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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
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  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 15:17

« Nicolas Beytout propose une analyse de l’actualité, ses prises de positions ne sont pas idéologiques.» »P. Val

 

De quoi la matinale de France Inter est-elle le nom ? La première émission du matin en audience, le lundi 12 novembre 2012 accueille F. Baroin. Estampillé droite classique, conservatrice « old fashion » c’est-à-dire le sarkozysme sans la xénophobie programmatique. Le tout chapeauté par le très libéral N. Beytoutqui besogne à chaque ouverture hebdomadaire pour caser dans son édito fourre-tout, « dette publique », « charges sociales », « baisse du coût du travail » et « compétitivité ». Poussant le professionnalisme jusqu’à intervenir dans la partie interactive de l’émission. Finalement, pas si interactive que ça. Si le programme du 12 novembre est emblématique, représentatif, ce n’est pas pour la qualité du débat, ni pour le niveau académique de ses intervenants, mais pour ce qu’elle dit des orientations médiatiques sous un gouvernement de gauche. Ou qui se présente comme tel. Et du sensible glissement des rédactions sur les concepts généraux (charges sociales, compétitivité, croissance). Des thématiques univoques qui instaurent la suprématie idéologique de la droite. Ce que ces débats préparent c’est la future majorité, la prochaine alternance, déjà.

 

P. Val déclarait en septembre 2012 qu’il se battait pour « que France Inter ne pense pas à la place de l’auditeur, mais donne des éléments du débat pour qu’il pense par lui-même ». Vœu pieux, on se demande alors pourquoi, « sa » matinale se compose exclusivement de ce que la pensée moyenne du pinacle journalistique peut produire. Un mélange homogène de sociaux-démocrates européistes (B. Guetta dont les analyses politiques sont aussi plates que le programme économique de F. Bayrou) mixé à des journalistes totalement soumis à l’ordre économique dominant. Si l’auditeur peut penser par lui-même ce n’est surement pas à l’aune d’un questionnement hors cadre ou dégagé du consensus économique libéral. D’ailleurs F. Baroin résume assez bien le contexte de ce direct en pérorant « la mondialisation c’est comme la météo ». On ne peut rien y changer. Ce qui au mieux s’interprète comme un fatalisme face à la mise en coupe réglée du modèle de développement occidental (santé, éducation, biens communs), au pire, souligne l’inutilité du politique (et de lui-même) face aux tempêtes qui s’annoncent.

Que N. Beytout puisse donner le la, lorsque J. L. Melenchon est invité cela peut se concevoir. Que les présupposés économiques de ce libéral décomplexé colorent toute la matinale alors que F. Baroin est l’invité, dénote une cocasse mise en place des contradictions. Et si l’auditeur peut penser par lui-même comme le prétend P. Val, il fera surement, ailleurs. Et loin. Les idées arrivant avec les mots. Qui, sur cette station ne seront jamais prononcés.

On attend manifestement plus du service public qu’une causerie monotone. France Inter aurait pris un maquis virtuel (de droite). Que la déploration patronale soit à la mode, qu’elle ait un petit côté subversif sous un pouvoir socialiste, cela pourrait passer. Sauf que la matinale d’information ne fait pas son travail. Elle laisse entendre que la France serait en voie de soviétisation, que le matraquage fiscal (comme le dit N. Beytout, qui ne sera pas repris par ses camarades) est une réalité. Que la baisse du coût du travail s’avère une impérieuse obligation. Or c’est très idéologique et partial. Car si matraquage il y a, il s’abat sur les classes moyennes. Si baisse du coût du travail il y a, c’est au détriment de la protection sociale des masses. Petites nuances que les trois autres journalistes laissent passer. Ils laisseront passer le socle de ce qui fait le débat social dans ce pays face aux grincheux de la taxe. Comment faire fonctionner l’État ? Comment maintenir un service de santé, d’éducation décent et universel ? Comment répartir l’effort ? Au lieu de cela on se perd dans des réflexions de comptoir servies par le trublion du jour N. Beytout, à peine plus friedmanien que l’invité (F. Baroin). Et dont l’objectif existentiel ultime se résume à rendre les citoyens compétitifs en baissant les impôts des nantis. Et ce sans que quelqu’un puisse faire entendre un autre point de vue.

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S. Halimi déclarait qu’il faudrait des milliers d’heures de médias pour compenser la propagande économique dominante. Certains comme P. Val semblent estimer que c’est inutile.

Que l’auditeur sous matraquage médiatique libéral pourra se soustraire à la pression. Par un processus magique.

Qu’en d’autres termes peu importe la tendance politique des journalistes, le bon sens l’emportera ! En l’admettant, si tout ceci est sans conséquences, alors pourquoi il n’y a aucun éditorialiste radical dans la matinale ?

