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  • : Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
  • Le blog de Comite pour une Nouvelle Resistance- CNR
  • : L’association, s’inspirant des idéaux et des réalisations énoncés et établis par le Conseil National de la Résistance (C.N.R.) a pour but la mise en œuvre de réflexions, d’initiatives et d’actions visant à faire naître et vivre une « Nouvelle Résistance » favorisant la défense des conquêtes des mouvements sociaux de notre République.
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comité pour une nouvelle résistance C N R 06

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Lucie Aubrac résistante

St André des Alpes / 9 /07/11

Comité pour une Nouvelle Resistance- CNR / St André des Alpes / 9 / 07/ 11

 

Explication du maire , des raisons pour lesquelles  lui  et son équipe aient refusé le matin meme l'accès  à la salle alors que cette journée était prévue , organisée de longue date ...

Tout se termina bien  , Monsieur le maire et son équipe  ont fini par " capituler "  face à l'indignation de nos résistants d'hier...

8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 10:21

http://www.fsl-nancy.fr/IMG/jpg/casse_hopital_silence.jpg

 

 

http://img.over-blog.com/298x224/3/06/23/69/logo-FSC.jpgPublié le 7 juin 2014  par FSC

 

En phase avec l'appel de Nanterre du 22 mai


voir notre article  : http://www.frontsyndical-classe.org/2014/05/hopitaux-en-lutte-appel-de-nanterre-du-22-mai.html


57 hopitaux et CHU se sont donné rendez-vous à Caen le 18 juin pour protester contre la répression syndicale et au cours d'une nouvelle assemblée générale décider de la suite du mouvement.

ci- après un écho des luttes dans ce secteur que nous a fait parvenir notre camarade Jo Hernandez.

 

___________________________


LE PERSONNEL DÉFEND SES DROITS: IL EST CONDAMNE!!!!


un jugement très inquiétant pour toute action syndicale ou d’un comité. Proposition d’une action de soutien aux syndicalistes de Caen le 18  juin.


Le verdict suite au référé demandé par le directeur contre les syndicats CGT/Sud et contre "toutes personnes non identifiées" est tombé en fin d'après-midi:


Sans surprise, le directeur obtient de lourdes sanctions non seulement contre les syndicats CGT/Sud MAIS aussi contre le personnel:


-il est ordonné que les instances à venir puissent se tenir sous protection policière si une manifestation au même moment avait lieu.


-il est interdit sous peine d'amende (500 euros par jour) de se réunir ou de manifester devant les instances au moment de leur tenue. Cette amende est valable pour chaque syndicat, MAIS aussi pour chaque agent présent.


-il est interdit à chaque syndicat sous peine de la même amende d'écrire un tract appelant à une manifestation "devant l'instance ou à proximité"


Il s'agit d'une criminalisation de l'action revendicative à l'EPSM de Caen.

 

Nous étudions tous les recours possibles.


Nous savons l'émotion que va provoquer une telle annonce, nous demandons à chaque membre du personnel de garder son sang-froid dans cette situation nouvelle.


Soyez tous assurés que notre détermination est intacte. D’autres informations (non soumises à l'amende...) vous parviendront dans de brefs délais.

 

 

 

ORTHEZ

 

1 500 personnes ont manifesté pour la défense de la maternité de proximité d’Orthez

 

Samedi dernier, 1 500 patients, élus locaux et personnels soignants ont manifesté dans les rues d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques) pour soutenir la maternité de la ville, menacée de fermeture. 4 500 personnes ont également signé une pétition en ligne réclamant le maintien de l’établissement.


De niveau I, la maternité d’Orthez réalise près de 400 accouchements par an. L’agence régionale de santé (ARS) Aquitaine étudie la possibilité de délocaliser le plateau technique à Pau, situé à 50 kilomètres. Raison invoquée : la pénurie de praticiens hospitaliers titulaires. « Depuis la fin de l’année dernière, nous avons beaucoup de mal à recruter des gynécologues-obstétriciens, avoue Sylvie Frouart, cadre sage-femme. Par ici, la démographie médicale est en berne. Un pool de remplaçants occupe pour l’instant nos deux postes à pourvoir ».

 

 

 

BELLEY 01300

 

ADRESSE DU COLLECTIF DE DÉFENSE DE L'HÔPITAL PUBLIC DE BELLEY AUX ÉLUS DU TERRITOIRE

 

 

LISIEUX

 

NON A LA FERMETURE DU CENTRE DE LA MUCOVISCIDOSE DE LISIEUX "


De toute la France soyons solidaires des jeunes patientEs et de leurs familles ainsi que du personnel qui refusent la fermeture de leur centre de ressource et de compétence de proximité, signons la pétition en ligne!

 

Lien : http://www.petitions24.net/urgence_mucoviscidose

 

 

SAINT JEAN d’ANGELY


Lien https://secure.avaaz.org/fr/petition/Agence_Regionale_de_la_Sante_PoitouCharentes_Le_Maintien_et_la_perennisation_de_la_Maternite_de_SaintJean_dAngely/?alcWVab

 

Centre Suzanne MASSON


APPEL A SOUTIEN


Cette pétition sera remise à: Ministre des Affaires sociales et de la Santé

http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/madame-marisol-touraine-ministre-des-affaires-sociales-et-de-la-sant%C3%A9-appel-a-soutien?recruiter=52101917&utm_campaign=signature_receipt&utm_medium=email&utm_source=share_petition


Madame Marisol TOURAINE, Ministre des Affaires sociales et de la Santé

Pétition adressée à : Madame Marisol TOURAINE, Ministre des Affaires sociales et de la Santé    

 

 

HÔTEL DIEU


L’Hôtel Dieu en pièce

 

Jeudi 29 Mai, vendredi 30 et samedi 31 Mai 2014 à 20h : toute la pièce.

 

Dimanche 1er Juin à 15h30 de larges extraits de la pièce, à l’Auditorium d’Emmaüs, 36 rue Louvel-Tessier


 

MARTINIQUE

 

Comité de Défense

des

Etablissements de Santé publics de Martinique

 

Lettre de la Martinique


Chers amis  de la Coordination  Nationale Depuis une année, vous n'avez pas eu de nos nouvelles, car la majeure partie des membres du CODES travaillent dans les structures de soins.     L'année 2013 avec la mise en route de la fusion des 3sites MCO,  a été pour nous des séries  d’attaques sur tous les fronts, nous avons eu à batailler ferme; et 2014 a commencé avec une aggravation des difficultés.


Nous avons eu à  accentuer notre résistance, et à nous mettre en riposte pour trouver avec le personnel des situations viables leur permettant de continuer à accomplir leurs missions auprès de la population.

 


 

LE SCANDALE DES DEPASSEMENTS D’HONORAIRES

Le  documentaire " Le Scandale des Dépassements d'Honoraires"...

 

 

 


 

 

 

LES LILAS

 

Communiqué de presse


Commission régionale Santé/protection sociale du PCF Ile de France

 

 


CHAUMONT


Dernier souffle du service de réanimation de Chaumont


L'Agence Régionale de santé a décidé de fermer le service de réanimation de l'hôpital de Chaumont à partir de ce mercredi 21 mai jusqu'au 30 juin minimum. Cette décision tombe au même moment que l'annonce de la la fermeture du laboratoire d'analyse de tissus et cellules cancéreuses de la ville.


http://champagne-ardenne.france3.fr/2014/05/20/dernier-souffle-du-service-de-reanimation-de-chaumont-480839.html

 

Manifestation pour sauver l’hôpital

Ce samedi matin, 500 personnes ont manifesté devant l’hôtel de ville pour "sauver l'hôpital" de la ville. Tous les élus y étaient présents, notamment la maire de la ville, Christine Guillemy(DVD)


L'objet de cette manifestation de colère est la fermeture annoncée du service réanimation, suite à une décision de l'ARS (Agence Régionale de Santé). Les manifestants redoutent à terme la disparition de l'établissement qui emploie 800 personnes.

 

http://champagne-ardenne.france3.fr/2014/05/24/chaumont-manifestation-pour-sauver-l-hopital-484015.html

 


SARLAT

15 Mai :

Plusieurs centaines de manifestants pour la défense de l’hôpital

 

100% de grévistes dans l’unité de psychiatrie de Sarlat

 

 

**************

 


Les syndicats CGT et UNSA soutenus par SUD boycottent toutes les instances locales

CENTRE BRETAGNE

 

EPHAD de LOUDEAC : débrayage pour réclamer du personnel pour assurer la qualité des soins "

 

Lien : http://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/loudeac/ehpad-du-centre-bretagne-debrayage-du-personnel-des-quatre-couleurs-16-05-2014-10168984.php

 


 

VIENNE  45510


RECHERCHE  de MEDECIN


2 liens vers une émission de France-Inter et le site
 d'une mairie d'une commune de 2000 habitants , très instructif

 

Lien http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=900752
       http://www.vienne-en-val.fr/

 

 

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 10:11

 6 juin 2014

 

 

On a déjà dit voilà peu toutes les bonnes raisons de s'intéresser au procès de quatre personnes à Turin.


