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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 13:42

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Vous avez peut-être vu le film « Les Nouveaux chiens de garde » au cinéma et vous savez peut-être qu'il a été avec 240 000 entrées le documentaire le plus vu depuis une dizaine d'années.

Si « Les Nouveaux chiens de garde » a si bien marché, c'est avant tout grâce à la mobilisation et au soutien militant de votre syndicat, de votre formation politique, de votre association ou de vous même.

La réussite populaire du film n'a pas pour autant calmé l'agressivité des chiens de garde. Bien au contraire, ils hurlent plus que jamais contre tous ceux qui refusent la violence de l'ordre libéral.

Pour fournir à nouveau des outils cinématographiques et idéologiques, nous avons le plaisir de vous annoncer la constitution de Nada et la réalisation d'un nouveau film ayant pour thème « Médias et mouvements sociaux », intitulé « Nous avons des armes ».

Pour nous donner un coup de main et pour que des journalistes puissent vivre en fournissant une information qui ne plaise pas aux chiens de garde, vous pouvez vous brancher sur le site nada-info.fr.
http://nada-info.fr/ 

Et surtout de le faire savoir à tout votre réseau.

Pour tous ceux qui se rendent ce week-end à la fête de l'Humanité, nous serons présent au stand des Amis du Monde Diplomatique le samedi 14 et le dimanche 15 septembre.

Merci d'avance

Gilles Balbastre, co-réalisateur des Nouveaux chiens de garde.

 


 

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 10:40

Dans le secteur économique dévasté qu’est devenue la presse, et largement dominé par les intérêts capitalistes, le journalisme environnemental est relégué, de nouveau, à la position de cinquième roue du carrosse  voire de gêneur. Ce qui compte, dans l’atmosphère délétère d’un système qui ne proclame la démocratie que pour mieux renforcer les logiques oligarchiques, c’est la croissance, l’économie, la production.

http://4.bp.blogspot.com/-wDStqelk9aw/UicKjCKeWvI/AAAAAAAADIE/xbeZytIg-0o/s1600/C_Pour-sauver-la-planete-sortez-du-capitalisme_1985.jpegHervé Kempf


ADIEU LE MONDE, VIVE REPORTERRE

http://1.bp.blogspot.com/-gZShZATEiSA/UicH8lgFmBI/AAAAAAAADHk/E23NHf7Css0/s1600/herve-kempf.jpg

 

Ce 2 septembre, quinze ans et un jour après y être entré, je quitte Le Monde : en ce lundi, le dernier lien juridique entre ce journal et moi est défait, par le « solde de tout compte ».


Que je quitte volontairement un titre prestigieux étonnera peut-être. Mais certes moins que la raison qui m’y pousse : la censure mise en œuvre par sa direction, qui m’a empêché de poursuivre dans ce journal enquêtes et reportages sur le dossier de Notre Dame des Landes.Au terme de l’histoire que je vais ici retracer, il ne me restait qu’une issue, si je voulais conserver la liberté sans laquelle le journalisme n’a pas de sens : abandonner le confort d’un salaire assuré et de moyens de travail avant que soit étouffée la dernière marge d’expression qui me restait, la chronique Ecologie.


Abandonner le journal fondé par Hubert Beuve-Méry et vendu en 2010 est une libération. Je me lance dans l’aventure du site Reporterre, parce que plus que jamais, une information indépendante est nécessaire pour rendre compte du phénomène le plus crucial de l’époque, la crise écologique.

On trouvera ci-après le récit des événements ouverts le 5 novembre 2012 et qui ont conduit à cette décision. (Les lecteurs qui en auront le temps trouveront dans C’était un autre monde une présentation de mon travail antérieur dans ce journal qui éclairera le contexte de cette affaire.)


Rappelons simplement quelques dates :- création du service Planète : octobre 2008 ;- création de la chronique Ecologie : février 2009 ;- prise de contrôle du Monde par MM. Bergé, Niel et Pigasse : juin 2010.


NOTRE DAME DES LANDES : IL EST INTERDIT D’ENQUÊTER


J’ai suivi avec attention le dossier de Notre Dame des Landes depuis qu’en 2007, j’avais rencontré sur place des protagonistes du projet d’aéroport. J’y étais retourné en août 2009, enquêtant et présentant les arguments des uns et des autres, dans ce qui fut un des premiers articles de presse nationale abordant en détail le sujet.

 

http://2.bp.blogspot.com/-MrkPKFl61qw/UicIe9hRcSI/AAAAAAAADHo/Y_WlNFwpzZU/s1600/nd_landes-aout_2009_v_1-1d7a0.jpg

 

Je gardais un oeil attentif sur ce dossier qui ne semblait pas vouloir s’apaiser. J’étais le journaliste qui publiait le plus d’articles sur ce sujet, comme en témoigne la base de données du Monde : sur les 155 articles ou brèves où apparaît l’expression « Notre-Dame-des-Landes » entre le 19 novembre 2005 et le 19 novembre 2012, 33 sont signés de moi, le deuxième auteur, Anne-Sophie Mercier, signant 14 articles, le correspondant local, Yan Gauchard, 10.


J’avertis, dans une chronique du 5 octobre 2011, que cette affaire serait délicate pour un gouvernement socialiste : « Il serait dommage qu’une éventuelle présidence socialiste s’ouvre par le spectacle de CRS évacuant des paysans et des écologistes pour faire couler le béton ». Mais ni M. Hollande, ni M. Ayrault, ne lisaient apparemment la chronique Ecologie.


En octobre 2012, des forces de police investissaient la zone de Notre Dame des Landes où est censé être construit un aéroport. Elles venaient déloger les quelques centaines de personnes qui s’y étaient progressivement installées durant les années précédentes.


http://1.bp.blogspot.com/-TdBKEnVWL00/UicItR40f2I/AAAAAAAADHw/_uqYrGP6BI0/s1600/nd_landes_gendarmes_v_2-14f48.jpg

Je consacrais trois chroniques aux événements, dont deux peuvent être qualifiées de « scoop » : le 14 octobre 2012, j’avertissais de l’imminence d’une intervention policière, qui se produisit le 16 octobre ; le 21 octobre, je montrais que l’affaire n’était pas locale, mais bien nationale ; le 3 novembre, je révélais que M. Hagelsteen, le préfet de Loire-Atlantique qui avait préparé l’appel d’offres que remporterait ultérieurement la compagnie Vinci, avait plus tard été embauché par cette entreprise.


