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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 07:19

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

La nouvelle semble saugrenue, elle est pourtant très sérieuse et souligne la montée des tensions à l'est : l'Allemagne vient de livrer 120 de ses meilleurs chars d'assaut à son allié polonais, pour contrer l'adversaire russe déclaré, dans un contexte de crise ukrainienne.



Des chars allemands traversant la frontière polonaise. Même si c'est sur des rails cette fois, la nouvelle a fait grincer des dents au sein de l'opposition ultra-nationaliste menée par Kaszcynski.



Toutefois, le gouvernement polonais de Tusk a défendu fermement son acquisition : « en cas de conflit, nous devrons nous tourner vers Berlin », ce à quoi Berlin a répondu qu'ils auront besoin de la Pologne « en cas de guerre en Europe de l'est ».



Le ton est donné, l'axe Berlin-Varsovie prépare l'affrontement avec la Russie.



Un « cadeau » allemand pour renforcer le Front est face à la Russie



Dans ce combat commun, c'est la Pologne qui est sur la ligne de front, à proximité de l'enclave de Kaliningrad et de la Biélorussie. Elle aura besoin du fleuron de l'industrie de guerre allemand : le char Leopard 2, livré à 120 exemplaires.



Le contrat avait été signé il y a six mois, en novembre 2013 … au moment même où le président ukrainien corrompu Ianoukovitch faisait machine arrière et refusait de signer l'accord d'association avec l'Union européenne. Il y a des coïncidences troublantes.



Le contrat est estimé à 1 million d'euros par char, loin du prix estimé à 3 millions d'euros. Selon le journal polonaisPolitika, certains pays étaient prêts à proposer beaucoup plus, mais l'Allemagne a fait un choix géopolitique conscient, quitte à perdre de l'argent dans la transaction.



En 2001, déjà, la Pologne avait reçu en cadeau 120 vieux modèles du Léopard 1 ère génération pour la somme symbolique d'1 €.



Il s'agit bien de sceller – par la livraison de ce char construit par la RFA pour lutter contre l'ennemi soviétique – un axe fort, censé structurer le front européen de l'OTAN, en cas de conflit avec la Russie.



Le Leopard 2 est considéré comme un des meilleurs chars d'assaut au monde, le tank le plus exporté parmi les modèles européens (dans près de 20 pays). Les équipages polonais, qui ont connu le T-72 soviétique, louent déjà sa maniabilité.



Bénéficiant d'un blindage et d'un armement de dernière génération, il est dit supérieur aux modèles russes héritées de l'ère soviétique, le T-72 voire le T-80.



Réarmement polonais pour l' « allié stratégique » des Etats-unis



Pour l'armée polonaise, cette manœuvre s'intègre dans un réarmement général : à terme, la Pologne veut développer ses propres chars comme elle l'a fait avec le véhicule de transport blindé « Rosomak », à l'origine un modèle finlandais, déjà présent en Afghanistan et au Tchad.



La Pologne souhaite remplacer ses stocks de matériel soviétique (les T-72 et les BMP), issus du Pacte de Varsovie, par un matériel aux normes de l'OTAN.



Elle envisage également de diversifier ses forces armées, notamment en achetant des sous-marins pour contrer la marine russe dans la Baltique.



Dans le même temps, l'intégration de la Pologne au système de défense anti-missile américain révèle bien le rôle d' « allié stratégique » des Etats-unis, pour citer Obama lors de sa visite à Varsovie en juin 2013, pilier de l'OTAN sur le front de l'Est.



… et tournant militariste pour l'Allemagne présente sur tous les fronts

(Ukraine, Mali, Centrafrique)



Du côté allemand, cette manœuvre se comprend dans un tournant militariste entamé nettement depuis un an, si on suit les discours du président Gauck, des ministres des Affaires étrangères Westerwelle puis Steienmeier.



Des discours tous axés sur la nécessité pour l'Allemagne de jouer un rôle plus important dans le monde, un rôle dirigeant en Europe, et d'intervenir plus systématiquement dans les zones de conflit.



Une nouvelle weltpolitik (politique mondiale)reposant surla levée du tabou de la reconstruction de la puissance militaire allemande, et celui du nationalisme allemand assumé.



Une politique qui n'a pas tardé à se traduire par le terrain. On sait bien que les agissements de l'opposition ukrainienne ont été alimentés, couverts voire fomentés par les chancelleries polonaises, en première ligne, et allemandes, plus en retrait.



Outre l'Ukraine, l'Allemagne a décidé depuis un an de participer aux interventions en Afrique, une nouveauté.Des troupes allemandes sont présentes auprès des troupes d'occupation françaises au Mali depuis un an, en Centrafrique depuis quelques semaines.



Cent ans après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, au moment où le militarisme allemand renaît de ses cendres, il y a de quoi se replonger dans l'histoire : la crise du capitalisme, les rivalités impérialistes, la course aux armements, la montée des tensions, autant d'éléments qui ont conduit à ce carnage des peuples.



Que le cri « Nie wieder krieg », plus jamais la guerre, résonne encore en France, en Allemagne, comme sur le Front de l'est !

 


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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 08:02

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

La propagande sur les ondes médiatiques françaises est lourde, elle occulte volontairement le fait que la colère des cheminots français est partagée ailleurs en Europe. Avant tout dans les pseudo-modèles des analystes libéraux: Suède, Grande-Bretagne et même Allemagne.



Allemagne, pays de la « concertation sociale » et de la « co-gestion » ?



Cette image d'Epinal survit grâce à la collaboration du syndicat unitaire DGB, à coûts de concessions au patronat, au prix d'une paix sociale sous forme de capitulation qui font de l'Allemagne le paradis des actionnaires, l'enfer des salariés réduits aux « mini-jobs » à 1 €.



Pourtant, il est faux de dire que les salariés allemands sont uniformément résignés. Les grèves dans le commerce du détail débordent les directions syndicales, les syndicats de base dans les transports ont pu paralyser l'aéroport de Francfort, l'activité de la puissante Lufthansa



Transport aérien mais aussi chemins de fer, les deux hantises du patronat allemand, capables de paralyser la première économie européenne.



Le spectre d'un mouvement massif dans les chemins de fer refait surface. Le dernier conflit dans le secteur datait de 2007, contre l'ouverture du capital de la Deutsche Bahn (DB – SNCF allemande) et pour une revalorisation salariale.



La peur d'une mobilisation des salariés de la DB, et d'une convergence des luttes avaient alors abouti à l'interdiction de la grève par le Tribunal du Travail de Nuremberg, ce qui n'avait pas empêché le syndicat des conducteurs de train (GDL/Gewerkschaft Deutscher Lokomotivführer) de lancer une grève de trois jours dans la DB : la plus grande grève de l'histoire du secteur.



