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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 09:49

 le  par 

 

http://autrementvu.files.wordpress.com/2014/03/sdf.jpg?w=640

 

Il était une fois une nation qui se croyait forte, civilisée, disaient ses dirigeants, économiquement avancée, prétendaient les financiers de tous poils, toujours prompts à analyser une situation par le seul prisme des nombres. Il était un pays qui se pensait encore le phare des droits de l’homme et de la pensée, un espace où la raison était censée gouverner les esprits éclairés par une culture millénaire …

 

Il était une nation qui avait eu une très forte tradition chrétienne, qui pensait qu’en franchissant le pas de la laïcité, l’état était capable de prendre le relais du clergé pour assumer une charité qui devenait de la solidarité sociale. Chaque citoyen était couvert par des lois bienveillantes. Le territoire était maillé de façon à ce que nulle détresse individuelle n’échappât à la vigilance des fonctionnaires dont c’était la mission.

 

Il était une nation qui, petit à petit, sombra dans les terribles travers de la modernité. L’individualisme fut élevé au rang de modèle, l’égoïsme accompagna naturellement cette doctrine qui prône le chacun pour soi. Plus le niveau de vie augmentait, plus les portes et les cœurs se refermaient dans ce pays où jadis, il faisait si bon vivre.

 

Il fut un pays qui décréta que le bien public était désormais une hérésie, que les agents de l’état étaient des parasites, des inutiles, des incapables. Les institutions se targuèrent de rechercher sans cesse des gisements d’économies possibles et c’est naturellement vers les subsides destinés aux plus faibles que furent réalisées les premières coupes sombres.

 

Dans le même mouvement, les gens de ce pays s’habituèrent à se regarder de travers. Petit à petit, la suspicion, le mépris, la crainte, la peur ou bien la haine firent des ravages dans les esprits. L’étranger, le différent, le pauvre, le malade ou bien l’handicapé furent montrés du doigt. Chacun se renferma dans son quant à soi, dans son petit confort que d’autres prétendait-on alors, voulaient mettre en danger.

 

Des idées affreuses firent leur apparition. Puis, les idées ne suffirent plus, la police passa à l’action. Des lois scélérates chassèrent les pauvres des centres-villes, les étrangers de certains camps, on interdit aux jeunes de se réunir dans les cages d’escaliers. Petit à petit, ce pays si fier de sa Révolution, sombra dans une morosité contagieuse, une indifférence généralisée, une insupportable folie sécuritaire.

 

Tout s’effrita, se délita, se liquéfia. Les rues devinrent le dernier refuge des laissés-pour-compte. Il leur fallait se cacher, échapper au regard des bonnes consciences, sortir du cadre pour ne pas indisposer par leur présence. Les centres-villes si beaux, si propres, si policés ne pouvaient plus tolérer ces épaves de la prospérité, ces gens sans toit ni choix.

 

Et puis l’impensable fit son retour. Dans ce pays, toujours plus riche pourtant, toujours plus évolué encore, des hommes et des femmes mouraient de froid, de faim et d’indifférence dans des rues sombres, des sous-bois, des quais déserts ou bien le long de friches industrielles. Ils avaient la délicatesse de mourir loin des regards de ceux qui n’étaient pas encore frappés par la malédiction sociale, la déchéance de la pauvreté sans issue.

 

Plus grave encore, des enfants furent comptés parmi les victimes dont le nombre, d’année en année ne cessait de croître. 453 sont ainsi morts dans la rue, pire que des chiens si souvent mieux traités qu’eux ! 453 morts sans laisser d’adresse, sans personne pour les pleurer, sans témoin ni accompagnement.

 

Ne croyez pas que ce pays est loin d’ici. C’est le vôtre, c’est le nôtre. C’est en France que 453 humains sont sortis en 2013 de la dignité humaine pour ne devenir que des bêtes traquées, des rats qu’on a laissés croupir dans nos immondices et qui ont fini par crever sans faire de bruit. C’est la honte de notre époque, le terrible recul de nos consciences, la disparition de la solidarité !

 

Nous portons tous une part de responsabilité. Nous avons tous accepté le discours infâme que nous ont servi des responsables aveuglés par la richesse d’une minorité cupide et incapable de comprendre la détresse de quelques-uns et les difficultés de tous les autres. Nous ne serons plus une nation tant que ce scandale perdurera. Nous n’avons pas à donner des conseils ou pire encore, des leçons aux autres pays quand dans le nôtre, ce drame effroyable se déroule sans que rien ne soit fait …

 

Désespérément leur.

 

 

 

 

http://www.mortsdelarue.org/

 


 


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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 20:52

 http://www.gaucherevolutionnaire.fr/wp-content/uploads/2013/11/travail-dimanche.jpeg

 

Novembre 2013

Il y a vingt-deux ans, sur le plateau de l’émission « L’heure de vérité » (Antenne 2, 22 décembre 1991), un expert plus familier des cénacles patronaux que des luttes sociales manifestait son soutien à l’ouverture dominicale du magasin Virgin Megastore des Champs-Elysées, à Paris, malgré une importante sanction financière. « Moi, en sortant, je vais aller m’acheter un disque chez Virgin Megastore pour contribuer au financement de l’amende, s’enthousiasmait M. Alain Minc. Il est évident que la non-ouverture le dimanche est un archaïsme. »

Le 1er octobre 2013, M. Minc squatte cette fois le plateau d’iTélé lorsque le journaliste l’interroge : « Est-ce qu’on travaille le dimanche en Allemagne ? Parce que c’est le grand débat du moment en France… » Les Allemands se reposant ce jour-là, l’expert — loin de se démonter — explique aussitôt : « Il faut toujours avoir en tête que les Allemands ont plus les moyens d’être archaïques que nous. » La chaîne Virgin, elle, a mis la clé sous la porte en 2012. Elle avait pourtant obtenu l’autorisation de faire travailler ses salariés le septième jour de la semaine...


En deux décennies, le débat a pris l’allure d’un serpent de mer crevant à intervalles réguliers l’écran du journal télévisé (JT). Comme l’observe M. Karl Ghazi, secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT) commerce de Paris, cette période a été rythmée par une« valse à trois temps régulièrement et méthodiquement martelés par le patronat ». Et par les médias.


Au premier temps de la valse, de grands noms de la distribution violent délibérément la législation du travail : Printemps, Ikea et Virgin à la fin des années 1980, Vuitton, Usines Center et le centre commercial de Plan-de-Campagne (Bouches-du-Rhône) au milieu des années 2000, Castorama et Leroy-Merlin en septembre 2013.


Deuxième temps : le front judiciaire. Qu’importe si les enseignes perdent systématiquement les batailles qu’elles engagent : il s’agit surtout d’imposer le « débat » — et une certaine façon de le poser — dans l’espace public et dans la presse. Celle-ci n’éprouvant qu’un désir modéré de protéger le code du travail, elle embraye sans effort. Ingénu, le présentateur de la tranche matinale d’Europe 1, Thomas Sotto, observait, au cours de sa revue de presse du 30 septembre 2013 : « Pour les magasins de bricolage qui ont décidé de braver la loi et d’accueillir leurs clients hier, le “coup de com” est réussi. »


En matière de communication, le secteur de la grande distribution en connaît un rayon. En 1991, l’offensive patronale s’accompagnait d’une campagne concoctée par le publicitaire Jacques Séguéla : « Monsieur le ministre du commerce, si vous avez de bonnes raisons pour interdire aux commerçants d’ouvrir librement le dimanche, c’est que vous avez sûrement de bonnes raisons pour interdire aux Français de vivre librement leur dimanche. » Son association Liberté le dimanche, discrètement financée par Ikea et Virgin Megastore, bénéficie alors d’une large couverture médiatique. « Quand est-ce que ce pays va se réveiller ? Quand est-ce qu’on va aller de l’avant ? Il y a trente ans qu’aux Etats-Unis tous les magasins sont ouverts le dimanche ! »,s’exaspérait M. Séguéla au JT de 13 heures sur Antenne 2, le 14 mai 1991. En 2013, une autre agence de communication, Les Ateliers Corporate, relaie le propos des entrepreneurs du bricolage. On découvre que les salariés de Castorama et de Leroy-Merlin regroupés au sein du collectif des Bricoleurs du dimanche, si prompts à soutenir leur direction, ont reçu quelques cours de coaching financés par leurs employeurs.


