MONTRÉAL — Une marche en faveur de la gratuité au collégial et à l’université s’est mise en branle peu avant 15h00, mardi, au centre-ville de Montréal, après la fin du Sommet sur l’enseignement supérieur convoqué par le gouvernement Marois.
L’itinéraire n’ayant pas été remis aux autorités, la manifestation a été qualifiée d’illégale par le Service de police de la ville de Montréal (SPVM).
Je reviens de la rue, madame Marois. Là où, juste à un point de rupture de la foule des manifestants provoqué et forcé par les forces policières, un patibulaire agent de la paix m'a hurlé dans l'oreille « AVANCE » en appliquant, avec toute sa force, sa matraque sur mon avant-bras — que j'ai, heureusement pour moi, légèrement dodu. N'eut été de l'appui de ma camarade de marche, Céline, je tombais tête première sur le bitume. Nous avons tous et toutes continué à marcher. Et jusqu'au point de notre arrivée, j'ai pensé à vous, madame.
J'ai pensé à vos paroles à la fin de la journée d'hier; quelque chose comme le psychodrame qui devait cesser... Ça m'a encore plus enragé. Vous vous en êtes bien servie du psychodrame pour gagner vos élections; avez porté le carré rouge, tapé de la casserole et promis le gel. Et maintenant, pour gagner les prochaines élections, vous retournez votre veste. Vous avez calmé le jeu et ouvert le dialogue. NON. Vous n'avez que baissé le volume. Vous n'avez pas fait cesser le bruit!
Vous aviez une belle occasion d'initier des États généraux de l'éducation, cela vous aurait assurément donné de la hauteur. Vous avez préféré faire de l'esbroufe de classe, mais tellement mesquine.
Si je n'étais pas si poli, je vous dirais, madame Marois, de vous la fermer! Mais je suis polie.
Des policiers à cheval chargent dans la foule (26 février 2013 à Montréal)
Pourquoi utiliser des chevaux... pour intimider les manifestants?
Des journalistes de La Presse bousculés par le SPVM
Pour la deuxième fois en deux jours, des journalistes de La Presse ont été pris à partie par des policiers du SPVM. Mardi après-midi, l'agent Daniel Lacoursière, relationniste du SPVM, a poussé un de nos photographes qui filmait la manifestation étudiante.
Le photographe et caméraman Frédéric Guiro, qui se préparait à filmer une séquence avec le journaliste Jasmin Lavoie, à plus de 100 m de l'endroit où les policiers faisaient des arrestations, a été agrippé par-derrière par l'agent Lacoursière. Il en est tombé sur le sol, échappant sa caméra.
La veille, M. Lacoursière était également intervenu auprès de M. Guiro: il lui reprochait de filmer les arrestations policières de trop près. «Ce qu'on voit sur nos images est inacceptable, encore plus provenant d'un policier supposé faire les relations avec les journalistes», a vivement réagi Éric Trottier, vice-président et éditeur adjoint de La Presse. «On comprend que les policiers ont un travail difficile à faire durant les manifestations. Mais les journalistes aussi ont un travail à faire. En l'occurrence, notre équipe se tenait loin de l'action et le policier n'avait aucune raison de charger notre caméraman. J'ai demandé à nos avocats d'étudier tous nos recours», a affirmé M. Trottier.
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Source : Serge Adam