Vogelsong – 12 novembre 2012 – Paris

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 08:58

Pour écouter ou lire la revue de presse internationale sur France Culture ce matin


Ecoutez l'émission5 minutes

Revue de presse internationale de Ludovic Piedtenu

12.11.2012 - 07:24

 

"http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4533729"

 

Son visage est déjà entouré d'une corde au sommet d'une potence devant le Parlement Grec à Athènes.C'est la photo à la une du site internet allemand de Der Spiegel.

 

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 Photo prise hier soir ( 11/11/12 ) par un manifestant 


Son nom sera suivi de qualificatifs peu élogieux aujourd'hui dans les rues de Lisbonne, nous explique le quotidien portugais Publico.
Son oeil bleu clair est à la une en France de Libération.
La chancelière allemande Angela Merkel fait les gros titres de la presse européenne ce matin.

Le Portugal d'abord où elle se rend aujourd'hui.
"5 heures seulement dans la capitale", nous apprend le quotidien Publico mais "des manifestations partout dans la ville"puisque "l'itinéraire de sa visite a été gardé secret". En signe de protestation, "plusieurs associations ont appelé les Portugais à s'habiller en noir comme pour le deuil et à accrocher des rubans noirs aux fenêtres" raconte le quotidien espagnol El Pais.
Angela Merkel qui a déjà accordé un entretien à la Radio Télévision Portugaise diffusé hier.
Les quotidiens portugais la décrivent ce matin comme "très sereine", elle qui salue le "courage du gouvernement portugais".
"Interrogée sur les voix qui l'accusent d'être responsable des mesures d'austérité prises dans plusieurs pays européens, la chancelière, écrit Publicoa dit qu'elle était au courant de ces voix, mais étrangement, précise le journal, qu'elle n'était pas responsable des mesures."

Et pourtant la presse européenne la surnomme "le Docteur".
Le Temps en Suisse par exemple souligne "l'incapacité d'Angela Merkel à apparaître autrement que comme une maratre médecin. Douée pour rétablir ses patients, mais sûrement pas pour les mettre en confiance."
"Les remèdes du docteur Merkel sont "Made In Germany" poursuit le quotidien suisse. Ils sont faits pour soigner des maux physiques, pour rétablir le bon fonctionnement d'organes abîmés par les années d'intégration communautaire mal gérée. Mais l'UE ne souffre pas que de rhumatismes. Elle souffre d'une dépression sérieuse, d'une incapacité à se projeter ensemble dans l'avenir."
Et Le Temps de conclure : "C'est dans la tête que cela se passe aussi, Docteur Merkel ! La chimie allemande, à laquelle vous avez failli consacrer votre vie professionnelle, ne résoud pas tout."

Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung soutient davantage la Chancelière : "Elle doit se sentir bien seule ces jours-ci. En France, le Président s'enfouit dans son monde imaginaire. En Espagne et en Italie, on se réjouit de la baisse du coût de la dette. Et en Grèce, l'espoir grandit de pouvoir continuer - encore - à renégocier. Merkel manque de moyens de pression pour s'imposer face à la majorité léthargique. L'Europe tombe de nouveau dans une mentalité de bazar. Peut-être, conclut le quotidien allemand, aurait-il mieux valu sortir les outils de torture plutôt que des plans de construction."

Et si "la réputation de la chancelière s'effondre en Europe, elle et son ministre Schäuble sont en hausse dans l'opinion allemande" précise El Pais en Espagne qui publie ce matin un reportage réalisé au Portugal avant l'arrivée de la Chancelière.

Et cette photo d'un mur de Lisbonne... Un graffiti qui montre Merkel controlant comme des marionnettes le Premier ministre portugais et son ministre des affaires étrangères.

Angela Merkel sur un graffiti dans une rue de Lisbonne PATRICIA DE MELO MOREIRA © AFP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"L'institutrice visite le bon élève" titre El Pais.
"Lors de la conférence de presse qu'elle donnera conjointement avec le Premier ministre portugais, il n'y aura que quatre questions dont deux pour elle" raconte le reporter Antonio Jimenez Barca qui rapporte "l'intérêt des médias nationaux pour cette visite mais pour dire tous la même chose, écrit-il, l'aversion croissante de l'Allemagne au Portugal."Et de citer l'hebdomadaire Sàbado "Elle visite Lisbonne comme la femme que tout le monde déteste mais qui commande au Portugal." L'autre hebdomadaire Visao est "plus succint" écrit le journaliste espagnol (plus direct aussi) :"Merkel au Portugal. Pourquoi nous aimons haïr les Allemands."