Ce 30 juin, la convention collective des conducteurs de train de la DB arrive à expiration.



Une entreprise régie par une double convention collective en réalité, celle des conducteurs de train plus avantageuse gagnée par le syndicat de base combatif GDL, celle des autres personnels, plus défavorable aux salariés, négociée par le syndicat réformiste EVG (Eisenbahn und Verkehrsgewerkschaft).



L'affrontement de deux conceptions du syndicalisme : syndicalisme de lutte contre syndicalisme d'accompagnement



Le secteur des chemins de fer allemand voit l'affrontement clair de deux lignes dans le mouvement syndical allemand.



Le syndicat unitaire historique, représentant officiellement 200 000 salariés, l'EVG est adhérent de la DGB, un pilier de la Confédération européenne des syndicats.



Un syndicat qui a fait le choix de la capitulation, qui a accompagné la remise en cause des conditions de travail des personnels de la DB, la casse de l'entreprise publique.



GDL est un syndicat à la riche histoire de lutte, implanté chez les conducteurs de train qui a du faire face à des vagues de répression féroces : celle de l'Allemagne nazie après 1933, mais aussi celle de la RFA après 1949 qui interdisait à ses membres fonctionnaires de faire grève.



GDL compte aujourd'hui toutefois 35 000 adhérents, et tente désormais de dépasser le cadre catégoriel pour intégrer tous les personnels de la DB à une démarche unitaire, dans un syndicalisme de lutte et de rassemblement, sur des positions de classe.



La porte-parole de GDL, Gerda Seibert, est bien consciente de cet affrontement entre les deux syndicats, selon elle, les propositions de GDL pour la nouvelle convention collective « ne sera pas facile, la direction de la DB et le syndicat EVG vont tout faire pour l'empêcher ».



Dépasser le corporatisme : se battre pour l'alignement des conditions de travail vers le haut pour tous les salariés



La seule façon de vaincre cette alliance entre la direction de l'entreprise et le syndicat maison, c'est de créer une unité de tous les salariés des chemins de fer : c'est l'objectif numéro 1 de GDL.



Ainsi, depuis 2008, GDL a beaucoup progressé au détriment d'EVG chez les contrôleurs, les personnels chargés de la restauration à bord des trains.



« Les statuts des personnels à bord des trains doivent être inextricablement liés », justifie le secrétaire de GDL Klaus Weselsky. « Ils ont tous les mêmes préoccupations, les mêmes problèmes ».



Si en 2008, GDL avait pu obtenir la conclusion d'une convention collective séparée, plus avantageuse, pour les conducteurs,l'enjeu est désormais d'unifier les conventions collectives vers le haut, sur des statuts plus proches de ceux des collègues français.



La revendication-phare, outre une augmentation de salaire immédiate de 5 %, est la réduction de la semaine de travail de 39 à 37 heures par semaine.



C'est sur la question des conditions de travail que GDL veut gagner des points :



  • poser une limite maximum de 5 périodes de travail sur 5 jours (contre 7 sur 6 jours actuellement) ;

  • une limite maximum de 7 ou 8 heures de conduite successive (contre 9 aujourd'hui) ;

  • une période de repos en week-end passant de vendredi minuit-lundi 4 heures du matin à vendredi 22 h-lundi 6 h du matin ;

  • enfin la limitation des heures supplémentaires à 50 par an (il n'y a aucune limite à l'heure actuelle!).



Des revendications qui ne porteraient donc plus seulement sur les 22 000 conducteurs de train de la DB, mais aussi sur les 11 000 contrôleurs et personnels de restauration de l'entreprise publique allemande.



Défendre le droit de grève contre la ligne de la « représentativité syndicale »



GDL est conscient que cette série de revendications – qui constitue pour bonne partie des acquis en France, partiellement remis en cause dans le cadre de la « réforme ferroviaire » - ne pourront triompher sans une lutte avec la direction de la DB après le 30 juin.



L'enjeu fondamental : c'est quelle harmonisation des statuts entre conducteurs de train et autres personnels ?



La direction de la DB compte bien utiliser l'expiration de la convention collective des conducteurs de train pour écraser le syndicat de lutte GDL etimposer un alignement vers le bas des conditions, au nom d'une « convention collective harmonisée ».



La direction pourra compter sur une carte de plus par rapport à 2008, la restriction du droit de grève convenu dans l'accord politique de « Grande coalition » de 2013 entre sociaux-démocrates et conservateurs.



Une limitation du droit de grève au nom du « tariffeinheit », ou l' « unicité des conventions collectives » : seul le syndicat reconnu représentatif par la direction de l'entreprise, par l'Etat, dans une entreprise peut négocier une convention collective et éventuellement lancer une mobilisation.



Une aubaine pour la DGB acquise à la concertation sociale, dont la seule audace consiste en des « grèves d'avertissement », qui ont l'avantage de ne causer aucun dommage aux profits des patrons allemands !



La « tariffeinheit », cette version ultime de la « représentativité syndicale » adoptée en Italie ou en France, s'oppose à la « tariffpluralitat » qui permettait de maintenir plusieurs conventions collectives dans la même entreprise, et aux syndicats non-représentatifs de lancer des mouvements de grève.



Comble de l'hypocrisie, la DGB avait mené campagne pour la « tariffeinheit » (avec le syndicat des patrons, BDA !) prétextant de la nécessité de lutter pour l'unité des travailleurs, éviter leur mise en concurrence, l'influence des syndicats chrétiens … en réalité, c'est l'unité des travailleurs vers le bas tandis que les syndicats de lutte, de base sont réduits à néant.



Les cheminots français sont beaucoup moins isolés que ne veulent nous le faire croire nos médias :en Suède, les cheminots sont à leur deuxième semaine de grève ; en Allemagne, le syndicat de lutte GDL est en ordre de bataille ; au Portugal, les grèves sont récurrentes ces derniers mois.



Au lieu des « euro-manifestations » souvent évoquées par la CES, pourquoi rien n'est fait pour la convergence européenne des luttes émergeant au niveau national contre la politique de privatisation du rail, contre la remise en cause du droit de grève orchestrés par l'UE ?

 


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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 07:52

Pilots-of-Lufthansa-deman-008.jpg

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Depuis un mois, l'aéroport de Francfort connaît une série de grèves des agents de sécurité, pilotes, travailleurs au sol, qui ont paralysé l'activité des aéroports allemands, en particulier celui de Francfort. L'enjeu fondamental : le droit de grève remis en cause par le patronat.


 

La presse allemande a parlé de la plus grande grève dans l'histoire du secteur aérien allemand pour qualifier le mouvement des pilotes de la Lufthansa qui a perturbé pendant trois jours d'avril les aéroports allemands, faisant suite à deux autres mouvements des travailleurs au sol.

