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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 11:08

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Entretien avec Ernst Lohoff sur les causes et les conséquences de l’actuelle crise économique

 

Dans leur dernier livre, « La Grande Dévalorisation. Pourquoi la spéculation et la dette de l’État ne sont pas les causes de la crise », Ernst Lohoff et Norbert Trenkle accordent une attention particulière à l’évolution de l’économie réelle dans leur analyse de la crise, se démarquant en cela de nombre d’autres publications sur le même thème. Ralf Hutter, journaliste au quotidien « Neues Deutschland », a rencontré Ernst Lohoff.[1]

 

 

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                                            Ernst Lohoff (Krisis-Streifzüge)   


 

Ralf Hutter : Vous prétendez que votre livre « La Grande Dévalorisation » va plus en profondeur que tous les autres livres consacrés à la crise économique. Pourquoi cela ?


Ernst Lohoff : Avant tout parce que nous étudions la corrélation entre cette crise et la disparition progressive du travail. La plupart des analyses se bornent à dire qu’il y a eu des dérives au niveau des marchés financiers mais que l’économie réelle, quant à elle, est fondamentalement saine. Nous, nous regardons aussi de près l’évolution de l’économie réelle. Nous raisonnons essentiellement sur le plan des catégories, avec la critique marxienne de l’économie politique comme système de référence théorique.


Est-il exact que la crise actuelle s’est au fond déjà produite en 1857, comme vous l’avez laissé entendre il y a peu lors d’une conférence ? 

   

Non. Jusqu’à aujourd’hui on n’avait jamais vu, loin s’en faut, l’accumulation du capital se découpler à ce point de l’exploitation effective du travail. Ce qui n’a pas changé, en revanche, c’est que les épisodes de crise ouverte partent, aujourd’hui comme hier, des marchés financiers.

 

Et aujourd’hui comme hier les observateurs en ont déduit que la cause du mal se trouvait dans la finance. Marx a déjà critiqué cette interversion de la cause et de l’effet : si la crise se présentait sous forme de crise financière – dévalorisations, faillites bancaires, chaînes du crédit qui se rompent – Marx pointait le fait qu’à l’arrière-plan on trouvait toujours des évolutions de l’économie réelle[2]. Le gonflement d’une superstructure financière résultait invariablement d’un tarissement de la valorisation dans le secteur de l’économie réelle.  

  

La « troisième révolution industrielle » joue un rôle important dans votre analyse. Qu’entendez-vous par là et quand a-t-elle eu lieu ?  

 

Ce concept avait déjà cours dans les années 1980. Il désigne l’introduction de la microélectronique, c’est-à-dire l’informatisation de la production, qui se poursuit d’ailleurs encore aujourd’hui. Ce qui rend cette transformation très intéressante pour notre approche théorique, c’est qu’elle marque une nouveauté par rapport aux précédents bouleversements de la base productive dans l’histoire du capitalisme. Les grandes avancées et innovations technologiques précédentes consistaient pour l’essentiel en l’arrivée de nouveaux produits sur le marché, avec pour conséquence l’ouverture de nouveaux champs d’exploitation du travail vivant. L’industrie automobile – l’une des industries qui ont porté le légendaire boom d’après-guerre – en est l’exemple type. Avec la révolution microélectronique, ce qui est décisif, c’est que sa mise en œuvre a pour effet de révolutionner d’emblée les process mêmes à travers tous les champs de production et, en tant que facteur de rationalisation, d’éliminer le travail vivant dans tous les domaines. Voilà le problème qui se pose au capitalisme avec cette forme d’innovation.  

 

Pourquoi ?  

 

Parce que la marchandise de base du système capitaliste, c’est le travail. L’exploitation du travail vivant devient obsolète. Avec cette innovation, le capitalisme scie la branche sur laquelle il est assis.  


C’est là qu’intervient un des concepts centraux de votre ouvrage : le « capital fictif ». De quoi s’agit-il ?  

 

Le concept de capital fictif doit permettre d’expliquer comment il se fait que, pendant trente ans, ce processus de base ne se soit pas traduit par des crises ouvertes. Pourquoi y a-t-il eu un boom en dépit de la révolution microélectronique ? L’explication, la voici : le capital a esquivé le problème en trouvant refuge dans la superstructure financière. C’est caractéristique de toute une époque. « Capital fictif » est un terme générique pour désigner actions, produits dérivés, titres de créances, etc. Il provient aussi de Marx, qui l’introduisit comme une sorte d’antithèse du « capital en fonction »[3]. Le capital en fonction est du capital qui se multiplie par l’utilisation de la force de travail. Le capital fictif, en revanche, est créé par l’échange d’argent contre promesse de paiement. Cette forme de capital représente donc l’anticipation d’une richesse à venir.    