Durant toute cette période, entre la mi-octobre et la mi-novembre, je m’étonnais de la réticence du journal à suivre cette affaire, alors même que le service Planète aurait dû plonger sur ces événements qui étaient alors le principal sujet de l’actualité environnementale. Sur place, dans la ZAD (Zone à défendre), les forces policières puissamment armées détruisaient maison après maison, noyant le bocage sous le gaz lacrymogène, mais rencontrant une résistance farouche des nouveaux habitants de la zone, des opposants de toujours et des paysans. Ces événements étaient quasiment tus par Le Monde. Le journal publiait cependant le 27 octobre, alors que le résistance se renforçait, un article étonnamment titré "Le ciel se dégage pour l’aéroport de Notre Dame des Landes". J’avais demandé dès le 16 à partir sur place en reportage, la chef de service me dit que ce n’était pas possible pour des raisons budgétaires.


Je traitais donc le sujet, tant bien que mal, par la chronique Ecologie. Je dus m’absenter une semaine, juste après avoir publié, le samedi 3 novembre, l’information sur l’évolution professionnelle du préfet Hagelsteen. Ce papier fit du bruit : il intervenait à un moment où l’action policière échouait décidément à réduire la résistance. Alors que ce qui devait être expédié en deux coups de cuiller à pot se transformait en guerilla, cette information, comme tant d’autres éléments du dossier, montrait que la cause si obstinément défendue par le premier ministre était fort discutable.


Dans les jours suivants, en mon absence, un collègue était enfin envoyé sur place. Je revins le 12 novembre. Une grande manifestation devait avoir lieu le 16 novembre, elle s’annonçait d’ampleur importante. Je demandais à y aller, ayant suivi le dossier depuis le début. La chef de service s’y opposa.

 

Au terme de l’échange, nous convinmes d’en référer au directeur adjoint de la rédaction, Didier Pourquery. J’allais voir celui-ci une heure plus tard. Il me dit que, par ma chronique, mes livres, j’étais “trop marqué" et que je ne pouvais pas couvrir le sujet. J’objectais que mes livres n’avaient pas évoqué le sujet de Notre Dame des Landes, que les chroniques avaient "sorti" des informations exclusives et exactes sur ce dossier, que, par ailleurs, j’écrivais dans les autres pages du journal différemment que dans la chronique qui, par nature, adoptait un ton et un angle fortement marqués. Mais non, "moi, directeur de la rédaction, je décide que tu n’iras pas". Mais ne pourrais-je travailler avec un autre collègue ? Non. Faire au moins un papier "magazine" dans le supplément hebdomadaire du journal ? Non. Nous parlâmes assez longuement, mais la réponse était tranchée : je ne pouvais pas couvrir Notre Dame des Landes pour Le Monde, hors la chronique. Je n’obtins qu’une chose : pouvoir partir en reportage sur mon temps libre pour celle-ci et pouvoir le raconter sur Reporterre.


Il m’envoya en fin d’après-midi un courriel indiquant : « Bonsoir,En effet Hervé tu as bien noté que je ne souhaite pas que tu suives ce dossier pour le journal (ni pour le M d’ailleurs). Et j’ai bien noté que tu irais sur le terrain en tant que Hervé Kempf chroniqueur ’engagé’. Tout est clairMerciDidier ».


Je répondis : « J’irai sur le terrain en tant que journaliste. Je ferai mon travail, qui est de témoigner de mon époque, en relatant honnêtement un moment important de l’histoire du mouvement écologique.

Dans le contexte actuel, le terme de chroniqueur ’engagé’ me paraît injurieux – à moins que l’on parle des ’éditorialistes engagés’ quand trois éditoriaux avalisent le Traité TSCG, ou de ’chroniqueur engagé’ à propos de notre camarade assurant la chronique Europe, aux vues très tranchées. J’en reste à ces exemples. »


Contre tous les usages, j’étais dessaisi sans raison valable d’un dossier que j’avais couvert et fait mûrir depuis le début. On me bloquait les reportages, mais aussi les enquêtes sur une affaire où les intérêts économiques paraissaient singulièrement tortueux. En m’interdisant de traiter ce sujet, en refusant de donner écho à ce que je pourrais voir ou trouver dans mes enquêtes, on assumait le fait que Le Monde ne creuserait pas le dossier de Notre Dame des Landes. C’était, de fait, une censure.


Que faire ? A court terme, préparer mon reportage (qui s’effectuerait à mes frais) et prendre rendez-vous avec Erik Izraelewicz, qui fut calé le lundi suivant. Je partis le jeudi pour Notre Dame des Landes. Dans l’espace confiné des 2 400 signes de la chronique, je restituais un constat essentiel de la lutte : les "zadistes" et les "historiques" ne s’étaient pas divisés, comme l’avait espéré le pouvoir, c’était au contraire leur alliance contre la répression qui avait fait échouer celle-ci (« Solidarité écologique »). Et sur Reporterre, je racontais ce que j’avais vu durant ces trois jours magnifiques. Dans un registre d’écriture propre au média, bien sûr, ce n’était pas le reportage que j’aurais écrit dans Le Monde.


La rencontre, lundi 19 novembre, avec Erik Izraelewicz, n’aboutit à rien. Nous discutâmes franchement, quoique calmement, car l’estime était, je crois, réciproque. Il me dit presque d’entrée de jeu qu’il soutenait sa direction. Il me reprocha l’accroche de mon reportage, en forme d’allégorie. Je lui répondis que c’était la réponse à la déloyauté du journal à mon égard. Il me dit que j’avais désobéi en allant à Notre Dame des Landes, à quoi je répondis que Didier Pourquery m’y avait autorisé. J’évoquais l’idée que le journal aurait pu subir des pressions à propos du traitement de ce dossier. Erik dit que c’était injurieux.