 

L'aéroport de Francfort est devenu le théâtre d'une lutte de classe intense ces dernières semaines. Francfort est officiellement le troisième aéroport d'Europe, le premier pour les correspondances internationales, un nœud vital pour l'espace aérien allemand et européen.

 

Avec 75 000 travailleurs réunis sur un même lieu, l'aéroport de Francfort est de loin la première concentration de travailleurs sur le territoire allemand, dans la première économie européenne.

 

« La plus grande grève de l'histoire du secteur aérien allemand »

 

L'affrontement a procédé par étapes. Le premier mouvement de grève fut celui des 5 000 agents de sécurité de l'aéroport de Francfort, le 22 février dernier, appelés à la grève par le syndicat des services Verdi, causant la panique sur place, annulant 90 vols.

 

Le second mouvement sera celui de tous les travailleurs au sol de l'aéroport de Francfort, on est le 27 mars, la grève est à nouveau convoquée par le syndicat Verdi, mobilisant 1 500 salariés chargés de la logistique, de la sécurité et autres opérations au sol.

 

Tous les grands aéroports sont touchés : Francfort certes mais aussi Munich, Cologne, Düsseldorf, Hambourg, Hannovre et Stuttgart. A Francfort seul, 600 avions – près de la moitié du matériel de la Lufthansa – sont restés au sol.

 

Le troisième mouvement marquera cette montée en puissance, c'est la grève de trois jours des 5 400 pilotes de la Lufthansa, entre le 1er et le 4 avril mené par le combatif syndicat de base « Vereinigung Cockpit » (VC).

 

3 800 vols ont été annulés dans les aéroports allemands, dans cette mobilisation qualifiée de plus grande grève de l'histoire du secteur aérien allemand.

 

Les pilotes de la Lufthansa réclamaient une hausse de salaire de 10 %, l'annulation du plan de recul de l'âge de la retraite de 55 à 60 ans, enfin le retrait d'un plan de licenciement de 3 500 agents de la plus grande compagnie aérienne d'Europe.

 

Arguant de la perturbation subie par 420 000 voyageurs – ayant pourtant bénéficié d'avertissements préalables, de solutions de rechange (déviation des vols, remboursement, billet de train – la presse allemande, sous pressions patronale, a lancé la guerre non seulement contre les pilotes de la Lufthansa mais contre le droit de grève en Allemagne.



La lutte autour du droit de grève en Allemagne

 

Une idée de l'attaque subie par les travailleurs du secteur aérien en Allemagne ? Il suffit de lire Bild qui fustige les privilégiés de l'air : « Qu'ils touchent 180 000 € (par an) ne leur suffit pas ? Est-ce que les pilotes ont perdu les pédales ? »

 

Ou alors Sueddeutsche Zeitung qui affirme que la « colère monte dans le pays »contre … « un groupe de nantis qui ne semblent pas trouver que leurs poches sont assez pleines ».

 

Ce matraquage médiatique a culminé dans l'estimation des « coûts » de la grève pour la Lufthansa,et donc l'économie nationale. Selon le chef des opérations de la Lufthansa, « une estimation définitive prendra des jours mais on parle d'entre 35 à 75 millions d'euros de pertes ».

 

Le président de l'association patronale pour le commerce international (BGA), Anton Boerner, a participé à l'opération d'intoxication :« C'est choquant que des gens qui touchent plus de 200 000 € par an (tiens, le chiffre gonfle!) prennent en otage les passagers, et avec eux l'économie allemande pour prendre leur retraite avant les autres ».

 

Le ton est donné, préparant l'intervention du PDG de la Lufthansa (Christoph Franz) qui a publiquement emmené le cœur du problème, lors d'un entretien accordé vendredi dans la presse patronale allemande : la remise en cause du droit de grève.

 

Selon Christoph Franz, si le droit de grève est constitutionnel, « de notre point de vue, il nous faut une garantie que les infrastructures stratégiques puissent continuer à fonctionner, un service mnimum, et cela comprend les chemins de fer et le contrôle du trafic aérien ».

 

Une intervention loin d'être anodine au moment où la grande coalition a fait passer l'idée du « tariffeinheit », l'unicité de la négociation collective contre le droit de grève, alors que la Cour fédérale du travail avait posé le principe de la « Tariffpluralitat », de la pluralité des conventions collectives, donc d'un droit à la grève reconnu à plusieurs syndicats.

 

En effet, selon le « tariffeinheit », il s'agirait de reconnaître uniquement un syndicat représentatif par entreprise, son droit à la négociation et donc à la grève.

 

Face à l'attitude collaboratrice de la DGB avec le patronat allemand, elle qui a qualifié l'accord de grande coalition d' « extrêmement positif » (!), c'est la garantie de la paix sociale.

 

Dans le même temps, la grande hantise du patronat allemand, c'est le débordement dans les bases de certains syndicats adhérant à la DGB (comme chez Verdi) ou dans certains syndicats de base, syndicats de métier particulièrement combatifs, comme ceux des cheminots ou des pilotes.

 

C'est donc au nom de la « représentativité » que le syndicat patronal en collaboration avec le principal syndicat de travailleurs, adhérent au « compromis social », vise à casser le droit de grève en Allemagne.



L'offensive patronale ne passe pas dans une population allemande paupérisée

 

Pourtant, l'offensive patronale ne passe pas en Allemagne.

 

Alors que le PDG de Lufthansa dénonce ses privilégiés de salariés et promeut son plan de coupes à hauteur de 1,5 milliards d'euros, les pilotes dénoncent la politique de « maximisation de profits » de l'entreprise qui a encore réalisé 400 millions d'€ de profits en 2013, après 1,3 milliards en 2012.

 

La population allemande soutient majoritairement le mouvement de grève. Selon un sondage réalisé par la chaîne de télévision ARD, 55 % des Allemands soutiennent la mobilisation contre 42 % qui ne la partagent pas.

 

Il faut dire que depuis dix ans la courbe des profits du grand capital allemand et celle des salaires des travailleurs allemands sont inversement proportionnelles.

 

La courbe des salaires est à la baisse. Les salaires ont baissé en moyenne de 4 % entre 2000 et 2010, une baisse de 100 €. Les bas salaires (2/3 du revenu médian) touchent désormais 23 % de la population.

 

Mais la courbe des profits est à la hausse. Le taux de marge des entreprises allemandes est passé de 37 à 41 % entre 2000 et 2012, avec un pic à 45 % en 2007. En 2013, le DAX, équivalent du CAC 40, a réalisé 104 milliards d'€ de profit. Un record.