Dans votre livre, vous parlez des « limites du programme de croissance keynésien [chapitre III.2.2] ». Voyez-vous quelque part en Europe un parti parlementaire proposant autre chose que le keynésianisme pour résoudre la crise ?  

 

Je n’en vois pas, non. Tous ne parlent que de cela, on s’acharne là-dessus. Seulement, ces messieurs-dames ont sur ce plan un tout petit peu de retard. Car, à vrai dire, le keynésianisme, qui consiste à stimuler la demande en élargissant les dépenses publiques, est caduc depuis au moins les années 1970. Et voilà qu’on mobilise à nouveau ce vieux programme. Cela dit, ce que les États mettent en œuvre aujourd’hui n’est pas du tout une politique keynésienne classique. C’est plutôt une sorte de « keynésianisme de sauvetage » à l’intention de l’industrie de la finance.

 

Ce retour au keynésianisme et à une dette publique excessive a été essentiellement une tentative pour rattraper le désastre bancaire. C’est seulement de façon très secondaire qu’on a cherché à relancer la demande. Pour l’essentiel il s’agissait de socialiser et nationaliser les perspectives de gains futurs de l’économie privée, qui avaient crevé comme des baudruches. 

   

Vous et votre co-auteur Norbert Trenkle, mais aussi feu Robert Kurz, qui intervenait souvent dans nos colonnes, avez acquis une certaine notoriété en tant que membres du groupe de théoriciens baptisé « Krisis », un groupe auquel on reproche d’attirer sur nous la catastrophe, l’effondrement du système, à force de parler sans cesse des limites du capitalisme. Quel sens donnez-vous au mot « limite » ?    


 « Limites », ça ne signifie pas qu’il va se produire un grand choc et adieu le capitalisme ; ça signifie que la capacité d’expansion du système capitaliste et sa capacité à atteindre ses propres objectifs – à savoir, transformer le capital en toujours plus de capital – conduit, à travers justement ce mouvement d’expansion à long terme, à quelque chose d’absurde. Ce procès d’élargissement caractéristique des deux derniers siècles, où toujours plus de travail vivant a été aspiré à l’intérieur du système capitaliste tandis que des montagnes de capital toujours plus hautes étaient amassées, doit nécessairement aboutir à un point de basculement à partir duquel ce procès n’est plus possible, et ce système alors se contracte.  

 

Comment cela « se contracte » ?  


Je veux dire que la reproduction sociale s’interrompt en partie et que la capacité de survie même de cette société est remise en cause. On peut d’ailleurs déjà le constater dans les pays touchés par la crise.   Mais dans leur cas le concept de « limite », selon moi, n’est pas très pertinent, dans la mesure où ce qui voit le jour n’est en fait qu’une nouvelle forme de capitalisme.  

 

 « Limite » renvoie à la logique du système et ne signifie pas qu’une société meilleure est en train d’émerger. Nous nous servons d’ailleurs peu de ce terme, pour cette raison même. Nous faisons plutôt appel au concept marxien de « borne interne [4] ». Globalement, au niveau de la société tout entière, il y a moins de capital disponible et c’est pourquoi cette société doit fatalement s’appauvrir.  


 Ou alors la guerre et la terreur doivent régner. On l’a vu dans le cas du national-socialisme, qui effectivement n’avait pas touché au système capitaliste.   

 

 Oui, toutefois le national-socialisme n’avait pas à l’arrière-plan une crise fondamentale aussi profonde que la nôtre. Quelles formes politiques nous risquons de voir apparaître aujourd’hui – cela, notre analyse n’est pas encore en mesure de l’indiquer 


 

Cet entretien au format PDF :  

 

logo-pdf.pnghttp://sd-1.archive-

 

 

 

 

 

 

 

_______________________________

 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 12:09

http://img.over-blog.com/420x552/0/32/46/53/illustrations-27/carcan-europeen.jpg

 