Réapparaît ainsi régulièrement la figure prototypique de l’employé volontaire, « pris en otage » par le code du travail. De préférence une jeune femme pour qui étudier serait impossible sans ce job d’appoint. En 1989 : « Ça m’a permis de continuer mes études, et puis j’ai deux enfants, ça me permet de les élever tranquillement en semaine (1). »En 2007 : « J’ai commencé le travail en tant qu’étudiante. J’étais en cours toute la semaine, et pouvoir travailler le week-end, c’était vraiment une liberté (2). » En 2013 : « Le but est de me payer un appartement près de mon école. Donc je travaille le samedi et le dimanche ici. On est payés double (3). »


Il est plus rare qu’on popularise les conclusions d’études comme celle de Magali Beffy, Denis Fougère et Arnaud Maurel sur l’impact scolaire du travail salarié. Pourtant, on y apprendrait que « l’occupation d’un emploi régulier réduit significativement la probabilité de réussite à l’examen de fin d’année universitaire. S’ils ne travaillaient pas, les étudiants salariés auraient une probabilité plus élevée de 43 points [de pourcentage] de réussir leur année (4) ». Justement, les étudiants des classes préparatoires ou des grandes écoles travaillent rarement le week-end...


Entière disponibilité à être interviewé, élocution calibrée : les salariés modèles prêts à sacrifier leurs fins de semaine plaisent manifestement davantage aux vedettes des médias — éditorialistes, présentateurs, experts cathodiques largement acquis à la dérégulation du code du travail — que d’autres, acculés par leur hiérarchie à rester dans leur supermarché le dimanche. « Beaucoup de caissières qui manient mal le français ont peur des représailles si elles racontent leurs conditions de travail. Elles ne sont pas de bonnes clientes pour les journalistes »,remarque M. Ghazi.


Fernando Malverde, reporter à France 3 Ile-de-France, ajoute : « Le journaliste de base du JT, aujourd’hui, travaille dans un cadre de plus en plus coercitif. Le programme n’est pas choisi par lui, mais de plus en plus par des agences de communication. Il est contraint à une rapidité d’exécution et à un format de plus en plus court. Les salariés de Castorama et de Leroy-Merlin répondent parfaitement aux nouvelles exigences du métier. » Lui-même en fait les frais, quelques jours après le coup de force des géants du bricolage et de l’ameublement : « Monoprix a profité de cette occasion pour annoncer, mardi 1er octobre vers 20 heures, qu’il était contraint de fermer ses magasins à 21 heures à cause d’un recours de la CGT. Le lendemain matin, j’ai dû rapporter un sujet pour le journal de la mi-journée. J’ai eu une demi-heure pour le tourner. »


Le tableau d’une France improbable, peuplée de salariés heureux, se découvre alors comme par magie sous le pinceau des médias, en dépit de quelques pâtés antisyndicaux cherchant à gâcher le joli paysage.

30 septembre 2013. Wendy Bouchard, présentatrice d’Europe 1, reçoit M. Ghazi, dont le syndicat a obtenu plus de 52 % des voix à Monoprix. Elle lui oppose une salve de tweets. Mickael : « Depuis quand le but des syndicats est d’empêcher les gens de travailler ? » Frédéric : « Grâce à la CGT, le travail est bientôt aboli en France ! » Le lendemain, la station de M. Arnaud Lagardère affichera sur son site le « sondage du jour » : « Trouvez-vous normal qu’un magasin soit contraint par un syndicat de ne plus ouvrir après 21 heures ? »

L’histoire de M. Habib Hamdoud n’a fait la « une » ni du site d’Europe 1, ni du quotidien Les Echos (propriété de M. Bernard Arnault, au même titre que l’enseigne Sephora, qui a annoncé son intention d’ouvrir sa boutique des Champs-Elysées la nuit). Embauché après plus d’une cinquantaine de contrats à durée déterminée (CDD) dans plusieurs magasins du groupe, M. Hamdoud a travaillé dans un Auchan City de Tourcoing, dans le Nord. Ce supermarché créé il y a trois ans a libéré ses quatre-vingt-trois salariés de leurs interrogations sur le meilleur moyen d’occuper leurs soirées et leurs dimanches. Ici, on travaille régulièrement jusqu’à 21 heures en semaine et de 9 heures à 13 heures le « jour du Seigneur ». Sans aucune majoration : « On a une direction qui manie beaucoup le bâton, très peu la carotte », précise M. Hamdoud, dont certains collègues enchaînent jusqu’à dix jours d’affilée.


Un jour, M. Hamdoud en a eu assez. Avec l’aide de l’union locale CGT de Tourcoing, il a monté une section syndicale, résisté à sa hiérarchie et obtenu les élections que la direction refusait. En juin 2013, 72 % de ses collègues ont voté pour la CGT. Une autre France que celle dépeinte par les tweets d’Europe 1...

Enfin, le troisième temps de la valse, le plus important. Il s’agit d’obtenir un soutien politique suffisant pour détricoter la loi et les textes de protection des salariés. En 1993, la mobilisation parlementaire a débouché sur la loi Giraud-Balladur. En 2009, sur la loi Mallié-Sarkozy (5). Et en 2013 ?

Pour M. Ghazi, l’enjeu est de taille : « Actuellement, le contrat collectif s’impose encore face au contrat individuel. Le volontariat est un concept très dangereux. Il a pour but d’exploser le contrat collectif et de normaliser la concurrence entre les salariés. » Mais les vingt dernières années nous suggèrent que, dans ce domaine, la bataille menée par le patronat de la distribution n’a pas toujours été couronnée de succès. Car il semblerait que les salariés préfèrent parfois être pris en otage par le code du travail que par leur employeur… Une surprise ? De l’avis de l’économiste Frédéric Lordon, pas vraiment : « On a voulu convertir un corps social à une nouvelle sorte de vie collective, à une nouvelle sorte de vie économique et sociale. Et ce corps social-là, fondamentalement, il ne voulait pas, pour de très bonnes raisons. C’est qu’il avait tout à y perdre. Alors, à mesure de la résistance d’abord anticipée, puis constatée, il a fallu déployer un effort de conviction ou de persuasion de même proportion (6). »


Dans ces conditions, le travail de « pédagogie » de M. Minc paraît loin d’être achevé...


(1) Journal de 20 heures, TF1, 26 février 1989.

(2) «  Mots croisés  », France 2, 8 janvier 2007.
(3) Journal de 13 heures, France Inter, 29 septembre 2013.
(4) «  L’impact du travail salarié des étudiants sur la réussite et la poursuite des études universitaires  » (PDF), Economie et statistique, no 422, Paris, novembre 2009.
(5) Michel Giraud était ministre du travail dans le gouvernement de M. Edouard Balladur en 1993  ; M. Richard Mallié, député de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) en 2009, est l’auteur du texte à l’origine de la loi.
(6Les Nouveaux Chiens de garde, JEM Productions, 2012.
 
Gilles Balbastre

 Journaliste et coréalisateur avec Yannick Kergoat du documentaire Les Nouveaux Chiens de garde (JEM Productions, 2012).

 

http://www.monde-diplomatique.fr/squelettes/images/logotyfa.png


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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 18:23

Le 06 mars 2014 
ADRIEN GABOULAUD

 

 

http://cdn-parismatch.ladmedia.fr/var/news/storage/images/paris-match/actu/economie/la-plus-vieille-usine-de-france-va-disparaitre-551911/5094337-1-fre-FR/La-plus-vieille-usine-de-France-va-disparaitre_article_landscape_pm_v8.jpg

De g. à d. et de h. en b. : Usine et cités du Grand-Meix au début du XXe siècle. Enveloppe de rame fabriquée par Joseph Jacquot, maître du Grand-Meix, début XVIIIe. Dans les années 1950, une charrette remplie de balles de pâte à papier et des ouvriers devant leur machine. © DR

 

 

 

La papeterie de Docelles, dans les Vosges, ne pourra pas être reprise par ses salariés : l'entreprise qui en est propriétaire a refusé le projet de coopérative. L'usine existait depuis plus de cinq siècles.