Ce procès vient de reprendre aujourd'hui, l'occasion pour moi d'aller visiter ce qui est assurément un monument parmi les moins connus de la civilisation italienne contemporaine: le "tribunal-bunker", celui où l'Etat moderne dans toutes ses composantes (police-justice-médias-politique) met en scène régulièrement des rituels d'expulsion  de l'ennemi intérieurhors du corps social.

 

On a déjà tout dit de la bouffonnerie sinistre de l'inculpation de terrorisme contre deux femmes et deux hommes emprisonnés depuis décembre parce qu'ils auraient participé à une manif au cours de laquelle un compresseur a été brûlé et c'est tout. 

 

Mais il faut voir de ses propres yeux la farce d'une justice publique au cours de laquelle ont tient le public à longue distance des cages où sont les prévenus et à plus longue distance encore du tribunal lui-même, la rumeur des voix arrivant incompréhensible malgré les micros, après être passée par-dessus une vaste étendue de bancs vides ou occupés par quelques journalistes.

 

Le vulgum pecus, au nom duquel cette justice-là serait rendue, se tient derrière des cloisons de verre… Voir ça, c'est voir à l'oeil nu, débarrassé de ses masques démocratiques, de sa pseudo-transparence informationnelle et des ses informes garanties formelles, le visage de la domination moderne. Ces voix monocordes au loin, , qui prétendent dire la vérité, ça nous rappelle une interview de Bruno Latour disant grosso modo que la vérité judiciaire est une construction mais que c'est une vérité quand même. Dût-on faire de la peine au penseur, nous savons nous, que cette vérité là n'était possible qu'à l'abir des murs de verre et de flic, et en encageant des gens, et que le jour où nous abattrons ces murs et ouvrirons ces cages, ce régime de vérité là montrera enfin réellement ce qu'il était déjà essentiellement: un moment du faux.

 

http://4.bp.blogspot.com/-LWjPcM-ZCeQ/U5Hlwt98ZaI/AAAAAAAAGn4/zlqIZOL_R8s/s1600/aula.JPG

 

http://3.bp.blogspot.com/-4LUU0PVyTFw/U5HmZEAflFI/AAAAAAAAGoA/8azd-22KBB8/s1600/aula1.JPG

 

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http://4.bp.blogspot.com/-HuCUaKtBAZM/U5Hm8xkzy9I/AAAAAAAAGoY/CJbhFRWymS4/s1600/DSCN1515.JPG

 

Publié  par Quadruppani

 


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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 09:37

http://img.over-blog.com/300x168/1/77/25/21/Images-Bis/Cancer-Bilien.jpg

 

Y aurait-il un super business de la maladie qui ne tiendrait pas compte des patients en souffrance?

Le docteur Nicole Delépine, Cancérologue, responsable de l'unité d'oncologie pédiatrique de l'hôpital universitaire Raymond Poincaré à Garches (APHP), pratique avec son équipe une cancérologie individualisée et sans aucun doute mieux tolérée et de surcroît plus efficace. Ses résultats parlent d'eux-mêmes : plus de 90% de réussite sur des cancers de l'os chez l'enfant si la prise en charge est immédiate contre 50% ailleurs. 

Après trente ans de bons et loyaux services le Dr Delépine s'apprête à partir en retraite en juillet prochain et à cette occasion les pouvoirs publics envisagent très sérieusement la fermeture du service. La présence de la petite équipe des 8 médecins séniors pédiatres qui exercent avec elle, depuis plus de trente ans garantit la pérennité de ses méthodes et pourtant l'avenir du service reste très incertain. 

« Peut-on soigner librement en France ? » manifestement la question vaut la peine d'être posée. 

Après plus de 25 ans de lutte, le service existe toujours. Il est à parier que si les résultats n'avaient pas été significatifs l'unité aurait tout bonnement disparu depuis bien longtemps.

La médecine actuelle semble s'élaborer sur un fonctionnement à plusieurs vitesses. Cette médecine uniformisée, informatisée, déshumanisée n'est pas du goût du Dr Delepine et de ses collègues.

Ce qui se joue très clairement c'est la vie d'enfants et d'adultes. II semble donc évident que poursuivre la mission initiée par le Docteur Delépine est pour ainsi dire vitale.

Ses collègues pourront-ils poursuivre leurs missions ?

 


 

 

 

Bande annonce -CANCER... Business Mortel - Le film

 

 

 

 

 

CANCER... BUSINESS MORTEL ? QUI DÉCIDE DE NOTRE SANTÉ ?

 


 

Pour nous soutenir ou pour plus d'informations :http://www.touscoprod.com/fr/cancerbu...

 

 


 


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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 18:59

 

 

Publié le 6 juin 2014 par FSC

 

 

Des choix, des orientations et des votes qui confirment l'alignement sur la politique de l'Union européenne : casser les services publics, ouvrir à la concurrence, livrer les ressources nationales aux appétits du privé et des multinationales.

Effectivement seule la puissance de l'action des travailleurs est en mesure d'inverser la donne.

Soutien totale à l'action entreprise par les cheminots à partir du 10 juin au soir!


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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 18:38

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L’association « Comité pour une Nouvelle résistance-CNR » organise le mardi 10 juin 2014 à la salle Avelanie de la Maison des Associations de Nice Garibaldi (12 place Garibaldi à Nice), une conférence exceptionnelle sur un sujet d’une brûlante actualité à savoir :

Le traité Transatlantique (PTCI ou TAFTA).

 

Cet accord négocié dans le plus grand secret entre les représentants des USA et de L’Union Européenne est favorable seulement aux intérêts des multinationales des deux bords de l’atlantique. On constate que les firmes américaines sont les plus nombreuses à participer à cette transaction. Pour l’UE seul le commissaire non élu, Karel de Gutch est chargé de négocier cet accord, encore une preuve édifiante de la démocratie sévissant en Europe Atlantiste.

 


 

                                                                      Vous n'aurez plus rien à dire !


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Avec le Grand Marché Transatlantique,

 

l'Etat non plus ! 

 

 

 

Tous les secteurs sont concernés : 

 

Agriculture et alimentation, environnement et santé, sécurité sociale, emplois, salaires, retraites, services publics, éducation, propriété intellectuelle (brevets, médicaments, semences...), etc.

 

Etes-vous d'accord ? 

 

La négociation se tient dans le secret entre la Commission Européenne et le gouvernement des Etats-Unis.

 

Nos gouvernements et le Parlement Européen prévoient de ratifier ce traité en 2015.

 

Il n'est pas prévu de consulter les citoyens. 

 

En 1998, notre mobilisation a empêché la signature d'un accord similaire, l'AMI (Accord Multilatéral sur l'Investissement).

 

Nous pouvons faire échouer ce projet !

 

Venez assister à une conférence d'information :

 

 

 

Le mardi 10 juin 2014 à la salle Avelanie de la maison des Associations de Nice Garibaldi.

 

La séance aura lieu de 18h à 21h.

 

Elle sera animée par Virginia Lombard.

 

Le montage technique a été réalisé par Jean-Claude Zucchini.

 

Le diaporama a été réalisé par Yves Cimbolini.

 

 

 

 

 

Ces trois personnes sont des membres actifs de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »

 

 

 

La grande braderie transatlantique ne se fera pas !

 

 

Le TAFTA (Trans Atlantic Free Trade Agreement) ou GMT (Grand Marché Transatlantique) ou encore PTCI (Partenariat Transatlantique sur le Commerce et l'Investissement) est un projet de libre-échange que les gouvernements de l'Union Européenne ont demandé à la Commission Européenne (désignée directement par eux) de négocier avec les USA.

 

Avec ce marché, les dirigeants européens et américains sont sur le point de nous soumettre définitivement aux multinationales qui ne veulent plus d'obstacles à leurs profits.

 

Si le TAFTA entrait en vigueur :

 

-      les droits de douanes qui protègent notre agriculture seraient abolis : ce serait la fin de l'agriculture paysanne de proximité et de notre souveraineté alimentaire ;

 

-      toutes les normes et règles publiques (sanitaires, environnementales, sociales, économiques, etc.) seraient menacées car préjudiciables au commerce ;

 

-      les Etats qui voudraient interdire les OGM ou les gaz de schiste (par exemple) se verraient réclamer par les multinationales des dommages et intérêts dissuasifs devant une instance arbitrale privée ! Les Etats, les régions, les communes, donc les contribuables, devraient alors payer pour entrave au libre-échange et aux bénéfices que ne pourraient réaliser les multinationales !

 

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 18:31

Sur lepcf.fr


 

Un article court mais efficace publié dans "Avante !", le journal du Parti Communiste Portugais, article écrit par Jorge Cadima, membre du département international du PCP.