L’union européenne a été présentée aux Français sous le jour engageant du « Plan Marshall », ennemi de la misère et de la servitude des peuples européens. Son objectif aurait cadré avec le projet pacifique des « pères de l’Europe», Jean Monnet, Robert Schuman, Konrad Adenauer, etc., appliqués à proscrire définitive- ment les guerres qui avaient endeuillé et affaibli le Vieux Continent de 1914 à 1918 puis de 1939 à 1945. La paix serait garantie par la protection américaine, gage d’une liberté refusée aux peuples « de l’Est » soviétisés. Cette union fondée sur la « libre concurrence » entre égaux, en lieu et place des puissants cartels, se débarrasserait du Comité des Forges des sidérurgistes et marchands de canons enrichis par les guerres mondiales : mettant fin aux crises et aux guerres, elle vaudrait à tous la prospérité et « le pain blanc », bref, l’Eldorado. Seule la ré- cente crise, née d’une « épidémie » financière, aurait fait « dériver » ce noble projet, au risque de compromettre ses objectifs initiaux.

 

« Dérive » récente d’une « Europe sociale » ou « alibi euro- péen » indispensable, à l’ère impérialiste, à la maximisation du profit monopoliste et à la guerre aux salaires ?

 

Le présent ouvrage décrit, sources à l’appui, la stratégie, depuis le début du xxe siècle, d’effacement du grand capital français devant ses deux grands alliés-rivaux hégémoniques, l’Allemagne et les États- Unis, si précieux boucliers sociopolitiques.

 

ANNIE LACROIX-RIZ

Les origines du carcan européen

15 euros

Référence : 978-2-915854-63-3

 


source : http://editionsdelga.fr/

 


 

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 10:12

Info reprise sur Commun commune Le Diablo

 

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Par François Ruffin

C’est pas rien l’Europe.
 

Elle surveille nos déficits et contrôle nos budgets. Elle gère notre monnaie.
 

 

Elle en appelle à la « compétitivité » et à la « modération salariale ».

 

Mais autant on surveille l’Élysée, autant la Commission, rien que d’y songer ça nous fait bâiller : comment s’informer sur ce machin qui, à deux heures en Thalys de Paris, nous paraît si lointain ?

 

Pour s’informer sur l’Europe, on a donc fait du tourisme.

 

On a visité le « quartier européen », un kilomètre carré, environ.

 

On a flâné parmi ces bâtiments aux vitres teintées, ces grandes esplanades.
Et à se balader entre les tours, on découvre d’autres détails, qui peuvent nous servir de symboles.

C’est une plaque d’amitié, devant l’entrée du Parlement, entre les lobbies et les députés européens. C’est une statue portant un euro à bout de bras. C’est un portrait géant de Jacques Delors.

 

Et puis, on est rentrés dans les tours, on a discuté avec les « décideurs », fonctionnaires, élus, lobbyistes, syndicalistes, comme ça, en reporter qui baguenaude. Et s’affiche tranquillement la fusion, la confusion, de la politique avec la finance.

Environ 120 pages

Prix : Une balade dans Bruxelles pour 7 euros seulement !
Frais de port : 2 euros
commandez ce livre sur la boutique de Fakir

 


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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 17:08

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"L'Imposteur" de Jacques Cotta

 

 En librairie dès le 20 février 2014   

 

 

J. Cotta dresse un état des lieux de deux ans de gouvernement socialiste en France. Il cherche à déterminer ce qui reste des idéaux socialistes, quelles sont les différences essentielles entre la droite et la gauche, mais également quelles sont les conséquences de ces deux années de présidence de F. Hollande sur la vie quotidienne et la démocratie française.

 

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 17:35

 

CGT : L'Institut d'Histoire Sociale de la Seine-Maritime vient de publier

un livre qui retrace un siècle de luttes (1913-2013).

 

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SAVOIR D'OÙ L'ON VIENT POUR SAVOIR OÙ ALLER

 

Nous vivons une période politiquement et syndicalement difficile. Ce n'est pas manquer de détermination que d'en être conscient.  Mais c'est aussi pourquoi ce livre est particulièrement bienvenu : les luttes syndicales n'ont jamais été faciles où que ce soit et, au fond, il est bon de s'en souvenir, ou simplement de l'apprendre.  

C'est le premier mérite* de ce livre présenté dans un élégant format à l'italienne : les luttes d'aujourd'hui ne viennent pas de nulle part. Les centaines de documents photographiques et les textes qui les accompagnent nous l'enseignent (le document le plus ancien date, semble-t-il, de 1869 !).  