C'est sur le refus d'une multinationale finlandaise que s'achève l'histoire de la plus vieille usine de France. La papeterie de Docelles va fermer ses portes, après plus de cinq siècles d'une épopée industrielle que vous racontait Match la semaine dernière. UPM, géant du papier, n'a pas entendu la mobilisation des salariés, qui avaient pourtant présenté un projet de société coopérative et participative (Scop) jugé solide par le gouvernement et les banques qui l'ont soutenu. Dès le 22 janvier, d'ailleurs, UPM annonçait par un communiqué de presse la fermeture de l'usine, avant même d'avoir pu étudier la proposition des salariés.


Mercredi, une réunion à Paris en présence du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a scellé le sort de la papeterie. «Au début, on leur a fait une proposition de la Scop, pour un euro. Après, on a fait une suspension de séance, ils nous ont dit que ce n’était pas acceptable. On a regardé : on pouvait mettre 3 millions d’euros pour racheter l’entreprise», raconte à Paris Match Sébastien Saget, ouvrier et élu CGT. Pas assez pour UPM, qui estime le prix de l'usine entre 10 et 12 millions d'euros, selon le syndicaliste. «C'était une discussion commerciale. Il y avait certaines conditions dans l'offre sur lesquelles nous ne sommes pas tombés d'accord, surtout sur la valorisation de l'usine. Il y avait l'offre de la Scop d'une part et l'évaluation faite en interne par UPM sur la valeur de la machine et de l'équipement», justifie le vice-président d'UPM, Petteri Kalela auprès de Paris Match, sans commenter les chiffres annoncés.  


"ILS NOUS ONT TRIMBALLÉS"


 

Pour les salariés, le choc est terrible. Jusqu'à 300 emplois directs et indirects pourraient être perdus suite à la fermeture. Après près de trois mois de travail sur ce projet de coopérative, les 85 salariés qui s'étaient engagés ont aujourd'hui le sentiment d'avoir perdu leur temps, alors qu'ils auraient pu chercher un emploi ailleurs. «Pour nous le refus d'UPM, c’était une surprise, reconnaît Sébastien Saget. Les salariés sont vraiment remontés.» Selon le syndicaliste, l'entreprise a fait preuve de mauvaise foi. «Ils savaient que pour la coopérative c’était impossible de mettre 10 ou 12 millions d’euros, mais mercredi, c'était la première fois qu'ils évoquaient une somme. Ils ont joué la montre, ils ont menti. C’est vraiment se moquer des salariés. Ils nous ont trimballés.» Petteri Kalela assure au contraire que la négociation a été menée jusqu'au bout : «On a pris cette proposition de Scop très sérieusement».

http://cdn-parismatch.ladmedia.fr/var/news/storage/images/media/images/docelles2/5094931-1-fre-FR/Docelles_inside_full_content_pm_v8.jpg

Mercredi 19 février 2014, à midi, les salariés volontaires pour une reprise, devant leur usine, premier employeur de Docelles. © Thierry Esch

 

 

UPM redoutait-il la concurrence d'un nouvel acteur? De la papeterie de Docelles, la plus petite unité d'UPM, la firme n'avait pourtant pas grand chose à craindre. «Une entreprise avec une capacité de 160 000 tonnes n’a vraiment pas de quoi faire peur à UPM. On avait quelques marchés en concurrence, mais on serait resté un très petit acteur», explique Sébastien Saget.  


Petteri Kalela affirme ne pas savoir à l'heure actuelle ce qu'il adviendra de la machine à papier, surnommée «la Marie», qui fait la fierté des salariés de la papeterie. Sera-t-elle vendue, démantelée, déplacée? Quoiqu'il en soit, la page du papier est en passe d'être tournée à Docelles.


 

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 22:50

Voici venue l’ère des métropoles. Obéissant à la déraison économique et à la compétition libérale mondialisée, l’état a décidé une fois de plus de réorganiser son territoire en concentrant l’essentiel de ses moyens sur les grandes agglomérations urbaines. Quatorze « métropoles », nouveau statut administratif, sont créées à partir de 2015. Outre Paris, Lyon et Marseille, disposant d’un statut spécial, sont concernées les agglomérations de Toulouse, Lille, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Rennes, Rouen, Montpellier, Brest, Nice. Et donc Grenoble.
Voici cinquante ans que l’on vante la « métropole » grenobloise. Déjà lors des Jeux Olympiques de 1968, Paris Match s’enflamme : «  La France découvre qu’elle a une métropole de l’an 2000. Grenoble, c’est Brasilia ». Depuis, beaucoup de béton a coulé dans la cuvette, et les caciques locaux ressassent leur ambition de diriger « une métropole à échelle européenne ». Un objectif qui recueille un consensus politique quasi-général. Mais pour que les simples habitants retrouvent un peu de pouvoir, la seule solution est la dissolution de la métropole.

 

Êtes-vous déjà tombé sur une manifestation « pour une métropole » ? Avez-vous déjà vu des habitants se regrouper, pétitionner, militer sous une bannière : « Une commune c’est minable, une métropole c’est formidable » ? 

 
Nous non plus. La création des métropoles résulte de la volonté de l’État et des puissants. Les notables locaux tentent avec leurs gros sabots de tromper les naïfs en promettant monts et merveilles. Alors que le maire Destot assure que «  cette reconnaissance [NDR : du statut de métropole] est une excellente chose pour l’agglomération grenobloise et pour ses habitants » (Le Daubé, 23/07/2013), son docile adjoint Djellal s’enflamme : «  L’ensemble des habitants de l’agglomération ont un motif supplémentaire d’être fiers de Grenoble, seule ville qui ne soit pas capitale régionale à accéder au statut métropolitain » (Le Daubé, 24/07/2013) [1]. Mais nul besoin d’un master d’esprit critique pour saisir que l’expansion métropolitaine n’a rien à voir avec le bonheur des habitants. Elle arrange d’abord ceux qui ont intrigué pour ces méga-structures, à savoir les gouvernants. Si, comme le dit une maxime populaire, « La place des élus doit être bonne vu comment ils se battent pour y accéder », la place dans les fauteuils métropolitains devrait être encore meilleure vu l’énergie que certains déploient.

 
Le promoteur de ce montage technocratique est l’État, et il en est le grand gagnant : les énormes intercommunalités que sont les métropoles lui permettront une meilleure gestion de la population. La « métropolisation » est un élément de la fameuse décentralisation, dont l’enjeu n’est pas d’affaiblir le rôle central de l’état tentaculaire mais au contraire de faire croître ses tentacules partout sur le territoire.

 

Pour parvenir à ses fins, il est même prêt à utiliser des « pouvoirs spéciaux » : « L’intercommunalité nouvelle vient d’arriver. Ou du moins, celle que le préfet de l’Isère souhaiterait voir se dessiner d’ici 2014. (…) Ces mariages intercommunaux ne font pas sourire tout le monde ? (…) Le préfet pourra utiliser, en 2013, des pouvoirs spéciaux qui lui permettent de passer outre, explique-t-on à la Préfecture. Mais on n’en est pas là » (Le Daubé, 6/01/2012).


L’intérêt de l’État pour la métropolisation, c’est de réorganiser son territoire pour être plus compétitif dans la nouvelle guerre mondiale – plus connue sous le nom de « mondialisation ». Cette concentration géographique des facteurs de production risque bien d’accélérer la «  fracture territoriale », comme l’explique Laurent Davezies, auteur de La crise qui vient [2] : «  L’avenir de la compétitivité des pays industriels se trouverait donc dans des grandes villes toujours plus denses et fluides, et de moins en moins dans les territoires périphériques ou diffus. (…) C’est aussi l’avènement de la notion de « métropole », comme forme d’organisation à même de mobiliser les gains d’efficacité vitaux pour la croissance. Le corollaire de cette nouvelle doctrine est que les territoires ‘‘périphériques’’ (villes petites et moyennes, monde rural, régions en retard de développement) sont voués à ‘‘décrocher’’ ».

