur le terrain toutes nos forces pour obtenir une modification de cette loi, à travers le débat parlementaire ».

 

Sur qui les syndicats espèrent peser ? Le seul parlementaire « démocrate » qui n'a pas voté la confiance en quittant la Chambre au moment du vote ? Sur les révoltés berlusconiens ? Sur les partisans de la « Ligue du nord » ? Ou sur les égarés du mouvement de Grillo ?

 

La ligne des syndicats italiens, de plus en plus ouvertement en collaboration avec le gouvernement, le patronat et l'UE dans la mise en œuvre ne fait pas illusion. Toutefois, le mouvement qui s'est levé avec la grève du 18 octobre laisse espoir qu'il existe effectivement une « alternative syndicale ». L' « alternative politique » est, elle, à construire ou à reconstruire.

 


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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 19:02

18 octobre 2013 

 

 

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Des milliers de personnes sont descendues vendredi dans les rues de Rome pour manifester contre les mesures d’austérité du gouvernement italien. Le trafic des transports urbains, les trains et les avions était perturbé par le mouvement social.


 

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L’Italie s’efforce de sortir de deux ans de récession qui ont fait croître le chômage, notamment des jeunes. Le parlement italien a entamé l’examen du budget pour l’an prochain, qui comporte de nouvelles coupes sociales.

 

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Des protestataires ont indiqué leur intention de camper durant la nuit sur une place de Rome avant une grande manifestation prévue pour samedi, faisant craindre aux autorités de possibles incidents.

 

 

 


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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 21:36

Euronews, 10 août 2013 


Les habitants de la petite ville sicilienne de Niscemi ne désarment pas. Quelques milliers d’entre eux ont pris d’assaut la base militaire américaine toute proche vendredi. Un petit nombre a même réussi à pénétrer à l’intérieur, et à se suspendre aux immenses paraboles du système satellite installé sur cette base.

 

 

 

Un choc frontal a eu lieu avec la police anti-émeutes. Un militaire italien a été blessé, et le procureur de la ville sicilienne de Caltagirone a ouvert une enquête. La base américaine abrite Muos, un nouveau système de télécommunications ultra-sophistiqué, mais dont les radiations, selon les habitants de Niscemi, menacent leur santé et l’environnement.

 


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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 00:59

27 mai 2013 

 

Traduction approximative 

 

Source :  La police italienne qui tentent de briser une réunion et l'opposition des étudiants contraints de fuir

 

Une réunion ordinaire des élèves se  passait  dans le  calme sur la place centrale de Bologne,  la police a demandé de ne pas utiliser le système de sonorisation et de dissoudre l'assemblée, ce que les élèves ont refusé.

 


 

 


http://lamanchaobrera.es/wp-content/uploads/2013/05/8857320811_7af0b1a993_c.jpgUn porte-parole assure que les étudiants "S'ils continuent à nier les droits ce n'est qu'une première étape."

Les coupures et d'ajuster les mesures imposées au peuple par les gouvernements et l'Union européenne dans le sud de l'Europe, sont hébergés par les classes populaires si impopulaire que le rejet. Le plan de Bologne et EU2015 sont des moyennes imposées EEES (enseignement supérieur européen) pour la pénétration des entreprises privées dans les universités publiques, qui implante des tarifs  et la possibilité de combiner travail et études. Cela a créé un malaise général dans la communauté éducative européenne.

 


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