 

Symbole de cette victoire du travail sur le capital, la part des salaires dans le partage de la valeur ajoutée a reculé entre 2000 et 2010 de 68 à 63 % du PIB.

 

Il y a de quoi comprendre que les travailleurs allemands, saignés depuis dix ans, éprouvent naturellement de la sympathie pour les « privilégiés » de l'air ou du rail.

 

Face à l'offensive patronale contre le droit de grève en Allemagne ou ailleurs, il est temps que le mouvement syndical de classe fasse front et évite les pièges de la « représentativité » et autres illusions du « dialogue social ».

 


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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 10:24

10 Mars 2014 , Rédigé par Le Mantois et Partout ailleurs

 

http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/2354/mortier340.jpg

 

Angela Merkel est la chancelière de droite d'Allemagne. Mais des socialistes collaborent aussi à son gouvernement. On appelle ça la "grande coalition" (capitaliste note de ma pomme). Et dans cette participation social-démocrate, émerge FranK-Walter Steinmer ministre des Affaires étrangères.

 

Comme ce n'est pas un perdreau de l'année et qu'il dirige les affaires extérieures du pays régentant l'UE avec Bruxelles, quelques mots sur son pedigree.

 

Ce 31 janvier, dans le cadre de la Conférence de l’organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), il déclarait au quotidien Die Deutsche Zeitung : « L’Allemagne est trop grande pour se contenter de commenter les affaires du monde. »  Tout un programme. L'OSCE a été créee en même temps que l'OTAN dans le cadre de la Guerre froide entre l'Ouest et l'Est. Mais la chute du Mur de Berlin advenu, l'OTAn est demeuré et l'OSCE aussi. Bref, l'Allemagne ne va compter pour rien et ce, avec le soutien des USA, via l'OTAN son bras armé et l'OSCE son bras politique.


Angela Merkel n'a pas adoubé Frank-Walter Steinmer au hasard. Le zigue (dit de gôche) a fait carrière dans les services spéciaux allemands, jusqu'à en devenir le grand chef en 1999 et avoir sous ses ordres le BND (Bundesnachrichtendienst), le service fédéral de renseignement. A ce titre,  il a été le responsable des programmes germano-américains nommés « guerre contre le terrorisme ».

Et toujours à ce titre, dans l'ex-Yougoslavie, notamment en Serbie et plus particulièrement au Kosovo, il n'a plus reconnu l'UCK (Armée de libération du Kosovo) comme une organisation terroriste. Pire, il l'a soutenue sans réserve, sur le plan matériel, technologique et de propagande dans sa guerre contre le gouvernement de Serbie. Et dans ce cadre-là, sa collaboration fut sans faille avec les USA pour "l'indépendance du Kosovo".


Le même zigue ne cache pas son admiration pour l'impérialisme américain. En 2009, il écrit une lettre ouverte à Obama (via Le Spiegel du 12 janvier 2009)«Ensemble, nous pouvons façonner le monde du XXIe siècle. »


Les événements en Ukraine tombent donc à pic pour nourrir  son activisme: en association avec son collègue polonais, Radoslaw Sikorski, il a contribué à faire basculer le pouvoir à Kiev. Non sans raison, ce dernier avait déclaré à Berlin en 2011: «Je redoute moins la puissance allemande que l’inaction allemande.» Le ministre polonais n’a rien à craindre, le camarade Steinmer s’occupe déjà des dossiers de la Moldavie et de la Géorgie. Et Sikorski, lui, est pressenti comme futur candidat au poste de secrétaire général de l’OTAN, bras armé des USA quitte à me répêter.


Et aussi dans le collimateur de Steinmer, la Béliorussie...

 

Il va sans dire que notre très élégant ministre des affaires étrangères à nous fait pâle figure à côté de son pote de l'Internationale socialiste. Que voulez-vous,  l'Elysée n'est que le gérant loyal du capitalisme, pas l'un de ses patrons. Et tous ses chambellans que de pâles valets.

 

Pour plus d'autres renseignements sur le ministre socialiste allemand des affaires étrangères: http://www.humanite.fr/monde/l-ukraine-et-le-savoir-faire-de-la-nouvelle-diplom-560584, le papier de Vladimir Caller, analyste politique.

 

Roger Colombier 

 


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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 13:26

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La « grande coalition » allemande n’englobe pas que sociaux-démocrates et conservateurs. C’est aussi une « grande collaboration » entre patronat et syndicats réformistes pour assurer la paix sociale et la prospérité du capital.

 

L’accord de la « Grande coalition » conclu à la fin de l’année 2013 a focalisé l’attention des commentateurs sur l’instauration hypothétique d’un SMIC. Moins sur l’ambition d’une résurgence de l’impérialisme allemand (une nouvelleWeltpolitik) centrée sur la « compétitivité » des monopoles nationaux.

 

L’accord de « grande coalition » CDU-SPD « extrêmement positif » pour le secrétaire de la centrale syndicale allemande !

 

Pourtant, le secrétaire de la DGB (la centrale syndicale allemand – pilier de la CES – Michael Sommer a trouvé l’accord« extrêmement positif », le responsable de la Fédération de la Chimie a parlé d’ « un résultat empreint de pragmatisme », enfin la fédération des métallos (IG Metall) d’ « une bonne base pour une politique dans l’intérêt des salariés ».

 

De quoi parle-t-on ?Ces syndicats ont tenté de vendre le SMIC allemand … sur lequel patronat, syndicats, CDU, SPD, die Linke étaient tous d’accord si ce n’est sur le montant (8,5 € pour SPD, 10 € pour Linke) ou les modalités (par branche pour la CDU, général pour le SPD).

 

Finalement, tout le monde est content, l’accord sera différencié selon les branches, sur une base de 8,50 €. Mais c’est le patronat qui est gagnant : l’accord n’entre en vigueur qu’en 2017 et justifiera le gel des salaires d’ici là … et après 2018, selon l’accord conclu.

 

Pendant ce temps, on fait avaler les autres couleuvres : gel général des salaires (au nom de la « compétitivité et de l’emploi »), aucune limitation à la précarité (maintien de « Hartz IV »), aucun changement de cap majeur sur le recul de l’âge de départ à la retraite.

 

Une remise en cause gravissime du droit de grève au nom de l’ « unité de négociation » (tariffeinheit)

 

Toutefois, le plus grand danger pour le mouvement ouvrier allemand reste une remise en cause fondamentale du droit de grève, contenue dans ce passage de l’accord :

 

 « Dans le respect du pluralisme syndical et de l'esprit de concertation sociale, nous voulons inscrire dans la loi le principe de l'unicité de la convention collective dans l’entreprise, avec application de la règle de la représentativité dans l'entreprise, avec les principales organisations de salariés et d'employeurs »

 

Unicité de la négociation/convention collective ou « tariffeinheit », que cela signifie-t-il ? Un véritable putsch patronal, avec collaboration syndicale.