 

Ainsi Christian de Saint-Etienne, économiste au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers), salarié du ministère de l’Enseignement supérieur - donc stratège de l’État -, explique dans Le Journal du dimanche (13/05/2013) qu’«  il faut repenser nos villes en Grand Paris, Grand Lyon ou Grand Grenoble, capables de rivaliser avec un Grand Londres et un Grand Berlin. (…) La France a deux moteurs économiques naturels, le Grand Paris et le Grand Lyon-Grenoble. C’est la vraie colonne vertébrale du pays, la manivelle qu’il faut tourner pour faire repartir la France ». 

 
Futurs habitants du «  moteur économique » du « Grand Lyon-Grenoble », l’État compte sur vous pour tourner la manivelle et être des bons petits soldats qu’on envoie au champ de bataille de l’attractivité économique. Pour les autres, habitants de la montagne ou des campagnes éloignées, il ne vous reste plus qu’à immigrer dans la grande métropole. Aujourd’hui, on gère les territoires comme des entreprises, il faut donc croître ou mourir.


Cette mobilisation générale pour la grande guerre de la compétitivité recueille un consensus politique quasi général. Si certains maires se mobilisent contre le coup de force métropolitain, aucune force politique locale ne conteste vraiment la volonté belliqueuse de ferrailler contre le « Grand Berlin » ou le « Grand Londres ». «  À l’heure de la mondialisation et alors que les grandes villes, en termes de population et d’attractivité, prennent de plus en plus de poids, certains pensent qu’il faut revoir nos schémas de territoire. ‘‘ Vu depuis l’Asie ou les États-Unis, quel poids peut avoir le pays du Voironnais tout seul ?’’ , lance Michel Savin, conseiller général UMP » (Le Daubé, 16/10/2009). Depuis des milliers d’années, le Voironnais-tout-seul n’a eu aucun poids « vu depuis l’Asie ou les États-Unis », mais jusqu’à preuve du contraire, cela n’a pas plongé ses habitants dans la déprime. S’il doit aujourd’hui se soucier de son aura internationale, c’est pour se plier aux dogmes libéraux de la compétition économique de tous contre tous, que les autorités locales - qu’elles soient PS, UMP, ou EELV - acceptent sans rechigner.

La métropole, tu l’aimes ou tu ne la quittes pas

La France devrait donc compter quatorze métropoles en 2015. Ces chambardements territoriaux imposés par l’Etat font râler certains élus et habitants, notamment à Paris et Marseille [3]. Dans la cuvette non plus, la perspective métropolitaine ne soulève pas l’enthousiasme, même parmi les représentants du peuple. Quelques exemples, non exhaustifs : 

 
«  Le Vercors dit ‘‘non’’ à la mammouthisation (…) Franck Girard, maire de Saint-Nizier : ‘‘C’est une évidence absolue que nos problématiques rurales, de montagne, ne sont pas celles d’un terrain urbain’’  » (Le Daubé, 16/04/2011).


  • « Clelles/Trièves. Les élus du Trièves, comme les habitants, craignent que La Métro cherche à exercer une sorte de mainmise sur la région  ». (Le Daubé, 22/04/2011).

  • « Le transfert de compétences, notamment de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, à cette communauté urbaine Grenoble Alpes Métropole, orientée principalement sur le développement urbain est en opposition avec les axes de développement édictés dans la charte du parc  » (Association Crea – Le Sappey en Chartreuse, lettre du 02/05/2011)

  • Yannick Boulard, maire de Fontaine : « C’est un coup de force précipité, avant les municipales, qui me semble voué à l’échec, contraire à toute notion de démocratie » car « sans aucune discussion au sein de conseil d’agglomération, sur le projet, sur les compétences » (Le Daubé, 28/08/2013).
  • Renzo Sulli, maire d’Échirolles : « Notre vote de ce soir, ce n’est pas un blanc-seing pour la métropole. Et attention, la mutualisation n’est pas toujours synonyme d’amélioration, on l’a bien vu avec le transfert de la collecte des ordures à la Métro : ça a coûté plus cher mais sans améliorer le service »

  •  (Le Daubé, 28/08/2013).

Récemment, huit des seize communes de la communauté de communes du sud-grenoblois ont refusé la fusion avec la Métro. En vain : elles intégreront quand même la future communauté de communes le premier janvier prochain, comme en a décidé la préfecture. La métropolisation, c’est l’uniformisation. Rien ne doit dépasser, faire tache. Les communes réfractaires sont tenues de rentrer dans le rang et de céder une partie de leur pouvoir à l’échelon métropolitain. Une métropole englobe un territoire - qui tend à l’infini - de manière totalitaire : il ne peut pas y avoir d’indépendantistes, de village gaulois, d’autres manières de faire.


Les auteurs de La Politique confisquée [4] montrent comment le développement de l’intercommunalité a favorisé le règne du consensus mou. Les conseils communautaires sont « le terreau privilégié d’une convivialité toute corporative, de mœurs courtoises, qui rendent de plus en plus difficile et coûteux pour un élu communautaire de s’opposer ou de se faire le porte-parole de positions conflictuelles ». 
La métropole exacerbera ce penchant naturel de l’intercommunalité à vouloir présenter la politique entreprise comme la seule possible, selon le mot fameux « il n’y a pas d’alternative ». D’ailleurs, bien souvent, les élus ne sont pas très actifs et délèguent l’essentiel de leurs pouvoirs à des techniciens omniprésents.


Ce rouleau compresseur consensuel favorise le désintérêt pour la vie locale et la résignation. Dans notre dernier numéro, lors d’un reportage autour du projet immobilier des Portes du Vercors à Fontaine et Sassenage, nous avons été frappés par le fatalisme des personnes rencontrées. Le fait que ce projet soit porté par la Métro décourage les mécontents de faire entendre leur voix. Face à un monstre bureaucratique, la lutte paraît bien plus difficile que contre une petite commune. Ne reste plus qu’à réclamer quelques aménagements mineurs (baisser la hauteur des immeubles, rajouter quelques espaces verts). La contestation radicale des projets paraît perdue d’avance.

Relocalisation du pouvoir

Cela fait de nombreuses fois que Le Postillon aborde ce sujet de la métropolisation, car il revêt la plus grande importance. En réalisant ce journal, on s’est rendu compte à quel point la vie urbaine moderne décourage l’implication dans la vie de la cité. L’échec des ridicules réunions de « démocratie participative » organisées par la Métro est explicite. Les dernières «  rencontres métropolitaines », organisées pour «  imaginer la métropole de demain » n’ont pas réuni, en trois rendez-vous, plus de 150 personnes, selon les propres chiffres de la Métro (Le Métroscope, septembre 2013). Il faut vraiment avoir du temps à perdre pour aller à ces rencontres formatées et sans enjeu (voir notre reportage dans le n°14).

 
En zone rurale, les habitants se sentent davantage partie prenante de la vie locale. Ainsi, nous avons eu de nombreuses réactions après nos reportages sur l’implantation de l’entreprise Raidlight (spécialisée dans le trail) en Chartreuse (dans le n°11), ou la mise en place de poubelles électroniques dans le Sud-Grésivaudan (dans le n°17).

 
La ville est dominée par un sentiment d’impuissance que la métropolisation ne fera qu’aggraver.

 

L’expression de voix dissidentes est découragée, car dans la guerre économique comme dans toutes les autres guerres, on n’accepte ni les déserteurs, ni les pacifistes. Toutes les métropoles se ressemblent, on habite Grenoble comme on habiterait Lille ou Amsterdam. Comme un spectateur déraciné sans aucun sentiment d’appartenance et sans aucune volonté d’agir. En ayant même oublié qu’il pourrait en être autrement, que l’on pourrait vivre dans un endroit non ravagé par le règne de l’économie.


Afin de contrer le fatalisme, il nous reste donc à opposer un processus inverse à celui de la métropolisation, un mouvement qui aurait pour but de relocaliser le pouvoir des habitants. De la même manière que la sortie de l’Union européenne est la seule façon pour les peuples de retrouver un peu de souveraineté, la sortie de la métropole est la seule façon pour les simples habitants d’espérer retrouver un peu de liberté d’action.