Plus tard, des indices concourrant me firent penser que l’hypothèse de pressions d’un propriétaire sur le journal à propos de Notre Dame des Landes était pensable. Ce sont des indices, pas des preuves. Je les publierai si cela parait nécessaire au public.


Mais mon propos n’est pas de savoir pourquoi la direction du Monde a bloqué mon travail de journaliste. S’il y a eu pression, elle devait y résister. S’il n’y en pas eu, elle devait me laisser travailler. Le journal aurait pu discuter des sujets, travailler les angles, m’associer un autre journaliste. Mais non : la direction ne discutait pas, elle interdisait. Le contrat de liberté qui fonde la légitimité de la presse était rompu.

Je ne lâchais pas le morceau. J’allais voir les uns et les autres, interrogeais le syndicat, faisais front face à l’agressivité de la hiérarchie. Nous avions convenu avec Erik Izraelewicz de nous revoir. J’appelais son secrétariat pour prendre rendez-vous. Sa secrétaire me dit, affolée, "Erik va mal, les pompiers sont dans son bureau". Le directeur du Monde décédait le soir même, 27 novembre.


Nous n’étions pas d’accord, mais je le respectais. C’était un homme droit, il écoutait.


La vie continua. L’affaire n’était pas close. Il me restait la chronique. Je continuais à travailler avec les moyens du bord. Le 2 décembre, m’appuyant sur le travail de contre-expertise des opposants au projet de Notre Dame des Landes, la chronique Ecologie montrait comment, dans l’enquête publique, l’Etat avait manipulé les chiffres pour présenter comme profitable le projet. J’étais coincé dans les 2 400 signes d’un article enfoui au fond du journal ? Rien n’interdisait de développer la démonstration sur internet. De nouveau, ce travail repris par d’autres sites, eut un réel écho.


Mais un journaliste ne peut pas enquêter durablement sur les sujets délicats si le média qui l’emploie ne le soutient pas. Il y faut du temps, quelques moyens, la discussion avec des collègues motivés, la force de la carte de visite. Je savais dans quelles directions il faut porter le regard, l’indiquais dans la chronique du 16 décembre ("Voici le programme") et notamment sur "le comportement des grandes firmes de génie civil et concessionnaires, à la puissance financière devenue énorme et qui, par des formules de type partenariat public privé, s’assurent la gestion d’opérations qui sont logiquement de la responsabilité publique. »


Je vis le directeur par intérim, Alain Frachon, le 5 décembre. Discussion intéressante, mais qui n’aboutit à rien : le fond du problème était nié. Dans une lettre qu’il m’écrivit le 17 décembre, il exprima le point de vue officiel de la direction : « Ce ne sont pas tes compétences qui sont en question, mais un problème d’image : nous tenons à ce que l’approche du journal reste aussi impavide que possible, tout particulièrement dans les pages Planète ».


A quoi je répondis : « Impavide, nous dit le dictionnaire, signifie ’qui n’éprouve ni ne manifeste aucune crainte, aucune peur’. De quoi le journal pourrait-il avoir peur ? En quoi mon travail de journaliste et de révélateur d’aspects dérangeants du dossier Notre Dame des Landes pourrait-il empêcher le journal de ne pas avoir peur ? »


Une réponse possible à cette question est que Le Monde avait peur de déplaire aux promoteurs du projet d’aéroport.


LA FIN


Je ne détaille pas les mois suivants, qui ont été pénibles. On voulait me transformer en coupable. Les événements prirent une telle tournure que le délégué du personnel me conseilla de consulter le médecin du travail, qui m’orienta vers une psychologue. J’allais bien, heureusement, même si le choc était rude. Je découvris alors que plusieurs de mes collègues étaient en dépression nerveuse, qu’une mission sur les risques psycho-sociaux était menée dans l’honorable journal, qu’une plainte pour harcèlement moral était engagée par une collègue.


En mars, une nouvelle directrice du Monde fut désignée par les actionnaires. Une de ses premières réformes fut de rétrograder le service Planète, pourtant bien peu remuant, en un pôle subordonné au service International. Le journal lançait une formule marquée par un cahier consacré à l’Economie et aux entreprises, signe de la ligne nouvelle, qui visait la clientèle des "responsables" et CSP +++.


Le Débat national sur la transition énergétique, peu traité par le journal, trouva soudain une vive expression, le 17 mai, sous la forme de quatre pages axées sur « la compétitivité des entreprises » et majoritairement rédigées par des journalistes économiques extérieurs à la rédaction. On expliquait que l’enjeu essentiel d’une nouvelle politique énergétique était la compétitivité des entreprises, que le gaz de schiste réveillait l’industrie américaine, que la politique énergétique allemande produisait maints effets pervers. Un colloque organisé par l’Association française des entreprises privées (les cent plus importantes) et le Cercle de l’Industrie (fondé naguère par Dominique Strauss-Kahn) avec Le Monde accompagnait cet exercice de communication, qui remerciait Alstom, Areva, GDF-Suez, Arkema, Lafarge, etc. Ces partenaires avaient-ils apporté 35 000 euros au journal pour prix de ces quatre pages, comme me l’indiqua un collègue bien placé pour le savoir ?


Le 18 juin, Le Monde organisait, avec l’Institut de l’entreprise, l’International summit of business think tanks (Sommet international des cabinets de réflexion sur les affaires), "avec le soutien de Deloitte et Vinci". Pour préparer cet important événement, des entretiens avec des chefs d’entreprise furent publiés, le premier avec Xavier Huillard, président de Vinci.


L’environnement gênait. Plus que jamais, la chronique Ecologie divergeait des éditoriaux et des autres chroniques. Cela restait un espace de liberté, mais dans une atmosphère de plus en plus pesante.

En juin, une actualité, le décès de Pierre Mauroy, obligea à supprimer la page du journal du vendredi 7 qui comprenait la chronique Politique. La direction de la rédaction décida de déplacer cette page au lendemain samedi, et de supprimer de ce fait la chronique Ecologie qui devait paraitre ce jour. C’était un choix éditorial net, qui marquait quelle était la priorité. Pour la première fois depuis sa création, cette chronique était supprimée. On allait me conduire à une lente asphyxie. Nous échangeames des courriels, puis des lettres.