 

C’est la grande querelle de ces trois dernières années en Allemagne. Depuis l’ère Schroder et la mise en place des « lois Hartz », de la politique de modération salariale, la DGB (centrale syndicale unitaire) encadre le mouvement social.

 

Empêcher les grèves dans les transports : objectif premier

 

Toutefois, la colère en Allemagne est telle qu’elle déborde les cadres établis (les fausses « grèves d’avertissement » d’IG Metall ou Verdi avec le consentement patronal). Des luttes se développent dans les syndicats de base, de métier voire d’autres centrales minoritaires.

 

Certaines de ces luttes, comme celle récente dans le commerce de détail, sont encadrées par des syndicats affiliés à la DGB (Verdi). D’autres lui échappent, comme dans les transports.

 

Ainsi, l’aéroport de Francfort est régulièrement touché par des grèves lancées par des syndicats de base : les contrôleurs aériens en février 2012, les hôtesses et stewards en août 2012, employés au sol en mars 2013 ou encore employé des boutiques en décembre 2013.

 

L’aéroport de Francfort est le troisième d’Europe. En février 2012, les compagnies allemandes Fraport et Lufthansa avaient obtenu de la justice que la grève soit interdite.

 

La « représentativité syndicale » … combat commun pour l’Etat, le patronat et les syndicats allemands pour la « co-gestion » du système !

 

Depuis le patronat … mais aussi le syndicat majoritaire tentent à tout prix d’obtenir une décision légale visant à restreindre le droit de grève, au nom du tariffeinheit.

 

Pourtant en 2010, la Cour fédérale du travail avait reconnu le principe de la pluralité des organisations syndicales au sein de l’entreprise, aussi de la pluralité des conventions collectives (Tariffpluralitat), remettant en cause le tariffeinheit.

 

Il faut rappeler que le principe du tatiffeniheit remonte à un arrêt de 1950 reconnaissant un seul syndicat représentatif par entreprise, ceux regroupés dans la DGB. Cela permettrait de garantir la collaboration entre patronat et syndicat dans l’entreprise en RFA.

 

Or, le BDA (MEDEF allemand) et la DGB ont mené depuis une croisade pour faire réviser cet arrêt reconnaissant la pluralité syndicale au nom de l’ « unicité de négociation », le tariffeinheit !

 

Concrètement, le tariffeinheit c’est donc la représentativité réduite à un syndicat reconnu par le patronat, l’Etat, un syndicat seul habilité à négocier, à signer des accords … et à mener des grèves légales. Concrètement, c’est donc une limitation drastique du droit de grève.

 

La DGB a usé de maints arguments pour convaincre les salariés : il s’agit de saper l’influence (mineure) de la confédération chrétienne rivale prompte à signer des accords défavorables aux salariés (mais que fait la DGB ?).

 

Il s’agirait de défendre l’unité des salariés face à la menace de la pluralité des conventions collectives dans l’entreprise (mais que fait la DGB quand elle accepte la pluralité des statuts, des contrats de travail ?)

 

Le texte commun signé par le BDA et la DGB en juin 2010, juste après l’arrêt de la Cour fédérale, est symptomatique : au nom du « dialogue social », de la « paix sociale », patronat et syndicat réclamait de l’Etat le rétablissement du tariffeinheit.

 

L’Allemagne, le pays où le droit de grève des fonctionnaires est toujours interdit !

 

Après trois années de lobbying, patronat et syndicat réformiste ont obtenu cette liquidation du droit de grève au nom de la représentativité, imposée depuis en France et en Italie comme une limitation du nombre de syndicats habilités à négocier et donc à faire grève.

 

Il ne faut pas oublier que cette restriction décisive du droit de grève des salariés du privé se superpose à une interdiction formelle des salariés du public à faire grève, selon une législation héritée des lois dictatoriales de la RFA issue de la guerre froide.

 

 

Comme au Japon, en Corée du sud, en Allemagne, toute grève des fonctionnaires est interdite, en violation des droits syndicaux reconnus par l’OIT. Est-ce cela le modèle allemand tant vanté ?

 


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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 07:34

hartzivDans quel état se trouve l'Allemagne après les « réformes Hartz » ? Pauvreté record, précarité pour tous et méga-profits

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Peter Hartz, conseiller de François Hollande pour les nouvelles réformes du travail ? En tout cas, notre président socialiste avait déclaré s'inspirer pendant sa campagne des réformes libérales du chancelier Schroder. Retour sur l'état de l'Allemagne dix ans après les fameuses « Réformes Hartz ».

 

Un rapport publié juste avant les Fêtes contredit les données du gouvernement allemand ainsi que le mythe du miracle allemand qui se révèle être un mirage patronal : la « compétitivité » allemand, ce sont les peuples européens qui la payent, et d'abord les travailleurs allemands.

 

C'est le constat alarmant de l'organisation de bienfaisance DPWV dans son rapport « Entre prospérité et pauvreté – l'Allemagne mise à l'épreuve » :

 

l'Allemagne compte plus de pauvres que jamais depuis la dite réunification, 15,2 % se trouve sous le seuil de pauvreté, 16 autres % sont menacés de pauvreté, soit 31 % de pauvres réels ou potentiels dans le pays le plus prospère d'Europe.

 

Le rapport est d'autant plus inquiétant que la croissance de la production et celle de la pauvreté sont allés dans des sens opposés. Entre 2005 et 2013, le PIB allemand a augmenté de 12 % malgré la crise, tandis que la pauvreté est passé de 14 % à 15,2 %.

 

Les données de l'ONG rentrent en contradiction avec celles vantées par le gouvernement, celles de l'Institut allemand pour la recherche économique (DIW), financé par l'Etat et défendant les thèses patronales.

 

Or, le DIW s'était tout simplement arrêté aux données de 2010 … seule année sur ces dix dernières où le taux de pauvreté avait connu un léger recul. Depuis la pauvreté est repartie à la hausse. Un simple mensonge par omission.

 

L'étude portant sur les inégalités régionales souligne que se creusent les disparités entre régions riches, plutôt au Sud, et pauvres, naturellement à l'Est mais aussi de plus en plus à l'ouest : c'est le cas de Brême (23,1 % de pauvres), Mecklembourg (22,9 %), Berlin (21,2 %), Saxe (18,9 %) et Brandebourg (18,3 %).

 

Un cas dramatique est celui de la Ruhr, vieille région industrielle, bastion ouvrier, pour la première fois classée dans les régions pauvres ravagées par la désindustrialisation, 19,2 % en 2012 avec des pics de 26,4 % à Dortmund et 25,1 % à Duisbourg.

