L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
Il y a quelques semaines, le CAC40 passait le cap des 4 000 points,un niveau inconnu depuis près de deux ans. Le Dow Jones enchaîne les records, au-delà de 15 000 points. Quel contraste avec la crise actuelle, la persistance d’un fort taux de chômage et l’entrée en récession de la France début 2013, sachant que la zone euro devrait d’enregistrer son 7èmetrimestre consécutif de baisse de son PIB ! Jamais l’écart n’a semblé aussi grand entre le haut et le bas de l’échelle.
Comme je l’avais souligné il y a quelques jours, d’autres études confirment cette stupéfiante évolution. Aux Etats-Unis, le patrimoine des 7% les plus riches a progressé de 28% de 2009 à 2011, quand celui du reste de la population a diminué de 4% !
Cette explosion des inégalités pose un double problème, moral et économique. Moral, car,comme le disait Tocqueville : « préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous ». Il y avait des limites aux écarts de salaires entre les hommes qui ont volé en éclats depuis 30 ans. Comment de ne pas trouver indécent les écarts actuels ? La faute à la réduction de la progressivité de l’impôt (il y a 40 ans, le taux marginal d’imposition était de 70% aux Etats-Unis et en Grande Bretagne). Les tableaux d’Olivier Berruyer sur l’ampleur du phénomène aux Etats-Unis sont très parlants.
Ensuite, de manière plus froide, on peut argumenter que l’explosion des inégalités a un effet déstabilisateur sur l’économie tout entière. Ce n’est pas pour rien que les deux pics des cent dernières années ont été atteints en 1929 et en 2007. Galbraith explique bien dans son livrepar quels mécanismes les inégalités provoquent des bulles (augmentation de l’épargne disponible, donc de la demande d’actifs, puis des prix), analyse reprise par Joseph Stiglitz depuis.
Mais surtout, il y a quelque chose de profondément indécent à voir le secteur de la finance profiter de la sorte de la hausse des marchés alors qu’il ne doit sa survie qu’au soutien de l’Etat, et que le reste de la population souffre. Pire, les politiques austéritaires ne cessent de réduire le périmètre de l’Etat-providence, comme le montrent les manifestations contre la privatisation de la santé en Espagne, appauvrissant plus encore les moins riches qui sont de moins en moins protégés.
Pour avancer, une société a besoin d’avancer de concert, de faire en sorte que tout le monde en profite équitablement. Depuis quelques décennies, ce n’est plus le cas. De deux choses l’une, soit cela sera corrigé à la manière d’un Lula, soit de manière plus radicale, à la Chavez.