Nos revendications :

  • Dissolution de la Métro. 
  • Désertion de la compétition économique internationale. 
  • Autonomie communale. 
  • Libre association pour le ramassage des poubelles. 
  • Création de communes libres dans chaque quartier de Grenoble. 
  • Requalification de l’Hôtel de Ville en musée de la Grande Guerre économique.

 

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C’était quand même beaucoup mieux maintenant. Vue depuis la Bastille sur Grenoble, Seyssinet, Seyssins, Première image en 1913 et ci dessus récemment.

Chronologie

En 1973, des communes de l’agglomération grenobloise se regroupent dans le SIEPARG (Syndicat intercommunal d’étude et de programmation pour l’aménagement de la région grenobloise).
En 1994, le SIEPARG se transforme en communauté de communes sous le nom de Grenoble Alpes Métropole (la Métro).
En 2000, la Métro se transforme en 
communauté d’agglomération.
En 2005, elle prend en charge la gestion de la collecte des déchets.
Au premier janvier 2014, la Métro passera de 28 à 49 communes, suite à la fusion avec la communauté de communes du Sud-Grenoblois (autour de Vizille) et celle des Balcons Sud-Chartreuse. Elle regroupera 440 000 habitants.
Au premier janvier 2015, la Métro obtiendra le statut de métropole, comme treize autres agglomérations françaises.

Véga – RUG : la Métropole va grandir


Depuis un mois, un nouveau syndicat mixte est né, répondant au doux nom de Véga, et réunissant la Métro et le Pays voironnais. Son objectif est d’être «  un nouvel outil entre les mains de la Métro et du Pays voironnais pour décupler le développement économique de la région urbaine à travers des projets et des réalisations communes ». Bref il s’agit d’une première extension administrative de la métropole, en attendant la suite. Car il y a fort à parier que celle-ci englobera le Grésivaudan, le Trièves, la Bièvre-Valloire et le Sud-Grésivaudan, territoires tous présents dans le Scot (Shéma de cohérence territoriale) de Grenoble, dirigé par le président de la Métro Marc Baietto. Pour désigner cet ensemble, on parle de plus en plus de « Région urbaine grenobloise » ou RUG, une notion à la mode qui prépare les esprits à la nécessité future d’être administrés à cette échelle-là. À moins que l’on passe directement à une administration centrale du Sillon alpin (d’Annemasse à Valence), dont le « pôle métropolitain » actuel serait une préfiguration (voir Le Postillon n°11).

« Incohérence de la chaîne institutionnelle et découragement des salariés »


De nombreux salariés de l’actuelle Métro sont sceptiques sur le futur agrandissement de la communauté de communes. Nicolas Khaletzky, secrétaire général de la CGT Métro, affirme : « Je suis très dubitatif sur le succès de cette future fusion au niveau du fonctionnement et des conditions de travail du personnel. La Métro c’est une collectivité très jeune construite à la va-vite. En moins de quinze ans elle est passé de 80 à 800 emplois, avec des bases très fragiles notamment dues au fonctionnement arbitraire imposé aux services durant des années par l’ancien directeur général (...). Tout le monde a pris de mauvaises habitudes (...) Il est très difficile de faire du syndicalisme à La Métro car la logique individualiste est très ancrée. Mon travail quotidien c’est de rappeler aux agents la base, c’est-à-dire que l’union fait la force. Depuis 2002 en moyenne, on a eu une réorganisation tous les deux ans. à chaque fois on nous dit que la dernière fois c’était raté mais que là ça va aller mieux. Aujourd’hui encore, on n’arrive pas à savoir qui décide quoi, et surtout pourquoi. (...) La direction semble trop souvent n’avoir que deux cartes dans son jeu et elle les joue systématiquement : d’abord l’inaction et le pourrissement, puis le passage en force en prétextant qu’il faut bien faire quelque chose et que, vraiment, ils ont tellement concerté pour en arriver là qu’ils ont forcement raison (…). Le pire c’est que ça marche, en tout cas à court terme. Personne ne veut se mobiliser sur rien. Il y a une incohérence et une inefficacité criantes de la chaîne décisionnelle qui sont responsables d’une bonne part du découragement et de la démotivation des agents.  »

« On n’a toujours pas compris : une métropole, c’est pourquoi faire ? »


En juillet dernier, Jean-Marc Uhry, maire PS de Poisat et vice-président à la Métro en charge de l’environnement, a décidé de rendre sa délégation, en confiant au Daubé (06/07/2013) : «  Cette décision a été longuement mûrie. Mais le déclic s’est produit quand le président de la Métro Marc Baietto et le maire de Grenoble Michel Destot ont été reçus par le préfet qui voulait savoir ce qu’ils comptaient faire avec le Plan de protection de l’atmosphère. Et ils ont décidé à cette occasion, sans concertation et accessoirement sans demander mon avis, du report du plan en septembre 2014, soit après les élections municipales. (…) Je sens donc qu’il n’y a pas de volonté politique de s’attaquer au problème de la pollution atmosphérique ». 

 
On l’a donc appelé pour avoir son avis sur la métropolisation, s’il pensait qu’elle allait améliorer la qualité de l’air... : « Je ne vois pas sur quoi repose ce Big is beautiful. On dit que ça va faire des économies, rationaliser mais rien ne le prouve. Ça va surtout créer une technostructure hypertrophiée, dirigée par des techniciens plus que par les politiques comme c’est déjà un peu le cas à la Métro. Une plus grosse machine, un système extrêmement lourd et extrêmement antidémocratique. On n’a toujours pas compris : une métropole, c’est pour quoi faire ? Pour le bien être des habitants il faut faire des actions sur l’eau, sur l’air, sur la circulation, sur les forêts. Il n’y a pas besoin d’une métropole pour ça. On peut très bien développer des coopérations entre communes sans monter une grande structure antidémocratique. Je pense que certains voient surtout la métropole comme un lieu de pouvoir un peu impérialiste, qui leur permettra de tout planifier, de prendre de l’ampleur. »

Destot se place


Durant les débats parlementaires estivaux autour du vote de la loi sur la Métropole, Destot a défendu «  la mise en place du suffrage universel comme mode d’élection des conseillers métropolitains ». Sous une allure démocratique, cette revendication est surtout un stratagème pour espérer prendre la tête de la Métropole en 2015. Plus connu que Baietto et que tout homme politique local, le futur-ex-maire de Grenoble (il vient d’annoncer sa décision de ne pas briguer la mairie en 2014) aurait en effet plus de chances d’arriver au pouvoir métropolitain par le suffrage universel plutôt que par le mode de désignation actuel.

Métropoles uniformes


Métropole Nice Côte d’Azur, Rennes Métropole, Chambéry Métropole, Angers Loire Métropole, Saint-Étienne Métropole... : on peut supposer que personne n’a été payé pour trouver les noms de ces nouveaux grands ensembles, quoiqu’on sache que la banalité rapporte gros aujourd’hui. L’uniformité des noms de ces nouveaux machins en dit long sur l’uniformité de la vie qui y règne. Dans toutes les métropoles de France et de Navarre, on a les mêmes nouveaux « écoquartiers », les mêmes architectures, les mêmes « espaces multimodaux », les mêmes Grand Stade, les mêmes caméras de vidéosurveillance, les mêmes agences de communication, les mêmes start-up, les mêmes lignes de tramway, les mêmes centres d’art contemporain, les mêmes commerces, presque les mêmes « marques » (OnlyLyon, PlayGrenoble, Montpellier Unlimited), etc.


Une métropole n’est pas une ville


« Nous parlons de ville, mais la ville a changé. À peine peut-on donner ce nom aux débâcles de béton qui finissent par engloutir plusieurs villes », constatait déjà Bernard Charbonneau en 1969 dans Le jardin de Babylone. Ce qui est en train de se construire entre Valence et Genève n’a rien à voir avec une ville : c’est une grande banlieue, une succession de grands ensembles, de zones pavillonnaires, de centres commerciaux, de zones industrielles et de rond-points. Avec les inconvénients de la campagne et de la ville, la métropole se caractérise surtout par une absence d’âme, et se voue à la raison économique. Autant les villes « d’avant » ont souvent permis de multiples formes de subversion, autant les métropoles modernes sont dominées par le règne du conformisme.