Traduction PB pour Lepcf.fr



 

La défaite des nazis lors de la 2ème guerre mondiale vient d’être célébrée. Ce fut le plus grand carnage de l’histoire de l’humanité jamais perpétré. Plus de 50 millions de morts. Une guerre menée depuis l’Europe jusqu’en Extrême-Orient, mais avec les territoires de l’Union soviétique comme témoins des batailles décisives les plus intenses. Le peuple soviétique et sa glorieuse armée rouge ont apporté une contribution déterminante – d’un coût de plus de 20 millions de morts – à la défaite des hordes nazies. Et pour cela, tous les peuples à travers le monde en seront éternellement reconnaissant.


La seconde guerre mondiale est inséparable de la grande crise du capitalisme qui s’est déclarée en 1929 et qui a porté les nazis au pouvoir en Allemagne. Cependant, le fascisme n’était pas un acte purement irrationnel. Partout, sa mission historique était d’écraser le mouvement ouvrier et populaire et d’imposer la domination de classe par la violence et la terreur. Et ainsi d’obtenir le soutien actif et solidaire de la grande majorité des classes dominantes d’Europe. Pour les nazis, il était autant question de gagner un "espace vital" chargé de faire prospérer les grands monopoles allemands que d’introniser Hitler au pouvoir. Cet objectif fondamental a poussé à la conquête et la colonisation des territoires de l’URSS, qui devaient à la fois garantir les ressources et la force de travail slave en abondance.


La fin de la seconde guerre mondiale, avec la défaite des secteurs terroristes et du capitalisme européen le plus violent, apporta d’importantes victoires pour les peuples, dans les domaines politiques, économiques et sociaux. Même dans les pays libérés du fascisme, mais restés dans un système capitaliste, la nouvelle corrélation des forces mondiales installa ce qui devait être nommé "l’État Social". Aujourd’hui, on nous dirait que cela n’est pas soutenable, car "il n’y a pas assez d’argent". Mais l’argent existait, même dans une Europe détruite par six années de guerre. Car la question n’est pas "d’avoir de l’argent", mais de savoir qui le détient et comment il est dépensé.


Avec la reconstitution déterminée des forces du grand capital – et l’Union européenne, instrument de l’agressivité de classe et de domination nationale –, les peuples européens souffrent de la destruction de leurs réalisations d’après-guerre. Et par la main des États-Unis et de l’Union européenne, de la réapparition du fascisme. Quelque soient les arrangements de la propagande du régime, la vérité est que les fascistes ukrainiens ont conquis les corridors du pouvoir par la violence et les coups, et, naturellement, par la main des États-Unis et de l’Union européenne.

Ce ne sont pas des fascistes recyclés, mais bien des fascistes qui sont fiers de leur passé de combattants dans les rangs nazis, et du massacres de milliers de personnes (en agissant au sein de l’armée nazie ou par eux-mêmes), qu’il s’agisse de communistes ou de soviétiques, mais aussi de juifs, de polonais ou autres. Cela n’est pas seulement du passé. Le massacre du 2 mai à Odessa fut un acte intentionnel : les troupes de choc fascistes ont mis le feu à la maison des syndicats, où s’étaient réfugiés des dizaines de personnes qui venaient de participer à une manifestation contre la violence dans un lieu proche ; lorsque les incendiaires arrivèrent, les réfugiés furent attaqués et ceux qui tentaient de s’échapper de l’immeuble furent frappés et tués.

 

Des dizaines de morts, dont de nombreux brûlés vifs en ont résulté. Tout comme dans les années trente, cette même violence fasciste est porteuse d’un objectif de classe : imposer au peuple ukrainien martyre, les politiques des États-Unis et de l’Europe, piller (encore plus) les richesses de l’Ukraine, la transformer en une terre d’esclavage (encore plus) et en faire une base pour déclencher de nouvelles guerres impérialistes.


La Commission européenne, présidée par Durão Barroso, hôte de cet infâme sommet, est le sommet des mensonges et de la guerre en Irak. L’Union européenne est aujourd’hui le principal agent de l’appauvrissement des peuples européens, et le promoteur de la guerre et du fascisme.

 

En Europe et dans le monde, le grand capital qui commande l’UE, souhaite un nouveau « Lebensraum » [1]. Leur défaite est une tâche urgente.


Jorge Cadima, membre du département international du PCP

Le lundi 12 mai 2014

Traduction PB pour Lepcf.fr


[1] Le Lebensraum (de l’allemand Raum = espace, et Leben = vie) ou "espace vital", est un concept géopolitique créé par des théoriciens géographes allemands au XIXème siècle, et utilisé par la suite par les milieux impérialistes allemands et le nazisme. Lié au darwinisme social, il renvoie à l’idée de territoire suffisant pour, dans un premier temps, assurer la survie, notamment culturelle, d’un peuple et, dans un deuxième temps, favoriser sa croissance via l’influence territoriale.

 


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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 23:37

mer, 14/05/2014

 

Guy Dreux est enseignant de sciences économiques, membre de l’Institut de recherches de la FSU (Fédération syndicale unitaire de l’enseignement, de la recherche et de la culture) et co-auteur de La nouvelle école capitaliste sortie en 2011 aux éditions de La Découverte. Il nous explique comment l'école est devenue un outil au service du capitalisme, encourageant l'enseignement de « savoirs utiles » aux détriments d'un bagage culturel commun.

 

 

http://www.lutopik.com/sites/default/files/img/guydreux.gif


Qu’appelez-vous la nouvelle école capitaliste ? Qu’est-ce qui la caractérise ?


La nouvelle économie capitaliste fait référence au livre de Beaudelot et Establet publié en 1971 : L’école capitaliste en France. Dans cet ouvrage, les deux sociologues expliquaient que l’école de leur époque fonctionnait à la sélection et que cette sélection reposait sur la division du travail. Pour schématiser, le capitalisme avait besoin de 25 % de cadres et 75 % d’ouvriers et l’école y répondait en instituant deux filières : le primaire/professionnel et le secondaire/supérieur. Leurs travaux interrogeaient le fonctionnement de l’école dans le cadre d’une sociologie générale. C’est cette méthodologie que nous avons choisie de reprendre pour étudier l’école d’aujourd’hui.


La nouvelle école capitaliste s’inscrit aussi dans la continuité des travaux de l’institut de la FSU qui avait publié en 2002 Le nouvel ordre éducatif mondial avec une ambition simple : interroger quatre grandes institutions (OCDE, OMC, Banque mondiale et Commission européenne) sur l’école.

 

Nous avions été relativement surpris de constater que toutes portaient un regard très attentif sur l’école, et adoptaient les mêmes modes d’interrogation pour conclure sur des prescriptions communes. Les quatre proposaient toutes des analyses néolibérales. On a donc voulu comprendre plus précisément comment cela se manifestait en France. Or, les années 2000 ont été une période très prolixe en réformes de l’école, que ce soit au niveau des programmes, du recrutement des enseignants, de l’introduction du management, en primaire comme à l’université.

 

Notre ouvrage décrit la manière dont on peut rendre compte de ces réformes inspirées par une même philosophie politique : il apparait de plus en plus explicitement l’idée que l’école doit devenir un facteur de croissance et de compétitivité économique ! C’est écrit noir sur blanc dans les textes européens. La Stratégie de Lisbonne, définie en 2000, donnait ainsi à l’Europe l’ambition de devenir en 2010 « l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde ». On entre ainsi dans le capitalisme de la connaissance c'est-à-dire un capitalisme qui ne considère la connaissance que comme support et moyen de profits. C’est là le cœur du problème. Evidemment cette tendance générale est rarement assumée, exprimée clairement par les gouvernements qui la mettent en œuvre ; mais elle est la ligne directrice de toutes les réformes depuis vingt ans. Le capitalisme tente de plus en plus d’ordonner l’école.


Vous écrivez que « l’école est désormais sommée de se rendre économiquement utile ». Mais est-ce vraiment nouveau ?


En partie. Dans les années 60/70, Bourdieu avait montré que l’école reproduisait déjà les inégalités sociales. Mais il parlait alors des résultats ou destinées scolaires des élèves, et l’école, selon lui, cherchait encore à dispenser un savoir universel et surtout autonome. Ce qui est nouveau, ce n’est donc pas qu’elle soit reproductrice des inégalités sociales, comme le montre bien le rapport PISA (voir encadré) mais que, comme d’autres grandes institutions publiques, elle soit sommée de devenir rentable, de se soumettre aux exigences de compétitivité et de rentabilité. Pour que le système éducatif soit efficace, on considère désormais que tous les établissements doivent être en concurrence, et ce à tous les niveaux. En témoigne le fait qu’on s’est habitué à ce que l’administration centrale dresse des palmarès entre établissements scolaires. L’idée qu’il existe une obligation de résultats, et non plus « seulement » une obligation de moyens s’est répandue dans l’ensemble des services publics.