Une haine qui inquiète le mouvement du 12 mars au Portugal rapporte Publico. Selon l'un de ses leaders, "nous devons nous concentrer sur l'image de Merkel et non le peuple allemand afin, je le cite, d'éviter la xénophobie qui se propage en ce moment".

Et quand ce n'est pas le Portugal ou la Grèce, c'est la France qui est visée.
Et la presse allemande joue à la fois du bouclier pour défendre la chancelière et de l'épée pour tancer les pays européens.

 
Il y a 10 jours, souvenez-vous de cette une de Bild "La France sera-t-elle la nouvelle Grèce ?" s'interrogeait le quotidien.


Et voici maintenant Die Zeit qui révélait vendredi qu'un groupe d'experts économistes qui conseille le gouvernement allemand avait pour mission de se pencher sur les réformes que la France devrait faire. "Mission démentie par la chancellerie d'un étrange "pas de commentaire" qui lui donne crédit" estime Dominique Seux dans Les Echos."Que les allemands écrit-il envisagent de nous donner des leçons pour réformer la France est à la fois vexant et culotté. Il y a 10 ans, la République fédérale était l'homme malade de l'Europe, elle a constamment été en retard dans la crise de la zone euro et elle recevrait assez mal, on l'imagine, des conseils de Paris pour redresser sa démographie catastrophique, pour prendre un exemple au hasard."

 
"Achtung !" titre Libération pour illustrer "les mots dur de Berlin sur les maux français" et cet avertissement sur l'état de notre économie.

 
Outre-Rhin, Die Zeit qui a sorti cette information explique qu'il s'agit "d'une première depuis la création de ce groupe d'experts il y a 49 ans, une première dans la prise en charge de la politique d'autres pays. Qu'il le fasse, estime le quotidien, montre à quel point Berlin est préoccupé."
"Cet avertissement de Schäuble, conclut le journal, est maladroit - peut-être - mais utile."

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 18:28

Il est de plus en plus difficile de photographier des policiers, mais ont-ils vraiment le droit d'empêcher les journalistes de le faire ? En Espagne, le gouvernement prévoir une loi l'interdisant purement et simplement...

Quel journaliste n'a pas connu cela ? Sur le terrain, en train de couvrir une manif, une expulsion, un fait divers, alors que l'on commence à prendre quelques photos, on aperçoit à travers l'objectif une main gantée qui vient boucher la vue. "Pas de photo", "virez-moi cette appareil ou on vous le confisque" voir même "vous effacez les photos tout de suite, montrez-moi". En face, un policier de la BAC, un CRS, un gendarme. le ton est ferme, parfois agressif et, surtout, de plus en plus fréquent. Les membre des différentes forces de l'ordre que l'on peut croiser sur un événement n'hésitent plus à mettre en garde : en cas de publication de la photo, ils attaqueront.

En Espagne, où les manifestations tendues se multiplient depuis des mois, le gouvernement prépare même une loi interdisant de photographier et filmer les policiers, purement et simplement.

Capture d'écran 2012-11-08 à 10.24.08

Alors, peut-on encore photographier des policiers en toute liberté, ou risque-t-on un procès ?

Que dit la loi en la matière ? Malgré ce que certains policiers affirment haut et fort lorsqu'ils ne veulent pas être photographiés, la législation est très simple : " Quand il sont liés à une actu, manif, fait-divers, escorte dans les affaires judiciaires, un journaliste peut librement montrer les policiers. Il n'y a qu'une véritable exception prévue par la loi, ceux qui figurent sur une liste fixée par arrêté suivant les termes de la loi de 1881 ", explique Isabelle Béal, juriste spécialisée dans le droit des médias.

Et la liste, que l'on retrouve dans un arrêté du 7 avril 2011, est précise :

Capture d'écran 2012-11-08 à 16.47.59Bref, si vous êtes sur le lieu d'un événement public et que le brave pandore qui veut vous interdire de le prendre en photo ne fait pas partie de la brigade anti-commando, de la section antiterroriste ou de l'un des groupes ci-dessus, il n'a aucune possibilité légale de vous l'interdire.

Et comme le fait remarquer Isabelle Béal, si vous vous sentez de rentrer dans les subtilités du droit avec votre interlocuteur, vous pouvez toujours lui faire remarquer que " seule la diffusion de l'image est ici punissable, pas sa fixation, ni la tentative de fixation. Un policier ne peut donc s'opposer à la prise d'images dans un lieu public, en lien avec une actualité ". Merci de retirer votre grosse main de mon objectif donc...