Plus aucun espace aménageable


La mauvaise foi de Philippe De Longevialle, n’a pas de limites. Pour justifier la densification de la ville, l’adjoint au bétonnage grenoblois avait montré au Daubé (19/03/2012) « une maquette fidèle à Grenoble au XIXème siècle : ‘‘On voit bien que la question de la densité est liée au ressenti, à l’époque, il n’y avait pas un seul jardin, un seul espace vert’’ ». Comme si la densité urbaine actuelle était comparable à celle du Grenoble du dix-neuvième siècle, petite ville fortifiée entourée d’immenses champs et vergers parsemés de quelques fermes et hameaux. Aujourd’hui, il n’y a plus un espace libre dans la Métro : « On arrive un peu à une pénurie de terrains libres aménageables, confirme Stéphane Bonomi [NDR : responsable du service Aménagement opérationnel] à la Métro.

 

Et certains terrains sont soumis à des risques d’inondation en cas de crue, comme c’est le cas pour les projets de Pré Charron à Domène et de Technovillage à Muriannette. D’ailleurs si ces terrains ne sont pas urbanisés à l’aube du XXIème siècle, c’est qu’il y a une raison » (Le Daubé, 6/04/2013).

NOTES

[1Dans une interview récente au Moniteur (20/09/2013), Destot s’enorgueillit que, dans un sondage commandé par l’AMGVF (Association des maires des grandes villes de France – association qu’il préside), «  la création des métropoles est appréciée positivement par 67 % des personnes interrogées ». Ce qu’il omet de dire, c’est que selon ce même sondage 73 % des personnes interrogées n’ont pas «  entendu parler de la création du statut de métropole ». Les « positifs » ne représentent pas «  67 % des personnes interrogées » mais 67 % des 27 % ayant entendu parler de la création du statut de métropole. Bref, « la création des métropoles est appréciée positivement par... » 16 % des personnes interrogées.

[2Laurent Davezies, La crise qui vient, Le Seuil, 2012

[3Des élus des Bouches-du-Rhône paient des publicités dans Le Monde (04/07/2013) pour avertir : «  Nous, maires et présidents d’intercommunalité des Bouches-du-Rhône, refusons le triple déni de démocratie, de justice et d’égalité républicaine, que le gouvernement entend imposer en fondant les intercommunalités existantes dans une mégapole surdimensionnée, hyper-centralisée, coûteuse, technocratique et finalement inefficace  ». À Paris, le député UDI Jean-Christophe Lagarde affirme que « la métropole de Paris est un monstre bureaucratique et antidémocratique, censé gérer la vie quotidienne de 6 millions d’habitants » (Le Monde, 22/07/2013).

[4Fabien Desage et David Guéranger, La Politique confisquée, éditions du croquant, 2012.

 

Source:    http://www.lepostillon.org/local/cache-vignettes/L562xH180/siteon0-e5814.png

 


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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 12:49

17 décembre 2013 

http://www.polemia.com/wp-content/themes/polemia_v3/lib/scripts/timthumb/thumb.php?src=http://www.polemia.com/wp-content/uploads/2013/12/espace-TGV-Family.jpg&w=588&h=226&zc=1&q=100

 


Des transports en Carpettes… anglaises

 

Guillaume PÉPY, président de la SNCF, distingué pour ses éminents mérites en dévotion anglophone par le jury de l’académie de la Carpette anglaise (1), présidé par Philippe de Saint Robert, réuni à la brasserie Lipp à Paris, a reçu le prix 2013 de la Carpette anglaise. Après lesSmiles, les TGV Family, et autres médiocrités linguistiques, voici que la SNCF tente de nous faire ingurgiter de l’anglais, en proposant des cours de langue anglaise uniquement, dans ses trains champenois par l’intermédiaire de l’organisme SpeakWrite ; après le trop fameux sandwich SNCF voici la bouillie anglaise !

 

Seconde cerise amère sur le pudding indigeste de l’anglofolie, pour Tom ENDERS, président exécutif d’EADS et grand organisateur de la politique linguistique du tout en anglais dans son groupe, qui a trouvé (dis)grâce aux yeux du jury.


L’Académie a tenu à lui décerner son prix spécial à titre étranger(2) pour avoir annoncé, en anglais seulement, à tous les salariés allemands, espagnols et français de la branche « défense et espace », un vaste plan de licenciements par une vidéo... elle-même sous-titrée en anglais. MajorTom, a été retenu après un vote serré (8 voix contre 4) l’opposant à son concurrent en abandon linguistique Joachim GAUCK, président de la République fédérale d'Allemagne qui a appelé les peuples d’Europe à adopter l’anglais comme langue de communication !

 

Que déshonneur leur soit rendu !

 

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La Carpette anglaise, prix d’indignité civique, est attribué à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française.


Le jury est composé de représentants du monde littéraire, syndical et associatif [Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Défense de la langue française (DLF) , association (COURRIEL) et Le Droit de comprendre (DDC)].


En juin 2013, Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur, a reçu une Carpette anglaise, à titre exceptionnel, pour son obstination à faire de l'anglais une langue de l'enseignement supérieur en... France.

 

Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.

 

Anne Cublier, Marie Treps, Hervé Bourges, Paul-Marie Coûteaux, Benoît Duteurtre, Yves Frémion et Dominique Noguez, sont membres de cette académie. 

 

Académie de la Carpette anglaise, chez Le Droit de Comprendre, 34 bis, rue de Picpus, 75012 Paris

 

 

 Source: Polemia 

 

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 13:04

http://npa2009.org/sites/default/files/images/rouge-2-circulaire-valls315.jpg

 

 

Par lesaf on 10/12/2013 9:02 AM

 

 

Il y a un an, en guise de réponse aux espoirs suscités par les déclarations de François HOLLANDE sur le droit au séjour des étrangers durant sa campagne présidentielle, une circulaire du Ministre de l’Intérieur était prise plutôt qu’une loi.


Selon ce Ministre, les objectifs de la circulaire dite de régularisation du 28/11/2012 sont de «définir des critères objectifs et transparents » pour l’admission au séjour et de « limiter les disparités » constatées dans le traitement des dossiers d’un département à l’autre. 


Force est de constater que cette circulaire n’atteint pas ses objectifs.


D'abord, la circulaire ne se saisit que de peu de catégories d'étrangers : les salariés et les familles, principalement. Les autres restent sur le carreau.


Ensuite, les disparités géographiques ont plus que jamais cours. L’accès même aux préfectures pour le dépôt d’une demande de régularisation par des étrangers remplis d’espoir est ici impossible, là très bien organisé ; donne ici lieu à délivrance d’un récépissé pendant l’instruction de la demande, est là aussitôt suivi d’une réponse négative avec mesure d’éloignement forcé sans instruction sérieuse de la demande…


Si certains étrangers qui remplissent les critères de la circulaire se voient délivrer une carte de séjour, comme par exemple dans l’Hérault, le Rhône ou la Haute Savoie, d’autres dans une situation équivalente reçoivent une obligation de quitter le territoire français dans l’Isère, la Val de Marne ou le Nord.


D’une manière générale, les préfectures régularisent au compte-goutte et hors le cadre fixé par la circulaire.


Des parents « d’un enfant scolarisé en France depuis plus de 3 ans » (article 2.1.1 de la circulaire), des salariés en mesure de justifier d’une « activité professionnelle supérieure à 8 mois consécutifs sur les 24 derniers mois » ou de « 30 mois sur les 5 dernières années » (article 2.2.1 de la circulaire) reçoivent massivement des obligations de quitter le territoire. Autant de situations que la circulaire devait normalement permettre de résoudre…


Auprès des tribunaux, ces étrangers ne peuvent pas faire valoir les « droits » issus de la circulaire, les tribunaux ne connaissant que de l’application des lois et non de celle des circulaires n’ayant pas valeur réglementaire. Ainsi, l’administration ne craint pas la censure de ses pratiques arbitraires.


Une circulaire porteuse d’espoirs et de justice? Non! Un miroir aux alouettes! Promesse non tenue.


Après un an d’application d’une circulaire, qui résout peu de situations, des situations inextricables et humainement insupportables perdurent. La preuve est faite qu’une réforme du droit au séjour, et plus généralement de tous les pans du droit des étrangers, est indispensable. Les étrangers ayant vocation à résider durablement en France doivent enfin sortir de la précarité dans laquelle les précédentes réformes les ont jetés.