L’autre nouveauté concerne les contenus qui sont, pour partie, revisités à l’aune des exigences du marché du travail. De plus en plus, ce qui est enseigné doit être défini non pas comme un bagage culturel que devrait avoir un individu pour vivre pleinement dans notre société, mais comme des savoirs utiles. Et, in fine, c’est le marché du travail qui fixe l’utilité ou l’inutilité des savoirs. Ce n’est plus une communauté savante autonome qui s’accorde sur ce qui devrait être enseigné ; les programmes scolaires doivent intégrer ce qui semble aujourd’hui utile pour l’avenir professionnel des élèves. Notre rapport à l’école se transforme : on ne fréquente plus une institution scolaire pour acquérir une culture commune mais pour constituer, chacun pour soi, notre capital humain utile sur le marché du travail. L’école a perdu une partie de son autonomie, c’est-à-dire de sa capacité à faire vivre en son sein des valeurs qu’elle a elle-même choisies. C’est là, une transformation majeure.


L’expression de Nouvelle école capitaliste désigne cette évolution, cette tendance lourde. Si l’intégralité de l’école ne fonctionne pas exactement ou pas encore comme cela, les réformes successives ne cessent de nous rapprocher de cet « idéal-type ». Par exemple, quand Mme Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur, dit qu’il faut diffuser l’esprit d’entreprise dès la maternelle et qu’elle vante l’autonomie des universités, cela correspond parfaitement à ce que nous décrivons.


Vous dénoncez l’instauration d’une logique de compétences aux dépends d’une logique de connaissances. Pourtant, n’est-ce pas un facteur de réduction des inégalités sociales ?


Cela dépend de quoi on parle. Qui parle de logique de compétences ? Pendant longtemps, les courants pédagogiques de gauche considéraient que le travail scolaire relevait trop de l’implicite, ce qui lésait les catégories sociales défavorisées. Ils ont donc développé l’idée qu’il fallait expliciter le travail scolaire et pour cela adopté de nouvelles logiques, qu’ils ont développées en usant du terme de compétences.


Mais dans les années 90, une autre acception du terme a été développée par les institutions patronales qui critiquaient les conventions collectives imposant un niveau de salaire associé au niveau de diplôme. Pour le patronat, le salaire vient récompenser, certes, une qualification certifiée par un diplôme mais, aussi, un comportement, un savoir-faire ou savoir-être, bref des « compétences » qui ne sont pas repérables par les diplômes. Il a donc fait pression pour que les diplômes reflètent plus directement les compétences attendues sur le marché du travail.  C’est dans ce sens que l’on a demandé aux programmes scolaires d’expliciter les compétences mises en œuvre pour chaque enseignement.


Comment mettre un terme à cette évolution ?


Mettre des mots sur ces transformations est déjà important mais ça ne peut pas être suffisant. Il faut faire le contraire de ce que l’on fait. La nouvelle école capitaliste instaure un rapport de plus en plus privatisé à l’obtention du savoir. Or, plutôt que de travailler à la privatisation, il faut réintroduire du commun dans l’école et créer une « nouvelle école démocratique », qui doit être basée sur la constitution d’une culture commune qui relie les individus les uns aux autres. Les voies alternatives reposent sur le fait qu’une communauté scolaire ou scientifique reprenne la main sur les programmes, et sur le fait que les institutions scolaires devraient être plus démocratiques. Il faut arrêter de penser que toute notre existence doit être orientée vers l’activité économique. Notre espoir, c’est qu’il y ait de plus en plus de personnes qui acceptent d’appréhender la question scolaire dans un cadre plus général donc de réorganiser notre système entier. Autrement dit, il faut que l’école redevienne une question politique et sociale à part entière. Enfin, il faudrait cesser d’en demander autant à l’école.


Quelles sont les freins à un changement radical ?


Les difficultés sont de plusieurs ordres. Les inégalités sociales sont une réalité désespérante et le monde des enseignants est maltraité. Beaucoup d’enseignants doutent de leurs capacités à être entendus y compris par un gouvernement de gauche. De plus, les nouveaux dispositifs n’ont pas fait leurs preuves. Par exemple les livrets de compétence ont nécessité beaucoup de travail pour peu de résultats pédagogiques. Les réalités sont cruelles et il y a un doute profond sur le modèle qu’on nous vend. Il existe aujourd’hui un paradoxe qui n’est d’ailleurs pas propre à la France : beaucoup d’enseignants doutent de l’évolution actuelle de l’école mais ne réussissent pas à retrouver les voies d’une véritable « refondation ». Il faut dire que la tâche est immense.



Le rapport PISA

Tous les trois ans, l’OCDE publie le rapport PISA qui classe les systèmes éducatifs de chaque pays. Le dernier rapport est sorti en 2013 ; la France se retrouve à la 25ème position sur 65 pays pour l’apprentissage des mathématiques, considéré comme la matière clé en ce qui concerne la faculté des jeunes adultes « à suivre des études post-secondaires et sur leurs perspectives financières une fois dans la vie active ». Surtout, PISA montre que la France a l’une des écoles les plus inégalitaires qui soient. Bien qu’elle n’apporte pas d’informations nouvelles, cette étude a été largement commentée par le gouvernement et les médias. Mais « personne ne s’est posé la question de savoir pourquoi l’OCDE s’intéressait à l’éducation », note Guy Dreux. « Pourtant, ce qui est intéressant avec cette étude et son utilisation politique, c’est qu’elle contribue à la diffusion d’un modèle d’école qui est de plus en plus au service des besoins du marché du travail. Au-delà de statistiques recevables, le palmarès n’a pas lieu d’être. On se donne les outils statistiques dont on a envie », estime-t-il.   


Propos recueillis par Sonia

Dessin : Stouff

Cet article est tiré du dossier "Pour une école émancipatrice", paru dans le magazine papier numéro 3 sorti en mars 2014. Pour commander ce numéro, c'est ici


 http://www.lutopik.com/article/ecole-au-service-du-capitalisme-guy-dreux#sthash.SdHdVpzX.dpuf

 


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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 23:27
http://www.univ-montp3.fr/ufr5/irsa/img/blin.jpgL’analyse de Thierry Blin sur la progression des scores de l’extrême-droite

Le philosophe Jean-Claude Michéa a récemment élaboré, à partir d’Orwell, un théorème d’une actualité cinglante : quand l’extrême droite progresse chez les gens ordinaires, c’est d’abord sur elle-même que la gauche devrait s’interroger. Les récentes larmes électorales de Jean-Luc Mélenchon relèvent de cet axiome.


Ce qui domine en effet dans de larges couches de la population, celle des exclus de la mondialisation, celle des « petits » (ouvriers, employés, retraités issus de ces catégories, celle du chômage de masse, des petits paysans…), c’est le sentiment amer d’une friabilité généralisée à laquelle rien ne devait échapper (travail, compétences, savoirs…), l’impression d’être confronté à une société toujours mouvante, immaîtrisable, ne proposant plus pour horizon que l’urgence et l’adaptation. Le PCF d’autrefois en assurait la prise en charge électorale. Pourquoi n’est-ce plus le cas ?


Parce que le Front National porte une analyse terriblement efficace de la mondialisation. Cette dernière conduit à ce que le sociologue Zygmunt Bauman nomme une société liquide, une société où l’avenir, le niveau de vie, le travail sont incertains. Cette société s’est donnée pour âme, les principes et valeurs de la fluidité, de la révolution et de la communication permanentes. Dans la société d’avant cette nouvelle hégémonie, l’Etat-Nation régulait, régnait, conférait une identité. Un travail pouvait définir une vie. Etc., etc.

 

Le capitalisme de cette ère avait généré un puissant double antagoniste, sous la forme du mouvement ouvrier qui parlait lui aussi le langage « solide » des classes, du destin identitaire lié au travail, de l’Etat, et même de la Nation, comme ce fut longuement le cas d’un PCF héritier d’une tradition ancrée dans la Révolution française.


Ce que le vote FN manifeste c’est cette nostalgie du solide, de la prise collective sur la vie ordinaire, ce rejet de l’impuissance face à l’inéluctabilité de l’adaptation à « l’économie telle qu’elle va »… Sur ce plan, c’est d’ailleurs tout bénéfice pour lui que d’être éternellement associé au Mal par les gestionnaires de l’adaptation forcenée au nouveau cours du Capitalisme mondial. Le débat est alors réduit à un duo en forme de chaos mental : Global Capitalism ou Le Pen. Avec des ennemis comme ça, le Front National n’a assurément pas besoin d’amis…


Face à cela, penser que les références nébuleuses à l’Europe sociale, à un smic européen où à la « subversion » de l’euro impressionneront l’électeur, c’est se payer de mots.

 

Entretenir ainsi le flou sur le rapport à l’Europe, à la Nation, à la souveraineté, parler, dans le même wagon, de l’horreur des Frontières et des souverainetés populaires, c’est se condamner, à termes, à une fossilisation inéluctable. Phénomène d’autant plus fascinant que jusqu’à l’invention de la Gauche plurielle, il n’était question que du refus de « l’Europe supranationale du Capital ».


Un débat sur le sujet ne serait peut-être pas inutile, car on a rarement vu qu’une identité vacillante constituait un mythe politique attractif.


Tribune parue dans l’Humanité du 3 juin 2014.