Des « premiers pas vers le syndicalisme » aux relations entre travail, loisirs et culture et à la constante modernisation de l'UD-CGT, en passsant par l'affaire Jules Durand, les grèves de 36, la CGT dans la Résistance, la radio CGT-76, la bataille du France, les Renault en lutte, ce livre nous présente l'extraordinaire foisonnement des luttes syndicales en Normandie, des débuts en « Seine-Inférieure » aux dernières grandes manifestations en date, dont celles des lycéens en 2010.


Ce livre est évidemment collectif. Beaucoup de ses auteurs en furent aussi les acteurs. Ainsi, la coordination générale a été assurée par Serge Laloyer, qui fut longtemps membre du secrétariat de l'UD et aujourd'hui président de l'Institut d'Histoire Sociale de la Seine-Maritime, et Jacques Defortescu, secrétaire de ce même Institut. Pierre Largesse, militant syndical et docteur en histoire de l'Université de Rouen – ce qui n'est pas fréquent - a également participé à la réalisation de l'ouvrage.


La richesse et la diversité des photographies jouent un rôle essentiel dans le plaisir de lire ce livre.

 

Beaucoup d'acteurs des combats syndicaux des dernières décennies s'y retrouveront. Belle occasion de méditer le passé,tant syndical que politique ou simplement personnel. Occasion aussi de saluer la mémoire de ceux qui ne sont plus là, mais sont quand même toujours présents. Tout dans cet ouvrage invite le lecteur à ne rien lâcher !


Décidément, la mémoire des luttes est à la fois un instrument de connaissance et une arme de combat.

 

* IHS CGT 76, Un siècle de luttes pour le progrès social en Seine-Maritime, 1913-2003.  10 euros.

 

Pascal Acot

 


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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 11:58
Samedi 1 février 2014 par Herve Poly

Une amie m'a recommandé ce livre par courriel.

A mon tour je vous le recommande.

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Tout juste magnifique, bouleversant. Comment quoi avec l'écriture, avec les mots,
on peut rendre visible, les invisibles ou même l'invisible.
En ce temps obscure ou l'extrême se radicalise et tente de prendre la rue...
 
Ce livre fera du bien à lire, à entendre d'un jeune de 21 ans.
 
Bonne lecture et bonne écoute.
 
Les matins - Quand l’écriture de soi devient un acte de révolte
 
 
 
 
Herve Poly pcf62 
 
 http://www.hervepolypcf62.com/article-a-lire-a-ecouter-edouard-louis-ecrivain-auteur-de-en-finir-avec-eddy-bellegueule-122348390.html
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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 22:57

 

http://images.vefblog.net/vefblog.net/a/b/abernier/photos_art/2013/12/abernier138814783352_art.jpgIl est des livres qui ont le mérite de tomber juste, de se situer au point exact où les choses se jouent. Comme un centre de gravité, où le moindre mouvement d’un côté ou de l’autre permet de faire basculer le précaire équilibre. Le dernier livre d’Aurélien Bernier, « La gauche radicale et ses tabous », est de ceux-là. Il s’efforce de répondre à la question majeure de la présidentielle de 2012 : pourquoi le Front de gauche a-t-il perdu son bras de fer face au Front National ?

Aurélien Bernier
La Gauche radicale et ses tabous
éditions du Seuil
date de parution : 2 janvier 2014

Certes le constat peut apparaître sévère au regard des efforts produits par Jean-Luc Mélenchon et ses partisans. Le simple fait d’être parvenu à unir les forces de la gauche radicale est déjà un exploit, qui n’avait pas pu être réalisé en 2007. Et pourtant, la formidable campagne menée par le leader du Front de Gauche avait laissé un goût d’inachevé, sans doute proportionnel au formidable espoir créé par une campagne magnifique. L’effervescence provoquée par les discours de Marseille, de Toulouse ou de la Bastille semblait rendre possible le formidable défi de devancer le Front National.

« La réalité est que la majorité des classes populaires ne considère pas le Front de Gauche comme le parti le plus susceptible de représenter ses intérêts. Elle lui préfère désormais le Front National. »

 On connaît la suite. Marine Le Pen a recueilli 17,90 % des suffrages contre 11,10 % pour Jean-Luc Mélenchon. Les intellectuels de la gauche radicale ont eu beau noter que le premier parti des classes populaires était l’abstention, personne ne pouvait masquer la domination du Front National sur cet électorat grâce auquel la gauche (la vraie) a historiquement basé ses plus grands succès.