 

Selon les auteurs du rapport : « il faut pointer du doigt les bas salaires, la précarité, les emplois atypiques (…) les bons résultats sur le marché du travail se produisent évidemment au prix d'une américanisation du marché du travail, avec le phénomène des travailleurs pauvres. »

 

Pour le travail – Bas salaires et précarité pour tous : le résultat des « réformes Hartz »

 

Sur quoi repose le soi-disant « miracle allemand » ?

 

D'abord sur les bas salaires. La politique menée par le social-démocrate Schroder – dont se revendique Hollande – entre 2003 et 2005 a contribué à la baisse des salaires, à la généralisation de la précarité avec son cortège de « mini-jobs » et de « travailleurs pauvres ».

 

En chiffres, le salaire moyen allemand a baissé de 4 % entre 2000 et 2010, soit 100 € de moins par mois. Après une légère relance après 2010, l'année 2013 a vu les salariés allemands perdre encore (officiellement, les chiffres étant sous-évalués) 0,2 % de pouvoir d'achat.

 

La part des salaires dans le partage de la valeur ajoutée a reculé entre 2000 et 2010 de 68 à 63 % du PIB. Les bas salaires (2/3 du revenu médian) touchent désormais 23 % de la population mais 57,5 % des 15-24 ans entrant sur le marché du travail.

 

Symbole de cette sous-prolétarisation du salariat allemand, les lois « Hartz IV ». Sous prétexte de lutte contre le chômage, on lance en fait une chasse aux chômeurs. Si le taux de chômage a baissé de 11,5 à 6,5 % entre 2005 et 2013, le nombre de « Hartzi » a explosé.

 

Selon les lois Hartz, l'allocation-chômage classique (Arbeitslosengeld I) est réduite à 12 mois, le chômeur est considéré ensuite de longue durée (Arbeitslosengeld II) et touche 350 € par mois. Une allocation conservée à condition d'accepter tout emploi proposé par l'agence pour l'emploi.

 

6,6 millions de personnes - dont 1,7 millions d’enfants – sont victimes d’Hartz IV. Ces 4,9 millions d’adultes (les « Hartzi ») sont en fait des chômeurs, des « quasi-chômeurs ».

 

C'est dans le cadre de ces lois que se sont développés les mini-jobs payés au maximum 400 € par mois, voire les « jobs à 1 € » … par jour !

 

La précarité devient de plus en plus la norme, surtout pour les jeunes. Sept ans après « Hartz IV », le nombre de contrats atypiques a explosé, de 47 % pour les contrats à temps partiel et de 131 % pour les intérim entre 1999 et 2009 !

 

Selon DESTATIS (l'INSEE allemande), si 8 millions de salariés subissent déjà un contrat précaire, il faut savoir que seules 15 % des nouvelles embauches se font en CDI, le reste en CDD (43%) ou en intérim (42% en CDD)

 

Pour le capital – Méga-profits et 'avantage compétitif' : la vraie raison derrière les « Réformes Hartz »

 

Les salaires perdus par les travailleurs passent directement dans la poche des patrons allemands. Entre 2000 et 2012, le taux de marge des entreprises allemandes est passé de 37 à 41 %, avec un pic de 45 % en 2007. En comparaison, les entreprises français oscillent entre 28 et 30 % !

 

2012 a été l'année d'euphorie pour le DAX, l'équivalent du CAC 40 réunissant les 30 entreprises côtées à la bourse de Francfort : 104 milliards d'€ de profit, en hausse de 8 % par rapport à 2011.

 

Le cas d'une entreprise Volkswagen donne le vertige et est emblématique du « capitalisme allemand » : 15 milliards de profits en 2011, 11 milliards en 2012 … et 17 millions de rémunérations pour le PDG de l'entreprise.

 

Le succès de Volkswagen (VW), la délocalisation. Ou plutôt la « division du travail » dans l'Union européenne au profit du capital allemand, au détriment des travailleurs allemands : la nouvelle « Up » est produite en Slovaquie, la « Polo » en Espagne.

 

Autre recette, le chantage patronal dont l'ANI marque le début en France. En 2004 VW avait menacé de délocaliser 30 000 postes si les salariés n'acceptaient pas le gel des salaires et le retour à la semaine de 40 h sans compensation. Une fois le deal accepté, VW a licencié 20 000 salariés en 2006 !

 

Naturellement, le pari du capital allemand, c'est de jouer l'intégration européenne : se construire une Mitteleuropa en Europe de l'est pour délocaliser, casser les concurrents industriels étrangers grâce à l'euro fort, enfin jouer le dumping social et salarial avec les plans d'austérité coordonnés.

 

L'Ukraine, avec sa réserve en matières premières et sa main d’œuvre bon marché et bien formée, constitue un enjeu majeur dans l'élargissement de cette Mitteleuropa, ce qui permet de comprendre l'enjeu de la lutte actuelle autour de cet Etat de 46 millions d'habitants.

 

Le pari d'une « industrie d'exportation compétitive » a aussi ses contradictions. Si les exportations ont tenu l'industrie allemande pendant la dernière décennie, à force de créer un désert autour d'elle, l'Allemagne voit ses exportations chuter et la croissance allemande ralentir fortement.

 

Désormais, les journaux économiques français comme allemands passent de la célébration du « miracle allemand » à l'inquiétude face à un « mirage » qui cache l'image d'une Europe saignée à vif.



En tout cas, bas salaires, chômage déguisé en précarité généralisée, travailleurs pauvres, régions industrielles sinistrées d'un côté, méga-profits, intégration européenne et mondialisation à sens unique de l'autre, il est temps de dénoncer le mirage allemand, agité en nos rangs pour nous imposer la politique du capital, celle de Hollande, le Schroder français !

 


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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 07:22

Symbol-der-grossen-Koalition-Faehnchen-von-SPD-und-CDU-vor-.jpg

 

Article de Patrik Kobele, président du Parti communiste allemand (DKP)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Il serait trop superficiel de critiquer le pacte de grande coalition parce qu'il ne « traiterait pas les vrais problèmes », ou parce qu'il ne ferait que gérer les affaires quotidiennes au lieu d'avoir une vision d'avenir, comme l'ont fait certains politiciens de Die Linkeaprès la signature de l'accord.

 

C'est superficiel et c'est faux. Ce pacte a une vision d'avenir : celle de la classe dominante et de l'impérialisme allemand.

 

Pour le peuple allemand, pour le peuple portugais, italien, grec au sein de l'UE, pour ceux qui se trouvent à l'intérieur et hors des frontières de l'UE, tous ont de quoi craindre le pire avec cet accord.