Paris, le 9 décembre 2013


télécharger le communiqué

 

Source : http://www.lesaf.org/blog-droit-des-etrangers.html?fb_744504_anch=1167149

 

 


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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 07:31

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12 septembre 2012 

 

Avant que tout ce qui dépasse, y passe… Par TGB

 

( TG.Bertin - formation de philo - consultant en com - chargé de cours à Paris 4 - Sorbonne - Auteur Dilettante, électron libre et mauvais esprit.)

 

Au nom du respect de la diversité, on réintroduit les ours dans les Pyrénées, on réimplante les loups dans nos montagnes, on se bat pour sauver la poule landaise menacée d’extinction et on n’est même pas foutu de protéger l’un des derniers peuples nomades, précieux témoignage de notre humanité :

 

Les Roms.


Pire, on les chasse.


Il faut être aussi con, inculte et populiste qu’un ministre de l’intérieur pour vouloir rapatrier les membres d’une communauté qui précisément n’ont pas de territoire. Et c’est bien tout le paradoxe de ces crétins de libéraux, mondialisés de la marchandise et des capitaux, plutôt que des hommes, que de vouloir expulser ou intégrer (c’est selon) ce peuple itinérant, qui se joue des frontières et dont le rayon d‘action est précisément le monde.


Car, qu’ils soient roms, tsiganes, gitans, manouches, bohémiens, romanichels et plus loin encore, bédoins ou touaregs, ils sont l’expression même de ce que nous fûmes avant que de nous sédentariser, en privatisant l’espace et le temps, avant que de nous mettre des barbelés autour de nos nombrils et de nos « Sam Suffit » :


des gens du voyage.

 

Ils étaient nous avant la sédentarisation, avant la propriété privée, avant l’invention du digicode et du portail automatique. Ils étaient nous et restent donc cette fragile et essentielle trace de nous, de notre part d’humanité errante, de quand nous nous déplacions au gré des saisons, au cul des troupeaux.

Cette ultime trace.

 

http://rue-affre.20minutes-blogs.fr/media/02/00/544447628.jpg


Que cette libre circulation, en tant que résidents européens d’ailleurs, reconnue par la loi, fassent grincer nos dents de petits propriétaires terriens, mêmes locataires d’un deux pièces cuisine, ne doit pas nous surprendre. Deux modes de vie opposés dans un même espace, de ceux qui restent et de ceux qui passent, de ceux qui exploitent et de ceux qui prélèvent, et qui ne peuvent qu’être étrangers là précisément où ils s’installent avant que de tracer la route.


En ce sens, cet étrange voyageur ancestral, non pas d’un monde globalisé à l’industrie low cost du séjour tout compris, est précisément l’ennemi du tourisme. Il ne visite pas. Il se déplace. Il est l’itinérance.

 

Et sans GPS encore. (quoique !?)


Que ce frottement entre deux populations, l’une enracinée, l’autre itinérante cause des nuisances, que les roms y aient leur part de responsabilité, mendicité, délinquance…comment pourrait il en être autrement ?


N’empêche, quand une société en est à conserver jusqu’à la muséification son patrimoine, à réintroduire des espèces en voie de disparition et n’est même plus capable de reconnaître comme inestimable cette part d’elle-même, alors elle est réellement en voie de ‘dé-civilisation’.


Du camp de travail au camp d’internement, tel le juif errant, discriminé, stigmatisé, exterminé (50 à 80 000 morts dans les camps nazis) désigné comme bouc émissaire, considéré comme faisant partie d’une « race inférieure » le rom, cet indésirable, cette éternelle cible des haines faciles et primaires est justement notre indispensable sentinelle.


Comme le canari au fond de la mine première victime du coup de grisou à venir, il nous alerte des vents mauvais, du pire qui rôde, de l’eugénisme à venir, de cette infecte ’aube dorée’ s’en prenant comme toujours en temps de crise, schéma décidément aussi identifié qu’indépassable, aux étrangers, aux handicapés, aux homosexuels, à toute extrême minorité,…avant que de tous y passer.


Que tout ce qui dépasse y passe.

 

http://rue-affre.20minutes-blogs.fr/media/01/01/2396202628.jpg

Les roms, ce peuple libre, non formaté, aux lointaines ascendances indiennes, ne sont pas plus français, (même si 400 000 le sont) roumains, hongrois, européens ou espagnols, ils sont peuple du monde, peuple parmi les peuples, tribu migratoire, et doivent avoir non seulement le droit de parcourir au rythme de leurs caravanes tous les territoires mais encore en ont ils le devoir.


Un devoir de mémoire.


Ne serait-ce que pour nous rappeler que s’ils sont apatrides ce n’est pas pour payer moins d’impôts, que c’est surtout pour nous dire que le monde ne nous appartient pas, que c’est nous qui lui appartenons ;


provisoirement !


tgb


 

*******

 

 


 
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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 21:36

22 novembre 2013

 

« I’m not dangerous ». Vraiment pas, non…


http://gauchedecombat.files.wordpress.com/2013/11/bzl-n7fimaaquww-1.jpg?w=300&h=300A peine suis-je informé de ce que le budget 2014 de l’état français comprend une disposition scélérate permettant l’amnistie des banques de toutes malversations sur l’octroi de crédits, et cela en dépit de tonitruantes déclarations venues de Londres à présent oubliées ou sujet de railleries ( « I’m not dangerous » !), que j’apprends également à présent la rumeur ¹ d’une possible nomination à Bercy de François Villeroy de Galhau, actuel directeur général délégué de BNP Paribas. Impossible de n’y voir qu’une simple coïncidence, surtout après les déclarations de notre sérénissime, à moins d’être naïf.

 

Rassurez vous il ne s’agit pas pour autant de sombrer dans le complotisme de bas étage que je ne cesse de dénoncer. Il est de toute façon évident que le phénomène oligarchique pointé régulièrement et décrit précisément avec moult détails par le couple Pinson-Charlot ², étayé par leurs recherches sociologiques, est une réalité incontournable, qui explique bien des connivences de décisions en haut lieu, et qui dépassent largement les officiels clivages… . Ainsi, quand Bruno Arfeuille m’envoie sur la piste des banquiers provenant de l’ENA, il fait forcément mouche… Certaines pratiques du pouvoir s’y trouvent là, dans l’article de la Tribune,étalées au grand jour, et pas forcément pour le plus grand bénéfice moral d’une certaine gauche devenue bien adroite…


La fonction politique ne pourra retrouver sa crédibilité que lorsqu’elle se sera absoute de ce genre de pratiques, qui ne varient guère entre la droite et une gauche autoproclamée qui ne se distingue en rien quant à ce genre d’ambiguïtés. On ne peut pas être juge et partie et je vois mal comment un ancien patron de banque pourrait réguler réellement les dérives du monde de la finance sans parti pris,  et se voir de toute façon,  quelle que soit sa probité par ailleurs,  soupçonné de satisfaire même discrètement des intérêts personnels. La rénovation de la vie démocratique passe par là, et Hollande plus qu’un autre serait bien fondé de le comprendre et de l’appliquer.  Mais pour quelqu’un qui part de si loin, la tâche est forcément ardue… Le changement, ce n’est pas pour maintenant. A part peut-être pour le « patron » de Bercy ?


La suite au prochain épisode de la Saga du capitaine de pédalo et de son sabre de bois…


 .

¹ Elle n’est pas encore confirmée, et l’auteur d’une pétition que j’ai à tort relayée ferait bien d’être plus prudent. La divulgation de ce nom risque en effet de faire bien des vagues…


 ² … Ils récidivent avec « La violence des riches », « qui pointe une fois encore le cynisme des élites françaises et s’en prend à la délinquance fiscale, véritable sport de classe ». Je ne résiste pas à la tentation de vous en livrer une citation, qui entre en convergence avec les idées et la position politique exprimée ici :


 « dans un chapitre sur PSA, les deux auteurs s’interrogent avec ironie sur cette «deuxième droite». «Comment Pierre Moscovici a-t-il pu déclarer au Monde le 17 juillet 2012 : "Comme tout le monde, j’ai ressenti un choc à l’annonce du plan de PSA. Et c’est d’abord aux salariés et à leurs familles que je pense." Mais pouvait-il être dans l’ignorance des difficultés de cette société en tant que vice-président du Cercle de l’industrie, dont Philippe Varin [le président du directoire de PSA] est le président ?»