Thierry Blin est maître de conférences en sociologie

 


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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 23:18

5 juin 2014 


La Dir’Com’ du Secrétariat d’État à l’enseignement supérieur et à la recherche, en l’occurrence Geneviève Fioraso, est vraiment satisfaite de son action. Elle le répète chaque jour.


Ainsi, dans son discours d’ouverture de "la journée régionale consacrée à la réussite en licence, organisée par le réseau des SCUIOIP des 17 universités d’Ile-de-France" (3 juin 2014). Auto-persuasion : les taux de succès en licence sont mauvais et même se dégradent, mais, grâce aux multiples mesures incluses dans la loi ESR, cela va s’améliorer.


Croit-elle à ce qu’elle dit et répète inlassablement ? Bien sûr, elle évite soigneusement de s’interroger sur la pertinence d’une sélection à l’entrée de la licence et d’une progression des droits d’inscription, qui serait dédiée à la multiplication de travaux en petits groupes, à l’accompagnement individualisé des étudiants. Ne pas mettre les étudiants dans la rue !


Comment, sans aucune vergogne, la secrétaire d’État rétrogradée peut-elle, un jour, vanter le bienfait de ses réformes en licence, et, le lendemain, lors de son audition par la commission des Finances du Sénat, annoncer : "Sanctuariser" le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche revient à réaliser 1,6 milliard d’euros d’économies sur 2015-2017" (dépêche AEF du 4 juin 2014).


Prendre des vessies pour des lanternes : "sanctuariser" signifierait désormais "diminuer les crédits". Une innovation surprenante dans le lexique technocratique de celles et ceux qui nous gouvernant si mal.


Pour aller plus loin : "Post-bac : trop d’échecs", "La loi ESR et les Observatoires".


 

http://histoiresduniversites.wordpress.com/2014/06/05/licence-satisfecit-de-fioraso/

 

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 23:00

Par Annie Lacroix-Riz, historienne

annielacroixriz1--3-.jpgLe triomphe du mythe de la libération américaine de l’Europe

En juin 2004, lors du 60e anniversaire (et premier décennal célébré au XXIe siècle) du « débarquement allié » en Normandie, à la question « Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne » l’Ifop afficha une réponse strictement inverse de celle collectée en mai 1945 : soit respectivement pour les États-Unis, 58 et 20%, et pour l’URSS, 20 et 57% [1]. Du printemps à l’été 2004 avait été martelé que les soldats américains avaient, du 6 juin 1944 au 8 mai 1945, sillonné l’Europe « occidentale » pour lui rendre l’indépendance et la liberté que lui avait ravies l’occupant allemand et que menaçait l’avancée de l’armée rouge vers l’Ouest. Du rôle de l’URSS, victime de cette « très spectaculaire [inversion des pourcentages]avec le temps » [2], il ne fut pas question. Le (70e) cru 2014 promet pire sur la présentation respective des « Alliés » de Deuxième Guerre mondiale, sur fond d’invectives contre l’annexionnisme russe en Ukraine et ailleurs [3].


La légende a progressé avec l’expansion américaine sur le continent européen planifiée à Washington depuis 1942 et mise en œuvre avec l’aide du Vatican, tuteur des zones catholiques et administrateur, avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale de la « sphère d’influence “occidentale” » [4].

 

Conduite en compagnie de et en concurrence avec la RFA (puis l’Allemagne réunifiée), cette poussée vers l’Est a pris un rythme effréné depuis la « chute du Mur de Berlin » (1989) : elle a pulvérisé les « buts de guerre » que Moscou avait revendiqués en juillet 1941 et atteints en 1944 (récupération du territoire de 1939-1940) et 1945 (acquisition d’une sphère d’influence recouvrant l’ancien « cordon sanitaire » d’Europe centrale et orientale, vieille voie germanique d’invasion de la Russie) [5]. Le projet américain avançait si vite qu’Armand Bérard, diplomate en poste à Vichy et, après la Libération, conseiller d’ambassade à Washington (décembre 1944) puis à Bonn (août 1949), prédit en février 1952 : « les collaborateurs du Chancelier [Adenauer] considèrent en général que le jour où l’Amérique sera en mesure de mettre en ligne une force supérieure, l’URSS se prêtera à un règlement dans lequel elle abandonnera les territoires d’Europe Centrale et Orientale qu’elle domine actuellement. » [6] Les prémonitions, alors effarantes, de Bérard-Cassandre, sont en mai-juin 2014 dépassées : l’ancienne URSS, réduite à la Russie depuis 1991, est menacée à sa porte ukrainienne.


L’hégémonie idéologique « occidentale » accompagnant ce Drang nach Osten a été secondée par le temps écoulé depuis la Deuxième Guerre mondiale. Avant la Débâcle, « l’opinion française » s’était fait « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” » transformant l’URSS en loup et le Reich en agneau. La grande presse, propriété du capital financier, l’avait persuadée que l’abandon de l’alliée tchécoslovaque lui vaudrait préservation durable de la paix.« Une telle annexion sera et ne peut être qu’une préface à une guerre qui deviendra inévitable, et au bout des horreurs de laquelle la France courra le plus grand risque de connaître la défaite, le démembrement et la vassalisation de ce qui subsistera du territoire national comme État en apparence indépendant », avait averti, deux semaines avant Munich, une autre Cassandre du haut État-major de l’armée [7]. Trompée et trahie par ses élites, « la France » connut le destin prévu mais ses ouvriers et employés, subissant 50% de baisse des salaires réels et perdant 10-12 kg entre 1940 et 1944, se laissèrent moins « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” ».


Ils perçurent certes les réalités militaires plus tard que « les milieux bien informés », mais, en nombre croissant au fil des mois, ils suivirent sur les atlas ou les cartes de la presse collaborationniste l’évolution du « front de l’Est ». Ils comprirent que l’URSS, qui réclamait en vain depuis juillet 1941 l’ouverture, à l’Ouest, d’un « second front » allégeant son martyre, portait seule le poids de la guerre. L’« enthousiasme » que suscita en eux la nouvelle du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (8 novembre 1942) était « éteint » au printemps suivant : « Aujourd’hui tous les espoirs sont tournés vers la Russie dont les succès remplissent de joie la population tout entière […] Toute propagande du parti communiste est devenue inutile […] la comparaison trop facile entre l’inaction inexplicable des uns et l’héroïque activité des autres prépare des jours pénibles à ceux qui s’inquiètent du péril bolchevique », trancha un rapport d’avril 1943 destiné au BCRA gaulliste [8].


Si duper les générations qui avaient conservé le souvenir du conflit était délicat, l’exercice est aujourd’hui devenu aisé. À la disparition progressive de ses témoins et acteurs s’est ajouté l’effondrement du mouvement ouvrier radical. Le PCF, « parti des fusillés », a longtemps informé largement, bien au-delà de ses rangs, sur les réalités de cette guerre. Ce qui en demeure en traite moins volontiers dans sa presse, elle-même en voie de disparition, voire bat sa coulpe sur le passé « stalinien » contemporain de sa Résistance. L’idéologie dominante, débarrassée d’un sérieux obstacle, a conquis l’hégémonie sur ce terrain comme sur les autres. La sphère académique n’oppose plus rien (voire s’associe) à l’intoxication déchaînée dans la presse écrite et audiovisuelle ou le cinéma [9]. Or, les préparatifs et objectifs du 6 juin 1944 ne sont éclairés ni par le film Il faut sauver le soldat Ryan ni par le long documentaire Apocalypse.

La Pax Americana vue par Armand Bérard en juillet 1941

C’est bien avant le « tournant » de Stalingrad (janvier-février 1943) que les élites françaises saisirent les conséquences américaines de la situationmilitaire née de la « résistance […] farouche du soldat russe ». En témoigne le rapport daté de la mi-juillet 1941 que le général Paul Doyen, président de la délégation française à la Commission allemande d’armistice de Wiesbaden, fit rédiger par son collaborateur diplomatique Armand Bérard [10] :

1° Le Blitzkrieg était mort. « Le tour pris par les opérations » contredisait le pronostic des « dirigeants [du] IIIème Reich [qui…] n’avaient pas prévu une résistance aussi farouche du soldat russe, un fanatisme aussi passionné de la population, une guérilla aussi épuisante sur les arrières, des pertes aussi sérieuses, un vide aussi complet devant l’envahisseur, des difficultés aussi considérables de ravitaillement et de communications.


Les batailles gigantesques de tanks et d’avions, la nécessité, en l’absence de wagons à écartement convenable, d’assurer par des routes défoncées des transports de plusieurs centaines de kilomètres entraînent, pour l’Armée allemande, une usure de matériel et une dépense d’essence qui risquent de diminuer dangereusement ses stocks irremplaçables de carburants et de caoutchouc. Nous savons que l’État-Major allemand a constitué trois mois de réserves d’essence. II faut qu’une campagne de trois mois lui permette de réduire à merci le communisme soviétique, de rétablir l’ordre en Russie sous un régime nouveau, de remettre en exploitation toutes les richesses naturelles du pays et en particulier les gisements, du Caucase. Cependant, sans souci de sa nourriture de demain, le Russe incendie au lance-flamme ses récoltes, fait sauter ses villages, détruit son matériel roulant, sabote ses exploitations ».