J’allais voir Louis Dreyfus, le président du directoire et directeur de la publication, et nous convinmes qu’une rupture conventionnelle de contrat était la solution idoine. J’étais libéré.


LE QUOTIDIEN DE L’ÉCOLOGIE


Libéré... et chômeur. Dans toute cette lutte, je n’ai pas cherché à "voir ailleurs". Un média aura-t-il le désir de travailler avec un bon journaliste d’environnement, libre, produisant régulièrement des informations et des idées nouvelles, apprécié du public ? On verra. Le téléphone est ouvert.


Mais dans le secteur économique dévasté qu’est devenue la presse, et largement dominé par les intérêts capitalistes, le journalisme environnemental est relégué, de nouveau, à la position de cinquième roue du carosse, voire de gêneur. Ce qui compte, dans l’atmosphère délétère d’un système qui ne proclame la démocratie que pour mieux renforcer les logiques oligarchiques, c’est la croissance, l’économie, la production.


On ne peut plus feindre qu’il y aurait des journalistes "engagés" et d’autres qui seraient neutres. Derrière la bataille pour l’information se joue celle des priorités, et les choix de priorité renvoient à des visions différentes du monde. Le 11 juillet 2012, sur France Inter, Matthieu Pigasse, vice-président de la banque Lazard en Europe et co-propriétaire du journal Le Monde était interviewé - présenté, d’ailleurs, comme "engagé". La vision de la crise par M. Pigasse était révélatrice. La question des inégalités et de la répartition des richesses n’était pas évoquée, comme si elle n’avait aucune part dans les difficultés. Et pour résoudre le problème de la dette, une seule solution : la croissance. « La mère de toutes les batailles est la croissance », selon M. Pigasse. Qu’il pourrait y avoir une tendance historique à la stagnation de la croissance économique dans les pays riches était hors sujet. Quant à l’idée d’écologie, elle était aussi absente de l’entretien que l’existence des Martiens.


Je ne reproche à personne cette vision des choses. Simplement, il en est une autre tout aussi légitime, et qui ne trouve pas sa place dans les médias : celle selon laquelle la crise écologique mondiale est le phénomène actuel essentiel, sur les plans historique, économique et géopolitique. Et que c’est autour de ce phénomène - qu’il faut mettre en relation avec l’inégalité record qui structure la majorité des sociétés nationales comme les rapports entre Nord et Sud, en relation aussi avec la lutte pour la démocratie qui anime tant de mouvements populaires à travers le monde -, c’est autour de cette question centrale que peut et doit s’orienter la hiérarchie de l’information.


Nous manquons de lieux où s’expose nettement cette problématique, où se présentent les informations et les reportages qui l’expriment, où l’on lise les débats et réflexions vigoureuses qu’appellent les nouvelles questions qui se posent, où les mouvements sociaux et les luttes "d’en bas" soient racontés, où les mille alternatives et solutions nouvelles que créent autant de citoyens qui savent que, oui, "un autre monde est possible" seront décrites, comme ailleurs, on relate les aventures des entreprises du CAC 40.


Eh bien, nous allons développer ce lieu nécessaire, ce "quotidien de l’écologie".

 

C’est Reporterre.

 

Faiblesse de nos moyens face aux millions des oligarques qui contrôlent les médias. Nous ne sommes rien, ils sont tout. Mais nous avons ce que l’argent ne peut pas acheter : la conviction, l’enthousiasme, la liberté.

 

Reporterre

 

http://4.bp.blogspot.com/-L0yLD1XEb2Q/UicKFNdXeYI/AAAAAAAADH8/gtX18HOwjGM/s1600/reporterre.jpg

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 09:14

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Dans ce numéro un grand entretien

avec Emmanuel Todd

 


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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 22:50

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Sale temps pour les lanceurs d’alerte  

  

MÉDIAPART - 4 JUILLET 2013 

PAR EDWY PLENEL  

  

 

La cour d’appel de Versailles a ordonné à Mediapart, jeudi 4 juillet, de supprimer toute citation des enregistrements de l’affaire Bettencourt. Son arrêt nous interdit, de surcroît, de les mentionner à l’avenir. Trois ans après nos révélations, cette décision est bien plus qu’une atteinte à la liberté de l’information : c’est un acte de censure.


La cour d’appel de Versailles n’a cure de tous ses arguments. Elle se contente, sans prendre la peine de l’étayer, de nous objecter les vies privées de Mme Bettencourt et de M. de Maistre que nous aurions violées, à notre tour, en dévoilant les faits découverts par le majordome de la milliardaire, Pascal Bonnefoy. Celui-ci n’a pourtant pas agi en voyeur mais en justicier : il voulait révéler les manigances et intrigues dont sa patronne faisait l’objet, quitte, pour cela, à avoir recours à ce moyen délictueux de l’enregistrement clandestin. De fait, l’expertise médicale ordonnée par les juges de Bordeaux – celle-là même que MM. Sarkozy, Woerth, de Maistre et consort tentent de faire annuler – lui a donné entièrement raison, confirmant que la milliardaire n’était pas maître de ses décisions. 


Mais, surtout, les (sommaires) motivations de l’arrêt de Versailles font litière du droit de la presse, du droit fondamental à l’information, bref du droit de savoir des citoyens. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), jusqu’à laquelle nous irons si d’aventure toutes les voies de recours sont épuisées, a pour jurisprudence constante de donner le pas à la légitimité d’une information d’intérêt public, c’est-à-dire dans l’intérêt du public et de la démocratie, sur les moyens éventuellement illégitimes ou déloyaux qui ont permis de l’établir. Sous condition, évidemment, de respect de cette haute ambition dans la façon de produire cette information.

Or c’est précisément ce à quoi a veillé Mediapart tout au long de l’affaire Bettencourt, écartant une vingtaine d’heures d’enregistrements du majordome pour ne garder qu’une grosse heure d’extraits, tous ceux qui attestaient de faits d’intérêts publics ainsi que nous le précisions dans la « Boîte noire » de tous nos articles (cette mise au point est reprise dans la « Boîte noire » ci-dessous).