 

Cette menace manifeste, chacun peut la reconnaître à la lecture de l'accord :

 

« La compétition accrue à l'échelle internationale, ainsi que la croissance rapide des pays émergents (…) et la raréfaction des ressources naturelle posent de nouveaux défis » (p 13).

 

« Un pilier primordial de notre succès, c'est la force des entreprises allemandes sur les marchés internationaux. Leur compétitivité internationale occupe une place déterminante dans notre succès et notre prospérité. Ainsi, nous devons faire en sorte de garantir la stabilité des marchés et des systèmes financiers mondiaux, car ce sont une condition préalable à un climat d'investissement favorable à la croissance ». (p 14).

 

A ces objectifs, correspond naturellement le fait que soit accordée une place plus importante à l'OTAN qu'à l'ONU. Les causes de cette position sont clairement formulées :

 

« L'Allemagne a une responsabilité internationale. Nous voulons contribuer à façonner l'ordre mondial. Nous sommes guidés par les intérêts et les valeurs de notre pays ». (p 168)

 

Les « intérêts et valeurs de notre pays » ? On peut s'en référer encore à Marx, sa déclaration reste toujours actuelle :« L’État moderne n'est que le conseil d'administration des affaires communes de l'ensemble de la classe capitaliste ».

 

Cette politique doit aussi trouver une application à l'intérieur du pays. Cela nécessite une forme de militarisme ou, tel que cela est formulé dans le pacte de coalition :

 

« nous prenons l'engagement solennel d'intégrer la Bundeswehr (1)dans la société démocratique. La coalition soutient le dialogue continu de la Bundeswehr dans et avec la société allemande. Nous voulons porter ensemble la responsabilité de nos anciens combattants. Cela vaut aussi pour l'aide aux blessés, aux invalides et à la commémoration dans la dignité du souvenir de nos morts. Les Jugendoffiziere (2)réalisent un travail important en informant le public sur les missions de la Bundeswehr. Nous apprécions que de nombreux établissements scolaires tirent profit de cette offre. Faire entrer la Bundeswehr dans les écoles, les collèges, lycées, universités, salons de l'éducation et pour l'emploi, c'est bien sûr une très bonne chose pour nous » (pp 176-177).

 

Une telle offensive nécessite une collaboration, avant tout des syndicats.C'est aussi le grand avantage d'intégrer le SPD. Cette collaboration ne coûtera pas cher, quelques miettes feront l'affaire. Cela comprend le salaire minimum, qui n'est suffisant, ni généralisé, et applicable qu'à partir de 2017. Que valent désormais ces 8,50 euros ? Quelques aumônes pour la retraite, que plus personne n'est susceptible d'atteindre à vrai dire. Et pour en finir avec ces mesures superficielles :

 

« Dans le respect du pluralisme syndical et de l'esprit de concertation sociale, nous voulons inscrire dans la loi le principe de l'unicité de la convention collective (3)dans l'entreprise , avec application de la règle de la représentativité dans l'entreprise, avec les principales organisations de salariés et d'employeurs » (page 70).

 

Va être imposé crûment ici ce que la CDU et le FDP n'avaient pas réussi à imposer : l'unicité de la convention collective dans l'entreprise, donc une restriction massive du droit de grève. Il n'est pas étonnant que les représentants des associations patronales aient du mal à ne pas accompagner leurs larmes de crocodile de sourires goguenards.

 

Non ce pacte n'est pas le « triste résultat » de longues négociations, c'est une attaque massive de la classe dominante.Les adhérents du SPD devraient l'avoir clairement en tête. De social et démocratique, ce pacte n'a décidément plus rien.



Notes :

 

(1) – Bundeswehr : l'armée allemande

(2) – Jugendoffiziere : officiers de l'armée allemande chargés de diffuser la propagande de la Bundeswehr auprès des élèves et des enseignants allemands

(3) – Grundsatz der Tarifeinheit : ce qu'on peut traduire par « unicité des conventions collectives ». Concrètement, cela renforce le pouvoir hégémonique de la centrale syndicale DGB liée au SPD, au nom de sa « représentativité » au sein des entreprises allemandes, face à l'émergence de syndicats de base, alternatifs (chrétiens) ou catégoriels, ce qui – selon les syndicats patronaux peut contribuer à l'explosion de conflits sociaux. Le syndicat patronal, DGA, et le syndicat des salariés DGB avaient signé un texte commun pour exiger le retour à cette « unicité conventionnelle », après plusieurs arrêts de la Cour fédérale du travail reconnaissant le pluralisme syndical, pour assurer la paix sociale.



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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 11:34

euro-all.jpg

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La nouvelle est passée relativement inaperçue dans les médias français, elle est pourtant éclairante : l’État allemand tire des profits financiers substantiels des malheurs des autres pays de la zone euro.


D'après les chiffres publiés par le Ministère des Finances allemand, la crise de la zone euro aura des effets budgétaires plus que positifs pour l'Allemagne : une économie de 41 milliards d'euros dans le paiement des intérêts de la dette, entre 2010 et 2014.


Dans le même temps, selon ce que prétend le Ministère, la crise de la zone euro aurait coûté à l'Allemagne un peu moins de 600 millions d'euros


La raison de ces gains est simple. Avec la perte de confiance des investisseurs dans les pays de la zone euro touchés par la crise, ces derniers préfèrent s'orienter vers des « valeurs refuges », même beaucoup moins rémunératrices.


Depuis 2000, les taux d'intérêts sur les obligations allemandes ont chuté de 1%, avec un taux à la moitié de l'année 2013 de 1,8% contre 4,4% pour les obligations espagnoles, et 10,1% pour celles grecques.


En 2012, l'Allemagne avait même réussi à emprunter à taux négatif sur des emprunts de courte durée. Une situation paradoxale qui permettait à l'Allemagne de gagner de l'argent sur les prêts qu'elle sollicitait.


Le symbole est fort, il est une preuve éclatante de la domination du capital financier sur l'Union européenne actuelle, avec le rôle que joue l'Euro dans cette hégémonie, cassant les appareils productifs des pays voisins (surtout du Sud) et compressant le « coût du travail », c'est-à-dire les salaires et les droits sociaux, au Nord et surtout en Allemagne.


Des chiffres se passent de commentaires.


L'Allemagne est le seul pays à avoir connu un excédent budgétaire en 2012 : 4 milliards d'euros en 2012, soit 0,2% du PIB. A titre de comparaison, le déficit public s'élève à 4,8% du PIB en France, 10% en Grèce et en Espagne.


Ensuite, l'Allemagne est le seul pays à enregistrer des records d'excédents commerciaux : 188 milliards d'euros en 2012, le deuxième chiffre le plus élevé … depuis 1950.