2° Le risque d’une défaite allemande (longuement détaillé par Bérard) contraignait les maîtres de la France à rallier un autre protecteur que l’impérialisme « continental » choisi depuis la « Réconciliation » des années 1920. Un tel tournant s’avérant impossible « dans les mois à venir », on passerait avec doigté de l’hégémonie allemande à l’américaine, inéluctable. Car « déjà les États-Unis sont sortis seuls vainqueurs de la guerre de 1918 : ils en sortiront plus encore du conflit actuel. Leur puissance économique, leur haute civilisation, le chiffre de leur population, leur influence croissante sur tous les continents, l’affaiblissement des États européens qui pouvaient rivaliser avec eux font que, quoi qu’il arrive, le monde devra, dans les prochaines décades, se soumettre à la volonté des États-Unis. » [11] Bérard distinguait donc dès juillet 1941 le futur vainqueur militaire soviétique – que le Vatican identifia clairement peu après [12] ‑, que la guerre d’attrition allemande épuiserait, du « seul vainqueur », par « puissance économique », qui pratiquerait dans cette guerre comme dans la précédente la « stratégie périphérique ».

« Stratégie périphérique » et Pax Americana contre l’URSS

Les États-Unis, n’ayant jamais souffert d’occupation étrangère ni d’aucune destruction depuis la soumission du Sud agricole (esclavagiste) au Nord industriel, avaient cantonné leur armée permanente à des missions aussi impitoyables qu’aisées, avant (et éventuellement depuis) l’ère impérialiste : liquidation des populations indigènes, soumission de voisins faibles (« l’arrière-cour » latino-américaine) et répression intérieure. Pour l’expansion impériale, la consigne du chantre de l’impérialisme Alfred Mahan ‑ développer indéfiniment la Marine ‑, s’était enrichie sous ses successeurs des mêmes prescriptions concernant l’aviation [13]. Mais la modestie de leurs forces armées terrestres dictait leur incapacité dans un conflit européen. Victoire une fois acquise par pays interposé, fournisseur de la « chair à canon » (« canon fodder »), des forces américaines tardivement déployées investiraient, comme à partir du printemps 1918, le territoire à contrôler : désormais, ce serait à partir de bases aéronavales étrangères, celles d’Afrique du Nord s’ajoutant depuis novembre 1942 aux britanniques [14].


L’Entente tripartite (France, Angleterre, Russie) s’était en 1914 partagé le rôle militaire, finalement dévolu, vu le retrait russe, à la France surtout. C’est l’URSS seule qui l’assumerait cette fois dans une guerre américaine qui, selon l’étude secrète de décembre 1942 du Comité des chefs d’États-majors interarmées (Joint Chiefs of Staff, JCS), se fixait pour norme d’« ignorer les considérations de souveraineté nationale » des pays étrangers. En 1942-1943, le JCS 1° tira du conflit en cours (et du précédent) la conclusion que la prochaine guerre aurait « pour épine dorsale les bombardiers stratégiques américains » et que, simple « instrument de la politique américaine, une armée internationale » chargée des tâches subalternes (terrestres)« internationaliserait et légitimerait la puissance américaine » ; et 2° dressa l’interminable liste des bases d’après-guerre sillonnant l’univers, colonies des « alliés » comprises (JCS 570) : rien ne pourrait nous conduire à « tolérer des restrictions à notre capacité à faire stationner et opérer l’avion militaire dans et au-dessus de certains territoires sous souveraineté étrangère », trancha le général Henry Arnold, chef d’état-major de l’Air, en novembre 1943 [15].


La « Guerre froide » transformant l’URSS en « ogre soviétique » [16] débriderait les aveux sur la tactique subordonnant l’usage de la « chair à canon » des alliés (momentanés) aux objectifs des « bombardements stratégiques américains ». En mai 1949, Pacte atlantique signé (le 4 avril), Clarence Cannon, président de la commission des Finances de la Chambre des Représentants (House Committee on Appropriations) glorifia les fort coûteux « bombardiers terrestres de grand raid capables de transporter la bombe atomique qui “en trois semaines auraient pulvérisé tous les centres militaires soviétiques” » et se félicita de la « contribution » qu’apporteraient nos « alliés […] en envoyant les jeunes gens nécessaires pour occuper le territoire ennemi après que nous l’aurons démoralisé et anéanti par nos attaques aériennes. […] Nous avons suivi un tel plan pendant la dernière guerre » [17].


Les historiens américains Michael Sherry et Martin Sherwin l’ont montré : c’est l’URSS, instrument militaire de la victoire, qui était la cible simultanée des futures guerres de conquête – et non le Reich, officiellement désigné comme ennemi « des Nations unies » [18]. On comprend pourquoi en lisant William Appleman Williams, un des fondateurs de « l’école révisionniste » (progressiste) américaine. Sa thèse sur « les relations américano-russes de 1781 à 1947 » (1952) a démontré que l’impérialisme américain ne supportait aucune limitation à sa sphère d’influence mondiale, que la « Guerre froide », née en 1917 et non en 1945-1947, avait des fondements non idéologiques mais économiques, et que la russophobie américaine datait de l’ère impérialiste [19]. « L’entente [russo-américaine] lâche et informelle […] s’était rompue sur les droits de passage des chemins de fer [russes] de Mandchourie méridionale et de l’Est chinois entre 1895 et 1912 ». Les Soviets eurent au surplus l’audace d’exploiter eux-mêmes leur caverne d’Ali Baba, soustrayant aux capitaux américains leur immense territoire (22 millions de km2). Voilà ce qui généra « la continuité, de Theodore Roosevelt et John Hay à Franklin Roosevelt en passant par Wilson, Hugues et Hoover, de la politique américaine en Extrême-Orient » [20] ‑ mais aussi en Afrique et en Europe, autres champs privilégiés « d’un partage et d’un repartage du monde » [21] américains renouvelés sans répit depuis 1880-1890.


Washington prétendait opérer ce « partage-repartage » à son bénéfice exclusif, raison fondamentale pour laquelle Roosevelt mit son veto à toute discussion en temps de guerre avec Staline et Churchill sur la répartition des « zones d’influence ». L’arrêt des armes lui assurerait la victoire militaire à coût nul, vu l’état pitoyable de son grand rival russe, ravagé par l’assaut allemand [22]. En février-mars 1944, le milliardaire Harriman, ambassadeur à Moscou depuis 1943, s’accordait avec deux rapports des services « russes » du Département d’État (« Certains aspects de la politique soviétique actuelle » et « La Russie et l’Europe orientale ») pour penser que l’URSS, « appauvrie par la guerre et à l’affût de notre assistance économique […,] un de nos principaux leviers pour orienter une action politique compatible avec nos principes », n’aurait même pas la force d’empiéter sur l’Est de l’Europe bientôt américaine.

 

Elle se contenterait pour l’après-guerre d’une promesse d’aide américaine, ce qui nous permettrait « d’éviter le développement d’une sphère d’influence de l’Union Soviétique sur l’Europe orientale et les Balkans » [23]. Pronostic manifestant un optimisme excessif, l’URSS n’ayant pas renoncé à s’en ménager une.

La Pax Americana dans le tronçon français de la zone d’influence

Les plans de paix synarchique…


Ce « levier » financier était, tant à l’Ouest qu’à l’Est, « une des armes les plus efficaces à notre disposition pour influer sur les événements politiques européens dans la direction que nous désirons » [24].


En vue de cette Pax Americana, la haute finance synarchique, cœur de l’impérialisme français particulièrement représenté outre-mer – Lemaigre-Dubreuil, chef des huiles Lesieur (et de sociétés pétrolières), le président de la banque d’Indochine Paul Baudouin, dernier ministre des Affaires étrangères de Reynaud et premier de Pétain, etc. –, négocia, plus activement depuis le second semestre 1941, avec le financier Robert Murphy, délégué spécial de Roosevelt en Afrique du Nord. Futur premier conseiller du gouverneur militaire de la zone d’occupation américaine en Allemagne et un des chefs des services de renseignements, de l’Office of Strategic Services (OSS) de guerre à la Central Intelligence Agency de 1947, il s’était installé à Alger en décembre 1940. Ce catholique intégriste y préparait le débarquement des États-Unis en Afrique du Nord, tremplin vers l’occupation de l’Europe qui commencerait par le territoire français quand l’URSS s’apprêterait à franchir ses frontières de 1940-1941 pour libérer les pays occupés [25]. Ces pourparlers secrets furent tenus en zone non occupée, dans « l’empire », via les « neutres », des pro-hitlériens Salazar et Franco, sensibles aux sirènes américaines, aux Suisses et aux Suédois, et via le Vatican, aussi soucieux qu’en 1917-1918 d’assurer une paix douce au Reich vaincu. Prolongés jusqu’à la fin de la guerre, ils inclurent dès 1942 des plans de « retournement des fronts », contre l’URSS, qui percèrent avant la capitulation allemande [26] mais n’eurent plein effet qu’après les 8-9 mai 1945.