Quant à la menace, récurrente elle aussi, de saisir l'appareil photo ou la carte mémoire, elle n'a elle non plus aucune justification juridique : " un policier ne peut pas saisir des images. Il faut une décision judiciaire pour cela ".

Ainsi, en 2005, la Cour de Cassation a rendu un arrêt sur une situation tout à fait banale. Un quotidien avait fait paraître la photo de trois policiers participant à une reconstitution d'événement à la Gare du Nord. Lesquels ont attaqué le journal, et ont perdu. " La Cour d'Appel de Paris leur avait donné raison, mais la Cour de Cassation a cassé en retenant que l'image avait été prise dans un lieu public lors d'un évènement d'actualité durant lequel ces policiers exerçaient leur profession. (Cass.10 mai 2005)" précise Isabelle Béal.

Un quotidien régional avait lui aussi été attaqué par un gradé qui n'avait pas apprécié de retrouver sa photo illustrant un article sur une attaque de fourgon blindé. Mais le gradé en question ne faisant partie d'aucun des corps protégé de la fameuse liste ci-dessus, " son anonymat n'est pas légalement protégé. Il a été débouté et condamné à payer 2000 euros au journal ".

Et la France pourrait-elle un jour adopter une loi similaire à celle que le gouvernement espagnol prévoit de mettre en place ? Pour notre juriste, il y a peu de chance : " la liberté de la presse est un principe constitutionnel, elle ne peut  être limitée que par une loi. Cette loi ne doit pas porter une atteinte disproportionnée à la liberté et doit être nécessaire dans une démocratie selon les critères de la CEDH. Le projet de loi espagnol pourrait être en l'état un peu trop large par rapport à ces critères ".

Erwanngaucher

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 09:04

L’auteur du livre Les patrons de la presse nationale. Tous mauvais [1]Jean Stern, est journaliste. Il a travaillé comme tel àLibération, à La Tribune, au Nouvel économiste, à Gai Pieds. Son ouvrage s’appuie donc sur son expérience. Mais c’est surtout le produit d’une enquête réalisée avec la collaboration d’Olivier Tosas-Giro (pseudonyme d’un journaliste) qui présente en 190 pages, un véritable panorama critique de la presse nationale et de ses principales composantes, comme de son histoire depuis la fin de la guerre. 

Les patrons de presse dont il est ici question sont aussi bien les patrons de presse traditionnels, comme Hubert Beuve-Méry, Robert Hersant ou Emilien Amaury, que les journalistes « managers », genre Serge July ou Jean-Marie Colombani, ou encore les patrons de groupes dont la presse n’est qu’une activité parmi d’autres, comme Lagardère, Bernard Arnault ou François Pinault.

 Après un avant-propos dans lequel l’auteur évoque sa vie professionnelle et les grandes lignes de l’ouvrage, le chapitre I - « Automne 2011 : le plus grand plan social de France » - décrit à travers les mésaventures de La Tribune, de France soir et de la Comareg (groupe Hersant, 2400 suppressions d’emplois) la situation actuelle de la presse en France et les stratégies hasardeuses des trois patrons concernés : Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, Philippe Hersant, fils de Robert, et Sergueï Pougatchev, le tragi-comique oligarque..

- Retour en arrière avec le chapitre II  : « Sainte alliance à la Libération ». À la fin de la guerre, le sort de la presse, largement collaborationniste, est géré par la coalition alors au pouvoir : « On s’est contenté à la libération d’un partage des tâches dans une sainte alliance entre gaullistes et communistes : aux premiers, les rédactions, aux seconds, la distribution, les ateliers et les imprimeries. » (p. 31) Dans ces circonstances, les nouveaux dirigeants de journaux issus de la résistance n’ont pas su, aux yeux de Jean Stern, assurer les conditions économiques de la pérennité de leurs journaux : « Sous-capitalisée, sans fonds propres, la presse écrite perd au fil des décennies toute possibilité de véritable indépendance économique et donc éditoriale » (p. 32) Ils n’ont pas su faire élaborer une grande loi pour la liberté de la presse : « La résistance veut sa loi, pour compléter celle de 1881 et repartir sur de bonnes bases. Elle ne l’obtiendra pas. Dès 1947, deux titres, Combat et France-Soir vont tomber entre les mains de patrons tout à fait traditionnels : un millionnaire et la Librairie Hachette »(p.32) Ils n’ont pas davantage réussi à promouvoir de nouvelles formes de propriété des journaux qui permettent aux journalistes d’en garder le contrôle. Jean Stern évoque ces tentatives quand il écrit à propos de Combat que « Pia et Camus rêvent d’une nouvelle organisation pour le journal. Ils songent un moment à une coopérative, mais ne réussissent pas à faire avancer le projet ». Ou bien à propos de Hubert Beuve-Méry « qui incarnera l’intransigeance journalistique face aux pouvoirs politiques et économiques et sera dans les années 1960 le défenseur d’un statut spécifique pour les entreprises de presse ». Une proposition que l’auteur précise en note : « Il s’agissait, dans l’esprit du projet de loi élaboré en 1966 par le fondateur du Monde de pouvoir créer des " sociétés civiles et commerciales sans but lucratif " où " l’intérêt que présente la réalisation d’un objet l’emporte pour ceux qui ont fondé la société sur le désir d ‘un accroissement de richesse et la recherche d’un rendement financier ". La porte était ouverte au retour des vieux chevaux d’avant-guerre…