Le constat est terrible pour les classes moyennes qui ont été séduites par les envolées lyriques de Jean-Luc Mélenchon et ses références à Jules Vallès, Robespierre ou Jean Jaurès. La réalité est que la majorité des classes populaires ne considère pas le Front de Gauche comme le parti le plus susceptible de représenter ses intérêts. Elle lui préfère désormais le Front National.


Afin de comprendre comment les classes populaires en sont arrivées là, Aurélien Bernier établit un historique des discours du Front National et de la gauche radicale. Ce rappel est très instructif puisqu’il montre l’évolution de la pensée de la gauche radicale qui, de peur de dire les mêmes choses que le Front National, abandonne des concepts tels que la souveraineté nationale ou le protectionnisme. L’auteur cite notamment un livre écrit par Alain Lipietz en 1984, « L’audace ou l’enlisement », dont les idées sont très proches de celles défendues actuellement par un économiste comme Jacques Sapir.


Aurélien Bernier montre donc que la gauche radicale abandonne ces idées de protectionnisme ou de souveraineté nationale au Front National de peur de lui être assimilé. Les classes populaires ne lui pardonneront jamais vraiment cet abandon au moment même où la mondialisation redouble de violence. Ce divorce sera d’autant plus violent que dans le même temps, le Front National socialise son discours. Aux propositions néolibérales d’inspiration reaganienne des années 80, le Front National commence au cours des années 90 à proposer un discours de défense des classes populaires.

Lors de la campagne en faveur du traité de Maastricht, Jean-Marie Le Pen se met à pourfendre le régime anti-démocratique de Bruxelles ainsi que l’influence des banques qui visent à soustraire la souveraineté des peuples. Il se pose en défenseur de la Nation, qui est le seul étage où l’intérêt des peuples est susceptible d’être défendu. La suite n’est qu’une longue décrépitude. En 1997 afin de rejoindre la gauche plurielle, le PCF accepte l’idée de changer l’Europe de l’intérieur au lieu de condamner l’idée même d’une UE ralliée aux idées néolibérales.


L’influence des idées trotskistes est également mise en avant pour favoriser l’idée d’altermondialisme qui ne lie le changement de système qu’à un accord des peuples au niveau mondial. Inutile de préciser qu’un tel accord rend le changement beaucoup plus incertain surtout à court terme. En face l’anti-mondialisme du Front National apparait nettement plus efficace.


Afin d’inverser la tendance et de remporter son bras de fer face au Front National, Aurélien Bernier conseille à la gauche radicale de briser les 3 tabous qui sclérosent sa pensée. Il s’agit du protectionnisme, de l’Europe et de la souveraineté nationale. Sans ces outils, mener une politique de gauche s’apparente à une chimère.


En effet comment conserver les emplois en France sans déflation salariale, si les firmes transnationales mettent en concurrence les salaires, les systèmes de protection sociale et le taux d’imposition des pays du monde entier ? Le protectionnisme apparaît comme la meilleure solution. En face les autres propositions de la gauche radicale ne donnent que peu de garanties, notamment à court terme, car cela supposerait soit une victoire électorale globale des partis de la gauche radicale au sein des différents pays de l’UE (et qu’ils se mettent d’accord) soit une révolution européenne globale renversant les gouvernements en place. Convenons qu’il ne s’agit pas des hypothèses les plus crédibles.


« Afin d’inverser la tendance et de remporter son bras de fer face au Front National, Aurélien Bernier conseille à la gauche radicale de briser les 3 tabous qui sclérosent sa pensée. Il s’agit du protectionnisme, de l’Europe et de la souveraineté nationale. Sans ces outils, mener une politique de gauche s’apparente à une chimère. »


Les mêmes questions se posent également sur la possibilité de mener des politiques de gauche au sein de l’Union Européenne actuelle. L’analyse de l’auteur montre l’évolution du PCF qui passe d’une posture d’opposition à l’UE à celle d’un alter-européisme, où le PCF envisage de changer l’UE de l’intérieur. Comme dans l’exemple précédent, cela semble extrêmement hypothétique dans la mesure où cela nécessiterait une majorité de gauche radicale au sein de l’Union Européenne. Heureusement, Aurélien Bernier montre que le Front de Gauche semble évoluer sur ce point notamment lorsque Jean-Luc Mélenchon a affirmé lors de l’épisode de la crise à Chypre : « S’il faut désormais choisir entre la souveraineté du peuple et celle de l’euro, la France doit choisir le peuple ». Le progrès avait été notable mais la question est de savoir si l’actuelle crise qui intervient au sein du Front de Gauche entre le PCF et le PG à l’occasion des municipales n’est pas de nature à remettre en cause cette évolution. Cela serait fort dommageable dans la mesure où les lignes commençaient à bouger avec Europe avec notamment la proposition dOskar Lafontaine (Die Linke) de passer d’une monnaie unique (l’euro) à une monnaie commune (Système monétaire européen).