Traitant d’affaires économiques immédiates (en Afrique du Nord) et futures (métropolitaines et coloniales pour l’après-Libération) avec les grands synarques, Washington comptait aussi sur eux pour évincer de Gaulle, également haï des deux parties. En aucun cas parce qu’il était une sorte de dictateur militaire insupportable, conformément à une durable légende, au grand démocrate Roosevelt. De Gaulle déplaisait seulement parce que, si réactionnaire qu’il eût été ou fût, il tirait sa popularité et sa force de la Résistance intérieure (surtout communiste) : c’est à ce titre qu’il entraverait la mainmise totale des États-Unis, alors qu’un « Vichy sans Vichy » offrirait des partenaires honnis du peuple, donc aussi dociles « perinde ac cadaver » aux injonctions américaines qu’ils l’étaient aux ordres allemands. Cette formule américaine, finalement vouée à l’échec vu le rapport de forces général et français, eut donc pour héros successifs, de 1941 à 1943, les cagoulards vichystes Weygand, Darlan puis Giraud, champions avérés de dictature militaire [27], si représentatifs du goût de Washington pour les étrangers acquis à la liberté de ses capitaux et à l’installation de ses bases aéronavales [28].


On ne s’efforçait pas d’esquiver de Gaulle pour subir les Soviets : épouvantés par l’issue de la bataille de Stalingrad, les mêmes financiers français dépêchèrent aussitôt à Rome leur tout dévoué Emmanuel Suhard, instrument depuis 1926 de leurs plans de liquidation de la République. Le cardinal-archevêque (de Reims) avait été, la Cagoule ayant opportunément en avril 1940 liquidé son prédécesseur Verdier, nommé à Paris en mai juste après l’invasion allemande (du 10 mai) : ses mandants et Paul Reynaud, complice du putsch Pétain-Laval imminent, l’envoyèrent amorcer à Madrid le 15 mai, via Franco, les tractations de « Paix » (capitulation) avec le Reich [29]. Suhard fut donc à nouveau chargé de préparer, en vue de la Pax Americana, les pourparlers avec le nouveau tuteur : il devait demander à Pie XII de poser « à Washington », via Myron Taylor, ancien président de l’US Steel et depuis l’été 1939 « représentant personnel » de Roosevelt « auprès du pape », « la question suivante : “Si les troupes américaines sont amenées à pénétrer en France, le gouvernement de Washington s’engage-t-il à ce que l’occupation américaine soit aussi totale que l’occupation allemande  ?” », à l’exclusion de toute « autre occupation étrangère (soviétique). Washington a répondu que les États-Unis se désintéresseraient de la forme future du gouvernement de la France et qu’ils s’engageaient à ne pas laisser le communisme s’installer dans le pays » [30]. La bourgeoisie, nota un informateur du BCRA fin juillet 1943,« ne croyant plus à la victoire allemande, compte […] sur l’Amérique pour lui éviter le bolchevisme. Elle attend le débarquement anglo-américain avec impatience, tout retard lui apparaissant comme une sorte de trahison ». Ce refrain fut chanté jusqu’à la mise en œuvre de l’opération « Overlord » [31].


… contre les espérances populaires


Au « bourgeois français [qui avait] toujours considéré le soldat américain ou britannique comme devant être naturellement à son service au cas d’une victoire bolchevique », les RG opposaient depuis février 1943 « le prolétariat », qui exultait : « les craintes de voir “sa” victoire escamotée par la haute finance internationale s’estompent avec la chute de Stalingrad et l’avance générale des soviets » [32]. De ce côté, à la rancœur contre l’inactionmilitaire des Anglo-Saxons contre l’Axe s’ajouta la colère provoquée par leur guerre aérienne contre les civils, ceux des « Nations unies » compris. Les« bombardements stratégiques américains », ininterrompus depuis 1942, frappaient les populations mais épargnaient les Konzerne partenaires, IG Farben en tête comme le rapporta en novembre « un très important industriel suédois en relations étroites avec [le géant chimique], retour d’un voyage d’affaires en Allemagne » : à Francfort, « les usines n’ont pas souffert », à Ludwigshafen, « les dégâts sont insignifiants », à Leverkusen, « les usines de l’IG Farben […] n’ont pas été bombardées » [33].


Rien ne changea jusqu’en 1944, où un long rapport de mars sur « les bombardements de l’aviation anglo-américaine et les réactions de la population française » exposa les effets de « ces raids meurtriers et inopérants » : l’indignation enflait tant depuis 1943 qu’elle ébranlait l’assise du contrôle américain imminent du territoire. Depuis septembre 1943 s’étaient intensifiées les attaques contre la banlieue de Paris, où les bombes étaient comme« jetées au hasard, sans but précis, et sans le moindre souci d’épargner des vies humaines ». Nantes avait suivi, Strasbourg, La Bocca, Annecy, puis Toulon, qui avait « mis le comble à la colère des ouvriers contre les Anglo-Saxons » : toujours les mêmes morts ouvriers et peu ou pas d’objectifs industriels touchés. Les opérations préservaient toujours l’économie de guerre allemande, comme si les Anglo-Saxons « craignaient de voir finir la guerre trop vite ». Ainsi trônaient intacts les hauts-fourneaux, dont la « destruction paralyserait immédiatement les industries de transformation, qui cesseraient de fonctionner faute de matières premières ». Se répandait « une opinion très dangereuse […] dans certaines parties de la population ouvrière qui a été durement frappée par les raids. C’est que les capitalistes anglo-saxons ne sont pas mécontents d’éliminer des concurrents commerciaux, et en même temps de décimer la classe ouvrière, de la plonger dans un état de détresse et de misère qui lui rendra plus difficile après la guerre la présentation de ses revendications sociales. Il serait vain de dissimuler que l’opinion française est, depuis quelque temps, considérablement refroidie à l’égard des Anglo-Américains », qui reculent toujours devant « le débarquement promis […]. La France souffre indiciblement […] Les forces vives du pays s’épuisent à une cadence qui s’accélère de jour en jour, et la confiance dans les alliés prend une courbe descendante. […] Instruits par la cruelle réalité des faits, la plupart des ouvriers portent désormais tous leurs espoirs vers la Russie, dont l’armée est, à leur avis, la seule qui puisse venir à bout dans un délai prochain de la résistance des Allemands » [34].


C’est donc dans une atmosphère de rancœur contre ces « alliés » aussi bienveillants pour le Reich qu’avant et après 1918 qu’eut lieu leur débarquement du 6 juin 1944. Colère et soviétophilie populaires persistèrent, donnant au PCF un écho qui inquiétait l’État gaulliste imminent : « le débarquement a enlevé à sa propagande une part de sa force de pénétration », mais « le temps assez long qu’ont mis les armées anglo-américaines à débarquer sur le sol français a été exploité pour démontrer que seule l’armée russe était en mesure de lutter efficacement contre les nazis. Les morts provoquées par les bombardements et les douleurs qu’elles suscitent servent également d’éléments favorables à une propagande qui prétend que les Russes se battent suivant les méthodes traditionnelles et ne s’en prennent point à la population civile » [35].


Le déficit de sympathie enregistré dans ce morceau initial de la sphère d’influence américaine se maintint entre la Libération de Paris et la fin de la guerre en Europe, comme l’attestent les sondages de l’Ifop d’après-Libération, parisien (« du 28 août au 2 septembre 1944 ») et de mai 1945, national (déjà cité) [36]. Il fut après-guerre, on l’a dit, d’abord progressivement, puis brutalement comblé. Il n’est donc plus grand monde pour rappeler qu’après la bataille des Ardennes (décembre 1944-janvier 1945), seuls combats importants livrés par les Anglo-Saxons contre des troupes allemandes (9 000 morts américains) [37], le haut-commandement de la Wehrmacht négocia fébrilement sa reddition « aux armées anglo-américaines et le report des forces à l’Est » ; 
que, fin mars 1945, « 26 divisions allemandes demeuraient sur le front occidental », à seule fin d’évacuation « vers l’Ouest » par les ports du Nord,« contre 170 divisions sur le front de l’Est », qui combattirent farouchement jusqu’au 9 mai (date de la libération de Prague) [38] ; 
que le libérateur américain, qui avait doublé à la faveur de la guerre son revenu national, avait sur les fronts du Pacifique et d’Europe perdu 290 000 soldats de décembre 1941 à août 1945 [39] : soit l’effectif soviétique tombé dans les dernières semaines de la chute de Berlin, et 1% du total des morts soviétiques de la « Grande guerre patriotique », près de 30 millions sur 50.


Du 6 juin 1944 au 9 mai 1945, Washington acheva de mettre en place tout ou presque pour rétablir le « cordon sanitaire » que les rivaux impérialistes anglais et français avaient édifié en 1919 ; et pour transformer en bête noire le pays le plus chéri des peuples d’Europe (français inclus). La légende de la « Guerre froide » mériterait les mêmes correctifs que celle de l’exclusive libération américaine de l’Europe [40].