- … que l’on retrouve au chapitre III  : « Les trois H montent en puissance ». Les groupes Hersant, Hachette, et Havas, tous trois collaborateurs avec l’occupant reviennen-t sur le devant de la scène, construisent leurs empires respectifs et bénéficient de la protection du pouvoir mitterrandiste. Pendant les années 1980 et 1990, ils seront au sommet de leur puissance. C’est aussi une période de grande prospérité pour la presse, son « âge d’or » selon l’expression de Jean Stern. Mais cette prospérité, basée essentiellement sur les recettes publicitaires, est fragile : il lui manque « les piliers d’une presse économiquement saine et donc indépendante, que sont les lecteurs et les diffuseurs, kiosques et marchands de journaux. »(p.47)

- Fait également défaut une politique cohérente dans les domaines de l’imprimerie et de la distribution auxquels est consacré le :chapitre IV  : « Impression et distribution, les déchirements de la presse ». À la suite de l’augmentation du nombre des pages des journaux et de la modernisation nécessaire (couleurs, photos), de nouvelles imprimeries sont achetées. Mais elles sont très coûteuses et chaque journal veut la sienne : « " On a fait une grosse erreur industrielle de ne pas mettre en commun les moyens d’impression. On a bâti des usines pharaoniques qui ne tournaient que quatre heures par jour" explique Jean Miot, ancien directeur du Figaro. »La distribution est également en grande difficulté en raison de la diminution constante du nombre des points de vente et des difficultés du portage, pourtant largement aidé par l’État. Enfin, du moins selon l’auteur, ces deux secteurs stratégiques sont paralysés par la toute-puissance du syndicat du livre qu’aucun patron (sauf Amaury avec un succès mitigé) n’ose affronter.

- Avec le chapitre V - « Les journalistes managers, arroseurs arrosés » -, Jean Stern relate les aventures de ces journalistes, plus ou moins issus du mouvement de 1968 qui n’avait pas non plus réussi à modifier les lois sur la presse. Selon lui, les Colombani, Plenel, July, ont plutôt été les fossoyeurs des quelques structures qui donnaient à la rédaction un droit de contrôle sur la vie du journal, structures qu’ils avaient parfois eux-mêmes édifiées, comme Serge July à Libération : « En une quinzaine d’années, de 1982 à 1996 pour Libération, de 1994 à 2010 pour Le Monde, au fil de crises déprimantes, de compromis boiteux, de plans sociaux, de départs forcés ou sur la pointe des pieds, les deux titres perdent leur indépendance » (p. 71)Conseillés par des experts aussi peu avisés qu’Alain Minc pour Le Monde, ils se sont lancés dans des investissements catastrophiques. En même temps que ces journaux étaient livrés à des industriels ou des banquiers, leurs colonnes affichaient de plus en plus les couleurs du libéralisme.

- Le court chapitre VI-« L’argent de la soumission » - explique comment les restrictions financières peuvent infléchir le contenu des journaux, par exemple lorsque des ressources pour de véritables enquêtes font défaut. Il souligne la complaisance de la presse à l’égard les grandes fortunes (en l’occurrence, Maurice Lévy), ainsi que la dépendance de la presse à l’égard des aides de l’État, qui vont aux journaux dont les propriétaires sont les plus fortunés.

- Le chapitre VII« Le hold-up des holdings »-, défend l’idée, apparemment paradoxale, selon laquelle les pertes enregistrées par les journaux sont profitables à leurs propriétaires. Au niveau de la holding (parfois plusieurs), les bénéfices de certaines sociétés du groupe sont compensés par les pertes d’autres sociétés du même groupe pour l’application de l’impôt. En simplifiant, les pertes enregistrées par les entreprises de presse viennent en déduction des impôts de leurs propriétaires : « Les hyper-riches ont tout simplement couché la presse dans une niche fiscale. » (p.116)

- Le chapitre VIII explique « Comment règnent les propriétaires » : tractations financières entre gens du même monde, mais aussi concurrences acharnées, suppressions d’emplois sans état d’âme, structures financières complexes (pour 52 % des parts, les propriétaires de Libération sont inconnus !), connivences privé-public. Jean Stern passe en revue les institutions et les nombreux personnages que l’on retrouve dans les grandes opérations de presse : Le Monde et la BNP, Rothschild et Libération, Pigasse, les Inrocks et l’Elysée, Arnault, La Tribune et Les Echos, Pinault et Le Point, Lagardère et son groupe, Dassault et Le Figaro, sont successivement les cibles de ses flèches.