        « S’il faut désormais choisir entre la souveraineté du peuple et celle de l’euro, la France doit choisir le peuple » Jean-Luc Mélenchon


Enfin le dernier tabou est également lié aux deux précédents dans la mesure où il est lié à la souveraineté nationale. Aurélien Bernier indique que les trotskistes et les écologistes voyaient plutôt d’un bon œil la mise à bas de l’Etat nation au profit d’une structure supra-nationale. Le problème est qu’ils n’ont pas perçu la perte de souveraineté du peuple que cela engendrait. Une forme de haine de la nation a fait oublier la perte démocratique que cela constituait. Cette opposition se matérialise au travers les deux courants de pensée que sont l’altermondialisme et la démondialisation. Le second semble beaucoup plus en phase avec la possibilité d’une mise en pratique rapide d’une politique de gauche. Aurélien Bernier montre dans son livre qu’un nombre croissant d’altermondialistes se laissent convaincre par la pertinence du concept de démondialisation. Afin de convaincre les plus sceptiques, l’auteur met en évidence la différence entre une démondialisation de droite, qui a pour seul but de valoriser les intérêts de la France dans le monde, et une démondialisation de gauche, qui a pour objectif de refonder l’ordre économique mondial.


L’argument est parfaitement convaincant et la gauche radicale devrait finir par comprendre qu’il s’agit de la meilleure voie à suivre afin de parvenir aux tentatives avortées de refonte de l’économie mondiale qu’avaient été la charte de la Havane de 1948 et la déclaration de Cocoyoc de 1974. Dans tous les cas, Aurélien Bernier ne pourra pas avoir de regret. Son livre vise juste à un moment stratégique. 

 

Theux


Source : L' Espoir

 

 

 

 

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 10:48

A commander dès aujourd’hui

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 16:46

Lundi 8 juillet 2013

 

Dans la rubrique « la voie aux Chapitres » du Canard enchainé du 26 juin, voici, un article très intéressent, tirer du livre « Medef, confidences d’un apparatchik », par Bernard Giroux. « à dirigé pendant quinze ans le service de presse du CNPF devenu Medef »

Il est évident pour nous, d’en faire profiter le maximum de blogueur.


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«Ici votre pouvoir s'arrête à la porte du bureau. Vous ne dirigez que votre secrétaire. »

C'est le discours de bienvenue que tint, en 1995, le délégué général de l'UIMM, puissante fédération métallurgique du patronat, au « patron des patrons » nouvellement élu Jean Gandois.


Peu après, ce dernier devait laisser la place au baron Seillière.


Pendant un quart de siècle, en tant que chef du service com' du Medef (ex-CNPF), l'auteur, Bernard Giroux, était aux premières loges, notamment à propos de la célèbre caisse noire de l'UIMM. Ses souvenirs charrient quelques détails sur le financement du RPR de Chirac. Mais aussi, plus surprenant, sur les oboles à des groupuscules d'extrême gauche dont l'unique intérêt était de tailler des croupières au PC.

 

La phobie anticommuniste du patronat français ne s'arrêtait pas aux frontières.


 Une petite formation trotskiste, le PCI, était ainsi généreusement nourrie par les patrons de la métallurgie pour mener le combat dans les pays frères de l'Union soviétique.

 

Un ex-dirigeant de cette vaillante phalange, Gérard Desportes, rapporte même à Giroux que ses voyages en Pologne pour participer au combat contre le péril rouge étaient financés par la fameuse caisse noire de l'UIMM. Histoire de « fluidifier » les rapports entre les peuples ?