Respectueux du droit de la presse, les premiers magistrats saisis en référé à Paris par Mme Bettencourt et M. de Maistre l’avaient bien compris qui, en juillet 2010, nous donnèrent raison, en première instance (l’ordonnance est ici), puis en appel (l’arrêt est là). Ce sont ces décisions qui ont, ensuite, été cassées par la chambre civile de la Cour de cassation, laquelle, érigeant en principe absolu l’intimité de la vie privée, indépendamment de tout contexte, de toute complexité publique et conflictualité démocratique, a sciemment ignoré le droit de la presse dont la chambre criminelle de la même Cour de cassation est le gardien habituel. Renvoyés devant la cour d’appel de Versailles, nous espérions que la justice reviendrait dans son lit naturel, celui du droit de savoir que la Cour de cassation n’a pas hésité à vanter dans son rapport annuel de 2010.


C’est tout l’inverse, avec une décision caricaturale qui ne prend même pas la peine de discuter vraiment les arguments de droit de nos avocats, Mes Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman (lire ici leurs longues conclusions et, sous l’onglet « Prolonger » de cet article, les brèves motivations de l’arrêt de Versailles). Faut-il donc que l’audace de Mediapart ait été grande pour qu’on veuille à tout prix la punir, au risque du ridicule, trois ans après les faits ! L’audace d’avoir porté sans vaciller des vérités qui dérangeaient les affaires, opaques et secrètes, de tout un petit monde d’intéressés, de financiers, d’avocats, de politiques, bref de courtisans et de mercantis.


Quelle est donc cette insistante conjuration qui veut la mort du lanceur d’alertes alors même que tout un chacun a pu constater l’intérêt public de ses alertes, en l’occurrence nos informations ? Une conjuration qui, mystérieusement, survit aux conséquences de nos révélations sur l’entourage de Liliane Bettencourt. Car est-ce bien la milliardaire qui nous poursuit depuis 2010 ? L’expertise médicale ordonnée par les juges de Bordeaux n’a-t-elle pas confirmé les craintes de sa fille Françoise sur son état de santé ? N’a-t-elle pas établi que Liliane Bettencourt n’était pas totalement lucide depuis plusieurs années et que, par conséquent, rien ne garantit qu’elle soit clairement informée et consciente des poursuites engagées en son nom contre nous ? Et ses avocats n’ont-ils pas cessé de changer depuis, dans une valse à laquelle les faits révélés par les enregistrements du majordome ne sont évidemment pas indifférents ?


Faisant a priori confiance à la justice de notre pays, nous nous en étions alarmés par l’intermédiaire de nos avocats, le 23 avril dernier, dans une lettre à la juge des tutelles du Service de la protection des majeurs, Stéphanie Kass-Danno (lire ici ce courrier). À ce jour, nous n’avons pas reçu de réponse, aucune, ne serait-ce qu’un accusé de réception.« Prétendre défendre la vie privée de Mme Bettencourt en taisant le processus délictueux dont elle était victime, écrivaient notamment Mes Mignard et Tordjman, relève d’une grossière hypocrisie qu’il nous est impossible de taire et à laquelle nous entendons donner la plus grande publicité. (…) Son comportement était vicié, d’une part en raison de sa pathologie et d’autre part en ce que tout son entourage s’évertuait à dresser un rideau de fumée afin que son état ne soit pas révélé. (…) L’enregistrement a certes pu causer un dommage mais ceci pour éviter un dommage bien plus grand encore. »


Sale temps pour les lanceurs d’alerte. Au moment où l’Assemblée nationale leur donne, timidement, droit de cité à l’occasion des projets de loi sur la transparence de la vie publique, trois magistrats versaillais veulent leur couper la tête. Mais comment ne pas rapprocher ce rebondissement ubuesque de notre affaire du sort, autrement tragique, fait simultanément à Edward Snowden, ce lanceur d’alerte auquel nous devons la confirmation du mépris des puissances étatiques, et par-dessus tout de la plus puissante d’entre elles, l’étatsunienne, pour la vie privée des citoyens du monde ? D’échelle différente, les batailles n’en sont pas moins identiques.


Et leur enjeu n’est rien moins que la vérité au service de laquelle se doit une presse libre, indépendante et exigeante. C’est aussi à Versailles qu’en juillet 1898 fut condamné Émile Zola pour son « J’accuse…! » qui honore l’histoire du journalisme. Peine déjà ubuesque puisque d’un an de prison et d’une forte amende, qui l’amena à fuir en exil. Quand il revint en France, un an plus tard, sa dénonciation du crime commis contre l’innocent capitaine Dreyfus étant devenue vérité d’évidence, il refusa de triompher, mais demanda à la justice de « simplement dire s’il y a crime à vouloir la vérité ».


C’est, dans l’affaire Bettencourt, le seul crime de Mediapart : avoir voulu la vérité, sans laquelle il n’est pas de justice.


Voici les motivations de l’arrêt de la Cour d’appel de Versailles, suivies du dispositif de jugement:


« Considérant, en premier lieu, qu’il n’est pas contesté par les défendeurs que les enregistrements ont été effectués dans un salon particulier du domicile privé de Liliane BETTENCOURT, à son insu et à celui de ses visiteurs, pendant une période qui s’est étendue de mai 2009 à mai 2010, au moyen de la pose d’un appareil enregistreur par le maître d’hôtel de l’intéressée ; qu’il n’est pas davantage contesté que les défendeurs à la saisine avaient conscience du caractère illicite de la provenance de ces enregistrements, le journal MEDIAPART se référant à des enregistrements “clandestins” ou “pirates”et qualifient le procédé de “moralement - sinon pénalement - condamnable” ;


« Que ces enregistrements, pratiqués de façon clandestine, ont, par leur localisation et leur durée, nécessairement conduit leur auteur à pénétrer dans l’intimité des personnes concernées et de leurs interlocuteurs ;


« Qu’il importe peu que les défendeurs aient procédé à un tri au sein des enregistrements diffusés pour ne rendre publics que les éléments ne portant pas atteinte, selon eux, à la vie privée des personnes concernées ; que la cour observe, surabondamment, que les enregistrements diffusés, en ce qu’ils fournissent des indications sur la capacité de Liliane BETTENCOURT à se remémorer certains événements ou certaines personnes, ainsi qu’à suivre des conversations menées sur un mode allusif, intéressent son état de santé et, par suite, son intimité ;