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 Le chapitre IX, est consacré aux « Sept familles n’ont pas dit leur dernier mot »et présente la situation économique et successorale des familles Amaury, Bolloré, Bouygues, Hersant, Perdriel, Prouvost, et Berlusconi.

- Enfin, dans un épilogue intitulé « Tous à la ferme ? », l’auteur, face à la précarisation des journalistes, décrit comme un avenir possible de la profession les déprimantes fermes de contenu,« agences de presse d’un genre nouveau [qui] produisent au kilomètre des articles revendus à bas coût, du journalisme low costsur des contenus secondaires. » (p. 169), qui se développent aux États-Unis. Et il en appelle à un sursaut des journalistes.

À ce jour, la presse a peu parlé (qui s’en étonne ?) du livre de Jean Stern [2]. Sans doute parce que ce petit livre très documenté pointe les responsabilités des patrons de presse soutenus par l’État dans une crise qu’ils ont en partie provoquée et d-ont, comble du cynisme, ils continuent, via les holdings, de profiter.

Un livre à lire et à méditer.

Jean Pérès

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 00:22

Je vous conseille de lire ce texte, qui explique bien en quoi les arguments avancés sont mauvais, et cachent mal la simple et basse recherche de profit d’une presse à l’agoniePetits meurtres de liens entre amis : la presse, le ministère et Google News. Reflets.info a aussi relevé des contradictions marrantes révélatrices de l’hypocrisie de la presse française sur la question.

Quitte à redire une évidence, de 50 à 70% du trafic des sites internet, d’après ce que j’ai pu observer, provient des produits Google [1]. Le jackpot étant de réussir à se faire référencer dans les clusters de Une de Google actualité. Tout de suite, on passe à 100k visites dans la journée sur la page référencée [2]. Tout ça pour dire qu’à mon humble avis, vu que les sites de presse trustent aujourd’hui quasi-intégralement les pages deGoogle actualités, le trafic généré doit être conséquent et la part de trafic provenant de Google pour ces sites est probablement supérieure encore à la fourchette donnée plus haut..

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Jackpot, donc, pour l’Express, le Figaro, TF1, le JDD, RMC.fr, le Point... bref, que de la presse en mal de visibilité

Ce qui implique, à mon humble avis deux choses.

La suite ici :

 Que Google déréférence les sites de presse commerciale ... et/ou qu’on passe à autre-chose que Google 

 

 

 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 09:35

 Depuis mai 2001, 20% du capital de la Société nouvelle du journal L'Humanité sont détenus par un groupe d'investisseurs regroupés dans la Société Humanité investissement pluralisme (SHIP) [1], laquelle a apporté 30 millions de francs au capital du journal et est, de ce fait, représentée à son Conseil  de surveillance.

Parmi les investisseurs de la SHIP figure une société du groupe Lagardère SCA (Hachette Filipacchi) qui détiendrait 9% du capital du journal . [2]

En plus d'être présent dans l'armement et l'aéronautique [3], le groupe dirigé par Arnaud Lagardère est le premier éditeur de presse magazine au monde avec plus de 250 titres publiés dans une quarantaine de pays.

 

Or, en janvier 2012, le fonds souverain de l' émir du Qatar a porté à près de 13% sa participation au capital de Lagardère SCA, devenant ainsi le premier actionnaire du groupe, devant Arnaud Lagardère lui-même .

On peut donc dire qu'aujourd'hui le Qatar contrôle une partie du capital du journal fondé par Jean Jaurès.

Une situation inconfortable quand on sait que les nombreux investissements du Qatar traduisent ses ambitions géostratégiques et que celles-ci sont plus qu'inquiétantes.

Ainsi, en Libye, pour aider à renverser Mouammar Kadhafi, l'émirat a déployé plus de 5.000 membres de ses forces spéciales et a « acheminé de nombreux convois d'armes aux combattants islamistes ». [4]

Aujourd'hui, en Syrie, il est en train de rééditer le même scénario avec la complicité du gouvernement français.

?

Vincent Bolloré a avoué explicitement qu'il n'investissait dans les médias qu'avec l'intention de contrôler leur ligne éditoriale [5] .