Autres textes concernant le travail d’Annie Lacroix-Riz sur La faute à Diderot : 
-  Industriels et banquiers français sous l’occupation
-  Vichy et l’assassinat de la République 
-  La pologne dans la stratégie extérieure de la France (octobre 38-août 39)

Notes :

[1] Frédéric Dabi, « 1938-1944 : Des accords de Munich à la libération de Paris ou l’aube des sondages d’opinion en France », février 2012,http://www.revuepolitique.fr/1938-1..., chiffres extraits du tableau, p. 5. Total inférieur à 100 : 3 autres données : Angleterre ; 3 pays ; sans avis.

[2] Ibid., p. 4.

[3] Campagne si délirante qu’un journal électronique lié aux États-Unis a le 2 mai 2014 a prôné quelque pudeur sur l’équation CIA-démocratiehttp://www.huffingtonpost.fr/charle...

[4] Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l’Europe et le Reich 1914-1944, Paris, Armand Colin, 2010 (2e édition), passim.

[5] Lynn E. Davis, The Cold War begins […] 1941-1945, Princeton, Princeton UP, 1974 ; Lloyd Gardner, Spheres of influence […], 1938-1945, Chicago, Ivan R. Dee, 1993 ; Geoffrey Roberts, Stalin’s Wars : From World War to Cold War, 1939-1953. New Haven & London : Yale University Press, 2006, traduction chez Delga, septembre 2014.

[6] Tél. 1450-1467 de Bérard, Bonn, 18 février 1952, Europe généralités 1949-1955, 22, CED, archives du ministère des Affaires étrangères (MAE).

[7] Note État-major, anonyme, 15 septembre 1938 (modèle et papier des notes Gamelin), N 579, Service historique de l’armée de terre (SHAT).

[8] Moral de la région parisienne, note reçue le 22 avril 1943, F1a, 3743, Archives nationales (AN).

[9] Lacroix-Riz, L’histoire contemporaine toujours sous influence, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2012.

[10] Revendication de paternité, t. 1 de ses mémoires, Un ambassadeur se souvient. Au temps du danger allemand, Paris, Plon, 1976, p. 458, vraisemblable, vu sa correspondance du MAE.

[11] Rapport 556/EM/S au général Koeltz, Wiesbaden, 16 juillet 1941, W3, 210 (Laval), AN.

[12] Les difficultés « des Allemands » nous menacent, se lamenta fin août Tardini, troisième personnage de la secrétairerie d’État du Vatican, d’une issue « telle que Staline serait appelé à organiser la paix de concert avec Churchill et Roosevelt », entretien avec Léon Bérard, lettre Bérard, Rome-Saint-Siège, 4 septembre 1941, Vichy-Europe, 551, archives du ministère des Affaires étrangères (MAE).

[13] Michael Sherry, Preparation for the next war, American Plans for postwar defense, 1941-1945, New Haven, Yale University Press, 1977, chap. 1, dont p. 39.

[14] Exemples français et scandinave (naguère fief britannique), Lacroix-Riz, Le Maghreb : allusions et silences de la chronologie Chauvel, La Revue d’Histoire Maghrébine, Tunis, février 2007, p. 39-48 ; Les Protectorats d’Afrique du Nord entre la France et Washington du débarquement à l’indépendance 1942-1956, Paris, L’Harmattan, 1988, chap. 1 ; « L’entrée de la Scandinavie dans le Pacte atlantique (1943-1949) : une indispensable “révision déchirante” », guerres mondiales et conflits contemporains (gmcc), 5 articles, 1988-1994, liste, http://www.historiographie.info/cv.html.

[15] Sherry, Preparation, p. 39-47 (citations éparses).

[16] Sarcasme de l’ambassadeur américain H. Freeman Matthews, ancien directeur du bureau des Affaires européennes, dépêche de Dampierre n° 1068, Stockholm, 23 novembre 1948, Europe Généralités 1944-1949, 43, MAE.

[17] Tél. Bonnet n° 944-1947, Washington, 10 mai 1949, Europe généralités 1944-1949, 27, MAE, voir Lacroix-Riz, « L’entrée de la Scandinavie », gmcc, n° 173, 1994, p. 150-151 (150-168).

[18] Martin Sherwin, A world destroyed. The atomic bomb and the Grand Alliance, Alfred a Knopf, New York, 1975 ; Sherry Michael, Preparation ; The rise of American Air Power : the creation of Armageddon, New Haven, Yale University Press, 1987 ; In the shadow of war : the US since the 1930’s, New Haven, Yale University Press, 1995.

[19] Williams, Ph.D., American Russian Relations, 1781-1947, New York, Rinehart & Co., 1952, et The Tragedy of American Diplomacy, Dell Publishing C°, New York, 1972 (2e éd).

[20] Richard W. Van Alstyne, recension d’American Russian Relations, The Journal of Asian Studies, vol. 12, n° 3, 1953, p. 311.

[21] Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, Essai de vulgarisation, Paris, Le Temps des cerises, 2001 (1e édition, 1917), p. 172. Souligné dans le texte.

[22] Élément clé de l’analyse révisionniste, dont Gardner, Spheres of influence, essentiel.

[23] Tél. 861.01/2320 de Harriman, Moscou, 13 mars 1944, Foreign Relations of the United States 1944, IV, Europe, p 951 (en ligne).

[24Ibid.

[25] Lacroix-Riz, Politique et intérêts ultra-marins de la synarchie entre Blitzkrieg et Pax Americana, 1939-1944, in Hubert Bonin et al., Les entreprises et l’outre-mer français pendant la Seconde Guerre mondiale, Pessac, MSHA, 2010, p. 59-77 ; Le Maghreb : allusions et silences de la chronologie Chauvel , La Revue d’Histoire Maghrébine, Tunis, février 2007, p. 39-48.

[26] Dont la capitulation de l’armée Kesselring d’Italie, opération Sunrise négociée en mars-avril 1945 par Allen Dulles, chef de l’OSS-Europe en poste à Berne, avec Karl Wolff, « chef de l’état-major personnel de Himmler » responsable de « l’assassinat de 300 000 juifs », qui ulcéra Moscou. Lacroix-Riz, Le Vatican, chap. 10, dont p. 562-563, et Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Paris, Armand Colin, 2013, chap. 9.

[27] Jean-Baptiste Duroselle, L’Abîme 1939-1945, Paris, Imprimerie nationale, 1982, passim ; Lacroix-Riz,  Quand les Américains voulaient gouverner la FranceLe Monde diplomatique, mai 2003, p. 19 ; Industriels..., chap. 9.

[28] David F Schmitz, Thank God, they’re on our side. The US and right wing dictatorships, 1921-1965, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1999.

[29] Index Suhard Lacroix-Riz, Le choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, et De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2010 (2e édition) et 2008.

[30] LIBE/9/14, 5 février 1943 (visite récente), F1a, 3784, AN. Taylor, Vatican, chap. 9-11 et index.

[31] Information d’octobre, reçue le 26 décembre 1943, F1a, 3958, AN, et Industriels, chap. 9.

[32] Lettre n° 740 du commissaire des RG au préfet de Melun, 13 février 1943, F7, 14904, AN.

[33] Renseignement 3271, arrivé le 17 février 1943, Alger-Londres, 278, MAE.

[34] Informations du 15 mai, diffusées les 5 et 9 juin 1944, F1a, 3864 et 3846, AN.

[35] Information du 13 juin, diffusée le 20 juillet 1944, « le PC à Grenoble », F1a, 3889, AN.

[36] M. Dabi, directeur du département Opinion de l’Ifop, phare de l’ignorance régnant en 2012 sur l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, déplore le résultat de 1944 : « une très nette majorité (61%) considèrent que l’URSS est la nation qui a le plus contribué à la défaite allemande alors que les États-Unis et l’Angleterre, pourtant libérateurs du territoire national [fin août 1944 ??], ne recueillent respectivement que 29,3% et 11,5% », « 1938-1944 », p. 4, souligné par moi.

[37] Jacques Mordal, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale, Paris, Larousse, 1979, t. 1, p. 109-114.

[38] Gabriel Kolko, The Politics of War. The World and the United States Foreign Policy, 1943-1945, New York, Random House, 1969, chap. 13-14.

[39] Pertes « militaires uniquement », Pieter Lagrou, Les guerres, la mort et le deuil : bilan chiffré de la Seconde Guerre mondiale, in Stéphane Audoin-Rouzeau et al., dir., La violence de guerre 1914-1945, Bruxelles, Complexe, 2002, p. 322 (313-327).

[40] Bibliographie, Jacques Pauwels, Le Mythe de la bonne guerre : les USA et la Seconde Guerre mondiale, Bruxelles, Éditions Aden, 2012, 2e édition ; Lacroix-Riz, Aux origines du carcan européen, 1900-1960. La France sous influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2014.

 

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