« Que la diffusion par les défendeurs d’enregistrements qu’ils savaient provenir de cette intrusion dans la sphère intime de Liliane BETTENCOURT caractérise le trouble manifestement illicite exigé par l’article 809 du code de procédure civile, au regard des articles 226-1 et 226-2 du code pénal, visés dans l’assignation ;


« Qu’il résulte par ailleurs de l’article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales que l’exercice de la liberté de recevoir ou de communiquer des informations comporte des responsabilités et peut être soumis à certaines restrictions, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui, pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles ;


« Que l’exigence de l’information du public dans une société démocratique énoncée à l’article 10 de la convention susvisée, qui aurait pu être satisfaite par un travail d’investigation et d’analyse mené sous le bénéfice du droit au secret des sources, ne peut légitimer la diffusion, même par extraits, d’enregistrements obtenus en violation du droit au respect de la vie privée d’autrui, affirmé par l’article 8 de ladite convention ;


« Qu’il importe peu, enfin, que, depuis leur diffusion, les informations concernées aient été reprises, analysées et commentées par la presse, dès lors qu’il résulte de l’accès aux enregistrements litigieux par le biais du site de MEDIAPART un trouble persistant à l’intimité de la vie privée de Liliane BETTENCOURT ;


« Qu’il convient, en conséquence, d’infirmer l’ordonnance entreprise, et de prescrire les mesures sollicitées dans les termes énoncés au dispositif du présent arrêt, sans qu’il soit nécessaire d’ordonner la publication d’un communiqué ;


« Qu’en ce qui concerne le montant de la provision sollicitée, il convient de fixer à la somme de 20.000 euros le montant alloué à Liliane BETTENCOURT à titre de provision à valoir sur la réparation de son préjudice moral ;


« Sur les dépens et les frais irrépétibles


« Considérant que les défendeurs à la saisine succombant dans leurs prétentions doivent supporter les dépens ;


« Considérant que l’équité ne commande pas de faire application en cause d’appel des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile ;


« PAR CES MOTIFS


« La cour,


« Statuant publiquement, par arrêt CONTRADICTOIRE et en dernier ressort,


« INFIRME l’ordonnance rendue le 1er juillet 2010 par le juge des référés du tribunal de grande instance de PARIS, sauf en ce qui concerne le rejet des moyens de nullité et des exceptions de procédure ;


« REJETTE la demande de sursis à statuer,


« REJETTE la demande de nullité présentée en cause d’appel,


« STATUANT à nouveau,


« -  ORDONNE le retrait du site www.mediapart.fr , dans les huit jours suivant la signification du présent arrêt sous astreinte, passé ce délai, de 10.000 euros par jour de retard et par infraction constatée, de toute publication de tout ou partie de la retranscription des enregistrements illicites réalisés au domicile de Liliane BETTENCOURT ;


« -  FAIT injonction à la société MEDIAPART de ne plus publier tout ou partie des enregistrements illicites réalisés au domicile de Liliane BETTENCOURT, sur tous supports, électronique, papier ou autre, édités par elle et/ou avec son assistance directe ou indirecte, et ce sous astreinte de 10.000 euros par extrait publié, à compter de la signification du présent arrêt ;


« -  CONDAMNE in solidum la société MEDIAPART, Edwy PLENEL, Fabrice ARFI et Fabrice LHOMME à verser à Liliane BETTENCOURT la somme de 20.000 euros à titre de provision à valoir sur la réparation de son préjudice moral ;


« - REJETTE toute autre demande des parties, et notamment celles fondées sur l’article 700 du code de procédure civile ;


« - CONDAMNE la société MEDIAPART, Edwy PLENEL, Fabrice ARFI et Fabrice LHOMME aux dépens de première instance et d’appel, qui pourront être recouvrés conformément à l’article 699 du code de procédure civile. » 

 


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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 11:36

Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

 

http://www.rue89.com/sites/news/files/styles/asset_img_full/public/assets/image/2013/06/tv-grece.jpgQuelques minutes avant que la télé grecque ne s’éteigne (Capture d’&eacute ; cran/France TV Info)


Eclairante coïncidence : c’est justement le jour où la télé publique française diffuse pour la première fois, à une heure de grande écoute, une émission offensive sur l’évasion fiscale, une émission qui porte le fer dans la plaie et désigne ces grands fraudeurs aux mains blanches nommés Mittal ou Amazon, HSBC ou British American Tobacco ; c’est justement ce jour-là que le gouvernement grec, sous pression de la Troïka, ferme brutalement son propre audiovisuel public.

Un déjeuner à 10 000 euros

Rien à voir ? Tout à voir. L’évasion fiscale est la clé de tout. Les démocraties en crèvent à petit feu, et en crèveront totalement, si elles ne trouvent pas un moyen de faire rendre gorge aux multinationales, qui jouent à saute-frontières avec leurs bénéfices.


Une lutte à mort est engagée, dans laquelle les Etats disposent notamment d’une arme : les médias publics. C’est le mérite de l’émission d’Elise Lucet d’avoir mis cette lutte à mort en images, en allant troubler les assemblées générales d’actionnaires des grands fraudeurs, et en perturbant – c’est la scène culte de l’émission – un déjeuner (addition : 10 000 euros) de députés et hauts fonctionnaires français amateurs de cigares, invités par le cigarettier BAT, lui-même grand habitué de l’évasion fiscale.


Depuis ses débuts, « Cash investigation » pratique ainsi l’intrusionnisme en lieu clos avec caméras. Un procédé télé qui n’apporte pas forcément de grandes révélations, mais dont l’efficacité est indéniable.

Extinction des feux

Et le même jour, donc, le même soir, à la même heure, l’extinction des feux à Athènes. La Grèce n’a pas d’argent pour entretenir son audiovisuel public. Si elle n’a pas d’argent, c’est parce que l’évasion est, là-bas comme ici, un sport national, du contribuable de base aux armateurs, en passant par le clergé.