Peut-on penser que ce soit différent pour ses semblables : Dassault, Bouygues, Rothschild ou Lagardère-Qatar ?

???

[1] SHIP est une société anonyme à conseil d'administration au capital de 2.783.000 euros dont l'administrateur est Alfred Sepselevicius (Alfred Gerson). Son siège est situé 164 Rue Ambroise Croizat à Saint-Denis.

[2] Le capital de la Société nouvelle du journal L'Humanité (SNJH) se répartit ainsi : 
Actionnaires individuels : 40,71 % 
Société des lectrices et lecteurs de L'Humanité : 20 % 
Société Humanité investissement pluralisme : 20 % 
Société des personnels de L'Humanité : 10 % 
Société des amis de L'Humanité : 9,29 %

[3] Le groupe Lagardère détient 14,95% du capital de EADS : Airbus, Eurocopter...

[4] Le Figaro , 6 novembre 2011 : http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2011/11/5-000-forces-sp...

[5] « Je ne suis pas un investisseur financier, je suis un investisseur industriel. Je dois donc avoir le contrôle de l'éditorial. » Télérama , novembre 2007,http://www.telerama.fr/monde/21352-le_raz_de_maree_bollor...

JPD

Une réaction parmi d'autres à lire sur le blog de JPD : Le petit blanquiste

Ceci est cohérent avec sa ligne politique, par exemple son étonnante "neutralité" sur la Syrie. 
Il n'y a plus rien à faire pour l'Huma, 
c'est un nouveau parti communiste qu'il nous faut.

Écrit par : Xuan| 26 octobre 2012

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 09:19

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 09:36

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Les Nouveaux Chiens de garde :

un film décapant à ne pas manquer

et qui vous remonte le moral

Rosa LLORENS
 

Selon certains, la dénonciation de la pensée unique des médias et de leur collusion avec les intérêts économiques dominants serait un sujet usé. Pourtant, le but d’une dénonciation est de provoquer la prise de conscience d’un problème et un changement de situation ; or, on a beau entendre dire et lire que les journalistes n’ont plus aucune compétence professionnelle ni déontologie (les plus célèbres d’entre eux , Elkabbach, Poivre d’Arvor, Pujadas, Ockrent ... ont été mis en cause pour des fautes caractérisées), rien ne bouge (rien n’a bougé même sous les gouvernements socialistes).


J. P. Elkabbach, symbole vivant de ces nouveaux chiens de garde, n’a cessé d’être actif depuis sa première apparition comme présentateur de JT en 1970 : ce sont 40 ans de pouvoir médiatique ! à titre de comparaison, H. Moubarak n’ a exercé le pouvoir que pendant 30 ans.

Non seulement les journalistes vedettes sont indéboulonnables (même si la vieillesse et la décrépitude finissent par avoir raison d’eux !), mais le pouvoir médiatique pèse de plus en plus lourdement sur nous : on n’entend plus sur toutes les ondes qu’un même ron-ron qui forme une barrière, ou un écran, entre la réalité et nous ; Peter Handke l’appelle le "télé-savoir", c’est à dire, étymologiquement, un savoir lointain, dont le spectateur n’a aucune expérience, qu’il se contente d’avaler, jour après jour, comme, jadis, on avalait l’hostie et les sermons du curé.


C’est pourquoi Les Nouveaux Chiens de garde  est un film nécessaire (combien en faudrait-il de semblables pour se faire entendre au milieu du bruit abrutissant des medias ?). Mais c’est aussi un film qui fait du bien parce qu’il est drôle et stimulant.


En France, depuis les années 70, chaque tentative de cinéma réaliste est aussitôt contestée : le réalisme est lourd, ennuyeux, misérabiliste, plein de bons sentiments (ces bons sentiments qui ne font pas de bons livres ou films). Il est vrai que le cinéma français n’a pas encore trouvé son Ken Loach (mais on devrait se montrer d’autant plus enthousiaste quand sort un film social réussi comme, récemment, Ma Part du gâteau, de C. Klapisch).


En tout cas, avec Les Nouveaux Chiens..., nous avons notre Michael Moore. Le film est conçu comme une série de gags, utilisant le dessin animé et le montage burlesques (ainsi dans la séquence où une dizaine d’experts et débatteurs médiatiques viennent continuer et finir les phrases les uns des autres).


Il est vrai que le matériau était porteur : tous ces membres du "beautiful people", si bouffis d’auto-satisfaction, sont en fait d’une bêtise réjouissante : certains critiques ont reproché au livre de S. Halimi, point de départ du film, d’être "caricatural" ; en fait, ce sont les journalistes eux-mêmes qui le sont : c’est Ubu au pays des médias. Ils sont si faciles à piéger, avec leurs déclarations aussi arrogantes qu’imbéciles !