 

http://www.hervepolypcf62.com/article-medef-confidences-d-un-apparatchik-118960813.html

 


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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 22:27

17 Jun 2013

 

http://1.bp.blogspot.com/-3-hqhP0wb5o/Ub9naqzH56I/AAAAAAAAB8Y/1XQTOBXf7Rg/s320/impasse.jpg

«  Il y a du consentement dans le sourire, tandis que le rire est souvent un refus », affirmait Victor Hugo. On rit à la lecture de L’insurrection de Pierre Lévy. De ce rire large et franc qui veut dire « non ».

 
L’ouvrage - préfacé par Jacques Sapir - est une fiction. Un roman d’anticipation politique qui nous propose de parcourir « l’Europe à l’aube de l’an de grâce 2022 ». Une Europe devenue FEU (fédération de l’Europe unie), dirigée par l’AISE (autorité indépendante de stabilité européenne), au sein de laquelle officient d’anciens élèves de l’EPEG (espace pédagogique européen de gouvernance) sévissant également auprès de la CEPDS ou membres de CCTV.
 
D’entrée, les sigles fusent. Avec excès, croiront certains. Pourtant, qui a pu observer de près les arcanes de l’administration française àl’heure de la RGPP (révision générale des politiques publiques) éprouvera immédiatement un sentiment de familiarité. Orwell était en deçà de la réalité lorsqu’il décrivait le « novlangue ».Pierre Lévy colle à ce réel kafkaïen avec lucidité et drôlerie, mettant en exergue le ridicule définitif du jargon « techno », et brocardant dans un même élan les expressions toutes faites de la pensée molle écolo-boboïde.
 
Dans ce Meilleur des mondes où règnent enfin « tolérance », « efficience », « bonne gouvernance » et « éco-citoyenneté », tout est fait pour préserver les « Droits de l’homme », c'est-à-dire « le libre marché, la libre concurrence, le libre échange, la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes ». Dans ce cadre, le « crime contre la stabilité économique » est vigoureusement puni, passible de lourdes peines devant le TVV (Tribunal Vivendi-Véolia).
 
Justice privatisée, salariés qui paient pour occuper un emploi, élections remplacées par des sondages ou qui, lorsqu’elles ont lieu, peuvent donner lieu à des « revotes » tant que leurs résultats ne sont pas satisfaisants, droit de grève cantonné à l’inscription sur le site web « jesuisengrève.com », les descriptions cocasses se succèdent à un rythme effréné, au point qu’on en oublie presque les personnages, aussi évanescents que l’indique leur prénoms dignes des pires séries télé : Dylan, Samantha, Cindy…
 
L’intrigue semble ainsi parfois un alibi, et Lévy chiade le décor davantage que le scénario. Avec une insistance où d’aucuns verrons peut-être l’excès militant d’un auteur que l’on qualifiera de « souverainiste de gauche ». Mais peut-on vraiment parler d’excès lors qu’à chaque instant, la réalité s’emploie à dépasser la fiction ?
 
La Grèce expulsée du club des pays développés pour redevenir un « pays émergent », le FMI – et la Troïka – demandant à un État-membre de procéder à un suicide économique méthodique, puis déclarant finalement : « oups, en fait on s'est trompé », le président de la Commission européenne ne se retenant même plus d’injurier la France en le qualifiant de « réactionnaire » : ce ne sont pas là des élucubrations de romancier. C’est la réalité de cette Europe qui s’effiloche et dont les convulsions macabres devraient tirer des larmes à ceux qui ne prennent pas, comme Pierre Lévy, le parti d'en rire.
 
Finalement, la Construction européenne reste un objet mal connu. On ignore parfois sous quel angle l’aborder : histoire, philosophie politique, droit des institutions, économie... La complexité d’un édifice qui s’est construit de manière brouillone et sans fil directeur, le caractère techno-éco-politique de l'ensemble, décourage trop souvent les curieux. C’est regrettable, tant il est vrai que notre avenir se joue désormais, pour une large part, au niveau européen.
 
Le livre de Lévy a cet avantage : la satire produit un effet de loupe. On saisit vite les enjeux de cette Europe en crise. On appréhende les dérives. Celles déjà advenues et celles, probables, à venir. L’insurrection est donc une lecture indispensable à ceux qui refusent de s'éveiller, un beau matin, dans le monde qu'il décrit.
 
Coralie Delaume

http://l-arene-nue.blogspot.fr/2013/06/leurope-en-lan-2022-faut-il-pleurer-ou.html

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Published by Comite-pour-une-Nouvelle-Resistance -CNR - dans Livres
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