Bien joué. Ne restent donc – outre les médias web indépendants, là-bas comme ici, bien sûr – que les médias des oligarques, et ce n’est pas eux qui dénonceront l’évasion fiscale. Il n’y aura pas d’Elise Lucet grecque. S’il y en a une, elle a été licenciée mardi soir.


On peut relativiser les choses. Népotisme, gabegie : les télés publiques grecques avaient certainement d’énormes défauts, comme les en accuse le gouvernement. Innombrables, comme les médias audiovisuels publics français, et ce n’est pas ici que nous les minimiserons.


Et dans la sidération des journalistes européens, dans leur possible sursaut dont frémissait Twitter dès mardi soir, il faudra faire la part d’un corporatisme plus ou moins inconscient. On aura le droit de ricaner : tiens tiens, on peut pressurer les Grecs tant qu’on veut, les affamer, les empêcher de se soigner, mais leur éteindre la télé, ah non !


On pourra aussi rappeler que la télé publique grecque ne réunissait plus que 10% de part de marché (chiffre cité par Patrick Cohen sur France Inter, et qui reste à vérifier). On pourra ricaner encore sur « L’effet Taratata » que provoque l’incroyable lock-out de ces chaînes que personne ne regardait.

Le champ libre aux chaînes des armateurs

Mais il faut imaginer, en France, France 2, France 3, France 4, France 5, et toutes les stations de Radio France cessant d’émettre, pour laisser le champ libre aux radios et aux télés de nos armateurs à nous : Lagardère, Bouygues, et les autres.


Il faut appeler les choses par leur nom : c’est un coup de force, auquel on a assisté mardi. Un coup de force qui fait basculer la Grèce dans la catégorie des régimes autoritaires. On se demandait comment ça arriverait, quel visage prendrait ce basculement, que l’on sentait inéluctable, inscrit dans l’ordre des choses. Ça arrive donc ainsi, par la fermeture des émetteurs par la police.

 

Ce n’est pas aux Grecs de régler seuls l’affaire. La Troïka, cette machine folle qui exige de la Grèce ces milliers de suppressions d’emplois, c’est nous. C’est le gouvernement français, le Président français, qui doivent condamner le décret grec, et exiger de la Troïka qu’elle exige du gouvernement grec son annulation immédiate.

 

PUBLIÉ INITIALEMENT SUR 
Arretsurimages.net

 

 

***

 

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 15:44

Today I broke up with my daily routine. I did not buy my Libération issue.


They found it clever to print their cover in English, to take stand in favor of the loi Fioraso.

 

This was just a little prank: seems the rest of the newspaper is in French, as usual. Cowards.


If we are to speak english ("we" meaning the bilingual elite), print the entire issue, every day, in the not so good english you want our universities to inflict upon their students (my English is no so good either, but that's what would pass, on average, as standard globish, good enough for the new english speaking French students).


This law is a joke. Would you send your children study Italian in Rome by choosing an English langage program? Is it of any interest to attract students in France to teach them English? Remember, the law is not about learning english for French students, it's about teaching them economics, psychology or achitecture in English, in France.


I strongly suspect the real idea is to make good Europeans (or Nato soldiers) out of young citizens unwilling to bend to globish langage and thoughts.


And the Libération cover is just a way to single out opponents by making them feeling unable to rise to the world class langage. Not so bright.


From a regular reader, dear Libé, I can think today of no other reply than: fuck you!

http://img.over-blog.com/389x500/0/11/19/18/2013/md0.libe.com.jpg

 

 

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 11:15

http://www.ace62.asso.fr/medibox/carrou_img/lescdeg-bn.jpg

Organisé par le MRJC au Lycée Ste Marie à Aire sur la Lys

52 rue d'Isbergues - 62 120 Aire- Sur-La -Lys

 

 

 

Weekend de formation à l'analyse critique des médias.

MEDIBOX

Avec entre autre:
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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 11:37

Loin de moi de penser que la diversité des opinions et le pluralisme dans les médias ne sont pas les garants du débat démocratique et de la liberté.  Je lis chaque jour l’ Huma qui a ouvert une souscription exceptionnelle du PCF mais un journal de gauche, son existence doit se poursuivre.


Ceci dit, je suis tombé le cul par terre, ce matin lundi 13 mai, en découvrant que Harlem Désir, premier secrétaire du PS, fait toute une demi-page pour dire qu’il soutient l’ Huma.


Jean  Jaurés, qui l’a fondée en 1907, voulait mettre l’ Huma au service du progrès social et des travailleurs dans un monde meilleur. C’est même à cause de cette idée qu’il fut assassiné à la veille de la Première guerre mondiale. Que le dirigeant du PS s’en rapporte, cela a du mal à passer. Sur la tombe du tribun à la voix d’airain, les socialistes de l’époque s’engageait avec le capital dans l " Union Sacrée " pour défendre des industriels et des financiers qui, eux, ne se massacrèrent pas lors de cette boucherie  mondiale.


Harlem Désir, lui, ne risque pas grand-chose. Le parti, qu’il administre pour le palais de l’Élysée, est bien loin des valeurs d’égalité et de fraternité, de la défense des travailleurs et des classes populaires dans notre pays., depuis le 5 mai 2012. Tout ceci, François II l’a égaré dans un corridor du palais de  l’Élysée. Si tant soit peu qu’il l’ait eu en tête un jour. 


Dès lors, rectificatif: ce n’est pas Pinocchio qui est venu soutenir l’ Huma aujourd’hui. C’est monsieur faux cul.


La Filpac CGT ( fédération des travailleurs du livre, du papier et de la communication) critique sévèrement le rapport sur les aides à la presse remis à la ministre de la Communication, Aurélie Filippetti.

 

Ce n’est plus ni moins que l’application du décret Sarkozy du 13 avril 2012  "visant à détruire la logique des aides  à l’information".


"S 'il était adopté dans le cadre d’un budget d’austérité 2014, ce rapport signifierait la mise en danger de nombre de titres" , juge la CGT, qui appelle à une mobilisation dans la perspective de sa rencontre avec les syndicats patronaux le 5 juin.