Ainsi du grand expert omniprésent Alain  Minc, qui, trois mois avant la crise des sub-primes, en juin 2008, se félicite que la finance mondiale fonctionne de façon si harmonieuse...

Mais s’agit-il vraiment d’un piège ? Ces experts et journalistes médiatiques ne sont pas payés pour être compétents et lucides : ils sont payés d’autant plus cher qu’on leur demande, au contraire, de ressasser des âneries ; ils ne font jamais la moindre analyse, aussi leur métier ne peut-il leur apporter la moindre satisfaction intellectuelle (de même, Hollywood ne distribue des cachets aussi astronomiques que parce qu’il ne peut proposer aux acteurs que des navets, et exige donc de renoncer à toute carrière artistique).


C’est ainsi que les titulaires des rubriques de la Bourse se contentent de répéter, quand elle baisse, qu’elle s’est "mal conduite", et, lorsqu’elle monte, qu’elle retrouve sa bonne humeur. Dans la Rome antique, on disait que deux augures ne pouvaient se regarder sans éclater de rire : la plaisanterie semble faite pour les "experts" médiatiques d’aujourd’hui.


Alain  Minc peut donc continuer à sourire de toutes ses dents : plus ses commentaires s’avèrent imbéciles, plus cela prouve qu’il fait bien "le job" pour lequel il est payé.

Mais le film fait aussi du bien parce qu’il exerce le seul type de vengeance possible contre ce pouvoir étouffant : rire de sa suffisance, sa bêtise, sa laideur. Il constitue une galerie de monstres : c’est, non pas Affreux, sales et méchants, mais :Affreux, clean et méchants.


On se croirait dans une séquence de comédie italienne, lorsqu’on voit, réunies sur un plateau de télé-salon, les 3 Grâces des médias : la Momie (Laure Adler), Piggy (A. Sinclair) et Miss Lifting (Ch. Ockrent ), celle qu’on appelait, du temps de sa splendeur, la Reine Christine), riant, épanouies, à l’évocation de la censure de la Ve République, si "antique" et "soviétique" (adjectifs qui les font se pâmer) ; aujourd’hui, en effet, les médias, devenus modernes, sont parfaitement indépendants, ce dont témoigne l’atmosphère de tranquille complicité de la scène : ces dames ne dépendent plus du jugement des téléspectateurs, mais seulement de patrons de chaîne, Bouygues ouLagardère, qui fréquentent les mêmes salons et cercles qu’elles.

Ou bien, on pense au cinéma de F. Rosi, lorsque la caméra filme l’entrée, dans un restaurant de la Concorde, des membres du Cercle du Siècle et qu’on voit arriver un petit bonhomme à la magnifique permanente argentée, Elie Cohen (qu’à peine rentrée chez moi après avoir vu le film j’entends expliquer, sur France Info, que la perte par la France du triple A est tout à fait logique, qu’il faut faire confiance aux agences de notation, que, certes, elles se sont trompées dans leur évaluation des banques, très complexes à noter, mais qu’elles sont infaillibles lorsqu’il s’agit de noter des Etats, organismes beaucoup plus simples !).


Cependant, les auteurs du film auraient été excusables de se montrer graves et moralisateurs, comme dans un film réaliste des années 70 : le travail réel de ces "journalistes" (faire accepter aux téléspectateurs une vision du monde favorable aux intérêts des grands patrons, par exemple le marchand d’armes Lagardère) les rend co-responsables de ces massacres qu’ils présentent imperturbablement comme des opérations humanitaires faisant avancer la démocratie ; car c’est seulement quand on juge l’opinion suffisamment anesthésiée que l’OTAN lâche ses bombes sur les pays tour à tour présentés comme "voyous", depuis la Yougoslavie jusqu’à la Libye.


Pour le CNR, au sortir de l’Occupation, éviter la constitution de puissances médiatiques était un objectif essentiel : il a totalement échoué. Mais on pourrait rappeler qu’à la Libération,  

les intellectuels collaborateurs, les chiens de garde d’alors, ont été mis en cause au même titre que les hommes politiques ; c’est ainsi qu’en février 1945 on a fusillé R. Brasillach, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire fasciste Je suis partout.

Rosa Llorens

Rosa Llorens est normalienne, agrégée de lettres classiques et professeur de lettres en classe préparatoire. Elle a la double nationalité française et espagnole.

URL de cet article 15598
http://www.legrandsoir.info/les-nouveaux-chiens-de-garde-un-film-desopilant-a-ne-pas-manquer.html
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