L'Allemagne a même dépassé pour la première fois en 2011 la barre des 1 000 milliards d'exportations, avec une hausse de 3,7% de leur montant par rapport à l'année précédente.


Il ne convient pourtant pas, comme certains populistes, d'opposer l'Allemagne comme un bloc aux nouvelles « nations prolétaires » du Sud de l'Europe mais bien d'identifier les fractures dans chacun des pays.


En Allemagne, plusieurs millions de travailleurs subissent des formes extrêmes de précarité, celles instituées par les lois « Hartz IV », avec son cortège de « mini-jobs » et autres « jobs à 1 euro », qui ne permettent pas de vivre avec moins de 400 € par mois et maintiennent dans l'indignité sociale.


De quoi rappeler que si la crise profite au capital et à l’État allemand qui le sert, elle n'est certainement pas à l'avantage des travailleurs allemands qui en payent la facture !

 


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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 18:36

http://img.over-blog.com/534x267/0/24/81/01/Service-Public/2013-08-10-la-deutsche-bahn-Mayence-panne-d-effectifs.jpg

Décidément le "modèle allemand" bat de l'aile ! On savait que coté bas salaires, c'était très en dessous du Smic, et que la misère y était endémique, mais jamais encore quelque chose comme cela n'était arrivé !

En pleine période d’affluence, les chemins de fer allemands n’ont pas trouvé d’autre solution que de réduire la desserte de la région de Mayence, par manque d'effectifs. 

Résultat, depuis le 4 août 2013 (lire sur le site de Vosges matin du 10 août), des trains sont régulièrement annulés, tandis que le trafic régional est limité le soir et la nuit.

Furieux, le ministre des Transports aurait téléphoné hier au patron de la Deutsche Bahn, pour lui intimer l'ordre « de trouver toutes les solutions possibles pour rétablir un trafic normal ». Mercredi déjà, le secrétaire d’Etat aux Transports avait adressé une lettre à la compagnie allemande, suggérant de « rappeler au travail des salariés en vacances », pour rétablir la situation.

« Ce chaos montre une fois de plus que la Deutsche Bahn économise sur le dos de ses clients […] Un bon patron des chemins de fer irait jusqu’à porter ses voyageurs dans ses bras », a dénoncé le président Vert du comité transport du Bundestag – chambre basse du Parlement –, Anton Hofreiter. mais un patron de chemin de fer ça peut, certes, porter quelques voyageurs dans ses bras (un à la fois seulement quand même !) mais pas très loin ! C'est comme en France: un patron ça ne sait que supprimer des emplois, et pas conduire une locomotive (mais un conducteur de plus ne résoudrait pas le problème !

Le responsable du plus grand syndicat des cheminots (EVG), Alexander Kirchner, a de son côté déclaré que le chaos de Mayence était prévisible, pointant le manque criant de personnel. « Quand la Bahn dit aujourd’hui que ce qui arrive à Mayence est la conséquence des congés et des maladies, ce sont des excuses. D’après nos estimations, il manque près de 1 000 salariés dans le secteur des ‘chefs de sécurité’», a-t-il dénoncé.

Décidément cela ne va pas bien dans les chemins de fer ! La recherche de la rentabilité maximum au détriment du service, cela fait qu'au bout du compte, ou ça casse (voir la série de catastrophe de cet été), ou ça s'arrête faute de "combattants"!

En Allemagne comme en France, faut embaucher !!! En plus ça marcherait mieux, cela ferait reculer le chômage, cela remplirait les caisses de sécurité sociale et de retraite !

 

Union locale CGT de la région dieppoise.

 


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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 07:01

hartziv.jpgEn Allemagne, on conseille aux chômeurs ... de ne pas manger de viande ou de mettre des pierres dans leur chasse d'eau pour économiser!

 



Article publié par Avante, organe du Parti communiste portugais (PCP)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ne pas manger de viande, mettre des pierres dans les toilettes pour économiser de l'eau, voilà les conseils que l'on trouve dans un livret pour les chômeurs édité en Allemagne, qui suscite la polémique dans le pays.



Le livret, distribué par le Centre pour l'emploi du district de Pinneberg, dans l’État fédéré de Schleswig-Holstein, s'adresse aux familles qui reçoivent l'aide Hartz IV, destinée aux chômeurs qui ne reçoivent plus les allocations-chômage.



Les conseils sont donnés sous la forme d'une bande dessinée, comprenant les « astuces de la famille Fischer », composée de quatre membres.



Parmi les propositions, on trouve le fait de renoncer à la consommation de viandes pendant une semaine : « De toute façon, je veux être végétarienne », affirme Lara la fille de la famille imaginaire.



Plus tard, la famille décide de vendre sur Internet des meubles anciens, réussissant ainsi à récolter 350 euros, et commence à boire l'eau du robinet pour ne pas gaspiller de l'argent avec de l'eau en bouteille.



Le livret comprend même d'autres conseils : mettre des pierres dans la chasse d'eau pour économiser sur la facture d'eau ; éviter que la température de la maison ne dépasse les 20 degrés ou ne pas faire d'achats au super-marché sans une liste et avec l'estomac vide.



Le Centre pour l'emploi de Pinneberg recommande également de faire le shopping dans des boutiques du temps des soldes et des liquidations : « les articles de la saison dernière peuvent aussi être intéressants ».



L'initiative pourrait être considérée comme une idée malheureuse de ce centre du Nord de l'Allemagne. Toutefois, elle a pris de l'importance quand le sous-directeur de l'Agence nationale pour l'Emploi, Heinrich Alt, a exprimé son enthousiasme, qualifiant le livret de « guide extraordinaire ».



Les aides Hartz IV sont une sorte de revenu minimum garanti qui comprend le paiement d'un loyer et un petit montant de subsistance de 350 €. Les bénéficiaires peuvent faire de petits boulots qui leur permettent de gagner jusqu'à 100 € de plus.



Pour accéder à ces aides, le candidat ne peut pas avoir d'actifs ou d'économies. Si il possède une maison, des bijoux ou d'autres articles de valeur, il doit les vendre. Il ne peut pas également recevoir d'aide de ses proches ou ses amis, et pour contrôler son niveau de vie, l'agence pour l'emploi a le droit d'envoyer un inspecteur à la maison pour vérifier si il existe des objets considérés comme « inappropriés ».



Selon des informations qui ont filtré dans la presse, le contrôle va jusqu'à surveiller les courses au super-marché, et même les boîtes aux lettres.



Le mobilier est une des rares choses qu'ils peuvent garder ou vendre, leur permettant de conserver l'argent ainsi récolté.



Contre ce système humiliant, se sont élevées des voix qui le considèrent inconstitutionnel, vu que la Loi fondamentale garantit dans son premier article le droit de chaque personne à la dignité.

 

 

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