 

La Filpac CGT relève que trois des six membres de la mission ( Patrick Eveno, Roch- olivier Maistre et Bruno Patino ) figuraient parmi les animateurs principaux des états généraux de la presse de 20008, convoqués  par l’ex- président peu de temps avant sa défaite électorale 

 

http://leblogdupetitdocteur.blogspirit.com/media/02/02/2d3a60c4b36583037ee1120d577fea03.jpg

http://le-blog-de-roger-colombier.over-blog.com/article-pinocchio-soutient-le-journal-l-humanite-117754140.html

 

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 10:29

Lu sur EL Diablo 

A la manif du 1er mai, on me remit un tract du Collectif Roosevelt intitulé « Même sans croissance, il y a des solutions ».

 

Avec 5 millions de chômeurs, était il écrit, miser sur le retour de la croissance n’est plus possible. Afin d’en finir avec le chômage, il était proposé de partager le travail et les salaires).
 

 

Le Collectif Roosevelt ( http://www.roosevelt2012.fr/) est composé de personnalités sociale-démocrates, Jean Marc Ayrault, Arnault de Montebourg, maintenant au gouvernement, du défunt Stéphane Hessel, de Jean Daniel (fondateur du Nouvel Observateur,) de Michel Rocard (que l’on ne présente plus) de Susan George (fondatrice d’Attac dont elle a été vice présidente) de Roland Gori (président de l’association Appel des appels), d’Aurélie Trouvé (coprésidente d’Attac), Joël Decaillon représentant la CGT à la CES dont il a été le Secrétaire général adjoint, Gilbert Mitterrand, Jean Gadrey (théoricien de la décroissance), et bien d’autres encore dont….. Cynthia Fleury, chroniqueuse au journal l’Humanité !
 

 

http://www.corsematin.com/media_corsematin/imagecache/article-taille-normale-nm/Image_bas27q203_lv_philosophe.jpgMadame Cynthia Fleury est professeur de philosophie politique à l’Université américaine de Paris chercheur au Museum d’Histoire naturelle, maitre de conférences à l’Institut Politique de Paris et chargée d’enseignement à l’Ecole polytechnique. Voilà pour le coté professionnel ! (référence Wikipédia).
 

Hormis de militer pour le partage du temps de travail au sein du Comité Roosevelt, Madame Cynthia Fleury, est membre du conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot. Fondation sous la tutelle du capital et de l’Etat puisqu’à son conseil d’Administration siègent notamment la société l’Oréal, TF1 et Véolia environnement, en tant que membres fondateurs, le gouvernement est représenté par le ministère de l’écologie.

 

Ce lien étroit entre la fondation et les forces dominantes s’est traduit par la nomination comme « envoyé spécial du président de la République pour la planète » de Nicolas Hulot. Le président du Conseil scientifique est Pierre André Gouyon, membre fondateur du CRIIGen et conseiller de Corinne Lepage.

 

Les scientifiques membres de ce conseil ne font pas partie de ceux qui s’opposent à l’assujettissement des organismes de recherche et des universités au pouvoir politique et au patronat. C’est donc fort logiquement que la Fondation s’est transformée cette année enthink tank, en groupe de pression, donnant une caution scientifique à l’idéologie des forces dominantes sous couvert du développement durable.

 

Mme Cynthia Fleury est aussi membre du comité exécutif et présidente du Conseil d’orientation d’un autre think tank social démocrate intitulé « Europa Nova ». Au Conseil d’administration, nous trouvons Jean d’Arthuis membre du comité exécutif du Fonds stratégique d’investissement, de Louis Dreyfus PDG du groupe de négoce multinational éponyme, de Matthieu Pigasse, directeur général délégué de la banque Lazard, ainsi que propriétaire du magazine Les Inrockuptibles , et actionnaire du journal Le Monde et du Huffington Post etc… (http://www.europanova.eu).
 

Dans un très récent article paru dans « la Croix » intitulé « Nous, Européens, unissons-nous politiquement et socialement » http://www.la-croix.com/Actualite/Europe/Cynthia-Fleury-Nous-Europeens-unissons-nous-politiquement-et-socialement-2013-04-26-953284 , Madame Cynthia Fleury prône une Europe fédérale en se réclamant de Jacques Delors et de Michel Rocard !


Alors, la chronique de madame Cynthia Fleury à l’Humanité, une erreur de casting ou une ligne éditoriale ?

 

Gilles Mercier

Le 13 mai 2013

Article adressé au blog par l'auteur via messagerie 


 

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 09:03

http://www.acrimed.org/IMG/siteon0.gif?1332110978

Par Acrimedle 30 avril 2013

Pourquoi nous serons présents…

Acrimed sortirait de son rôle – critiquer, proposer et agir sur la seule question des médias – si notre association appelait à la manifestation syndicale du 1er mai et à la manifestation politique du 5 mai. En revanche, nous serons présents aux abords des cortèges.


- Le 1er mai, entre toutes les raisons d’être présents, nous le serons par solidarité avec toutes celles et tous ceux qui s’opposent à l’Accord National Interprofessionnel (ANI), approuvé par la majorité parlementaire.


Cet accord accroit la précarisation de l’emploi, alors que les salariés des médias et les acteurs de la culture, en particulier, sont durement touchés par la précarité.


Qui peut croire notamment que la promesse d’une précarisation accrue des journalistes ouvre un avenir radieux à l’amélioration de l’information ?


- Le 5 mai, entre toutes les raisons d’être présents, nous le serons pour en appeler à une transformation radicale de l’ordre médiatique existant.


Le programme du PS, puis celui du futur Président de la République ne comprenaient pas grand-chose. Le bilan, certes provisoire, se résume à presque rien. Le moins-disant est confirmé par le peu-faisant : budget en baisse pour France Télévisions, projet de réforme cosmétique du CSA, quelques faibles lueurs sur l’aide à la presse et sur la protection des sources, quasi-néant sur les médias associatifs, bafouillages sur Hadopi et, libéralisme économique, oblige, pas un mot sur l’audiovisuel privé.


Qui peut croire un seul instant que l’indispensable priorité accordée aux questions économiques, sociales et politiques dispense de se mobiliser pour une appropriation démocratique des médias ?


Si un autre monde est possible, d’autres médias le sont aussi. Pour qu’un autre monde soit possible, d’autres médias sont nécessaires.


Acrimed, le 30 avril 2013.

 

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