 ² Bruno est un infatigable troll bienveillant qui ne cesse de balancer à tous les blogueurs de France et de Navarre un peu connus ses liens (pas toujours fortuits….) entre nos billets et tel ou tel article de journal…

 

 

Source : Les échos de la gauchosphere 

 


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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 14:01

http://img.xooimage.com/files10/5/d/2/latoileduberger_plume_2-13e1ad.jpg

Je ne suis pas un fanatique de la langue française considérée par certains comme intouchable et immuable. Toute langue évolue avec son temps. Elle enrichit son vocabulaire de termes étrangers qui peuvent l’enrichir et la moderniser. Elle a un double objet : préserver et illustrer une culture propre à ses locuteurs et s’épanouir dans le monde par son rayonnement.

Mais la domination culturelle anglo-saxonne qui ne relève pas uniquement de la puissance étatsunienne, est un projet politique. Il consiste à imposer un seul modèle culturel tout en infériorisant les autres avant de les éliminer. Le véhicule linguistique de cette culture est l’anglo-saxon qui n’a plus grand’ chose à voir avec la langue de Shakespeare tant il l’a appauvrie.

Le pire est la complicité des médias francophones où des présentateurs prennent la liberté d’aligner les mots de la langue française dans le sens de leur équivalent en anglo-saxon. C’est ce qu’on appelle l’anglicisme. Ce serait drôle si cela ne devenait systématique, au point que le français « s’anglosaxonise » progressivement aussi bien dans la langue écrite que dans la langue parlée.

L’exemple cité ici par Jean-Louis Legalery, angliciste français, est symptomatique de cette dérive. Et cette dérive n’est autre que la culture mondialisée qui cherche à conquérir le « marché » culturel et ce, avec l’appui des grand médias qui, bien sûr, vivent du bon vouloir publicitaire des multinationales, mais aussi sont révélateurs de l’évolution culturelle des « élites » sensées défendre notre culture et faire barrage à cette offensive. Bien au contraire, elle ouvre tout grand les vannes. Juste pour voir, sans doute !

 

Pierre Verhas

 

Jusqu’à des temps proches, dans la langue française, juste, adjectif ou adverbe selon le contexte, était cantonné dans des emplois et fonctions restreints et bien délimités. En tant qu’adjectif il peut signifier :

 

1) équitable, impartial, intègre ;

2) correct, honnête, loyal, et par extension, fondé, légitime ;

3) adéquat, approprié, convenable, exact – incidemment les anglicistes appartenant aux générations d’après-guerre ont tous eu près d’eux, à un moment ou à un autre, Le mot juste de Lionel Guierre (1) - ;

4) (à propos de vêtements ou de chaussures) étroit, court.

 

Dans sa fonction adverbiale juste a trois sens :

1) avec justesse, exactitude – il est généralement placé après un verbe, ex : parler juste, tomber juste - ;

2) exactement, précisément – et, dans ce cas, juste devient groupe circonstanciel, ex : la balle est passée juste au-dessus de sa tête - ;

3) d’une manière trop stricte, en quantité  à peine suffisante, ex : il fut tout juste rassasié. Ce sont, là, les recensions faites aussi bien par le TLFI(2) que par le Grand Robert (3) de la langue française.

 

Mais, depuis quelque temps déjà, une acception nouvelle et très « branchée » de juste a émergé, dans la langue parlée essentiellement, héritée de la fonction adverbiale du mot anglais just. Il s’agit donc d’un anglicisme – un de plus – mais dont le moins que l’on puisse dire est que sa traversée de la Manche (ou de l’Atlantique, bien sûr, il ne faut jamais oublier les cousins du nouveau monde...) a été chaotique et faite sans médicament préventif, car il arrive de ce côté-ci en mauvais état et en remplacement de la locution adverbiale tout simplement, un peu loin de ce qu’il est initialement. Entendu pour vous, lors de deux émissions de télévision consacrées au cinéma à propos de Sandra Bullock dans Gravity : « elle est juste incroyable », « Sandra Bullock est juste formidable (4) ».

Or si just peut être adjectif et adverbe en anglais, sa fonction adverbiale le limite à modifier le sens d’un verbe ou d'un autre adverbe et non d’un adjectif. Tout le monde a en mémoire le refrain publicitaire d’un célèbre équipementier sportif, just do it, dans lequel just est clairement dans sa fonction adverbiale, en position préalable à un verbe.

 

Or si l’on se réfère à l’OALD (5), puisqu’il s’agit de toute évidence du détournement d’un anglicisme, l’entrée principale de just est celle d’un adverbe, l’usage de l’adjectif ayant tendance à tomber en désuétude dans la mesure où fair le remplace très souvent qu’il s’agisse du registre de langue soutenue ou familière. 

L’adjectif just a trois sens :

1) that most people consider to be morally fair and reasonable ;

2) référence est faite à l’adjectif substantivé, the just : people who are just ;

3) appropriate in a particular situation. On notera incidemment que la fonction adjectivale de just est limitée au sens juridique, a just decision, alors que a fair decision aura une connotation morale.

 

Donc pour en revenir à l’adverbe just qui nous intéresse au plus haut point, a quatorze sens possibles, que l’on ne va pas détailler pour ne pas fatiguer les non-anglicistes. On retiendra les deux plus fréquents : 1) adverbe de manière, synonyme de exactly ; 2) adverbe de temps, ex : the clock struck six just as I arrived.

 

Une autre « bible » linguistique the LGSWE (6) nous confirme que les occurrences de just appartiennent exclusivement au registre du langage parlé, qu’il s’agisse de l’anglais britannique ou de l’anglais américain, et sont très rares dans la langue écrite académique.


Dans ce domaine le sens de l’adverbejust a une action soit restrictive, soit complémentaire de l’action ou de l’intensité de l’échange (ex: I just want to show you the tape I bought, je veux simplement vous montrer la cassette que j’ai achetée). Dans tous les casjust complète toujours et uniquement le sens d’un verbe, parfois à l’impératif (Just keep your mouth shut, Contente toi de la fermer), mais jamais d’un adjectif. La transposition actuelle est donc puissamment farfelue et inappropriée dans la langue d’arrivée (pour reprendre des termes de la traduction) par rapport à la langue de départ, et, bien qu’une langue évolue toujours par la tradition et la pratique populaires, on serait vraiment tenté de dire : Just stop talking such nonsense, please!

 

Jean-Louis Legalery

 

 (1)    Guierre, L. 1959, Le mot juste, The right word, Paris : Vuibert.

(2)    Le Trésor de la Langue Française Informatisé, http://atilf.atilf.fr/

(3)    Société du Nouveau Littré, 1974, Le Robert, Tome III, p-894, Paris : Le Robert.

(4)    Le chroniqueur qui s’est fendu de cette mâle déclaration s’est aussi rendu coupable d’un intéressant lapsus, qui montre que ses pensées étaient plus tournées vers la chimie que vers la physique en général et la gravité en particulier, puisqu’il a parlé de Sandra Buttock au lieu de Bullock. Pour information buttocks, en anglais, signifie les fesses, que la célèbre SB montre généreusement pendant les deux heures qu’elle passe à tourner dans le vide, soit en combinaison de cosmonaute, soit en sous-vêtements dans une capsule…

(5)    Oxford Advanced Learner’s Dictionary, 2005, 7th edition, London : O.U.P., p-839.

 

(6)    Douglas Biber, Stig Johansson, Geoffrey Leech, Susan Conrad, Edward Finegan. 1999, The Longman Grammar of Spoken and Written English, Harlow : Pearson.

 

 

 

http://uranopole.over-blog.com/article-juste-incroyable-121177770.html

 


 

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 12:23

Grand Corps Malade et Richard Bohringer interprètent en live leur duo 'Course contre la honte' dans les Gares de Lyon et de Montparnasse, le 24 octobre 2013.

 

 


 

 

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